mardi 26 décembre 2023

Ce qu'il faut de haine de Jacques Saussey

(Fleuve éditions, 2023)

L'enquête, pour élucider le meurtre dans l'Yonne d'une « Parisienne », est un exemple d’une bonne collaboration entre la gendarmerie, de Vézelay dirigée par le commandant Gontran de Montboissier, et la police judiciaire, de Paris représentée par « la » capitaine Marianne Ferrand.

Le personnage de la « victime » est un peu trop outré, sans doute pour justifier la conclusion, et expliquer le titre du livre.
« […] on peut toujours se consoler en se disant que l’assassin […] a rendu service à la société en la débarrassant d’une belle ordure. […] elle a seulement récolté ce qu’elle a semé […]. »
Dommage pour « l’ami » victime collatérale…

Fini le 24/12/2023

Les Jardins de la mort de George Pelecanos

(2006, The Night Gardener traduit de l'anglais États-Unis par Étienne Menanteau, Seuil Policiers, 2008)

Le titre donne le lieu où sont retrouvés les morts au prénom palindrome en « 1985 » et en « 2005 ». L’auteur présente bien les tensions entre les gens selon la couleur de leur peau, que ressent particulièrement l’inspecteur heureux époux d’une femme au teint « chocolat ».

Parallèlement, des « pourris », notamment un « flic », se disputent du fric volé par un « Romeo Brock » qui se veut plus fort que tous, un futur héros dans la tombe.

Fini le 21/12/2023

mardi 19 décembre 2023

Coup bas à Hyderâbâd de Sarah Dars

(Les enquêtes du brahmane Doc, Picquier poche, 2000)

Dans ce livre, l'auteur nous présente une ville où une majorité de musulmans cohabitent avec les hindous, « l’appel du muezzin » rythmant l’histoire sur fond de menaces des « hommes de main » de la « Mafia ».

Le brahmane se fait fort d’élucider le meurtre du « cheikh-aux-perroquets ». Sa visite dans sa demeure vaut au lecteur une belle description de tous ces volatiles. Le préféré « Jatâyu » quitte la scène en disant : « Bon, eh bien ! adieu maintenant ».

« Le vieux lion a tout contrôlé jusqu’au bout, même sa mort. »
« On dit que les candidats au suicide — même chez ceux qui prennent soin de maquiller cet acte en accident — laissent souvent, consciemment ou pas, une preuve plus ou moins évidente de leurs intentions suicidaires. Comme s’ils voulaient signifier : “Je me suis sacrifié”. »

Fini le 18/12/2023

lundi 18 décembre 2023

L'Honneur de Sartine de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, JC Lattès, 2010)

Le plaisir à la lecture des histoires de cet auteur ne vient pas de l'élucidation des sempiternels « complots » (ici les dépenses du « ministre de la Marine ») et des meurtres, mais de l’écriture en “français d’époque”, avec des mots et des expressions dûment recensés en fin d’ouvrage. Exemples :

Des recommandations du « lieutenant général de police » bien pesées.
« Sachez demeurer en retrait de ce que votre fougue habituelle vous inspire. N’employez, après y avoir mûrement réfléchi, que les menées et moyens les plus prudents et mesurez les périls auxquels tout accomplissement peut mener. »

Un témoignage en langage populaire.
« […] des rodomonts de barrière toujours prêts à chercher costille au pauvre monde. […] C’est point habile ces bougres-là, et ça foutinasse à tirer c’t’foutu chargement. […] Je ne voulions point me mêler de près ou de loin de leur mironton.

Des citations de « libelles ».
« J’ai balayé Paris avec un soin extrême
J’ai voulu de la mer balayer les Anglais
Mais j’ai vendu si cher mes malheureux balais
Que l’on m’a balayé moi-même. »

Il y avait « l’agate » sous le lit…

Fini le 16/12/2023

Le Murmure du mur de Patricia Carlon

(1969, The Whispering Wall traduit de l'anglais par Laurence Kiéfé, Le Masque, 1997)

« Son esprit était prisonnier d’un corps inerte, qui ne lui appartenait plus et qu’elle ne pouvait plus utiliser à son gré ; elle était, comme l’affirmait Bragg [l’infirmière], un simple poisson mort sur un étalage […]. »

Mais elle entend bien les menaces de meurtre susurrées par l’écho. Il faudra beaucoup de patience aux visiteurs pour comprendre ses clignements d’yeux. L’enfant « Rose » sera la première à tout comprendre.

Fini le 13/12/2023

En des lieux désolés de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1991, In Stony Places traduit de l'anglais par Florence Vuarnesson, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Ce polar tout simple, bien monté, sans digression mal venue, raconte l’enquête sur les meurtres de jeunes femmes.
« La chance avait tenu une place importante dans cette enquête : si Hicks n’avait pas aperçu cette adresse dans un dossier […]. Si l’on faisait la part des choses, à chaque fois, c’étaient 90 % d’investigations et 10 % de chance. » et « il fallait réellement remercier » Colin « et son appareil photo ».

Fini le 11/12/2023

lundi 11 décembre 2023

À qui la faute de Ragnar Jónasson

(2021, Úti traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, La Martinière, 2023)

Dans l'inévitable tempête de neige, habituelle aux auteurs islandais, les quatre randonneurs vont évidemment se quereller dans ce précaire refuge. Mais la cible de ce projet de vengeance survivra malencontreusement « Dehors » (titre original).
« Petit à petit, il prenait conscience qu’il avait sans le savoir regardé la mort en face durant tout le week-end. »

Tout est trop convenu et prévisible pour rendre la lecture intéressante.

Fini le 10/12/2023

Le Paradoxe du cerf-volant de Philippe Georget

(Éditions Jigal, Polar, 2011, Prix des Vendanges littéraires de Rivesaltes 2011)

Le titre est expliqué en fin d'histoire ; « Les hommes sont des cerfs-volants […]. Nous pestons souvent contre les liens d’amour et d’amitié qui nous entravent, et qui, croit-on, nous gênent pour réaliser nos rêves. […] Mais quand le vent souffle, ce sont ces liens qui nous sauvent. Toujours. Eux seuls nous empêchent de nous écraser. »

L’entraineur de ce boxeur professionnel supplée à l’absence de famille et viendra en aide pour déjouer les comploteurs ex « Yougoslaves », « Serbes », « Croates »… et la police… puisque toute cette histoire « puise son mobile dans les pages les plus sombres de l’histoire récente des Balkans » comme l’écrit ce journaliste allemand.

Fini le 8/12/2023

Le papillon de papier de Diane Wei Liang

(Série Wang Mei, 2008, Paper butterfly traduit de l'anglais par Odile Demange, NiL, 2010)

Dans ce livre, l'auteur relate l'histoire d'une victime de la répression des manifestations de Tian'anmen, envoyé en « camp de rééducation ».

Mei se doit de « poursuivre l’enquête » sur la mort de la chanteuse. « Elle le devait à Kaili, à L., à tous ces étudiants qui étaient descendus dans la rue au cours de ce terrible printemps, neuf ans plus tôt. Elle le devait à elle-même, aussi. Elle ne les avait pas rejoints à l’époque, elle ne les abandonnerait pas maintenant. C’était une question de justice. »

Mais que deviennent les délateurs ?

Fini le 5/12/2023

lundi 4 décembre 2023

Crime au Kabuki de Charles Haquet

(éditions du Masque, Labyrinthes, 2006)

Le “plus” qui rend agréable la lecture de ce livre est la qualité de l'écriture. L'auteur utilise des phrases courtes parfaitement fignolées avec parfois des expressions rares, par exemple : « sillages spumeux », des « floches de neige »…

La « disparition » de cet acteur, mort ou enlevé, oblige le journaliste et le samurai à enquêter sur le propriétaire du théâtre et le directeur de la troupe, dont le comportement, trop autoritaire pour l’un, trop soumis pour l’autre, ne convient pas vraiment pour gérer des acteurs. Ceux-ci bavardent entre eux.

Cette histoire se passe à « l’ère Meiji » qui ouvre le Japon aux « gaijins », sous le règne d’un Empereur « fervent partisan de l’ouverture du pays à l’Occident ».

Fini le 3/12/2023

Le Bureau des affaires occultes de Éric Fouassier

(Albin Michel, 2021)

Après la « Révolution de Juillet » en 1830, certains essaient de renverser Louis-Philippe. L’intrigue pour comprendre ce complot est assez tarabiscotée, entre les « suicides » provoqués et les « traquenards » contre « Valentin », duel, faux rendez-vous…, pour lui faire renoncer à son enquête.

Cette histoire est entrecoupée de chapitre d’un « journal » relatant comment une jeune victime du « Vicaire » a réussi à fuir.

Un récit est très rocambolesque qui retient bien l’attention. Les compétences de « l’inspecteur » pour comprendre les réactions des victimes sont bien expliquées.
« Cela ne pouvait être dû au hasard. Tout portait à croire, au contraire, que ces symptômes étaient liés aux fameux “traitements originaux” dont le médecin se faisait le chantre. » : « magnétisme animal », « sidération »…

Alors, à la fin du livre, le nouveau préfet de police décide de nommer Valentin pour créer un « bureau des affaires occultes ».

Fini le 1/12/2023

Le Tour maudit de Louise Welsh

(2006, The Bullet Trick traduit de l'anglais Écosse par Céline Schwaller, Éditions Métailié, 2007)

Le titre en anglais “Le tour de la balle” renseigne mieux le lecteur sur le comportement du narrateur, « jeune magicien alcoolique », enfoncé dans le souvenir du “tour” qu’il pense avoir provoqué la mort de cette jeune femme.

L’auteur nous présente l’histoire à rebours intercalant “aujourd’hui et hier” créant le suspense sur la réalité des pensées du personnage. Pour s’occuper, il cherche à comprendre « la disparition » de la mère de « Bill », croisant sur son chemin un « inspecteur » maintenant à la retraite. Il met à profit ses compétences de prestidigitateur pendant le spectacle devant des enfants pour en venir à bout.

Fini le 29/11/2023

Réponse évidente

La définition « Victime d’une coupe du monde. » est claire pour celui qui est atteint : « Autiste ».

Grille 7* finie le 28/11/2023

lundi 27 novembre 2023

Le cadavre anglais de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, JC Lattès, 2007)

Louis XVI a 23 ans et prend l'avis de ses conseillers pour en finir avec les “affaires” : les « dettes de la reine » et le meurtre d’un horloger « anglais ». L’auteur nous régale surtout avec ses recettes de cuisine et les traits de caractères des personnages, en utilisant un vocabulaire et des tournures de phrases qui font “d’époque”.

Nicolas (avec de l’imparfait du subjonctif !) :
« Il n’était paralysé par nulle réticence ou réserve, mais conservait cependant la distance d’une âme à la fois candide et revenue de tout ce que pouvaient dissimuler l’apparat, la morgue et le clinquant. Pour parvenir il n’avait pas eu à se frayer la voie en consentant aux compromissions nécessaires. Il lui avait suffi d’être là pour que le destin s’en chargeât. Tout lui avait été offert en surplus sans qu’il s’y évertuât. »
Et plein de réflexions sur l’éloignement d’avec son mentor du début, maintenant « ministre de la marine ».

Marie-Antoinette :
« La langueur des divertissements à la cour poussait sans cesse la reine à s’en procurer ailleurs de plus vifs. De là, les promenades en traineaux, des chasses dans les forêts voisines et des escapades nocturnes dans la capitale qui faisaient notablement jaser. »

Tous les complots seront dénoués, après un exposé sur l’importance du « calcul de la longitude ».

Fini le 26/11/2023

La conjuration de la Sixtine de Philipp Vandenberg

(1988, Sixtinische Verschwörung traduit de l'allemand par Susi et Michel Breitman, Le Livre de Poche, 1999)

Cette énigme à déchiffrer dans la fresque de Michel-Ange peinte sur le plafond de la chapelle est une intrigue intéressante. Les personnages de la « Curie romaine » du « Saint-Siège » sont plausibles, notamment le comportement du cardinal, « préfet de la Congrégation », acharné à chercher une réponse, fouillant dans tous les vieux « secrets ».

Le « camériste du Pape », qui l’était déjà auprès de celui au règne très court Jean-Paul Ier (« le Pape au sourire »), donne un aperçu de son entourage.
« Le Vatican a beau n’être qu’un Etat en miniature, il a comme partout ailleurs son gouvernement, ses partis qui se combattent ou se coalisent, il a ses puissants et ses moins puissants, ses accommodants et ses intransigeants, ses sympathiques et ses antipathiques, et surtout ses dangereux et ses inoffensifs. »
Ce qui apparaît dans les conciliabules, hors « concile », entre le « secrétaire d’Etat de Sa Sainteté » et le « président de l’Istituto per le Opere Religiose ».

Le texte est logiquement parsemé de latin (un glossaire en donne la traduction) et de passages bibliques, par exemple cet extrait d’une épitre de Paul :
« Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus… Mais, comme tous meurent en Adam, de même tous revivront en Christ… »

Fini le 22/11/2023

mardi 21 novembre 2023

Rififi à Ooty de Sarah Dars

(Les enquêtes du brahmane Doc, Picquier poche, 2003)

L’intrigue « labyrinthique » parcourt la vie de ces personnes, de leurs amours contrariés à leur passé, présentant au lecteur les relations entre les « Indiens », les « Anglais » et les « Anglo-Indiens ».

« […] cela [le labyrinthe végétal] devenait une véritable énigme policière : faux culs-de-sac, percées trompeuses, issues fallacieuses, tracé truqué, à dessein non orienté vers le centre, à l’image du mystère du saphir noir et de celui des meurtres. »

« […] même si vous êtes un animal à sang froid incapable du moindre sentiment pour les autres, il vous était insupportable de le savoir si passionnément épris d’une autre femme. Ce n’était pas le plus grave à vos yeux d’ailleurs, mais que ce fût une Indienne, alors qu’il avait l’honneur insigne d’être marié à une Anglaise […].

« Charity » ouvre la réponse…

Fini le 20/11/2023

lundi 20 novembre 2023

Frontière mouvante de Knut Faldbakken

(2005, Grensen traduit du norvégien par Hélène Hervieu, Seuil policier, 2011)

Tout est mou dans ce livre, les personnages, leurs réactions, leurs rabâchages… et la description des lieux tellement vague qu'il est difficile de savoir où est qui et pourquoi là. Dommage, cette enquête sur les trafics « frontaliers », entre la Norvège et la Suède, de drogues (du cannabis !) et/ou de femmes, méritaient mieux.

Le dénouement est bien bâclé à l’image du reste.

La présence d’un témoin sera salutaire à des « policiers », soi-disant expérimentés, menacés d’être tués.
« Il a tué mon Bo, dit-elle. Il a tué mon fils et il a détruit ma fille. Il ne valait pas mieux que les autres, il était même le pire de tous, car il n’arrêtait pas de dire qu’il l’aimait et qu’il voulait l’aider. »

Fini le 17/11/2023

L'Aphrodite profanée de Cristina Rodríguez

(Les Enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, 2011)

Le titre du livre inspire les personnages féminins pour se livrer à des scènes bien lascives, la « cousine » comme la « courtisane ». Cela noie les méfaits des « rançonneurs » et ceux du « faussaire ».

« Pour l’instant, il [Claude] ne pense qu’à sa fichue statuette. Peut-être réalisera-t-il la perte de son serviteur lorsqu’il se remettra à écrire et que personne ne sera là pour rédiger ses notes. »

« Ce vieil homme [le sénateur] a mené une carrière politique florissante au plus haut niveau et a survécu à une centaine de consuls, deux Princepts et un Séjan. Je doute que la gentillesse et l’honnêteté suffisent pour accomplir ce prodige. »

Io s’est empressé pour remettre de l’ordre.
« Pyralis, entourée d’une nuée d’éphèbes à demi nus qui ne savaient plus quoi faire pour être agréable à leur maîtresse, accepta une coupe de vin chaud […]. »

Fini le 16/11/2023

L’œil de Diderot de Hubert Prolongeau

(Série Diderot et d’Alembert, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2010)

Ce livre est un parfait exemple de nullité. L'auteur utilise ce pauvre Denis Diderot sans être capable de mettre en scène ses pensées, pourtant claires dans ses écrits. Il en fait un pusillanime sans intérêt, même son expérience de la prison, qui permet de comprendre ses peurs, est mal présentée.

L'intrigue, basée sur le meurtre du « libraire », dévoile un coupable peu crédible.
« Le personnage, que j’avais mieux appris à connaître, m’apparaissait bouffi d’orgueil, intolérant, convaincu de sa supériorité, et en même temps intelligent, esthète, talentueux, fragile parce que bourré de doutes. »
Quant à ses raisons :
« […] vous mort, vos écrits n’en auraient été que plus grands. Je voulais votre discrédit, pas votre peau. »

Fini le 14/11/2023

mardi 14 novembre 2023

Le diable danse à Bleeding Heart Square de Andrew Taylor

(2008, Bleeding Heart Square traduit de l'anglais par Danièle Mazingarbe, Le Cherche midi NéO, 2010)

Ce livre est un gros pavé, mais agréable à lire. L'intrigue est bien distillée, personnage par personnage, faisant monter le suspense. Les principaux sont : Lydia, jeune femme en rupture de famille, venue habiter avec son « père » et Rory, journaliste de retour d’un travail en Inde en rupture avec sa « fiancée ». Et parmi les autres : le « propriétaire »… et un mystérieux commentateur dans les chapitres citant des extraits du « journal ».

En parallèle, l’auteur nous présente la naissance de « l’Union fasciste britannique », soutenue notamment par le futur ex-mari.

Lydia doit tout apprendre de la vie, ayant toujours été entourée de domestiques.
« Elle se rendait bien compte que parler comme si on était née avec une cuillère d’argent dans la bouche pouvait s’avérer un handicap. Aux yeux de la majeure partie de la population, vous étiez définitivement stigmatisée, et pratiquement inemployable parce que les “dames” ne devaient pas travailler. Cela n’aurait peut-être pas compté si vous aviez profité de tous les avantages qui vont généralement avec la cuillère d’argent. Mais quand ce n’était pas le cas, vous aviez le pire des deux mondes. » L’histoire se passe en 1934.

« Comme des dominos qui s’abattaient les uns sur les autres, les pensées s’enchaînaient, comme si elles avaient attendu patiemment leur tour depuis qu’elle [Lydia] était arrivée ici. Des bribes de la conversation […] lui revenaient à l’esprit comme des fantômes importuns : ”en train de dessiner à la plume des morceaux de la cheminée […]”.

Fini le 12/11/2023

Intrigue à l'anglaise de Adrien Goetz

(Le Livre de Poche, 2008)

Cet auteur s'est spécialisé dans les romans d'aventures artistiques. Dans ce livre, une jeune conservatrice du patrimoine, nouvellement nommée à Bayeux, tente de percer les mystères des trois mètres qui manquent à la célèbre tapisserie, nommée ici « Telle du Conquest ».

Le sujet, les batailles pour le trône d'Angleterre, donne son titre au livre. L’intrigue est particulièrement insipide, tout comme les personnages. Difficile de s’intéresser à ces “complotistes”, ni à leurs raisons pour se dire le “roi”, à partir de copies mal imitées de la suite manquante.

En résumé…
« Une agression de conservatrice aguerrie, hospitalisée, attaquée derechef et cambriolée, une agression de conservatrice débutante suivie d’un vol en plein Paris, un crime à Prunoy-en-Bessin. »
… c’est un peu léger en péripéties. Et cette citation est un bon exemple de l’assez faible niveau d’écriture (aucun verbe de la majuscule initiale au point final), les phrases bancales ne manquent pas.

Fini le 11/11/2023

L’œil du daruma de Charles Haquet

(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2001)

L'auteur nous projette dans le Japon à l'ère Meiji (ère du “gouvernement éclairé” ou “politique éclairée”) une période de réformes radicales qui suppriment le “système féodal”, notamment la fin du pouvoir d’un « daimyô » sur son domaine et l’entretien de ses « samouraïs » (qui deviennent alors des « rônins »).

Le personnage principal, « Tosode », revient voir son ancien maître pour le trouver mort, son “ami” le moine « Kodebu » suspectant un empoisonnement meurtrier. Le daimyô tenait dans sa main l’objet qui donne son titre au livre « un daruma ».
« Le visage de la poupée occupait une place démesurée. Des sourcils épais soulignaient des yeux à peine ébauchés. » « […] la seconde pupille n’est pas dessinée. Le vœu n’est pas réalisé… »

Tosode et Kodebu vont découvrir les avis sur les préparatifs de la rébellion contre l’empereur et ses réformes.
« Pour moi, ce mouvement est voué à l’échec. C’est un combat d’un autre âge, une vaine tentative de restaurer un régime rétrograde. […] Très vite, pourtant, ils m’ont menacé. Soit je collaborais, soit ils me dénonçaient. »

Tosode conclura : « […] je suis rônin avant tout. Tant que je vivrai, je continuerai à servir mon maître. Or, ne s’était-il pas écarté du mouvement ? Je dois rester fidèle à ses idées. »

Fini le 9/11/2023

Le Chasseur de gourous de Tarquin Hall

(2009, The Case of the Man Who Died Laughing traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, domaine policier, 2010)

Cette fois, le « meilleur détective » enquête sur la mise en scène du meurtre du « Chasseur de gourous » pendant une réunion du « Club du rire ». Ce livre nous décrit la façon dont certains « magiciens » concoctent leurs tours, qui sont également utilisés par des “gourous” pour faire des adeptes bien argentés (et au passage profiter de jeunes filles…).

Le « Dr Jha essayait de coincer le gourou ! Maharaj Swami avait promis un miracle et Jha nous en a fourni un ! » « Il vieillissait et enrageait de voir la façon dont les choses évoluent dans ce pays. Il éprouvait une réelle amertume, lui qui pendant des années avait combattu les faux gourous. Et pour quel résultat ? Leur popularité ne cesse de croître. […] Alors, avant de prendre sa retraite, il a décidé de frapper un grand coup […]. »

Mais il sera rattrapé par le destin…

Fini le 8/11/2023

mardi 7 novembre 2023

La baronne meurt à cinq heures de Frédéric Lenormand

(Voltaire mène l'enquête, JC Lattès, 2011)

L'auteur se base sur des textes de l'époque [publiés en postface] pour bâtir son histoire et les traits de ses personnages.

La « marquise », « Émilie » enceinte du dernier passage de son militaire de mari, préfère les études scientifiques aux « bonne œuvres ».
« L’imagination d’Émilie lui permettait de se figurer la valse des étoiles dans le firmament de Newton ; le paradoxe des sentiments excédait ses capacités. »

« Voltaire » est représenté tel qu’on l’imagine à partir de ses portraits, un air de « lutin », hypocondriaque (il collectionne les clystères…), centré sur lui-même, etc.
« La chose est claire : il y a un complot dans Paris pour éteindre la voix de la liberté. D’abord ma chère baronne, qui avait le courage de penser par elle-même, puis moi, le flambeau de la résistance à l’obscurantisme ! Les fanatiques veulent ma mort ! »
« Il était habitué aux combats de plumes, mais s’il fallait à présent se colleter avec des furieux sur des toits glissants, la lutte pour la vérité allait vraiment devenir difficile. »

Son ambiguïté vis-à-vis de la religion se noiera dans la solution du couvent pour éloigner la « dame de compagnie ».

L’auteur nous livre “un secret”. Au retour d’une rencontre avec le « lieutenant de police », Voltaire « vacilla » et « l’abbé le fit asseoir dans son fauteuil ».
« — Je me meurs, je suis mort, portez-moi dans ma tombe ! »
— Allez ! reprit la marquise. Au travail !
— Je n’aime pas recevoir des ordres, même de moi-même […].
— Levez-vous donc ! Vous finirez par laisser votre nom à ce meuble ! »

Fini le 5/11/2023

Obscura de Régis Descott

(JC Lattès, 2008)

Une lecture particulièrement désagréable ! Tout y est nul…
L'intrigue n'a aucun suspense (le lecteur connaît dès le début le coupable et ses raisons), les personnages n'ont aucune consistance (à part permettre à l'auteur de nous gaver de descriptions des maladies de cette fin du 19e siècle), le style est lourd, redondant, etc.

Dommage, l’enquête sur ce « copieur » des tableaux d’Édouard Manet méritait mieux. Il aurait été intéressant d’avoir de meilleures commentaires sur ce peintre que ce salmigondis.

Exemples de textes lourdingues.

La réflexion du « médecin » (page 148) :
« Car qu’était-ce que cette mise en scène, sinon une exposition ? Un Salon des Refusés d’un genre macabre. S’il était seul à pouvoir établir ces rapprochements, il l’était également à soupçonner l’existence d’un criminel d’habitude, comme disait la police. »

La réflexion de « l’aliéniste » (page 176) :
« Permettez-moi de mettre en doute le fait qu’il s’en tienne à ces actes purement gratuits [les mises en scène] […]. Qu’est-ce que la création artistique, sinon la volonté, même inconsciente, de marquer son passage ici-bas ? Or il est évident que votre homme poursuit cette ambition. Par conséquent, il doit faire en sorte d’en conserver quelques traces […]. »

Évidemment, tout le monde meurt à la fin !

Enfin fini le 3/10/2023

Les ombres de Torquay's Manor de Anne Beddingfeld

(pseudonyme de Anne Martinetti, Une enquête de Beth Huntly, Marabout, 2015)

Beth, la « cuisinière », va déjouer les plans d’un « Ku Klux Klan » anglais, dont les membres se revendiquent « Chevalier de l’ordre des gardiens de la Morale ».

Elle va, pour cela, accepter de suivre « Eleanor » la « journaliste ».
« Pourquoi ? […] J’y vois comme un prolongement de mon travail en cuisine : assembler divers ingrédients, lier une sauce, corriger l’assaisonnement d’un plat, tout n’est qu’une question d’équilibre. »

Ce qui va lui permettre d’aider la police à dénicher le fomenteur des meurtres, revanchard surgi du passé.

Fini le 1/11/2023

mardi 31 octobre 2023

Zanzara de Paul Colize

(Fleuve noir, 2017)

Le narrateur est un personnage épuisant à suivre. Il est plus intéressant que ses recherches sur le « massacre d’Odessa » en 2014 et les « mercenaires » coupables, rappelant douloureusement la guerre actuelle.

Ce journaliste a été marqué par un drame dans son enfance, non encore assimilé, qui conditionne tout son comportement.
« Ma soif d’en savoir plus fonctionne sur courant alternatif. À certains moments, je brûle de découvrir le fin mot de l’histoire, à d’autres, je m’en tape. » « Il en va de même pour un tas de choses dans ma vie. Les bouquins que j’ai commencés sans jamais les terminer, les films dont je n’ai vu que la moitié, les mots croisés incomplets, les puzzles inachevés, les filles que j’ai laissées tomber avant même de conclure. » « Les sports tiennent une place choix dans ma liste d’objectifs avortés. J’en ai expérimenté une flopée. […] je m’emballe. Illico, je m’inscris […]. Après quelques séances, j’abandonne. »

Il se met en danger dans des mises en scène périlleuses.
« Ce n’est pas une mise en scène, c’est mon quotidien. Mon kif, c’est l’adrénaline. Je roule à contresens sur le Ring, je saute d’un immeuble à l’autre, je m’envoie des décharges électriques, je participe à des concours d’apnée. Je suis une star dans le microcosme des fêlés. »

Pour ne pas oublier que « Tu m’appelais “Zanzara”, le moustique, en italien. »

Pour en finir : « L’amour et la mort sont comme de vieux amants. Ils n’ont plus grand-chose à se dire, mais ne restent jamais loin l’un de l’autre. »

Fini le 30/10/2023

lundi 30 octobre 2023

Dans le vif de Kate Ross

(Série Julian Kestrel, 1994, Cut to the Quick traduit de l'anglais États-Unis par Jean-Michel Alamagny, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2002)

L’annonce du mariage est publié dans « le Morning Post le 23 avril 1824 ». En Angleterre, à cette époque, des règles rigides obligent à préserver « l’honneur » du nom pour cette famille d’aristocrates.
« Combien cela devait-il coûter à un homme comme lui [magistrat intègre], de mentir pour son frère, de céder au chantage d’un ancien domestique, de celer des renseignements qui pourraient servir à l’arrestation d’un assassin ? […] ce qui le poussait réellement, c’était l’honneur, la nécessité de protéger le nom qu’il chérissait. Il avait des ancêtres à ne pas oublier, et des descendants. Ce qu’ils attendaient de lui outrepassait même son sens de la justice. »

La jalousie s’en mêle. Finalement, le mur révèlera « deux clés croisées ».

Fini le 29/10/2023

La palette de l'ange de Catherine Bessonart

(Série Chrétien Bompard, L'Aube noire, 2014)

Ce « commissaire » délivre des pensées bien subtiles.

Par exemple, devant une classe d’adolescents :
« Ce n’est pas parce qu’on est très nombreux à avoir tort qu’on a raison. […] C’est donc pas parce que vous êtes une trentaine à penser que les roux puent et que les pédés sont dégueulasses qu’effectivement les roux puent et les pédés sont dégueulasses. […] c’est pas parce que vous avez chahuté Léonard qu’il s’est pendu. […] Responsables peut-être mais pas coupables […]. Je vous dis ça parce que la vie est faite de Léonard qu’on rencontre et qu’on blesse. »

Son enquête sur les meurtres successifs d’un « gérant de sex-shop », un « SDF », un « prêtre » et un « hacker » va le démontrer.

Et un extrait de l’Épitre de Paul aux Romains :
« Je ne fais pas le bien que je veux, je fais au contraire le mal que je ne veux pas. […] Quel être malheureux je suis ! Qui me libérera de ce corps de mort ? »

Fini le 26/10/2023

Mort à Harvard de Amanda Cross

(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1981, Death in a Tenured Position traduit de l'américain par R. M. Vassallo-Villaneau, 10/18, 1993)

Ce livre nous présente la vie d'une femme arrivée à une place éminente dans une université prestigieuse, avec plein de réflexions masculines sexistes.

Par exemple, son frère :
« […] on ne m’ôtera pas de l’idée que si elle avait eu une vie normale, une vraie vie de femme, tout ça ne serait pas arrivé. Je n’ai rien contre les femmes qui travaillent, notez bien, mais je dis qu’elles doivent faire passer d’abord leur foyer et leurs enfants. Et je suis d’avis qu’une femme qui n’a pas d’enfants manque le meilleur de la vie. »

Kate résume :
« Quand Janet a été désignée pour cette chaire, Sylvia a immédiatement détecté, […], les périls de ce poste en point de mire » dans un milieu exclusivement masculin. « […] une foule de personnes seraient ravies de tendre des pièges à Janet […]. »
Et Kate trouve « sur son chevet [de Janet], ce livre qui s’ouvrait de lui-même sur un poème de Herbert [poète du XVIIe siècle]. » « […] Janet […] devait l’aborder d’un regard neuf, c’est bien ce qui le rendait si fort. »

Fini le 24/10/2023

mardi 24 octobre 2023

Définition phonique

Le mot résultant de « VIP (prononcez vieille pie). » ne peut être que « agasse ».

Grille 7* finie le 24/10/2023

L'Apothicaire et “L'Opéra des gueux” de Deryn Lake

(Série John Rawlings, 1995, Death At the Beggar's Opera traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, Éditions du Masque, Labyrinthes, 1997)

Lors du meurtre d’un acteur, John, sous la direction du « Blind Beak » (surnom de « John Fielding, magistrat principal ») se trouve au prise avec une troupe théâtrale, les « membres de la troupe de Drury Lane », dont les personnages se déguisent bien.
« Tout est trop compliqué : épouses et maîtresses bafouées, maris et amants jaloux, et maintenant enfants disparus… C’est comme s’il fallait trouver son chemin dans un labyrinthe. »

Tout va se compliquer après un second meurtre : « […] j’en viens à penser que tous les êtres liés à Jasper peuvent être en danger. »

Un « apprenti » vient tenir la boutique de l’apothicaire, pendant que celui-ci cherche sous quels noms se cachent les « enfants disparus ».

Fini le 23/10/2023

L'Assassin affable de Dorothy Salisbury Davis

(1951, A Gentle Murderer traduit de l'anglais États-Unis par Corinne Faure-Gears, Rivages/Noir, 2004)

Le lecteur connaît dès le début le meurtrier et suit l'enquête menée par le « sergent » et celle du « prêtre » qui a reçu la confession. C’est très bien montée et passionnant de découvrir la vie de « Tim » au fil des pages. Chacun a son avis sur lui.

La femme de ménage : « […] je sais reconnaître un jeune homme décent et bien élevé de surcroît. »
Le supérieur du monastère : « […] son départ m’est apparu caractéristique du personnage. Il mettait en évidence son manque total de sens des responsabilités, son incapacité à se plier à la discipline. »
L’inspecteur : « […] ce type qui ne supporte pas de voir souffrir un cheval est capable de battre jusqu’au sang toute personne qui écarte son prochain du droit chemin. »

Ils arriveront à converger au même moment vers le foyer.

Fini le 21/10/2023

Bengal hot de Sarah Dars

(Une enquête du brahmane Doc, Picquier poche, 2007)

L'auteur nous emmène à Calcutta, « Kolkata », et nous présente la vie quotidienne des Bengalis.
Notamment, celle de cette famille d’éditeurs dont la « reine-mère » est prête à tout pour conserver sa « maison ».
« Calcutta recelait bien d’autres mystères que celui de la maison Dâs. Trop ancienne […] Calcutta ne faisait pas son âge, mais bien plus que son âge. Trop vaste, trop compliquée, trop décrépite, trop décadente, trop ravagée, trop délabrée, trop décousue, trop usée, pour se laisser décrypter en si peu de temps. Une période bien trop courte, qui cependant avait suffit pour qu’il se sentît captivé par le charme vénéneux de cette ville. »

Doc veut comprendre qui a provoqué ces morts, car comme lui dit son ami Arjun.
« Je te connais, il faut toujours que tu comprennes. Pour toi, c’est la moindre des choses. Sinon, tu risques de tomber malade. Si je ne veux pas avoir à te soigner, mieux vaut rester jusqu’à ce que tu aies élucidé tous ces mystères successifs, qui sont autant de défis à ton intelligence. »
Il trouve la solution, mais reste « bien décidé à n’accorder aucun appui aux policiers ».

Fini le 19/10/2023

mercredi 18 octobre 2023

Jeux de pouvoir de John Connor

(Série Karen Sharpe, 2004, The Playroom traduit de l'anglais par Michèle Garène, Éditions du Masque, 2012)

Ça se voudrait un “thriller”, ce n'est qu'un salmigondis d'inepties. L'intrigue débute par la « disparition » d’une petite fille (le lecteur la voit pleurer sur sa vie, puis accepter de monter dans « la camionnette »). La suite dérape très vite dans du grand n’importe-quoi : les policiers sont soit trop faibles pour supporter la pression (le commandant), soit adeptes du tabassage (son adjoint), soit corrompus (le commissaire divisionnaire), etc. ; l’enquêtrice Sharpe s’illustre par sa manie de raconter son passé « d’agent infiltré », ses crimes, ses amours, révélant sa niaiserie, incapable de comprendre des indices, se faisant évidemment agresser, blesser, etc. ; les coupables ont le bon goût soit de se faire assassiner, soit de se suicider, etc.

En résumé, lors du dernier entretien entre « le commissaire divisionnaire adjoint et la pauvre inspectrice pathétique » :
« Quand on s’enfonce si profondément dans la fange qu’on ne sait plus vraiment qui on est, alors c’est possible d’être séduit par ce qu’il y a de plus méprisable. Au bout d’un moment, on cesse de faire semblant d’être comme eux. On devient comme eux. »

Ce livre est noté « Masque de l’année », donc peut-être que d’autres lecteurs sauront l’apprécier.

Fini le 17/10/2023

lundi 16 octobre 2023

Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez

(Les Enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, 2010)

Dans ce livre, l’auteur nous décrit la vie dans un quartier de Rome, « Subure », en détaillant bien la violence, les massacres, les tueries (tous les esclaves d’une taverne !), etc. sur fond de trafics de « faux paris » sur des combats de gladiateurs, soutenus par des sénateurs.

« Après avoir vu des gladiateurs combattre jusqu’à presque s’entretuer, les clients étaient pris d’une sorte de folie bestiale qu’ils assouvissaient […] dans le lit du jeune homme ou dans celui des autres prostitués de l’établissement. »

Les dieux ne sont pas oubliés.
« — Donne ceci à Charon, […], et salue de ma part Minos, Éaque et Rhadamante. Que leur jugement soit impitoyable et la poix des enfers bien chaude ! »

Fini le 15/10/2023

Le secret de Big Papa Wu de Diane Wei Liang

(Série Wang Mei, 2007, The Eye of Jade traduit de l'anglais par Odile Demange, NiL, 2008)

Le titre en anglais, “l’œil de jade”, présente la confusion dans l’enquête pour retrouver le possesseur-voleur du « sceau de jade ».

Cette enquête permet au lecteur de découvrir la vie en Chine en 1997, avec les souvenirs de la « Révolution culturelle », comme pour « l’antiquaire » qui donne son nom dans le titre en français.
« Avant d’être envoyé en rééducation, j’ai fait partie d’un gang des rues pendant plusieurs années. Je me prenais pour un dur à cuire. Dans la rue, on apprenait à ne faire confiance à personne parce que personne n’était digne de confiance. Nous étions tous des brutes. » « La situation était bien différente dans les montagnes de Dongbei. Notre camp avait été installé dans une vieille station de bûcherons […]. Quand on doit affronter les forces de la nature, on apprend à faire confiance aux autres. Pas une confiance aveugle. […] Mais on apprend vite à qui on peut se fier. » « J’ai rapidement appris à juger les gens […]. Plus tard, un homme que nous appelions Grand Frère m’a appris à lire sur les visages. »

Fini le 13/10/2023

Quand le diable dansait à Ilbarritz de Jean-Pierre Alaux

(Meurtres au Pays basque, La Geste, 2019)

C'est aussi léger que les autres livres de cet auteur dont l'unique intérêt est de donner au lecteur une tranche d'histoire locale, l'intrigue “polar” est trop incohérente pour être intéressante.

« Les bétonneurs de la côte étaient prêts à toutes les compromissions. Il convenait d’agir très vite pour inscrire le palais du baron de l’Espée à l’inventaire des Monuments historiques. »
Le château d’Ilbarritz fut effectivement « Inscrit MH en 1990 »).

« […] une petite société secrète qui abrite en son sein une vingtaine de notables espagnols, mais aussi quelques personnalités du Sud-Ouest […]. » « Ilbarritz, le château où le vice était roi ! »

Fini le 12/10/2023

L'âme détournée de R. N. Morris

(Série Porphiri Pétrovitch, 2007, The Gentle Axe traduit de l'anglais par Bernard Cucchi, 10/18, Grands détectives, 2009)

Le personnage principal de cette série, dont le nom s'écrit aussi parfois “Porfiry, Porfiri ou Porphyre”, est le « juge d’instruction » qui enquête sur les meurtres dans Crime et Châtiment, le roman de Dostoïevski.

Ce livre-ci n’en est qu’une pâle imitation, sans intérêt. Le titre en français vient d’un « contrat » signé par un « étudiant » pauvre qui « accorde la propriété de son âme ». Inspiré par cette idée, l’assassin a « gagé son âme chez […] le prêteur juif. Il s’imagine que, son âme ne lui appartenant plus, elle ne serait pas souillée par ses crimes. » Mais la raison des « crimes » n’est pas très compréhensible pour le lecteur.

Fini le 10/10/2023

mardi 10 octobre 2023

Occupe-toi d'Arletty ! de Jean-Pierre de Lucovich

(Plon, prix Arsène Lupin 2011)

Dans cette histoire, l'auteur nous décrit la vie à Paris sous « l’Occupation », en 1946, loin des clichés éculés, notamment pour le comportement du « détective » et de la « brigade criminelle ».

« J’étais sur le chemin de quelqu’un qui irait jusqu’au bout pour m’empêcher de découvrir qui était derrière la machination montée contre Karl von Sperlich et Arletty. Quelqu’un qui tuait aussi par plaisir et qui ressemblait à l’homme au visage balafré. »
« Il faisait beau, mais le plaisir de rouler dans ce Paris que j’adorais était gâché par les panneaux en allemand qui défiguraient les rues et l’omniprésence des doryphores sur les trottoirs. »

Et il croise des gens bien connus, “Gabin”, “Guitry”, “Cocteau”, etc.

Une lecture agréable, mais le sujet des autres livres ne présentent pas d’intérêt.

Fini le 8/10/2023

Le Dit de la nonne de Candace Robb

(Série Owen Archer, 1995, The Nun's Tale traduit de l'anglais par Laure Du Breuil, Librairie des Champs-Élysées, 1997)

Pour suivre cette histoire bien embrouillée avec des allers-retours dans l'année précédente (1364) et l’apparition de divers personnages, il vaut mieux lire dès le début la note de l'auteur en postface qui éclaircit cette période historique en Angleterre pendant la Guerre de Cent ans.

Tout tourne autour de la « nonne » revenue au couvent dans un piteux état.
« Elle dit que la douleur la purifie. Elle clame qu’elle est maudite. Nous avons déjà entendu de telles choses. Si seulement ses visions étaient moins banales. Mais même dans ce cas, elle pourrait simplement être une bonne conteuse. […] Il y a des questions auxquelles elle ne veut pas répondre mais je n’ai rien trouvé d’étrange à cela. Avec le temps, elle nous fera peut-être confiance et elle parlera plus librement. »

Ainsi que le prévoit « Maîtresse Lucie Wilton », « l’apothicaire », l’annonce de la mort de ses compagnons la poussera à la « confession ».

Fini le 7/10/2023

Chez l'oto-rhino de Raphaël Majan

(Série Les Contre-enquêtes du commissaire Liberty, P.O.L., 2004)

« […] lui travaille pour le bien-être de la société tout [sic] entière, sans le moindre égoïsme, ne cherchant aucun soulagement personnel mais à diffuser dans le pays un sentiment de sécurité, montrant à tous les citoyens l’efficacité de la police confrontée à des actes condamnables. »
« Certes, il fait parfois d’une pierre deux coups, tuant ou faisant condamner des êtres à qui il a de bonnes raisons de reprocher quelque chose de leur conduite, mais ce n’est pas non plus une meilleure solution déontologique que de laisser le hasard décider. Il ne va pas tuer n’importe qui dans la rue et arrêter ensuite le premier passant, encore que, s’il faut en arriver là, il paiera le prix de ses convictions en se soumettant à cette nouvelle règle. »

Une seule de ces histoires suffit.

Fini le 4/10/2023

Forfaits de Dick Francis

(1968, Forfeit traduit de l'anglais par Gérard Gardin, 10/18, 1997)

L'histoire commence quand le narrateur, journaliste, apprend que « […] Bert recommandait toujours des non-partants pour les grandes courses […] ».

La « combine » sur les « paris avant la lettre » est plusieurs fois expliquée mais difficile à comprendre pour un non-initié à part l’importance du « forfait » des chevaux engagés. Le journaliste va se « fourrer dans un sacré pétrin » pour protéger le dernier cheval menacé qui n’en vaudrait pas la « peine ».
« Tiddely Pom sans compter Brevity, Polyxènes et tous les autres… Pris individuellement, aucun n’en valait la peine. C’est bien pour ça que cette combine s’est perpétuée. »

Fini le 3/10/2023

Le Fantôme de la rue Royale de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 2001, 10/18, 2002)

Cette histoire se passe en 1770, presque dix ans après le premier livre, et débute au moment du mariage du futur Louis XVI. La fête prévue par le « prévôt de Paris » se termine en catastrophe avec incendie et morts par écrasement, mal protégée par les « gardes de la Ville » préférant parader dans les tavernes avec leur nouvel uniforme orné de « babioles ».

Mais au milieu des victimes, se découvre un meurtre qui donnera lieu à une enquête avec « exorcisme » et protection d’un « sauvage ».
« Deux sauvages, deux Élodie. La farce n’était-elle pas bonne ! »

Fini le 2/10/2023

lundi 2 octobre 2023

La mort sur un plateau d'argent de Rosemary Stevens

(Une enquête de Beau Brummel, 2000, Death on a Silver Tray traduit de l'anglais États-Unis par Patricia Christian, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2005)

L'auteur nous présente un narrateur très sympathique.
« […] on me tient pour un dandy sans cervelle. Sans doute qu’on ne pouvait attendre d’un homme de robe qu’il tienne en haute estime un homme d’habits. »

« J’ai succombé au chic de posséder un animal de compagnie, et j’ai fait l’acquisition d’un chat. » « Chakkri », un « siamois », spécimen rare à Londres en 1805, se révèle très subtil.
« Je reconnais que Chakkri est imprévisible […]. Il joue de la patte sur mon assiette écaille de tortue de Sèvres, il mâchonne mon peigne en écaille de tortue, mais il refuse une pseudo soupe de tortue. Sa diversité ne l’en rend que plus intéressant, n’est-ce-pas ? »

Fini le 30/09/2023

Le tueur au caillou de Alessandro Robecchi

(2017, Torto marcio traduit de l'italien par Paolo Bellomo avec le concours d'Agathe Lauriot dit Prévost, l'Aube noire, 2023)

L'auteur nous promène dans Milan. Il nous emmène dans le salon du « sous-brigadier Ghezzi », dans une “cité” très dégradée, abandonnée par la société, et la maison cossue du héros de la série, « Carlo Monterossi », passionné de Bob Dylan et auteur pour une émission de télévision.

Cette lecture de-ci de-là est agréable et fait bien monté le suspense pour trouver le responsable des meurtres des « riches ». Une quête qui va se terminer par « Ôputain » pour Carlo et « Putain de merde » pour Ghezzi.

« Il y a tout, là-dedans, les injustices des siècles et les injustices de ces folles années. Et ce n’est pas comme si les années actuelles… […] Il y a des comptes qui ne se règlent jamais… » même en jetant un « caillou ».

Fini le 28/09/2023

Sombre vallée de Thomas Willmann

(2010, Das finstere Tal traduit de l'allemand par Pierre Deshusses, Belfond, 2016)

« Alpes bavaroises, fin XIXe siècle » une « histoire de haine et de revanche », dit la présentation.

C’est trop sinistre pour être agréable à lire, l’auteur ne détaille que la violence. Le texte de la première page en est l’exemple. Si il est évident pour le lecteur que l’arrivée de « l’étranger » dans cette haute montagne va provoquer plus que des commérages, la façon dont sont présentés ses actes est trop succincte pour intéresser, seul est décrite la brutalité de ses cibles [pour justifier sa tuerie ?].

Les actes des « puissants » du village sont peu crédibles ; il est difficile d’admettre que ce “droit de cuissage” (reconnu légendaire pour les seigneurs du moyen-âge) est pu perduré aussi longtemps, même soutenu par le « curé », entre l’année de la conception du vengeur et son retour assez vieux et argenté pour pouvoir traverser l’océan et les terres.

Parcouru et fini le 26/09/2023

mardi 26 septembre 2023

Un bateau plein de riz de Alicia Giménez Bartlett

(Série Petra Delicado, 2004, Un barco cargado de arroz traduit de l'espagnol par Olivier Hamilton et Johanna Dautzenberg, Rivages/Noir, 2009)

L’intrigue policière n’a que peu d’intérêt, tout est dans le comportement des personnages que ce soit les « homeless » ou les policiers.
« Je ne connaissais strictement rien au milieu dans lequel on évoluait, encore moins le type d’individus derrière lesquels on courait et, en plus, cet univers me filait le bourdon. »
« Les plus difficiles à aborder étaient sans doute les clochards. Ils écoutaient sans comprendre et tenaient des discours incohérents. On aurait pu penser qu’ils appartenaient à une espèce à part […]. »

Mais la première victime va se révéler un ancien économiste devenu comptable, ainsi que le révèle « Anselmo ».
« Tomas était ton ami […]. » « Moi, pour être heureux, j’aurais juste besoin d’un bateau plein de riz. » « Pourquoi dites-vous que vous seriez comblé avec un bateau plein de riz ? » « J’irais dans les mers du Sud et je chercherais une île habitée par des natifs, des sauvages qui ne penseraient pas une minute à se battre. Alors je leur ferais des paellas, et du riz au lard […]. Et eux ils mangeraient, ils seraient heureux, et moi, de les voir comme ça, je serais heureux, aussi […]. »

L’enquête va révéler : « Comment une affaire où les victimes étaient des vagabonds démunis pouvait-elle cacher quelque chose de réellement énorme ? ».

Fini le 25/09/2023

L’homme de Kaboul de Cédric Bannel

(Robert Laffont, 2011)

Un banal thriller bien monté, mais dont l'auteur gâche le suspense en tirant au nombre de pages.
Les personnages et les lieux sont intéressants que ce soit Kaboul ou Zurich, malgré l’inévitable “complot de la CIA” pour protéger la réputation des “enrichis” sur le dos des pauvres.

À Kaboul, le « qomaandaan » risque sa vie au milieu des attentats, sous les ordres d’un « ministre de la Sécurité » « corrompu »…
« Il mangeait dans la main des Russes, puis dans celle des talibans, maintenant dans celle de la Coalition. Si les Martiens débarquent demain, il leur vendra des dattes. C’est à cause de ce genre d’homme que nous vivons comme au Moyen Âge ! »

Il sera rejoint par le jeune « analyste » suisse cherchant le « disparu » prêt à quitter « l’Entité » du « général ».
« […] sa vision de l’existence était en train de changer radicalement. […] Une chose était certaine, il n’avait plus envie de travailler dans le monde du renseignement. La mort de son ami Werner l’avait fait mûrir d’un coup. […] Officiellement, il travaillait pour un institut de recherche en relations internationales […]. Les analystes, les spécialistes de coups tordus contre les islamistes n’étaient qu’une facette. L’autre, c’était une organisation noire encore plus secrète. […] Une structure dont l’ADN était tourné vers la violence plus que vers l’intelligence. »

Fini le 22/09/2023

Reconnu coupable de John Fairfax

(pseudonyme de William Brodrick, série Benson & de Vere, 2017, Summary Justice traduit de l'anglais par Katalin Balogh et Philippe Bonnet, Éditions du Masque, 2018)

Une intrigue vraiment intéressante. Un ancien condamné pour meurtre ayant réussi à devenir avocat prend un de ses ex-codétenus pour « clerc ».
« […] il [Archie] avait créé le Club du mardi, une réunion hebdomadaire d’anciens taulards qui se rencontraient […]. L’idée était de se serrer les coudes dans un monde qui — en règle générale — n’accordait pas de seconde chance aux délinquants. Et c’est là [que] Benson, qui s’était vu mettre à la porte de la dernière fournée de cabinets qu’il avait démarchés, s’était demandé si le moment n’était pas venu d’envoyer promener ces connards. Archie en était convenu. »

Il est engagé par une femme accusée à tort par le tribunal.
« Il existait un certain nombre de parallèles flagrants entre son [de Benson] procès et celui de Sarah […]. »

Fini le 20/09/2023

Petits crimes en soutane de Jean-Louis Vissière

(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2005)

« Table des matières
XVIIIe Siècle
Le confesseur lubrique ; Une suite au procès Girard ? La fugue de la religieuse d’Avignon ; Inceste spirituel ou inceste matériel ? ; Meurtre au couvent ? ; Salades à l’arsenic ; Les serfs du Mont-Jura ; Tentatives d’assassinat par la plume ; La maîtresse du révérend anglais ; J’irai cracher sur ta tombe ; Accusation de viol ; L’habit ne fait pas le prêtre ; Le démon de la loterie ; Le prêtre cannibale ; Les disciples pervers de l’abbé Nollet.
XIXe Siècle
Le Rouge et le Noir ; La nuit du presbytère ; Le prêtre pédophile de la Coquenard ; Les désordres d’un curé bavarois ; La tête verte ; Les mystères de Toulouse ; Le couteau catalan ; Les petites agences ecclésiastiques. »

Fini le 18/09/2023

Les dunes de Tottori de Kyōtarō Nishimura

(1982, ミステリー列車が消えた traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Seuil, Points Policiers, 1994)

La traduction du titre japonais, “le train mystérieux a disparu” [d’après GoTrad], donne le départ de l’enquête.
« Le train du Mystère n’est pas arrivé à Tottori […]. Personne ne sait où il est, il a disparu. »

Ce livre est un délice de suspense, l’intrigue est minutieusement scandée par chaque découverte des policiers.
« Nous avons l’impression d’avancer dans un labyrinthe alors qu’en réalité il s’agit d’un puzzle. […] — […] sauf qu’un puzzle, c’est normalement un jeu de patience et que nous, nous jouons contre la montre ! » surtout pour sauver les « otages »…

Fini le 16/09/2023

vendredi 15 septembre 2023

Trop tard pour pleurer de Henri Ferval

(Le Masque, 1975)

Cette histoire de famille démarre simplement par le meurtre de « l’oncle » et l’ouverture de son testament, puis tout se complique avec les documents « cachés », la mort des cousines et la découverte de « l’escroquerie ».

Le couple amoureux “cousin+cousine” se marie enfin et retourne en Argentine, où des « criminels connus vivent encore […] en toute sécurité […] ».

Fini le 14/09/2023

Fin de chapitre de Nicholas Blake

(Cecil Day-Lewis, Série Nigel Strangeways, 1957, End of Chapter traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, Le Masque, 1995)

Le “brillant détective” est chargé de trouver le coupable de la manipulation qui a fait éditer un livre sujet à un procès en « diffamation » contre un « colonel ». Mais le meurtre de Millicent Miles l’oriente vers d’autres recherches.

Une femme assez peu appréciée par ceux qui l’approchent de trop près, ainsi décrite par un ancien poète « jeune idéaliste ».
« Qu’est-ce qui pouvait bien faire son charme ? Elle avait des dents de jument, un rire de commis-voyageur, la bouche trop grande, le cœur trop petit… Et cependant elle pouvait avoir n’importe quel homme qui lui plaisait… Peut-être la cause était-elle son égotisme même qui finissait par la rendre assez semblable à une enfant, à lui conférer une sorte de candeur… »

Fini le 13/09/2023

La Ballade des vendus de Jo Bannister

(Série Castlemere, 1999, The Hireling's Tale traduit de l'anglais par Pascal Loubet, Le Masque, 2001)

Le coupable embauche un tueur professionnel qui a des principes.
« Je ne sais pas pourquoi il m’a épargné. — Par respect professionnel. Votre mort n’était pas nécessaire ; au vu de votre dévouement pour elle, il n’a pas voulu. »

Il a aussi un autre contrat.
« […] faire en sorte qu’il ne se retrouve jamais dans une telle situation. »

Fini le 12/09/2023

Tue-les, à chaque fois de Philippe Carrese

(1999, Les introuvables n°3, l'Écailler du Sud, 2004)

« La justice en marche, c’est bien si elle règle les problèmes de grand banditisme, comme hier soir. Mais c’est encore mieux si elle s’occupe aussi de la petite délinquance, comme ce soir. »
Le « justicier » auto-désigné tient consciencieusement le journal de ses activités. 

Il y note sa déception de n’avoir pas pu tuer les « truands ».
« Un justicier des temps modernes ne peut pas se permettre d’avoir de mauvais indics. Il faut que je le retrouve pour l’éliminer rapidement. On ne rigole pas impunément avec le représentant du nouvel ordre. »

Ce « justicier » prend soin d’informer les deux principaux journaux par lettre anonyme.
« Renard rusé qui fait sa loi vainqueur, tue les à chaque fois. Mon nom, je le signe d’un V qui veut dire victoire. »

Mais au final : « C’est trop lourd, la haine. Ça peut nuire gravement à la santé et provoquer des accidents cons. »

Fini le 11/09/2023

Parfum trompeur de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1960, False Scent traduit de l'anglais par Sophie Dalle, 10/18, 1998)

L’arme du crime est une bombe d’insecticide « le concentré le plus puissant qui existe […] un toxique de contact aussi persistant que foudroyant » que la victime utilise contre les « pucerons et araignées rouges » sur ses plantes. Mais des invités sont réunis pour la fête et soudain « Elle monte ici, vêtue de sa plus belle mousseline, parée de tous ses diamants et se met à asperger ses azalées. En plein milieu de sa soirée d’anniversaire. »

« Concentrez-vous donc […]. » « Fox se concentra, l’œil rivé sur la bombe aérosol, la bouteille de parfum et le nébuliseur. »

Fini le 9/09/2023

vendredi 8 septembre 2023

Rester groupés de Sophie Hénaff

(Série Commissaire Anne Capestan, Le Livre de Poche, 2017)

Certains personnages dévoilent un peu plus de leur vie dans ce deuxième opus.
« Pendant ce temps son épouse achevait de se préparer, puis elle l’embrassait et emportait le cheptel dans sa voiture afin de le distribuer dans les écoles et crèches environnantes. Tottez, lui, rangeait tout […]. Café avalé, Torrez déplia la table à repasser […]. »
« Capestan avait l’habitude de se garder ses questions, ses préoccupations, ses douleurs et ses colères. Elle ne partageait que les joies et les enthousiasmes […]. »
« Dax avait copié le nom Max Ramier et le collait dans tous les champs web imaginables. À chaque fois qu’il relevait le nez et apercevait le Post-it “Effacer les traces”, on le voyait grogner “Ah oui” et repartir sur son clavier. »
Quant à « Orsini » : « Il a réclamé sa mutation dans le pire service de toute la police ? Il s’est mis volontairement au ban […] ? »
… et « Pilote » et « Ratafia » interviennent dans les bagarres…

Au final, un dernier coupable se découvrira.
« Règlement de comptes, manifestement. […]. Il s’agit d’un braqueur, meurtrier de surcroît. Ton père l’a arrêté et envoyé en taule. Il s’est vengé en sortant. »

Le « Fer d’Or Philips » est un championnat réel.

Fini le 8/09/2023

Du nouveau sur Raskolnikov ? de Jocelyne Sauvard

(Éditions du Masque, 2001)

Ce livre est remarquablement nul. L'écriture est inutilement alambiquée [pour faire littéraire ?], les passages citant les chapitres du livre “modèle” sont bien noyés [pour annoncer le prochain mort ?], le narrateur est un personnage parfaitement stupide perdu dans une espèce de quête d'amoureux bébête, etc. rien ne relève le niveau. Dans ce contexte, la référence au héros de Dostoïevski semble un blasphème.

Les « Babelioeurs » ne l’ont pas lu, donc ne mentionnent aucune note, ni critique pour ce livre. Un éventuel lecteur courageux pourra le trouver au passe-livres.

Enfin fini le 6/09/2023

La Femme au masque de Erle Stanley Gardner

(Série Perry Mason, 1940, The Case of the Baited Hook traduit de l'anglais par G.-M. Dumoulin, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque, 1985)

L'histoire commence par la visite en pleine nuit d'un « architecte » accompagné d’une femme déguisée.
« Un ample imperméable de coupe masculine l’enveloppait des épaules aux chevilles. Un petit chapeau enfoncé sur le front dissimulait sa chevelure, tandis qu’un loup de velours à paillettes, à travers lequel scintillaient deux grands yeux sombres, rendait méconnaissable la partie supérieure de son visage. »

Notre avocat va devoir chercher pourquoi.
« […] je suis fatigué de jouer aux charades et à il-court-il-cours-le-furet ! »
« J’ai accepté de me charger de cette affaire, et je boirai la coupe jusqu’à la lie. […] Mais si quelqu’un parvient encore à me faire travailler dans le brouillard, c’est que je serai mûr pour l’asile d’aliénés. »
Il devra se débrouiller au milieu de tous les alibis fabriqués, mais : « Elle seule a essayé de faire partir son alibi du lundi soir. Tous les autres ont présenté des alibis pour mardi après-midi. »

Fini le 5/09/2023

L'homme au ventre de plomb de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 10/18, 2001)

« Cet homme a un ventre de plomb. Il a été tué, torturé, massacré… On lui a fait boire du plomb fondu […]. » mais le « commissaire » a aussi remarqué les traces laissées par un « gaucher »…

Au final, il relèvera que « […] il y a là plusieurs complots. Un complots privé, que j’appellerai une vengeance contre le comte […]. Un complot occulte, que j’appellerai une conspiration politique contre la vie du roi et, enfin, un complot d’intérêts ou plutôt le mouvement intéressé d’une grande dame […]. » et les ingérences des « jésuites » compliquent aussi la tâche du commissaire.

« — Il y a beaucoup d’injustice dans ce qui leur est reproché.
— Je suis d’accord avec vous. Il y a plus de lumière chez eux que dans tous ces jansénistes rancis qui nous entêtent depuis quarante ans. »

L’intrigue est bien embrouillée mais racontée avec le style façon18e de cet auteur la lecture en est bien agréable.

Fini le 4/09/2023

lundi 4 septembre 2023

Le jugement final de Daniel Easterman

(pseudonyme de Denis MacEoin, 1996, The Final Judgement traduit de l'américain [auteur irlandais !] par Arlette Stroumza, Pocket, 1999)

Le complot des “nazis” n’a d'intérêt que celui d’être situé en Italie où les vieilles badernes mussoliniennes sont toujours actives.
« Des dossiers seront égarés, des enquêteurs déplacés [ou suicidés !], on assignera de nouvelles tâches aux magistrats chargés de l’instruction. »

L’Israélien, colon très religieux, et son interprète, Israélienne arabe chrétienne, vont s’unir pour découvrir les coupables, en discutant de leurs divergences.
« Je suis venue en Italie pour exister, pour fuir un pays où je n’étais qu’une ombre : une femme, ou une Arabe, ou une chrétienne. Une moins que rien. »
Leurs échanges sont intéressants à lire.

Ils seront des cibles pour le vieux survivant, qui mélange tout pour soutenir ses suppôts italiens reniant « l’Holocauste ».
« Je les veux tous morts […]. Que pas un seul de ces Juifs ne survive.
— Mais ce ne sont pas des Juifs […]. Il n’y a que des Négros et des Viets.
— […] Crois-moi, au fond, ce sont tous des Juifs : des Juifs noirs, jaunes ou blancs, une seule et même engeance ! […] la vermine, il faut l’exterminer, avant qu’elle ne te surpasse en nombre ! »

La fin, dans les « souterrains », est suffisamment loufoque pour que l’auteur puisse faire mourir le “mauvais”, sauver le “repenti” et que tout se finisse bien.

Fini le 2/09/2023

Les Mystères de Pompéi de Cristina Rodríguez

(Les enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2008)

Ce livre donne une vue historique des querelles de pouvoir dans Rome en 31, avec notamment la présence de « Caligula » et de sa « famille ».

« Le dernier héritier éliminé, il suffisait ensuite de supprimer le vieux Tibère ; et le sénat aurait pu reprendre la place qui était la sienne à l’époque, à la tête d’une république à l’ancienne, dirigée, exploitée, déchirée et corrompue par les plus riches familles romaines uniquement soucieuses de leurs propres intérêts. »

Les personnages sont crédibles, l’intrigue bien montée, une lecture bien agréable (malgré quelques fautes d'édition), avec des apartés amusants. Par exemple, la description des « miliciens » à l’arrivée de Kaeso à la caserne : « Quatre rangées d’oignons ventripotents, fessus, ossus, mal rasés, quinquagénaires ou tout juste pubères se dressaient entre les mauvaises herbes de la cour comme des échardes sur le dos d’un âne. »

Fini le 31/08/2023

Une amusante trouvaille…

« Pour une fois que c’est elle qui perd la tête ! »

… pour caser un mot inexistant : « uillotine ».

Grille 7* finie le 30/08/2023

Sous les bruyères de Belinda Bauer

(Blacklands traduit de l'anglais par Carine Chichereau, 10/18, domaine policier, 2011)

Le sujet de ce roman aurait pu être intéressant, mais les personnages trop stéréotypés rendent la lecture lassante. La « mémé » aigrie par la perte de son fils, la « maman » et ses oncles [on ne saura pas où est passé le père] couvant son benjamin, l’ainé « Steven » délaissé, brimé par les « encapuchonnés » se voulant vaillant, etc. et bien sûr le « pédophile tueur en série » jouissant de ses actes… n’en jetez plus !

Le seul suspense est de savoir comment l’auteur va se démêler de ses platitudes.

Fini le 28/08/2023

lundi 28 août 2023

VIP de Laurent Chalumeau

(Prix Arsène Lupin 2017, Le Livre de Poche, 2019)

Cet auteur écrit dans un français contemporain parfaitement maitrisé pour mettre en scène un complot des « PJ » et « IJ » pour atteindre l'infâme « PR »  avec l’aide du « PM ». Avec de beaux passages sur la vie des « VIP » poursuivis par le « paparazzo » mais assistés par un « avocat » : « Ça cancane. Ça réseaute. Ça connive. »

Mais au final, dans ce fouillis, le lecteur n’aura pas une vision claire de la résolution de toutes ces enquêtes.

Fini le 27/08/2023

Absolution par le meurtre de Peter Tremayne

(Série Sœur Fidelma, 1994, Absolution by Murder traduit de l'anglais par Cécile Leclère, 10/18, 2004)

Ce premier titre permet de savoir comment « Fidelma », l’Irlandaise, a rencontré « Eadulf », le Saxon, les “enquêteurs” de cette série.
« C’est comme allier un loup et un goupil pour blesser un lièvre, dit [l’évêque Colmàn]. »

Pendant que se déroule le « synode » qui doit départager les tenants des rites « Colomba » et ceux de « Rome », Fidelma et Eadulf recherche le coupable des meurtres de « l’abbesse », de son “promis” secret, du moine fureteur qui a malheureusement choisi le grec pour s’exprimer parmi toutes les langues utilisées dans ce rassemblement.

Pour bien suivre les débats, il est utile de regarder sur “l’encyclopédie” où se trouvent les lieux cités dans ce livre.

Fini le 26/08/2023

Filet garni de Philippe Carrese

(1996, Les introuvables n°1, l'Écailler du Sud, 2004)

« Lorsqu’on meurt, il paraît qu’on voit sa vie entière défiler à toute blinde. Je ne suis pas sûr qu’en crevant Bébert ait vraiment profité de ce spectacle, mais à voir mon beau-frère trembler de terreur, il est évident qu’il fait un rapide récapitulatif de la sienne. Tant d’effort, de travail acharné, de coups foireux, d’escroqueries, de pots de vin et de fraudes fiscales ni vu ni connu pour en arriver à ce gâchis. »

« Mon beau-frère est donc bien le roi de la saloperie. Tu côtoies des tas de gens à longueur de temps sans te douter de ce qu’ils sont réellement, et un jour, patatras, tout le vernis s’étiole, et tu découvres le pire du pire. »

Fini le 24/08/2023

L'heure bleue de Celia Fremlin

(1958, The Hours Before Dawn traduit de l'anglais par Marie-Thérèse Weal, Éditions du Masque, 2019)

Dans les années 1950, une mère de famille se doit de tout faire, le mari se contentant d'aller à son « travail » et de mettre les pieds sous la table. Un bébé « hurleur » empêche tout ce petit monde de dormir.

« À force de négliger ses propres désirs, ne finit-on pas par cesser d’en avoir ? Par cesser complètement d’être, en fait, un être humain pour devenir un simple gadget à gagner du temps pour toute la maisonnée ? Mais, bien sûr aussi, un gadget de moins en moins efficace au fil des années… »

La locataire de la chambre du haut va s’en occuper…

Fini le 23/08/2023

Opération portes ouvertes de Michael Innes

(Série John Appleby, 1972, The Open House [traduit par ?], Fleuve noir, Littérature policière, 1985)

L'histoire commence comme un délire avec maison illuminée dans la nuit et portes grands ouvertes sans personne pour accueillir Sir John en panne de voiture.

Les personnages apparaissent les uns après les autres tenant des propos décousus sur la famille, le « professeur », le « fils attendu », le « révérend », la « dame en blanc » (et son fils), les « trublions »… Le « policier en retraite », visiteur imprévu, va mettre un peu de pagaille pour démasquer les coupables du meurtre.

Fini le 21/08/2023

lundi 21 août 2023

Le col du Serpent de Danuta Reah

(2001, Night angels traduit de l'anglais par Véronique David-Marescot, J'ai lu, 2004)

L'histoire est trop emberlificotée pour être intéressante, avec un va-et-vient d'une ville (« Sheffield ») à l'autre (« Hull »), de « l’université » à la « police », d’un meurtre à un autre, avec les suspicions sur les « immigrés », il est difficile de comprendre qui est finalement coupable de quoi et pourquoi tuer une linguiste.

« Les langues. L’anglais hésitant de Katia, l’expertise de Wishart, les points d’interrogation sur la bande de Katia. » quant aux photos « pornos »…

Fini le 20/08/2023

Mes crimes imparfaits de Alain Demouzon

(1978, J'ai lu, 1981, prix Mystère de la critique 1979)

« […] le crime doit être imparfait, afin de permettre le libre jeu de l’adversaire, tout en tentant de le manœuvrer le mieux possible. C’est dire que cette imperfection ne sera pas laissée aux seuls flottements du hasard… Les amateurs de paradoxes auront déjà compris que le crime imparfait, tel que nous l’envisageons, ne peut être que la forme suprêmement parfaite du crime parfait. »

« J’avoue avoir été élevé par ma chère maman dans une idée extrêmement pure de la femme. […] Moi-même, je m’efforçai toujours de me garder intact […]. »

Fini le 18/08/2023

Le Fantôme de l'empereur de Dianne Day

(Série Fremont Jones, 1999, Emperor Norton's Ghost traduit de l'anglais par Pascal Loubet, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2000)

« À l’image de tous les individus de cette sorte, quand on le privait des petits artifices constituant sa puissance, il s’écroulait. Ces hommes n’étaient pas faits pour tenir pied, pour combattre. C’étaient avant tout des lâches. »

Cette enquête pour trouver le coupable des meurtres des deux « médiums » plonge le lecteur dans le « mesmérisme », « l’hypnotisme », etc. On échappe de peu aux revenants dans le cimetière. Mais le trésor de « l’empereur » sera découvert…

Fini le 17/08/2023

Hôtel Europa de Gianni Pirozzi

(Rivages/Noir, 2004)

L'auteur commence son histoire en jonglant entre les dates (chapitre 16 « 2 juillet », chapitre 18 « 30 juin »…) ce qui rend assez difficile de se laisser entrer dans l’intrigue. La lecture devient encore moins intéressante quand vient le séjour à Belfast qui n’est que l’empilement des pires moments de la lutte fratricide entre « protestants » et « catholiques ».
« C’te ville, c’est une fabrique de psychopathes. T’es le bienvenu ! » dit-on au visiteur.

Son comportement envers le “mercenaire” responsable des tortures et du viol va le démontrer. Ensuite, le récit est tellement “accéléré” que le coupable sera juste évoqué…

Une lecture sans intérêt pour un amateur de polar bien construit.

Fini le 15/08/2023

lundi 14 août 2023

Insidieusement vôtre de Amanda Cross

(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1989, A Trap for Fools traduit de l'anglais par Stéphane Carn, Rivages/Mystère, 1997)

« […] c’était un vrai faisan. Il adorait manipuler les gens. Il s’en glorifiait. Tout ce qu’il avait, il l’avait obtenu à force de magouiller dans l’ombre des pontes de l’administration et du corps enseignant de cette université, depuis la nuit des temps. […] c’est en se prenant les pieds dans ses propres magouilles, qu’il a piqué une tête du haut de son septième étage… »

« […] toute cette affaire m’a toujours eu un petit air bidon, mais je n’arrivais pas à définir en quoi. »

Le chantage est « un jeu dangereux ».

Fini le 13/08/2023

Et l'ange de Reims grimaça de Jean-Pierre Alaux

(10/18, 2012)

« Il ne faisait plus désormais aucun doute que l’inauguration des vitraux de Marc Chagall n’avait été que le prélude à une série d’événements scabreux. » : « Séverine […] victime innocente d’un empoisonneur mystérieux » et « Philippe […] proie désignée d’un odieux pervers ».

Le « conservateur », sa femme et son assistant vont enquêter pour comprendre les relations entre « l’herboriste » et son amante, son épouse et son amant, et « Quasimodo » le seul à avoir toutes les clés…
« Idylle ! Idylle ! Mon chéri, tu parles comme au temps de Flaubert ! Je déteste ce mot… Idylle : ça commence comme idiot et ça finit comme imbécile ! »

Ce sera « l’aubergiste » qui donnera le coup d’envoi de la fin.
« Car c’était bien ainsi que votre mère vous faisait durement payer vos amours mal inspirées […]. »

Fini le 11/08/2023

L'Hôtel des Trois Roses de Augusto De Angelis

(1963, L'Albergo delle Tre Rose traduit de l'italien par Danièle Valin, Rivages/Mystère, 2003)

Le « commissaire » va patauger pendant toute une nuit dans cette histoire de meurtres bien embrouillée, avec des personnes qui refusent de dire ce qu’elles savent.
« De Vincenzi avançait à l’aveuglette dans le noir. Il essayait de s’agripper au moindre fragment de cette histoire dont il ignorait tout et dont les autres ne laissaient échapper que des révélations tronquées… des détails décousus, sans aucun sens pour lui. […] Les poupées… […] Et le fait précis de cette rencontre à l’Hôtel des Trois Roses, où la volonté du défunt avait convoqué tous les personnages directement ou indirectement liés à ce que lui-même avait commis […]. »

La lecture est assez pénible, car pour embrouiller son histoire l’auteur fait rater des évidences à son policier.

Fini le 10/08/2023

Poulets grillés de Sophie Hénaff

(Série Commissaire Anne Capestan, Le Livre de Poche, policier, 2016)

L'écriture de cet auteur est un délice. À rebours des habitudes, ses policiers sont « grillés » et rassemblés dans une nouvelle brigade commandé par « la seule au grade de commissaire ».
« Un placard. Tout simplement. Très grand modèle. Une poubelle, plutôt. Une unité de répudiés, la poulaille honteuse du département, tous unis dans une benne à ordures. Et elle était la cerise sur le radeau, la chef. »

Les premiers arrivés dans ce « commissariat » trouvent dans les cartons d’archives d’affaires non résolues le dossier de deux meurtres à quelques années d’écart, qui vont se révéler liés.

Tous les personnages sont “truculents”, chacun bien sincère dans son rôle (par exemple, l’exploit du “pilote fanatique” avec la « motocrotte » !). Le dessin en couverture illustre la pugnacité de cette troupe.

Le divisionnaire, grand décideur de ce regroupement, apprécie sa soirée au théâtre « sachant que, dehors, Capestan ferait ce qu’il faudrait ».

Fini le 9/08/2023

lundi 7 août 2023

L'homme qui exauce les vœux de Tarquin Hall

(2008, The Case of the Missing Servant traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, domaine policier, 2009)

Voici la première apparition de Vish Puri, ce qui « en sabir anglo-hindi, […] signifiait à peu près “l’homme qui exauce les vœux”. », « fondateur et directeur de l’agence Détectives Très Privés, le meilleur détective du pays ».

Dans cette histoire, il travaille, avec son équipe, sur plusieurs affaires, notamment une « enquête prénuptiale » et la disparition d’une “servante” qui donne son titre anglais au livre.

Il devra parcourir l’Inde de Delhi à Jaipur puis jusqu’à Ranchi (capitale de l'État du Jharkhand, « trente heures » de train entre les deux villes) pour rencontrer des « Adivasis » (tribus autochtones des forêts) chrétiens.

C’est tout le charme de ce livre de faire découvrir à un lecteur français la complexité de la société indienne.

Fini le 7/08/2023

Un si joli village de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1990, A Lively Form of Death traduit de l'anglais par Isabelle Maillet, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Cette enquête dans un village anglais, où deux meurtres ont eu lieu, est banale mais bien montée avec des personnages de policiers sincères (par exemple, l'engouement plus qu'amical de l'inspecteur pour un témoin).

« […] tout laissait supposer que les meurtres de Little Henge étaient liés à une sordide histoire de chantage. » mais qui est menacé ? tout le suspense repose sur cette recherche…

« […] qu’est-ce qui vous paraît le plus important, hein ? La vie d’un bon chrétien ou celles d’une langue de vipère et d’une pute ? »

Fini le 5/08/2023

Les mystères de Channel Row de Alain Bauer et Roger Dachez

(Éditions du Masque, Masque poche, 2013)

L'histoire du début de la « Grande loge » à Londres, au milieu du XVIIIe siècle, est intéressante, notamment dans la mise en place des « mystères » et la « légende » qui aurait donné naissance au rituel de réception d’un « compagnon ».
« […] il avait inventé un nouveau grade. En mémoire de Thomas, des deux Thomas, de la mort de deux justes, de tous les justes, tous victimes de la même violence, du même fanatisme, de la même intolérance. »

L’intrigue manque un peu de mordant, diluée sur plusieurs années et les raisons de ces meurtres se révéleront des plus prosaïques (argent, jalousie…) et loin des présomptions du « Grand maître » sur ses « secrets de famille ».

Les auteurs utilisent des personnalités pour étoffer un peu leurs personnages, par exemple Voltaire, Montesquieu… et « Ranreuil » le jeune futur père de « Nicolas Le Floch ».

Fini le 3/08/2023

Du sang sur Rome de Steven Saylor

(Les Mystères de Rome, 1991, Roman Blood traduit de l'américain par Juliette Hoffenberg et André Dommergues, 10/18, 1998)

Gordien est engagé par Cicéron pour la défense de Sextius Roscius en 80 avant J.-C à l’époque de Sylla, le dictateur.

« — Tu t’es aussi servi de moi… comme appât ? Pour voir si un chien errant qui irait mettre le nez dans l’affaire Rosciux serait menacé, attaqué, tué ? Ce qui a failli m’arriver plus d’une fois. […] — Il n’y a pas de déshonneur à défendre un client coupable. Interroge n’importe quel avocat. Et c’est un honneur que de mettre un tyran dans l’embarras. »

Cette histoire n’est que scènes de violence, de sexe, de sang (par exemple, la description de la torture d’un parricide)… c’est pénible et assez répugnant à lire, comme si la vie dans la Rome antique n’était que cela.

Fini le 1/08/2023

dimanche 30 juillet 2023

La clef des hauts de Gérard Bertuzzi

(2013, Ravet-Anceau, Polars en Nord)

Dès que l'auteur relate les événements de « 1957-1958 », le lecteur comprend que ce premier crime est à l’origine de ceux de « 1961-1964 ».

« — Il faut reconnaître mon adjudant, que ces meurtres sont certainement liés, mais qu’aucun indice ne nous en donne la certitude. Les emplacements des cadavres, sur le toit de la chapelle et au sommet d’une des tours de guet, sont eux aussi pour le moins surprenants. — […] ce bastion, avec ses murs de quatre ou cinq mètres d’épaisseur, est une vraie passoire ! On retrouve des types, morts qui plus est, dans des endroits tout à fait inaccessibles, dont les clefs sont enfermées dans un coffre… »

L’enquête mal suivie des gendarmes donnera le temps au(x) coupable(s) de “disparaitre”.

Fini le 29/07/2023

L'Apothicaire de Londres de Deryn Lake

(Série John Rawlings, 1994, Death in the Dark Walk traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

L'auteur utilise le personnage de « John Fielding », brillamment mis en scène par Bruce Alexander dans la série qu'il lui a consacré, pour lancer son « apothicaire » dans l’enquête sur ce meurtre dans « l’Allée de l’Ombre ». La traduction conserve des expressions en anglais, par exemple celle populaire pour désigner le magistrat le « Blind Beak » [juge aveugle].

Dans la maison des « plaisirs », se retrouvent les mêmes personnes que dans le « parc », « duc », « comte »… et les femmes, fiancées, épouses ou « filles de joie ». John, et son ami Samuel, iront voir qui est qui et qui fait quoi, prostituée ou servante.

Fini le 28/07/2023

L'Énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 10/18, 2001)

Envoyé dans le Paris de 1761 par son père adoptif, pour se présenter au « lieutenant général de police » du roi Louis XV, ce jeune Breton va devoir apprendre à enquêter. L’auteur nous propose un livre parfaitement écrit avec plein de références à cette période de l’histoire.

Le personnage, « enfant trouvé », est peint subtilement avec ses tâtonnements, ses certitudes.
« […] le dévergondage de sa pensée conduisait Nicolas à des remise en cause incessantes, incapable qu’il était d’attendre sans imaginer et d’espérer sans craindre. Nicolas comprit qu’il avait encore beaucoup à apprendre, mais il se promit de devenir loup parmi les loups, avec ses propres armes. »

Il résoudra si brillamment les circonstances de ces morts brutales et du vol des papiers, qu’il sera reçu par le roi et « la Pompadour » à Versailles.

En prime, l’auteur nous livre des recettes de cuisine, version 18e siècle, par l’entremise de « Catherine » au service du commissaire « disparu ».

Fini le 26/07/2023

Des définitions reliées…

… À suivre attentivement pour trouver les réponses.
H4 « Sont vides en ce moment… »
H5 « Et celle-ci est pleine, comme les autres… »
H6 « Mais avec lui, tout va changer. »

soit
H4 « Lavabos. »
H5 « Baignoire. »
H6 « Entracte. »

Grille 7* finie le 26/07/2023

Chasse aux rats de Dick Francis

(1970, Rat Race traduit de l'anglais par Simone Hilling, 10/18, 1998)

Le narrateur est le pilote des avions-taxis qui conduisent les uns les autres vers les champs de course, notamment le célèbre jockey devenu son ami. Mais la concurrence est rude, l'appât du gain sournois, dans ce milieu.

Après la « bombe » « pour la publicité », « l’acide nitrique » : « Je me demandai s’ils se doutaient que je venais d’enfreindre deux règlements et que la commission d’enquête allait sans aucun doute me tomber dessus. » « Si on brûle un feu rouge et dépasse la limite de vitesse en conduisant quelqu’un à l’hôpital pour lui sauver la vie, on peut faire l’objet de poursuites. […] Les sentiments humains contre la loi : un dilemme vieux comme le monde. »

Pendant ce temps : « Le duc était confortablement assis dans un fauteuil près de la fenêtre ; son visage splendide était entouré d’un halo lumineux. Ses jambes étaient croisées, ses mains détendues, et il fumait un cigare. A son air bienheureux, il était facile de comprendre quelle fierté lui inspirait son Fonds si philanthropique. »

Fini le 23/07/2023

samedi 22 juillet 2023

La noyée du Palais d’été de Taiping Shangdi

(pseudonyme de Olivier Seigneur, Série Sourcil de Paon, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

L'auteur fait de « la petite dame de cour », la « jeune Mandchoue », un personnage de moins en moins intéressant, imaginant tout et n’importe quoi, sans avoir rien appris de sa précédente aventure et des pièges de la « cour ». Et la présentation des mœurs et coutumes chinoises serait plus instructive en utilisant les noms chinois des personnages (après en avoir donné une équivalence en français), cela éviterait ce genre de salmigondis : « […] l’amour, sans lendemain, qui la liait à Petit Brillant ; la mort de Luth précieux ; l’assassinat de Page au divin jade […] ; l’infortune de Fève grillée qui était allée, ravie et insouciante, au devant du malheur […] etc. » qui peut juste provoquer un certain fou-rire chez le lecteur. Quant à la façon dont « Sourcil de paon » se cache dans la chambre de la « douairière »…

Laissons « les membre de la Dynastie pure » rejoindre la « capitale de l’Empire du Milieu »… j’arrête là cette série.

Fini le 21/07/2023

Le Coup de foudre de Miss Seeton de Hamilton Crane

(pseudonyme de Sarah J. Mason, 1992, Miss Seeton rocks the Cradle traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2002)

Le séjour en Écosse de Miss S., à « Glenclachan » chez les parents dont elle a retrouvé le bébé, nous donne à lire des pans de l’histoire des « Highlanders », avec complot, batailles, etc. contre les souverains anglais.

« […] après tant de tristes années, rendre à la Maison des Stuarts le trône qui lui revient de droit… […] Quel besoin ont les Highlands de reines allemandes […]. »

L’orage (le « coup de foudre ») permettra à tous de retrouver la raison, sauf à celui qui ne cherchait que de l'or.

Fini le 19/07/2023

Ironique définition à l’usage du français

« Fin la par commençant en lit se. » pour « manga ».

Grille 7* finie le 18/07/2023

Une mort si douce de Amanda Cross

(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1984, Sweet Death, Kind Death traduit de l'américain par Catherine Cheval, Rivages/Mystère, 1998)

Un livre tout plein de références littéraires, ce qui est normal quand les personnages sont des professeurs d'universités.

Kate Fansler est sollicitée par ceux qui doutent du suicide de Patrice, « écrivain et universitaire distinguée ».
« […] une femme absolument merveilleuse, aussi douée pour l’amitié que pour l’écriture, […] et pour qui tout allait bien. Bien sûr, elle flirtait un brin avec la mort, mais toujours dans les limites du convenable. […] c’était une femme pétrie de bonté, de courage et d’intelligence. […] elle n’avait aucune raison de se suicider… »
Même si elle écrit : « […] je suis complètement chipée* pour la mort. […] ce désir de mort est chez moi omniprésent […]. Mort mort mort, mort si douce… »

« La thèse qu’elle défendait, c’est qu’à l’encontre des idées reçues, bien des femmes entament une deuxième vie à l’âge où elles devraient se retrouver sur la touche. Une vie affranchie des servitudes domestiques comme de la dictature du sexe. »

Mais d’autre(s) ne sont pas d’accord avec ce tableau.
« Fort de son suivi d’un échantillon de population féminine, […] s’était cru fondé à conclure que le troisième âge était, pour la femme, une période de déclin général […]. »

* “énamourée” en argot

Fini le 17/07/2023

Le pas des lanciers de Paul Gerrard

(pseudonyme de Jean Sabran, Le Masque, 1991)

L'histoire commence de façon très classique par un enlèvement pour obtenir beaucoup d'argent. Puis, un “voyant”, Sandro qui travaille pour la police, s'en mêle et devine où chercher l'absent, à l'endroit qui donne son titre au livre.
« — Le Pas-des-Lanciers, murmura Edmonde avec une pointe d’ironie… Où avez-vous pêché ça ? — Je l’ai vu et lu, répondit Sandro sans se troubler. Ecrit en lettres blanches sur fond bleu. C’est le nom d’un endroit bien réel. S’il n’existait pas, rien n’aurait pu le faire sortir de mon subconscient. »

Ce roman est « un vrai paquet de dynamite », comme écrit dans la lodiciquarte.

Fini le 15/07/2023

samedi 15 juillet 2023

Une petite bière pour la route de Philippe Carrese

(Fleuve Noir, 2002)

C’est le récit d’un enterrement trempé de pluie et très agité, suivi de près par le neveu et la « copine du tonton ».
« Taux d’humidité cent cinquante pour cent, mauvais plan. J’ai vraiment pas envie d’abîmer ma bagnole à cause de ces enclumes […]. Les enclumes m’ont laissé le rôle de chauffeur de maître, seul devant. Perspective peu réjouissante : mon exécuteur potentiel est installé pile dans mon dos. »
« Le corbillard démarre en trombe […]. J’ai du mal à suivre. Encore heureux, on est le seul véhicule à pister ce corbillard de course. J’imagine bien l’éparpillement d’un de ces convois traditionnels d’une dizaine de retraités affligés, largués et dispersés entre la morgue et le cimetière […]. »

Au début, le narrateur nous a présenté un peu vite le curé…

Fini le 14/07/2023

La gardienne du phare de Dianne Day

(Série Fremont Jones, 1998, The Bohemian Murders traduit de l'anglais par Marie-Josée Lacube, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1999)

Le qualificatif « Bohemian » du titre doit faire référence aux modes de vie dans cette communauté d’artistes installée non loin du « phare » de Fremont. Tout au long du livre, elle nous relate des extraits de la nouvelle « Le Marchand de rêves », une histoire très érotico-fantaisiste de « démons » et « d’incubes ».

Michael (et non « Misha ») résume leur aventure : « Tu as le chic, comme moi, pour te mettre dans des situations épouvantables ; je crois même que tu me surpasses. Tu veux bien écouter les conseils, mais tu te forges toujours ta propre opinion et tu n’en fais qu’à ta tête. Tu es tellement volontaire — ou têtue, peut-être —, que si le moindre obstacle se dresse sur ta route, tu l’attaques à coups de hache sans même te soucier des risques. » « Je propose que nous nous associons, toi et moi. »

Fini le 13/07/2023

Le degré zéro du crime de Laurence Gough

(1990, Serious Crimes traduit de l'américain [anglais canadien] par Laetitia Devaux, Fleuve noir, 1999)

La traduction est assez bancale. Par exemple, pour le titre, l’expression française « degré zéro », qui évoque une “absence” une “inexistence”, ne rend pas le “sérieux” du titre anglais « crimes graves », comme ceux provoqués par ces deux jeunes hommes sans freins moraux.

« Billy était une langue de vipère, toujours en train de se foutre de la gueule de son copain, de le rabaisser. Il s’imaginait être le chef, mais au final, Garret s’arrangeait pour que ce soit Billy qui livre la marchandise, Billy qui prenne les risques. […] Sans lui dire, il surveillait tout ce que faisait Billy. En réalité, des deux, c’était Garret le cerveau. Le Q.I. de Billy ne dépassait sans doute pas sa pointure de chaussures. »

Leur but à tous les deux est identique, faucher le maximum de « dollars ».

Fini le 11/07/2023

Peabody met un genou en terre de Patrick Boman

(Picquier poche, 2003)

Un livre délirant dans l’Inde à l’époque de la colonisation anglaise.

« Cette affaire relevait de toute évidence d’une grossière provocation : jamais un musulman, même le plus exalté, n’eût pris un tel risque, d’être massacré par la foule, de voir la ville détruite par la hache, le gourdin et l’incendie. Car les adeptes de Durga, la grande déesse tueuse de démons, aux seins généreux, à la taille fine et aux hanches larges, qui chevauche un tigre et brandit un sabre au bout de chacun de ses six bras, Durga à la colère sans merci, n’allaient pas laisser le sacrilège impuni. »

« L’Injniîr Sahib, qui était dans sa vie publique un sage, se montrait bien différent en privé. Il était avare, jaloux de sa femme, il la tracassait, la faisait suivre. Et il séquestrait pratiquement sa nièce […]. »

« Je ne me suis jamais considéré comme un ange exterminateur chargé de mettre le crime en déroute et de faire régner la justice ici-bas. Tout juste si on me paie, assez mal d’ailleurs, pour tenter de limiter un peu le désordre ambiant, et aux Indes ce n’est pas rien. »

Fini le 9/07/2023

Un cri étranglé de Anne Perry

(Série William Monk, 1997, The Silent Cry traduit de l'anglais par Bernard Cucchi, 10/18, 2002)

« La société considérait qu’une femme qui vendait son corps n’avait pour ainsi dire pas le droit de se refuser après s’être proposée, ou de protester si elle était traitée non pas comme une personne mais comme un objet. […] Sa simple existence constituait un affront pour cette même société. »

Ce qui donne bonne conscience à ceux qui considèrent que : « […] la nature […] améliore la race en se débarrassant des faibles, de ceux qui sont moralement inférieurs. » ou qui ont « Le goût du pouvoir […]. Le pouvoir de terrifier et d’humilier. »

Fini le 8/07/2023

mercredi 5 juillet 2023

Dommages de Laetitia Chazel

(De Borée, Marge Noire, 2020)

« Ce petit con doit apprendre qu’on ne trouble pas sa quiétude impunément. Il doit payer. Il va payer. Tuer son chien, sabrer la tranquillité de ses écuries, la menacer avec une arme, la frapper, vouloir la dévaliser, tout ça réclame réparations avec une majuscule et plusieurs s. Il ne s’en tirera pas comme ça. »

Tout le suspense de cette intrigue repose sur l’environnement : les habitants du village vindicatifs, le lad compréhensif, l’étalon rétif…

Fini le 4/07/2023

Toujours la nuit de Danuta Reah

(1999, Only Darkness traduit de l'anglais par Véronique David-Marescot, J'ai Lu, Thriller, 2002)

C'est la banale histoire d'un tueur en série qui massacrent des jeunes femmes, mais l'intrigue bien montée entretient le suspense en suivant la vie d'une jeune professeur, visée suite à la parution de sa photo dans le journal. Le personnage de ce journaliste opportuniste est peu ragoutant.

Les réflexions de « l’inspecteur Lynne Jordan » sont bien menées et pas trop artificielles.

Une lecture prenante, mais un second titre de cet auteur sera suffisant.

Fini le 2/07/2023

Personne n'a oublié de Stéphanie Exbrayat

(Éditions Terra Nova, 2017)

Une lecture agréable. Les personnages sont crédibles dans leur comportement, l’intrigue bien montée pour se dévoiler peu à peu et l’écriture est un délice à déguster, simple et raffiné.
Par exemple : « Le parasol rouge obombre la robe blanche de Colette qui paraît rose. »

La jeune femme, enceinte de son amoureux « tombé dans le ravin », dans un village en 1954, doit absolument se marier et accepte un homme qu’elle considère comme une brute.
« Cet œil globuleux, son front énorme, sa silhouette massive et si grande qu’il en est voûté… c’est bien simple, on dirait un cyclope ! »

Elle le considère coupable de la mort de son précieux fils qu’elle s’accuse d’avoir laissé seul à la maison.
« Jour après jour, elle lutte pour aller de l’avant et vaincre la culpabilité. Sam est mort et elle peut bien s’étouffer sous ses propres reproches, il ne reviendra pas. Elle tente d’imaginer ce que Sam aurait voulu, cherchant sans cesse à éloigner ses pensées du jour maudit. »
« Elle a le sentiment que Sam l’accompagne dans chacun de ses pas, chacun de ses gestes, qu’il la soutient dans ces vacillements, qu’il est derrière elle, qu’il lui dit “Vas-y Maman, pense à toi”. »

Fini le 1/07/2023

Des définitions pour initiés…

… à l'humour de cet auteur.
« Donne des hallucinations quand il suit le papa des Schtroumpfs. », « tl ».
« Virent Schtroumpfs. », « bleuissent ».
« En un mot pour la notoriété, en deux pour l’intimité. », « connu ».

Et le 2H1 : « Énoncé dont la réponse est sous vos yeux (3 mots). », « un plus un ».

Grille 7* finie le 30/06/2023

L'inconnue de Queen's Gate de Anne Beddingfeld

(pseudonyme de Anne Martinetti, Une enquête de Beth Huntly, Marabout, 2015)

En 1899, « Beth », fille de cuisine remplaçante, veut devenir « cuisinière » en titre dans la famille de ce lord anglais, qui passe ses après-midis à « écrire son courrier dans le fumoir », et son épouse participant aux rassemblements des « Femmes en colère », inconsciente des fréquentations de sa plus jeune fille.

« […] prostituée dans un établissement huppé, elle a été chargée par des hommes très distingués [de suivre les suffragettes] et de trouver, parmi toutes ces femmes, celles qui étaient mères de toutes jeunes filles. »
« Puis ça a dégénéré […]. Une des jeunes filles allait mal, après être passée dans les mains de ce salopard. Alors […] tout déballer, […] parler aux mères […]. »

Beth n’est jamais allée à l’école et ne sait ni lire ni écrire, mais elle devinera ce que signifie certains signes sur le papier et pourra travailler « d’arrache-pied pour le dîner de réveillon » « du siècle ».

Fini le 29/06/2023

mercredi 28 juin 2023

Au nom du Roy de Patrick Caujolle

(Éditions La Bouinotte, 2019)

Ce livre est sous-titré « roman historique », mais l’auteur ne fait que ressasser les massacres, tueries, violences, saccages dans l’affrontement entre Républicains et Royalistes, sans rien apporter de plus à cette période de 1793, à part se complaire dans la description des amourettes du « jeune chirurgien ». C’est lassant à lire.

Dommage, l’écriture est toujours aussi recherchée.
« […] cette révolution qui faute d’Être suprême n’avait engendré que des êtres infimes, que des gnomes déliquescents de bestialité et de déchéance. »
« Parfois, le mot “inhumain” lui venait à l’esprit. Un mot qu’il n’aimait pas, qui selon lui ne voulait rien dire. Comment qualifier d’inhumain ce qui précisément était fait par l’homme, se disait-il, comment associer à l’évolution d’une espèce une minutie d’horreur que le plus terrifiant des prédateurs n’aurait pu imaginer ? »
« Jamais je n’ai eu confiance en ces intrigants de salons, en ces soldats qui préfèrent mettre la poudre au-dessus de leurs cheveux plutôt qu’au bout de leurs canons. […] Nous sommes dans une guerre de racines, de principes et d’instinct quand ils se complaisent dans des luttes de politiques et d’ambition. »

Fini le 27/06/2023