lundi 28 août 2023

VIP de Laurent Chalumeau

(Prix Arsène Lupin 2017, Le Livre de Poche, 2019)

Cet auteur écrit dans un français contemporain parfaitement maitrisé pour mettre en scène un complot des « PJ » et « IJ » pour atteindre l'infâme « PR »  avec l’aide du « PM ». Avec de beaux passages sur la vie des « VIP » poursuivis par le « paparazzo » mais assistés par un « avocat » : « Ça cancane. Ça réseaute. Ça connive. »

Mais au final, dans ce fouillis, le lecteur n’aura pas une vision claire de la résolution de toutes ces enquêtes.

Fini le 27/08/2023

Absolution par le meurtre de Peter Tremayne

(Série Sœur Fidelma, 1994, Absolution by Murder traduit de l'anglais par Cécile Leclère, 10/18, 2004)

Ce premier titre permet de savoir comment « Fidelma », l’Irlandaise, a rencontré « Eadulf », le Saxon, les “enquêteurs” de cette série.
« C’est comme allier un loup et un goupil pour blesser un lièvre, dit [l’évêque Colmàn]. »

Pendant que se déroule le « synode » qui doit départager les tenants des rites « Colomba » et ceux de « Rome », Fidelma et Eadulf recherche le coupable des meurtres de « l’abbesse », de son “promis” secret, du moine fureteur qui a malheureusement choisi le grec pour s’exprimer parmi toutes les langues utilisées dans ce rassemblement.

Pour bien suivre les débats, il est utile de regarder sur “l’encyclopédie” où se trouvent les lieux cités dans ce livre.

Fini le 26/08/2023

Filet garni de Philippe Carrese

(1996, Les introuvables n°1, l'Écailler du Sud, 2004)

« Lorsqu’on meurt, il paraît qu’on voit sa vie entière défiler à toute blinde. Je ne suis pas sûr qu’en crevant Bébert ait vraiment profité de ce spectacle, mais à voir mon beau-frère trembler de terreur, il est évident qu’il fait un rapide récapitulatif de la sienne. Tant d’effort, de travail acharné, de coups foireux, d’escroqueries, de pots de vin et de fraudes fiscales ni vu ni connu pour en arriver à ce gâchis. »

« Mon beau-frère est donc bien le roi de la saloperie. Tu côtoies des tas de gens à longueur de temps sans te douter de ce qu’ils sont réellement, et un jour, patatras, tout le vernis s’étiole, et tu découvres le pire du pire. »

Fini le 24/08/2023

L'heure bleue de Celia Fremlin

(1958, The Hours Before Dawn traduit de l'anglais par Marie-Thérèse Weal, Éditions du Masque, 2019)

Dans les années 1950, une mère de famille se doit de tout faire, le mari se contentant d'aller à son « travail » et de mettre les pieds sous la table. Un bébé « hurleur » empêche tout ce petit monde de dormir.

« À force de négliger ses propres désirs, ne finit-on pas par cesser d’en avoir ? Par cesser complètement d’être, en fait, un être humain pour devenir un simple gadget à gagner du temps pour toute la maisonnée ? Mais, bien sûr aussi, un gadget de moins en moins efficace au fil des années… »

La locataire de la chambre du haut va s’en occuper…

Fini le 23/08/2023

Opération portes ouvertes de Michael Innes

(Série John Appleby, 1972, The Open House [traduit par ?], Fleuve noir, Littérature policière, 1985)

L'histoire commence comme un délire avec maison illuminée dans la nuit et portes grands ouvertes sans personne pour accueillir Sir John en panne de voiture.

Les personnages apparaissent les uns après les autres tenant des propos décousus sur la famille, le « professeur », le « fils attendu », le « révérend », la « dame en blanc » (et son fils), les « trublions »… Le « policier en retraite », visiteur imprévu, va mettre un peu de pagaille pour démasquer les coupables du meurtre.

Fini le 21/08/2023

lundi 21 août 2023

Le col du Serpent de Danuta Reah

(2001, Night angels traduit de l'anglais par Véronique David-Marescot, J'ai lu, 2004)

L'histoire est trop emberlificotée pour être intéressante, avec un va-et-vient d'une ville (« Sheffield ») à l'autre (« Hull »), de « l’université » à la « police », d’un meurtre à un autre, avec les suspicions sur les « immigrés », il est difficile de comprendre qui est finalement coupable de quoi et pourquoi tuer une linguiste.

« Les langues. L’anglais hésitant de Katia, l’expertise de Wishart, les points d’interrogation sur la bande de Katia. » quant aux photos « pornos »…

Fini le 20/08/2023

Mes crimes imparfaits de Alain Demouzon

(1978, J'ai lu, 1981, prix Mystère de la critique 1979)

« […] le crime doit être imparfait, afin de permettre le libre jeu de l’adversaire, tout en tentant de le manœuvrer le mieux possible. C’est dire que cette imperfection ne sera pas laissée aux seuls flottements du hasard… Les amateurs de paradoxes auront déjà compris que le crime imparfait, tel que nous l’envisageons, ne peut être que la forme suprêmement parfaite du crime parfait. »

« J’avoue avoir été élevé par ma chère maman dans une idée extrêmement pure de la femme. […] Moi-même, je m’efforçai toujours de me garder intact […]. »

Fini le 18/08/2023

Le Fantôme de l'empereur de Dianne Day

(Série Fremont Jones, 1999, Emperor Norton's Ghost traduit de l'anglais par Pascal Loubet, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2000)

« À l’image de tous les individus de cette sorte, quand on le privait des petits artifices constituant sa puissance, il s’écroulait. Ces hommes n’étaient pas faits pour tenir pied, pour combattre. C’étaient avant tout des lâches. »

Cette enquête pour trouver le coupable des meurtres des deux « médiums » plonge le lecteur dans le « mesmérisme », « l’hypnotisme », etc. On échappe de peu aux revenants dans le cimetière. Mais le trésor de « l’empereur » sera découvert…

Fini le 17/08/2023

Hôtel Europa de Gianni Pirozzi

(Rivages/Noir, 2004)

L'auteur commence son histoire en jonglant entre les dates (chapitre 16 « 2 juillet », chapitre 18 « 30 juin »…) ce qui rend assez difficile de se laisser entrer dans l’intrigue. La lecture devient encore moins intéressante quand vient le séjour à Belfast qui n’est que l’empilement des pires moments de la lutte fratricide entre « protestants » et « catholiques ».
« C’te ville, c’est une fabrique de psychopathes. T’es le bienvenu ! » dit-on au visiteur.

Son comportement envers le “mercenaire” responsable des tortures et du viol va le démontrer. Ensuite, le récit est tellement “accéléré” que le coupable sera juste évoqué…

Une lecture sans intérêt pour un amateur de polar bien construit.

Fini le 15/08/2023

lundi 14 août 2023

Insidieusement vôtre de Amanda Cross

(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1989, A Trap for Fools traduit de l'anglais par Stéphane Carn, Rivages/Mystère, 1997)

« […] c’était un vrai faisan. Il adorait manipuler les gens. Il s’en glorifiait. Tout ce qu’il avait, il l’avait obtenu à force de magouiller dans l’ombre des pontes de l’administration et du corps enseignant de cette université, depuis la nuit des temps. […] c’est en se prenant les pieds dans ses propres magouilles, qu’il a piqué une tête du haut de son septième étage… »

« […] toute cette affaire m’a toujours eu un petit air bidon, mais je n’arrivais pas à définir en quoi. »

Le chantage est « un jeu dangereux ».

Fini le 13/08/2023

Et l'ange de Reims grimaça de Jean-Pierre Alaux

(10/18, 2012)

« Il ne faisait plus désormais aucun doute que l’inauguration des vitraux de Marc Chagall n’avait été que le prélude à une série d’événements scabreux. » : « Séverine […] victime innocente d’un empoisonneur mystérieux » et « Philippe […] proie désignée d’un odieux pervers ».

Le « conservateur », sa femme et son assistant vont enquêter pour comprendre les relations entre « l’herboriste » et son amante, son épouse et son amant, et « Quasimodo » le seul à avoir toutes les clés…
« Idylle ! Idylle ! Mon chéri, tu parles comme au temps de Flaubert ! Je déteste ce mot… Idylle : ça commence comme idiot et ça finit comme imbécile ! »

Ce sera « l’aubergiste » qui donnera le coup d’envoi de la fin.
« Car c’était bien ainsi que votre mère vous faisait durement payer vos amours mal inspirées […]. »

Fini le 11/08/2023

L'Hôtel des Trois Roses de Augusto De Angelis

(1963, L'Albergo delle Tre Rose traduit de l'italien par Danièle Valin, Rivages/Mystère, 2003)

Le « commissaire » va patauger pendant toute une nuit dans cette histoire de meurtres bien embrouillée, avec des personnes qui refusent de dire ce qu’elles savent.
« De Vincenzi avançait à l’aveuglette dans le noir. Il essayait de s’agripper au moindre fragment de cette histoire dont il ignorait tout et dont les autres ne laissaient échapper que des révélations tronquées… des détails décousus, sans aucun sens pour lui. […] Les poupées… […] Et le fait précis de cette rencontre à l’Hôtel des Trois Roses, où la volonté du défunt avait convoqué tous les personnages directement ou indirectement liés à ce que lui-même avait commis […]. »

La lecture est assez pénible, car pour embrouiller son histoire l’auteur fait rater des évidences à son policier.

Fini le 10/08/2023

Poulets grillés de Sophie Hénaff

(Série Commissaire Anne Capestan, Le Livre de Poche, policier, 2016)

L'écriture de cet auteur est un délice. À rebours des habitudes, ses policiers sont « grillés » et rassemblés dans une nouvelle brigade commandé par « la seule au grade de commissaire ».
« Un placard. Tout simplement. Très grand modèle. Une poubelle, plutôt. Une unité de répudiés, la poulaille honteuse du département, tous unis dans une benne à ordures. Et elle était la cerise sur le radeau, la chef. »

Les premiers arrivés dans ce « commissariat » trouvent dans les cartons d’archives d’affaires non résolues le dossier de deux meurtres à quelques années d’écart, qui vont se révéler liés.

Tous les personnages sont “truculents”, chacun bien sincère dans son rôle (par exemple, l’exploit du “pilote fanatique” avec la « motocrotte » !). Le dessin en couverture illustre la pugnacité de cette troupe.

Le divisionnaire, grand décideur de ce regroupement, apprécie sa soirée au théâtre « sachant que, dehors, Capestan ferait ce qu’il faudrait ».

Fini le 9/08/2023

lundi 7 août 2023

L'homme qui exauce les vœux de Tarquin Hall

(2008, The Case of the Missing Servant traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, domaine policier, 2009)

Voici la première apparition de Vish Puri, ce qui « en sabir anglo-hindi, […] signifiait à peu près “l’homme qui exauce les vœux”. », « fondateur et directeur de l’agence Détectives Très Privés, le meilleur détective du pays ».

Dans cette histoire, il travaille, avec son équipe, sur plusieurs affaires, notamment une « enquête prénuptiale » et la disparition d’une “servante” qui donne son titre anglais au livre.

Il devra parcourir l’Inde de Delhi à Jaipur puis jusqu’à Ranchi (capitale de l'État du Jharkhand, « trente heures » de train entre les deux villes) pour rencontrer des « Adivasis » (tribus autochtones des forêts) chrétiens.

C’est tout le charme de ce livre de faire découvrir à un lecteur français la complexité de la société indienne.

Fini le 7/08/2023

Un si joli village de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1990, A Lively Form of Death traduit de l'anglais par Isabelle Maillet, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Cette enquête dans un village anglais, où deux meurtres ont eu lieu, est banale mais bien montée avec des personnages de policiers sincères (par exemple, l'engouement plus qu'amical de l'inspecteur pour un témoin).

« […] tout laissait supposer que les meurtres de Little Henge étaient liés à une sordide histoire de chantage. » mais qui est menacé ? tout le suspense repose sur cette recherche…

« […] qu’est-ce qui vous paraît le plus important, hein ? La vie d’un bon chrétien ou celles d’une langue de vipère et d’une pute ? »

Fini le 5/08/2023

Les mystères de Channel Row de Alain Bauer et Roger Dachez

(Éditions du Masque, Masque poche, 2013)

L'histoire du début de la « Grande loge » à Londres, au milieu du XVIIIe siècle, est intéressante, notamment dans la mise en place des « mystères » et la « légende » qui aurait donné naissance au rituel de réception d’un « compagnon ».
« […] il avait inventé un nouveau grade. En mémoire de Thomas, des deux Thomas, de la mort de deux justes, de tous les justes, tous victimes de la même violence, du même fanatisme, de la même intolérance. »

L’intrigue manque un peu de mordant, diluée sur plusieurs années et les raisons de ces meurtres se révéleront des plus prosaïques (argent, jalousie…) et loin des présomptions du « Grand maître » sur ses « secrets de famille ».

Les auteurs utilisent des personnalités pour étoffer un peu leurs personnages, par exemple Voltaire, Montesquieu… et « Ranreuil » le jeune futur père de « Nicolas Le Floch ».

Fini le 3/08/2023

Du sang sur Rome de Steven Saylor

(Les Mystères de Rome, 1991, Roman Blood traduit de l'américain par Juliette Hoffenberg et André Dommergues, 10/18, 1998)

Gordien est engagé par Cicéron pour la défense de Sextius Roscius en 80 avant J.-C à l’époque de Sylla, le dictateur.

« — Tu t’es aussi servi de moi… comme appât ? Pour voir si un chien errant qui irait mettre le nez dans l’affaire Rosciux serait menacé, attaqué, tué ? Ce qui a failli m’arriver plus d’une fois. […] — Il n’y a pas de déshonneur à défendre un client coupable. Interroge n’importe quel avocat. Et c’est un honneur que de mettre un tyran dans l’embarras. »

Cette histoire n’est que scènes de violence, de sexe, de sang (par exemple, la description de la torture d’un parricide)… c’est pénible et assez répugnant à lire, comme si la vie dans la Rome antique n’était que cela.

Fini le 1/08/2023