(2013, Ravet-Anceau, Polars en Nord)
Dès que l'auteur relate les événements de « 1957-1958 », le lecteur comprend que ce premier crime est à l’origine de ceux de « 1961-1964 ».
« — Il faut reconnaître mon adjudant, que ces meurtres sont certainement liés, mais qu’aucun indice ne nous en donne la certitude. Les emplacements des cadavres, sur le toit de la chapelle et au sommet d’une des tours de guet, sont eux aussi pour le moins surprenants. — […] ce bastion, avec ses murs de quatre ou cinq mètres d’épaisseur, est une vraie passoire ! On retrouve des types, morts qui plus est, dans des endroits tout à fait inaccessibles, dont les clefs sont enfermées dans un coffre… »
L’enquête mal suivie des gendarmes donnera le temps au(x) coupable(s) de “disparaitre”.
Fini le 29/07/2023
dimanche 30 juillet 2023
La clef des hauts de Gérard Bertuzzi
L'Apothicaire de Londres de Deryn Lake
(Série John Rawlings, 1994, Death in the Dark Walk traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)
L'auteur utilise le personnage de « John Fielding », brillamment mis en scène par Bruce Alexander dans la série qu'il lui a consacré, pour lancer son « apothicaire » dans l’enquête sur ce meurtre dans « l’Allée de l’Ombre ». La traduction conserve des expressions en anglais, par exemple celle populaire pour désigner le magistrat le « Blind Beak » [juge aveugle].
Dans la maison des « plaisirs », se retrouvent les mêmes personnes que dans le « parc », « duc », « comte »… et les femmes, fiancées, épouses ou « filles de joie ». John, et son ami Samuel, iront voir qui est qui et qui fait quoi, prostituée ou servante.
Fini le 28/07/2023
L'Énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot
(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 10/18, 2001)
Envoyé dans le Paris de 1761 par son père adoptif, pour se présenter au « lieutenant général de police » du roi Louis XV, ce jeune Breton va devoir apprendre à enquêter. L’auteur nous propose un livre parfaitement écrit avec plein de références à cette période de l’histoire.
Le personnage, « enfant trouvé », est peint subtilement avec ses tâtonnements, ses certitudes.
« […] le dévergondage de sa pensée conduisait Nicolas à des remise en cause incessantes, incapable qu’il était d’attendre sans imaginer et d’espérer sans craindre. Nicolas comprit qu’il avait encore beaucoup à apprendre, mais il se promit de devenir loup parmi les loups, avec ses propres armes. »
Il résoudra si brillamment les circonstances de ces morts brutales et du vol des papiers, qu’il sera reçu par le roi et « la Pompadour » à Versailles.
En prime, l’auteur nous livre des recettes de cuisine, version 18e siècle, par l’entremise de « Catherine » au service du commissaire « disparu ».
Fini le 26/07/2023
Des définitions reliées…
… À suivre attentivement pour trouver les réponses.
H4 « Sont vides en ce moment… »
H5 « Et celle-ci est pleine, comme les autres… »
H6 « Mais avec lui, tout va changer. »
soit
H4 « Lavabos. »
H5 « Baignoire. »
H6 « Entracte. »
Grille 7* finie le 26/07/2023
Chasse aux rats de Dick Francis
(1970, Rat Race traduit de l'anglais par Simone Hilling, 10/18, 1998)
Le narrateur est le pilote des avions-taxis qui conduisent les uns les autres vers les champs de course, notamment le célèbre jockey devenu son ami. Mais la concurrence est rude, l'appât du gain sournois, dans ce milieu.
Après la « bombe » « pour la publicité », « l’acide nitrique » : « Je me demandai s’ils se doutaient que je venais d’enfreindre deux règlements et que la commission d’enquête allait sans aucun doute me tomber dessus. » « Si on brûle un feu rouge et dépasse la limite de vitesse en conduisant quelqu’un à l’hôpital pour lui sauver la vie, on peut faire l’objet de poursuites. […] Les sentiments humains contre la loi : un dilemme vieux comme le monde. »
Pendant ce temps : « Le duc était confortablement assis dans un fauteuil près de la fenêtre ; son visage splendide était entouré d’un halo lumineux. Ses jambes étaient croisées, ses mains détendues, et il fumait un cigare. A son air bienheureux, il était facile de comprendre quelle fierté lui inspirait son Fonds si philanthropique. »
Fini le 23/07/2023
samedi 22 juillet 2023
La noyée du Palais d’été de Taiping Shangdi
(pseudonyme de Olivier Seigneur, Série Sourcil de Paon, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)
L'auteur fait de « la petite dame de cour », la « jeune Mandchoue », un personnage de moins en moins intéressant, imaginant tout et n’importe quoi, sans avoir rien appris de sa précédente aventure et des pièges de la « cour ». Et la présentation des mœurs et coutumes chinoises serait plus instructive en utilisant les noms chinois des personnages (après en avoir donné une équivalence en français), cela éviterait ce genre de salmigondis : « […] l’amour, sans lendemain, qui la liait à Petit Brillant ; la mort de Luth précieux ; l’assassinat de Page au divin jade […] ; l’infortune de Fève grillée qui était allée, ravie et insouciante, au devant du malheur […] etc. » qui peut juste provoquer un certain fou-rire chez le lecteur. Quant à la façon dont « Sourcil de paon » se cache dans la chambre de la « douairière »…
Laissons « les membre de la Dynastie pure » rejoindre la « capitale de l’Empire du Milieu »… j’arrête là cette série.
Fini le 21/07/2023
Le Coup de foudre de Miss Seeton de Hamilton Crane
(pseudonyme de Sarah J. Mason, 1992, Miss Seeton rocks the Cradle traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2002)
Le séjour en Écosse de Miss S., à « Glenclachan » chez les parents dont elle a retrouvé le bébé, nous donne à lire des pans de l’histoire des « Highlanders », avec complot, batailles, etc. contre les souverains anglais.
« […] après tant de tristes années, rendre à la Maison des Stuarts le trône qui lui revient de droit… […] Quel besoin ont les Highlands de reines allemandes […]. »
L’orage (le « coup de foudre ») permettra à tous de retrouver la raison, sauf à celui qui ne cherchait que de l'or.
Fini le 19/07/2023
Ironique définition à l’usage du français
« Fin la par commençant en lit se. » pour « manga ».
Grille 7* finie le 18/07/2023
Une mort si douce de Amanda Cross
(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1984, Sweet Death, Kind Death traduit de l'américain par Catherine Cheval, Rivages/Mystère, 1998)
Un livre tout plein de références littéraires, ce qui est normal quand les personnages sont des professeurs d'universités.
Kate Fansler est sollicitée par ceux qui doutent du suicide de Patrice, « écrivain et universitaire distinguée ».
« […] une femme absolument merveilleuse, aussi douée pour l’amitié que pour l’écriture, […] et pour qui tout allait bien. Bien sûr, elle flirtait un brin avec la mort, mais toujours dans les limites du convenable. […] c’était une femme pétrie de bonté, de courage et d’intelligence. […] elle n’avait aucune raison de se suicider… »
Même si elle écrit : « […] je suis complètement chipée* pour la mort. […] ce désir de mort est chez moi omniprésent […]. Mort mort mort, mort si douce… »
« La thèse qu’elle défendait, c’est qu’à l’encontre des idées reçues, bien des femmes entament une deuxième vie à l’âge où elles devraient se retrouver sur la touche. Une vie affranchie des servitudes domestiques comme de la dictature du sexe. »
Mais d’autre(s) ne sont pas d’accord avec ce tableau.
« Fort de son suivi d’un échantillon de population féminine, […] s’était cru fondé à conclure que le troisième âge était, pour la femme, une période de déclin général […]. »
* “énamourée” en argot
Fini le 17/07/2023
Le pas des lanciers de Paul Gerrard
(pseudonyme de Jean Sabran, Le Masque, 1991)
L'histoire commence de façon très classique par un enlèvement pour obtenir beaucoup d'argent. Puis, un “voyant”, Sandro qui travaille pour la police, s'en mêle et devine où chercher l'absent, à l'endroit qui donne son titre au livre.
« — Le Pas-des-Lanciers, murmura Edmonde avec une pointe d’ironie… Où avez-vous pêché ça ? — Je l’ai vu et lu, répondit Sandro sans se troubler. Ecrit en lettres blanches sur fond bleu. C’est le nom d’un endroit bien réel. S’il n’existait pas, rien n’aurait pu le faire sortir de mon subconscient. »
Ce roman est « un vrai paquet de dynamite », comme écrit dans la lodiciquarte.
Fini le 15/07/2023
samedi 15 juillet 2023
Une petite bière pour la route de Philippe Carrese
(Fleuve Noir, 2002)
C’est le récit d’un enterrement trempé de pluie et très agité, suivi de près par le neveu et la « copine du tonton ».
« Taux d’humidité cent cinquante pour cent, mauvais plan. J’ai vraiment pas envie d’abîmer ma bagnole à cause de ces enclumes […]. Les enclumes m’ont laissé le rôle de chauffeur de maître, seul devant. Perspective peu réjouissante : mon exécuteur potentiel est installé pile dans mon dos. »
« Le corbillard démarre en trombe […]. J’ai du mal à suivre. Encore heureux, on est le seul véhicule à pister ce corbillard de course. J’imagine bien l’éparpillement d’un de ces convois traditionnels d’une dizaine de retraités affligés, largués et dispersés entre la morgue et le cimetière […]. »
Au début, le narrateur nous a présenté un peu vite le curé…
Fini le 14/07/2023
La gardienne du phare de Dianne Day
(Série Fremont Jones, 1998, The Bohemian Murders traduit de l'anglais par Marie-Josée Lacube, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1999)
Le qualificatif « Bohemian » du titre doit faire référence aux modes de vie dans cette communauté d’artistes installée non loin du « phare » de Fremont. Tout au long du livre, elle nous relate des extraits de la nouvelle « Le Marchand de rêves », une histoire très érotico-fantaisiste de « démons » et « d’incubes ».
Michael (et non « Misha ») résume leur aventure : « Tu as le chic, comme moi, pour te mettre dans des situations épouvantables ; je crois même que tu me surpasses. Tu veux bien écouter les conseils, mais tu te forges toujours ta propre opinion et tu n’en fais qu’à ta tête. Tu es tellement volontaire — ou têtue, peut-être —, que si le moindre obstacle se dresse sur ta route, tu l’attaques à coups de hache sans même te soucier des risques. » « Je propose que nous nous associons, toi et moi. »
Fini le 13/07/2023
Le degré zéro du crime de Laurence Gough
(1990, Serious Crimes traduit de l'américain [anglais canadien] par Laetitia Devaux, Fleuve noir, 1999)
La traduction est assez bancale. Par exemple, pour le titre, l’expression française « degré zéro », qui évoque une “absence” une “inexistence”, ne rend pas le “sérieux” du titre anglais « crimes graves », comme ceux provoqués par ces deux jeunes hommes sans freins moraux.
« Billy était une langue de vipère, toujours en train de se foutre de la gueule de son copain, de le rabaisser. Il s’imaginait être le chef, mais au final, Garret s’arrangeait pour que ce soit Billy qui livre la marchandise, Billy qui prenne les risques. […] Sans lui dire, il surveillait tout ce que faisait Billy. En réalité, des deux, c’était Garret le cerveau. Le Q.I. de Billy ne dépassait sans doute pas sa pointure de chaussures. »
Leur but à tous les deux est identique, faucher le maximum de « dollars ».
Fini le 11/07/2023
Peabody met un genou en terre de Patrick Boman
(Picquier poche, 2003)
Un livre délirant dans l’Inde à l’époque de la colonisation anglaise.
« Cette affaire relevait de toute évidence d’une grossière provocation : jamais un musulman, même le plus exalté, n’eût pris un tel risque, d’être massacré par la foule, de voir la ville détruite par la hache, le gourdin et l’incendie. Car les adeptes de Durga, la grande déesse tueuse de démons, aux seins généreux, à la taille fine et aux hanches larges, qui chevauche un tigre et brandit un sabre au bout de chacun de ses six bras, Durga à la colère sans merci, n’allaient pas laisser le sacrilège impuni. »
« L’Injniîr Sahib, qui était dans sa vie publique un sage, se montrait bien différent en privé. Il était avare, jaloux de sa femme, il la tracassait, la faisait suivre. Et il séquestrait pratiquement sa nièce […]. »
« Je ne me suis jamais considéré comme un ange exterminateur chargé de mettre le crime en déroute et de faire régner la justice ici-bas. Tout juste si on me paie, assez mal d’ailleurs, pour tenter de limiter un peu le désordre ambiant, et aux Indes ce n’est pas rien. »
Fini le 9/07/2023
Un cri étranglé de Anne Perry
(Série William Monk, 1997, The Silent Cry traduit de l'anglais par Bernard Cucchi, 10/18, 2002)
« La société considérait qu’une femme qui vendait son corps n’avait pour ainsi dire pas le droit de se refuser après s’être proposée, ou de protester si elle était traitée non pas comme une personne mais comme un objet. […] Sa simple existence constituait un affront pour cette même société. »
Ce qui donne bonne conscience à ceux qui considèrent que : « […] la nature […] améliore la race en se débarrassant des faibles, de ceux qui sont moralement inférieurs. » ou qui ont « Le goût du pouvoir […]. Le pouvoir de terrifier et d’humilier. »
Fini le 8/07/2023
mercredi 5 juillet 2023
Dommages de Laetitia Chazel
(De Borée, Marge Noire, 2020)
« Ce petit con doit apprendre qu’on ne trouble pas sa quiétude impunément. Il doit payer. Il va payer. Tuer son chien, sabrer la tranquillité de ses écuries, la menacer avec une arme, la frapper, vouloir la dévaliser, tout ça réclame réparations avec une majuscule et plusieurs s. Il ne s’en tirera pas comme ça. »
Tout le suspense de cette intrigue repose sur l’environnement : les habitants du village vindicatifs, le lad compréhensif, l’étalon rétif…
Fini le 4/07/2023
Toujours la nuit de Danuta Reah
(1999, Only Darkness traduit de l'anglais par Véronique David-Marescot, J'ai Lu, Thriller, 2002)
C'est la banale histoire d'un tueur en série qui massacrent des jeunes femmes, mais l'intrigue bien montée entretient le suspense en suivant la vie d'une jeune professeur, visée suite à la parution de sa photo dans le journal. Le personnage de ce journaliste opportuniste est peu ragoutant.
Les réflexions de « l’inspecteur Lynne Jordan » sont bien menées et pas trop artificielles.
Une lecture prenante, mais un second titre de cet auteur sera suffisant.
Fini le 2/07/2023
Personne n'a oublié de Stéphanie Exbrayat
(Éditions Terra Nova, 2017)
Une lecture agréable. Les personnages sont crédibles dans leur comportement, l’intrigue bien montée pour se dévoiler peu à peu et l’écriture est un délice à déguster, simple et raffiné.
Par exemple : « Le parasol rouge obombre la robe blanche de Colette qui paraît rose. »
La jeune femme, enceinte de son amoureux « tombé dans le ravin », dans un village en 1954, doit absolument se marier et accepte un homme qu’elle considère comme une brute.
« Cet œil globuleux, son front énorme, sa silhouette massive et si grande qu’il en est voûté… c’est bien simple, on dirait un cyclope ! »
Elle le considère coupable de la mort de son précieux fils qu’elle s’accuse d’avoir laissé seul à la maison.
« Jour après jour, elle lutte pour aller de l’avant et vaincre la culpabilité. Sam est mort et elle peut bien s’étouffer sous ses propres reproches, il ne reviendra pas. Elle tente d’imaginer ce que Sam aurait voulu, cherchant sans cesse à éloigner ses pensées du jour maudit. »
« Elle a le sentiment que Sam l’accompagne dans chacun de ses pas, chacun de ses gestes, qu’il la soutient dans ces vacillements, qu’il est derrière elle, qu’il lui dit “Vas-y Maman, pense à toi”. »
Fini le 1/07/2023
Des définitions pour initiés…
… à l'humour de cet auteur.
« Donne des hallucinations quand il suit le papa des Schtroumpfs. », « tl ».
« Virent Schtroumpfs. », « bleuissent ».
« En un mot pour la notoriété, en deux pour l’intimité. », « connu ».
Et le 2H1 : « Énoncé dont la réponse est sous vos yeux (3 mots). », « un plus un ».
Grille 7* finie le 30/06/2023
L'inconnue de Queen's Gate de Anne Beddingfeld
(pseudonyme de Anne Martinetti, Une enquête de Beth Huntly, Marabout, 2015)
En 1899, « Beth », fille de cuisine remplaçante, veut devenir « cuisinière » en titre dans la famille de ce lord anglais, qui passe ses après-midis à « écrire son courrier dans le fumoir », et son épouse participant aux rassemblements des « Femmes en colère », inconsciente des fréquentations de sa plus jeune fille.
« […] prostituée dans un établissement huppé, elle a été chargée par des hommes très distingués [de suivre les suffragettes] et de trouver, parmi toutes ces femmes, celles qui étaient mères de toutes jeunes filles. »
« Puis ça a dégénéré […]. Une des jeunes filles allait mal, après être passée dans les mains de ce salopard. Alors […] tout déballer, […] parler aux mères […]. »
Beth n’est jamais allée à l’école et ne sait ni lire ni écrire, mais elle devinera ce que signifie certains signes sur le papier et pourra travailler « d’arrache-pied pour le dîner de réveillon » « du siècle ».
Fini le 29/06/2023