(1976, 黒の環状線 traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Picquier poche, 1998)
Cet auteur de roman policier se base, comme d'autres, sur la précision des alibis avec des détails sur les horaires et les déplacements.
« Or, il se trouve que les suspects potentiels ont tous un alibis en or, de sorte que la police est obligée de se rabattre sur ce client inconnu que personne n’avait jamais vu auparavant dans le bar. C’est une affaire très étrange, une sorte de labyrinthe dont on ne discerne ni les tenants ni les aboutissants… »
La précision dans les recherches permettra de trouver la faille, la ressemblance dans le lotissement.
Fini le 31/10/2021
dimanche 31 octobre 2021
La Ronde noire de Misa Yamamura
L'été tous les chats s'ennuient de Philippe Georget
(Pocket, 2012)
Les “chats” du titre sont repris dans le poème du coupable, emmêlés avec les “souris”, qui seraient soit le coupable, soit la victime, soit le policier.
L'auteur nous donne des personnages bien décrits, attachants même dans leurs troubles amoureux. Mais les motivations du coupable ne sont pas très claires, entre probable assassinat du père et haine de la mère, et pourquoi l'enlèvement ? uniquement pour jouer avec la police ?
« Il n’avait qu’un regret : ne pas avoir joué plus tôt. Pourquoi avait-il fallu qu’il attende la maladie de sa mère ? Comme s’il avait pu craindre qu’elle n’ait un jour honte de lui. Il la haïssait tant. »
Fini le 29/10/2021
Dans l'ombre de la reine de Fiona Buckley
(Série Ursula Blanchard, 1997, To Shield the Queen traduit de l'anglais par Corine Derblum, 10/18, 2006)
Pseudonyme de Valerie Anand, avec un sous-titre en anglais a Mystery at Queen Elizabeth I’s Court : Introducing Ursula Blanchard.
L'auteur nous offre un personnage féminin bien construit, avec ses convictions, ses peurs et son courage.
« Je restais debout, inébranlable […] alors que j’aurais voulu m’effondrer et enfouir ma tête entre mes bras. La cour, que j’avais trouvée si palpitante, où je m’étais sentie chez moi, m’apparaissait soudain tel l’antre du mal, peuplé de traîtres qui ourdissaient leur toile et appâtaient les autres à l’aide de beaux mensonges sur l’intérêt du royaume, la loyauté, la délivrance charitable d’une pauvre malade. »
Fini le 26/10/2021
Le Dernier Rêve de la colombe diamant de Adrian Hyland
(2006, Diamond Dove traduit de l'anglais Australie par David Fauquemberg, 10/18, Domaine policier, 2009)
L'auteur doit détester ce pays pour en faire une description aussi cauchemardesque. Son personnage principal, Emily Tempest qui donne son nom à la série, est une jeune femme perdue dans l'univers et dans ses rêves, facilement terrorisée et qui accuse sans motifs un simplet vivant en sauvage.
L'histoire n'est qu'une suite de catastrophes, avec tueries particulièrement sanglantes, provoquées par des querelles de territoires pour tirer un maximum de fric de ces terres, où vivent des “aborigènes”.
« J’ai eu beau me démener, me bagarrer, faire chier la terre entière, fourrer mon nez partout et mettre tout le monde hors jeu, qu’avais-je obtenu au final ? Peau de balle. À part faire tuer plusieurs personnes […] et augmenter la part que Sweet toucherait des profits. »
Mais la cavalerie arrive ! et le lecteur pousse un ouf…
Fini le 25/10/2021
Un futur plus que parfait de François-Henri Soulié
(Les aventures de Skander Corsaro, éditions du Masque, 2017)
Cet auteur a l'art des expressions qui enjolivent un texte.
« Ce n’est pas pour me vanter, mais en tant que poisson jaune de compagnie, mon ami Blb est vraiment ce qui se fait de mieux. Après deux ans de vie commune, c’est toujours le même enthousiasme de part et d’autre du bocal. »
« Patienter dans une bibliothèque, c’est le genre d’exploit tout à fait à ma portée. Pendant que Félix bricolait sur son ordi, je me suis mis à fureter parmi les étagères comme un cochon truffier sur la piste de la perle brune. Les bouquins sont ma vraie patrie. En apprenant à lire, j’ai appris à ne manquer de rien. »
« C’est pour ça qu’elle était célèbre. Elle ratait tous ses numéros. C’était très drôle. Il faut beaucoup de talent pour tout rater… » « Cela voudrait dire que les gens qui croient avoir raté leur vie l’auraient réussie sans le savoir ? Y aurait-il un message d’espoir pour les petits, les obscurs, les oubliés, les “sans-grade”, les “comme vous et moi” ? »
Le simple plaisir de la lecture fait un peu oublier l’enquête sur la disparition des enfants et les turpitudes des laboratoires.
Fini le 24/10/2021
vendredi 22 octobre 2021
L'Étrangleur de Cater Street de Anne Perry
(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1979, The Cater Street Hangman traduit de l'anglais par Annie Hamel et Roxane Azimi, 10/18, 1997)
Cette histoire nous donne une bonne présentation des comportements à l'époque victorienne, tous les propos doivent être feutrés, les attitudes bien étudiées…
« — Quand vous serez mariée, vous comprendrez. […] Que les hommes […] vont parfois… […].
— Que vous avez des règles de conduite pour vous-mêmes, et d’autres pour nous, dit-elle avec aigreur. »
« Je sais qu’il y a une échelle de valeurs pour les femmes, et une autre pour les hommes, mais même vous [son père] ne pouvez la rendre élastique à ce point-là ! »
Et ceux qui prêchent pèchent également.
Fini le 22/10/2021
La Cité de l'horizon de Anton Gill
(Série Mystères égyptiens, 1991, City of the Horizon traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 1994)
Le contexte “égyptien” ne sert que de décor, le récit ne nous montre rien de la vie à l'époque du début du règne de Toutankhamon. Les personnages se comportent banalement entre épouse, divorce, “maitresse”, etc. avec quelques mises en scène de démons et des croyances religieuses de cette dynastie.
« Il savait qu’elle n’avait pas hérité de sa fortune mais l’avait construite de toutes pièces, et aussi qu’elle tirait de leur liaison le pouvoir et le statut social bien plus que la richesse matérielle. »
La lecture de cet auteur est sans intérêt.
Fini le 19/10/2021
Mon premier meurtre de Leena Lehtolainen
(Série Maria Kallio, 1993, Ensimmäinen murhani traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, J'ai lu. Policier, 2011)
La joyeuse réunion de la chorale dans l’été finlandais se termine dans l’eau pour le dirigeant.
L’enquêtrice nous emmène dans les bas fonds de la vie de la victime.
« De l’eau-de-vie et des call-girls estoniennes. […] avait plus d’une corde à son arc. […] Était-il possible que le meurtre soit en fin de compte l’œuvre de la mafia russe ? »
« Il m’a ri au nez. Tu croyais vraiment qu’on se faisait un fric pareil avec du shit, a-t-il dit. »
Fini le 18/10/2021
Le Rire du bourreau de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1996, The Laughing Hangman traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2004)
Encore de belles colères dans la troupe, notamment contre ce nouvel auteur un peu trop agressif.
« Seul quelqu’un qui aurait vu de ses yeux la première victime connaîtrait les détails indispensables. Seul un excellent acteur, possédant le don de l’imitation, pourrait contrefaire un rire pareil. »
Celui qui veut dénoncer la « profanation » de l’ancienne religion.
Fini le 16/10/2021
Crime au Moulin vert de Kerry Greenwood
(Série Phryne Fisher, 1993, The Green Mill Murder traduit de l'anglais Australie par Pascale Haas, 10/18, 2008)
Ce livre nous donne une leçon de jazz et nous emmène en avion dans le “bush”.
« […] elle avait envie de partir, de retrouver les lumières éclatantes, le bruit, les gens, les téléphones et les automobiles. […] lui et son environnement étaient une passion à savourer à petites doses, comme l’absinthe, qui vous rendait fou tôt ou tard. »
« Quoi qu’il en soit, nous avons été sauvés par un wombat. »
« Son opinion concernant les trompettistes venait de se confirmer. [Il] n’avait pas bougé d’un pouce. Seuls ses yeux regardaient sur le côté, comme s’il réfléchissait à une retraite possible. »
Fini le 14/10/2021
mercredi 13 octobre 2021
… Quant à la femme de Francis Iles
(pseudonyme d'Anthony Berkeley, 1933, As for the Women traduit de l'anglais par Josette Pinaud, 1945, Folio, 1986)
Le roman de la subtile manipulation d'un couple sur un jeune étudiant d'Oxford.
« […] Pourquoi est-ce que je ne peux pas prendre une tasse de thé sans renverser les meubles ? Pourquoi est-ce que je rougis dès qu’on m’adresse la parole ? »
« Alan était intimidé chaque fois qu’il se trouvait avec un étranger qui paraissait tout à fait à son aise. Mais lorsque cet étranger se trouvait être une femme, cet effet était intensifié. »
Cela le rend prêt à “s’habiller en femme” pour fuir…
Fini le 12/10/2021
Vu comme ça…
C'est la meilleure des définitions, « Ronds points en enfilade », pour « Trémas ».
Grille 4/5 finie le 12/10/2021
Lagune morte de Michael Dibdin
(Série Aurelio Zen, 1994, Dead Lagoon traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina, Le Livre de poche, 1999)
« Si Rome était un labyrinthe où s’affrontaient des cliques diverses et puissantes, chacune avec son lot de secrets à protéger, ici [Venise] tout était jeu de lumières, un mouvement sans fin d’apparences dénuées de forme ou de substance. On n’y obtenait que ce qu’on y voyait, et c’était tout. »
« Le sort d’Ivan Durridge, celui de Rosetta Zulian et celui de son père aussi resteraient enveloppés de mystère pour toujours, sujet de spéculations, de distinctions subtiles et de radotages séniles. Zen avait l’impression d’être une mouche dans la toile d’une araignée morte. »
Le lecteur aura des éclaircissements, à coups d’entretiens, mais le policier n’arrivera pas à solidifier ses histoires, qui feront des plongeons dans les canaux.
Fini le 11/10/2021
Et la brume et la neige de Michael Innes
(Série John Appleby, 1940, There Came Both Mist and Snow traduit de l'anglais par Michèle Hechter, 10/18, 2003)
« Je ne sais si vous êtes une charmante famille mais je sais que vous n’êtes pas le genre de famille au sein de laquelle se fomentent des assassinats. »
Le narrateur fait partie de cette famille et il a « caché un élément important » qui laisse l’enquêteur s’interroger.
« […] je savais que l’explication se trouvait quelque part, dans un coin de mon cerveau. »
Jusqu’à ce qu’il retrouve le poème :
« Bientôt vinrent ensemble et la brume et la neige,
Il fit un froid prodigieux. »
Et tout cela se réduit à « Beaucoup de bruit pour rien ».
Fini le 8/10/2021
La Dernière victime de Emmanuel Ménard
(Le Masque, 1992)
Sur la base de l'immarcescible histoire de “Jack l'Éventreur”, l'auteur nous raconte une délirante histoire de vengeance.
« Possédant sans doute quelque argent qui avait échappé aux quatre autres prostituées, la fillette avait pu partir n’importe où en Angleterre […]. »
Le « maître chanteur » sera réduit à quia… par une ultime vengeance.
Fini le 6/10/2021
mercredi 6 octobre 2021
La Mort pour voisine de Colin Dexter
(Série Inspecteur Morse, 1996, Death is Now My Neighbour traduit de l'anglais par Jacques Guiod, 10/18, 1999)
La morte voisine n’aurait pas dû côtoyer de si près le maître chanteur à la queue de cheval.
Ce livre sent la fin de série. L’inspecteur atteint de diabète revient d’hospitalisation.
« Et soudain Lewis [l’adjoint de l’inspecteur] se sentit très heureux de reprendre le collier aux côtés de cet homme arrogant et guère gracieux, vulnérable et adorable, avec qui il avait travaillé si étroitement depuis tant d’années ; un homme qui paraissait quelque peu plus mince, plus pâle que lorsqu’il l’avait vu pour la dernière fois, mais qui n’avait rien perdu de sa brusquerie pour lui demander s’il avait vérifié l’heure à laquelle Storrs était parti de chez lui le jour de sa dernière escapade à Paddington […]. »
À la fin, Lewis aura droit à une carte de remerciement signée du prénom de l’inspecteur.
Exemple d'une épigraphe de l'auteur, chapitre XXI : « Un conservateur est quelqu’un qui est épris des maux existants ; en cela, il se distingue du libéral, qui souhaite les remplacer par d’autres. » de « Ambrose Bierce, Le Dictionnaire du Diable. »
Fini le 4/10/2021
Le Sabre du Calife de Marc Paillet
(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1997)
La présentation en 4e de couverture nous avertit que « Cette nouvelle enquête nous entraîne à la découverte du monde musulman de l’époque [an 802]. »
C’est très intéressant, bien documenté, avec notice historique et glossaire, et avoir acquis les éléments donnés par les cartes d’HerodoteVidéos aide à mieux visualiser les frontières, les trajets.
La description de la « ville ronde » (lieu de résidence du calife) est particulièrement précise, notamment les étapes du cheminement pour accéder au souverain : « des gardes, aidés par des serviteurs et des eunuques, […] leur firent traverser des palmeraies, des vergers, […] un palais où étaient exposés des prises de guerres. […] un paysage aquatique, […] un magasin où étaient entreposés par centaines des tapis […]. Ce fut ensuite une ménagerie […]. Puis, après la fauconnerie, […] un édifice décoré de mosaïques. […] un détour par la bibliothèque qui comportait deux douzaines de salles […]. » etc.
Mais, avant d’y arriver, le Saxon dut mener l’enquête avec le comte.
« Il s’indignait encore des traverses rencontrées et des dommages subis alors qu’ils n’étaient qu’un pion dans une partie dont l’enjeu n’était autre, il est vrai, que le pouvoir suprême en l’Empire abbasside. »
Fini le 2/10/2021
Le Mauvais Génie de Edward Marston
(Série Nicholas Bracewell, 1995, The Roaring Boy traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2003)
Un inventeur est assassiné pour refus de se plier au trafic d’armes.
« Le coupe-papier était incroyablement léger et brillait avec un éclat particulier. »
Les acteurs jouent cette fois dans les coulisses de l’enquête : en prison pour l’auteur, dans les bouges pour les associés… pendant que le régisseur soutient la victime et cherche la solution.
« Vous avez composé une pièce qui nous a tous guéris d’une rage de dents ! »
Fini le 29/09/2021
Qui a tué Glenn? de Leonie Swann
(2005, Glennkill traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2020)
L'idée d'incarner des moutons est amusante.
« Je ne voulais pas seulement déguiser des hommes en moutons, mais je voulais donner vie à de vrais animaux, convaincants en tant que tels — des moutons avec des pensées de mouton, avec des priorités et des besoins complètement différents des nôtres, propres à leur vie de mouton. »
Donc : « Cela veut dire que George poursuit son assassin sous la forme de moutons. »
Mais le résultat de la mise en scène moutonnière ne sera pas celui attendu.
400 pages, c’est long…
Fini le 28/09/2021