(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2020, Trace Elements traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann Levy, 2021)
Le titre en français désigne le résultat du titre en anglais.
Cet auteur nous donne encore un livre plein d'humanité, par les réflexions du commissaire et de sa collègue, désolés d’avoir assisté à la mort de cette jeune veuve en soins palliatifs.
« Brunetti connaissait mal cette organisation dédiée notamment à la protection de l’environnement, mais le fait qu’un si grand nombre de personnes qu’il n’appréciait guère au plan politique la dénigraient l’avait toujours bien disposé en sa faveur. »
Fini le 26/12/2021
dimanche 26 décembre 2021
En eaux dangereuses de Donna Leon
La Fille du bootlegger de Margaret Maron
(Une enquête de Deborah Knott, 1992, Bootlegger's daughter traduit de l'américain par Evelyne Châtelain, J'ai Lu. Policier, 1998)
Ce livre présente la vie de l'héroïne dont le père a fait de la prison à l'époque de la prohibition. Cela donne une bonne description de la vie dans l'État de Caroline du Nord à la fin du 20e siècle, notamment de l'élection des juges à laquelle se présente Deborah.
Mais le récit “polar” est assez mal monté, il est facile de comprendre dès le début qui sera le coupable, prédestiné par sa vie “hors norme” et ses conséquences pour sa famille.
« — Janie est morte parce qu’il refusait de s’accepter tel qu’il était, non ? […] Ce n’était pas lui qui est allé la chercher !
— Il s’est montré tel qu’il était pour s’infliger un châtiment ? »
Fini le 24/12/2021
La légèreté de Catherine Meurisse
(Dargaud, 2016)
Après les attentats à Charlie Hebdo…
« Une fois le chaos éloigné, la raison se ranime et l’équilibre avec la perception est retrouvé. On voit moins intensément, mais on se souvient d’avoir vu. »
« Je compte bien rester éveillée, attentive au moindre signe de beauté. Cette beauté qui me sauve, en me rendant la légèreté. »
Fini le 23/12/2021
L'homme semence de Laetitia Rouxel & Mandragore
(adapté du récit de Violette Ailhaud, co-éditions Parole & L'Œuf, 2017)
Une « bande dessinée à deux faces » : « Laetitia interprète le récit de Violette Ailhaud alors que, sur l’autre face, Mandragore raconte l’environnement historique depuis le soulèvement républicain contre le coup d’État de Napoléon III le 2 décembre 1851 jusqu’à l’émotion que suscite L’homme semence aujourd’hui. »
L’histoire de ce “manque” d’hommes est passionnante et les deux dessinateurs la mettent bien en scène.
Fini le 22/12/2021
Le Crime de Paragon Walk de Anne Perry
(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1981, Paragon Walk traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1997)
« A vous entendre, les femmes aiment se faire violer, Mr. […]. C’est monstrueusement arrogant, une illusion pour nourrir votre vanité et excuser votre conduite, et c’est entièrement faux. Un violeur n’a rien de magnifique. C’est un être pathétique, réduit à prendre par la force ce que d’autres obtiennent spontanément. […] c’est une forme d’impuissance ! »
Et pour cacher cela l’épouse usera d’une lame tranchante.
Fini le 21/12/2021
Le Secret de la femme en bleu de Marc Paillet
(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1999)
Ce livre est la suite du précédent (Le Spectre de la nouvelle lune) et nomme donc les coupables qui sévissaient en Brenne. Le lecteur les retrouve dans ce récit complotant toujours pour les Aquitains.
La lecture perd de son intérêt sans le soutien d'éléments historiques nouveaux. L'auteur nous raconte seulement le début des futurs conflits entre les descendants de Charlemagne, qui à l'époque de cette histoire décide du découpage de son empire.
Fini le 19/12/2021
Le Fer et le feu de Bruce Alexander
(Série Sir John Fielding, 1995, Murder in Grub Street traduit de l'anglais par Jean-Noël Chatain, 10/18, 1999)
Le titre en français désigne les menaces des « Frères spirituels » venus de la « colonie » d’Amérique. « […] si la bonne parole ne les gagnait pas à votre cause, alors le fer et le feu pourraient y parvenir ? »
Et ceux qui freinent la parution de leurs “élucubrations” se font massacrer.
La traduction est un délice. Cet auteur a réussi à rendre l’argot londonien lisible en français.
Fini le 18/12/2021
jeudi 16 décembre 2021
Crimes et faux-semblants de Colette Lovinger-Richard
(Compiègne sous le règne du Bien-Aimé, J'ai lu, 2002)
Ce livre est d'abord une leçon d'histoire sur la ville que Louis XV préfère pour chasser. Il s'y rend avec toute sa cour et surtout sa favorite du moment. L'auteur reprend en citation les moqueries sur cette “Mme du Barry” ce qui donne à la lecture un bon goût du 18e.
« J’ai passé mon après-midi au milieu des caquets du clan Choiseul et ma tête demande grâce. Quelle méchanceté, quelle haine envers cette pauvre du Barry ! »
Les personnages sont un peu convenus mais bien sympathiques.
Fini le 15/12/2021
Des cercueils trop fleuris de Misa Yamamura
(1975, 花の棺 traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Picquier poche, 1998)
« […] ses crimes sont une immense métaphore de l’ikebana […] »
Ce livre nous présente les enjeux très importants pour les écoles d’ikebana qui se battent pour la suprématie en voulant attirer la fille du vice-président des États-Unis.
Ce récit très intéressant et bien monté est très minutieux et révèle le “truc” du « pavillon clos » typiquement japonais qui ouvre la série de crimes qui vont s’échelonner le long de l’avenue.
« Des trois victimes, […] le plus important, on l’a retrouvé sur la septième avenue. […] “Sept-cinq-trois” : l’échelle des valeurs des trois éléments de base d’un bouquet d’ikebana est respectée. »
Fini le 14/12/2021
La Mauvaise Élève de Alessia Gazzola
(Série Alice Allevi, 2011, L'allieva traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, Le Livre de Poche, 2013)
L'auteur nous présente son personnage comme une jeune femme stupide, essayant maladroitement d'attirer l'attention de ses supérieurs, mais qui confond Haïti et Tahiti (!). Cela ne donne pas envie de lire la suite de la série.
L'histoire est sans intérêt entre paragraphes donnant un cours de médecine légale et récits des mamours de l'héroïne.
Et la fin, avec l'envol du coupable, laisse augurer une suite de la même veine.
Fini le 11/12/2021
Sur la corde raide de Erle Stanley Gardner
(Série Perry Mason, 1933, The Case of the Velvet Claws traduit de l'américain par Monique Guilbot, J'ai lu Policier, 1983)
Un livre très daté, mais l'auteur a créé un personnage d'avocat us pas trop rebattu et la traduction semble fidèle.
« […] les clients ont passé les premiers, toujours. Vous ne choisissez ni les affaires ni les clients. […] Pendant tout le temps que vous les représentiez, jamais vous ne les avez laissé tomber. »
Mais pour sauver cette jeune femme peu amène, il va devoir la remettre à la police.
Fini le 10/12/2021
Comptine en plomb de Philippe Bouin
(2009, Archipoche, Prix polar Cognac 2008)
Un livre délicieusement écrit, l'auteur réussit à nous rendre l'accent du nord parfaitement lisible.
La vengeance d'un enfant est une histoire très convenue, mais parfaitement mise en scène. Les personnages sont crédibles, mêmes ceux qui se font désignés coupables.
Le « Nord » : « avec sa mer cendrée, son climat de pingouin, son soleil capricieux, sa bouffe sans épices et, par-dessus tout, ses autochtones — des attardés mentaux qui riaient pour un rien, grassement, lourdement, et se soûlaient la gueule à grand renfort de bière. » « Gallois était pied-noir. »
Nous sommes en 1965 :
« Pour lui, le parlementarisme était le bâillon du peuple, l’Assemblée nationale une tribune de bourgeois, leurs lois des privilèges votés pour les nantis, la démocratie un moyen de contrôler les ouvriers, et, nouvel avatar, l’élection du président une misérable échelle pour accéder au trône. »
« Découdre la vérité, la recoudre à l’endroit… À si peu de la retraite, le vieux renard ne vit pas l’utilité de provoquer des remous […] il était temps qu’il pense à lui. »
Fini le 8/12/2021
Barthélemy et sa colère de Exbrayat
(Le Masque, 1964)
« Si c’était que pour Marie, non, t’aurais pas le droit, mais on se bat pour quelque chose de bien plus important, Méni, pour la Justice. »
Le suspense est de savoir comment ces coupables vont disparaître.
Fini le 6/12/2021
Grand calme de Giles Blunt
(2012, Until the Night traduit de l'anglais Canada par Charles Bonnot, Sonatine, 2021)
Tout dans ce livre est si convenu qu'il n'y a aucun suspense. La lecture en est lassante, aggravée par une traduction approximative et beaucoup de fautes typographiques.
Les personnages sont parfaitement conventionnels, par exemple, la femme, inspecteur, qui fait sa propre enquête dans son coin en se mettant en arrêt maladie (et qui donne à l'auteur l'occasion de présenter des séances d'un club échangiste), etc. L'histoire est un ramassis de poncifs sur les “valeureux chercheurs” sur leur îlot arctique, les ”génies de la robotique” qui se moquent du reste du monde, etc.
« Les îles de glace craquent et se fissurent toutes les heures. Et les affres du froid et de l’isolement tourmentent tous ceux dont la psyché n’est pas assez robuste. Mais leurs chances de cooccurrence son infinitésimales et le fait qu’elles se soient produites ensemble est une injure au sens commun et à la moindre notion de justice. » Quant à la justice canadienne, mettre en prison le seul rescapé !
Fini le 5/12/2021
Bienvenue à Dunkerque de Maxime Gillio
(réédition enrichie du Blues du Corsaire), Ravet-Anceau, 2007)
Ce livre est une présentation des inspecteurs Dacié et Marquet, personnages récurrents de la série.
Dans cette histoire, Dacié fait montre de sa culture d'ancien professeur à Marquet, Niçois nouvellement muté dans ce Nord, en lui donnant le Décalogue à analyser. Mais un meurtrier en fin de vie est difficile à retrouver vivant.
Fini le 3/12/2021
Les Audiences de Sir John de Bruce Alexander
(Série Sir John Fielding, 1994, Blind Justice traduit de l'anglais par Jean-Noël Chatain, 10/18, 1998)
Le titre anglais “justice aveugle” décrit ce juge ayant réellement vécu à la fin du 18e siècle, qui, en dépit de son infirmité, est nommé magistrat à « Bow Street ». Dans ce livre, le narrateur, Jérémy Proctor, est sauvé de la prison par la compréhension du juge qui le prend comme « assistant ».
« J’ai comparu en son tribunal, faussement accusé de vol. Mais il a compris que mes accusateurs se parjuraient et les a chassés en les mettant en garde. — Alors, c’est véritablement un brave homme. — Sage et juste. »
Jérémy, ayant remarqué les mains propres du « suicidé », est requis pour aider à démêler ce qui est un meurtre. La grande réunion finale révèlera pourquoi l’assassin a eu besoin d’utiliser un bon coup de révolver.
Fini le 2/12/2021
mardi 30 novembre 2021
Mort à l'opéra de Gladys Mitchell
(Série Mrs. Bradley, 1934, Death at the Opera traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2001)
Une histoire très mal montée (ou bien très mal traduite) auquel il est difficile de s'intéresser.
« Alors, si les gens avec un mobile n’ont rien fait, c’est ceux qui avaient l’occasion qui ont dû faire le coup. C’est clair ! Mais, ah, que c’est fatigant ! »
Effectivement, les récapitulatifs de “madame” sont “fatigants” car ils n’apportent rien à la narration que de l'ennui de supporter encore une fois ses errements, alors qu’un meurtrier est désigné au lecteur dès le début du récit (le coupable “innocenté” adepte de la noyade).
Les différents personnages sont mal construits et sans caractère, et “l’artiste” de la “buanderie” sera complètement mis de côté par l’auteur dans son récit, sans doute pour donner une impression de beau final. Mais il était évident qu’il faudrait retoucher le maquillage.
Fini le 29/11/2021
Phryne et les anarchistes de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1992, Death at Victoria Dock traduit de l'anglais par Pascale Haas, 10/18, 2007)
La poursuite des meurtriers du “beau jeune homme” n'empêchera pas Phryne de retrouver la jeune fille “perdue”.
L'auteur utilise des « Lettons » pour jouer ces « anarchistes » et ces « révolutionnaires », ce qui peut paraître logique dans les années 1920.
Quant à la jeune fille :
« […] un visage fort qui exprimait l’entêtement et la détermination. Ils avaient réussi à la dissuader de dire la vérité, mais pas à la convaincre de nier. Alicia aurait préféré mourir plutôt que reconnaître qu’elle avait raconté des mensonges. Elle était du bois dont on forgeait les martyrs. »
Et la fin des anarchistes sera signée par « une lime ».
« J’accompagnais mon père à la chasse [dit-elle] en rougissant de ce passe-temps si peu féminin. »
Fini le 26/11/2021
Safari sorcier de John Wyllie
(Série Dr Samuel Quarshie, 1978, A Pocket Full of Dead traduit de l'anglais par François Lourbet, 10/18, 1998)
Le titre original, « Une poche pleine de morts », précise mieux ce qui déclenche l’enquête du docteur dans la “tribu” de sa femme, et le titre en français que la grand-mère et l’épouse font appel aux « esprits ».
« […] la situation résultait de la malveillance humaine, elle décida de demander le secours des puissances divines. […] Nyampong était accessible et généralement disposé à entendre ce qu’on lui disait. Il dirigeait les puissances qui régissaient les éléments naturels […]. Cette fois Nyampong avait parlé de manière ambiguë — une habitude, avait noté Quarshie, propre aux dieux de toutes les religions lorsqu’ils faisaient des déclarations apocalyptiques […]. »
« […] même les pires tempêtes se calment et même les pires épidémies de terminent. Je puis donc vous dire maintenant que les ouragans et l’épidémie qui frappaient les Saysay ont cessé. »
Fini le 25/11/2021
La maison de l'abbaye de Jean d'Aillon
(10/18, 2020)
Cette histoire met en scène les excès de « l’abbaye » en cette période de grand froid et de disette, avec beaucoup trop de sang répandu lors du démembrement.
« Ce n’était pas un ustensile de cuisine, mais un instrument de boucherie, avec une lame en acier de presque un pied, épaisse et affilée, capable de trancher non seulement de la chair, mais des cartilages ou des os. »
« […] parole contre parole, c’est [lui], honorable religieux, qu’on aurait cru. »
Fini le 24/11/2021
Panique dans la baignoire de John Dickson Carr
(Dr Gideon Fell, 1966, Panic in Box C traduit de l'anglais par Annie Hamel, Le Masque, 1995)
Une histoire trop embrouillée et moins bien montée que les anciennes de cet auteur.
Gideon cache des indices marquants, tel que la « petite déchirure dans la doublure ».
Quant au mobile du meurtre, la vengeance pour un vieil amour, est bien peu crédible.
Fini le 23/11/2021
mardi 23 novembre 2021
Tropique du pervers de Virginie Brac
(Une aventure de Véra Cabral, Pocket, 2000)
L'accumulation des perversions rend l'histoire inintéressante, trop incohérente.
Dommage, c'est bien écrit, et ce livre serait agréable à lire sans toutes ces descriptions malséantes.
« Ils sont dépendants, tu comprends ? Ils ont besoin du maître comme d’air pour respirer. Ils ne peuvent pas s’éloigner de lui. »
Fini le 21/11/2021
La Belle de Bohème de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1997, The Fair Maid of Bohemia traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2006)
Ce livre est le dernier de cet auteur édité en français et aucune traduction n'a été faite de ceux signés sous son vrai nom Keith Miles. Dommage…
Pour cette dernière mise en scène, la troupe part à Prague, alors résidence de Rodolphe II, empereur du Saint Empire, roi de Bohême et roi de Hongrie. La présentation de celui-ci correspond à ce que l'histoire nous en a laissé, son caractère un peu fou, son goût pour les arts, le lecteur assiste à la composition de son portrait par Arcimboldo.
Sur dénonciation, l'empereur jette en prison le destinataire des messages venant de Londres.
« Faussaire, imposteur et fieffé menteur. — Il jouissait d’une haute réputation en tant qu’astrologue. »
Mais le complot est déjoué et le public ovationne la pièce spécialement composée pour le mariage de la « belle de Bohème ».
Fini le 20/11/2021
Pour un amateur de polar…
… la réponse à la définition « Os de poulet. » est évidente « Énigme ».
Grille 7* finie le 19/11/2021
La filière du jasmin de Denise Hamilton
(2001, The jasmin trade traduit de l'américain par William Olivier Desmond, Seuil, 2003)
Cette histoire typiquement états-unienne fait un peu trop « cliché » : un personnage principal, la journaliste qui enquête sur les « petits parachutés », qui s’attaque seule à des gangsters, des « asiatiques » forcément réunis en « triade », des policiers corrompus et « racistes », etc.
La description du logement, par exemple, dont la propriétaire « ayant fui le communisme, était amoureuse de tout ce qui était américain » : « Fusillades et hélicos, c’était L.A. ».
Fini le 18/11/2021
Les Disparus de l'A16 de Maxime Gillio
(éditions Ravet-Anceau, 2009, J'ai Lu, 2016)
Un livre loufoque, mais agréable à lire.
L'auteur prend le lecteur à témoin constamment de l'avancée de son roman, en lui mettant en notes de bas de page des commentaires, par exemple si le personnage fait référence à une ancienne enquête, la note indique qu'il va falloir écrire ce livre (!).
L'histoire n'a aucun intérêt et sans suspense, il suffit de rire.
« […] chaque année, des milliers de personnes disparaissent de par le monde. […] Elles font table rase du passé et se créent une nouvelle identité, une nouvelle existence. »
Donc, il est possible de recevoir « une somme conséquente » pour les aider à disparaître, mais c’est dangereux quand il s’agit d’un trafiquant de drogues et entraine des morts.
Fini le 15/11/2021
L'Algèbre du besoin de Guillaume Lebeau
(Le Masque, 1999)
Cet auteur français imagine les turpitudes des États-uniens.
« […] le triumvirat à la base de tout cela était américain, ou en passe de le devenir, et faisait partie d’un commando diplomatique chargé de prendre contact avec Himmler. […] Pour tenter de sceller un pacte anticommuniste. Après tout, les Alliés avaient plus peur des rouges que de Hitler lui-même. »
« Notre but […] était de faire profiter l’ensemble du monde occidental des percées en matière de recherche génétique. Les Allemands possédaient une maîtrise proprement hallucinante du sujet. »
Un tissu d’inepties, digne de plaire à un complotiste, qui va direct au “passe-livres”.
Fini le 14/11/2021
La Poisse de Leena Lehtolainen
(Série Maria Kallio, 1994, Harmin paikka traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, J'ai lu. Policier, 2011)
La suite des aventures de Maria, maintenant liée à la famille de son compagnon.
« C’est la fiancée du demi-frère du mari de la sœur de mon petit ami […]. »
N’étant plus dans la police, mais simple avocate, elle joue cette fois les “détectives privés” pour innocenter le fiancé et trouver le coupable des crimes commis dans cette famille.
L’étude d’un poème, Lady Lazarus (Dame Lazare) de Sylvia Plath, laissée par la première victime, l’aidera à résoudre l’enquête.
« Mais qui est, ou qui sont, Herr Doktor, Herr Enemy, Herr God et Herr Lucifer, auxquels s’adresse la narratrice ? Plath utilise des appellatifs en allemand dans de nombreux poèmes traitant de son rapport au père […]. »
Fini le 13/11/2021
vendredi 12 novembre 2021
Chasse au loup de Armand Cabasson
(Série Quentin Margont, 10/18, 2005)
L'auteur nous décrit ligne à ligne toute la stratégie de cette bataille qui sera mémorisé sur le plan de Paris des victoires napoléoniennes en « Wagram ».
C’est vraiment passionnant à lire, comme regarder une vidéo de Quentin…
La poursuite du meurtrier des adolescents fait un peu anecdotique, mais donne de bonnes descriptions de la psychologie du capitaine et du hussard. Le lecteur ne saura pas les raisons d’agir du criminel, notamment pourquoi découper un sourire sur ses victimes.
« […] cette enquête lui procura un changement positif fondamental. [Il] lui avait prouvé que l’on pouvait triompher de son passé […]. Puisque [il] était enfin parvenu à sortir de sa cave, pas seulement par le corps mais aussi par l’esprit, […]. [Il] réussit à se libérer entièrement de l’emprise du souvenir des années d’enfance […]. »
Chronologiquement, ce livre raconte une bataille antérieure à la campagne de Russie relatée dans le précédent.
Fini le 12/11/2021
Le Mystère de Callander Square de Anne Perry
(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1980, Callander Square traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1997)
L'auteur nous décrit avec subtilité les comportements sociétaux de cette époque. La lecture des contraintes pour les femmes sont vraiment intéressantes à lire.
« — Mais c’est une épouse bafouée, observé Pitt. Sauf qu’elle ne croit pas au mensonge, mais l’affront reste le même.
— Ce n’est pas un affront […] du moment qu’elle n’y voit pas d’objection […]. L’affront serait de la ridiculiser en public. Tout le monde sait ce qu’il fait et aussi qu’elle, ça ne la dérange pas. Mais si elle était obligée de l’admettre, elle devrait soit lui faire une scène et se couvrir de ridicule, soit le cautionner ouvertement, et ce serait immoral. »
« Les péchés des pères sont retombés sur les enfants […]. »
Fini le 10/11/2021
Le Spectre de la nouvelle lune de Marc Paillet
(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1998)
Le récit se passe dans un coin du Berry, la Brenne et ses marécages, où une bande de rebelles tue en faisant passer leurs actes pour des diableries à l'apparition « de la nouvelle lune ».
Les passages sur l’histoire de France ne sont pas assez détaillés pour bien comprendre l’évocation du duc d’Aquitaine Waïfre.
« J’avais cinq ans lorsque mon père Waïfre a été tué par traîtrise. »
« Élevé dans le souvenir, embelli sans doute, d’un règne […] l’exécution d’un père devenu pour certains, si je t’en crois, un héros de légende, contraint de fuir, de te cacher […] feignant de te soumettre au pouvoir des Francs et, en même temps, menant contre eux une guerre secrète… »
Fini le 8/11/2021
L'énigme du dragon tempête de I. J. Parker
(Les Enquêtes de Akitada Sugarawa, 2005, The Dragon Scroll traduit de l'américain par Mélanie Blanc-Jouveaux, 10/18, 2008)
L’« inspecteur impérial » et ses aides se dépensent beaucoup : visites des notables et des manants, examen des comptes de la préfecture, séduction de belles femmes, etc.
« Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de craindre le pire. Jusqu’à présent, chacun de ses faits et gestes avait eu des conséquences dramatiques. La mort l’avait accompagné partout où il avait porté ses pas. »
« Dans toutes les décisions que j’ai prises en conséquence, j’ai toujours respecté le serment que j’avais prêté quand je suis entré au service de Son Auguste Majesté. »
« Devant la justesse de ces critiques, il avait honte des espoirs de récompense qui l’avaient accompagné pendant le long trajet de retour. »
Une histoire très agitée, mais qui rend sans doute bien l’état de la société à l’époque. La fin donne envie de lire le numéro suivant.
« Si vous suggérez […] que vous espérez vous voir confier une mission du même ordre ou toute autre position à responsabilité, vous êtes encore moins intelligent que je ne le pensais. Nous ne pouvons nous permettre d’employer des incompétents. »
On est très loin de la comparaison avec le « Juge Ti » qu’évoque l’auteur…
Fini le 6/11/2021
Le blues du chat de Sophie Chabanel
(Points, 2020)
Le chat, récupéré du précédent roman, s'adapte mal à ce nouveau logement et va en consultation chez un « zoopsychiatre ».
Pendant ce temps, notre commissaire restreint sa liste de coupables.
« Romano n’avait rien d’une justicière et avait choisi d’être flic pour le plaisir intellectuel de la chose : la résolution de l’énigme lui procurait toujours une intense satisfaction. Mais […]. On en revenait toujours là : préférer le coupable à la victime laissait un goût désagréable. »
Avec des réflexions bien senties :
« Que la première idiote venue s’autorise à se mêler de sa vie sous prétexte qu’elles étaient dotées du même appareil génital, voilà bien un truc qui la dépassait. »
Fini le 4/11/2021
Un vrai crime d'artiste de Ngaio Marsh
(Série Roderick Alleyn, 1938, Artists in Crime traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1995)
Ce livre raconte la rencontre de l'inspecteur avec sa future femme, peintre, qui verra son modèle assassiné et son protégé tué à l'acide citrique.
« […] elle a été bouleversée tout de même. — Seulement au niveau de son joli estomac. Elle n’éprouve pas la moindre pitié pour ce misérable petit animal mort entre ses mains. »
et blessée par la « crinière ».
Une histoire un peu datée, mais agréable à lire.
Fini le 2/11/2021
dimanche 31 octobre 2021
La Ronde noire de Misa Yamamura
(1976, 黒の環状線 traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Picquier poche, 1998)
Cet auteur de roman policier se base, comme d'autres, sur la précision des alibis avec des détails sur les horaires et les déplacements.
« Or, il se trouve que les suspects potentiels ont tous un alibis en or, de sorte que la police est obligée de se rabattre sur ce client inconnu que personne n’avait jamais vu auparavant dans le bar. C’est une affaire très étrange, une sorte de labyrinthe dont on ne discerne ni les tenants ni les aboutissants… »
La précision dans les recherches permettra de trouver la faille, la ressemblance dans le lotissement.
Fini le 31/10/2021
L'été tous les chats s'ennuient de Philippe Georget
(Pocket, 2012)
Les “chats” du titre sont repris dans le poème du coupable, emmêlés avec les “souris”, qui seraient soit le coupable, soit la victime, soit le policier.
L'auteur nous donne des personnages bien décrits, attachants même dans leurs troubles amoureux. Mais les motivations du coupable ne sont pas très claires, entre probable assassinat du père et haine de la mère, et pourquoi l'enlèvement ? uniquement pour jouer avec la police ?
« Il n’avait qu’un regret : ne pas avoir joué plus tôt. Pourquoi avait-il fallu qu’il attende la maladie de sa mère ? Comme s’il avait pu craindre qu’elle n’ait un jour honte de lui. Il la haïssait tant. »
Fini le 29/10/2021
Dans l'ombre de la reine de Fiona Buckley
(Série Ursula Blanchard, 1997, To Shield the Queen traduit de l'anglais par Corine Derblum, 10/18, 2006)
Pseudonyme de Valerie Anand, avec un sous-titre en anglais a Mystery at Queen Elizabeth I’s Court : Introducing Ursula Blanchard.
L'auteur nous offre un personnage féminin bien construit, avec ses convictions, ses peurs et son courage.
« Je restais debout, inébranlable […] alors que j’aurais voulu m’effondrer et enfouir ma tête entre mes bras. La cour, que j’avais trouvée si palpitante, où je m’étais sentie chez moi, m’apparaissait soudain tel l’antre du mal, peuplé de traîtres qui ourdissaient leur toile et appâtaient les autres à l’aide de beaux mensonges sur l’intérêt du royaume, la loyauté, la délivrance charitable d’une pauvre malade. »
Fini le 26/10/2021
Le Dernier Rêve de la colombe diamant de Adrian Hyland
(2006, Diamond Dove traduit de l'anglais Australie par David Fauquemberg, 10/18, Domaine policier, 2009)
L'auteur doit détester ce pays pour en faire une description aussi cauchemardesque. Son personnage principal, Emily Tempest qui donne son nom à la série, est une jeune femme perdue dans l'univers et dans ses rêves, facilement terrorisée et qui accuse sans motifs un simplet vivant en sauvage.
L'histoire n'est qu'une suite de catastrophes, avec tueries particulièrement sanglantes, provoquées par des querelles de territoires pour tirer un maximum de fric de ces terres, où vivent des “aborigènes”.
« J’ai eu beau me démener, me bagarrer, faire chier la terre entière, fourrer mon nez partout et mettre tout le monde hors jeu, qu’avais-je obtenu au final ? Peau de balle. À part faire tuer plusieurs personnes […] et augmenter la part que Sweet toucherait des profits. »
Mais la cavalerie arrive ! et le lecteur pousse un ouf…
Fini le 25/10/2021
Un futur plus que parfait de François-Henri Soulié
(Les aventures de Skander Corsaro, éditions du Masque, 2017)
Cet auteur a l'art des expressions qui enjolivent un texte.
« Ce n’est pas pour me vanter, mais en tant que poisson jaune de compagnie, mon ami Blb est vraiment ce qui se fait de mieux. Après deux ans de vie commune, c’est toujours le même enthousiasme de part et d’autre du bocal. »
« Patienter dans une bibliothèque, c’est le genre d’exploit tout à fait à ma portée. Pendant que Félix bricolait sur son ordi, je me suis mis à fureter parmi les étagères comme un cochon truffier sur la piste de la perle brune. Les bouquins sont ma vraie patrie. En apprenant à lire, j’ai appris à ne manquer de rien. »
« C’est pour ça qu’elle était célèbre. Elle ratait tous ses numéros. C’était très drôle. Il faut beaucoup de talent pour tout rater… » « Cela voudrait dire que les gens qui croient avoir raté leur vie l’auraient réussie sans le savoir ? Y aurait-il un message d’espoir pour les petits, les obscurs, les oubliés, les “sans-grade”, les “comme vous et moi” ? »
Le simple plaisir de la lecture fait un peu oublier l’enquête sur la disparition des enfants et les turpitudes des laboratoires.
Fini le 24/10/2021
vendredi 22 octobre 2021
L'Étrangleur de Cater Street de Anne Perry
(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1979, The Cater Street Hangman traduit de l'anglais par Annie Hamel et Roxane Azimi, 10/18, 1997)
Cette histoire nous donne une bonne présentation des comportements à l'époque victorienne, tous les propos doivent être feutrés, les attitudes bien étudiées…
« — Quand vous serez mariée, vous comprendrez. […] Que les hommes […] vont parfois… […].
— Que vous avez des règles de conduite pour vous-mêmes, et d’autres pour nous, dit-elle avec aigreur. »
« Je sais qu’il y a une échelle de valeurs pour les femmes, et une autre pour les hommes, mais même vous [son père] ne pouvez la rendre élastique à ce point-là ! »
Et ceux qui prêchent pèchent également.
Fini le 22/10/2021
La Cité de l'horizon de Anton Gill
(Série Mystères égyptiens, 1991, City of the Horizon traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 1994)
Le contexte “égyptien” ne sert que de décor, le récit ne nous montre rien de la vie à l'époque du début du règne de Toutankhamon. Les personnages se comportent banalement entre épouse, divorce, “maitresse”, etc. avec quelques mises en scène de démons et des croyances religieuses de cette dynastie.
« Il savait qu’elle n’avait pas hérité de sa fortune mais l’avait construite de toutes pièces, et aussi qu’elle tirait de leur liaison le pouvoir et le statut social bien plus que la richesse matérielle. »
La lecture de cet auteur est sans intérêt.
Fini le 19/10/2021
Mon premier meurtre de Leena Lehtolainen
(Série Maria Kallio, 1993, Ensimmäinen murhani traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, J'ai lu. Policier, 2011)
La joyeuse réunion de la chorale dans l’été finlandais se termine dans l’eau pour le dirigeant.
L’enquêtrice nous emmène dans les bas fonds de la vie de la victime.
« De l’eau-de-vie et des call-girls estoniennes. […] avait plus d’une corde à son arc. […] Était-il possible que le meurtre soit en fin de compte l’œuvre de la mafia russe ? »
« Il m’a ri au nez. Tu croyais vraiment qu’on se faisait un fric pareil avec du shit, a-t-il dit. »
Fini le 18/10/2021
Le Rire du bourreau de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1996, The Laughing Hangman traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2004)
Encore de belles colères dans la troupe, notamment contre ce nouvel auteur un peu trop agressif.
« Seul quelqu’un qui aurait vu de ses yeux la première victime connaîtrait les détails indispensables. Seul un excellent acteur, possédant le don de l’imitation, pourrait contrefaire un rire pareil. »
Celui qui veut dénoncer la « profanation » de l’ancienne religion.
Fini le 16/10/2021
Crime au Moulin vert de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1993, The Green Mill Murder traduit de l'anglais Australie par Pascale Haas, 10/18, 2008)
Ce livre nous donne une leçon de jazz et nous emmène en avion dans le “bush”.
« […] elle avait envie de partir, de retrouver les lumières éclatantes, le bruit, les gens, les téléphones et les automobiles. […] lui et son environnement étaient une passion à savourer à petites doses, comme l’absinthe, qui vous rendait fou tôt ou tard. »
« Quoi qu’il en soit, nous avons été sauvés par un wombat. »
« Son opinion concernant les trompettistes venait de se confirmer. [Il] n’avait pas bougé d’un pouce. Seuls ses yeux regardaient sur le côté, comme s’il réfléchissait à une retraite possible. »
Fini le 14/10/2021
mercredi 13 octobre 2021
… Quant à la femme de Francis Iles
(pseudonyme d'Anthony Berkeley, 1933, As for the Women traduit de l'anglais par Josette Pinaud, 1945, Folio, 1986)
Le roman de la subtile manipulation d'un couple sur un jeune étudiant d'Oxford.
« […] Pourquoi est-ce que je ne peux pas prendre une tasse de thé sans renverser les meubles ? Pourquoi est-ce que je rougis dès qu’on m’adresse la parole ? »
« Alan était intimidé chaque fois qu’il se trouvait avec un étranger qui paraissait tout à fait à son aise. Mais lorsque cet étranger se trouvait être une femme, cet effet était intensifié. »
Cela le rend prêt à “s’habiller en femme” pour fuir…
Fini le 12/10/2021
Vu comme ça…
C'est la meilleure des définitions, « Ronds points en enfilade », pour « Trémas ».
Grille 4/5 finie le 12/10/2021
Lagune morte de Michael Dibdin
(Série Aurelio Zen, 1994, Dead Lagoon traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina, Le Livre de poche, 1999)
« Si Rome était un labyrinthe où s’affrontaient des cliques diverses et puissantes, chacune avec son lot de secrets à protéger, ici [Venise] tout était jeu de lumières, un mouvement sans fin d’apparences dénuées de forme ou de substance. On n’y obtenait que ce qu’on y voyait, et c’était tout. »
« Le sort d’Ivan Durridge, celui de Rosetta Zulian et celui de son père aussi resteraient enveloppés de mystère pour toujours, sujet de spéculations, de distinctions subtiles et de radotages séniles. Zen avait l’impression d’être une mouche dans la toile d’une araignée morte. »
Le lecteur aura des éclaircissements, à coups d’entretiens, mais le policier n’arrivera pas à solidifier ses histoires, qui feront des plongeons dans les canaux.
Fini le 11/10/2021
Et la brume et la neige de Michael Innes
(Série John Appleby, 1940, There Came Both Mist and Snow traduit de l'anglais par Michèle Hechter, 10/18, 2003)
« Je ne sais si vous êtes une charmante famille mais je sais que vous n’êtes pas le genre de famille au sein de laquelle se fomentent des assassinats. »
Le narrateur fait partie de cette famille et il a « caché un élément important » qui laisse l’enquêteur s’interroger.
« […] je savais que l’explication se trouvait quelque part, dans un coin de mon cerveau. »
Jusqu’à ce qu’il retrouve le poème :
« Bientôt vinrent ensemble et la brume et la neige,
Il fit un froid prodigieux. »
Et tout cela se réduit à « Beaucoup de bruit pour rien ».
Fini le 8/10/2021
La Dernière victime de Emmanuel Ménard
(Le Masque, 1992)
Sur la base de l'immarcescible histoire de “Jack l'Éventreur”, l'auteur nous raconte une délirante histoire de vengeance.
« Possédant sans doute quelque argent qui avait échappé aux quatre autres prostituées, la fillette avait pu partir n’importe où en Angleterre […]. »
Le « maître chanteur » sera réduit à quia… par une ultime vengeance.
Fini le 6/10/2021
mercredi 6 octobre 2021
La Mort pour voisine de Colin Dexter
(Série Inspecteur Morse, 1996, Death is Now My Neighbour traduit de l'anglais par Jacques Guiod, 10/18, 1999)
La morte voisine n’aurait pas dû côtoyer de si près le maître chanteur à la queue de cheval.
Ce livre sent la fin de série. L’inspecteur atteint de diabète revient d’hospitalisation.
« Et soudain Lewis [l’adjoint de l’inspecteur] se sentit très heureux de reprendre le collier aux côtés de cet homme arrogant et guère gracieux, vulnérable et adorable, avec qui il avait travaillé si étroitement depuis tant d’années ; un homme qui paraissait quelque peu plus mince, plus pâle que lorsqu’il l’avait vu pour la dernière fois, mais qui n’avait rien perdu de sa brusquerie pour lui demander s’il avait vérifié l’heure à laquelle Storrs était parti de chez lui le jour de sa dernière escapade à Paddington […]. »
À la fin, Lewis aura droit à une carte de remerciement signée du prénom de l’inspecteur.
Exemple d'une épigraphe de l'auteur, chapitre XXI : « Un conservateur est quelqu’un qui est épris des maux existants ; en cela, il se distingue du libéral, qui souhaite les remplacer par d’autres. » de « Ambrose Bierce, Le Dictionnaire du Diable. »
Fini le 4/10/2021
Le Sabre du Calife de Marc Paillet
(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1997)
La présentation en 4e de couverture nous avertit que « Cette nouvelle enquête nous entraîne à la découverte du monde musulman de l’époque [an 802]. »
C’est très intéressant, bien documenté, avec notice historique et glossaire, et avoir acquis les éléments donnés par les cartes d’HerodoteVidéos aide à mieux visualiser les frontières, les trajets.
La description de la « ville ronde » (lieu de résidence du calife) est particulièrement précise, notamment les étapes du cheminement pour accéder au souverain : « des gardes, aidés par des serviteurs et des eunuques, […] leur firent traverser des palmeraies, des vergers, […] un palais où étaient exposés des prises de guerres. […] un paysage aquatique, […] un magasin où étaient entreposés par centaines des tapis […]. Ce fut ensuite une ménagerie […]. Puis, après la fauconnerie, […] un édifice décoré de mosaïques. […] un détour par la bibliothèque qui comportait deux douzaines de salles […]. » etc.
Mais, avant d’y arriver, le Saxon dut mener l’enquête avec le comte.
« Il s’indignait encore des traverses rencontrées et des dommages subis alors qu’ils n’étaient qu’un pion dans une partie dont l’enjeu n’était autre, il est vrai, que le pouvoir suprême en l’Empire abbasside. »
Fini le 2/10/2021
Le Mauvais Génie de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1995, The Roaring Boy traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2003)
Un inventeur est assassiné pour refus de se plier au trafic d’armes.
« Le coupe-papier était incroyablement léger et brillait avec un éclat particulier. »
Les acteurs jouent cette fois dans les coulisses de l’enquête : en prison pour l’auteur, dans les bouges pour les associés… pendant que le régisseur soutient la victime et cherche la solution.
« Vous avez composé une pièce qui nous a tous guéris d’une rage de dents ! »
Fini le 29/09/2021
Qui a tué Glenn? de Leonie Swann
(2005, Glennkill traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2020)
L'idée d'incarner des moutons est amusante.
« Je ne voulais pas seulement déguiser des hommes en moutons, mais je voulais donner vie à de vrais animaux, convaincants en tant que tels — des moutons avec des pensées de mouton, avec des priorités et des besoins complètement différents des nôtres, propres à leur vie de mouton. »
Donc : « Cela veut dire que George poursuit son assassin sous la forme de moutons. »
Mais le résultat de la mise en scène moutonnière ne sera pas celui attendu.
400 pages, c’est long…
Fini le 28/09/2021
dimanche 26 septembre 2021
Un train pour Ballarat de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1991, Murder on the Ballarat Train traduit de l'anglais Australie par Pascale Haas, 10/18, 2007)
La famille s'agrandit de deux orphelines et d'un chaton… qui interviendra pour débloquer l'histoire.
Pendant que l'héroïne profite du copain du fiancé.
« Elle n’aimait pas sa mère […] mais elle se contentait d’attendre que la nature fasse son œuvre. »
Fini le 25/09/2021
Les ferrets sont éternels de Olivier Seigneur
(Le Masque, 1996)
L'auteur s'amuse à reprendre l'histoire créée par Alexandre Dumas pour écrire un de ces délires qu'il affectionne. Les péripéties sont complètement illogiques, il fait de d'Artagnan un personnage veule et pusillanime qui accuse tout et tout le monde tour à tour, etc.
« Le cadet aux gardes » « n’éprouve qu’un seul regret : ne pouvoir, avant de mourir, réduire les ferrets en poussière. Seulement voilà, les diamants sont éternels. »
« Le jeune Gascon réalise aujourd’hui que la personne […] devrait, selon toute logique, être plutôt appelée Lord que […]. »
Fini le 24/09/2021
La Griffe du chat de Sophie Chabanel
(Points, 2019)
« Le chat, qui s’était approché sournoisement du lit, l’escalada d’un bond et s’étala comme une crêpe sur les jambes de Romano, en ronronnant ostensiblement. »
Ce chat aura quand même eu son importance dans l’histoire, les empreintes sur son collier permettant de dénoncer « l’homme de main », un vieil ami des coupables toujours disponible pour n’importe quel coup.
Un livre amusant à lire, comme une sorte de pastiche de polar.
« Joli plaidoyer pour l’amour passion ! »
Fini le 23/09/2021
La Ville de la peur de Jean d'Aillon
(Série Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, 10/18, 2017)
En « janvier 1423 », Paris survit sous la neige, avec la famine, les loups, les maladies… description sinistre. Pas étonnant que naît la croyance que la « Mort en personne » a rendu visite au notaire.
Au milieu de toutes les péripéties vécues par les héros, le lecteur a droit à une précise relation des conditions d’entrée au Grand Châtelet, quand leur ennemi a trouvé le moyen de les faire enfermer.
Mais Holmes a des appuis à la cour et sa chère dame de compagnie de la reine sera sauvée in fine.
L'auteur émaille son texte de mots anciens pour donner l'impression d'un récit “d'époque”, cela rend la lecture de toutes ces massacres beaucoup plus agréable.
Fini le 22/09/2021
L'assassin entre en scène de Ngaio Marsh
(Série Roderick Alleyn, 1935, Enter a Murderer traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1994)
Ce livre fait assez daté et très “reine du crime”. L'intrigue est simple, le héros enquête avec un ami dans les coulisses pour raconter l'histoire, la solution est dévoilée dans les dernières pages après avoir essayé d'égarer les soupçons. C'est bien monté, mais assez fade.
Il y a trop de mobiles autour du meurtre :
« Le défunt avait fait chanter […] ; poursuivi et menacé […] ; ruiné la réputation […]. »
« Cette bonne femme […] hérite de toute la fortune. »
Mais ces acteurs savent cacher leur jeu, surtout celui qui était menacé à cause d’un article sur le trafic de drogue.
Fini le 22/09/2021
lundi 20 septembre 2021
Une femme qui tombe de Anthony Berkeley
(Série Roger Sheringham, 1927, The Vane Mystery traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, Le Masque, 1995)
Le journaliste-romancien s'égare ici encore dans des hypothèses erronées qui ménage bien le suspense.
« [Le meurtrier] a débarrassé le monde de deux êtres nettement déplaisants, et je serais navré de savoir qu’on [le] pendra pour cela […]. » Mais certains sont revenus de la guerre en pilotes aguerris…
Fini le 18/09/2021
La Femme silencieuse de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1992, The Silent Woman traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2002)
Dans ce livre, le héros va vivre des aventures très sentimentales à cause de plusieurs femmes « silencieuses ».
« […] la messagère que l’on avait faire taire […]. [Celle] privée par la nature de la faculté de parler. [Celle] dont la voix avait réveillé le passé. [Celle qui n’a] dit mot au sujet de ses sentiments […]. »
Pendant que le “brillant acteur”, pour une fois, saura déjouer les pièges tendus par une autre femme.
Et toujours un tas de péripéties bien réglées et mises en scènes.
Fini le 17/09/2021
Sur un air de fado de Nicolas Barral
(Dargaud, 2021)
Les traits des personnages sont bien caractérisés, chacun son physique, dont le médecin grand et toujours avec une sorte de sourire “en coin”, regardant de loin, de haut, ceux qui veulent combattre le dictateur Salazar.
« — J’ai bien compris que vous aviez tourné le dos à la politique, mais vous ne vous demandez jamais pourquoi le peuple n’est pas encore entré en rébellion ?
— Va savoir… peut-être ne raffole-t-il pas de la matraque ? »
« […] Dans un régime libéral, l’homme est en prise directe avec son bonheur, dont il fabrique lui-même les ingrédients… Par voie de conséquence, s’il échoue, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même… N’est-il pas plus confortable, au fond, d’avoir au-dessus de soi quelqu’un à qui s’en remettre ou contre lequel se retourner ? »
Fini le 16/09/2021
Pétros Márkaris
Livres déjà lus & rendus de la série Kostas Charitos
✓ Le Che s’est suicidé
2003, Ο Τσε αυτοκτόνησε traduit du grec par Caroline Nicolas
✓ L’Empoisonneuse d’Istanbul
2008, Παλιά, πολύ παλιά traduit du grec par Caroline Nicolas
✓ Liquidations à la grecque (Trilogie de la crise 1)
2010, Ληξιπρόθεσμα Δάνεια traduit du grec par Michel Volkovitch
✓ Le Justicier d’Athènes (Trilogie de la crise 2)
2011, Περαίωση traduit du grec par Michel Volkovitch
jeudi 16 septembre 2021
Les Fous de Scarron de Christian Poslaniec
(Le Masque, 1990)
L'auteur, présenté en introduction comme « professeur de lettres », fait, dès la page 11, une erreur typique des ignorants : « […] j’ai à peine déballé deux ou trois caisses de livres, les poches, les plus faciles à ranger sur les étagères. Machinalement, je parcours les tranches multicolores. ». La tranche d’un livre étant la « surface unie que présente l’épaisseur de tous les feuillets d’un livre du côté où on les a rognés » (wiktionary) comment ce personnage peut-il les voir pour des livres rangés sur une étagère ? Il voit leur « dos » où est imprimé le titre, par exemple Le Roman comique de Paul Scarron.
Néanmoins, cette petite histoire d’une enquête sur Louis XIV est amusante à lire, même si la conclusion est forcément sinistre.
« Versailles a été bâti sur un charnier ! […] C’est surtout le prix des guerres de Louis XIV ! Le fric, le pouvoir, l’orgueil ! »
Fini le 15/09/2021
Safari tam-tam de John Wyllie
(Série Dr Samuel Quarshie, 1977, Death is a Drum... Beating Forever traduit de l’anglais par Michel Deutsch, 10/18, 1997)
« Il est capital d’arrêter ce ou ces maniaques qui, non contents de tuer les Blancs, contribuent à tuer aussi nos compatriotes en dressant contre nous ceux-là mêmes qui sont disposés à nous porter assistance. »
« Je n’ai aucune envie d’être entouré d’une bande de riches étrangers qui passent leur temps à critiquer la nourriture et le service, et qui me traitent comme un sous-développé parce que je ne comprends pas leur culture. Ils se conduisent comme les visiteurs d’un zoo et ça me rend malade. »
« J’ai reçu une peau blanche et j’ai eu droit à la musique en guise de dédommagement [dit l’albinos]. J’ai reçu le pouvoir de m’approcher dangereusement des forces du mal […] et j’ai un nouvel ami qui se conduit comme un père envers moi. Il faut donc qu’il y ait dans le monde une sorte d’intelligence qui équilibre le bon et le mauvais. »
« Vous pensez donc qu’il y a des Américains derrière ces assassinats ? […] Chez eux, on compte de quinze à vingt crimes par jour, un chiffre que nous atteignons rarement en une année. Des sauvages… c’était bien le nom qu’ils nous donnaient, n’est-ce pas ? Et l’agressivité est pour eux une vertu. Un VRP, un administrateur, un athlète agressifs sont des objets d’admiration. »
« […] il pense qu’en massacrant les gens avec les idées desquels il n’est pas d’accord, il détruit ces idées mêmes. »
« […] il faut que je les empêche de poursuivre leur œuvre parce que la terreur qu’ils créent devient un fléau qui pousse les gens à tuer à tort et à travers, sans prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils font. Et les terroristes n’accomplissent rien qui ait une valeur durable car personne ne pardonne jamais à l’homme qui, par la terreur, lui a fait accepter ce en quoi il ne croit pas ou qu’il rejette. »
« La seule chose qui comptait était l’éradication d’une maladie maligne qui s’appelait “terrorisme” […]. Comme pour la gangrène, l’unique remède était l’amputation. »
Fini le 14/09/2021
Tout abus sera puni de Philippe Le Marrec
(Le Masque, 1993)
« En cas de danger, tirez le signal d’alarme. Tout abus sera puni. » avertissement de la SNCF affiché dans les trains où vont se passer les meurtres.
Presque trente ans après la fin de la guerre, une personne découvre des faits qu’elle veut venger.
« On aurait dû quitter le village plus tôt, renaître ailleurs et vivre au jour le jour… »
Et ne pas laisser un enfant seul avec ses cauchemars et son père sachant poser des garrots.
Fini le 13/09/2021
Cabale de Michael Dibdin
(Série Aurelio Zen, 1992, Cabal traduit de l'anglais par François Rosso, Le Livre de poche, 1995)
« Ainsi, c’était donc cela, le dossier qu’il avait cru si explosif qu’on avait tué […] pour préserver ses secrets ! » et toute l’histoire du complot devient aussi lumineuse que ces coupoles vitrées.
« Je suis ce que je porte ! » affirmait ce styliste.
Le récit embrouille si bien le lecteur qu’il est impossible d’en dire plus.
Fini le 12/09/2021
Le Visage grimé de Jean Stubbs
(Série John Joseph Lintott, 1974, The Painted Face traduit de l'anglais par Marie-Louise Navarro, 10/18, 1994)
Ce livre serait mieux à sa place dans une collection “roman de gare”, tant l'histoire est mièvre et l'enchaînement des faits illogique.
Que ce peintre veuille comprendre la mort de sa demi-sœur dans ce train était pourtant un bon point de départ pour cette enquête en France, mais la rencontre “fortuite” dans Paris de ces jeunes femmes est complètement artificielle et peu crédible. Il ne reconnaît pas sa sœur, alors qu'il est sensé en être obsédé, et en tombe amoureux [!!], mais aucune allusion à un quelconque maquillage qui aurait justifié le titre du livre.
Les longs passages sur les états d'âme de “l'artiste” et les pensées stéréotypées sur les Français de l'inspecteur à la retraite sont pesants à lire, ainsi que les entretiens avec les témoins, la traduction approximative n'ayant pas réussi à bien montrer quand les personnages parlent en français et en anglais.
Fini le 10/09/2021
jeudi 9 septembre 2021
Le Meurtre de Piccadilly de Anthony Berkeley
(Série Ambrose Chitterwick, 1929, The Piccadilly Murder traduit de l'anglais par Robert Saint-Prix, Le Masque, 1993)
Celui qui a résolu l'énigme du Club des détectives va cette fois enquêter lui-même pour résoudre le meurtre de la vieille tante, en se laissant séduire par « l’épouse éplorée et aimante cherchant à [le] persuader à tout prix de l’innocence de son mari ».
Les personnages sont bien “emberlificotés” et la lecture est agréable.
Fini le 8/09/2021
Si Dieu dort de John Clanchy et Mark Henshaw
(Une enquête du lieutenant Solomon Glass, 1997, If Good sleeps traduit de l'anglais Australie par Brice Matthieussent, Folio policier, 2007)
Un récit sans intérêt qui ne sert qu'à tracer un portrait du héros, comme policier hors norme.
Le lecteur sait depuis le début qui sont les “vengeurs”, puisqu'il assiste à leurs réunions, et le seul suspense peut résider dans le temps que mettra le policier à comprendre qui les dirige. Ce personnage est tellement artificiel qu'il en devient ridicule, notamment dans ses rapports avec le lieutenant, qui se laisse séduire par cette femme présentée comme notoirement glaciale. Inutile de le garder en Réserve.
Fini le 7/09/2021
Requiem sous le Rialto de Nicolas Remin
(Série Alvise Tron, 2009, Requiem am Rialto traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2011)
Le Carnaval, avec ses masques, permet au meurtrier de se dissimuler pour “charcuter” ces femmes.
Une histoire très classique, mais avec des remarques intéressantes sur les personnages : le “puceau” qui s'interroge sur son inexpérience, l'inspecteur qui trouve agréable de porter une tenue féminine, le neveu qui finit par fuir tout cet imbroglio…
Dommage, c'est le dernier livre de cet auteur édité en français.
Fini le 6/09/2021
L'Araignée de cristal de Francis Didelot
(Série Gaston Renard, Le Masque, 1979)
« L’araignée » serait le symbole de la « belle inoccupée », ce qui simplifie la découverte du coupable, meurtrier pour sauvegarder la respectabilité.
Mais avant le commissaire va reconstituer le parcours de la victime, en interrogeant ses “galants”.
Fini le 5/09/2021
Requiem pour un poète de Michael Innes
(Série John Appleby, 1938, Lament for a Maker traduit de l'anglais par François Lourbet, 10/18, 1998)
Une histoire à plusieurs voix : le cordonnier, l'automobiliste égaré, l'avoué d'Édimbourg, le policier, pour revenir au vieux cordonnier ; c'est déroutant, mais intense de lire le point de vue de chacun sur les victimes de cette histoire.
« Il lui était impossible de parler : et, à moins de parler, il ne se trouvait pas en mesure d’empêcher ce mariage. Voilà le motif du plan ourdi […]. »
Les rats n’y pourront rien, même en portant des messages.
« Apporter secrètement aide urgente dans la tour. »
Le titre du livre vient de l’œuvre d’un poète écossais, Lament for the Makaris dont les vers, qui se terminent tous par Timor Mortis conturbat me, seront cités régulièrement par les personnages.
Le traducteur nous prévient en exergue qu’il « a dû se pencher sur moult grimoires pour retrouver les références aux personnages historiques ou livresques évoqués au fil des pages par l’auteur […]. »
Fini le 4/09/2021
jeudi 2 septembre 2021
Les Saisons inversées de Renaud S. Lyautey
(Points, 2019)
Le sous-titre Meurtre au Quai d’Orsay donne le contexte du meurtre. Le récit nous balade d’Iran au Chili dans l’ombre de la DGST et à l’abri des ambassades.
« Il se sentait oppressé par la litanie des meurtres que l’enquête lui avait révélée. »
Le voyage en Iran nous donne un intéressant passage sur le chiisme et sur la montée de l’extrémisme.
« […] le monde musulman, qui avait absorbé bon gré mal gré toute la modernité scientifique produite par l’Occident depuis plusieurs siècles […] se braque et rue des quatre fers quand lui parvient une version de la modernité, sociétale cette fois, qui menace le vieil ordre établi. La place de la femme ! » « […] les raisonnements admis sur le basculement du monde musulman dans l’islamisme ignorent globalement cet aspect, et préfère s’en tenir à des motifs d’ordre économique et social, comme la pauvreté et l’injustice, ou politiques […]. »
Et le voyage au Chili nous remet en mémoire les exactions de la junte de Pinochet… l’horreur des milliers de disparus…
Fini le 2/09/2021
Trafic de haut vol de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1990, Flying Too High traduit de l'anglais Australie par Pascale Haas, 10/18, 2006)
L'héroïne fait preuve d'inventivité pour piéger les coupables : peinture (posée régulièrement en chanson), suivi par avion (qui bat de l'aile pour confirmer la trace), jeux pour les enfants, etc.
C'est très distrayant !
Cette histoire nous présente encore un beau personnage féminin, qui, contrairement à l'usage, ne se confine pas dans le non-dit.
« Que savons-nous des autres ? […] Si elle avait rencontré le défunt […] aurait-elle deviné qu’il se comportait comme un tyran domestique et que, repoussé par sa femme, il avait abusé de sa fille ? »
Fini le 1/09/2021
Ébullition de Gianni Farinetti
(1997, L’isola che brucia traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Stock, 1999)
Le titre original “l’île brûlante” montre mieux l’endroit du drame, surmonté (surveillé) par le volcan Stromboli, « Iddu ». La conclusion “incendiaire” en sera le beau final.
« Écrivain ouvertement gay », l’auteur nous présente d’intéressants personnages, hommes et femmes, fidèles et aimants.
Quel dommage que les éditeurs français n’aient pas prévu d’autres traductions de ses œuvres.
Fini le 30/08/2021
Au voleur ! de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley, 2009, Cursed traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2012)
Le titre en anglais “maudite” désigne bien l'état d'esprit de l'amie de Regan.
« Née un vendredi 13 »…
« Plus les jours passent, plus j’ai l’impression de n’avoir été mise sur cette planète que pour expier mes mauvaises actions commises dans une vie antérieure. »
Le reste de l’histoire est très prévisible, les amies ne sont pas toujours telles qu’elles se présentent.
Fini le 28/08/2021
Le vieil homme dans le coin de Baronne Orczy
(1909, The Old Man on the Corner traduit de l'anglais par Jean-Joseph Renaud, 10/18, 1996)
Douze énigmes sur lesquelles le lecteur est « prié de réfléchir et de tâcher d’expliquer » avant que le « vieil homme » donne sa solution.
Des petits récits policiers fort intéressants, à relire séparément pour se rafraichir la mémoire et peut-être retrouver la solution.
L’auteur est surtout célèbre par sa création du personnage « Le Mouron rouge », héros de romans de “cape et d’épée”.
Fini le 27/08/2021
Les Neuf mauvaises réponses de John Dickson Carr
(Roman policier, Bill Dawson, 1952, The Nine Wrong Answers traduit de l'anglais par Mounette Lewis, Le Masque, 1991)
« Je peux vous énumérer, succinctement et dans l’ordre, les erreurs que vous avez commises et qui m’ont révélé qui vous étiez et à quel jeu vous jouiez ! »
« […] il y a neuf mauvaises réponses ou neuf bonnes, de mon point de vue, appuyées par de nombreux indices, voire des preuves. »
Une histoire de substitution de personnes bien mise en scène jusqu’à la fin.
Fini le 26/08/2021
mercredi 25 août 2021
Jackpot de Carl Hiaasen
(1997, Lucky You traduit de l'anglais États-Unis par Yves Sarda, 10/18, Domaine étranger, 2005)
539 pages à dévorer !
Tous les personnages étatsuniens extrémistes y sont bien campés :
• les tenants de la “blanchitude”, des complots, etc. ;
« […] faut qu’on soit parés et qu’on fasse équipe : armés, disciplinés et bien ordonnés. Bientôt, l’Amérique va être attaquée […]. Le Nouveau Tribunal Mondial, les communistes, l’Otan et ainsi de suite. Mais cette Marée noire, c’est notre première grande épreuve […]. On est les Aryens au Blanc Buccin. On croit à la pureté et à la suprématie de la race euro-caucasienne. »
• les fabricants — et les croyants — de “miracles”, notamment une vierge qui verse des larmes et une image de Jésus sur le bitume ;
« La ville ne pouvait se payer le luxe d’une baisse de fréquentation, pas plus que la perte de la moindre de ses attractions principales. […] la concurrence devenait rude pour les dollars des pèlerins, dans certains cas le high-tech le disputant à une rouerie disneyienne. »
• les gestionnaires de “Syndicat” détournant la manne…
Et tout se terminera dans la mangrove.
Fini le 25/08/2021
Gondoles pour le cimetière de Maurice-Bernard Endrèbe
(1955, Club des Masques, 1985)
“La vieille dame sans merci” est à Venise où elle est reçue dans le palais d'un “conte”.
Elle tâtonne toujours autant dans ses hypothèses, mais après avoir suspecté tour à tour chacun, elle devra reconnaître s'être trompé (son principal suspect est assassiné, donc…) en apprenant le mariage.
Fini le 22/08/2021
Cocaïne et Tralala de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1989, Cocaine Blues traduit de l'anglais Australie par Christine Barbaste, 10/18, 2006)
« Au cœur des Années folles » des histoires de “bonnes femmes” (habillage, séduction, avortement, etc.).
« […] l’immense demeure : sa façade aussi ornée qu’un gâteau de mariage ; le tapis rouge, les fleurs, l’armée de valets […]. C’était aussi insensé que vulgaire et ça empestait la richesse ostentatoire. […] Le Vieux Continent […] était appauvri ; même l’aristocratie avait pâti de la guerre […] elle gardait profil bas. L’ostentation était passée de mode et la litote avait gagné ses lettres de noblesse. »
« Elle ressemblait toujours à une poupée de porcelaine, avec ses boucles blondes, ses joues roses, son visage de bébé. La délicatesse avec laquelle elle donnait des ordres à ses hommes inspirait un sentiment d’horreur indescriptible. »
Fini le 21/08/2021
À cause des chats de Nicolas Freeling
(Série Commissaire Van der Valk, 1963, Because of the Cats traduit de l'anglais par Marcellita de Moltke-Huitfeld et Ghislaine Lavagne, 10/18, 1986)
Les « corbeaux » sous influence ont effectué des cambriolages pour « satisfaire leur besoin de danger et d’émotions fortes ». « [Il] appelait ça un entrainement à la guérilla. Mais ils ne devaient pas être si heureux que ça pour avoir fait tant de dégâts, et commis ce viol. »
Les « chats » désignent les filles qui donnent du “bon temps” à tous ces mâles.
La logorrhée du commissaire étourdit et fait avouer les jeunes et disparaître leur maître.
Fini le 20/08/2021
Les Démoniaques de John Dickson Carr
(Roman policier historique, 1962, The Demoniacs traduit de l'anglais par Joëlle Ginsberg, Le Masque, 1991)
Les “Démoniaques” sont très bien nommés. Un “argousin” qui enquête, une jeune femme qui s'enfuit de partout, une femme bigame qui veut de l'argent à n'importe quel prix et deux personnages historiques : un juge qui tord la vérité et un révérend adepte de la soulerie.
Qui vivent tout plein de péripéties jusqu'à la révélation qu'à cette époque ancienne, “saigneur” désigne un chirurgien ou médecin.
Fini le 19/08/2021
jeudi 19 août 2021
Une belle vision
Cette définition « Code-barres sur paquet de pattes. » pour « Tigres ».
Grille 7* finie le 19/08/2021
Les Masques de Saint-Marc de Nicolas Remin
(Série Alvise Tron, 2008, Die Masken von San Marco traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2010)
L'empereur « a mis sur pied un faux attentat contre sa propre personne » et prévoit « un petit accident au cours de sa fuite ».
Notre commissaire va mettre un peu de pagaille dans ce projet en s’intéressant de trop près aux cadavres que laissent le « tueur professionnel ».
La description du comportement des personnages est vraiment bien agréable à lire, par exemple l’impératrice dégustant sa coupe « qui se composait de glace à la pistache verte, de sorbet au citron blanc et de glace à la fraise rouge » ou les entretiens du commissaire, aimant son palais décrépi, avec sa fiancée obsédée par ses affaires commerciales.
Fini le 17/08/2021
Un lion dans la cave de Pamela Branch
(1951, Lion in the Cellar traduit de l'anglais par M.A. Le Gall, Le Masque, 1993)
La présentation des personnages est tellement désagréable que j'ai capitulé page 35.
La jeune femme avec des meurtrières de sa famille enfermées en asile ; son mari falot ; son frère meurtrier ; les ouvrières clientes du pub gémissant sur leurs maux ; le serveur sourd et imbibé ; etc. Aucune description n'est chaleureuse.
Parcouru le dernier chapitre et fini le 15/08/2021
La Vengeance d'Hamlet de Michael Innes
(Série John Appleby, 1937, Hamlet, Revenge! traduit de l'anglais par Thierry Arson, 10/18, 1998)
Une mise en scène très théâtrale est élaborée par le criminel pour dépouiller le Grand Chancelier en profitant du sujet de la pièce de Shakespeare pour évoquer la vengeance.
« Tout devait être violent, catastrophique et, […] théâtral. Cette optique dans le subterfuge devait servir deux objectifs : donner à l’affaire une atmosphère ne suggérant en rien l’espionnage, et en même temps satisfaire le goût réel de […] pour la mise en scène et les effets dramatiques. »
Le récit est particulièrement bien tarabiscoté pour laisser errer nos enquêteurs entre mobiles et alibis, qui tâtonnent sur l’utilisation d’un nouvel instrument à l’époque, l’enregistreur de voix sur cylindre. La poursuite du(des) cylindre(s) volés est épique.
« […] ôté le cylindre de l’appareil de Bunney — tâche aisée pour un homme aussi talentueux […]. » « Le cylindre dans la cafetière. » Le cylindre volé, le cylindre dans l’étable, etc.
« Pourquoi avoir quitté l’abri du rideau ? […] Pourquoi avait-on peur de rater sa cible à une distance aussi courte ? […] Miss Sandys a répondu à cette question avec une intelligence et une impartialité dignes d’éloge si l’on considère ses opinions féministes : Parce qu’on est une femme. »
Fini le 15/08/2021
Des voisins très inquiétants de Caroline Pourunjour
(Le Masque, 1984)
« Saisi d’horreur dans ce qui lui restait de très humain, à la fois il voulait taire son crime mais une force impérieuse le poussait à l’avouer. »
« Le bien et le mal ont d’étranges frontières. »
Fini le 13/08/2021
La Folle Courtisane de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1992, The Mad Courtesan traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2002)
Le récit nous présente au moins trois « folles courtisanes » prêtes à ensorceler les acteurs.
« J’ai ri comme les autres de Nimbus, mais en fait c’est moi que je voyais. J’ai été un étalon égaré par une jument. »
L’art de l’auteur pour créer des péripéties éclate dans ce livre.
Un délice !
Fini le 11/08/2021
Le Club des détectives de Anthony Berkeley
(Série Roger Sheringham, 1929, The Poisoning Chocolates Case traduit par M. Faure, Le Masque, 1985)
Le titre original donne la technique du meurtre et le titre français nomme ceux qui vont essayer de l'élucider.
« Elle ne parle plus que de ses remords ; elle veut […] tout avouer à son mari, divorcer et épouser son amant le plus vite possible. »
« Personne n’est d’accord en rien. Et malgré tout, chacun était persuadé de l’excellence de sa propre solution. Ce petit tableau vous fera voir combien il est facile de prouver ce qu’on veut, en choisissant consciencieusement ou arbitrairement les éléments que l’on préfère et en laissant les autres de côté. »
« Je regrette de ne pouvoir rester jusqu’à la fin. »
Fini le 9/08/2021
lundi 9 août 2021
Irish Coffee de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley, 2007, Laced traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2010)
« Gerard avait raison de dire que les Irlandais sont des surdoués de la communication et des bavards impénitents ! Le malheur, c’est que Gerard parle devant un micro. »
Et que les célèbres voleurs écoutent la radio.
« Nous exigeons vos tableaux ! »
« Il fallait à tout prix inventer un moyen d’apaiser cette furie et d’éveiller sa compassion. »
Il leur suffira de faire appel au fantôme.
« Tous les Reilly […] étaient assis ensemble. Mais […] Une autre Reilly était elle aussi présente… »
Fini le 8/08/2021
Vaine Carcasse de Nicholas Blake
(Cecil Day-Lewis, Série Nigel Strangeways, 1936, Thou Shell of Death traduit de l'anglais par Suzanne Lechevrel, Le Masque, 1994)
« À la santé de nos amis absents et de nos ennemis présents ! »
Une histoire simple de vengeance par la mort, mais bien emberlificotée par le récit du détective.
La traduction est à la hauteur du style de l’auteur (poète sous son vrai nom).
« Le crépuscule descend avec la même fatalité furtive, inexorable que les ascenseurs dans des milliers d’hôtels, d’immeubles et de bureaux. »
« Et désormais je dois m’interdire
L’enivrant souvenir de sa beauté ; mais sa mort
Recevra une vengeance digne d’elle et de moi. »
« L’ornement de mon sanctuaire, ô toi, vaine carcasse, coquille de la mort,
Jadis le resplendissant visage de ma dame adorée… »
Fini le 6/08/2021
Une mort sans importance de Mariah Fredericks
(2019, Death of a new American traduit de l'anglais États-Unis par Corine Derblum, 10/18, 2020)
L’histoire se passe en 1912 et le récit nous rappelle l’aversion et les insultes envers les Italiens, nouveaux arrivants aux États-Unis.
Le meurtre de cette jeune italienne sera donc attribué à la “mafia” italienne.
« J’avais cru qu’[elle] avait été tuée par vindicte, parce qu’elle avait prévenu la police afin de protéger un enfant. En fait, on l’avait tuée pour l’empêcher de prévenir la police et de protéger un enfant. »
« La voix du crieur de journaux résonna : ‘Un des hommes les plus riches du monde s’est sacrifié pour les autres.’ »
L’enquête se fait sur fond de préparation d’un mariage en “grand tralala” qui finira en cérémonie intime.
Fini le 4/08/2021
L’inconnue de la crique de Martha Grimes
(Série Richard Jury, 1999, The Lamorna Wink traduit de l'anglais par Alexis Champon, Pocket, 2004)
L'enquête sur l'assassinat de “l'inconnue” va être mené par un autre policier que le héros récurrent. Obsédé par la noyade de jeunes enfants quatre ans auparavant, celui-ci finira par faire le lien et s'effondrera lors de la vision du film.
Ce livre a une vraie fin avec un interrogatoire au poste de police pour comprendre les raisons des meurtres : tous organisés pour venger la mort de la fille, même si le dernier est un accident qui élimine la seule personne au courant de ce qui l'a provoquée.
Fini le 3/08/2021
Meurtre sur la digue de Janwillem van de Wetering
(Série Grijpstra et De Gier, 1976, The Corpse on the Dike traduit de l'anglais par Philippe-Frédéric Angelloz, 10/18, 1986)
« La mort de Wernekink est due à une erreur stupide. C’était probablement son destin. C’est difficile de concevoir qu’il existe des hommes qui vivent pour rien, qui n’ont aucun but ni idéal. »
« Chacun de vous est directeur d’un des plus importants magasins de notre chaine. Les détectives de la police sont venus perquisitionner chez vous ; est-ce qu’ils ont trouvé des indices qui puissent les laisser supposer que vous déteniez des marchandises ‘parallèles’ ? »
Fini le 30/07/2021
Le Mangeur de pierres de Davide Longo
(2004, Il mangiatore di pietre traduit de l'italien par Anita Rochedy, Glénat Polar, 2020)
Le style laconique, qui se veut représentatif des “hommes de la montagne”, n'est que mièvre et rend le personnage et l'histoire sans intérêt.
Il n'y a aucun suspense, chaque action est prévisible, même la “séance de baise” entre le “héros” et “la commissaire”. Certaines phrases se voulant imagées ne sont qu'amusantes.
« Le ciel est levé […] », pour signaler le départ des nuages.
« Derrière le calme de la vallée le silence angoissant d’une cellule où des fous sont tenus enfermés semblait crier. »
« Sur le chemin de l’église, Cesare imagina le corps de son ami et celui de sa jeune épouse, refermés l’un sur l’autre comme des dents qui arrachent du pain. », mais il faudra l’aide d’un autre homme pour qu’elle soit enceinte.
Fini le 31/07/2021
jeudi 29 juillet 2021
Le Gibet imprévu de Anthony Berkeley
(Série Roger Sheringham, 1933, Jumping Jenny traduit de l'anglais par Marie Mavraud, Le Masque, 1988)
Le héros de la série invente un tas de scénarios pour cacher le meurtre, notamment sur les emplacements de la chaise, mais ils n'auront pas d'utilité devant le coroner.
Une histoire amusante, car le lecteur pense savoir qui est responsable.
Fini le 29/07/2021
Les Neuf Géants de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1991, The Nine Giants traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2001)
L'expression “Les Neufs Géants” désigne le titre de la pièce que veut faire jouer le Lord-Maire et les chênes qui couvrent la cour de l'auberge où va se produire notre troupe.
« Vêtu de la robe traditionnelle et arborant le fameux tricorne, il était, pour ce jour seulement le père de tous les Londoniens, mais c’était son rôle d’oncle qui le préoccupait. Quelque part le long du trajet rôdait un neveu fou de rancœur, qui chercherait à mettre un terme à ses fonctions de maire avant même qu’elles eussent commencé. »
Le brasseur, habile à profiter de la situation pour préserver son Maire naïf, devra renoncer à mettre la main sur une énième auberge.
Fini le 28/07/2021
For Ever de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley, 2006, Hitched traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2009)
Le titre original signifie “marié” mais également “attelé, accroché”. Cela rend mieux l'ironie sous-jacente de l'auteur dans sa description du comportement de ces futures mariées. Cette histoire de vol de robes en devient très amusante à lire par l'outrance de cette course à la “belle robe” et au “mariage avant trente ans”.
« Brianne posa la boîte sur le grand lit double, souleva le couvercle… et poussa un hurlement d’horreur. Des fourmis noires grouillaient par centaines sur le satin blanc. Pour la deuxième fois ce jour-là, Brianne tomba à genoux en sanglotant sur le désastre de sa belle robe de mariée. »
Fini le 26/07/2021
Un crime maison de Gianni Farinetti
(1996, Un delitto fatto in casa traduit de l'italien par Nathalie Bauer, Stock, 1998)
« Un père, une mère et un fils. »
Cette histoire de famille est parfaitement racontée en alternant le récit de chacun des personnages, avec des liaisons entre les textes soit en reprenant un des derniers mots précédents, soit une réflexion.
Ainsi, c’est vraiment passionnant à lire et donne du piment à une intrigue assez banale d’un “homme à femme” éliminé par vengeance.
Et tout s’éclaircira avec les lunettes sur une photo rangée dans un livre de Sophocle, Œdipe roi.
« Une terrible pensée traverse l’esprit de Sebastiano. À quel moment Œdipe se crève-t-il les yeux ? » « Il essaie de s’imaginer en train de glisser par hasard une photo de famille dans un livre. Et oublier aussitôt ce geste banal sans savoir qu’il condamnait son père à mort. »
Fini le 25/07/2021
vendredi 23 juillet 2021
Un cas d'école de Michael Innes
(Série John Appleby, 1936, Death at the President's Lodging traduit de l'anglais par Thierry Arson, 10/18, 1998)
Le traducteur a bien rendu tout ce langage collégial.
« Nous sommes des clercs, des clercs médiévaux menant cette vie intellectuelle, saine et naturelle pour des hommes qui servent un idéal transcendantal. […] toute cette réflexion, ces études, ces analyses, ces débats ne deviennent-ils pas une épreuve par l’effet d’une action contrariée, refoulée ? L’utilisation continuelle de l’énergie physiologique naturelle concentrée dans l’étroitesse de l’intellectualisation, ne trouvez-vous pas cela pernicieux ? »
« La capacité à sentir quand il y a anguille sous roche constitue un des talents non négligeables de l’enquêteur. Appleby la possédait, et il avait senti une anguille sous la mauvaise roche. Mais il était trop prudent pour penser qu’une anguille au mauvais endroit est nécessairement là pour brouiller les pistes ; il peut s’agir d’une anguille trompeusement affublée de l’odeur d’un autre poisson, mais qui n’en reste pas moins une anguille. »
etc.
Les professeurs font leurs « dépositions » avec des arguments intellectualisés « J’ai essayé de percer les mystères du talent euboïque1 », pour donner les horaires approximatifs de leurs déplacements. Mais leurs réflexions les ont amené à agir pour de mauvaises raisons en se suspectant les uns les autres.
« […] chacun a agi selon une optique différente de ce qui s’était réellement passé, et ces optiques différentes découlaient d’abord du dessein du meurtrier […]. »
Fini le 23/07/2021
1. Un système monétaire lié à la commune d'Eubée en Grèce.
Des femmes bien informées de Carlo Fruttero
(2006, Donne informate sui fatti traduit de l'italien par François Rosso, Robert Laffont, Pavillons poche, 2008)
« […] mes enfants, le digne banquier a épousé une putain ! Tout le monde devait le savoir. »
« […] ses calculs étaient faux : elle s’était attendue à une répudiation, à un divorce immédiat, hors de chez moi, sale petite pute, retourne donc en Roumanie. Alors que c’était de l’amour-amour. »
« Elle a dû devenir folle de rage. »
Fini le 21/07/2021
Gondoles de verre de Nicolas Remin
(Série Alvise Tron, 2007, Gondeln aus Glas traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2009)
L'action du roman se déroule en 1864. Dans ce livre, le consul viennois sera innocenté brutalement, et l'original du faux sera peut-être enfin identifié.
« […] de l’intérêt qu’il aurait à faire passer l’original pour un faux. […] En poursuivant le raisonnement, on constatait toutefois à quel point la frontière était ténue, presque invisible entre un original et une copie. Dans de pareils cas, la conviction d’avoir affaire à un original relevait quasiment du point de vue. »
Obsédé par les gondoles à son nom, le commissaire passe d'un accusé à l'autre, dès que celui-là est assassiné, sans voir que les nouvelles technologies (piano mécanique, photographies de scènes de crime…) lui aurait donné la réponse bien avant l'attaque.
Fini le 20/07/2021
L'Affaire du scotch-terrier de S.S. Van Dine
(Série Philo Vance, 1933, The Kennel Murder Case traduit de l'américain par A.-H. Ponte, traduction revue et complétée par Marcel Thymbres, 10/18, 1987)
Ceci est le dernier livre de cet auteur paru dans cette collection, les autres titres n'ont jamais été réédités. Dommage !
Peut-être que dans les suivants, le lecteur aurait revu la petite chienne “scottie” [scottish terrier] qui permet au héros de comprendre les actes du meurtrier.
« De la présence de cette chienne dans la maison hier soir, nous pouvons tirer plusieurs conclusions très intéressantes. » Notamment que le coupable est revenu sur les lieux de son premier crime en laissant des portes ouvertes.
Mais c’est le doberman qui achèvera l’histoire.
Fini le 18/07/2021
samedi 17 juillet 2021
Il était une fois un crime de Lee Jackson
(2011, The Diary of a murder traduit de l'anglais par Éric Moreau, 10/18, 2011)
L'auteur raconte son histoire, comme l'indique le titre original, sous la forme du “journal d'un meurtrier”, mais c'est effectivement un conte ainsi que le traducteur l'a souligné dans le titre en français.
Cela donne des personnages grossièrement dépeints, par le mauvais romancier de l'histoire.
« La magnanimité sans bornes qui habite le cœur d’une femme, sa plus grande force, est aussi son pire point faible ! »
Au final : « Nous avons tous les deux joué notre rôle à la perfection. Rien ne peut nous lier davantage. »
Fini le 16/07/2021
Une étude en écarlate de Jean d'Aillon
(Série Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson, 10/18, 2015)
Ces romans se situent dans les années 1420.
« […] il songeait à ce qu’il en raconterait dans ses Mémoires. Il avait déjà trouvé un titre : “Une étude en écarlate”, à cause de tout le sang versé. »
Ça coule effectivement beaucoup, jusque dans une fontaine publique.
Le seul intérêt de cet auteur est historique, l’intrigue n’a aucune importance, il s’agit surtout de descriptions des querelles de pouvoir entre potentiels tenant de la couronne de France (ce que le 19e siècle a nommé la Guerre de Cent Ans), des “Boucheries” (pillages, massacres, etc.), de la vie quotidienne à Paris des marchands, des bourgeois… (les autres meurent de faim, de la peste…), et de beaux passages sur les “lettres de rémission” royales pour faire libérer des geôles ceux persécutés à tort par la “justice” (qui fait bien ce qu’elle veut !).
Fini le 15/07/2021
Patrick Butler à la barre de John Dickson Carr
(Patrick Butler, 1956, Patrick Butler for the Defence traduit de l’anglais par Jean-André Rey, Le Masque, 1988, Club des Masques, 1994)
« Je n’ai pas besoin de vous préciser, reprit Butler que vos gants est la traduction de l’anglais your gloves. » La victime « connaissait le français, mais prononçait très mal l’anglais… »
Et cela suffira pour comprendre qui est le coupable. En attendant, le héros sera confronté à ses femmes…
Fini le 12/07/2021
L'amour à Amsterdam de Nicolas Freeling
(Série Commissaire Van der Valk, 1962, Love in Amsterdam traduit de l'anglais par Marcellita de Moltke-Huitfeld et Ghislaine Lavagne, 10/18, 1987)
Un roman très descriptif, des relations sentimentales de l'accusé avec ses femmes, de l'enquête du commissaire alors tout jeune inspecteur, du système juridique présenté par le juge d’instruction…
« Elle dégrade les hommes ; elle les méprise. »
« […] tu ne t’es jamais conduit avec moi comme avec elle, et […] tu n’as jamais fait ce qu’elle prétendait que tu ferais. Elle s’est complètement trompée à ton sujet. »
« Ici, à Amsterdam, l’amour est une plaie pour la police. »
Fini le 10/07/2021
L'énigme du parc de Martha Grimes
(Série Richard Jury, 1998, The Stargazey traduit de l'anglais par Alexis Champon, Pocket, 2002)
La fin est décevante et confirme que le commissaire s'est laissé manipuler en compatissant.
« La quantité d’informations que les gens laissent échapper est étonnante. »
L'argument (cadavre, vol de tableau, tueuse) était séduisant, mais l'histoire est très mal ficelée et il est difficile de s'y intéresser.
Dommage !
« C’était une invention géniale, mais plusieurs détails manquaient. Vous ne l’avez jamais décrite […]. » Et le magasin Fauchon interdit de toucher aux légumes…
Fini le 9/07/2021
jeudi 8 juillet 2021
Piège à rats de Michael Dibdin
(Série Aurelio Zen, 1988, Ratking traduit de l'anglais par François Rosso, Le Livre de poche, 1997)
Un livre dense, une histoire de manipulations d'une riche famille italienne que l'auteur nous livre comme la théorie du « rat royal ».
« Chaque rat défend les intérêts de tous les autres, c’est pourquoi la force de chacun est la force de tous. »
Mais ceux qui n’en sont pas ne doivent pas prendre l’initiative d’éliminer un gêneur.
Fini le 7/07/2021
Maria de Curaçao de Janwillem van de Wetering
(Série Grijpstra et De Gier, 1976, Tumbleweed traduit de l’américain par Frédérique Daber, Rivages/Noir, 1999)
Le titre original désigne le type de plantes nommées en français “virevoltant” qui fait réfléchir les policiers sur leur île.
En français, l’État d’origine de la victime est un « État autonome du royaume des Pays-Bas qui fait partie du groupe d'îles des Petites Antilles appelé “îles Sous-le-Vent”. Curaçao se trouve dans la mer des Caraïbes. » (Wikipedia consulté le 6/07/2021)
Un récit intéressant plein de réflexions sur l’humanité.
« Maria était une femme très courageuse. Elle avait un idéal de vie assez particulier. Si les femmes se mettent à vivre leur idéal, elles cesseront d’avoir des enfants et c’en sera fait de l’humanité. »
« J’ai passé la plus grande partie de ma longue vie sur cette île ou sur d’autres îles des Caraïbes et je sais à quel point la magie noire est efficace. Je sais également que ce n’est qu’un ramassis de superstitions et d’idées toutes faites, mais ni plus ni moins que la publicité, par exemple, et personne n’ira nier que la publicité est un moyen efficace de manipuler les gens. »
Fini le 5/07/2021
Pour un fidèle lecteur
La réponse à la définition « Comme Mrs Aouda chez Jules Verne. » est bien sûr « Rani. », qualité de la compagne de voyage de Phileas Fogg.
Grille 7* finie le 3/07/2021
Des gens d'importance de Mariah Fredericks
(2018, A death of no importance traduit de l'anglais États-Unis par Corine Derblum, 10-18, 2018)
L'histoire se passe en 1910 et la société new-yorkaise y est décrite par une femme de chambre, les vieilles familles compassées, les nouveaux riches qui veulent y entrer.
Il y a des “morts sans importance” comme ceux engloutis dans l'effondrement d'une mine, dont le directeur sera déclaré coupable et sa fille harcelée, et le meurtre d'un “important”, fils du propriétaire de cette mine.
« Je pensai à la culpabilité. Je pensai à la justice. »
« En pareilles circonstances, il peut être difficile de savoir qui a commis le pire crime : la domestique qui a violé le sanctuaire de la chambre à coucher sans permission ou la femme qui a pris une vie. » (et même plusieurs)
« C’est épuisant, d’être la cible de tous les regards. Certaines femmes se sentent flattées, mais moi, j’ai toujours eu l’impression que, dès le moment où un homme pose les yeux sur moi, il est à mi-chemin de croire qu’il peut tout se permettre. »
Fini le 4/07/2021
La Route de Jérusalem de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1990, The Trip to Jerusalem traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10-18, 2001)
Du très bon théâtre, avec un personnage jouant parfaitement un acteur, un assassin, un espion…
« Nous sommes des pèlerins, portant nos présents vers la Terre sainte. […] York est notre Jérusalem. »
« Susan B. réservait ses faveurs à leur directeur, et Eleanor B. introduisait dans leur vie une dose de christianisme dont ils se seraient volontiers passés. Ils avaient perdu un précieux apprenti et gagné trois passagers encombrants. »
« En causant la ruine de votre compagnie, je gagnais le droit d’être leur associé, d’obtenir le statut que je mérite. » Cela valait bien de hâter la mort d’un oncle, de changer de nom, d’utiliser ses réserves de mémoire, et ses talents d’acteur.
Au milieu de la querelle entre les troupes, le lecteur a un aperçu de la chasse aux catholiques, dont la tête finit sur une pique.
Fini le 3/07/2021
jeudi 1 juillet 2021
Les Fiancés de Venise de Nicolas Remin
(Série Alvise Tron, 2005, Venezianische Verlobung traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2008)
Une histoire de couples, le commissaire et sa princesse, l'archiduc et sa maitresse, le capitaine de vaisseau et son amour… et un livre de Alessandro Manzoni.
« Si je prouve sa culpabilité, tu es ruinée. Si j’y renonce, je me discrédite à mes propres yeux. »
« L’enquête lui rappelait de plus en plus un kaléidoscope dont l’image se modifiait à chaque rotation. »
« Dans cette histoire, tout le monde à un certain moment a soupçonné tout le monde. »
Pendant ce temps, les photos servent toujours de paravent au meurtrier.
« Il avait supporté la situation tant qu’il avait cru qu’elle tenait à lui et n’avait pas eu le choix. »
Fini le 30/06/2021
Le Pas de l'adieu de Giovanni Arpino
(1986, Passo d'addio traduit de l'italien par Nathalie Bauer, 10/18, Domaine étranger, 2012)
Un gloubi-boulga philosophique sur la fin de vie d'un professeur.
« […] on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, ainsi que l’affirmait ce casse-pieds de philosophe grec, mais il est également vrai que l’homme ne serait plus le même au second bain. »
« Les adieux. Certains les cherchent, d’autres les trouvent comme un doigt dans l’œil […]. »
« […] il avait du mal à croire qu’il avait passé autant de dimanches en compagnie de cet homme réduit à l’état de larve silencieuse. »
Fini le 29/06/2021
Une hache pour l'abbé de Elizabeth Eyre
(Série Sigismondo, 1995, Axe for an Abbot traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 2002)
C'est, hélas, le dernier titre de cet auteur édité en français.
Une histoire de meurtres perpétrés pour la croyance dans les bienfaits d'un talisman et pour monter en grade dans l'Église.
« En quelques jours à peine, à force de chevaux fourbus, de fesses talées et de cuisses écorchées, la plus grande partie de l’Europe apprit la nouvelle de la mort du pape. »
« — […] On n’a jamais trop d’argent ni trop de fils.
— Ce qui est étrange, c’est qu’il a bien eu trois fils par la suite, mais qu’ils sont tous morts à cause de la croix. »
« Se faire moine n’avais jamais empêché la luxure — embrasser la chasteté ne voulait pas dire que vous oubliiez ce que signifiait embrasser autre chose. »
Fini le 28/06/2021
Définition démodée ?
La définition « Type d’Edam, de Chester ou de Brie. » est-elle toujours valable après le Brexit ?
La ville de Chester étant dans le Royaume-Uni, ses habitants correspondent-ils encore à la réponse : « Européen » ?
Grille 4/5 finie le 26/06/2021
C'est le verbe qui convient
La réponse à la définition « Je vous salue, train-train quotidien (2 mots). » confirme la vérité : « Ave RER ».
Grille 7* finie le 26/06/2021
Le Collier volé de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley, 2005, Burned traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2007)
Pour éviter la neige du nord, un séjour sous le soleil de Hawaï s'impose, qui évidemment sera l'occasion de découvrir les auteurs de différents méfaits : vol renouvelé de bijou hawaïen (le fameux collier de coquillages), succession d'ennuis pour perturber la direction de l'hôtel, détournement de fonds pour se faire sa vie au soleil, noyades pour cacher son passé criminel, etc.
C'est beaucoup, mais ça passe ! Les personnages sont crédibles.
Notamment, celui qui se fait tellement peur qu'il décide de rallier une association caritative.
« C’était la deuxième fois de la journée […] qu’il devait prendre la fuite poursuivi par des clameurs. […] Ce serait le bouquet que je me fasse prendre pour avoir voulu voler un sac jaune à un clochard ! […] Si je me sors de tout ça, je ne dévierai plus jamais du droit chemin. Plus jamais ! »
Fini le 25/06/2021
jeudi 24 juin 2021
L'Affaire de l'évêque de S.S. Van Dine
(Série Philo Vance, 1929, The Bishop Murder Case traduit de l'américain par A.-H. Ponte, traduction revue et complétée par Marcel Thymbres, 10/18, 1987)
« “Évêque” est le nom que les Anglo-Saxons donnent à la pièce d’échecs que nous nommons “Fou” […]. »
Effectivement, le meurtrier met en scène des comptines et “suicide” un joueur d’échec pour le désigner comme coupable, mais l’allusion au nom d’un personnage d’Ibsen jouant un “évêque” permet au brillant détective de tout comprendre.
« Laisser libre cours à son cynisme représente une soupape de sécurité qui permet de conserver son équilibre. […] tandis que celui qui refoule son sadisme et cache son cynisme derrière une attitude toute de sérieux et de gravité est susceptible des plus dangereuses divagations. »
Fini le 24/06/2021
L'affaire de la veuve noire de Jerónimo Tristante
(El caso de la viuda negra traduit de l'espagnol par Elena Zayas, 10-18, 2011)
Ce livre reprend des éléments de l'enquête du précédent titre de la série, avec des allusions aux coupables.
Dans ce récit, la “veuve noire” deviendra la “veuve d'Espagne” grâce aux compétences scientifiques du policier et à ses relations avec un agent anglais. Celui-ci l'aidera également à comprendre comment coincer le meurtrier des porteurs de bague. Mais il trouvera tout seul le remède à la catalepsie et au bal costumé.
Dommage que la suite de cette série n'est pas encore éditée en français, c'est un personnage intéressant.
Fini le 22/06/2021
L’Auberge de Jérusalem de Martha Grimes
(Série Richard Jury, 1984, The Jerusalem Inn traduit de l'anglais par Dominique Wattwiller, Pocket, 1995)
Dans cette histoire, l’auteur nous donne encore une description de personnages très anglais.
« […] Agatha avait si bien réussi à faire ami-ami avec “Betsy” qu’il n’avait jamais songé à dissocier les deux femmes, les considérant comme un couple anodin de vieilles dames tout juste bonnes à broder, jouer aux cartes et jacasser. »
L'auberge du titre va servir de cadre à la prise de conscience du commissaire.
« Le petit Jésus d'origine ayant été cassé, on en a mis un autre à sa place. »
Fini le 19/06/2021
Queue de poisson de Carl Hiaasen
(2004, Skinny Dip traduit de l'anglais États-Unis par Yves Sarda, 10/18, Domaine étranger, 2008)
Le titre en anglais décrit bien les multiples “trempettes” que subissent les personnages de cette histoire à “grand spectacle”. Un récit d'un haut comique us.
« Quel matraquage psychologique […] n’avait-il pas enduré depuis la fameuse nuit à bord du Sun Duchess !… Les effractions horrifiantes à son domicile ; l’inspecteur qui furetait partout ; le témoins transformé en maître chanteur donneur de leçons ; la crise Ricca ; et maintenant ces mystérieux hélicos espions ! »
« Comment ça peut être aussi difficile de tuer quelqu’un ? »
Fini le 17/06/2021
Des lapins et des hommes de Olivier Seigneur
(Le Masque, 1994)
La Grande fête d'anniversaire du Lapin ne doit pas être perturbée par tous ces gens perturbés, qui se déguisent, voient des lapins partout, ont des souvenirs drogués… et dont un se venge du passé, poursuivi par un Chinois croyant.
Un récit parfaitement déjanté !
« La jeune femme adore cette situation, si romantique. Elle est la compagne d’un homme recherché pour un double meurtre. »
« [Il] n’aurait pas dû se montrer aussi présomptueux. […] Comment a-t-il pu considérer la créature comme une simple marchandise que l’on peut impunément s’approprier ? »
« […] le policier doit absolument dissuader les policiers du laboratoire de mélanger aux indices recueillis dans les toilettes […] les poils du gorille des montagnes ramassés dans la réserve africaine. »
Fini le 15/06/2021
mardi 15 juin 2021
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth
(2007, Oscar Wilde and the Candlelight Murders traduit de l'anglais par Jean-Baptiste Dupin, 10/18, 2008)
L'utilisation dans un contexte romanesque de personnalités ayant vécu récemment est désagréable à lire, car il en reste un relent de doute sur la réalité de leur description (physique et mentale), de leurs actes.
Leurs réactions vis-à-vis de celui qui sera finalement découvert coupable semblent très artificielles au fil de la lecture et gâchent le suspense de ce qui se voudrait une enquête.
Le personnage, présenté comme Oscar Wilde, parle par citations (parfois avec notes de bas de pages) pas toujours appropriées aux circonstances de l'action.
« […] c’est ainsi qu’il a découvert celle qu’il avait un jour aimée aux côtés du corps saccagé de celui qui l’avait remplacée dans son cœur. »
Fini le 13/06/2021
Les Joyeux Démons de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1989, The Merry Devils traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10-18, 2000)
Les actes démoniaques devaient faire du tort au mécène pour lui faire regretter sa décision de privilégier un des frères. Les diablotins sauront l'éclairer.
Le poète philosophe :
« Les odes à la beauté, c’est bien joli, mais quel couple lit des vers passé quinze jours de noces ? »
Fini le 13/06/2021
Chute libre de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley, 2003, Popped traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2006)
À Las Vegas, le chantage utilise la presse.
« Son amie et elle ont entendu mes parents parler du courrier et les ont menacés de tout dévoiler aux journaux si je n’engageais pas Honey sur le tournage. »
Le metteur en scène des problèmes se fait féliciter en attendant sa grande soirée.
« Je suis heureux de voir que vous appliquez le principe d’égalité des chances, ou plutôt des malchances […]. »
« L’esprit de compétition exalte le meilleur de nous-mêmes. »
Fini le 11/06/2021
Un tueur pour la mariée de Elizabeth Eyre
(Série Sigismondo, 1994, Bravo for the Bride traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 2001)
Les délices du texte priment sur cette histoire de vengeance de duc à duc en passant par un prince.
« […] son visage ressemblait à celui des statues ornant les jardins du palais, la seule différence étant qu’elle était de chair blanche et non de marbre, et dépourvue de la moindre plaque de lichen. »
« […] Biondello, surpris, aboya. Inquiet, Benno se dit qu’il ne faudrait pas que cela devienne une habitude. Il était impensable que sa chemise se mette à aboyer à tort et à travers. »
L’auteur nous montre des scènes de bagarres très cinématographiques, par exemple :
« Sigismondo bondit sur le plateau et abattit son épée. Un sablier lancé par Brunelli le rata de peu et alla se fracasser contre une porte […]. Benno hurla pour avertir son maître mais, au même instant Pyrrho précipita sur Sigismondo un gros globe céleste fixé sur un pied à roulettes. […] le globe, poursuivant sur sa lancée, cueillit de plein fouet Brunelli qui […] fut emporté à califourchon sur le globe jusqu’au mur qu’il percuta avec violence. »
Le meurtrier ignorera jusqu’au bout que son commanditaire a succombé à une crise cardiaque.
« Ainsi il apprenait à ses élèves à haïr les tyrans quand lui-même ne haïssait que l’homme qui l’avait humilié […]. »
Fini le 9/06/2021