vendredi 31 août 2018

Danse avec l'ange de Ake Edwardson

(1997, traduit du suédois par Anna Gibson, 10-18, 2002)

« Ce fils devait avoir au moins trente ans, mais il paraissait attardé. Il montait les sept étages, redescendait, traversait le hall. Arrivé sur le trottoir, il repartait dans l’autre sens. »

Ce fils de l’hôtelier dérange le meurtrier et permet à la victime de survivre pour l’identifier plus tard.

Le commissaire creuse ses souvenirs pour comprendre son ami criminel.
« Personne n’en parlait, mais c’était une compétition. Et lui […] gagnait toujours. […] Il savait que [son ami] avait été interné pour troubles psychiques […]. Quel effet ça lui avait fait […] d’être toujours derrière ? »
« C’était la seule chose qui le préoccupait, il m’a… mis à l’épreuve sur mon propre terrain. »

Fini le 31/08/2018

La peine capitale de Santiago Roncagliolo

(2014, traduit de l’espagnol Pérou par François Gaudry, Éditions Métailié, 2016)

« Sa responsabilité était d’effectuer un classement méticuleux et détaillé. »
« [Il] appréciait ce journal parce qu’il était positif. Même s’il devait admettre que, ces dernières années, c’était le cas de tous les journaux. Avec l’arrivée de la démocratie, les Péruviens allaient sûrement perdre ce dernier havre de paix. »
« Il paya le chauffeur et traversa la jungle de mégaphones, de boucliers et de drapeaux, en pensant que rien de tout cela ne pouvait faire du bien au pays. Car ce dont tout pays a besoin en premier lieu, c’est de l’ordre. »

L’assistant-archiviste finit par comprendre que le passé de « fanatique » du père l’a entrainé à mépriser les actions de son fils et l’enlèvement d’un enfant pour l’épouse de l’amiral va le pousser à l’exécuter.

Fini le 29/08/2018

Meurtre dans la brume de Zelda Popkin

(1940, traduit de l’anglais États-Unis par Françoise Davreu, Éditions Métailié, 1994)

Une cape, une canne, une lampe torche transforme la mère qui couve trop son fils en sorcière aux yeux d’un enfant brutalement réveillé par le meurtre.

Amusante description des comportements de cette époque !

Fini le 26/08/2018

vendredi 24 août 2018

Les corneilles de Toulonjac de Alain Gandy

(Presses de la Cité, 2000, Pocket)

Prendre la place de l’épouse et mère pour toucher l’héritage entraine à bien des meurtres jusqu’à celui du complice. L’adjudant, pas encore bien remis de l’accident qui devait le retarder, « a perdu toute envie de festoyer » après les aveux du coupable.

Fini le 24/08/2018

Lune de glace de Jan Costin Wagner

(2003, traduit de l’allemand par Stéphanie Lux, Gallimard, 2006)

La relation des états d’âme du policier qui vient de voir mourir sa femme de maladie et celles du meurtrier qui vient se geler devant de sa porte.

Il n’y a aucun suspense dans cet étalage de psyché, mais contenir un policier et des morts suffit à ce livre pour être classé en “roman policier”.

Fini le 24/08/2018

Sous la glace de Louise Penny

(Armand Gamache enquête, 2007, A Fatal Grace traduit de l’anglais Canada par Michel Saint-Germain, Actes Sud, 2011)

« A moins d’être gouverneur du Texas, il est devenu quasi impossible d’électrocuter quelqu’un. »
« CC ne vivait pas dans l’ombre de sa mère, elle était l’ombre de sa mère. »
« Elle est l’aboutissement de la lignée, […] la dernière dépositaire des peurs et des fantasmes de sa mère et de sa grand-mère. C’est ce qu’elles ont créé, comme le monstre de Frankenstein : un collage de leurs propres horreurs. »

Les trois vieilles femmes gardent jusqu’au bout l’histoire de leur passé que l’inspecteur finira par leur faire raconter.

Fini le 22/08/2018

mardi 21 août 2018

Fatal fengshui de Nury Vittachi

(2003, traduit de l’anglais Hong Kong par Julie Sibony, éditions Philippe Picquier, 2005)

« En guise d’amuse-gueule » : le maitre évite un énorme tigre blanc dans un supermarché.

Et avec l’aide de son assistante, le maitre mène l’enquête.
« Anguille sous roche » : comment découvrir le coupable de vol de poissons.
« Fitness à mort » : comment dénoncer la technique du médecin du sport pour achever ses donatrices.
« Les voitures fantômes » : comment trouver le lieu de dissimulation des chères voitures de collection.
« Un petit souci informatique » : comment laisser passer le meurtre d’un spammeur pour admirer un lieu vraiment fengshui.
« Cas d’école » : comment piéger le professeur ayant mis en scène son suicide.
« Les aventures des acteurs à la ville » : comment dévoiler le jeu de l’acteur de second rôle.
« Chronique fatale » : comment utiliser le comité de rédaction pour révéler le crime du rédacteur en chef.

« Au bout du compte », le maitre se félicite du montant entré dans sa bourse.

Fini le 20/08/2018

Définition politique ?

Pour annoncer le mot « Bipèdes », donner la définition « En marche à la façon de Macron ».

Grille 7* finie le 20/08/2018

Juste un regard de Harlan Coben

(2004, traduit de l’anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2005, Pocket)

Tout est bien emberlificoté : amnésie de l’épouse suite à un accident de bousculade, changement de nom pour cacher un mort, recherche par un mafieux des vrais coupables du massacre dont son fils a été victime, tueur asiatique extrémiste commandité par la sœur, etc.

« Elle n’avait pas envie de lui demander pourquoi il lui avait menti pendant tout ce temps. Elle n’avait pas envie qu’il s’explique sur ce qui était arrivé le soir du drame. Elle n’avais pas envie de savoir comment il avait fait pour tomber sur elle à la plage, si c’était intentionnel, si ça justifiait leur coup de foudre. »
« Cela signifiait […] que Jack n’avait jamais été touché par une balle. »

Fini le 18/08/2018

Precious et Grace de Alexander McCall Smith

(2016, traduit de l’anglais par Élisabeth Kern, 10-18, 2017)

« L’amour lui-même avait un prix, au bout du compte, et c’était un cœur brisé. La liberté non plus n’était pas gratuite : elle se payait par la vigilance et le courage. »
« Quand tu demandes pardon, tu n’as pas l’air ridicule. Tu montres au contraire que tu es quelqu’un de bien, de grand ! […] Mais il y a des gens qui sont petits à l’intérieur et, quand on est petit à l’intérieur, on ne peut pas être grand à l’extérieur. »
« La joie était comme un rayon de soleil : on ne le remarquait que lorsqu’il y avait des nuages dans le ciel. »

Pour résoudre ses enquêtes, Mma Ramotswe doit se fier à ses réflexions pour comprendre que Susan a souffert de sa garde et comment remédier aux torts qu’a provoqué la naïveté de son ami chimiste.

Fini le 17/08/2018

Ce qui n'est pas écrit de Rafael Reig

(2012, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse, Éditions Métailié, 2014)

Un adolescent transi au milieu des angoisses de ses parents divorcés verra son père ne s’en sortir qu’au fond.

« Ça c’était son fils, le gamin méfiant que Carmen avait élevé, sa créature, celui qui prêtait toujours à son père une intention cachée. »

Une histoire entrecoupée du roman, écrit par le père, d’un kidnapping qui tourne mal.

Fini le 15/08/2018

mercredi 15 août 2018

Le monogramme de perles de Josephine Tey

(1929, traduit de l’anglais par Anne d'Aurier et Dominique Chambron, Éditions du Masque, 1994, 10-18, 2013)

Une enquête très ramifiée qui permet à l’auteur, notamment, de faire des descriptions de son pays très imagées.
« Leurs escaliers de pierre rivalisaient de propreté et de laideur grâce à de généreuses applications de terre de pipe colorée. […] Tous avaient en commun cet air Nemo me impune lacessit [Nul ne me provoquera impunément]. »
« […] ce furent de nouveau des champs, nichés dans de larges vallons, ou, plus petits et caillouteux, attachés aux coteaux, et des lochs, des rivières, un paysage verdoyant. »
« […] la longue côte sableuse s’étendait nue à la lumière du soir, et la mer violette déposait une mousse légère sur cette bande d’argent placide. »

L’ami poursuivi par l’inspecteur se révèle innocent lorsque la mère de l’actrice vient se livrer.

Fini le 14/08/2018

L'homme dans la vitrine de Kjell Ola Dahl

(Série Gunnarstranda et Frank Frölich, 2001, Mannen i vinduet traduit du norvégien par Alain Gnaedig, Gallimard, 2007)

« En tant que femme, elle n’avait pas rempli ses devoirs de Norvégienne sous l’occupation allemande, elle avait livré son corps et son amour à un soldat allemand. Elle avait déshonoré la patrie, et les patriotes s’arrogeaient le droit de lui donner des coups de bâton, de lui cracher dessus, de la violer et de l’humilier. »

Mais quand le fils revient pour achever son père, celui-ci s’est déjà exécuté, et le fils ne peut que l’humilier et faire disparaître le témoin.

L’énigme J195 sert surtout à occuper l’esprit de l’enquêteur qui hésite entre la référence biblique et le numéro du taxi.

Fini le 13/08/2018

Lagos Lady de Leye Adenle

(2015, traduit de l’anglais Nigeria par David Fauquemberg, Éditions Métailié, 2016)

Un journaliste anglais expérimente les méthodes de la police nigériane dans la poursuite des criminels qui s’attaquent aux prostituées.

Survolé et fini le 11/08/2018

Le crime : histoire d'amour de Arni Thorarinsson

(2013, traduit de l’islandais par Eric Boury, Éditions Métailié, 2016)

« Ils perçoivent une attirance sexuelle irrépressible quand ils se retrouvent par hasard à l’âge adulte, sans connaître leur origine commune. C’est l’un des derniers tabous de nos sociétés, on évoque rarement le sujet, y compris dans les groupes de paroles. […] Un certain nombre de personnes considèrent l’arsenal judiciaire dans ce domaine comme contraire aux droits de l’homme, car s’il y a crime, il n’y a pas de victime. »

Ce malheureux couple met fin à leur “inceste” sur le bord du fjord.

Fini le 11/08/2018

samedi 11 août 2018

La fin de la saison des guêpes de Denise Mina

(2011, traduit de l’anglais Écosse par Freddy Michalski, Éditions du Masque, 2012)

La version des faits racontée par l’ami paraît trop propre et bien présentée, mais se révèle véridique.

Le meurtre de la “travailleuse du sexe” n’était qu’une erreur sur la personne pour cet adolescent soucieux de faire disparaître la seconde femme de son père sans savoir que celui-ci allait se suicider poursuivi par ses créanciers.

« Il y a un moment qu’il attendait, sans trop bien savoir, il attendait de voir une autre guêpe, comme si, par leur retour, tout disparaîtrait, tout, cette bulle temporelle, tout prendrait son sens, mais la guêpe n’était qu’une guêpe. […] Thomas se mit à rire. Ça ne signifiait rien. Tout ça, c’étaient des trucs et des morts aléatoires. »

Fini le 10/08/2018

Déjà lu & rendu :
La mauvaise heure, Sanctum, Exil, Le silence de minuit

Les frères Delgayroux de Alain Gandy

(Presses de la Cité, 1999)

« Cela faisait des années que j’étais au courant de la liaison de ma mère avec le sieur Moscato. Je ne voulais absolument pas qu[e mes frères] soient privés des moyens financiers de s’établir » et le notaire a bien partagé l’héritage entre eux trois.

« Mais l’adjudant en avait assez de ces palinodies. »
Et il s’est trompé de victimes, provoquant la mort du sergent canaque et du frère revenu fou de la guerre.

Fini le 11/08/2018

Dans les bois de Harlan Coben

(2007, traduit de l’anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2008)

Tous les stéréotypes us y sont : silence de la culpabilité, turpitudes soviétiques, pauvres juifs rescapés, jeunes émois, etc.

Et tout se découvre à cause d’une vieille Coccinelle et ses résidus.
« L’aveuglant soleil du monde réel brouille parfois la frontière entre le bien et le mal. » comme le découvre le procureur quand il comprend les intentions de sa “petite amie” qui l’a fait abandonné son poste cette nuit-là.

Tout ça pour sauvegarder sa propriété (la colonie), son argent, ses contes… que ce soit le père terrifié par son silence, les parents indemnisés, l’assassin déjà condamné…

Fini le 8/08/2018

Le Silence de Grace de Peter Robinson

(2011, traduit de l’anglais par Esther Ménévis, Albin Michel, 2013)

Pour oublier la mort de sa femme, ce compositeur de musique se lance dans l’enquête sur la vie de Grace et découvre sa véritable vie loin des rumeurs des commères bien-pensantes.

« Vous êtes tellement loin de la vérité qu’il faudrait faire une battue pour la trouver. »
« […] nous avions tout bonnement méconnu le courage et les souffrances des femmes pendant la guerre. […] Elles ont souvent connu les mêmes épreuves que leurs compagnons masculins, la même peur d’être déchiquetées […]. À quoi s’ajoutait pour elles la peur viscérale de ce qui arrive traditionnellement quand elles tombent aux mains de conquérants masculins. »

Après son entretien au Cap, il comprend qu’il a oublié de tenir compte de la prédisposition d’une infirmière à soigner, même celui qu’elle hait.

Fini le 6/08/2018

Verre froid de Piergiorgio Di Cara

(2006, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Éditions Métailié, 2007)

Une histoire de mafia, racontée du point de vue du policier muté en Calabre, claire et sentimentalement documentée qui se termine par la mort des protagonistes en commençant par ceux qui ont voulu jouer à part jusqu’au père repenti en apprenant le sort de sa femme et de son fils.

« Je suis obsédé par toute cette violence, par toutes ces morts. Par l’idée d’avoir tué ou d’avoir été prêt à le faire. Et je ne suis pas consolé par le fait qu’il s’agissait d’assassins, que j’ai fait usage des armes par devoir, pour un mobile noble qui pourrait être la sauvegarde de la vie d’autrui et de la mienne. »

La traduction est au niveau : « De ces passions qui consument et entraînent dans des tourbillons lysergiques à l’ombre d’une rose. »

Fini le 4/08/2018

samedi 4 août 2018

Là où vont les morts de Liam McIlvanney

(2013, traduit de l’anglais Écosse par David Fauquemberg, Éditions Métailié, 2015)

Ce journaliste se veut “d’investigation” et en cherchant les raisons de la mort de son collègue finit par faire tuer le “baron de la drogue” par le fils de son prédécesseur.

L’auteur présente toutes les turpitudes des politiques vendus au plus offrant sans mettre en doute leur généralité. C’est un peu insultant pour sa ville, Glasgow.

Fini le 3/08/2018

Nature morte de Louise Penny

(Armand Gamache enquête, 2005, Still Life traduit de l’anglais Canada par Michel Saint-Germain, Actes Sud, 2011)

« On croyait presque invariablement que les bons ne devaient pas connaître une mauvaise fin, qu’on ne tuait que ceux qui le méritaient. On avait ce sentiment subtil et secret que la victime d’un meurtre l’avait cherché, d’une façon ou d’une autre. D’où le choc devant le meurtre d’un individu connu pour sa gentillesse et sa bonté. On croyait alors à une erreur. »
« Il commençait à se rendre compte que la maison de Jane était une sorte de clé permettant de décoder la communauté. »
« Comment avaient-ils pu être si crédules ? […] Timmer avait été d’une tolérance, d’une gentillesse et d’une générosité absolues. »

Tout le charme d’un petit village québécois où les “gentils” et les “méchants” se révèlent n’être pas ceux que l’on croît.

Fini le 1/08/2018

Ma meilleure ennemie de Paula Daly

(2014, traduit de l'anglais par Florianne Vidal, le Cherche Midi, 2016)

Une colérique, qui oublie trop souvent de raisonner, affronte une psychopathe ravie de lui détruire sa vie.

« J’enrage de m’être ainsi laissée berner par cette femme, de me retrouver à cause d’elle dans la plus inextricable des situations. »
« Elle pensait devoir employer les grands moyens pour se faire apprécier d’elles, quitte à leur bourrer le crâne, à les manipuler psychologiquement. Mais Natty lui a facilité les choses. Tant qu’elle s’obstine à creuser sa propre tombe, songe Eve […], je n’ai qu’à la laisser faire. »

La fin est un peu décevante, il y manque le recours de la justice.
« Puis je me carre au fond de ma chaise et j’attends qu’elle meure. »

Fini le 31/07/2018