jeudi 27 avril 2023

L'Invité sans visage de Tana French

(2016, The Trespasser traduit de l'anglais Irlande par Aude Gwendoline, Calmann-Lévy, 2017)

L'auteur nous fait un cours sur les méthodes de la « brigade criminelle » pour enquêter, interroger, etc. entrelardées des cogitations de l’inspecteur avec ses suspicions envers son coéquipier, ses auxiliaires, etc. Sur plus de 400 pages, la lecture devient lassante et l’intrigue s’y dilue.

D’autant que le lecteur, lui, peut dès le début aisément deviner lequel est « l’intrus » dans la maison de la victime.

Fini le 24/04/2023

Le battant et la cloche de Catherine Arley

(Le Masque, 1982)

Le « graphiste » finit par vouloir se venger de ce que lui font subir ses patrons : le dévergondage de sa « fiancée », son meurtre, la suprématie du « fils ».

La « cytise » devait l’aider. « Paul aurait au moins réussi cela : un croche-pied historique du minable aux nantis. »

Fini le 25/04/2023

Sur les traces du serpent de Mary Elizabeth Braddon

(1860, The Trail of the Serpent traduction de l'anglais revue et corrigée par Alexandre Du Terrail, éditions Joëlle Losfeld, 2008)

Un « enquêteur muet » traquant le coupable du meurtre du riche oncle du gentil compagnon des « Joyeux Cherokees » donne un délice victorien avec plein de rebondissements, femmes abandonnées, enfants oubliés, etc.

Le héros de cette épopée n’intervient que très peu, mais la traduction magnifie son personnage.
« […] un semblable procès était-il nécessaire […] pour en faire un homme digne et bon ; il fallait quelque chose pour réveiller son énergie endormie, quelque chose pour exciter les meilleurs sentiments d’un noble cœur, pour stimuler l’activité d’une intelligence jusqu’à présent gaspillée. »
« La locomotive vole toujours. Que l’horizon est beau ! […] La terre a-t-elle jamais été aussi belle, et le ciel aussi brillant, depuis l’apparition de l’homme dans le monde ? »
« Il est libre, libre de respirer cet air vivifiant, de marcher sur cette splendide terre ; libre de chercher pour le livrer à son sort le meurtrier de son oncle. »

Fini le 19/04/2023

Je t'ai donné mon cœur de Mary Higgins Clark

(2009, Just Take My Heart traduit de l'anglais par Anne Damour, Albin Michel, 2009)

Le futur ex-mari est un coupable tout trouvé pour camoufler le passé.

L'auteur nous montre la justice états-unienne vue du « substitut du procureur » qui présente l’accusation en suivant les témoignages que lui a transmis le policier et l'influence des émissions de télévision : l’une donnant l’avis des « spécialistes », avec des sondages en ligne permettant aux spectateurs de voter pour ou contre la culpabilité, et l’autre sur la recherche d'un « tueur en série » avec des photos actualisées du suspect.

Et quand tombe le verdict :
« Je ne vous remercie pas. Vous vous êtes grossièrement trompés, tous sans exception. Mon gendre […] est innocent. » « Votre témoin est un menteur et vous le savez. […] Vous savez que tout ceci est une mascarade et, au plus profond de votre cœur, vous avez honte d’y avoir pris part. »

« Même ce cœur d’emprunt le savait. »

Fini le 15/04/2023

samedi 15 avril 2023

Gel nocturne de Knut Faldbakken

(2006, Nattefrost traduit du norvégien par Hélène Hervieu, Seuil policiers, 2012)

Les errements des policiers entretiennent le suspense, notamment la confrontation entre le policier narrateur et le « jeune commissaire » qui se focalise sur sa propre conviction.

L’histoire repose surtout sur les relations entre les deux policiers qui vivent ensemble, lui étant un ancien ami de la famille.
« Toujours la même chose. Impossible pour lui de contrôler ce qui lui arrivait dès qu’il était question de l’affaire Hammerseng. Et chaque fois, on lui rebattait les oreilles sur le fait qu’il les avait connus. On le tenait à l’écart alors qu’il aurait voulu être en plein dedans. Il était impliqué mais sans vouloir en assumer les conséquences. »

Il finira par convaincre le prétentieux « commissaire » et leur chef que les deux lieux de meurtres — la maison et le chalet — sont liés.

Fini le 13/04/2023

L'Affaire de la Soubeyranne de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2015)

« Je ne vais pas t’apprendre qu’il existe des trafics d’enfants entre Marseille et toute la Méditerranée. Des salopards “achètent” à leurs parents, dans leur pays d’origine, des gosses en âge de travailler pour les ramener ici et les louer à leur profit à d’autres salopards qui les exploitent jusqu’au trognon. »

« Raoul Signoret éprouva un profond dégoût en pensant à ceux qui organisaient ces séances “spéciales” réservées à des connaisseurs aux goûts pervertis. Ces bourgeois “comme il faut”, donneurs de leçons, imbus de certitudes et de principes moraux, qui regardaient le monde de haut puis venaient se vautrer en catimini dans un voyeurisme abject en exploitant une fois de plus la misère des gens de peu. »

L’auteur profite de cette histoire pour que « son psychiatre » nous présente la « monomanie ».

Fini le 11/04/2023

Gagner n'est pas jouer de Harlan Coben

(2021, Win traduit de l'anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2021)

« Win » est également le surnom abrégé du narrateur, « Windsor Horne Lockwood III », un « très riche » héritier d’une dynastie de « très riches », qui se présente comme un « ami » de « Myron », personnage bien connu de l’auteur.

Toute l’intrigue se résume à une histoire de famille.
« […] grand-mère aurait fait n’importe quoi pour préserver la famille du scandale causé par une pareille révélation. » « Ce n’est pas propre aux Lockwood. Chaque famille protège les siens. Et pas seulement la famille. En un sens, nous faisons tous bloc pour défendre des intérêts communs. […] Le clergé couvre les crimes de ses membres. Organisations caritatives et multinationales inhumaines sont également expertes en l’art de masquer les indiscrétions, de se protéger, de surfer diversement sur le principe “la fin justifie les moyens”. »

Fini le 8/04/2023

jeudi 6 avril 2023

Quitte ou Double de Cyrille Legendre

(Éditions du Masque, 2013)

Ce livre peut se ranger dans la catégorie “roman de gare”, l'intrigue avec de menaçants Turkmènes (évidemment suppôts de prostitution !) n'a aucun sens et parfois même carrément risible (le meurtre systématiquement raté du « journaliste » !). La seule base de la narration est le souvenir de la mort d’une femme « bien aimée », « inoubliable » mais remplacée par une « aussi belle », un « ami d’enfance fidèle » soit-disant traitre, etc.

« Je te l’ai dit, je l’ai follement aimée aussi. J’ai espéré qu’elle te quitte et qu’elle stoppe tout autre type d’aventure, même d’un soir. Mais je me suis aperçu que ça lui était impossible. Elle t’avait dans la peau. […] Elle aurait continué à te faire, à me faire du mal. »

Fini le 6/04/2023

Ta tante a tué de Pat McGerr

(1948, The Seven Deadly Sisters traduit de l'américain par Maurice-Bernard Endrèbe, Le Masque, 1987)

Chacune des sept sœurs « mortelles » est susceptible d'avoir tué son mari. Apprenant la nouvelle à Londres, la nièce raconte à son mari sa vie avec ses tantes.

« C’était la première fois que je me heurtais à ta famille au complet.
— Pauvre Peter ! Cela a dû être pénible d’être soumis à une pareille inspection. Je me souviens que tante Clara t’avertit que je risquais de mourir de froid et de faim en Angleterre et qu’il valait mieux que tu prennes un emploi aux Etats-Unis.
— Et ta tante Tessie qui a failli déclencher un drame, en disant que Doris et moi devenions intimes…
— […] mais il y avait longtemps qu’on ne faisait plus attention à ce qu’elle disait.
— […] Heureusement que Frank a réussi à détourner l’attention, en parlant d’une route qui devait traverser je ne sais quelle ferme… »

Fini le 4/04/2023

Meurtre en Malaisie de Shamini Flint

(Une enquête de l'inspecteur Singh, 2008, A most peculiar Malaysian murder traduit de l'anglais par Dominique Brotot, Marabout, 2013)

L'auteur nous promène dans les caractéristiques de la vie à Kuala Lumpur.

En commençant par les débats sur la garde des enfants lors d'un divorce : « L’institution compétente pour un conflit de garde entre les parties est la cour de la charia. […] Mon client […] s’est récemment converti à l’islam […]. Selon l’article 121(1A) de la constitution, tous les litiges familiaux concernant des musulmans relèvent de la cour de charia. […] il semble que selon la loi islamique, les enfants mineurs ont pour religion celle du père… » Le meurtre du père n’arrêtera pas la procédure : « La cour de la charia a délivré une ordonnance de garde en faveur d’un foyer pour enfants musulmans […]. Aucun des membres de la famille n’est habilité à les élever. Ils ne sont pas musulmans. »

Et pendant ce temps, la déforestation continue…

Fini le 3/04/2023

Les voitures vides de Didier Sénécal

(Série Commissaire Lediacre, Fleuve noir, 2007)

L'auteur réussit à maintenir le suspense pendant la longue période où l'enquête n'avance pas. Le « commissaire » et son « inspecteur » arpentent la Beauce pour retrouver le « Tueur » qui fait disparaître les femmes laissant leur voiture abandonnée.

« La vision, la révélation, l’illumination que vous avez eue la nuit dernière est extraordinaire. Voyez-vous, on compare souvent une enquête de police à une partie d’échecs, à un puzzle, à un casse-tête chinois. Pour ma part, j’irais plutôt chercher du côté des mots croisés. Vous avez une définition, quelques lettres, mais la solution vous échappe. Vous croyez l’avoir sur le bout de la langue, mais chaque fois que vous espérez la saisir, elle s’éloigne. Il faut alors poser votre grille et laisser votre cerveau travailler inconsciemment. Au bout de quelques heures, il vous suffit de reprendre le problème pour qu’un éclair jaillisse. C’est une expérience d’ordre mystique. Minuscule peut-être, mais mystique tout de même. »

L’intrigue est bien montée et l’attention ne se relâche pas avec la description des paysages plats de cette région.

Et puis « Je vous avais bien dit que c’était une affaire magnifique […]. Un exemple très émouvant d’amour paternel. »

Fini le 31/03/2023