(2007, I Heard That Song Before traduit de l'anglais par Anne Damour, Albin Michel, Spécial suspense, 2007)
Le lecteur sait depuis le début que l'accusé « Peter » n’est pas coupable des meurtres dont on l’accuse. Le suspense pour l’innocenter est bien monté, tous les intervenants ayant leur argument pour le condamner, que ce soit la « grand-mère » de « Kay » sa nouvelle épouse convaincue de l’innocence de son mari, la belle-mère de Peter menaçant de le dénoncer, et le comportement intriguant de « l’assistant » et du « chauffeur ».
Jusqu’à ce que Kay retrouve le nom de celui qui chantonnait dans la « chapelle ».
« Je connaissait l’air que sifflotait cet homme, même si ce n’était que quelques mesures […]. C’était la chanson que tu fredonnais en me racontant que ma mère l’avait chantée sur scène à l’école. » « Je suppose que ton père lui avait expliqué pourquoi cette chanson le rendait si nostalgique. »
Une lecture passionnante à souhait !
Fini le 25/02/2024
lundi 26 février 2024
Cette chanson que je n'oublierai jamais de Mary Higgins Clark
Le Cas Fitzgerald de John Grisham
(Série Bruce Cable, 2017, Camino Island traduit de l'anglais États-Unis par Dominique Defert, JC Lattès, 2018)
Les chapitres font la mise en scène : « I. Le casse, II. Le marchand, III. La recrue, IV. La gardienne de la plage, V. L’intermédiaire, VI. La fiction, VII. Une fille pour le week-end, VIII. La livraison. »
Le libraire, Bruce Cable, fait le résumé à sa visiteuse, « la recrue », : « Les cinq manuscrits ont été volés l’automne dernier à la bibliothèque Firestone. Les voleurs ont pris peur quand le FBI en a attrapé deux presque aussitôt. Les autres se sont débarrassés du butin et ont disparu de la circulation. Les manuscrits, discrètement, sont réapparus sur le marché noir. »
Le reste de l’histoire est constitué par des commentaires sur des écrivains us, les réflexions de « l’espionne » sur ses problèmes d’argent, ses difficultés à écrire un deuxième roman… (chapitre « Je ») et… le prix des « premières éditions », notamment signées par l’auteur.
Fini le 23/02/2024
Au bout des rues obscures de Dorothy Salisbury Davis
(1970, Where the Dark Streets Go traduit de l'américain par Agnès Broc, Rivages/Mystère, 1999)
L'histoire suit les réflexions du « père Joseph McMahon » à la suite de sa rencontre avec l’amie du peintre tué d’un coup de couteau. Avec elle, il cherche à mieux connaître celui qui se cachait sous un faux nom, en visitant ceux susceptibles de lui en parler.
« Du mcmahonisme caractérisé : prendre les mesures d’abord puis en soupeser les conséquences seulement quand il n’y avait plus d’autre choix que de les assumer. »
« Il a certainement aimé Stu un jour, je crois, là où ils se sont rencontrés, plus ou moins souvent, peu importe. Mais ça a dû être une espèce d’enfer pour lui de garder ces tableaux quand il était incapable d’en faire tout seul. Et ce père auquel il voulait échapper. »
L’auteur, conformément aux codes de son époque, suggère les raisons du comportement du premier suspect du meurtre, en ne citant jamais son homosexualité, avec des allusions à ses problèmes avec son « épouse » et le recours à un psychiatre.
Fini le 21/02/2024
lundi 19 février 2024
Audimat Circus de Thierry Maugenest
(Liana Levi, 2007)
Ce livre est estimé en rupture avec les conventions narratives, car il met en scène des personnages dont le lecteur ignore tout ou dont le témoignage n'est cité que sous un nom associé à une ville (souvent un téléspectateur). Et le périple de Sullivan est relaté par des chapitres constitués d’extraits imaginaires de romans à succès ou de pièces de théâtre.
Tout cet enchaînement est une intrigue intéressante sur l'assujettissement d'un public à la télévision, présenté comme un phénomène typiquement états-unien, mais l'histoire manque de suspense le meurtre étant occulté dès le début au profit du « tour du monde », résumé ainsi par Sullivan.
« J’ai vu un chanteur noir qui scandait des phrases au fond d’un entrepôt, j’ai vu des milliers de femmes nues sur les cloisons d’un navire, j’ai vu des pêcheurs africains attraper des poissons en plastique pour le bonheur des Blancs, j’ai aimé une femme qui se faisait passer pour un homme, j’ai été initié à l’art du roman, j’ai médité sur les bords du lac Dal, j’ai touché le sexe de glace, j’ai vu un couple de dieux […]. » et un voyage en montgolfière…
Fini le 18/02/2024
Rumeur 1789 de Anne Villemin-Sicherman
(Série Augustin Duroch, 10/18, 2020)
Une époque féconde en revendications.
« Quand la noblesse de robe tient à ses prérogatives, ne veut pas payer d’impôts, et garde soigneusement les bourgeois éloignés des affaires ; quand la noblesse d’épée défend ses terres, ses places à la Cour, ses pensions, ne veut pas non plus payer d’impôts, méprise la noblesse de robe et ne s’inquiète nullement des malheurs du peuple ! Et enfin, quand le haut clergé se goinfre dans ses palais, tandis que les pauvres curés de village n’ont pas grand-chose pour vivre ! Tout ce monde se côtoie et récrimine dans une capitale devenue un chaudron dans lequel bouillonne une méchante soupe. »
L’agitation se propage aussi à Metz et dans ses environs.
Fini le 16/02/2024
La bête de Zidrou et Frank Pé
(Le vrai Marsupilami, tome 1, Dupuis, 2020)
Tout dans ce livre est délicieux.
Les personnages : Franz le jeune garçon sauveur d'animaux, sa mère affrontant sa mise au ban avec un courage souriant, l'instituteur Monsieur Boniface captivant les écoliers avec ses leçons distrayantes, etc.
L'histoire se passe en 1955 à Bruxelles, ce qui donne dans les dialogues des expressions « en wallon dans le texte », et justifie l’ostracisme de « madame Van Den Bosche ».
Les dessins sont un plaisir pour les yeux, l’expressivité des personnages, notamment des animaux, et des colériques, enrichit à merveille l’intrigue.
Vivement le tome 2 !
Fini le 15/02/2024
Le Mort qui marche de Louis C. Thomas
(Le Masque, 1999)
Un « photographe de presse » ne veut plus partir en reportage, attaché à rester près de sa « maîtresse », mais il suit dans l’enquête son ami journaliste pour comprendre comment le mari assassiné a quitté la maison et conduit sa voiture devant chez lui.
C'est tout plein de péripéties, dont un tabassage, à cause des silences de l'épouse après l'enlèvement de sa fille, et des affolements…
« […] il y avait eu l’imprévu et l’imprévisible, l’engrenage qui ne peut plus s’arrêter, qui vous entraîne et vous broie inexorablement… »
« […] ça va faire un papier du tonnerre ! »
Fini le 14/02/2024
mardi 13 février 2024
Le samourai d'Urakami de Charles Haquet
(Édition du Masque, Labyrinthes, 2012)
Maximilien, géographe français parlant japonais, s’éprend sincèrement de son « épouse » japonaise, contrairement à d’autres qui ne la garde que leur temps de présence à Nagasaki.
Mais le coupable du meurtre du « Premier ministre Okubo » vient s’y réfugier.
« Des milliers de samurais vivaient dans la misère, ils acceptaient les tâches les plus avilissantes pour gagner quelques sens, tandis que d’autres croupissaient en prison. Tous ces hommes se sentaient bafoués, leur colère couvait depuis trop longtemps. Il ne leur manquait qu’un chef. […] Et cet homme, c’était Shimada. » qui va fomenter des attaques contre les « gaijins ».
Tosode, accusé à sa place, est soutenu par Maximilien et avec l’aide de Toyo et sa marionnette Chika il le mettra hors d’état de nuire. Car comme le dit Maximilien :
« Pour l’honneur. Le gouvernement impérial les a condamnés, mais il n’a pas tué leur esprit. […] Dans plusieurs siècles, on parlera encore du Bushido, la Voie du Guerrier. »
Fini le 12/02/2024
lundi 12 février 2024
Boccanera de Michèle Pedinielli
(Cycle Boccanera, L'Aube noire, 2018)
Ce livre nous présente l'héroïne de la série, Ghjulia « Diou » Boccanera, qui comme l'auteur a des origines corses et italiennes tout en vivant à Nice. Diou exerce le métier de détective privée, ce qui permet au lecteur d'avoir une description de la ville dans ses différentes facettes, entre le vieux Nice populaire, les quartiers très bourgeois et les installations touristiques.
L'intrigue est l'histoire très classique de détournement de fonds par des constructeurs véreux. Mais les personnages sont plus rares et permettent de suivre agréablement l'enquête sur les meurtres de « Mauro » et « Dorian » deux amis homosexuels, avec le soutien de femmes fortes « Colette », une famille de « Syriens » réfugiés… et un syndicaliste « inspecteur du travail ».
Le tout jalonné de poésie niçoise.
« […] madame Dupont, notre prof d’histoire-géo […] fraîchement mutée à Nice […] s’était rendue au monument aux morts de Rauba Capeù. [Elle] était donc allée à “Robacapeu” […]. […] Sofiane […] le maître de l’équilibre sur pieds arrière de chaise, s’étouffant de rire en disant : “Capéou, on dit capéou, madame !”. Et Marie-Bérénice, championne du monde de lever de doigt à s’en déboîter l’épaule, avait renchéri : “C’est pareil pour le premier mot, madame, ça se prononce raouba”. Madame Dupont avait rigolé avec nous. » Cette expression signifie « vole chapeau ».
Fini le 10/02/2024
samedi 10 février 2024
La vie secrète des écrivains de Guillaume Musso
(adaptation, scénario, dessin et mise en couleur Miles Hyman, Calmann-Lévy Graphic, 2023)
« Alors je crois qu’il y a des choses plus importantes que de savoir pourquoi Nathan Fawles a cessé d’écrire. »
Après bien des explications et des morts (notamment le jeune narrateur), « l’écrivain » va fuir. Son « agent » newyorkais donne finalement de ses nouvelles.
« […] que Fawles allait bien et que l’écrivain l’avait chargé de me remercier pour lui avoir restitué ces cent pages [« d’Un invincible été »], dont il prétendait avoir oublié l’existence. ».
Le dessin rend les personnages bien reconnaissables et le fond ocré donne de la chaleur à cette histoire sinistre de trafic d’organes.
Fini le 9/02/2024
La morte du Bombay Express de Sarah Dars
(Les enquêtes du brahmane Doc, Picquier poche, 2002)
« Mumbai » et ses fêtes, notamment de Ganesh, ne distraient pas Doc de son enquête pour comprendre comment la jeune femme s’est calcinée dans son sari en « acétate » enfermée dans son compartiment.
« Il convenait maintenant de rentrer à Madras pour mettre fin à cet épisode comparable à la mésaventure de Bhasmasura, un serviteur de Shiva qui, pour avoir voulu exercer sur son maître son pouvoir de brûler ce qu’il touchait, fut amené par une ruse de Vishnu à se réduire lui-même en cendres. »
Fini le 8/02/2024
C'est l'évidence !
Cet auteur a bien compris que maintenant « On devrait dire ixée, censure mise à part. » et non plus « tweetée ».
Grille 7* finie le 8/02/2024
Une étrange ambition de Kay Mitchell
(Série John Morrissey, A Strange Desire traduit de l'anglais par Catherine Richard, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)
Le lecteur sait depuis le début que le « Cartel » enrichit ses membres en achetant à bas prix des terrains d’où il fait « déloger » les habitants. Mais ils vont trop loin dans les excès et provoque des morts (noyade en voiture, tabassage, élimination des exécutants…), entrainant plusieurs enquêtes qui vont se rejoindre.
C’est bien monté, les réflexions non-dites de « l’inspecteur chef » et les recherches de son « sergent » sont cohérentes, même le personnage violemment excessif paraît crédible. Dommage que la traduction trop littérale gâche un peu la lecture.
Fini le 6/02/2024
lundi 5 février 2024
S'ils n'étaient pas si fous de Claire Raphaël
(Rouergue noir, 2022)
Ce livre n'est qu'un ramassis de poncifs avec une collection de personnages parfaitement stéréotypés dans leur rôle. Peut-être est-ce dû au style d’écriture saccadé qui empêche de mettre du liant dans le contexte.
« L’ingénieure de la police scientifique », comme l’auteur, a droit à ses paragraphes conjugués à la première personne, « je ».
Le « flic expérimenté » entretient sa santé en courant après un accident cardiaque et considère tout témoin comme un suspect.
La vie de la victime est peu décrite, à part son habitude de payer des achats particuliers (tableau, crème de beauté…) avec une « pièce d’or ».
Et les « fous ».
Amélie, sa fille, diagnostiquée d’une « schizophrénie », déteste évidemment sa mère. Quant aux autres patients de l’hôpital…
« Les fous sont les victimes collatérales d’une guerre que nous menons sans nous en rendre compte… Nos jeux interdits les écrasent, nos jeux pleins de bruit et de fureur les condamnent… »
Finalement, c’était juste une histoire de vol.
« Ils avaient pensé pouvoir récupérer les pièces d’or en profitant de la discrétion de la nuit. »
Fini le 4/02/2024
Le Cadavre japonais de Janwillem van de Wetering
(Série Grijpstra et De Gier, 1977, The Japanese Corpse traduit de l'anglais États-Unis par Philippe-Frédéric Angelloz, Rivages/Noir, 2004)
Le voyage au Japon du « commissaire » et du sergent De Gier (comme « garde du corps ») est intéressant avec la présentation des manières des « yakusas », mais l’histoire est trop diluée dans les réflexions et pensées des policiers et les sous-entendus des « services » « hollandais » et « japonais », étirant le récit et rendant la lecture lassante.
Le « daimyo » se révèle un homme âgé plein d’imagination pour essayer de les décourager, avec un « masque », une « pièce de théâtre », des « mouches »…
« Une fille terrorisée est venue se plaindre à la police, elle a porté des accusations suffisamment précises pour que ma filière hollandaise soit démantelée. […] mais la police a arrêté mon lieutenant ainsi que tous mes hommes ; […] deux de mes hommes […] qui étaient juste en vacances se sont retrouvés en prison. »
Tout ça pour une crise de jalousie !
Fini le 2/02/2024
Une valse pour rien de Catherine Bessonart
(Série Chrétien Bompard, L'Aube noire poche, 2017)
Un roman un peu fouillis et incohérent à l'image du « commissaire ». Difficile de comprendre pourquoi ce « danseur » s’attaque à des « homosexuels », la fin de l’enquête ne lui laisse pas la parole. Peut-être à cause des sévices qu’il a subis de son père (accident mortel pour l’ami, accident handicapant pour lui) pour le stigmatiser d’apprécier la « danse » comme un « pédé », mais la mise en scène avec « l’alêne » et les « enclumes » viserait plutôt le « père », cordonnier et amateur de tir à l’arc.
« […] Bompard s’abîmait dans un puits sans fond : qu’est-ce qui nous manque pour identifier cet homme ? Assis face à la mer, il noircissait des pages de son petit carnet : “artisan, colle, enclume, boiteux ou pas, danseur ou pas, homo ou pas, svelte et abîmé, tatoué…” et puis, sous cette énumération, ces quelques mots : “déteste la mer et les chats”. »
La qualité de l’écriture rend la lecture de ce livre bien agréable.
Fini le 30/01/2024
Femmes en colère de Mathieu Menegaux
(Grasset, 2021)
Ce livre se centre sur les délibérations du jury qui doit décider du sort de cette femme accusée d'avoir « émasculé » ses violeurs. Dans le groupe, les femmes parviennent à convaincre une majorité que la justice n’aurait jamais puni ces hommes coupables de violences graves.
Parcouru et fini le 31/01/2024
Découverte d'un mot
La définition « Elle montre un profond respect pour les élus. » me fait connaître la signification du mot « dulie ».
Grille 7* finie le 31/01/2024