(2001, If 6 were 9 traduit de l'anglais États-Unis par Nicholas Masek, Rivages/noir, 2003)
Ce livre est une présentation des stéréotypes étasuniens sur la « race ».
La première question que se pose le narrateur devant l’inspecteur est : « L’appartenance ethnique de Patsy DeFestina m’était totalement égale. Ce qui me tracassait, c’était de ne pas arriver à la définir. » « Si Patsy avait été blanche, elle ne m’aurait sans doute jamais sorti un discours aussi raciste. Si elle avait été noire, ne fût-ce qu’à moitié, alors ces idées la plaçaient au même degré de fanatisme de droite que Reggie Brogus. »
L’intrigue fait également des incartades à l’époque de l’assassinat de Martin Luther King : « […] il ferait quoi […] dans l’Amérique des années 1990 ? Ce serait […] un gros has-been […] en train de faire des sermons sur la Terre Promise. […] Au lieu de quoi c’est une légende, un dieu, vénéré par tous ceux qui croient dans la démocratie. »
Fini le 30/03/2023
vendredi 31 mars 2023
Le caméléon noir de Jake Lamar
Un pavé pour l’enfer de Pierre Darcis
(pseudonyme de Pierre Ponsart, Le Masque, 1964)
Ce livre est un polar tout classique avec un enquêteur futé.
« Cigüe s’était littéralement figé sur son fauteuil. Ainsi, ce Jean Sarget était à la fois l’amant de Martine et le débirentier de Mme Daviaud ! Et qui donc lui apprenait cette nouvelle ? Daniel Maynard, l’homme de confiance de Mme Daviaud, qui était aussi l’amant d’Yvonne ! Mais on nageait en plein vaudeville ! »
« Une dernière fois, il considéra son coupable. Il le vit tirer sur sa cigarette avec délice ; son regard était celui d’un homme heureux. »
Fini le 28/03/2023
Comment en un plomb vil… de William Green
(1973, The Salisbury Manuscript traduit de l'anglais par Michel Duchein, Fleuve noir, 1982)
Le titre français désigne la technique de camouflage de l’or et le titre anglais le texte qui devrait permettre de retrouver le « trésor ».
Les personnages sont cohérents même le(s) voyou(s), et le personnage féminin bien présenté.
« En hâte, elle enfila sa gaine, son soutien-gorge, attacha ses bas. Quel supplice que tout ce harnachement ! Au nom de quoi fallait-il ainsi s’équiper […] comme si un corps de femme devait tomber en pièces détachées s’il n’était comprimé et ficelé […]. »
« […] il avait pris conscience qu’il ne croyait plus suffisamment à la cause qu’il défendait pour pouvoir vraiment haïr ; et sans haine, son action n’avait plus de sens. Il ne se sentait plus le courage de consacrer toute sa vie à la vengeance. »
« […] que, le printemps venu, il en jaillisse un peu de beauté pour prix de tant d’horreurs. »
Fini le 26/03/2023
Le cimetière de la mer de Aslak Nore
(2021, Havets kirkegård traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon, Le bruit du monde, 2023)
L'intrigue est tellement délayée entre les différents personnages que le lecture perd tout intérêt. Dommage, la période de l'occupation allemande de la Norvège dans les années 1940 est peu connue et aurait mérité mieux.
Les revirements du personnage principal entre « recherche historique » et « préservation de la famille », les dérives médicales du « neveu » sur les « lieux de la guerre » contre l’EI et les « séquestrations » « libérations » de “l’espion” sont mal montés, trop répétitifs, peu vraisemblables, lassants, mais permettent à l’auteur de boucler ses 500 pages.
Quant au journaliste, « Johnny », censé écrire une biographie : « Jusqu’à maintenant, les pièces du puzzle s’imbriquaient exactement dans l’ordre qu’il avait espéré : Grieg qui lui donnait le manuscrit, Sasha qui mordait à l’hameçon, l’histoire de Vera et sa matière compromettante sur la famille Falck. »
« La famille se trouve à un carrefour, Sasha. Tu peux continuer à vivre en observant la devise qui figure sur le blason des Falck : Familia Ante Omnia. […] Les hommes puissants de la famille font depuis bien trop longtemps passer la loyauté avant la vérité [les femmes aussi !]. […] J’espère que tu seras la personne qui osera rétablir la vérité. […] Mais tu dois te préparer mentalement à ce que la vérité soit très douloureuse. »
Fini le 25/03/2023
Vocation fatale de Anne Perry
(Série William Monk, 1993, A Sudden, Fearful Death traduit de l'anglais par Élisabeth Kern, 10/18, 2000)
« Elle possédait une tournure d’esprit extrêmement pratique. Elle ne se souciait pas de paraître charmante ni d’attirer les regards des gentlemen. »
« […] elle voulait être médecin […]. Bien entendu, c’était impossible. Elle regrettait tant d’être née femme ! […] Elle aurait voulu être un homme pour pouvoir accomplir toutes ces choses. »
Et l’auteur nous raconte longuement l’horreur de la vie des femmes en cette fin du 19e siècle.
Fini le 22/03/2023
lundi 20 mars 2023
Lune sombre de John Dickson Carr
(Dr Gideon Fell, 1967, Dark of the Moon traduit de l'anglais par Georgia Etienne, Le Masque, 1989)
L'auteur profite de son histoire pleine de fantômes — des personnages apparaissant, disparaissant, avec un comportement bizarre — pour nous raconter qu'il reste encore des traces de la guerre de Sécession dans cette ville de Caroline du Sud, par exemple un personnage local traitant un invité de « yankee » avec un ton méprisant.
« Au figuré, expliqua le Dr Fell, chaque acte de ce drame s’est joué sous une lune sombre. Sombres mobiles et sombres agissements ont jailli du même tombeau. »
« […] j’ai dit mendélisme, et non pas Mendelssohn. »
Fini le 17/03/2023
Tijuana City Blues de Gabriel Trujillo Muñoz
(Une enquête de Miguel Ángel Morgado, 1999, Tijuana City Blues traduit de l'espagnol Mexique par Gabriel Iaculli, Folio. Policier, 2010)
Dans la ville nommée en titre, l'avocat Morgado part retrouver des traces d'un père « disparu » dans l’entourage de l’écrivain William S. Burroughs.
« Croyez-moi : revoir l’état dans lequel se mettaient William et ses amis n’est pas un bon souvenir. »
« Burroughs a été un authentique explorateur, un homme sans dissimulation, sans hypocrisie. Pas un affairiste truqueur […] mais un Christophe Colomb des territoires interdits de l’esprit humain […]. » qui a tué « accidentellement sa femme d'une balle en pleine tête ».
Fini le 15/03/2023
Attention les fauves de Brice Pelman
(Plon, Noir rétro, 2010)
De son vrai nom Pierre Ponsart, connu aussi sous le pseudonyme de Pierre Darcis.
Ce livre est bien résumé dans une citation de cet auteur : « J’ai toujours eu peur des enfants… J’ai été frappé par la rouerie, le machiavélisme, la cruauté dont ils sont capables. »
Fini le 14/03/2023
Le Cas Nelson Kerr de John Grisham
(Série Bruce Cable, 2020, Camino Winds traduit de l'anglais États-Unis par Dominique Defert, JC Lattès, 2022)
Tout commence par l'arrivée du cyclone Leo dont on suit la progression vers l'île, « mais votre copain s’est fait tabasser » et il va falloir « enquêter sur un meurtre perpétré en plein ouragan. »
« Au début, c’était des gens bien et puis l’argent les a pervertis. Ils ont commencé à gagner des millions et en ont voulu plus encore. Ils fournissent des soins minables à des prix exorbitants […]. Ils grugent l’assurance maladie, l’aide sociale, l’armée et le gouvernement fédéral […]. »
Lorsque le FBI s’en mêle tout va très vite en justice.
Fini le 13/03/2023
Le Sépulcre blanchi de Andrew Garve
(1950, No Mask for Murder traduit de l'anglais par Jean Le Landais, Fleuve noir, Littérature policière, 1982)
L'histoire est racontée depuis le point de vue du meurtrier, le suspense tenant pour le lecteur à sa découverte, pendant que les autres personnages discutent de la « rénovation » de la « léproserie » confinée dans une île, loin des possibilités de soins suivis. L’intrigue est bien montée et la lecture intéressante par sa présentation de la colonisation “d’époque”.
« […] le jeune médecin découvrira que bien des façades honnêtes sont aussi trompeuses qu’un sépulcre, qu’on a blanchi pour masquer sa pourriture profonde. » dit le texte de couverture.
« Cette affaire a été un rude coup pour nous tous, mais elle n’est pas, au fond, de la plus haute importance. Il faut s’attendre à trouver des sépulcres blanchis dans toutes les communautés. »
Fini le 11/03/2023
Le Comité Tiziano de Iain Pears
(Série policière Jonathan Argyll, 1992, The Titian Committee traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, 10/18, 2002)
« Dès que M. Argyll entre en lice, tout devient tortueux et extrêmement compliqué. »
Dans cette histoire, il ne s’agit plus de contrefaçon mais de suspicion de prévarication de certain membre de ce comité chargé d’évaluer les tableaux. Mais le coupable s’est trop obsédé sur sa propre corruption.
« Et le jour de sa mort elle n’était pas à la bibliothèque pour écrire des lettres dénonçant la corruption […]. […] elle lisait des ouvrages d’histoire de l’art. En chercheuse compétente et passionnée. »
Fini le 9/03/2023
mercredi 8 mars 2023
À tombeau fermé de Hélène de Monaghan
(Le Masque, 1997)
« La petite va gagner la partie au finish […]. »
« Une partie jouée à tombeau fermé […] puisque son père… » a été incinéré sur les conseils de la « Grande » rapidement exécutés par l’épouse et ses fils.
Fini le 7/03/2023
La Vierge de Small Plains de Nancy Pickard
(2006, The Virgin of Small Plains traduit de l'anglais États-Unis par Bernard Ferry, Michel Lafon, Thriller, 2007)
Le sous-titre de ce livre aurait pu être “la conspiration du silence” que vont entretenir ceux qui ont découvert le corps de la « vierge ». Le « shérif » et ses fils, le « docteur » et le juge qui envoie son fils dans une lointaine université. L’intrigue est bien montée entre passé et présent, le suspense étant entretenu pour le lecteur par la discrétion des personnages ruminant leurs interrogations dans leur tête.
Pendant ce temps, la rumeur que la « vierge » fait des miracles attire une jeune femme atteinte d’un cancer en phase terminale.
« Lorsqu’elle aperçut le cimetière, au loin, une autre chose apparut dans son champ de vision. Elle relâcha les mains sur le volant. C’était si beau… elle était si belle… […] D’emblée, Catie comprit qu’il s’agissait de la Vierge. […] elle vit seulement une lumière somptueuse auréolant le beau visage […]. »
Fini le 6/03/2023
Rendez-vous au Moulin du Diable de Jean Contrucci
(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2014)
« L’industriel », pour “récupérer son fils”, demande l’aide du journaliste pour « sortir de cette engatse ». Mais la découverte de sang et de cadavres à la suite du « rendez-vous » entraine une enquête plus poussée.
« Il a choisi le seul journaliste de Marseille qui ne pouvait pas se vanter de son exploit sous peine de mettre ledit chef de la police dans une panade noire. » « Chacun de son côté ils ont tâté le terrain […]. L’un pour proposer au journaliste de jouer le rôle de sauveur […], l’autre pour demander au père de famille de donner un coup de main à un autre père dans le malheur. »
En attendant que cette histoire de famille se résolve, l’auteur nous raconte sa ville avec le charme de ses mots. « Elle aura été embabouinée de bout en bout, par toute la famille, la pauvrette. »
Fini le 4/03/2023
L'Œil de verre de Erle Stanley Gardner
(Série Perry Mason, 1935, The Case of the Counterfeit Eye traduit de l'américain par Maurice-Bernard Endrèbe, J'ai lu, Policier, 1983)
L'avocat jongle avec “les yeux” pour démontrer « que cet œil n’avait pu tomber accidentellement de l’orbite de l’assassin […]. Du témoignage de l’expert, il ressort qu’un œil de verre bien adapté à son orbite, n’en peut sortir que s’il en est délibérément retiré. »
Perry Mason fera ouvrir les yeux à tous les protagonistes.
Fini le 2/03/2023
L'assassin et le prophète de Guillaume Prévost
(2002, 10/18, 2007)
« Car le Très-Haut a suscité le Bélial en même temps que le Messie. Il m’a choisi tout jeune pour étudier et comprendre, afin qu’au jour voulu je puisse reconnaître le Sauveur, le défier et l’affronter ainsi qu’il était écrit ! Et selon que les hommes l’auraient mérité ou non, il suffisait que la prophétie s’accomplisse pour que j’enlève la victoire ! Moi, le Bélial ! »
En postface, l’auteur garantit l’origine des citations prophétiques « dont Caleb […] avait entrepris le commentaire ».
Fini le 1/03/2023