mardi 30 novembre 2021

Mort à l'opéra de Gladys Mitchell

(Série Mrs. Bradley, 1934, Death at the Opera traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2001)

Une histoire très mal montée (ou bien très mal traduite) auquel il est difficile de s'intéresser.

« Alors, si les gens avec un mobile n’ont rien fait, c’est ceux qui avaient l’occasion qui ont dû faire le coup. C’est clair ! Mais, ah, que c’est fatigant ! »

Effectivement, les récapitulatifs de “madame” sont “fatigants” car ils n’apportent rien à la narration que de l'ennui de supporter encore une fois ses errements, alors qu’un meurtrier est désigné au lecteur dès le début du récit (le coupable “innocenté” adepte de la noyade).

Les différents personnages sont mal construits et sans caractère, et “l’artiste” de la “buanderie” sera complètement mis de côté par l’auteur dans son récit, sans doute pour donner une impression de beau final. Mais il était évident qu’il faudrait retoucher le maquillage.

Fini le 29/11/2021

Phryne et les anarchistes de Kerry Greenwood

(Série Phryne Fisher, 1992, Death at Victoria Dock traduit de l'anglais par Pascale Haas, 10/18, 2007)

La poursuite des meurtriers du “beau jeune homme” n'empêchera pas Phryne de retrouver la jeune fille “perdue”.

L'auteur utilise des « Lettons » pour jouer ces « anarchistes » et ces « révolutionnaires », ce qui peut paraître logique dans les années 1920.

Quant à la jeune fille :
« […] un visage fort qui exprimait l’entêtement et la détermination. Ils avaient réussi à la dissuader de dire la vérité, mais pas à la convaincre de nier. Alicia aurait préféré mourir plutôt que reconnaître qu’elle avait raconté des mensonges. Elle était du bois dont on forgeait les martyrs. »

Et la fin des anarchistes sera signée par « une lime ».
« J’accompagnais mon père à la chasse [dit-elle] en rougissant de ce passe-temps si peu féminin. »

Fini le 26/11/2021

Safari sorcier de John Wyllie

(Série Dr Samuel Quarshie, 1978, A Pocket Full of Dead traduit de l'anglais par François Lourbet, 10/18, 1998)

Le titre original, « Une poche pleine de morts », précise mieux ce qui déclenche l’enquête du docteur dans la “tribu” de sa femme, et le titre en français que la grand-mère et l’épouse font appel aux « esprits ».

« […] la situation résultait de la malveillance humaine, elle décida de demander le secours des puissances divines. […] Nyampong était accessible et généralement disposé à entendre ce qu’on lui disait. Il dirigeait les puissances qui régissaient les éléments naturels […]. Cette fois Nyampong avait parlé de manière ambiguë — une habitude, avait noté Quarshie, propre aux dieux de toutes les religions lorsqu’ils faisaient des déclarations apocalyptiques […]. »

« […] même les pires tempêtes se calment et même les pires épidémies de terminent. Je puis donc vous dire maintenant que les ouragans et l’épidémie qui frappaient les Saysay ont cessé. »

Fini le 25/11/2021

La maison de l'abbaye de Jean d'Aillon

(10/18, 2020)

Cette histoire met en scène les excès de « l’abbaye » en cette période de grand froid et de disette, avec beaucoup trop de sang répandu lors du démembrement.

« Ce n’était pas un ustensile de cuisine, mais un instrument de boucherie, avec une lame en acier de presque un pied, épaisse et affilée, capable de trancher non seulement de la chair, mais des cartilages ou des os. »
« […] parole contre parole, c’est [lui], honorable religieux, qu’on aurait cru. »

Fini le 24/11/2021

Panique dans la baignoire de John Dickson Carr

(Dr Gideon Fell, 1966, Panic in Box C traduit de l'anglais par Annie Hamel, Le Masque, 1995)

Une histoire trop embrouillée et moins bien montée que les anciennes de cet auteur.
Gideon cache des indices marquants, tel que la « petite déchirure dans la doublure ».

Quant au mobile du meurtre, la vengeance pour un vieil amour, est bien peu crédible.

Fini le 23/11/2021

mardi 23 novembre 2021

Tropique du pervers de Virginie Brac

(Une aventure de Véra Cabral, Pocket, 2000)

L'accumulation des perversions rend l'histoire inintéressante, trop incohérente.
Dommage, c'est bien écrit, et ce livre serait agréable à lire sans toutes ces descriptions malséantes.

« Ils sont dépendants, tu comprends ? Ils ont besoin du maître comme d’air pour respirer. Ils ne peuvent pas s’éloigner de lui. »

Fini le 21/11/2021

La Belle de Bohème de Edward Marston

(Série Nicholas Bracewell, 1997, The Fair Maid of Bohemia traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2006)

Ce livre est le dernier de cet auteur édité en français et aucune traduction n'a été faite de ceux signés sous son vrai nom Keith Miles. Dommage…

Pour cette dernière mise en scène, la troupe part à Prague, alors résidence de Rodolphe II, empereur du Saint Empire, roi de Bohême et roi de Hongrie. La présentation de celui-ci correspond à ce que l'histoire nous en a laissé, son caractère un peu fou, son goût pour les arts, le lecteur assiste à la composition de son portrait par Arcimboldo.

Sur dénonciation, l'empereur jette en prison le destinataire des messages venant de Londres.
« Faussaire, imposteur et fieffé menteur. — Il jouissait d’une haute réputation en tant qu’astrologue. »

Mais le complot est déjoué et le public ovationne la pièce spécialement composée pour le mariage de la « belle de Bohème ».

Fini le 20/11/2021

Pour un amateur de polar…

… la réponse à la définition « Os de poulet. » est évidente « Énigme ».

Grille 7* finie le 19/11/2021

La filière du jasmin de Denise Hamilton

(2001, The jasmin trade traduit de l'américain par William Olivier Desmond, Seuil, 2003)

Cette histoire typiquement états-unienne fait un peu trop « cliché » : un personnage principal, la journaliste qui enquête sur les « petits parachutés », qui s’attaque seule à des gangsters, des « asiatiques » forcément réunis en « triade », des policiers corrompus et « racistes », etc.

La description du logement, par exemple, dont la propriétaire « ayant fui le communisme, était amoureuse de tout ce qui était américain » : « Fusillades et hélicos, c’était L.A. ».

Fini le 18/11/2021

Les Disparus de l'A16 de Maxime Gillio

(éditions Ravet-Anceau, 2009, J'ai Lu, 2016)

Un livre loufoque, mais agréable à lire.

L'auteur prend le lecteur à témoin constamment de l'avancée de son roman, en lui mettant en notes de bas de page des commentaires, par exemple si le personnage fait référence à une ancienne enquête, la note indique qu'il va falloir écrire ce livre (!).

L'histoire n'a aucun intérêt et sans suspense, il suffit de rire.

« […] chaque année, des milliers de personnes disparaissent de par le monde. […] Elles font table rase du passé et se créent une nouvelle identité, une nouvelle existence. »
Donc, il est possible de recevoir « une somme conséquente » pour les aider à disparaître, mais c’est dangereux quand il s’agit d’un trafiquant de drogues et entraine des morts.

Fini le 15/11/2021

L'Algèbre du besoin de Guillaume Lebeau

(Le Masque, 1999)

Cet auteur français imagine les turpitudes des États-uniens.

« […] le triumvirat à la base de tout cela était américain, ou en passe de le devenir, et faisait partie d’un commando diplomatique chargé de prendre contact avec Himmler. […] Pour tenter de sceller un pacte anticommuniste. Après tout, les Alliés avaient plus peur des rouges que de Hitler lui-même. »
« Notre but […] était de faire profiter l’ensemble du monde occidental des percées en matière de recherche génétique. Les Allemands possédaient une maîtrise proprement hallucinante du sujet. »

Un tissu d’inepties, digne de plaire à un complotiste, qui va direct au “passe-livres”.

Fini le 14/11/2021

La Poisse de Leena Lehtolainen

(Série Maria Kallio, 1994, Harmin paikka traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, J'ai lu. Policier, 2011)

La suite des aventures de Maria, maintenant liée à la famille de son compagnon.
« C’est la fiancée du demi-frère du mari de la sœur de mon petit ami […]. »

N’étant plus dans la police, mais simple avocate, elle joue cette fois les “détectives privés” pour innocenter le fiancé et trouver le coupable des crimes commis dans cette famille.

L’étude d’un poème, Lady Lazarus (Dame Lazare) de Sylvia Plath, laissée par la première victime, l’aidera à résoudre l’enquête.
« Mais qui est, ou qui sont, Herr Doktor, Herr Enemy, Herr God et Herr Lucifer, auxquels s’adresse la narratrice ? Plath utilise des appellatifs en allemand dans de nombreux poèmes traitant de son rapport au père […]. »

Fini le 13/11/2021

vendredi 12 novembre 2021

Chasse au loup de Armand Cabasson

(Série Quentin Margont, 10/18, 2005)

L'auteur nous décrit ligne à ligne toute la stratégie de cette bataille qui sera mémorisé sur le plan de Paris des victoires napoléoniennes en « Wagram ».

C’est vraiment passionnant à lire, comme regarder une vidéo de Quentin…

La poursuite du meurtrier des adolescents fait un peu anecdotique, mais donne de bonnes descriptions de la psychologie du capitaine et du hussard. Le lecteur ne saura pas les raisons d’agir du criminel, notamment pourquoi découper un sourire sur ses victimes.

« […] cette enquête lui procura un changement positif fondamental. [Il] lui avait prouvé que l’on pouvait triompher de son passé […]. Puisque [il] était enfin parvenu à sortir de sa cave, pas seulement par le corps mais aussi par l’esprit, […]. [Il] réussit à se libérer entièrement de l’emprise du souvenir des années d’enfance […]. »

Chronologiquement, ce livre raconte une bataille antérieure à la campagne de Russie relatée dans le précédent.

Fini le 12/11/2021

Le Mystère de Callander Square de Anne Perry

(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1980, Callander Square traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1997)

L'auteur nous décrit avec subtilité les comportements sociétaux de cette époque. La lecture des contraintes pour les femmes sont vraiment intéressantes à lire.

« — Mais c’est une épouse bafouée, observé Pitt. Sauf qu’elle ne croit pas au mensonge, mais l’affront reste le même.
— Ce n’est pas un affront […] du moment qu’elle n’y voit pas d’objection […]. L’affront serait de la ridiculiser en public. Tout le monde sait ce qu’il fait et aussi qu’elle, ça ne la dérange pas. Mais si elle était obligée de l’admettre, elle devrait soit lui faire une scène et se couvrir de ridicule, soit le cautionner ouvertement, et ce serait immoral. »

« Les péchés des pères sont retombés sur les enfants […]. »

Fini le 10/11/2021

Le Spectre de la nouvelle lune de Marc Paillet

(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1998)

Le récit se passe dans un coin du Berry, la Brenne et ses marécages, où une bande de rebelles tue en faisant passer leurs actes pour des diableries à l'apparition « de la nouvelle lune ».

Les passages sur l’histoire de France ne sont pas assez détaillés pour bien comprendre l’évocation du duc d’Aquitaine Waïfre.
« J’avais cinq ans lorsque mon père Waïfre a été tué par traîtrise. »

« Élevé dans le souvenir, embelli sans doute, d’un règne […] l’exécution d’un père devenu pour certains, si je t’en crois, un héros de légende, contraint de fuir, de te cacher […] feignant de te soumettre au pouvoir des Francs et, en même temps, menant contre eux une guerre secrète… »

Fini le 8/11/2021

L'énigme du dragon tempête de I. J. Parker

(Les Enquêtes de Akitada Sugarawa, 2005, The Dragon Scroll traduit de l'américain par Mélanie Blanc-Jouveaux, 10/18, 2008)

L’« inspecteur impérial » et ses aides se dépensent beaucoup : visites des notables et des manants, examen des comptes de la préfecture, séduction de belles femmes, etc.

« Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de craindre le pire. Jusqu’à présent, chacun de ses faits et gestes avait eu des conséquences dramatiques. La mort l’avait accompagné partout où il avait porté ses pas. »
« Dans toutes les décisions que j’ai prises en conséquence, j’ai toujours respecté le serment que j’avais prêté quand je suis entré au service de Son Auguste Majesté. »
« Devant la justesse de ces critiques, il avait honte des espoirs de récompense qui l’avaient accompagné pendant le long trajet de retour. »

Une histoire très agitée, mais qui rend sans doute bien l’état de la société à l’époque. La fin donne envie de lire le numéro suivant.

« Si vous suggérez […] que vous espérez vous voir confier une mission du même ordre ou toute autre position à responsabilité, vous êtes encore moins intelligent que je ne le pensais. Nous ne pouvons nous permettre d’employer des incompétents. »

On est très loin de la comparaison avec le « Juge Ti » qu’évoque l’auteur…

Fini le 6/11/2021

Le blues du chat de Sophie Chabanel

(Points, 2020)

Le chat, récupéré du précédent roman, s'adapte mal à ce nouveau logement et va en consultation chez un « zoopsychiatre ».

Pendant ce temps, notre commissaire restreint sa liste de coupables.

« Romano n’avait rien d’une justicière et avait choisi d’être flic pour le plaisir intellectuel de la chose : la résolution de l’énigme lui procurait toujours une intense satisfaction. Mais […]. On en revenait toujours là : préférer le coupable à la victime laissait un goût désagréable. »

Avec des réflexions bien senties :
« Que la première idiote venue s’autorise à se mêler de sa vie sous prétexte qu’elles étaient dotées du même appareil génital, voilà bien un truc qui la dépassait. »

Fini le 4/11/2021

Un vrai crime d'artiste de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1938, Artists in Crime traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1995)

Ce livre raconte la rencontre de l'inspecteur avec sa future femme, peintre, qui verra son modèle assassiné et son protégé tué à l'acide citrique.

« […] elle a été bouleversée tout de même. — Seulement au niveau de son joli estomac. Elle n’éprouve pas la moindre pitié pour ce misérable petit animal mort entre ses mains. »
et blessée par la « crinière ».

Une histoire un peu datée, mais agréable à lire.

Fini le 2/11/2021