(Série Daniel Pitt, 2020, One Fatal Flaw traduit de l'anglais par Florence Bertrand, 10/18, 2020)
« Qu’en était-il des dirigeants, du gouvernement, des experts à qui on se fiait pour vous guider, qui occupaient leur poste parce que tout le monde vous affirmait qu’ils avaient raison ? Et s’ils se trompaient ? » « On obéissait aux lois universelles de la science, aux lois humaines, justes, du système judiciaire. Si on exécutait des innocents, alors personne n’était à l’abri. »
L’intrigue démonte ce que présente le titre original, « Un défaut fatal », dans des témoignages d’un expert.
Une lecture dense et passionnante !
Fini le 25/08/2022
jeudi 25 août 2022
Le Brasier de Tooley Street de Anne Perry
Un coin tranquille pour mourir de Yvonne Besson
(2004, Pocket, Policier, 2006)
L'auteur embrouille bien son intrigue avec les apartés du « journal » dont le rédacteur « a réussi ce tour de force de rédiger des pages et des pages à la première personne du singulier sans laisser échapper un seul accord masculin ou féminin qui aurait pu trahir son identité sexuelle. »
Alors que ce n’était qu’une histoire de fric.
Fini le 23/08/2022
Mourir pour du chocolat de Diane Mott Davidson
(Série Goldy Schulz, 1993, Dying for Chocolate traduit de l'américain par Agnès Girard, J'ai lu, Policier, 1999)
Le propriétaire de la société « Les Trois Ours » accuse Goldy Bear d’avoir volé son nom. La solution est qu’elle prenne celui de son futur mari.
« […] je repensai à tous ceux qui avaient fait partie de ma vie ce dernier mois. Tous avaient voulu la même chose : forcer l’amour. Adelle et Weezie adoraient Brian et avaient essayé de rendre cette adoration réciproque. Je m’étais bercée de l’illusion qu’Adelle était une amie et une confidente. Julian était amoureux de Sissy. Sissy, elle, était amoureuse de la perspective d’épouser un médecin. Et je voulais qu’Arch m’aime pour qu’il choisisse de vivre avec moi plutôt qu’avec son père. »
L'auteur nous régale en insérant dans son livre des recettes très spéciales.
Fini le 21/08/2022
>>> Les deux pauvres autres titres (sur dix-sept !) édités en français n’existent qu’en grand format…
Comme à Rome de Ngaio Marsh
(Série Roderick Alleyn, 1970, When in Rome traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1996)
« Quelle pouvait être la position d’un détective britannique à Rome […] alors qu’un citoyen britannique d’allure louche avait très certainement été assassiné, probablement par un autre Anglais, peut-être par un Hollandais ou, vraisemblablement, par un Italien, tout cela sur un domaine géré par des dominicains irlandais ? »
Alors que le policier est venu pour déjouer un réseau de drogue…
Fini le 19/08/2022
jeudi 18 août 2022
Toute la mort devant nous de Sandra Scoppettone
(Série Lauren Laurano, 1996, Let's Face The Music and Die traduit de l'américain par Nathalie Mège, Fleuve noir, 1997)
« […] mon meilleur ami [le policier] s’est fait tirer dessus et a failli y passer, je suis harcelée par un fou qui m’a violée il y a longtemps, la tante d’Elissa [une amie] a été assassinée, on a attaquée Elissa, Kip est partie, et il y a cette… cette femme qui n’arrête pas de m’écrire [la future maîtresse]. »
Un peu trop copieux pour une seule histoire, mais c’est le style de cet auteur d’empiler un tas d’intrigues que son héroïne doit débrouiller en même temps et bien terminer, sauf peut-être sa relation avec « cette femme ».
Fini le 18/08/2022
Morts en coulisses de Mary Jane Clark
(2006, Lights Out Tonight traduit de l'anglais États-Unis par Mathieu Périers, Le Livre de Poche, 2010)
Dans ce livre, l’auteur nous présente la « sociopathie ».
« L’écriture était ciselée, et l’enchaînement des scènes, jusqu’au point d’orgue où Valérie démasque son sociopathe de mari, tout simplement remarquable. » « […] seule une personne ayant des connaissances poussées en psychiatrie pouvait traiter un tel sujet avec autant de brio. »
Mais « Quand on est pressenti pour une telle récompense, il faut à tout prix éviter la moindre contre-publicité. ».
Le montage de l’intrigue est toujours le même, avec les apartés sentimentaux et les problèmes professionnels de ces journalistes de la télévision, et le suspense reposant sur le comportement des éventuels coupables.
Fini le 16/08/2022
Baby blues de Pascal Basset-Chercot
(Une enquête de l'inspecteur Déveure, dit Le Boiteux, 1988, Pocket, Policier, 2005)
Un style d'écriture plaisant à lire concis et imagée, avec quelques erreurs amusantes (un personnage déguste un « flanc »).
L’intrigue est bien menée et les boitillements du policier bien mis en scène.
Sur la mairie « un énorme graffiti tracé à la peinture noire : “Repère à cochons” ».
Dans l’agence immobilière, « je boite vers la secrétaire, une brune équipée tout informatique et éclairée comme un billard ».
« Et le squelette ? »
« […] je m’en suis servi pour lui faire peur. […] elle avait tué Kima… »
Fini le 15/08/2022
La Danseuse à l'éventail de Erle Stanley Gardner
(Série Perry Mason, 1947, The Case of the Fan Dancer's Horse traduit de l'américain par Alice Le Bayon, J'ai lu, Policier, 1984)
La première édition en français a paru sous le titre La Danseuse et le Cheval, mais cet animal n'a pas un grand rôle dans l'intrigue, uniquement celui de brouiller les pistes.
« L’éventail » est l’instrument de travail des « deux danseuses », et tout le suspense repose sur la façon dont Perry va trouver moyen de le démontrer au tribunal.
Fini le 14/08/2022
Noces de soufre de Jean Amila
(pseudo de Jean Meckert, 1964, Folio policier, 1999)
« Nous pourrions à la rigueur nous éviter […] les bains sulfureux. […] ce que je te propose, ma Nanie, c’est en quelque sorte des noces de soufre. »
« Pauvre André, travailleur tenace, avec ses cours de droit et de fiscalité […]. Avec son judo, ses mystères, sa maîtresse, et qui n’avait finalement jamais rien vu, jamais vécu […]. »
« J’ajouterai que c’est un type qui se fout complètement du fric. Sacrifier vingt ou trente millions en fumigène pour se camoufler, c’est une idée d’homme foncièrement désintéressé. »
Mais il y avait « les deux vis ».
Une histoire aussi ancienne que l’amour-haine dans un couple.
Fini le 13/08/2022
La maison du coyote de Peter Bowen
(Les Mystères de Gabriel du Pré, 1995, Specimen song traduit de l'américain par Carole D'Yvoire, 10/18, 2002)
L’histoire se passe au Montana à la frontière canadienne et transite par Washington et les tribus amérindiennes, où l’on apprend que le « french » est toujours apprécié et « l’anglais » honni.
« […] ils ne savent pas d’où il est venu. Juste qu’il est resté dans le coin pendant un certain temps, et parlait des barrages et des canots, et de la façon de se battre. […] Évidemment, se battre, c’est bon. »
« — Tu as tué beaucoup de gens, pourquoi as-tu fait ça ?
— J’aime ça, tu ne comprendrais pas. »
Les armes sont interdites au Canada, mais pas la fronde.
L’intrigue est un peu trop diluée pour créer du suspense, mais la lecture de la vie là-bas est intéressante.
Fini le 12/08/2022
jeudi 11 août 2022
Jenny et le vandale de Nancy Pickard
(Enquêtes de Jenny Cain, 1985, Say No to Murder traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, 1998)
« […] ce ou ces fauteurs de troubles ne cherchaient pas à faire échouer le projet ! »
Mais le “vandalisme” permet de cacher les meurtres évidemment.
L’auteur nous sert un bel exemple de la course aux racontars qui ternissent les réputations (du père et de sa fille) et de la voracité des actionnaires (sauf le gentil banquier).
Fini le 10/08/2022
Un rayon de lune sur le pilori de Georgette Heyer
(Commissaire Hannasyde, 1935, Death in the Stocks traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2002)
Tous les suspects racontent n'importe quoi pour se rendre intéressants, mais leur avocat sait bien qu'il peut leur faire confiance.
C'est un petit polar assez foutraque dont le lecteur peut deviner facilement la fin bien sage et logique de la part d'une « chercheuse d’or ».
Fini le 8/08/2022
Black Berry ! Meutres au pays
(La Bouinotte, 2013)
Gilles Guillemain, L'essence du désir
Voleurs volés.
Pierre-Olivier Lombarteix, Lisztomaniaque
Un pianiste avec également de la peinture au programme.
David Verdier, Le cadavre qui vieillissait
La résolution toute simple d'une ancienne énigme.
François Coulaud, La photo
Un huissier trop vorace.
Jean-Marc Desloges, Nuit blanche sur écran noir
Un rémouleur en vidéo.
Christian Daumas, Sans son Chopin !
Un enregistrement précieux.
Yvan Bernaer, Dernière filature
Un policier retraité obsédé par Opinel.
Sébastien Acker, Victor malgré lui
Nouvelle dédiée « à tous ces héros malgré eux ».
Fini le 9/08/2022
En secret de Mary Higgins Clark
(2019, Kiss The Girls And Make Them Cry traduit de l'anglais États-Unis par Anne Damour, Albin Michel, 2019)
Le titre anglais (Embrasse les filles et fais-les pleurer) indique le fond de l'intrigue basée sur le mouvement « Me Too » dénonçant le harcèlement sexuel.
« […] les femmes qui décident de se plaindre sont écoutées. Dans la plupart des cas, leurs accusations sont prises au sérieux. Les entreprises, quelles qu’elles soient, détestent avoir mauvaise presse. Beaucoup choisissent d’indemniser, en échange de leur silence, leurs victimes pour que rien ne s’ébruite. »
Le suspense consiste à savoir qui préfère assassiner celles qui résistent.
Fini le 7/08/2022
McGarr sur les falaises de Moher de Bartholomew Gill
(pseudonyme de Mark McGarrity, 1978, McGarr on the cliffs of Moher traduit de l'anglais Irlande par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2001)
Le style d'écriture trop haché rend la lecture pénible. Le policier de la série est une sorte de butor brailleur (« un Dublinois miniature d’une humeur de dogue ») qui fait surgir ses témoins et ses indices sans explication, ce qui gêne le suivi de l'intrigue malgré les bons développements (après coup) des autres policiers (et que vient faire « l’épouse » McGarr dans cette histoire à part donner des recettes de cuisine ?!).
Il s'agit, bien évidemment de la part d'un auteur états-unien rejeton d’Irlandais, de la violence de « l’I.R.A. » et du complot que voulait comprendre cette journaliste venue de New York.
Fini le 6/08/2022
Fête fatale de William Katz
(1984, Surprise party traduit par Danielle Michel-Chich, Le Livre de Poche, 1987)
L'intrigue est minutieusement construite, le suspense étant créé par les pensées et le comportement de l'épouse. Le lecteur sait qu'elle risque d'être assassinée.
« La vie de Samantha commençait à prendre l’allure d’une suite de devinettes et de jeux de hasard. »
« Avez-vous déjà entendu parler de la “schizophrénie des anniversaires” ? […] Eh bien, vous allez en entendre parler beaucoup. J’appelle cela la “schizophrénie à date fixe”. »
C’est le seul thriller de cet auteur à avoir eu du succès.
Fini le 4/08/2022
Le Secret du Docteur Danglars de Jean Contrucci
(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2006)
L'illustration de la couverture permet de deviner le « secret ». L’intrigue consiste à comprendre comment notre journaliste va s’en débrouiller.
« […] l’établissement chic au décor luxuriant, avec ses piliers décorés de fleurs de lotus, ses murs ornés de tapisseries aux motifs compliqués, […] n’était pas à la portée du premier venu. […] L’opium était la drogue à la mode, celle qui rendait le moindre rimailleur en panne l’égal de Baudelaire et aux bourgeois gras et stupides donnait l’illusion fugitive d’être des aventuriers romanesques. »
Mais, dans ce livre, le neveu fait des infidélités à son oncle chéri.
« J’ai vu là l’opportunité de mettre en place la vengeance que je ruminais depuis quinze ans. »
Fini le 3/08/2022
mardi 2 août 2022
Un certain goût pour la mort de P. D. James
(Cycle Adam Dalgliesh, 1986, A Taste for death traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum, Le Livre de Poche, 1989)
L'auteur nous relate minutieusement toutes les pensées de ses personnages : le baronnet avant sa mort, la « Lady » sa mère menant sa maison de son fauteuil, sa seconde épouse que « Lady » mais rouée, et leurs proches, l’amant, le frère, la fille…
Cela donne un livre dense, pour arriver à sa conclusion.
« Il était là le mobile, exposé à ses yeux dans toute sa mesquinerie et son arrogance, fondamentalement insuffisant, mais terriblement puissant. Et il reconnut l’esprit qui se trouvait derrière. […] C’était celui d’un meurtrier qui ne se contente pas d’ôter la vie, mais qui se venge de l’humiliation par l’humiliation, […] qui souhaite non seulement la mort, mais aussi le déshonneur de sa victime. »
La seule femme de l’équipe du commandant montre sa ruse et son courage pour aller jusqu’au bout.
Fini le 1/08/2022
L'île au secret de Ragnar Jónasson
(La Dame de Reykjavik, 2016, Drungi traduit de la version anglaise revue et corrigée par l'auteur, d'après l'islandais, par Ombeline Marchon, Éditions de La Martinière, 2020)
« Deux filles, Katla et Klara, qui appartenaient à la même bande de copains, tuées à dix ans d’intervalle. En Islande, où les crimes de sang étaient rares. […] De toute évidence, les deux affaires étaient liées. »
La jalousie provoque des gestes inconsidérés et les paysages islandais sont abruptes.
Fini le 29/07/2022
Sombre romance de Sheila Radley
(1980, The Chief Inspector’s Daughter traduit de l'anglais par Martin Short, Le Masque, 1982)
La « fille » de « l’inspecteur chef » prend le poste de secrétaire d’une romancière célèbre pour remplacer celle qui veut se marier. Mais « la perspective d’élever des cochons ne lui souriait pas trop » et elle voulut se racheter.
Fini le 28/07/2022
Monopolille de Philippe Declerck
(Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2014)
Le texte aurait eu besoin d'une bonne relecture correctrice pour élaguer des incohérences malvenues, par exemple la victime de l'incendie est présentée la première fois comme « ivoirien » et ensuite comme « de Guinée ».
L’intrigue est classique, élimination d’un témoin de concussion et policier tenace.
« Plus elle progressait, plus elle s’enfonçait dans les eaux boueuses de la politique, du clientélisme et des magouilles immobilières. […] Cette litanie de malversations l’écœurait. »
Et bien évidemment, les « gros bras » sont « serbes » et le coupable est retrouvé “raide”.
Fini le 27/07/2022
Le Gant maudit de Ngaio Marsh
(Série Roderick Alleyn, 1962, Hand in Glove traduit de l'anglais par Anne Kelly, 10/18, 2001)
Le « gant » dénonce le coupable qui a laissé des traces très reconnaissables. Il suffisait de le retrouver.
Alleyn ne met pas longtemps à comprendre le comportement d’un de ses suspects.
« […] la folie des grandeurs. […] Origine : bourgeoisie moyenne. Une tendance précoce à la mégalomanie et un sens exacerbé de la distinction des classes sociales. […] Il s’anoblit. » et se rend coupable de falsification d’un « registre » consulté la victime.
Mais d’autres sont plus combatifs contre l’intransigeance de ce tuteur.
Fini le 25/07/2022