(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, JC Lattès, 2007)
Louis XVI a 23 ans et prend l'avis de ses conseillers pour en finir avec les “affaires” : les « dettes de la reine » et le meurtre d’un horloger « anglais ». L’auteur nous régale surtout avec ses recettes de cuisine et les traits de caractères des personnages, en utilisant un vocabulaire et des tournures de phrases qui font “d’époque”.
Nicolas (avec de l’imparfait du subjonctif !) :
« Il n’était paralysé par nulle réticence ou réserve, mais conservait cependant la distance d’une âme à la fois candide et revenue de tout ce que pouvaient dissimuler l’apparat, la morgue et le clinquant. Pour parvenir il n’avait pas eu à se frayer la voie en consentant aux compromissions nécessaires. Il lui avait suffi d’être là pour que le destin s’en chargeât. Tout lui avait été offert en surplus sans qu’il s’y évertuât. »
Et plein de réflexions sur l’éloignement d’avec son mentor du début, maintenant « ministre de la marine ».
Marie-Antoinette :
« La langueur des divertissements à la cour poussait sans cesse la reine à s’en procurer ailleurs de plus vifs. De là, les promenades en traineaux, des chasses dans les forêts voisines et des escapades nocturnes dans la capitale qui faisaient notablement jaser. »
Tous les complots seront dénoués, après un exposé sur l’importance du « calcul de la longitude ».
Fini le 26/11/2023
lundi 27 novembre 2023
Le cadavre anglais de Jean-François Parot
La conjuration de la Sixtine de Philipp Vandenberg
(1988, Sixtinische Verschwörung traduit de l'allemand par Susi et Michel Breitman, Le Livre de Poche, 1999)
Cette énigme à déchiffrer dans la fresque de Michel-Ange peinte sur le plafond de la chapelle est une intrigue intéressante. Les personnages de la « Curie romaine » du « Saint-Siège » sont plausibles, notamment le comportement du cardinal, « préfet de la Congrégation », acharné à chercher une réponse, fouillant dans tous les vieux « secrets ».
Le « camériste du Pape », qui l’était déjà auprès de celui au règne très court Jean-Paul Ier (« le Pape au sourire »), donne un aperçu de son entourage.
« Le Vatican a beau n’être qu’un Etat en miniature, il a comme partout ailleurs son gouvernement, ses partis qui se combattent ou se coalisent, il a ses puissants et ses moins puissants, ses accommodants et ses intransigeants, ses sympathiques et ses antipathiques, et surtout ses dangereux et ses inoffensifs. »
Ce qui apparaît dans les conciliabules, hors « concile », entre le « secrétaire d’Etat de Sa Sainteté » et le « président de l’Istituto per le Opere Religiose ».
Le texte est logiquement parsemé de latin (un glossaire en donne la traduction) et de passages bibliques, par exemple cet extrait d’une épitre de Paul :
« Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus… Mais, comme tous meurent en Adam, de même tous revivront en Christ… »
Fini le 22/11/2023
mardi 21 novembre 2023
Rififi à Ooty de Sarah Dars
(Les enquêtes du brahmane Doc, Picquier poche, 2003)
L’intrigue « labyrinthique » parcourt la vie de ces personnes, de leurs amours contrariés à leur passé, présentant au lecteur les relations entre les « Indiens », les « Anglais » et les « Anglo-Indiens ».
« […] cela [le labyrinthe végétal] devenait une véritable énigme policière : faux culs-de-sac, percées trompeuses, issues fallacieuses, tracé truqué, à dessein non orienté vers le centre, à l’image du mystère du saphir noir et de celui des meurtres. »
« […] même si vous êtes un animal à sang froid incapable du moindre sentiment pour les autres, il vous était insupportable de le savoir si passionnément épris d’une autre femme. Ce n’était pas le plus grave à vos yeux d’ailleurs, mais que ce fût une Indienne, alors qu’il avait l’honneur insigne d’être marié à une Anglaise […].
« Charity » ouvre la réponse…
Fini le 20/11/2023
lundi 20 novembre 2023
Frontière mouvante de Knut Faldbakken
(2005, Grensen traduit du norvégien par Hélène Hervieu, Seuil policier, 2011)
Tout est mou dans ce livre, les personnages, leurs réactions, leurs rabâchages… et la description des lieux tellement vague qu'il est difficile de savoir où est qui et pourquoi là. Dommage, cette enquête sur les trafics « frontaliers », entre la Norvège et la Suède, de drogues (du cannabis !) et/ou de femmes, méritaient mieux.
Le dénouement est bien bâclé à l’image du reste.
La présence d’un témoin sera salutaire à des « policiers », soi-disant expérimentés, menacés d’être tués.
« Il a tué mon Bo, dit-elle. Il a tué mon fils et il a détruit ma fille. Il ne valait pas mieux que les autres, il était même le pire de tous, car il n’arrêtait pas de dire qu’il l’aimait et qu’il voulait l’aider. »
Fini le 17/11/2023
L'Aphrodite profanée de Cristina Rodríguez
(Les Enquêtes de Kaeso le prétorien, Éditions du Masque, 2011)
Le titre du livre inspire les personnages féminins pour se livrer à des scènes bien lascives, la « cousine » comme la « courtisane ». Cela noie les méfaits des « rançonneurs » et ceux du « faussaire ».
« Pour l’instant, il [Claude] ne pense qu’à sa fichue statuette. Peut-être réalisera-t-il la perte de son serviteur lorsqu’il se remettra à écrire et que personne ne sera là pour rédiger ses notes. »
« Ce vieil homme [le sénateur] a mené une carrière politique florissante au plus haut niveau et a survécu à une centaine de consuls, deux Princepts et un Séjan. Je doute que la gentillesse et l’honnêteté suffisent pour accomplir ce prodige. »
Io s’est empressé pour remettre de l’ordre.
« Pyralis, entourée d’une nuée d’éphèbes à demi nus qui ne savaient plus quoi faire pour être agréable à leur maîtresse, accepta une coupe de vin chaud […]. »
Fini le 16/11/2023
L’œil de Diderot de Hubert Prolongeau
(Série Diderot et d’Alembert, Éditions du Masque, Labyrinthes, 2010)
Ce livre est un parfait exemple de nullité. L'auteur utilise ce pauvre Denis Diderot sans être capable de mettre en scène ses pensées, pourtant claires dans ses écrits. Il en fait un pusillanime sans intérêt, même son expérience de la prison, qui permet de comprendre ses peurs, est mal présentée.
L'intrigue, basée sur le meurtre du « libraire », dévoile un coupable peu crédible.
« Le personnage, que j’avais mieux appris à connaître, m’apparaissait bouffi d’orgueil, intolérant, convaincu de sa supériorité, et en même temps intelligent, esthète, talentueux, fragile parce que bourré de doutes. »
Quant à ses raisons :
« […] vous mort, vos écrits n’en auraient été que plus grands. Je voulais votre discrédit, pas votre peau. »
Fini le 14/11/2023
mardi 14 novembre 2023
Le diable danse à Bleeding Heart Square de Andrew Taylor
(2008, Bleeding Heart Square traduit de l'anglais par Danièle Mazingarbe, Le Cherche midi NéO, 2010)
Ce livre est un gros pavé, mais agréable à lire. L'intrigue est bien distillée, personnage par personnage, faisant monter le suspense. Les principaux sont : Lydia, jeune femme en rupture de famille, venue habiter avec son « père » et Rory, journaliste de retour d’un travail en Inde en rupture avec sa « fiancée ». Et parmi les autres : le « propriétaire »… et un mystérieux commentateur dans les chapitres citant des extraits du « journal ».
En parallèle, l’auteur nous présente la naissance de « l’Union fasciste britannique », soutenue notamment par le futur ex-mari.
Lydia doit tout apprendre de la vie, ayant toujours été entourée de domestiques.
« Elle se rendait bien compte que parler comme si on était née avec une cuillère d’argent dans la bouche pouvait s’avérer un handicap. Aux yeux de la majeure partie de la population, vous étiez définitivement stigmatisée, et pratiquement inemployable parce que les “dames” ne devaient pas travailler. Cela n’aurait peut-être pas compté si vous aviez profité de tous les avantages qui vont généralement avec la cuillère d’argent. Mais quand ce n’était pas le cas, vous aviez le pire des deux mondes. » L’histoire se passe en 1934.
« Comme des dominos qui s’abattaient les uns sur les autres, les pensées s’enchaînaient, comme si elles avaient attendu patiemment leur tour depuis qu’elle [Lydia] était arrivée ici. Des bribes de la conversation […] lui revenaient à l’esprit comme des fantômes importuns : ”en train de dessiner à la plume des morceaux de la cheminée […]”.
Fini le 12/11/2023
Intrigue à l'anglaise de Adrien Goetz
(Le Livre de Poche, 2008)
Cet auteur s'est spécialisé dans les romans d'aventures artistiques. Dans ce livre, une jeune conservatrice du patrimoine, nouvellement nommée à Bayeux, tente de percer les mystères des trois mètres qui manquent à la célèbre tapisserie, nommée ici « Telle du Conquest ».
Le sujet, les batailles pour le trône d'Angleterre, donne son titre au livre. L’intrigue est particulièrement insipide, tout comme les personnages. Difficile de s’intéresser à ces “complotistes”, ni à leurs raisons pour se dire le “roi”, à partir de copies mal imitées de la suite manquante.
En résumé…
« Une agression de conservatrice aguerrie, hospitalisée, attaquée derechef et cambriolée, une agression de conservatrice débutante suivie d’un vol en plein Paris, un crime à Prunoy-en-Bessin. »
… c’est un peu léger en péripéties. Et cette citation est un bon exemple de l’assez faible niveau d’écriture (aucun verbe de la majuscule initiale au point final), les phrases bancales ne manquent pas.
Fini le 11/11/2023
L’œil du daruma de Charles Haquet
(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2001)
L'auteur nous projette dans le Japon à l'ère Meiji (ère du “gouvernement éclairé” ou “politique éclairée”) une période de réformes radicales qui suppriment le “système féodal”, notamment la fin du pouvoir d’un « daimyô » sur son domaine et l’entretien de ses « samouraïs » (qui deviennent alors des « rônins »).
Le personnage principal, « Tosode », revient voir son ancien maître pour le trouver mort, son “ami” le moine « Kodebu » suspectant un empoisonnement meurtrier. Le daimyô tenait dans sa main l’objet qui donne son titre au livre « un daruma ».
« Le visage de la poupée occupait une place démesurée. Des sourcils épais soulignaient des yeux à peine ébauchés. » « […] la seconde pupille n’est pas dessinée. Le vœu n’est pas réalisé… »
Tosode et Kodebu vont découvrir les avis sur les préparatifs de la rébellion contre l’empereur et ses réformes.
« Pour moi, ce mouvement est voué à l’échec. C’est un combat d’un autre âge, une vaine tentative de restaurer un régime rétrograde. […] Très vite, pourtant, ils m’ont menacé. Soit je collaborais, soit ils me dénonçaient. »
Tosode conclura : « […] je suis rônin avant tout. Tant que je vivrai, je continuerai à servir mon maître. Or, ne s’était-il pas écarté du mouvement ? Je dois rester fidèle à ses idées. »
Fini le 9/11/2023
Le Chasseur de gourous de Tarquin Hall
(2009, The Case of the Man Who Died Laughing traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, domaine policier, 2010)
Cette fois, le « meilleur détective » enquête sur la mise en scène du meurtre du « Chasseur de gourous » pendant une réunion du « Club du rire ». Ce livre nous décrit la façon dont certains « magiciens » concoctent leurs tours, qui sont également utilisés par des “gourous” pour faire des adeptes bien argentés (et au passage profiter de jeunes filles…).
Le « Dr Jha essayait de coincer le gourou ! Maharaj Swami avait promis un miracle et Jha nous en a fourni un ! » « Il vieillissait et enrageait de voir la façon dont les choses évoluent dans ce pays. Il éprouvait une réelle amertume, lui qui pendant des années avait combattu les faux gourous. Et pour quel résultat ? Leur popularité ne cesse de croître. […] Alors, avant de prendre sa retraite, il a décidé de frapper un grand coup […]. »
Mais il sera rattrapé par le destin…
Fini le 8/11/2023
mardi 7 novembre 2023
La baronne meurt à cinq heures de Frédéric Lenormand
(Voltaire mène l'enquête, JC Lattès, 2011)
L'auteur se base sur des textes de l'époque [publiés en postface] pour bâtir son histoire et les traits de ses personnages.
La « marquise », « Émilie » enceinte du dernier passage de son militaire de mari, préfère les études scientifiques aux « bonne œuvres ».
« L’imagination d’Émilie lui permettait de se figurer la valse des étoiles dans le firmament de Newton ; le paradoxe des sentiments excédait ses capacités. »
« Voltaire » est représenté tel qu’on l’imagine à partir de ses portraits, un air de « lutin », hypocondriaque (il collectionne les clystères…), centré sur lui-même, etc.
« La chose est claire : il y a un complot dans Paris pour éteindre la voix de la liberté. D’abord ma chère baronne, qui avait le courage de penser par elle-même, puis moi, le flambeau de la résistance à l’obscurantisme ! Les fanatiques veulent ma mort ! »
« Il était habitué aux combats de plumes, mais s’il fallait à présent se colleter avec des furieux sur des toits glissants, la lutte pour la vérité allait vraiment devenir difficile. »
Son ambiguïté vis-à-vis de la religion se noiera dans la solution du couvent pour éloigner la « dame de compagnie ».
L’auteur nous livre “un secret”. Au retour d’une rencontre avec le « lieutenant de police », Voltaire « vacilla » et « l’abbé le fit asseoir dans son fauteuil ».
« — Je me meurs, je suis mort, portez-moi dans ma tombe ! »
— Allez ! reprit la marquise. Au travail !
— Je n’aime pas recevoir des ordres, même de moi-même […].
— Levez-vous donc ! Vous finirez par laisser votre nom à ce meuble ! »
Fini le 5/11/2023
Obscura de Régis Descott
(JC Lattès, 2008)
Une lecture particulièrement désagréable ! Tout y est nul…
L'intrigue n'a aucun suspense (le lecteur connaît dès le début le coupable et ses raisons), les personnages n'ont aucune consistance (à part permettre à l'auteur de nous gaver de descriptions des maladies de cette fin du 19e siècle), le style est lourd, redondant, etc.
Dommage, l’enquête sur ce « copieur » des tableaux d’Édouard Manet méritait mieux. Il aurait été intéressant d’avoir de meilleures commentaires sur ce peintre que ce salmigondis.
Exemples de textes lourdingues.
La réflexion du « médecin » (page 148) :
« Car qu’était-ce que cette mise en scène, sinon une exposition ? Un Salon des Refusés d’un genre macabre. S’il était seul à pouvoir établir ces rapprochements, il l’était également à soupçonner l’existence d’un criminel d’habitude, comme disait la police. »
La réflexion de « l’aliéniste » (page 176) :
« Permettez-moi de mettre en doute le fait qu’il s’en tienne à ces actes purement gratuits [les mises en scène] […]. Qu’est-ce que la création artistique, sinon la volonté, même inconsciente, de marquer son passage ici-bas ? Or il est évident que votre homme poursuit cette ambition. Par conséquent, il doit faire en sorte d’en conserver quelques traces […]. »
Évidemment, tout le monde meurt à la fin !
Enfin fini le 3/10/2023
Les ombres de Torquay's Manor de Anne Beddingfeld
(pseudonyme de Anne Martinetti, Une enquête de Beth Huntly, Marabout, 2015)
Beth, la « cuisinière », va déjouer les plans d’un « Ku Klux Klan » anglais, dont les membres se revendiquent « Chevalier de l’ordre des gardiens de la Morale ».
Elle va, pour cela, accepter de suivre « Eleanor » la « journaliste ».
« Pourquoi ? […] J’y vois comme un prolongement de mon travail en cuisine : assembler divers ingrédients, lier une sauce, corriger l’assaisonnement d’un plat, tout n’est qu’une question d’équilibre. »
Ce qui va lui permettre d’aider la police à dénicher le fomenteur des meurtres, revanchard surgi du passé.
Fini le 1/11/2023