lundi 31 octobre 2022

Embrouilles lilloises de Blandine Lejeune

(Série commandant Boulard, Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2012)

Un court délice (147 p.) avec un commandant futé mais pas omniscient.

« Mais bordel ! s’exclama-t-il, tout le monde couche avec tout le monde dans ce milieu ! Ce ne sont plus des stéréotypes, c’est de la caricature ! Ils sont tous friqués, beaux gosses, baiseurs et belles femmes. On nage en plein drame people ! […] Mais le pire, c’est qu’il trouverait que je fais dans le cliché ! Bon, et au sujet de cette Fleur ? »

Fini le 29/10/2022

L'horizon d'une nuit de Camilla Grebe

(2021, Alla Ljuger traduit du suédois par Anna Postel, Calmann-Lévy, 2022)

Les premiers chapitres sont l'histoire du passé et de la disparition de la jeune fille, racontée par sa belle-mère, Maria, et le fils de celle-ci, Vincent. Cela crée le suspense en occultant la version des autres personnages, dont le père, Samir, accusé de meurtre et poursuivi par la haine des autres après le jugement l'acquittant.

Mais, comme dit dans le titre en suédois, “tout le monde ment” et, au fil des derniers chapitres les autres personnages apparaissent, notamment les “petits amis”, en racontant une histoire très différente.

« Elle a traversé la planète pour venir cuisiner et nettoyer après eux, elle a laissé son enfant en Colombie pour bosser chez une famille qui a oublié son nom […]. »
« Le sol est couvert de sang, jonché de casseroles et de vaisselle brisée. […] pourquoi [ne l’]ai-je jamais vu pour celui qu’il était […]. »

Fini le 28/10/2022

La Source de tout mal de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1964, Dead Water traduit de l'anglais par Michel Duchein, 10/18, 2000)

La propriétaire de l'île vient mettre de l'ordre dans l'exploitation de la crédulité touristique sur les vertus de la « source », ce qu’approuve le pasteur.
« Je n’approuvais en aucune façon son enthousiasme pour la source, ni ses manifestations de… superstition […]. »

Quant à la « Dame verte » :
« Si c’est vraiment elle qui a joué le rôle d’une bonne fée avec un malheureux gosse, je conçois très bien qu’elle soit épouvantée de l’ampleur prise par cette histoire. »

Fini le 26/10/2022

De peur et de larmes de Sandra Scoppettone

(2002, Beautiful Rage traduit de l'anglais américain par Nathalie Mège, Pocket, 2005)

Un lieutenant et “sa” shérif, amoureux éperdus, se démènent entre les meurtres par strangulation d'un enfant, de jeunes filles et de l'épouse alcoolique.

Mais aux États-Unis les armes à feu finissent par parler.
« Prévenons tous les proches des victimes, et croisons les doigts. »

Fini le 25/10/2022

La main droite d'Amon de Lauren Haney

(Lieutenant Bak, 1997, The Right Hand of Amon traduit de l'américain par Corine Derblum, 10/18, 2002)

Ce livre nous fait découvrir la vie au niveau de la Première cataracte du Nil, « Le Ventre de Pierres », qui se montre un fleuve très agité en ce 15e siècle avant J.-C.

La description des vêtements, des coutumes, du comportement des soldats dans ce fort très amont, près du pays de « Kouch », est intéressante et relègue dans son coin l’enquête sur le complot visant un roi. Les principales actions se déroulent autour, sur ou dans l’eau.

« Tandis que Bak pilotait la barque vers les eaux calmes entre les deux quais, Rê adressa un dernier au revoir au monde des vivants et sombra dans l’au-delà […]. »

Évidemment, l’histoire se terminera dans la flotte :
« Tu provoquerais une guerre dans le seul but de satisfaire un sens douteux de l’honneur familial ? »
« Il fut saisi par les eaux blanches furieuses et tournoya, monta, retomba. […] Gardant l’outre contre son cœur, il essaya de nager mais il fut de nouveau projeté contre un rocher, et aspiré en une spirale vertigineuse qui lui donna un avant-goût de l’au-delà. […] Toussant, suffocant, il fut emporté par un courant rapide, mais uni. »

Fini le 24/10/2022

Le Spectre de la rue Saint-Jacques de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2008)

Dans ce livre, l'auteur nous présente la façon de tricher dans une séance de spiritisme, avec les explications d'un illusionniste.
« […] moi aussi, j’ai triché toute ma vie, mais j’ai triché honnêtement, si je puis dire. Il y avait un contrat tacite entre mon public et moi. Les gens savaient parfaitement qu’il n’y avait rien de vrai dans ce que je leur montrais. Ce qu’ils admiraient c’est la façon dont je m’y prenais pour les tromper. […] Tandis qu’avec des gens comme Jodko, les dés sont pipés dès le départ. Il leur dit : “Ce que vous allez voir est vrai […].” C’est de l’escroquerie, donc la négation de notre métier. »

L’ultime séance sera plus qu’une étape dans la conclusion de l’enquête.
« Si ce squelette n’avait pas été déterré, nous n’aurions pas mis au jour le tas nauséabond de petits secrets de l’honorable famille Castellain. »

Fini le 21/10/2022

mardi 18 octobre 2022

Celle qui brûle de Paula Hawkins

(2021, A slow fire burning traduit de l'anglais par Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner, Sonatine éditions, 2021)

« […] la manière dont vous avez tourné le truc, en nous laissant voir ce qui se passait dans la tête du tueur […]. […] comment vous nous prenez à contre-pied, en jouant avec nos perceptions et nos a priori, tout ça… », ce compliment fait plaisir à l’écrivain ayant remis en scène une histoire vécue par un des personnages de notre auteur.

Chacun raconte sa vie au quotidien et au passé, difficile de suivre leur fil du temps dans leurs souvenirs de famille douloureux.

« Encore et toujours la même conclusion. Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas une mère. Vous n’avez jamais connu le véritable amour. Vous n’êtes pas capable d’éprouver un amour infini et inconditionnel. Et par ricochet, une haine absolue. » haine éprouvée par le personnage du titre.

Fini le 18/10/2022

Jenny et les femmes battues de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1987, Marriage Is Murder traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, Policier, 1998)

« Elle avait deux enfants de moins de cinq ans, un mari violent, au chômage et jaloux de son travail à elle, et maintenant, un autre bébé était en route. Inutile de convoquer notre groupe de travail pour aboutir à la conclusion que les jeunes McEachen faisaient mijoter un ragoût indigeste contenant suffisamment d’ingrédients explosifs pour détruire leur mariage. »

« Par une sorte d’ironie dont le sort avait le secret, c’était notre comité qui avait décuplé la rage meurtrière […] et […] avait conforté […] son sentiment d’être investi d’une sorte de mission […]. »

Ce livre n’est pas une étude sociologique et se termine par un mariage.

Fini le 16/10/2022

Le carnet des rancunes de Jacques Expert

(Calmann-Lévy noir, 2022)

« Régler ses comptes...Tout le monde en a rêvé, mais lui, il le fait. »
« C’était il y a treize ans […]. j’étais au fond du trou. Un psy m’avait conseillé de formuler mes angoisses par écrit […]. »

Même si le lecteur peut se douter qu’il y a quelque chose qui cloche dans sa poursuite du « Yannick » et dans sa relation avec « Dominique », le récit cache vraiment bien la réalité jusqu’à la toute fin.

« Il flippe, il a peur de moi parce que je représente une menace réelle mais fantôme. Il sent le danger mais il ignore d’où il vient, qui je suis, ce que je veux. Et ce mystère le rend dingue. »

Fini le 14/10/2022

Mauvais garçon, garçon mort de Frank Goyke

(Série Dietrich Kölling, 1995, Dummer Junge, toter Junge traduit de l'allemand par Marie Ollivier, Fleuve noir, 1998)

L'histoire des familles et des adolescents qui s'enfoncent dans les trafics, de drogue, de véhicules volés… et ce qui leur arrivent quand ils veulent arrêter.

« Etre une mère, c’était un vrai calvaire : toute sa vie, on était condamné à aimer à la folie le fils le plus raté de la terre. […] Elle ne pouvait rien faire pour lui. »

« […] il s’abstint donc de dire tout haut ce qu’il pensait. Son mari n’aurait sûrement pas échappé à la prison, mais au moins, il aurait sauvé la vie de son fils. De ses fils. »

Fini le 13/10/2022

La Mort donne le la de Georgette Heyer

(1934, The Unfinished Clue traduit de l'anglais par Daria Olivier, Le Livre de Poche, 1999)

L'auteur nous présente des personnages bien nets ce qui les rend réels dans leurs colères. La traduction rend bien leurs paroles, notamment la façon de parler de la « danseuse mexicaine ».
« […] dire à l’inspecteur, qui n’est pas stupide tout à fait, que je ne veux pas que lui m’arrête pour assassiner Sir Arthur, puisque finalement ce n’est pas bonne publicité […]. »

Le général finira de hurler sur sa femme et les autres sous le couteau de l'assassin.

L'inspecteur de Scotland Yard soupçonnera chacun : « L’ennui, c’est qu’ils mentent tous […] ; Lady […] essaie de me faire croire qu’elle n’était pas en si mauvais termes avec son mari ; le jeune Geoffrey voudrait me persuader que sa crise de désespoir était [Mlle…] ; Halliday s’efforce de protéger sa femme qui a sans doute fait ce qu’il fallait pour obtenir ce chèque […]. »

Avant de réaliser qu’il a oublié de vérifier (d’où le titre en anglais “L'indice inachevé”) les antécédents d’un suspect bien falot lors de ses visites.

Fini le 12/10/2022

Cap des Palmes de Alain Nueil

(Fleuve noir, 1996)

Ce livre est onirique. L'auteur écrit dans un français d'un très haut niveau. Chaque personnage repasse ses souvenirs de sa vie antérieure.

Au chapitre 11, le commissaire vit un rêve savamment mis en scène avec des descriptions très visuelles.
« Maintenant le soleil avait bu les bancs de brume escortant la rivière et on voyait distinctement des caravanes remonter la vallée en direction de la montagne. »
À chacune des étapes de son périple, il enlève une fleur du « revers de son veston ».
Certain mot demande le recours au dictionnaire.
« […] la silhouette d’un pasteur nilotique [relatif aux habitants des rives du Nil], appuyé sur une seule jambe, l’autre repliée et son pied posé contre le genou. »

La recherche du meurtrier du propriétaire du « Cap des Palmes » passe au second plan de la vie de tous ces Guadeloupéens « des chabins, des blancs-chappés, des câpres, des blancs-blancs et des cafés-au-lait » et un « petit jardinier à moitié algérien ».

Fini le 10/10/2022

lundi 10 octobre 2022

Prière d'insérer de Noëlle Loriot

(Le Livre de Poche, 1996)

Un livre fade et insipide, des personnages inconsistants, une histoire mal montée avec des chapitres titrés par le nom de certains suspects, ceux de la « juge d’instruction » étant relatés à la première personne, un style plat, une écriture sans imagination. 

Le titre désigne le texte que rédige le « directeur de publication » de la maison d’édition à l’usage des journalistes pour présenter un livre, mais n’a rien à faire avec cette toute bête histoire de jalousie d’un amant pour un autre, à part le mobile « prendre la place du directeur littéraire et tenir ainsi [l’écrivain qui fait réécrire ses textes] sous sa coupe. ».

C’est effectivement digne d’être le scénario d’une série télévisée (le juge tombant amoureuse d’un suspect !).

Fini le 9/10/2022

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

(Les Détectives du Yorkshire, 2017, Date with Malice traduit de l'anglais par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel, Robert Laffont, La Bête noire, 2018)

L'auteur bâtit son suspense sur un bélier refusant de saillir ses brebis et des vieux paniqués par les « accidents » qui se produisent dans leur maison de retraite.

C’est bien monté pour tenir presque 400 pages avec des scènes cocasses et une fin bien gentillette.
« La Hongrie propose des passeports aux descendants de l’Empire austro-hongrois, et ma famille est éligible. »

Fini le 8/10/2022

La Mort dans l'art de Sandra Scoppettone

(1984, A Creative Kind of Killer traduit de l'anglais par Françoise-Marie Roucayrol, Pocket, 2006)

« Vous êtes un homme séduisant, mais pas mon type. Les gens se figurent que les homosexuels couchent avec n’importe qui, mais nous avons nos préférences, tout comme vous. Je suis sûr que vous n’êtes pas attiré par toutes les femmes, n’est-ce pas ? — Non, en effet. — Et dites-moi, monsieur Fanelli, êtes-vous attiré par les petites filles ? — Bien sûr que non ! — Eh bien, je ne suis pas attiré par les petits garçons. »
« Je voudrais éliminer de la surface de la terre tous ces maniaques de la débauche de mineurs. »

Les défaut de l’encadrement mettront le détective sur la piste.

Fini le 5/10/2022

dimanche 9 octobre 2022

Affaire à enterrer de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1978, Grave Mistake traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, 10/18, 2000)

« Au lieu de savoir qui est le coupable et de devoir simplement rassembler suffisamment de faits pour l’accuser, on passe d’un suspect à un autre, comme un batteur de jazz change d’instrument ! »
« Il y a Bruce Jardine qui récolte [une certaine somme], le beau-fils qui va enfin toucher ce dont la dame avait l’usufruit, et un toubib à la manque qui encaisse une fortune. »

Toute « l’affaire » se terminera en déterrant les enterrés.

Fini le 4/10/2022

Miss Seeton persiste et signe de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1969, Miss Seeton draws the line traduit de l'anglais par Dominique Dupont-Viau, 10/18, 1997)

Le « Pébroc Vengeur » anime la chronique « La paix de la campagne anglaise ».

« Dans le paisible petit village de Plummergen […]. Où le Pébroc fait des heures supplémentaires pour une opération sauvetage [dans le canal]… Où on transforme une simple visite chez le dentiste en orgie… Où un amour pur et noble est sali et calomnié… »

Après le meurtre, « le village était redevenu lui-même et pouvait respirer de nouveau, et parler de la “vérité” concernant les voisins, sans le désagréable sentiment que cette “vérité” puisse correspondre à la réalité. »
« Au cœur de ce petit coin serein, calme et paisible […] c’était un break […] bien que nous ayons courageusement combattu […] l’aboutissement de notre lutte fut décidé dans un jardin calme à l’arrière d’un vieux cottage. »

Fini le 3/10/2022

Bonnes à tuer de Pat McGerr

(1951, Follow As the Night ou Your Loving Victim traduit de l'américain par Maurice-Bernard Endrèbe, J'ai lu, 1974)

Laquelle des quatre invitées de cet arriviste, son ex-épouse, son épouse, sa “maîtresse” ou sa fiancée, se fera-t-elle tuer ? En attendant, le livre nous raconte les relations de Larry « Lorenzo » avec ses femmes et leurs réflexions.
« Elle voulait me faire comprendre qu’on peut se vanter de ses origines modestes quand on s’est élevé par son seul mérite… D’autres l’ont fait… De grands industriels… des milliardaires… Et on ne les respecte pas moins pour cela… bien au contraire ! »
« Larry s’était bâti la vie dont il avait toujours rêvé. Une à une, il obtenait toutes les choses qu’il désirait. Argent, succès, influence, célébrité… chaque jour ajoutait à la moisson et pourtant Larry n’avait jamais éprouvé une telle impression de dénuement. »

Fini le 2/10/2022

Le souffle de l'avalanche de Santo Piazzese

(2002, Il soffio della valanga traduit de l'italien par Georges Zagara, Éd. du Seuil, 2005)

Les dialogues ne sont pas annoncés par un tiret, mais cela ne gêne pas la lecture et, au contraire, rend plus fluide le suivi des pensées du commissaire.
« De temps à autre, Spotorno exhumait en désordre des séquences de ce petit bout de film de sa vie. Il en possédait un beau répertoire, muet pour la plupart. Il maîtrisait très bien le défilement avant et arrière des souvenirs. »

Et l’auteur nous fait découvrir ce que sont devenus ses anciens « copains », maintenant tous installés à Palerme.
« Découvrir ou prévenir le recyclage d’argent sale revient à peu près à clouer de la gélatine sur un mur. »
« […] cet assassinat, non “autorisé”, aurait enclenché un mécanisme de renseignement à l’intérieur du territoire, et, tôt ou tard, on aurait découvert le vrai motif du meurtre. »

Fini le 1/10/2022

Double crime dans la rue Bleue de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2007)

Dans ce livre, l'auteur nous présente la vie des ouvrières de la Manufacture de tabac, peu payées et dont la santé est mise en danger.

« Ce fut le début de ce que le journaliste et le chef de la Sûreté baptisèrent en secret — pour garder le sens de l’humour — du nom de code “Opération Jules”. » En note : « [Jules est] le surnom que la Belle Époque donnait au pot de chambre. »

« Quand la police se montre incapable de protéger les enfants en danger, il faut bien que des gens comme moi interviennent. »

Fini le 29/09/2022