(1999, A Mortal Bane traduit de l’anglais États-Unis par Bernard Cucchi, 10/18, 2006)
L’auteur nous présente des personnages bien décrits, cohérents, dans leur vie en Angleterre en 1139.
Une lecture vraiment agréable, avec une intrigue pas du tout “policière”, mais qui donne une bonne idée de l’époque, avec les querelles entre puissants (évêques, rois) qui rivalisent pour plus de pouvoir en entretenant des fomenteurs de complots et en montrant du respect au pape.
« [Il] ne montrait pas cette aisance teintée d’indifférence à l’argent si caractéristique de ceux qui n’ont pris que la peine de naître pour en jouir. »
Donc c’est parfois tout simplement : « Imaginons qu’[il] n’ait pas été tué pour l’étui, mais parce qu’il aurait surpris quelqu’un de sa connaissance en train de voler ou s’apprêtant à voler le trésor de l’église ? »
Fini le 28/03/2021
mercredi 31 mars 2021
Magdalaine, la bâtarde de Roberta Gellis
Un chien du diable de Fabienne Ferrère
(Une enquête de Gilles Bayonne, 10/18, 2008)
Cette histoire se passe “à la fin de l'année 1594”, mais l’auteur ne nous décrit pas vraiment l’époque, ne nous donnant uniquement que les clichés déjà-vus, la pauvreté, la saleté, les relents putrides, l’impunité des puissants, etc.
« Les serveurs humiliés, les marmitons ébouillantés et autres divertissements n’étaient guère […] qu’une façon de s’aiguiser l’appétit […]. Il gardait le meilleur pour la bonne bouche, son fils Olivier. Ce gamin a subi plus de brimades […] qu’il n’a de cheveux sur la tête. »
Dommage, la recherche du coupable du meurtre, et de sa mise en scène pour faire renaître les batailles religieuses, en serait plus intéressante. En l’absence du décor historique, la personnalité du “chevau-léger” est bien fade, ses inquiétudes au sujet de son frère peu crédibles.
« Il s’arrêta, le temps de nouer en haut de sa quenouille un brin de chanvre qu’il se mit à enrouler autour du bâton. » Ce qui rappelle une certaine tige de roseau…
Fini le 26/03/2021
Les Métamorphoses de Pierre Véry
(1931, Le Masque, 1993)
Le récit fantasmagorique d’un mort qui vient hanter son remplaçant au cabinet d’architectes en le transformant en lui-même… pour faire craquer l’associé restant…
C’est vraiment bien construit et bien écrit, mais ce style est très particulier.
« À son entrée là-haut, si quelque souris détala vers son trou, si deux ou trois araignées acrobates, le long de leur fil bien tendu, remontèrent à grande vitesse jusqu’au plafond, si des insectes tout en pattes, à démarche de canard, bourlinguèrent en débandade à travers la pièce semée de papiers en boule et de noix rances, trébuchant aux rainures profondes, aux accidents de terrain dont la rencontre les faisait se renverser dans leur hâte à gagner des havres obscurs sous le ventre des vieux meubles, Flambinel ne soupçonna pas ces existences menues, il ne perçut rien de cette activité poudreuse : le grenier était vide — parfaitement vide. »
Fini le 24/03/2021
Histoire difficile à suivre en s'endormant.
Fini en chevet le 5/10/2024
L'Accroc de Carol Higgins Clark
(Série Regan Reilley,1993, Snagged traduit de l’anglais États-Unis par Annick Le Goyat, Le Livre de poche, 1997)
L’auteur nous présente des personnages intéressants, très typiques de la société états-uniennes, avec leurs engouements (manucure pour ongles cassés, inventions, éloge de l’argent, etc.).
L’intrigue est basée sur la découverte d’une nouvelle matière pour collant et le suspense réside dans la résolution de la question “trouver l’acheteur”.
« Tu as une idée du nombre d’inventeurs qui sont payés pour ne pas lancer leur produit sur le marché ? »
Mais “l’accroc” au collant n’empêchera pas l’inventeur de rester dans son logement.
Fini le 23/03/2021
mardi 23 mars 2021
Le Sang des bistanclaques de Odile Bouhier
(Commissaire Kolvair, 2011, 10/18, 2013)
Le mot « bistanclaque » est une « onomatopée figurant le bruit des métiers à tisser des canuts ».
L’histoire se passe en 1920 à Lyon. Les principaux policiers sont des rescapés de la guerre et doivent vivre avec leur handicap : unijambiste pour le commissaire, défiguré pour l’usurpateur des Brigades du Tigre.
C’est bien écrit et le style sans délayage permet de vraiment s’intéresser à l’intrigue.
L’enquête présente l’importance pour la ville de la fabrication de la soie et son traitement à l’époque, la « nouvelle unité scientifique » de la police et les débuts de la psychiatrie par l’analyse du comportement du coupable.
« Elle avait grandi dans le non-dit et la souffrance silencieuse. »
« […] elle ne vit pas pourquoi elle devrait pardonner à sa mère. Jamais cette dernière n’avait fait montre d’indulgence. »
Fini le 22/03/2021
Le Miroir des ombres de Brigitte Aubert
(Série Louis Denfert, 10/18, 2008)
Encore une intrigue basée sur l’histoire de “Jack l'Éventreur”, c’est lassant à lire.
L’auteur relève l’intérêt en nous présentant la vie et les mœurs en Angleterre à la fin du XIXe siècle, avec des explications de l’argot en usage, et toutes les nouvelles technologies qui naissent à cette époque, notamment celles de l’image.
« La vie sexuelle d’un prince n’avait que peu d’intérêt par rapport au tunnel sous la Manche ou aux nouveaux pneumatiques démontables des frères Michelin […]. »
Car pour ce qui est de l’enquête des joyeux compères :
« Un pauvre dément, enragé contre les femmes. […] — À moins que ce ne fût vraiment un sataniste, comme c’est la mode. »
Il reste à déguster le style ironique de l’auteur :
« Depuis qu’un ami médecin lui avait expliqué comment fonctionnait le cerveau humain, il s’amusait de l’idée de ce globe de matière grise avec ses hémisphères et ses territoires en forme de lobes. Et dire que ce chou-fleur spongieux parcouru de secousses électriques avait été capable de concevoir Dieu ! »
Fini le 21/03/2021
Le mort frappe à la porte de John Dickson Carr
(Dr Gideon Fell, 1958, The Dead Man's Knock traduit de l’anglais par C.A. Ciccione, Le Masque, 1990)
Les notes de Wilkie Collins permettent au complice de transformer le meurtre en suicide avec une “pièce close”, mais le miroir révèlera la supercherie.
La victime, considérée comme une personne “haïssable”, aura fait une menace de trop.
Fini le 17/03/2021
Potion pour une veuve de Caroline Roe
(Chroniques d'Isaac de Gérone, 2001, A Potion for a Widow traduit de l’anglais par Jacques Guiod, 10/18, 2002)
L’intrigue est un peu bancale, car le lien du jeune seigneur qui mène l’enquête avec la victime du coup de couteau est peu explicite. Il le présente comme son ami et son mentor “au palais”, mais ne connaît pas son vrai nom et ne sait rien de ses activités de “greffier”.
Mais c’est si bien raconté qu’on se laisse prendre à cette histoire de fille sauvée qui brode de beaux animaux.
« Cette petite Clara prétendait n’avoir aucune famille et pas d’autre nom, mais je vous assure que son langage et ses manières trahissent une éducation supérieure. »
« Il m’a tourné le dos […] afin de s’en aller. J’ai alors ajouté que j’hériterais de tout après sa mort, et je l’ai tué. »
Et tout se termine par la préparation de mariages…
Fini le 16/03/2021
dimanche 14 mars 2021
Haïku pour Hanae de James Melville
(Série Tetsuo Otani, 1989, Haiku for Hanae traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1994)
Le commissaire repense à son enquête de 1968 dans cette ville.
« La ville n’était pourtant pas avare de surprises : un jeune policier plein d’entrain et de capacités ; une auberge dont le propriétaire se révélait un chef talentueux, marié à une femme aux charmes mûrs mais indéniables et employant une servante communiste au caractère rebelle mais à l’esprit vif ; un chef de la police qui […] se tenait délibérément à l’écart ; un avocat à l’esprit dérangé qui délirait sur des renards ensorcelés ; et une jeune mère cultivée qu’un meurtre commis sur le seuil de sa maison laissait apparemment imperturbable. »
Qu’il résoudra avec l’aide d’un médium exorciste qui obligera le renard à faire un bruit de mitraillette.
Un exemple d’haïku composé pour sa femme par celui qui n'était alors qu'inspecteur :
« Dérouté par les flammes du renard
Je me suis égaré,
Mais tu m’as secouru et guidé. »
Fini le 13/03/2021
Un clergé pas très régulier de Sara Paretsky
(1985, Killing Orders traduit de l’anglais États-Unis par Pascal Loubet, Le Masque, 1994)
Cette “héroïne” très us, détective privé, fait tout pour se mettre en danger, en enquêtant dans le milieu des boursiers qui la menacent avec vitriol, incendie, etc.
L’intrigue est inepte, car le lecteur comprend dès le début qu’un prélat est derrière les faux titres d’action et se lasse à suivre les bêtises du détective et l’incurie des services de police, influencés par le coupable.
« Une banque, une compagnie d’assurance, voilà des couvertures respectables pour remettre en circulation des capitaux douteux. »
Fini le 12/03/2021
La Chambre ardente de John Dickson Carr
(Gaudan Cross, 1937, The Burning Court traduit de l’anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, Le Masque, 1990)
Le titre désigne le « tribunal qui avait été institué pour s’occuper des affaires d’empoisonnement » souvent associées à de la sorcellerie.
L’auteur nous fait un historique de ces procès en relatant ce qui est arrivé à ce vieux monsieur : arsenic, disparition du cadavre de la crypte, apparition dans le fauteuil à bascule, etc.
Un livre amusant, mais qui ne vaut pas ses œuvres policières.
Fini le 10/03/2021
mardi 9 mars 2021
Rideau pour le cardinal de Elizabeth Eyre
(Série Sigismondo, Curtains for the Cardinal traduit de l'anglais par Gilles Berton, 10/18, 2000)
L’envoyé du duc arrive dans la ville en même temps que les reliques de sainte Bernardina, à temps pour sauver beaucoup de personnes : la fille, le putatif père et ses domestiques, le duc…
Mais le diable veille et les comploteurs arriveront à leur fin.
« C’est peut-être l’idée que votre frère et vous n’êtes pas ses enfants qui lui a fait perdre la tête. »
« Le démembrement d’un certain nombre de malheureux avait familiarisé [le duc] avec la notion de reliques. »
« Elle s’assit et garda les yeux rivés sur le capitaine, comme si elle espérait, même à cette distance, le carboniser sur place. »
Avec de scènes qui nous montrent les amusements et les rumeurs de l’époque [Renaissance italienne].
Fini le 9/03/2021
Kimono pour un cadavre de James Melville
(Série Tetsuo Otani, 1987, Kimono For A Corpse traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1998)
Une femme d’affaires vorace organise un salon de “Haute couture” international.
« [elle] perdrait le privilège extrêmement lucratif dont elle jouissait, tout comme, sans doute, ses associés étrangers. »
Les personnages de ce milieu de la “Mode” présentent une large gamme de caractères (par exemple celui qui meurt sous le kimono) bien décrits par l’auteur sans jugement, ni dénigrement.
Fini le 5/03/2021
Quand un fils nous est donné de Donna Leon
(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2019, Unto Us a Son Is Given traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann Levy, 2020)
Il s’agit du dernier livre de cet auteur paru en français à ce jour.
Chaque titre de cette série est passionnante par la description si nuancée que l’auteur fait de ses personnages.
« […] il était drôle et généreux, et ne disait jamais de mal de personne, même des gens qui l’avaient floué. Il était honnête et aimable, et savait tenir parole. En résumé : c’était un homme d’honneur. »
« […] sa faiblesse, cette fois, avait détruit la vie des deux personnes qu’il aimait le plus. »
Fini le 2/03/2021
Parfaite définition
« Toutes pour un » est la plus évidente des définitions d’un « harem ».
Grille Fléchés 6/7 finie le 4/03/2021
De soleil et de sang de Jérôme Loubry
(Calmann Levy, 2020)
Une énième histoire de pauvres enfants noirs maltraités par de riches corrompus. Ce récit manque tellement d’originalité que même le comportement des amoureux européens fait “déjà-vu”. Un livre sans intérêt mais bien écrit.
« […] ce carillon avait été fabriqué à l’aide de morceaux de verre multicolores, au nombre de six […]. »
« Et pour atteindre cette rentabilité, il fallait vendre des enfants et reverser une partie des sommes à Blasius [le chef de gang] ainsi qu’à un représentant du président [Duvalier] qui ensuite diviserait les parts entre les différents investisseurs. »
Avec plein de vaudou…
Fini le 28/02/2021