(Fleuve noir, 2017)
Le narrateur est un personnage épuisant à suivre. Il est plus intéressant que ses recherches sur le « massacre d’Odessa » en 2014 et les « mercenaires » coupables, rappelant douloureusement la guerre actuelle.
Ce journaliste a été marqué par un drame dans son enfance, non encore assimilé, qui conditionne tout son comportement.
« Ma soif d’en savoir plus fonctionne sur courant alternatif. À certains moments, je brûle de découvrir le fin mot de l’histoire, à d’autres, je m’en tape. » « Il en va de même pour un tas de choses dans ma vie. Les bouquins que j’ai commencés sans jamais les terminer, les films dont je n’ai vu que la moitié, les mots croisés incomplets, les puzzles inachevés, les filles que j’ai laissées tomber avant même de conclure. » « Les sports tiennent une place choix dans ma liste d’objectifs avortés. J’en ai expérimenté une flopée. […] je m’emballe. Illico, je m’inscris […]. Après quelques séances, j’abandonne. »
Il se met en danger dans des mises en scène périlleuses.
« Ce n’est pas une mise en scène, c’est mon quotidien. Mon kif, c’est l’adrénaline. Je roule à contresens sur le Ring, je saute d’un immeuble à l’autre, je m’envoie des décharges électriques, je participe à des concours d’apnée. Je suis une star dans le microcosme des fêlés. »
Pour ne pas oublier que « Tu m’appelais “Zanzara”, le moustique, en italien. »
Pour en finir : « L’amour et la mort sont comme de vieux amants. Ils n’ont plus grand-chose à se dire, mais ne restent jamais loin l’un de l’autre. »
Fini le 30/10/2023
mardi 31 octobre 2023
Zanzara de Paul Colize
lundi 30 octobre 2023
Dans le vif de Kate Ross
(Série Julian Kestrel, 1994, Cut to the Quick traduit de l'anglais États-Unis par Jean-Michel Alamagny, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2002)
L’annonce du mariage est publié dans « le Morning Post le 23 avril 1824 ». En Angleterre, à cette époque, des règles rigides obligent à préserver « l’honneur » du nom pour cette famille d’aristocrates.
« Combien cela devait-il coûter à un homme comme lui [magistrat intègre], de mentir pour son frère, de céder au chantage d’un ancien domestique, de celer des renseignements qui pourraient servir à l’arrestation d’un assassin ? […] ce qui le poussait réellement, c’était l’honneur, la nécessité de protéger le nom qu’il chérissait. Il avait des ancêtres à ne pas oublier, et des descendants. Ce qu’ils attendaient de lui outrepassait même son sens de la justice. »
La jalousie s’en mêle. Finalement, le mur révèlera « deux clés croisées ».
Fini le 29/10/2023
La palette de l'ange de Catherine Bessonart
(Série Chrétien Bompard, L'Aube noire, 2014)
Ce « commissaire » délivre des pensées bien subtiles.
Par exemple, devant une classe d’adolescents :
« Ce n’est pas parce qu’on est très nombreux à avoir tort qu’on a raison. […] C’est donc pas parce que vous êtes une trentaine à penser que les roux puent et que les pédés sont dégueulasses qu’effectivement les roux puent et les pédés sont dégueulasses. […] c’est pas parce que vous avez chahuté Léonard qu’il s’est pendu. […] Responsables peut-être mais pas coupables […]. Je vous dis ça parce que la vie est faite de Léonard qu’on rencontre et qu’on blesse. »
Son enquête sur les meurtres successifs d’un « gérant de sex-shop », un « SDF », un « prêtre » et un « hacker » va le démontrer.
Et un extrait de l’Épitre de Paul aux Romains :
« Je ne fais pas le bien que je veux, je fais au contraire le mal que je ne veux pas. […] Quel être malheureux je suis ! Qui me libérera de ce corps de mort ? »
Fini le 26/10/2023
Mort à Harvard de Amanda Cross
(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1981, Death in a Tenured Position traduit de l'américain par R. M. Vassallo-Villaneau, 10/18, 1993)
Ce livre nous présente la vie d'une femme arrivée à une place éminente dans une université prestigieuse, avec plein de réflexions masculines sexistes.
Par exemple, son frère :
« […] on ne m’ôtera pas de l’idée que si elle avait eu une vie normale, une vraie vie de femme, tout ça ne serait pas arrivé. Je n’ai rien contre les femmes qui travaillent, notez bien, mais je dis qu’elles doivent faire passer d’abord leur foyer et leurs enfants. Et je suis d’avis qu’une femme qui n’a pas d’enfants manque le meilleur de la vie. »
Kate résume :
« Quand Janet a été désignée pour cette chaire, Sylvia a immédiatement détecté, […], les périls de ce poste en point de mire » dans un milieu exclusivement masculin. « […] une foule de personnes seraient ravies de tendre des pièges à Janet […]. »
Et Kate trouve « sur son chevet [de Janet], ce livre qui s’ouvrait de lui-même sur un poème de Herbert [poète du XVIIe siècle]. » « […] Janet […] devait l’aborder d’un regard neuf, c’est bien ce qui le rendait si fort. »
Fini le 24/10/2023
mardi 24 octobre 2023
Définition phonique
Le mot résultant de « VIP (prononcez vieille pie). » ne peut être que « agasse ».
Grille 7* finie le 24/10/2023
L'Apothicaire et “L'Opéra des gueux” de Deryn Lake
(Série John Rawlings, 1995, Death At the Beggar's Opera traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, Éditions du Masque, Labyrinthes, 1997)
Lors du meurtre d’un acteur, John, sous la direction du « Blind Beak » (surnom de « John Fielding, magistrat principal ») se trouve au prise avec une troupe théâtrale, les « membres de la troupe de Drury Lane », dont les personnages se déguisent bien.
« Tout est trop compliqué : épouses et maîtresses bafouées, maris et amants jaloux, et maintenant enfants disparus… C’est comme s’il fallait trouver son chemin dans un labyrinthe. »
Tout va se compliquer après un second meurtre : « […] j’en viens à penser que tous les êtres liés à Jasper peuvent être en danger. »
Un « apprenti » vient tenir la boutique de l’apothicaire, pendant que celui-ci cherche sous quels noms se cachent les « enfants disparus ».
Fini le 23/10/2023
L'Assassin affable de Dorothy Salisbury Davis
(1951, A Gentle Murderer traduit de l'anglais États-Unis par Corinne Faure-Gears, Rivages/Noir, 2004)
Le lecteur connaît dès le début le meurtrier et suit l'enquête menée par le « sergent » et celle du « prêtre » qui a reçu la confession. C’est très bien montée et passionnant de découvrir la vie de « Tim » au fil des pages. Chacun a son avis sur lui.
La femme de ménage : « […] je sais reconnaître un jeune homme décent et bien élevé de surcroît. »
Le supérieur du monastère : « […] son départ m’est apparu caractéristique du personnage. Il mettait en évidence son manque total de sens des responsabilités, son incapacité à se plier à la discipline. »
L’inspecteur : « […] ce type qui ne supporte pas de voir souffrir un cheval est capable de battre jusqu’au sang toute personne qui écarte son prochain du droit chemin. »
Ils arriveront à converger au même moment vers le foyer.
Fini le 21/10/2023
Bengal hot de Sarah Dars
(Une enquête du brahmane Doc, Picquier poche, 2007)
L'auteur nous emmène à Calcutta, « Kolkata », et nous présente la vie quotidienne des Bengalis.
Notamment, celle de cette famille d’éditeurs dont la « reine-mère » est prête à tout pour conserver sa « maison ».
« Calcutta recelait bien d’autres mystères que celui de la maison Dâs. Trop ancienne […] Calcutta ne faisait pas son âge, mais bien plus que son âge. Trop vaste, trop compliquée, trop décrépite, trop décadente, trop ravagée, trop délabrée, trop décousue, trop usée, pour se laisser décrypter en si peu de temps. Une période bien trop courte, qui cependant avait suffit pour qu’il se sentît captivé par le charme vénéneux de cette ville. »
Doc veut comprendre qui a provoqué ces morts, car comme lui dit son ami Arjun.
« Je te connais, il faut toujours que tu comprennes. Pour toi, c’est la moindre des choses. Sinon, tu risques de tomber malade. Si je ne veux pas avoir à te soigner, mieux vaut rester jusqu’à ce que tu aies élucidé tous ces mystères successifs, qui sont autant de défis à ton intelligence. »
Il trouve la solution, mais reste « bien décidé à n’accorder aucun appui aux policiers ».
Fini le 19/10/2023
mercredi 18 octobre 2023
Jeux de pouvoir de John Connor
(Série Karen Sharpe, 2004, The Playroom traduit de l'anglais par Michèle Garène, Éditions du Masque, 2012)
Ça se voudrait un “thriller”, ce n'est qu'un salmigondis d'inepties. L'intrigue débute par la « disparition » d’une petite fille (le lecteur la voit pleurer sur sa vie, puis accepter de monter dans « la camionnette »). La suite dérape très vite dans du grand n’importe-quoi : les policiers sont soit trop faibles pour supporter la pression (le commandant), soit adeptes du tabassage (son adjoint), soit corrompus (le commissaire divisionnaire), etc. ; l’enquêtrice Sharpe s’illustre par sa manie de raconter son passé « d’agent infiltré », ses crimes, ses amours, révélant sa niaiserie, incapable de comprendre des indices, se faisant évidemment agresser, blesser, etc. ; les coupables ont le bon goût soit de se faire assassiner, soit de se suicider, etc.
En résumé, lors du dernier entretien entre « le commissaire divisionnaire adjoint et la pauvre inspectrice pathétique » :
« Quand on s’enfonce si profondément dans la fange qu’on ne sait plus vraiment qui on est, alors c’est possible d’être séduit par ce qu’il y a de plus méprisable. Au bout d’un moment, on cesse de faire semblant d’être comme eux. On devient comme eux. »
Ce livre est noté « Masque de l’année », donc peut-être que d’autres lecteurs sauront l’apprécier.
Fini le 17/10/2023
lundi 16 octobre 2023
Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez
(Les Enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, 2010)
Dans ce livre, l’auteur nous décrit la vie dans un quartier de Rome, « Subure », en détaillant bien la violence, les massacres, les tueries (tous les esclaves d’une taverne !), etc. sur fond de trafics de « faux paris » sur des combats de gladiateurs, soutenus par des sénateurs.
« Après avoir vu des gladiateurs combattre jusqu’à presque s’entretuer, les clients étaient pris d’une sorte de folie bestiale qu’ils assouvissaient […] dans le lit du jeune homme ou dans celui des autres prostitués de l’établissement. »
Les dieux ne sont pas oubliés.
« — Donne ceci à Charon, […], et salue de ma part Minos, Éaque et Rhadamante. Que leur jugement soit impitoyable et la poix des enfers bien chaude ! »
Fini le 15/10/2023
Le secret de Big Papa Wu de Diane Wei Liang
(Série Wang Mei, 2007, The Eye of Jade traduit de l'anglais par Odile Demange, NiL, 2008)
Le titre en anglais, “l’œil de jade”, présente la confusion dans l’enquête pour retrouver le possesseur-voleur du « sceau de jade ».
Cette enquête permet au lecteur de découvrir la vie en Chine en 1997, avec les souvenirs de la « Révolution culturelle », comme pour « l’antiquaire » qui donne son nom dans le titre en français.
« Avant d’être envoyé en rééducation, j’ai fait partie d’un gang des rues pendant plusieurs années. Je me prenais pour un dur à cuire. Dans la rue, on apprenait à ne faire confiance à personne parce que personne n’était digne de confiance. Nous étions tous des brutes. » « La situation était bien différente dans les montagnes de Dongbei. Notre camp avait été installé dans une vieille station de bûcherons […]. Quand on doit affronter les forces de la nature, on apprend à faire confiance aux autres. Pas une confiance aveugle. […] Mais on apprend vite à qui on peut se fier. » « J’ai rapidement appris à juger les gens […]. Plus tard, un homme que nous appelions Grand Frère m’a appris à lire sur les visages. »
Fini le 13/10/2023
Quand le diable dansait à Ilbarritz de Jean-Pierre Alaux
(Meurtres au Pays basque, La Geste, 2019)
C'est aussi léger que les autres livres de cet auteur dont l'unique intérêt est de donner au lecteur une tranche d'histoire locale, l'intrigue “polar” est trop incohérente pour être intéressante.
« Les bétonneurs de la côte étaient prêts à toutes les compromissions. Il convenait d’agir très vite pour inscrire le palais du baron de l’Espée à l’inventaire des Monuments historiques. »
Le château d’Ilbarritz fut effectivement « Inscrit MH en 1990 »).
« […] une petite société secrète qui abrite en son sein une vingtaine de notables espagnols, mais aussi quelques personnalités du Sud-Ouest […]. » « Ilbarritz, le château où le vice était roi ! »
Fini le 12/10/2023
L'âme détournée de R. N. Morris
(Série Porphiri Pétrovitch, 2007, The Gentle Axe traduit de l'anglais par Bernard Cucchi, 10/18, Grands détectives, 2009)
Le personnage principal de cette série, dont le nom s'écrit aussi parfois “Porfiry, Porfiri ou Porphyre”, est le « juge d’instruction » qui enquête sur les meurtres dans Crime et Châtiment, le roman de Dostoïevski.
Ce livre-ci n’en est qu’une pâle imitation, sans intérêt. Le titre en français vient d’un « contrat » signé par un « étudiant » pauvre qui « accorde la propriété de son âme ». Inspiré par cette idée, l’assassin a « gagé son âme chez […] le prêteur juif. Il s’imagine que, son âme ne lui appartenant plus, elle ne serait pas souillée par ses crimes. » Mais la raison des « crimes » n’est pas très compréhensible pour le lecteur.
Fini le 10/10/2023
mardi 10 octobre 2023
Occupe-toi d'Arletty ! de Jean-Pierre de Lucovich
(Plon, prix Arsène Lupin 2011)
Dans cette histoire, l'auteur nous décrit la vie à Paris sous « l’Occupation », en 1946, loin des clichés éculés, notamment pour le comportement du « détective » et de la « brigade criminelle ».
« J’étais sur le chemin de quelqu’un qui irait jusqu’au bout pour m’empêcher de découvrir qui était derrière la machination montée contre Karl von Sperlich et Arletty. Quelqu’un qui tuait aussi par plaisir et qui ressemblait à l’homme au visage balafré. »
« Il faisait beau, mais le plaisir de rouler dans ce Paris que j’adorais était gâché par les panneaux en allemand qui défiguraient les rues et l’omniprésence des doryphores sur les trottoirs. »
Et il croise des gens bien connus, “Gabin”, “Guitry”, “Cocteau”, etc.
Une lecture agréable, mais le sujet des autres livres ne présentent pas d’intérêt.
Fini le 8/10/2023
Le Dit de la nonne de Candace Robb
(Série Owen Archer, 1995, The Nun's Tale traduit de l'anglais par Laure Du Breuil, Librairie des Champs-Élysées, 1997)
Pour suivre cette histoire bien embrouillée avec des allers-retours dans l'année précédente (1364) et l’apparition de divers personnages, il vaut mieux lire dès le début la note de l'auteur en postface qui éclaircit cette période historique en Angleterre pendant la Guerre de Cent ans.
Tout tourne autour de la « nonne » revenue au couvent dans un piteux état.
« Elle dit que la douleur la purifie. Elle clame qu’elle est maudite. Nous avons déjà entendu de telles choses. Si seulement ses visions étaient moins banales. Mais même dans ce cas, elle pourrait simplement être une bonne conteuse. […] Il y a des questions auxquelles elle ne veut pas répondre mais je n’ai rien trouvé d’étrange à cela. Avec le temps, elle nous fera peut-être confiance et elle parlera plus librement. »
Ainsi que le prévoit « Maîtresse Lucie Wilton », « l’apothicaire », l’annonce de la mort de ses compagnons la poussera à la « confession ».
Fini le 7/10/2023
Chez l'oto-rhino de Raphaël Majan
(Série Les Contre-enquêtes du commissaire Liberty, P.O.L., 2004)
« […] lui travaille pour le bien-être de la société tout [sic] entière, sans le moindre égoïsme, ne cherchant aucun soulagement personnel mais à diffuser dans le pays un sentiment de sécurité, montrant à tous les citoyens l’efficacité de la police confrontée à des actes condamnables. »
« Certes, il fait parfois d’une pierre deux coups, tuant ou faisant condamner des êtres à qui il a de bonnes raisons de reprocher quelque chose de leur conduite, mais ce n’est pas non plus une meilleure solution déontologique que de laisser le hasard décider. Il ne va pas tuer n’importe qui dans la rue et arrêter ensuite le premier passant, encore que, s’il faut en arriver là, il paiera le prix de ses convictions en se soumettant à cette nouvelle règle. »
Une seule de ces histoires suffit.
Fini le 4/10/2023
Forfaits de Dick Francis
(1968, Forfeit traduit de l'anglais par Gérard Gardin, 10/18, 1997)
L'histoire commence quand le narrateur, journaliste, apprend que « […] Bert recommandait toujours des non-partants pour les grandes courses […] ».
La « combine » sur les « paris avant la lettre » est plusieurs fois expliquée mais difficile à comprendre pour un non-initié à part l’importance du « forfait » des chevaux engagés. Le journaliste va se « fourrer dans un sacré pétrin » pour protéger le dernier cheval menacé qui n’en vaudrait pas la « peine ».
« Tiddely Pom sans compter Brevity, Polyxènes et tous les autres… Pris individuellement, aucun n’en valait la peine. C’est bien pour ça que cette combine s’est perpétuée. »
Fini le 3/10/2023
Le Fantôme de la rue Royale de Jean-François Parot
(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 2001, 10/18, 2002)
Cette histoire se passe en 1770, presque dix ans après le premier livre, et débute au moment du mariage du futur Louis XVI. La fête prévue par le « prévôt de Paris » se termine en catastrophe avec incendie et morts par écrasement, mal protégée par les « gardes de la Ville » préférant parader dans les tavernes avec leur nouvel uniforme orné de « babioles ».
Mais au milieu des victimes, se découvre un meurtre qui donnera lieu à une enquête avec « exorcisme » et protection d’un « sauvage ».
« Deux sauvages, deux Élodie. La farce n’était-elle pas bonne ! »
Fini le 2/10/2023
lundi 2 octobre 2023
La mort sur un plateau d'argent de Rosemary Stevens
(Une enquête de Beau Brummel, 2000, Death on a Silver Tray traduit de l'anglais États-Unis par Patricia Christian, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2005)
L'auteur nous présente un narrateur très sympathique.
« […] on me tient pour un dandy sans cervelle. Sans doute qu’on ne pouvait attendre d’un homme de robe qu’il tienne en haute estime un homme d’habits. »
« J’ai succombé au chic de posséder un animal de compagnie, et j’ai fait l’acquisition d’un chat. » « Chakkri », un « siamois », spécimen rare à Londres en 1805, se révèle très subtil.
« Je reconnais que Chakkri est imprévisible […]. Il joue de la patte sur mon assiette écaille de tortue de Sèvres, il mâchonne mon peigne en écaille de tortue, mais il refuse une pseudo soupe de tortue. Sa diversité ne l’en rend que plus intéressant, n’est-ce-pas ? »
Fini le 30/09/2023
Le tueur au caillou de Alessandro Robecchi
(2017, Torto marcio traduit de l'italien par Paolo Bellomo avec le concours d'Agathe Lauriot dit Prévost, l'Aube noire, 2023)
L'auteur nous promène dans Milan. Il nous emmène dans le salon du « sous-brigadier Ghezzi », dans une “cité” très dégradée, abandonnée par la société, et la maison cossue du héros de la série, « Carlo Monterossi », passionné de Bob Dylan et auteur pour une émission de télévision.
Cette lecture de-ci de-là est agréable et fait bien monté le suspense pour trouver le responsable des meurtres des « riches ». Une quête qui va se terminer par « Ôputain » pour Carlo et « Putain de merde » pour Ghezzi.
« Il y a tout, là-dedans, les injustices des siècles et les injustices de ces folles années. Et ce n’est pas comme si les années actuelles… […] Il y a des comptes qui ne se règlent jamais… » même en jetant un « caillou ».
Fini le 28/09/2023
Sombre vallée de Thomas Willmann
(2010, Das finstere Tal traduit de l'allemand par Pierre Deshusses, Belfond, 2016)
« Alpes bavaroises, fin XIXe siècle » une « histoire de haine et de revanche », dit la présentation.
C’est trop sinistre pour être agréable à lire, l’auteur ne détaille que la violence. Le texte de la première page en est l’exemple. Si il est évident pour le lecteur que l’arrivée de « l’étranger » dans cette haute montagne va provoquer plus que des commérages, la façon dont sont présentés ses actes est trop succincte pour intéresser, seul est décrite la brutalité de ses cibles [pour justifier sa tuerie ?].
Les actes des « puissants » du village sont peu crédibles ; il est difficile d’admettre que ce “droit de cuissage” (reconnu légendaire pour les seigneurs du moyen-âge) est pu perduré aussi longtemps, même soutenu par le « curé », entre l’année de la conception du vengeur et son retour assez vieux et argenté pour pouvoir traverser l’océan et les terres.
Parcouru et fini le 26/09/2023