mercredi 30 avril 2025

Djoliba, fleuve de sang de Alain Wagneur

(Actes noirs, 2010)

L'enquête sur le trafic d'enfants africains par les « missions évangéliques » amène le commandant Zamanski a quitté sa Charente pour Bamako. Il y rencontre le commissaire Habib Kéita [ou Keïta] le héros de la série de Moussa Konaté.

L'écriture est un peu trop basique, « le professeur en retraite », mais avec des réflexions bien pensées, par exemple, la réponse de Habib à une question de Zamanski :
« — Un “hacker”, Richard ? Qu’est-ce que c’est que ça, un “hacker” ? »
Fait penser le commissaire français : « Le pénible avec les francophones non français, c’est qu’ils refusent de parler le franglais, par principe. La palme d’or en ce domaine revenant aux Québécois ! »
L’inspecteur Sosso, également présent dans les romans de Moussa Konaté, trouvera la réponse.

L’intrigue se concentre sur la vie des Maliens et le passé du « suicidé » lors de ses séjours à Bamako, la résolution de trafic mettant en cause des pontes ivoiriens sera bien étouffé. Habib conclue assis au bord du Niger :
« […] lorsque je suis fatigué, je viens m’asseoir ici, au bord du fleuve. Je lui confie mes pensées, mes soucis. Je demande au Djoliba [son nom mandingue] de les accepter. Il les prend et il les emporte loin, très loin de moi. C’est un grand service qu’il me rend. […] Djoliba est un ami fidèle […]. »

Fini le 30/04/2025

dimanche 27 avril 2025

Cupidité de Deon Meyer

(Série Benny Griessel, 2020, Donkerdrif traduit de l'afrikaans par Georges Lory, Gallimard, série noire, 2022)

Benny et Cupido sont rétrogradés et chargés de retrouver Callie, puis Jasper Boonstra. Parallèlement, Sandra, ayant désespérément besoin d'argent, accepte de s'occuper de la vente du vignoble Donkerdrif [sombre dérive] sans mentionner le rôle de Jasper, milliardaire conspué « le plus grand escroc dans l’histoire de ce pays ».

C’est une période pénible pour l’économie. « La pagaille causée par la captation de l’État, la corruption endémique dans le pays ont pour conséquence que moins d’étrangers viennent investir et plus de Sud-Africains aisés placent leur argent à l’étranger. »

L’enquête sur la disparition de Callie permet de découvrir qu’il « était embarqué dans des activités illégales » mais « il n’y a pas de disque dur dans [son] PC ».

Cupido commence à comprendre pourquoi « la Fleur », le colonel Mbali Kaleni, les a fait nommé à Stellenbosch, pour qu’ils soient prêts à enquêter sur la mort du policier Milo April.

Le suspense est intense.
Comment Sandra va-t-elle se sortir de l’impasse ?
Combien de morts permettront de libérer Callie ? « Les électriciens municipaux rétablissent le courant dans la mauvaise partie du quartier. »

Fini le 27/04/2025

jeudi 24 avril 2025

Absolution de Yrsa Sigurdardóttir

(Série Freyja et Huldar, 2016, Aflausn traduit de l'islandais par Catherine Mercy et Véronique Mercy, Actes noirs, 2020)

Le titre original “Résolution” convient mieux à cette histoire de revanche, même si les victimes doivent demander « pardon », elles n’obtiennent pas l’indulgence mais la mort.

L’intrigue mal montée, diluée par les états d’âme des policiers, ne rend pas assez le poids mental du harcèlement, les situations sont décrites sans sensibilité, de façon très factuelle, même si elles peuvent pousser au suicide. L’exemple de la réaction des amies de Stella, la première punie pour son harcèlement, donne une idée de la passivité de l’entourage des élèves visés.
« Elles ont parfaitement conscience qu’il est arrivé quelque chose de terrible à Stella. […] Pourtant, aucune de ses soi-disant amies n’a pleuré. Elles n’ont pas les yeux rouges ni les paupières gonflées. »

Freyja, psychologue à la « Protection de l’enfance », doit faire des recherches pour se renseigner sur le sujet.
« Les enseignants étaient plus à plaindre qu’à blâmer. Ils consacraient beaucoup d’énergie à la lutte contre le harcèlement, mais les circonstances travaillaient contre eux. On avait beau les séparer dans l’enceinte de l’école, rien n’empêchait les harceleurs de frapper leurs victimes en toute liberté sur les réseaux sociaux. »

Le reste du livre s’étire avec les bisbilles de Huldar et sa « chef » Erla, la lecture en est lassante. Jamais à aucun moment l’auteur ne donne le point de vue du harceleur, par exemple pourquoi cet élève ?

Fini le 23/04/2025

lundi 21 avril 2025

Flic flaque de Jerry Josnes

(Marivole, 2016)

En avant-propos, Gérard Boutet présente son « pseudonyme à l’esbroufe » « pour se faire un nom dans le polar ». « Josnes » est sa ville de naissance et « Je ris… ».

Ce roman de 1976 a tout le style de l’époque avec du texte reprenant une sorte d’argot littéraire, comme dans les San Antonio. Exemple à propos de Babette : « Ainsi le rigolo l’accusait-il de se conduire en gourgandine, de se tenir plus souvent sur le dos que sur les flûtes, de se montrer goulue de cochoncetés […]. »

Le narrateur, surnommé JeanJean pour Jean-Pierre, a un frère jumeau, Paulo pour Jean-Paul.
« Jusqu’à notre départ au service militaire, on nous confondait à longueur de temps. Même notre mère hésitait à gronder l’un plutôt que l’autre quand, loupiots, une bêtise avait été commise. »
JeanJean est gendarme, Paulo a pris la suite de leur père au garage. Arlette est l’épouse JeanJean, Elisabeth celle de Paulo. Puis il y a la « mythique Juva ».

L’intrigue est bien montée, avec un certain suspense pour savoir comment le coupable va se faire découvrir, moustache ou tatouage.

Fini le 21/04/2025

dimanche 20 avril 2025

Conspiration à Bali de Shamini Flint

(Une enquête de l'inspecteur Singh, 2009, A Bali conspiracy most foul traduit de l'anglais par Dominique Brotot, Marabooks, Poche, 2013

La traduction trop littérale rend la lecture morne. Elle ne rend pas l'humour dans la façon dont l'inspecteur et sa collègue australienne Bronwyn Taylor se titillent, ni la gravité des échanges entre les conspirationnistes.

Parmi les victimes de l'attentat, un des cadavres a été tué avant par balle. L'inspecteur accepte d'enquêter.
« […] c’était là un meurtre qui posait un défi au moins aussi difficile que tout ce qu’il avait pu rencontrer auparavant. Aucun enquêteur digne de ses tennis blanches ne pouvait décliner une telle offre. »

Il va découvrir que les « Balinais voient d’un mauvais œil l’afflux d’Indonésiens musulmans issus du reste du pays […]. Ils se montrent extrêmement soucieux de leurs origines et de leur culture hindoues. ». Il rencontre les autres « expatriés » pour en apprendre plus sur le mort Richard Crouch. Singh résume à Bronwyn : « Nous savons qu’il n’était pas heureux avec sa femme ni très proche de ses copains expatriés. Et nous savons que de son côté, l’épouse s’était trouvé un jeune étalon. Nous savons aussi qu’il s’était fait des amis parmi les immigrés […] du fait de son travail d’ingénieur [chimiste] voyageant partout dans le monde. »

Enfin, l'inspecteur rencontre la famille de Nuri.

Fini le 20/04/2025

vendredi 18 avril 2025

L'heure des chiens de Thomas Fecchio

(Seuil, Cadre noir, 2021)

Le saccage de la nécropole musulmane avec une tête de chien sanguinolente, un cadavre démembré ligoté dans des barbelés, une main tranchée… l'adjudant Gomulka, de la gendarmerie de Soissons, accepte bien volontiers la venue d'une aide préfectorale. 

Le lieutenant Delahaye, « surnommé la Machine », explique au lecteur qu’il est né en Haïti et que lui « et son frère étaient le produit d’une greffe, deux enfants déposés à quatre et trois ans par la grâce de l’humanitaire dans une famille française ».

Gomulka résume ainsi l’enquête mouvementée qu’ils vont mener. « Tout avait avancé par à-coups dans cette affaire. Ils avaient d’abord cherché le lien avec Julia Laurenson. Puis la main de Kévin Boitel les avait entraînés sur la piste de l’extrême droite. Avant que les migrants n’entrent en jeu. »

Au fil des chapitres, Julia explique sa technique, en tant que DRH, pour « virer » un maximum de salariés de « l’Entreprise ». La prolifération de l’affiche « L’invasion s’arrête ici. » permet à la gendarmerie de mettre en garde à vue le chef du groupuscule. Mais c’est la clinique « Mon Repos », où fut soigné Julia, qui va concentrer toutes les suspicions. Le Docteur Vogel reprend « la méthode Petiot » décrite par Julia.

« Gomulka repensa au molosse de la nécropole, cette pauvre bête dont le sacrifice devait créer un chaos propice à ceux qui exploite le désordre. L’heure des chiens venue avant celle des hommes. »

Fini le 18/04/2025

mercredi 16 avril 2025

Marchands de mort subite de Max Izambard

(Rouergue noir, 2021)

La quatrième de couverture introduit parfaitement l'histoire.
« Pierre Marlot observe une colonie d’avocettes en baie de Somme lorsqu’il reçoit un appel du consul de France en Ouganda. On n’a plus de nouvelles de sa fille Anne, journaliste prometteuse et farouchement indépendante, depuis qu’elle est partie dans l’Est de la République démocratique du Congo pour les besoins d’un reportage. En arrivant à Kampala, Pierre comprend qu’il ne faut rien attendre des services consulaires. Il se lance dans une quête solitaire sur les traces de sa fille. C’est ainsi qu’il rencontre Juliet Ochola, une journaliste travaillant pour un grand quotidien ougandais. Juliet décide de reprendre le travail d’Anne. Dans un pays où les journalistes subissent menaces de mort et arrestations arbitraires, elle s’engage dans une enquête à haut risque, alors même qu’une insurrection étudiante met la capitale à feu et à sang. »

Au long des chapitres, l’auteur fait découvrir tous les trafics, les personnages corrompus ou non. Juliet réussit à faire parler le fils du premier trafiquant qui lui explique le réseau mis en place et les problèmes actuels.
« […] la chaîne d’approvisionnement : les orpailleurs au Congo, les négociants, les liens avec l’armée régulière et les groupes rebelles, l’acheminement de la marchandise en Ouganda, l’exportation vers les marchés internationaux. »
Son père « a utilisé l’image des ruisseaux et du canal. Les ruisseaux, c’était la situation qui prévalait avant […]. L’or faisait vivre des dizaines de milliers d’orpailleurs et des centaines d’intermédiaires au Congo et en Ouganda. La contrebande de l’or empruntait de multiples routes. Le canal, c’est la situation actuelle. Ils ont asséché les ruisseaux, tué les intermédiaires […] et creusé un profond canal d’un point A à un point B. C’est terriblement efficace et bien plus juteux pour la petit minorité qui contrôle le flux. »
« Disons les choses clairement. Cette minorité est le pouvoir. Cette bande de chiens qui nous a trahis. »

Un pasteur souhaitant s’approchait du « général » conclut ainsi ses conseils : « Général, la réponse est dans l’Évangile. Luc 19.27 : “Quant à mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »

Fini le 15/04/2025

dimanche 13 avril 2025

Sans collier de Michèle Pedinielli

(Cycle Boccanera, L'Aube noire, 2023)

Trois histoires s'entremêlent. 

Celle qui donne son titre au livre. Pendant les « années de plomb » dans l’Italie des années 1960-1980, Alberto dit le « Loup », les sœurs Rossella et Monica, et Ferdi, un immigré allemand, se lient.
« On les appelait cani sciolti, chiens sans collier, parce qu’ils ne voulaient appartenir à aucune organisation politique. »
Ils se perdront dans l'attentat de la gare de Bologne.

Victor demande à Diou de rechercher son cousin Marius, comme lui travailleur sur un chantier bien gardé mais où il y a des morts ou disparitions suspectes d’ouvriers, et même celle du patron.
Ce qu’elle résume ainsi à son Jo : « Marius coke, plus de Marius, Victor, inquiétude, plus de Victor. Je ne mentionne pas Bono. Sans doute parce que je me souviens que “Bono homme dangereux” et parce que je suis intimement persuadée qu’il n’a aucun lien avec la disparition de ses cousins. »

Et le quotidien avec Dan, entiché d’un nouvel amour, va provoquer un saccage et l’agression de Diou que Ferdi va secourir, puis lui demander de retrouver Monica.
« J’ai pris en photo le photomaton — mise en abyme [sic] parfaite de ces quarante dernières années — […]. »

Pendant tout le livre, Boccanera subit les premiers symptômes de la ménopause, des bouffées de chaleur.

Fini le 13/04/2025

samedi 12 avril 2025

Pottsville, 1280 habitants de Jim Thompson

(1964, Pop. 1280 nouvelle traduction intégrale de Jean-Paul Gratias, Rivages/Noir, 2016)

La lecture de ce roman noir célèbre — adapté en films — est assez sinistre, certain y voit de l'humour noir, mais les personnages tous caricaturés en “méchants” n'ont rien d'amusants.

Nick, shérif — par nécessité, dit-il — est le narrateur de ses combines pour gagner sa réélection. Au fil du récit, il présente les personnages ainsi.

Myra, sa femme : « Des engueulades comme celle de ce matin, on en a sans arrêt. Elle me menace, elle me dit comment elle va se venger de moi, et je lui fais remarquer que c’est elle qui a le plus à perdre. »

Sam Gaddis, son concurrent à l’élection : « J’ai lancé ma ligne vers Robert Lee Jefferson, et il a mordu à l’hameçon. Il a fait exactement ce que j’attendais de lui — il s’est promené en ville, en demandant aux gens quelles sortes de rumeurs circulaient sur Sam Gaddis. […] bientôt, les réponses sont arrivées en masse : le genre de calomnies immondes que les gens sont toujours capables d’inventer de toutes pièces quand il n’y a rien de véridique à relater. »

Rose Hauck, une de ses maitresse : « […] je me demande pourquoi je veux [qu’elle] possède un pistolet. Car, bien sûr, je tiens vraiment à ce qu’elle soit armée. […] La vraie raison […] fait partie de quelque chose d’autre, de certains projets que je mijote […]. »

Oncle John, le ”nègre” [l’histoire se passe en 1917] : « — C’est un péché aussi de tuer des gens, Monsieur Nick. […] — Chacun tue ce qu’il aime. — V… vous m’aimez pas, Monsieur Nick. » « […] sur ce plan-là, il a sacrément raison […]. La seule personne que j’aime c’est moi, et je suis prêt à faire tout ce qu’il faudra pour continuer à mentir, à duper les gens, à être infidèle en amour, à boire du whiskey, à copuler, et à aller à l’église le dimanche avec tous les autres citoyens respectables. »

Enfin, il va se mettre « à faire respecter la loi ».
« Je vais vraiment commencer à sévir. À partir de maintenant, tout contrevenant à la loi aura affaire à moi. À la condition, bien sûr, qu’il s’agisse d’un Noir ou d’un petit Blanc fauché qui n’a pas les moyens de payer l’impôt électoral. »

Fini le 11/04/2025

vendredi 11 avril 2025

L'emprise du chat de Sophie Chabanel

(Seuil, Cadre noir, 2020)

La commissaire Romano découvre que Léa Bernard, retrouvée morte dans son studio, était la seule rescapée du crash d'un avion. La directrice de l'agence d'intérim pour laquelle travaillait Léa l'informe que celle-ci est dernièrement allée en Suisse.

Le légiste Martel lui explique que le poison utilisé, le « Novitchok », a été mis « au point par les Soviétiques dans les années 1970 » et que « certains réseaux ont appris à maîtriser la tambouille ».

En Suisse, la commissaire et le capitaine Tellier visitent une exposition où Léa faisait l’hôtesse, et découvrent la « plastination » qui peut répondre au « syndrome des cuisses de grenouilles ou des ailerons de requins ».

En fin de livre, l’auteur précise dans un avertissement que « tous les extraits du site internet de “Body Worlds” » et les « articles de presse parus sur l’exposition “Our Body. À corps ouvert” » « sont authentiques ».

Le chat Ruru doit céder le chaton Mandela pour la « santé mentale » de sa maitresse.

Fini le 10/04/2025

mercredi 9 avril 2025

Le séminaire des assassins de Petros Markaris

(Kostas Charitos, 2018, Σεμινάρια φονικής γραφής traduit du grec par Michel Volkovtich, Seuil, Cadre noir, 2020)

Ce onzième tome des aventures du commissaire Charitos est bien fade. Il est nommé pour remplacer provisoirement son directeur parti à la retraite. Alors qu'il commence à s'ennuyer dans son bureau, le meurtre d'un professeur l'oblige à lancer une enquête avec son équipe. D'autres meurtres suivront avec la publication par le coupable de proclamations fustigeant les enseignants qui passent à la politique. C’est un peu subtile comme explication.
« Si nos Allemands atterrissaient non pas sur une pente, mais dans un fauteuil de ministre, la porte de l’université se fermerait pour eux à jamais. Les nôtres, après leur envol ministériel, atterrissent dans leur université et reprennent comme si de rien n’était. »

En résumé : un roman policier plutôt ennuyeux ; la description de l’euphorie familiale à l’annonce du futur bébé fait un peu saugrenue dans le contexte, mais captive mieux Kostas que l’enquête dans les méandres de Facebook.

Fini le 8/04/2025

lundi 7 avril 2025

Les cow-boys sont fatigués de Julien Gravelle

(Seuil, Cadre noir, 2022)

La lecture est fatigante à cause de l'utilisation abusive de québécismes par l’auteur, aucun natif Québécois ne le fait ainsi. Par exemple dans sa présentation du narrateur, sa « tanière » : « J’ai une petite sono qui joue […], et un petit cooler [?] pour y mettre ma boîte à lunch. » ; son « business » : « Je me demande bien quel est le fun de passer des jours et des nuits sur le gros nerf parce qu’on s’est gâté à la pinotte [?]. » etc.

L’intrigue est difficile à suivre, les autres personnages sont flous, apparaissent souvent sans leur dénomination ou avec un surnom non-précité. L’histoire de cette guerre entre gangs est pourtant simple. Cette région nordique aurait méritée des descriptions mieux imagées, en plus de la neige, etc.

Sans doute pour justifier l’appellation en titre, les hommes sont tous décrits comme des brutes, sauf le narrateur évidemment. Par exemple :
« Martin avait toujours été une brute, mais on n’empêche pas un cœur d’aimer, n’est-ce pas ? Surtout quand ce cœur-là fait une bosse dans le pantalon et blesse l’orgueil mâle. » [sic !]

Fini le 6/04/2025

dimanche 6 avril 2025

Les princes de Sambalpur de Abir Mukherjee

(Série Sam Wyndham 2, 2017, A Necessary Evil traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Battle, Liana Levi, 2020)

Ayant « échouer à prévenir l’assassinat d’un prince », le capitaine Wyndham et le sergent Banerjee, de la police de Calcutta, vont dans son royaume de Sambalpur pour comprendre qui a voulu la mort de Adhir, l’héritier du maharajah.

L’histoire se passe en juin 1920 et fait découvrir les rites funéraires, la religion.
L’anthropologue : « Le royaume de Sambalpur est intimement lié à la légende du dieu Jagannath […]. Jagannath signifie “maître de l’univers”. »
Le sergent : « Depuis le début, toute l’affaire est inextricablement liée à Jagannath. Adhir a été assassiné le vingt-septième jour d’Ashaa, quand commence la fête de Jagannath. Maintenant Punit mène la procession du retour au temple le dernier jour de la fête. »

Et il y a les secrets du « zenana », régenté par la « maharané », Shubhadra, la première épouse du maharajah.
Elle explique au capitaine : « Le temps est révolu où les Britanniques pouvaient se mêler ouvertement des affaires d’un État indigène. Avec tout ce qui se passe dans le reste de l’Inde, leur unique préoccupation est que Sambalpur reste un allié stable et fiable, et que nous entrions à la Chambre des Princes. »

Comme dit le titre original, c’est « un mal nécessaire ».

Fini le 5/04/2025

jeudi 3 avril 2025

La Dent du narval de Piero Colaprico

(Trilogie de la ville de M., 2004, Trilogia della città di M. I. Per un bacio mai dato traduit de l'italien par Gérard Lecas, Rivages/Noir, 2007)

L'inspecteur Francesco Bagni enquête sur le meurtre d'une jeune fille retrouvée avec une dent de narval plantée dans la gorge. Alors que la mère de Micaela disparaît, son père, Tullio Imbriani, débarque à Milan abandonnant une de ses missions « d’agent secret » en Amérique du Sud. Il dit que les « dents de narval » sont à lui.

Ayant laissé les « micros » installés dans les appartements, Bagni et son collègue Marulli comprennent que cette enquête va être beaucoup plus difficile que prévue.
« Ce type nous a menti et, avant lui, sa femme nous avait menti. Qu’est-ce qu’il y a là-dessous ? Je n’arrive pas à comprendre. »
« On entendit encore proférer une série d’insultes variées à l’intention de la femme et aussi de la fille assassinée. Mais pouvait-on encore parler de fille assassinée ? Il y avait bien une morte, mais… »

L’inspecteur réfléchit. « […] c’était la mort et la paranoïa qui planaient sur une ville où lui, en tant que policier, devait forcément croire en quelque chose afin de poursuivre sa route. Et il s’accrocha de toutes ses forces au plus simple des concepts. La valeur de la chasse au coupable : il fallait bien que quelqu’un les arrête, les criminels, les assassins. Ce n’est qu’en suivant ce principe qu’il pourrait poursuivre sa tâche. Et plus rien ne vint le distraire de son objectif : il résoudrait l’affaire de la fille avec une dent de narval plantée dans la gorge et il retrouverait la mère disparue. Il comprendrait quels liens unissaient ce meurtre à celui d’Anhér Bitola, ex-policier albanais, tué lui aussi avec une dent de narval et découvert dans un train abandonné. »

Fini le 3/04/2025

mercredi 2 avril 2025

Maisons de verre de Louise Penny

(Armand Gamache enquête, 2017, Glass Houses traduit de l'anglais Canada par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Actes noirs, 2023)

Armand Gamache vient d'être nommé directeur général de la Sûreté à Montréal. Son premier souci est le trafic de drogue, grossissant avec l'arrivée d'encore et toujours de nouvelles variétés.

Parallèlement, son équipe doit enquêter sur le meurtre de Katie Evans, venue passer quelques temps à Three Pines avec son mari Patrick et ses amis Eva et Matheo. Ils se connaissent depuis l'université. À ce moment là, le « cobrador », jusqu’alors figé dans le parc, a disparu. Ce personnage est longuement décrit tout au long du livre ; inspiré du « cobrador del frac » qui en Espagne est un « recouvreur de dettes ». Dans ce récit, il veut « éveillé » la « Conscience ». Anton et Jacqueline sont également arrivés récemment au village et y travaillent, Anton comme « plongeur » pour Olivier et Gabri, Jacqueline à la boulangerie.

L’histoire commence par le procès de l’accusée du meurtre, confrontant Gamache au procureur dans la chaleur de l’été, ensuite revient dans le froid de novembre à l’arrivée du cobrador. Cette alternance après-avant demande une lecture attentive.

En conclusion : « La Sûreté bénéficiait de deux grands avantages. Après des mois de surveillance, elle connaissait l’endroit précis par où transiteraient les drogues. Et les cartels en étaient venus à ne plus du tout se méfier d’elle. »

Fini le 1/04/2025

mardi 1 avril 2025

Cette définition :

« Art en deux lettres » est une belle reconnaissance pour « BD ».

Grille Fléchés 4/5 finie le 31/03/2025