(Série Petra Delicado, 2004, Un barco cargado de arroz traduit de l'espagnol par Olivier Hamilton et Johanna Dautzenberg, Rivages/Noir, 2009)
L’intrigue policière n’a que peu d’intérêt, tout est dans le comportement des personnages que ce soit les « homeless » ou les policiers.
« Je ne connaissais strictement rien au milieu dans lequel on évoluait, encore moins le type d’individus derrière lesquels on courait et, en plus, cet univers me filait le bourdon. »
« Les plus difficiles à aborder étaient sans doute les clochards. Ils écoutaient sans comprendre et tenaient des discours incohérents. On aurait pu penser qu’ils appartenaient à une espèce à part […]. »
Mais la première victime va se révéler un ancien économiste devenu comptable, ainsi que le révèle « Anselmo ».
« Tomas était ton ami […]. » « Moi, pour être heureux, j’aurais juste besoin d’un bateau plein de riz. » « Pourquoi dites-vous que vous seriez comblé avec un bateau plein de riz ? » « J’irais dans les mers du Sud et je chercherais une île habitée par des natifs, des sauvages qui ne penseraient pas une minute à se battre. Alors je leur ferais des paellas, et du riz au lard […]. Et eux ils mangeraient, ils seraient heureux, et moi, de les voir comme ça, je serais heureux, aussi […]. »
L’enquête va révéler : « Comment une affaire où les victimes étaient des vagabonds démunis pouvait-elle cacher quelque chose de réellement énorme ? ».
Fini le 25/09/2023
mardi 26 septembre 2023
Un bateau plein de riz de Alicia Giménez Bartlett
L’homme de Kaboul de Cédric Bannel
(Robert Laffont, 2011)
Un banal thriller bien monté, mais dont l'auteur gâche le suspense en tirant au nombre de pages.
Les personnages et les lieux sont intéressants que ce soit Kaboul ou Zurich, malgré l’inévitable “complot de la CIA” pour protéger la réputation des “enrichis” sur le dos des pauvres.
À Kaboul, le « qomaandaan » risque sa vie au milieu des attentats, sous les ordres d’un « ministre de la Sécurité » « corrompu »…
« Il mangeait dans la main des Russes, puis dans celle des talibans, maintenant dans celle de la Coalition. Si les Martiens débarquent demain, il leur vendra des dattes. C’est à cause de ce genre d’homme que nous vivons comme au Moyen Âge ! »
Il sera rejoint par le jeune « analyste » suisse cherchant le « disparu » prêt à quitter « l’Entité » du « général ».
« […] sa vision de l’existence était en train de changer radicalement. […] Une chose était certaine, il n’avait plus envie de travailler dans le monde du renseignement. La mort de son ami Werner l’avait fait mûrir d’un coup. […] Officiellement, il travaillait pour un institut de recherche en relations internationales […]. Les analystes, les spécialistes de coups tordus contre les islamistes n’étaient qu’une facette. L’autre, c’était une organisation noire encore plus secrète. […] Une structure dont l’ADN était tourné vers la violence plus que vers l’intelligence. »
Fini le 22/09/2023
Reconnu coupable de John Fairfax
(pseudonyme de William Brodrick, série Benson & de Vere, 2017, Summary Justice traduit de l'anglais par Katalin Balogh et Philippe Bonnet, Éditions du Masque, 2018)
Une intrigue vraiment intéressante. Un ancien condamné pour meurtre ayant réussi à devenir avocat prend un de ses ex-codétenus pour « clerc ».
« […] il [Archie] avait créé le Club du mardi, une réunion hebdomadaire d’anciens taulards qui se rencontraient […]. L’idée était de se serrer les coudes dans un monde qui — en règle générale — n’accordait pas de seconde chance aux délinquants. Et c’est là [que] Benson, qui s’était vu mettre à la porte de la dernière fournée de cabinets qu’il avait démarchés, s’était demandé si le moment n’était pas venu d’envoyer promener ces connards. Archie en était convenu. »
Il est engagé par une femme accusée à tort par le tribunal.
« Il existait un certain nombre de parallèles flagrants entre son [de Benson] procès et celui de Sarah […]. »
Fini le 20/09/2023
Petits crimes en soutane de Jean-Louis Vissière
(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2005)
« Table des matières
XVIIIe Siècle
Le confesseur lubrique ; Une suite au procès Girard ? La fugue de la religieuse d’Avignon ; Inceste spirituel ou inceste matériel ? ; Meurtre au couvent ? ; Salades à l’arsenic ; Les serfs du Mont-Jura ; Tentatives d’assassinat par la plume ; La maîtresse du révérend anglais ; J’irai cracher sur ta tombe ; Accusation de viol ; L’habit ne fait pas le prêtre ; Le démon de la loterie ; Le prêtre cannibale ; Les disciples pervers de l’abbé Nollet.
XIXe Siècle
Le Rouge et le Noir ; La nuit du presbytère ; Le prêtre pédophile de la Coquenard ; Les désordres d’un curé bavarois ; La tête verte ; Les mystères de Toulouse ; Le couteau catalan ; Les petites agences ecclésiastiques. »
Fini le 18/09/2023
Les dunes de Tottori de Kyōtarō Nishimura
(1982, ミステリー列車が消えた traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Seuil, Points Policiers, 1994)
La traduction du titre japonais, “le train mystérieux a disparu” [d’après GoTrad], donne le départ de l’enquête.
« Le train du Mystère n’est pas arrivé à Tottori […]. Personne ne sait où il est, il a disparu. »
Ce livre est un délice de suspense, l’intrigue est minutieusement scandée par chaque découverte des policiers.
« Nous avons l’impression d’avancer dans un labyrinthe alors qu’en réalité il s’agit d’un puzzle. […] — […] sauf qu’un puzzle, c’est normalement un jeu de patience et que nous, nous jouons contre la montre ! » surtout pour sauver les « otages »…
Fini le 16/09/2023
vendredi 15 septembre 2023
Trop tard pour pleurer de Henri Ferval
(Le Masque, 1975)
Cette histoire de famille démarre simplement par le meurtre de « l’oncle » et l’ouverture de son testament, puis tout se complique avec les documents « cachés », la mort des cousines et la découverte de « l’escroquerie ».
Le couple amoureux “cousin+cousine” se marie enfin et retourne en Argentine, où des « criminels connus vivent encore […] en toute sécurité […] ».
Fini le 14/09/2023
Fin de chapitre de Nicholas Blake
(Cecil Day-Lewis, Série Nigel Strangeways, 1957, End of Chapter traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, Le Masque, 1995)
Le “brillant détective” est chargé de trouver le coupable de la manipulation qui a fait éditer un livre sujet à un procès en « diffamation » contre un « colonel ». Mais le meurtre de Millicent Miles l’oriente vers d’autres recherches.
Une femme assez peu appréciée par ceux qui l’approchent de trop près, ainsi décrite par un ancien poète « jeune idéaliste ».
« Qu’est-ce qui pouvait bien faire son charme ? Elle avait des dents de jument, un rire de commis-voyageur, la bouche trop grande, le cœur trop petit… Et cependant elle pouvait avoir n’importe quel homme qui lui plaisait… Peut-être la cause était-elle son égotisme même qui finissait par la rendre assez semblable à une enfant, à lui conférer une sorte de candeur… »
Fini le 13/09/2023
La Ballade des vendus de Jo Bannister
(Série Castlemere, 1999, The Hireling's Tale traduit de l'anglais par Pascal Loubet, Le Masque, 2001)
Le coupable embauche un tueur professionnel qui a des principes.
« Je ne sais pas pourquoi il m’a épargné. — Par respect professionnel. Votre mort n’était pas nécessaire ; au vu de votre dévouement pour elle, il n’a pas voulu. »
Il a aussi un autre contrat.
« […] faire en sorte qu’il ne se retrouve jamais dans une telle situation. »
Fini le 12/09/2023
Tue-les, à chaque fois de Philippe Carrese
(1999, Les introuvables n°3, l'Écailler du Sud, 2004)
« La justice en marche, c’est bien si elle règle les problèmes de grand banditisme, comme hier soir. Mais c’est encore mieux si elle s’occupe aussi de la petite délinquance, comme ce soir. »
Le « justicier » auto-désigné tient consciencieusement le journal de ses activités.
Il y note sa déception de n’avoir pas pu tuer les « truands ».
« Un justicier des temps modernes ne peut pas se permettre d’avoir de mauvais indics. Il faut que je le retrouve pour l’éliminer rapidement. On ne rigole pas impunément avec le représentant du nouvel ordre. »
Ce « justicier » prend soin d’informer les deux principaux journaux par lettre anonyme.
« Renard rusé qui fait sa loi vainqueur, tue les à chaque fois. Mon nom, je le signe d’un V qui veut dire victoire. »
Mais au final : « C’est trop lourd, la haine. Ça peut nuire gravement à la santé et provoquer des accidents cons. »
Fini le 11/09/2023
Parfum trompeur de Ngaio Marsh
(Série Roderick Alleyn, 1960, False Scent traduit de l'anglais par Sophie Dalle, 10/18, 1998)
L’arme du crime est une bombe d’insecticide « le concentré le plus puissant qui existe […] un toxique de contact aussi persistant que foudroyant » que la victime utilise contre les « pucerons et araignées rouges » sur ses plantes. Mais des invités sont réunis pour la fête et soudain « Elle monte ici, vêtue de sa plus belle mousseline, parée de tous ses diamants et se met à asperger ses azalées. En plein milieu de sa soirée d’anniversaire. »
« Concentrez-vous donc […]. » « Fox se concentra, l’œil rivé sur la bombe aérosol, la bouteille de parfum et le nébuliseur. »
Fini le 9/09/2023
vendredi 8 septembre 2023
Rester groupés de Sophie Hénaff
(Série Commissaire Anne Capestan, Le Livre de Poche, 2017)
Certains personnages dévoilent un peu plus de leur vie dans ce deuxième opus.
« Pendant ce temps son épouse achevait de se préparer, puis elle l’embrassait et emportait le cheptel dans sa voiture afin de le distribuer dans les écoles et crèches environnantes. Tottez, lui, rangeait tout […]. Café avalé, Torrez déplia la table à repasser […]. »
« Capestan avait l’habitude de se garder ses questions, ses préoccupations, ses douleurs et ses colères. Elle ne partageait que les joies et les enthousiasmes […]. »
« Dax avait copié le nom Max Ramier et le collait dans tous les champs web imaginables. À chaque fois qu’il relevait le nez et apercevait le Post-it “Effacer les traces”, on le voyait grogner “Ah oui” et repartir sur son clavier. »
Quant à « Orsini » : « Il a réclamé sa mutation dans le pire service de toute la police ? Il s’est mis volontairement au ban […] ? »
… et « Pilote » et « Ratafia » interviennent dans les bagarres…
Au final, un dernier coupable se découvrira.
« Règlement de comptes, manifestement. […]. Il s’agit d’un braqueur, meurtrier de surcroît. Ton père l’a arrêté et envoyé en taule. Il s’est vengé en sortant. »
Le « Fer d’Or Philips » est un championnat réel.
Fini le 8/09/2023
Du nouveau sur Raskolnikov ? de Jocelyne Sauvard
(Éditions du Masque, 2001)
Ce livre est remarquablement nul. L'écriture est inutilement alambiquée [pour faire littéraire ?], les passages citant les chapitres du livre “modèle” sont bien noyés [pour annoncer le prochain mort ?], le narrateur est un personnage parfaitement stupide perdu dans une espèce de quête d'amoureux bébête, etc. rien ne relève le niveau. Dans ce contexte, la référence au héros de Dostoïevski semble un blasphème.
Les « Babelioeurs » ne l’ont pas lu, donc ne mentionnent aucune note, ni critique pour ce livre. Un éventuel lecteur courageux pourra le trouver au passe-livres.
Enfin fini le 6/09/2023
La Femme au masque de Erle Stanley Gardner
(Série Perry Mason, 1940, The Case of the Baited Hook traduit de l'anglais par G.-M. Dumoulin, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque, 1985)
L'histoire commence par la visite en pleine nuit d'un « architecte » accompagné d’une femme déguisée.
« Un ample imperméable de coupe masculine l’enveloppait des épaules aux chevilles. Un petit chapeau enfoncé sur le front dissimulait sa chevelure, tandis qu’un loup de velours à paillettes, à travers lequel scintillaient deux grands yeux sombres, rendait méconnaissable la partie supérieure de son visage. »
Notre avocat va devoir chercher pourquoi.
« […] je suis fatigué de jouer aux charades et à il-court-il-cours-le-furet ! »
« J’ai accepté de me charger de cette affaire, et je boirai la coupe jusqu’à la lie. […] Mais si quelqu’un parvient encore à me faire travailler dans le brouillard, c’est que je serai mûr pour l’asile d’aliénés. »
Il devra se débrouiller au milieu de tous les alibis fabriqués, mais : « Elle seule a essayé de faire partir son alibi du lundi soir. Tous les autres ont présenté des alibis pour mardi après-midi. »
Fini le 5/09/2023
L'homme au ventre de plomb de Jean-François Parot
(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, 10/18, 2001)
« Cet homme a un ventre de plomb. Il a été tué, torturé, massacré… On lui a fait boire du plomb fondu […]. » mais le « commissaire » a aussi remarqué les traces laissées par un « gaucher »…
Au final, il relèvera que « […] il y a là plusieurs complots. Un complots privé, que j’appellerai une vengeance contre le comte […]. Un complot occulte, que j’appellerai une conspiration politique contre la vie du roi et, enfin, un complot d’intérêts ou plutôt le mouvement intéressé d’une grande dame […]. » et les ingérences des « jésuites » compliquent aussi la tâche du commissaire.
« — Il y a beaucoup d’injustice dans ce qui leur est reproché.
— Je suis d’accord avec vous. Il y a plus de lumière chez eux que dans tous ces jansénistes rancis qui nous entêtent depuis quarante ans. »
L’intrigue est bien embrouillée mais racontée avec le style façon18e de cet auteur la lecture en est bien agréable.
Fini le 4/09/2023
lundi 4 septembre 2023
Le jugement final de Daniel Easterman
(pseudonyme de Denis MacEoin, 1996, The Final Judgement traduit de l'américain [auteur irlandais !] par Arlette Stroumza, Pocket, 1999)
Le complot des “nazis” n’a d'intérêt que celui d’être situé en Italie où les vieilles badernes mussoliniennes sont toujours actives.
« Des dossiers seront égarés, des enquêteurs déplacés [ou suicidés !], on assignera de nouvelles tâches aux magistrats chargés de l’instruction. »
L’Israélien, colon très religieux, et son interprète, Israélienne arabe chrétienne, vont s’unir pour découvrir les coupables, en discutant de leurs divergences.
« Je suis venue en Italie pour exister, pour fuir un pays où je n’étais qu’une ombre : une femme, ou une Arabe, ou une chrétienne. Une moins que rien. »
Leurs échanges sont intéressants à lire.
Ils seront des cibles pour le vieux survivant, qui mélange tout pour soutenir ses suppôts italiens reniant « l’Holocauste ».
« Je les veux tous morts […]. Que pas un seul de ces Juifs ne survive.
— Mais ce ne sont pas des Juifs […]. Il n’y a que des Négros et des Viets.
— […] Crois-moi, au fond, ce sont tous des Juifs : des Juifs noirs, jaunes ou blancs, une seule et même engeance ! […] la vermine, il faut l’exterminer, avant qu’elle ne te surpasse en nombre ! »
La fin, dans les « souterrains », est suffisamment loufoque pour que l’auteur puisse faire mourir le “mauvais”, sauver le “repenti” et que tout se finisse bien.
Fini le 2/09/2023
Les Mystères de Pompéi de Cristina Rodríguez
(Les enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2008)
Ce livre donne une vue historique des querelles de pouvoir dans Rome en 31, avec notamment la présence de « Caligula » et de sa « famille ».
« Le dernier héritier éliminé, il suffisait ensuite de supprimer le vieux Tibère ; et le sénat aurait pu reprendre la place qui était la sienne à l’époque, à la tête d’une république à l’ancienne, dirigée, exploitée, déchirée et corrompue par les plus riches familles romaines uniquement soucieuses de leurs propres intérêts. »
Les personnages sont crédibles, l’intrigue bien montée, une lecture bien agréable (malgré quelques fautes d'édition), avec des apartés amusants. Par exemple, la description des « miliciens » à l’arrivée de Kaeso à la caserne : « Quatre rangées d’oignons ventripotents, fessus, ossus, mal rasés, quinquagénaires ou tout juste pubères se dressaient entre les mauvaises herbes de la cour comme des échardes sur le dos d’un âne. »
Fini le 31/08/2023
Une amusante trouvaille…
« Pour une fois que c’est elle qui perd la tête ! »
… pour caser un mot inexistant : « uillotine ».
Grille 7* finie le 30/08/2023
Sous les bruyères de Belinda Bauer
(Blacklands traduit de l'anglais par Carine Chichereau, 10/18, domaine policier, 2011)
Le sujet de ce roman aurait pu être intéressant, mais les personnages trop stéréotypés rendent la lecture lassante. La « mémé » aigrie par la perte de son fils, la « maman » et ses oncles [on ne saura pas où est passé le père] couvant son benjamin, l’ainé « Steven » délaissé, brimé par les « encapuchonnés » se voulant vaillant, etc. et bien sûr le « pédophile tueur en série » jouissant de ses actes… n’en jetez plus !
Le seul suspense est de savoir comment l’auteur va se démêler de ses platitudes.
Fini le 28/08/2023