jeudi 31 octobre 2024

Le baiser de Judas de Anna Grue

(2008, Judas Kysset traduit du danois par Laurence W. Ø. Larsen, Gaïa Polar, 2011)

« Elle n’avait pas craint, n’avait pas eu une impression, elle avait su. Et si elle avait agi d’après son intuition, les dommages financiers, au moins, auraient été évités. Mais […] On ne signe pas un tas de contrats avec la banque […], l’homme que l’on aime et que l’on doit épouser — pour tout annuler trois minutes après qu’il a quitté notre champ de vision, sous prétexte que l’on sait […] qu’on a été abusée. »

Ursula fait appel à Dan, le « Détective chauve » maintenant en « free-lance », pour retrouver le coupable disparu. Réflexion après réflexion, Dan découvre les faux noms, la méthode de « recrutement », le comparse informateur, etc. Son ami le commissaire Flemming Torp, plongé dans l’enquête sur le meurtre de Mikael, le morigène de se mêler de suppléer la police et de se mettre en danger au risque de faire foirer la recherche du coupable.

Dans les chapitres intermédiaires, Jay nous raconte sa vie de sa fuite adolescent à maintenant, et Kamma, amie de la mère de Mikael, explique les règles de la « Maison du seigneur », une secte religieuse issue des « Témoins de Jéhovah », notamment les « exclusions » dont celle du père, etc.

Un livre dense, mais une lecture vraiment captivante, jamais lassante, avec des personnages bien construits, cohérents, principalement le fondateur de l’école « Prayascitta ».

Fini le 30/10/2024

lundi 28 octobre 2024

Une définition bien alambiquée…

« Pour ses adeptes, il ne faut pas payer pour des papayes, ni pour le voyage de la goyave. »

… pour un bon mot à découvrir : « Locavorisme ».

Grille 7* finie le 28/10/2024

Temps de haine de Alfred Lenglet

(Une enquête de Léa Ribaucourt, Calmann-Lévy, 2017)

Léa prend ses fonctions à l'hôtel de police de Lyon. Une bonne occasion de faire découvrir la « capitale des Gaules » au lecteur.

Son « supérieur », le commissaire Figari, lui confie de reprendre l’enquête sur un ancien meurtre jamais élucidé. Mais survient un nouveau qui montre, un an après, le même schéma. Un ancien du « SDN », service de nuit, Grégoire Flanquart, cherche à l’aider.
« Nous avons la quasi-certitude d’avoir affaire au même meurtrier. Le profil des victimes, les circonstances de leur mort, l’arme utilisée, ces éléments relient les deux affaires. […] Alors, j’ai fouillé la procédure à la recherche de quelque chose de plus significatif. […] Là, sur le mur, derrière le corps retrouvé à Bron, il y a des tags. […] Ce sont des runes […]. Maintenant, regarde bien cette photo prise à Mermoz. Il y a des graffitis et, là, une croix gammée, un autre symbole nazi. »

Un « ancien des RG », Pierre Ventoux, va leur expliquer l’histoire de tous ces groupuscules sinistres.

« Cette enquête est déconcertante, avoua Léa. J’ai l’impression de courir après un fantôme. »
Fantôme qui va se révéler bien armé…

Cette lecture me fait découvrir le mot « scriban » pour désigner un type de meuble bureau avec un pan incliné.

Fini le 27/10/2024

samedi 26 octobre 2024

Le Sixième Homme de Monica Kristensen

(Les enquêtes de Knut Fjeld tome 1, 2008, Kullunge traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon, Gaïa Polar, 2011)

« […] le sixième homme ne vient que quand les mineurs sont en train d’extraire le charbon. Alors, oui, il se glisse derrière eux, mais c’est seulement pour leur faire peur […]. »

Toute l’histoire est construite autour des mines de charbon [le titre original se traduirait par “enfant de charbon”] de la ville de Longyearbyen, la capitale de l’archipel du Svalbard. Steinar Olsen, le père d’Ella, y est embauché comme ingénieur.

Pour bien suivre le déroulement des actions, il faut faire attention à la date qui ouvre chaque chapitre. La disparition d’Ella se produit en « février » et pendant que Knut commence sa recherche, les chapitres suivants, datés de « janvier », racontent la vie de tous les personnages, notamment celle de Fløydis, l’épouse du policier Erik Hanseid, obsédée par son adultère.

La livraison des « marchandises » aux « crevettiers » plonge la lecture dans les difficultés de navigation dans l’arctique.
« […] tentait désespérément de s’éloigner de l’iceberg. […] Les floes [blocs de glace en mer] les percutaient et les faisaient dévier. […] le chalutier poussait son moteur à fond pour s’éloigner de l’énorme géant qui, lui, derrière eux, tranquillement et majestueusement, ne cessait de se rapprocher en se frayant un passage […]. Les hummocks [plaques de glace se chevauchant] craquaient et tonnaient contre le navire. »

Et l’exploration de la mine pour retrouver Ella raconte les effondrements dans les vieux boyaux.

Fini le 25/10/2024

vendredi 25 octobre 2024

Rouge comme la mer de Lilja Sigurdardóttir

(2020, Blóðrauður sjór traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié Noir, 2024)

Le cadavre sera découvert flottant dans la mer au milieu du sang, ce qui donne le titre du livre. Mais avant, l'histoire commence par une demande de rançon. Pour trouver l'argent, Flosi téléphone à Michael en Angleterre, le comptable qui gère ses comptes offshore bien approvisionnés, et celui-ci appelle Aurora en Islande pour qu'elle suive la transaction. Aurora, venue s'installer à Reykjavik pour essayer de retrouver des traces de sa sœur disparue, prend contact avec Daníel, le policier qu'elle connaît bien puisqu'il enquête sur cette disparition.

Discrètement, l'équipe réduite qu'il compose enquête sur les « ravisseurs » dans le plus grand secret. Helena joue un rôle principal en fouillant dans la vie de Flosi.
« — Le coupable doit […] connaître la situation financière de Flosi pour réclamer une telle somme dans un bref délai […]. — En effet, acquiesça Daníel. C’est l’élément-clé. […] On doit creuser la piste de l’argent. »

L’équipe découvre au fil des recherches que Flosi a « oublié »… de mentionner l’existence de sa « maitresse », de leur parler de son « chalet de vacances », de citer son « collaborateur » Leonid…

L’histoire se déroule petit à petit, de façon cohérente, pour une lecture bien agréable avec des personnages attachants.

Fini le 23/10/2024

mardi 22 octobre 2024

Les vieux garçons de Broken Hill de Arthur Upfield

(1958, The Bachelors of Broken Hill traduit de l'anglais par Michèle Valencia, 10/18, 2002)

La façon dont l'auteur présente ses scènes pour embrouiller le lecteur avec plein de sous-entendus donne un air guilleret à ses histoires macabres. Par exemple, les titres de chapitre : « Des problèmes pour Bony », « Les soucis de Jimmy Nimmo »… ou dans l’introduction d’une action.
« Un autre vendredi après-midi s’écoula, et Patrick O’Hara alla se promener avec Kate de Dublin. La journée était étincelante, pure et chaude, et, comme tous deux prenaient de l’embonpoint, ils décidèrent de se rendre en ville à pied et de rejoindre leurs amis dans Argent Street. »

L’élucidation des crimes passe après le charme de la lecture. Bony nous en résume les faits de temps en temps.
« Deux hommes ont été empoisonnés de la même manière. Ils étaient tous deux âgés et célibataires. Il y a une troisième similitude, c’est qu’ils ont été assassinés un vendredi après-midi. Le troisième empoisonnement a permis de faire un grand pas et d’étayer certaines hypothèses. Nous disposons dorénavant de la description d’une femme susceptible d’avoir versé du cyanure dans la bière. […] Les deux dénominateurs communs sont que ces […] hommes étaient âgés et faisaient des taches sur leurs vêtements en mangeant. »

Le dernier chapitre est titré « Henry et la chère Henrietta ».

Fini le 22/10/2024

> Ce livre est noté 14e de la série Napoléon Bonaparte dont j’ai déjà lu plusieurs titres autrefois.

dimanche 20 octobre 2024

Le noyé du Grand Canal de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, JC Lattès, 2009)

Nicolas vient de rentrer de ses premières armes sur les vaisseaux pour suivre discrètement le duc de Chartres, sur ordre du ministre de la Marine, Sartine. Il apprend que le cadavre d'un valet du duc est découvert à Versailles dans le parc du château.

Son enquête s'axe sur l'entourage de la reine après le vol de son « passe-partout ». Il trouve un exemplaire d’un des pamphlets la dénigrant et demande des explications à l’inspecteur Renard en charge de la « librairie ».
« De quelle manière un policier, inspecteur, responsable d’un bureau important, écroué et emprisonné pour vols, faux et bénéfices illicites, avait-il pu, non seulement retrouvé sa liberté, mais encore être rétabli dans ses fonctions précédentes ? »

Pour le démasquer, Nicolas rencontre Mme Renard, lingère auprès de la reine. Des messages accompagnant les meurtres suivants ayant été écrits au dos de partition, il fait la connaissance des « castrats » de la Chapelle du roi. Pendant une visite à Gabriel de Saint-Aubin, celui-ci lui offre une « esquisse » où il a « croqué les promeneurs des Tuileries ». L’auteur s’emmêle entre le dos et la tranche des livres, mais insiste bien sur le fait qu’un castrat peut « fournir à une femme ce qu’elle est en droit d’attendre d’un homme ». 

Son utilisation de mots d'époque dans son texte est toujours bien venue. Deux exemples.
« Attachez-vous à cela désormais et découvrez ribon ribaine [coûte que coûte] si ce pseudonyme dissimule quelque animateur secret. »
« — Tu te souviendras ? — Point de tablatures, la tête est encore bonne. Je cours en chasse et je te retrouve ta mazette. Tu ne garderas pas le mulet trop longtemps [garder le mulet : attendre]. »

Fini le 19/10/2024

jeudi 17 octobre 2024

Les Chiens de paille de Gordon Williams

(1969, The Siege of Trencher's farm traduit de l'anglais par Frédéric Brument, Denoël, Sueurs froides, 2022)

Le titre original résume mieux l'histoire, car il s'agit bien du “siège” de la ferme habitée par George Magruder et Louise, son épouse, avec leur fille Karen.

Ils sont venus des États-Unis pour George terminer la rédaction de son livre et pour Louise retrouver son pays d'origine. Mais le petit village Dando est peuplé de quelques vindicatifs qui décident d'attaquer la ferme quand ils apprennent qu'un coupable d'anciens crimes y est hébergé en attendant la fin de la tempête de neige.

« Chacun nourrissait des pensées différentes, mais ils étaient tous ici pour les mêmes raisons. C’étaient des hommes auxquels personne ne s’intéressait. C’étaient des hommes qui n’avaient jamais eu de chance. Toute leur vie, d’autres hommes s’étaient moqués d’eux, leur avaient dit quoi faire, les avaient insultés, mis en taule ou maintenus dans la pauvreté. Toutes ces années de ressentiment étaient à présent sur le point d’exploser. »

George va tout faire pour les empêcher d’entrer.
« — Foutez le camp ! dit-il.
Toute sa vie il avait combattu la violence, signé des pétitions, écrit des lettres, soutenu une conviction souvent impopulaire dans les débats. La violence était une obscénité. Il était content de découvrir que, même maintenant, la seule idée de franchir le pas entre colère et violence le faisait frémir. »

Il va uniquement utiliser une « batte », de la « ficelle », « mordre »… le seul tué le sera par les fous furieux.

Fini le 16/10/2024

mardi 15 octobre 2024

Parjures de Gilles Vincent

(Commissaire Aïcha Sadia et Sébastien Touraine, détective privé, Jigal Polar, 2012)

Une histoire de policiers pourris assez convenue, mais écrite dans un style recherché agréable à lire.
« Un café comme un coup d’éponge sur le tableau noir de la nuit. »

« La commissaire » Aïcha Sadia se désespère de la disparition de son acolyte Sébastien, donc elle accepte le deal d’Abdel Charif, son innocence contre des informations sur sa mort, que Théo Mathias, « le légiste », présente ainsi.
« À vous seul, vous êtes un véritable accélérateur de particules. […] Grâce à vous, on a mis la main sur Mallard, Fenozzi et les autres. En un peu plus d’une journée, on a la preuve irréfutable de votre innocence et, pour couronner le tout, on a quasiment une preuve de vie de Sébastien. »

Tout va s’éclaircir à la fin évidemment avec Aïcha résumant pour les autres autour de la table.
« J’avoue, je n’ai rien vu, rien. Jusqu’à ce soir. C’est con comme tout peut basculer pour un ou deux verres de trop. Si vous ne m’aviez pas demandé de descendre à la cave […]. »

Fini le 15/10/2024

lundi 14 octobre 2024

En terre et en os de Jan Burke

(Une enquête d'Irene Kelly, 1999, Bones traduit de l'américain par Jean-Noël Chatain, Mango, 2006)

Un livre bien écrit — et bien traduit — mais une histoire trop typiquement états-unienne pour être intéressante.

Ce tueur en série, Nick Parrish, est emmené dans la montagne avec quelques policiers et des anthropologues pour qu'il indique où il a enterré ses victimes. On peut se demander pourquoi prendre ce risque puisque c'est le chien renifleur Bingle qui repère une tombe. Évidemment, au lieu de rentrer ensuite remettre le meurtrier en prison, tout le monde suit le chien vers une autre tombe et là — pouf — Parrish y a posé un explosif qui tue tout le monde sauf Ben et Irène qui s'enfuit ainsi que Parrish.

Les autres chapitres ne sont que les ressassements de la journaliste sur ses peurs, compréhensibles, et ses démêlés avec la direction de L’Express. Ça ne suffit pas à créer du suspense, puisqu'il est évident dès le début qu'elle sera saine et sauve. Reste donc Ben et les amis avec hélicoptère, pour lesquels Irene invente un « Café Kelly » sur la terrasse de l’immeuble.

Les supplices de l’enfance sont évoqués, notamment pour David, un des anthropologues tué, qui ne cachait pas ses cicatrices.
« Il en parlait de façon générale […]. D’après lui, on ne devait pas avoir honte du passé […]. » « Parrish répéta : — Paaapiihh… »

Fini le 13/10/10

samedi 12 octobre 2024

Rue du dragon couché de Chi Wei-jan

(2011, Private eyes traduit du chinois Taïwan par Emmanuelle Péchenart, Calmann-Lévy noir, 2019)

Wu Ch'eng, le narrateur, nous raconte sa vie, ses déboires, ses états d'âme, ses pulsions d'agressivité qui l'ont fait outrager ses amis du théâtre. Il préfère prendre du recul et déménage seul dans son coin en se qualifiant de « détective privé ».

Sa première affaire lui est apportée par Mme Lin qui s’inquiète du rejet de son mari par leur fille. Pour suivre et épier M. Lin, Wu est aidé par T’ien-lai, chauffeur de taxi, qui lui permet de découvrir ses rendez-vous secrets.

Il veut alors trouver le meurtrier déjà responsable de deux victimes et maintenant d’une troisième, une vieille dame en « chaise roulante » qu’il joint en assommant son infirmière. Mais la police le convoque pour « une audition », et les journalistes s’empressent de le nommer coupable.
« […] l’enthousiasme gagné après avoir résolu ma première affaire s’est évaporé, et ma curiosité professionnelle avec. […] Finalement, à un certain niveau d’alcoolémie, je retrouve un peu de courage […]. Je saurai bien trouver la réponse adaptée. »

Le meurtrier l’innocente avec un quatrième meurtre pendant sa garde à vue. L’inspecteur-chef Wang accepte alors que Wu intervienne dans l’enquête en commençant par visionner tous les enregistrements des caméras de surveillance.

« — Pour me donner une leçon ?
— […] Ce jour-là, ce que vous avez dit, c’était la vérité, plantée au cœur des choses, plus tranchante qu’une lame de rasoir, plus acérée qu’un poignard. Tous ces imposteurs vous sont tombés dessus et moi, j’ai été le seul à me tenir de votre côté, à vous applaudir dans l’ombre. »
« — […] ce n’étaient que des paroles d’ivrogne.
— Quand j’ai lu votre lettre d’excuses à tous ceux qui se trouvaient là, j’ai eu la preuve que tout ça n’était que la comédie d’un lâche. »

Fini le 11/10/2024

lundi 7 octobre 2024

Le joueur d'échecs de David Sala

(d'après Stefan Zweig, Casterman, 2017)

Cette nouvelle a été écrite par Stefan Zweig durant les derniers mois de sa vie au Brésil, de novembre 1941 à février 1942, avant qu'il se suicide. Elle met en scène un exilé autrichien que les méthodes d'enfermement et d'interrogatoire pratiquées par les nazis avaient poussé au bord de la folie.

La mise en scène est remarquable et l'auteur a réussi à illustrer ses personnages de façon très reconnaissable. Les scènes d'entrainement aux échecs dans la cellule sont particulièrement impressionnantes avec le sol en damier et le joueur en noir et en blanc.

Un livre éblouissant !

Fini le 7/10/2024

L'Assassin qui rêvait d'une place au paradis de Jonas Jonasson

(2015, Mördar-Anders och hans vänner (samt en och annan ovän) traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2016)

« Le réceptionniste », Per Persson, — « (Non qu’il soit défendu de s’appeler Per Persson, ou Jonas Jonasson d’ailleurs, même si c’est un peu redondant.) » — se morfond dans son hôtel jusqu’à sa rencontre avec Johan Andersson — « Mais appelle-moi Dédé le Meurtrier. Comme tout le monde. » —, puis celle du « pasteur », Johanna Kjellander.

À eux trois, ils vont monter une entreprise lucrative avec les compétences de Dédé, mais celui-ci « commençait à montrer des signes de contrition envers sa conduite » et « à partir de maintenant, je mets ma vie entre les mains du Christ. »

« Le comte et la comtesse » n’apprécient pas du tout ce revirement… et va s’ensuivre un tas de désordres, notamment avec un « sacristain », obligeant les amis à trouver autre chose à faire.

Un récit toujours aussi enjoué, bien cadré, dans la logique de ces personnages si particuliers, une lecture amusante.

Fini le 6/10/2024

samedi 5 octobre 2024

Face à elle de Maud Brunaud

(Marivole, Les polars du terroir, 2016)

L'histoire de cette journaliste parisienne [dont le nom n’est jamais cité] fascinée par sa voisine d'immeuble est intéressante, mais le style d'écriture est trop fade, ce qui empêche de s'intéresser aux personnages, notamment les états d'âme de la narratrice et sa perception de son entourage. Il n'y a aucun ressort dans l'intrigue à la suite du meurtre de Chloé. Le départ précipité de la journaliste vers sa terre natale de la Brenne est juste prévisible.

Même les descriptions de ce pays du Berry, si particulier avec ses étangs, sont mièvres.
« À perte de vue, la terre, les étangs, la lande, la forêt et le ciel. »
Et inévitablement, des citations de George Sand sont collées là…  bien sûr.

Elle renoue avec sa famille, retrouve une ancienne amie, ce qui donne encore au lecteur l’occasion de soupirer d’ennui.
« L’amitié a toujours énormément compté dans ma vie. C’est un sentiment noble, généreux, désintéressé, bien plus que ne l’est l’amour. »

Le dernier chapitre est une longue lettre à la police qui raconte tout ce que le livre a occulté, dans un style bien insipide, semblable à une rédaction de collégien.

Fini le 4/10/2024

vendredi 4 octobre 2024

Je ne porte pas mon nom de Anna Grue

(2007, Dybt at falde traduit du danois par Catherine Lise Dubost, Gaïa Polar, 2009)

Le meurtre de Lilliana est commis dans l'entreprise « Kurt & Co. » où elle faisait le ménage avec Benjamin. L'ami du commissaire Flemming Torp, Dan Sommerdahl, que le journal va surnommer « le détective chauve », en est le directeur artistique mais éloigné pour soigner sa « dépression ».

Tout est agréable dans ce livre : les personnages bien campés, l’action bien montée, le sujet bien présenté quoique pénible. En effet, il s’agit de la violence contre les femmes, que ce soit des souteneurs de bordels, ou d’un mari psychopathe.

Dan a un peu de difficultés à comprendre qui fait partie du réseau de soutien, nommé « ChickSupportGlobal », mais surtout qui y fait quoi, de l’aide ou de l’exploitation. Ainsi que le résume le commissaire :
« Tu veux vraiment me faire croire que la moitié de Christianssund est membre d’un réseau occulte ? Et tu sais maintenant si ces gens cherchent à offrir une aide concrète à des filles en détresse, ou s’ils exploitent ces femmes à des fins personnelles ? »

Auparavant Marianne, l’épouse de Dan, a reçu les confidences d’une patiente, Alice, et de son fils Benjamin dont la terreur l’incite à les héberger. Ils portent des identités d’emprunt pour échapper à la brutalité du mari, ancien policier déjà incarcéré plusieurs fois pour l’avoir grièvement blessée. Benjamin est terrifié lorsqu’il le reconnaît… Le suspense est particulièrement bien monté pour savoir qui va échapper aux menaces.

« Kurt devait venir avant le retour de Kurt ? » Dan se souvient de « Fiona se moquant de noms de famille qui étaient en réalité des prénoms […]. »

Fini le 3/10/2024