dimanche 28 février 2021

Messieurs les jurés de Michael Underwood

(Série Nick et Clare Atwell, 1975, The Juror traduit de l’anglais par Marie Josée Lacube, Le Masque, 1977)

« Ce n’est pas si souvent que ma mémoire des détails me fournit une occasion de triomphe aussi prodigieuse. »

Ce juré, féru d’articles de journaux relatant des faits criminels, celui-là avec photo, a eu le tort de reconnaitre un voleur dans son jury et de lui remettre l’article.

Fini le 26/02/2021

La Pire des choses de Maurice-Bernard Endrèbe

(1947, Le Masque, 1984)

« […] imaginez-vous quel calvaire c’est d’être la femme d’un vieillard libidineux ? »

Cela donne envie de liquider la coupable, coupable d’avoir incité son amant à s’en débarrasser.

L’auteur a inventé un poison très efficace en boisson.

Fini le 25/02/2021

La mort au festival de Cannes de Brigitte Aubert

(Seuil, 2015)

L’auteur nous livre une narration bien saccadée qui donne envie de vite poursuivre.
L’héroïne, tétraplégique, nous livre ses réflexions à défaut de pouvoir les communiquer de “vive voix”. Avec un style bien imagé :

« Un compliment sur mon physique ! Je m’en ferais presque pipi dessus de joie, comme un chiot — eh oui, on ne dit pas “chiotte” pour les femelles, Dieu merci. »
« Ça me manque, les BD. Les livres, on peut me les lire. Mais on ne peut pas lire un dessin. »
« Isidore devrait me placer en fond de décor dans ses salles d’interrogatoire. Les prévenus déballeraient tout. L’effet Élise. Je devrais avoir l’habitude, mais ça m’étonne toujours que les gens s’épanchent, dégoisent, se livrent à moi sans retenue. Je suis une poupée de chair, une poupée de sons… »

« Des psychopathes au vrai sens du terme. »

Fini le 25/02/2021

L'Étranger de Kobe de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1986, Go Gently, Gaijin traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1994)

L’auteur se sort très bien de cette intrigue à haut risque qui met en scène des musulmans et des juifs séjournant au Japon.

Mais le coupable du meurtre du Soudanais respecte le précepte religieux et finit dans la baignoire.

Fini le 24/02/2021

Un fantôme peut en cacher un autre de John Dickson Carr

(Dr Gideon Fell, 1940, The Man Who Could Not Shudder traduit de l’anglais par Jean-André et Claudine Rey, Le Masque, 1987)

“L’homme qui ne pouvait pas trembler” (titre anglais) n’a pas pu résister à “l’homme qui ne prenait jamais aucun risque”. Celui-ci a manipulé l’amoureux comme une marionnette pour préparer le piège à sa place.

Le narrateur va éprouver « une étrange sensation au creux de l’estomac ».

Fini le 21/02/2021

dimanche 21 février 2021

Le Silence des oiseaux de Jo Bannister

(Série Castlemere, 1996, No Birds Sing traduit de l’anglais par Pascal Loubet, Le Masque, 1998)

L’intrigue est moins incohérente que le précédent titre de cette série, mais les personnages toujours aussi peu crédibles. Leurs réflexions, leurs ressentis, leurs décisions sont abondamment décrits, leur comportement peinant à y correspondre — faisant n’importe quoi pour se mettre en danger —, sans doute est-ce voulu par l’auteur, mais difficile à admettre de policiers émérites.

De bons passages sur la réaction de ces femmes suite à leur viol.

« Après le décès de sa femme, il n’a plus pu supporter de vous voir continuer à vivre […] et de vous mettre en travers de son chemin. »

Fini le 20/02/2021

Son dernier rôle de Margaret Millar

(1952, Rose's Last Summer traduit de l’anglais États-Unis par Marie-Claude Morel, Le Masque, 1961)

Cette comédienne capable de leurrer des policiers sous forme de cadavre est un début difficile pour l’intrigue sur les démêlés de cette famille en voie de ruine.

Mais c’est bien écrit, décrit et on finit par s’attacher à ces personnages foutraques, mentant avec beaucoup de sincérité sur les raisons de la présence du cadavre dans leur jardin.

« Parce que, sans doute, elle préférait cela, plutôt que de nous voir tous attendre sa mort avec impatience. »

Fini le 17/02/2021

Par-dessus bord de Carol Higgins Clark

(Série Regan Reilley, 1992, Decked traduit de l’anglais États-Unis par Anne Villelaur, Le Livre de poche, 1996)

L’intrigue est finement menée par petites touches, au fur et à mesure des découvertes à Oxford et sur le bateau, les personnages sont sincères, même les coupables.

Un très bon roman.

Fini le 16/02/2021

La Chambre aveugle de Florence Bouhier

(Le Masque, 1999)

Ce jeune garçon devient méchant sous l’influence d’un “fantôme” déjà lui-même méchant.
C’est pesant et illisible.

L’intrigue n’a aucun intérêt puisqu’il est évident pour le lecteur que le garçon tue ceux qu’il déteste, tel que le jardinier et sa fille personnages tellement caricaturés qu’on peut le comprendre [!]. La seule fin d’une telle histoire est la même mort pour le garçon que son “inspirateur”.

Fini 15/02/2021

lundi 15 février 2021

Mortelle Cérémonie de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1985, The Death Ceremony traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1993)

L’auteur nous présente l’organisation d’une Maison de la Cérémonie du thé.

Le meurtre du Grand Maître est d’abord attribué à une erreur de cible, mais la demande de mutation d’un inspecteur attire l’attention sur la famille.

C’est encore une fois une intrigue bien montée.

Fini le 14/02/2021

Quantum de Patricia Cornwell

(2019, traduit de l’anglais États-Unis par Dominique Defert, J.-C. Lattès, 2020)

« Spécialiste en mécanique quantique et enquêtrice en cybercriminalité, Calli sait que l’approche imminente d’une tempête avec le shutdown décidé par le gouvernement créent des conditions idéales pour un sabotage.
Le danger dépasse toutes ses craintes. Des indices troublants indiquent que Carmé, sa sœur jumelle, portée disparue depuis plusieurs jours, est liée à cet incident. »

J’aurais dû lire cet extrait de la présentation, car tout ce qui est intitulé “cybertruc” me révulse et effectivement je n’ai tenu que jusqu’à la page 40 (sur 396 !).

Il faut à un auteur beaucoup de clarté simplificatrice dans son texte pour retenir l’attention d’un public aussi ignare que moi en ces matières “quantiques” ; les redondances dans les réflexions de l’héroïne dans les premières pages sont un mauvais présage.

Mis de côté le 8/02/2021

Au 5e étage de la faculté de droit de Christos Markogiannakis

(2014, Στον 5ο όροφο της Νομικής traduit du grec par Anne-Laure Brisac, Albin Michel, 2018)

Une intrigue bien montée, des personnages bien vivants, un auteur à suivre.

« Plus aucune ombre ne subsistait désormais sur le double crime de la faculté de droit. Hormis celle qui voilait les âmes et les visages des cinq personnes qu’il venait de laisser derrière lui. »

Même la présentation du meurtrier est intéressante, avec des chapitres sur ses réflexions, décrites simplement, sans surenchère de pathos, qui permettent de reconnaître un personnage atteint de schizophrénie.

Fini le 12/02/2021

jeudi 11 février 2021

Le Fantôme du cavalier de John Dickson Carr

(Sir Henry Merrivale, 1953, The Cavalier's Cup traduit de l’anglais par Danièle Grivel, Le Masque, 1993)

Venu dans cette vieille maison aux vitres plombées, le père états-unien de la Lady affiche son mépris pour les Anglais et leur roi, mais ne peut s’empêcher de désirer leur histoire.

Hilarant !

Fini le 9/02/2021

Crime à Chicago de Fredric Brown

(Série Ed et Am Hunter, 1947, The Fabulous Clipjoint traduit de l’anglais États-Unis par Robert Saint-Prix, 1982, 10/18)

Un style d’écriture trop sec pour permettre d’entrer dans l’intrigue, peut-être dû à la traduction, et l’oncle et son neveu sont peints à grands traits sans consistance réelle.

Difficile de s’intéresser à cette enquête qui permet de trouver les coupables d’un braquage et de comprendre que le meurtrier n’a fait que suicider la victime.

Fini le 7/02/2021

Coup de froid de Lynda La Plante

(Série Lorraine Page, 1994, Cold Shoulder traduit de l’anglais par Gilles Berton, Le Livre de poche, 1999)

L’auteur nous présente des personnages très typés états-uniens.
« Elles se tinrent côte à côte, tel un duo de comiques : l’une grande et maigre, l’autre tout en rondeurs. » qui fréquentent évidemment les réunions d’AA.

L’intrigue, qui tourne autour de la culpabilité de personnes qui “se travestissent en habits de femme”, a des relents méprisants assez désagréables à la lecture, mais bien dans l’esprit de la morale des USA.

La conclusion est claire :
« J’aurai toujours une immense dette à l’égard des AA et de mes amis. Je me sens enfin en paix avec moi-même et avec Dieu. »

Fini le 5/02/2021

Sayonara, douce Amaryllis de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1983, Sayonara, Sweet Amaryllis traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1995)

« […] la nouvelle selon laquelle son vieil ami avait un fils à moitié coréen lui brûlait l’esprit, et pour la première fois de sa vie Otani avait, au cours de sa promenade, longuement médité sur la situation peu enviable de la communauté coréenne au Japon. »

Les Coréens sont effectivement souvent considérés comme des “empoisonneurs” (avec licence pour servir le fameux poisson), des trafiquants de drogue (notamment avec la Corée du Nord). L’auteur délaie un peu le sujet en ne faisant pas intervenir directement aucun personnage coréen, le seul nommé se réfugiant dans le silence.

Fini le 3/02/2021

lundi 1 février 2021

L'Horoscope du mort de Yves Dartois

(Le Masque, 1937)

Un coupable évident, mais l’auteur construit une intrigue à base d’occultisme qui cache bien son jeu, notamment avec les confidences de celui qui devait être accusé et se laisse prendre à ces horoscopes.

Un style bien agréable à lire.

Fini le 1/02/2021

La Maison sans joie de Kate Ross

(Série Julian Kestrel, 1995, A Broken Vessel traduit de l’anglais par Pascal Loubet, Le Masque, 1995)

Dans un Londres du 19e siècle, le héros de la série est un « gentleman » qui s’occupe en voulant résoudre des crimes. Il enquête avec son valet et sa sœur très débrouillards.
« Julian se demanda, et ce n’était pas la première fois, comment faisaient pour se débrouiller dans l’existence les autres gentlemen qui n’avaient pas un ancien voleur comme valet. »

Le traducteur a bien rendu l’orthographe du billet écrit par la jeune femme qui mène l’enquête.
« Si vous voulez an savoir plus sur une sertaine lètre venez au Coquelet ce soir à diseur. »

« J’aurais dû me douter que c’était toi son fils. Tu es exactement comme elle. Vous avez pas de cœur, ni l’un ni l’autre et vous adorez piétiner les gens et les voir souffrir. »

Fini le 31/01/2021

Mort d'une duchesse de Elizabeth Eyre

(Série Sigismondo, Death of a duchess traduit de l'anglais par Gilles Berton, 10/18, 1999)

Le duc veut calmer les deux familles ennemies en mariant la fille et le fils. Cela entraine tout ce monde dans un délire de conspirations qui aurait permis au duc rival d’investir le terrain.

Beaucoup de péripéties, racontées avec humour, permettront au héros de montrer au duc les vrais coupables.

Ce nom d’auteur, pseudonyme de deux femmes, est complètement ignoré des listes Wikipedia et du site de l’éditeur. Bizarre, car ce personnage, vivant à la Renaissance italienne, est emblématique de cette collection.

Fini le 27/01/2021

Les Mécaniques du Crime de Sylvain Larue

(Une enquête de Léandre Lafforgue, n° 4, De Borée, 2019)

Le final est digne d’un feuilletoniste du 19e siècle : apparition d’un père (un carbonaro !), d’une sœur (enceinte bien sûr !) et d’un ex-ami méchant qui évidemment réussit à s’enfuir en laissant un mort.

Ce livre n’est pas inintéressant sous l’angle de la vie sous le début du Second empire, mais l’auteur donne un peu trop l’impression de faire du remplissage pour boucler ses quatre cents pages. L’intrigue est bâclée : il est difficile de s’intéresser à l’enquête sur ces bombes, le récit est trop dilué et se terminera effectivement dans la montagne italienne avec un fil rouge de suite [?].

Fini le 26/01/2021