mercredi 25 août 2021

Jackpot de Carl Hiaasen

(1997, Lucky You traduit de l'anglais États-Unis par Yves Sarda, 10/18, Domaine étranger, 2005)

539 pages à dévorer !

Tous les personnages étatsuniens extrémistes y sont bien campés :

• les tenants de la “blanchitude”, des complots, etc. ;
« […] faut qu’on soit parés et qu’on fasse équipe : armés, disciplinés et bien ordonnés. Bientôt, l’Amérique va être attaquée […]. Le Nouveau Tribunal Mondial, les communistes, l’Otan et ainsi de suite. Mais cette Marée noire, c’est notre première grande épreuve […]. On est les Aryens au Blanc Buccin. On croit à la pureté et à la suprématie de la race euro-caucasienne. »

• les fabricants — et les croyants — de “miracles”, notamment une vierge qui verse des larmes et une image de Jésus sur le bitume ;
« La ville ne pouvait se payer le luxe d’une baisse de fréquentation, pas plus que la perte de la moindre de ses attractions principales. […] la concurrence devenait rude pour les dollars des pèlerins, dans certains cas le high-tech le disputant à une rouerie disneyienne. »

• les gestionnaires de “Syndicat” détournant la manne…

Et tout se terminera dans la mangrove.

Fini le 25/08/2021

Gondoles pour le cimetière de Maurice-Bernard Endrèbe

(1955, Club des Masques, 1985)

“La vieille dame sans merci” est à Venise où elle est reçue dans le palais d'un “conte”.
Elle tâtonne toujours autant dans ses hypothèses, mais après avoir suspecté tour à tour chacun, elle devra reconnaître s'être trompé (son principal suspect est assassiné, donc…) en apprenant le mariage.

Fini le 22/08/2021

Cocaïne et Tralala de Kerry Greenwood

(Série Phryne Fisher, 1989, Cocaine Blues traduit de l'anglais Australie par Christine Barbaste, 10/18, 2006)

« Au cœur des Années folles » des histoires de “bonnes femmes” (habillage, séduction, avortement, etc.).

« […] l’immense demeure : sa façade aussi ornée qu’un gâteau de mariage ; le tapis rouge, les fleurs, l’armée de valets […]. C’était aussi insensé que vulgaire et ça empestait la richesse ostentatoire. […] Le Vieux Continent […] était appauvri ; même l’aristocratie avait pâti de la guerre […] elle gardait profil bas. L’ostentation était passée de mode et la litote avait gagné ses lettres de noblesse. »

« Elle ressemblait toujours à une poupée de porcelaine, avec ses boucles blondes, ses joues roses, son visage de bébé. La délicatesse avec laquelle elle donnait des ordres à ses hommes inspirait un sentiment d’horreur indescriptible. »

Fini le 21/08/2021

À cause des chats de Nicolas Freeling

(Série Commissaire Van der Valk, 1963, Because of the Cats traduit de l'anglais par Marcellita de Moltke-Huitfeld et Ghislaine Lavagne, 10/18, 1986)

Les « corbeaux » sous influence ont effectué des cambriolages pour « satisfaire leur besoin de danger et d’émotions fortes ». « [Il] appelait ça un entrainement à la guérilla. Mais ils ne devaient pas être si heureux que ça pour avoir fait tant de dégâts, et commis ce viol. »

Les « chats » désignent les filles qui donnent du “bon temps” à tous ces mâles.

La logorrhée du commissaire étourdit et fait avouer les jeunes et disparaître leur maître.

Fini le 20/08/2021

Les Démoniaques de John Dickson Carr

(Roman policier historique, 1962, The Demoniacs traduit de l'anglais par Joëlle Ginsberg, Le Masque, 1991)

Les “Démoniaques” sont très bien nommés. Un “argousin” qui enquête, une jeune femme qui s'enfuit de partout, une femme bigame qui veut de l'argent à n'importe quel prix et deux personnages historiques : un juge qui tord la vérité et un révérend adepte de la soulerie.

Qui vivent tout plein de péripéties jusqu'à la révélation qu'à cette époque ancienne, “saigneur” désigne un chirurgien ou médecin.

Fini le 19/08/2021

jeudi 19 août 2021

Une belle vision

Cette définition « Code-barres sur paquet de pattes. » pour « Tigres ».

Grille 7* finie le 19/08/2021

Les Masques de Saint-Marc de Nicolas Remin

(Série Alvise Tron, 2008, Die Masken von San Marco traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2010)

L'empereur « a mis sur pied un faux attentat contre sa propre personne » et prévoit « un petit accident au cours de sa fuite ».

Notre commissaire va mettre un peu de pagaille dans ce projet en s’intéressant de trop près aux cadavres que laissent le « tueur professionnel ».

La description du comportement des personnages est vraiment bien agréable à lire, par exemple l’impératrice dégustant sa coupe « qui se composait de glace à la pistache verte, de sorbet au citron blanc et de glace à la fraise rouge » ou les entretiens du commissaire, aimant son palais décrépi, avec sa fiancée obsédée par ses affaires commerciales.

Fini le 17/08/2021

Un lion dans la cave de Pamela Branch

(1951, Lion in the Cellar traduit de l'anglais par M.A. Le Gall, Le Masque, 1993)

La présentation des personnages est tellement désagréable que j'ai capitulé page 35.
La jeune femme avec des meurtrières de sa famille enfermées en asile ; son mari falot ; son frère meurtrier ; les ouvrières clientes du pub gémissant sur leurs maux ; le serveur sourd et imbibé ; etc. Aucune description n'est chaleureuse.

Parcouru le dernier chapitre et fini le 15/08/2021

La Vengeance d'Hamlet de Michael Innes

(Série John Appleby, 1937, Hamlet, Revenge! traduit de l'anglais par Thierry Arson, 10/18, 1998)

Une mise en scène très théâtrale est élaborée par le criminel pour dépouiller le Grand Chancelier en profitant du sujet de la pièce de Shakespeare pour évoquer la vengeance.

« Tout devait être violent, catastrophique et, […] théâtral. Cette optique dans le subterfuge devait servir deux objectifs : donner à l’affaire une atmosphère ne suggérant en rien l’espionnage, et en même temps satisfaire le goût réel de […] pour la mise en scène et les effets dramatiques. »

Le récit est particulièrement bien tarabiscoté pour laisser errer nos enquêteurs entre mobiles et alibis, qui tâtonnent sur l’utilisation d’un nouvel instrument à l’époque, l’enregistreur de voix sur cylindre. La poursuite du(des) cylindre(s) volés est épique.
« […] ôté le cylindre de l’appareil de Bunney — tâche aisée pour un homme aussi talentueux […]. » « Le cylindre dans la cafetière. » Le cylindre volé, le cylindre dans l’étable, etc.

« Pourquoi avoir quitté l’abri du rideau ? […] Pourquoi avait-on peur de rater sa cible à une distance aussi courte ? […] Miss Sandys a répondu à cette question avec une intelligence et une impartialité dignes d’éloge si l’on considère ses opinions féministes : Parce qu’on est une femme. »

Fini le 15/08/2021

Des voisins très inquiétants de Caroline Pourunjour

(Le Masque, 1984)

« Saisi d’horreur dans ce qui lui restait de très humain, à la fois il voulait taire son crime mais une force impérieuse le poussait à l’avouer. »
« Le bien et le mal ont d’étranges frontières. »

Fini le 13/08/2021

La Folle Courtisane de Edward Marston

(Série Nicholas Bracewell, 1992, The Mad Courtesan traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 2002)

Le récit nous présente au moins trois « folles courtisanes » prêtes à ensorceler les acteurs.

« J’ai ri comme les autres de Nimbus, mais en fait c’est moi que je voyais. J’ai été un étalon égaré par une jument. »

L’art de l’auteur pour créer des péripéties éclate dans ce livre.
Un délice !

Fini le 11/08/2021

Le Club des détectives de Anthony Berkeley

(Série Roger Sheringham, 1929, The Poisoning Chocolates Case traduit par M. Faure, Le Masque, 1985)

Le titre original donne la technique du meurtre et le titre français nomme ceux qui vont essayer de l'élucider.

« Elle ne parle plus que de ses remords ; elle veut […] tout avouer à son mari, divorcer et épouser son amant le plus vite possible. »
« Personne n’est d’accord en rien. Et malgré tout, chacun était persuadé de l’excellence de sa propre solution. Ce petit tableau vous fera voir combien il est facile de prouver ce qu’on veut, en choisissant consciencieusement ou arbitrairement les éléments que l’on préfère et en laissant les autres de côté. »
« Je regrette de ne pouvoir rester jusqu’à la fin. »

Fini le 9/08/2021

lundi 9 août 2021

Irish Coffee de Carol Higgins Clark

(Série Regan Reilley, 2007, Laced traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2010)

« Gerard avait raison de dire que les Irlandais sont des surdoués de la communication et des bavards impénitents ! Le malheur, c’est que Gerard parle devant un micro. »
Et que les célèbres voleurs écoutent la radio.

« Nous exigeons vos tableaux ! »
« Il fallait à tout prix inventer un moyen d’apaiser cette furie et d’éveiller sa compassion. »
Il leur suffira de faire appel au fantôme.

« Tous les Reilly […] étaient assis ensemble. Mais […] Une autre Reilly était elle aussi présente… »

Fini le 8/08/2021

Vaine Carcasse de Nicholas Blake

(Cecil Day-Lewis, Série Nigel Strangeways, 1936, Thou Shell of Death traduit de l'anglais par Suzanne Lechevrel, Le Masque, 1994)

« À la santé de nos amis absents et de nos ennemis présents ! »

Une histoire simple de vengeance par la mort, mais bien emberlificotée par le récit du détective.

La traduction est à la hauteur du style de l’auteur (poète sous son vrai nom).

« Le crépuscule descend avec la même fatalité furtive, inexorable que les ascenseurs dans des milliers d’hôtels, d’immeubles et de bureaux. »

« Et désormais je dois m’interdire
L’enivrant souvenir de sa beauté ; mais sa mort
Recevra une vengeance digne d’elle et de moi. »

« L’ornement de mon sanctuaire, ô toi, vaine carcasse, coquille de la mort,
Jadis le resplendissant visage de ma dame adorée… »

Fini le 6/08/2021

Une mort sans importance de Mariah Fredericks

(2019, Death of a new American traduit de l'anglais États-Unis par Corine Derblum, 10/18, 2020)

L’histoire se passe en 1912 et le récit nous rappelle l’aversion et les insultes envers les Italiens, nouveaux arrivants aux États-Unis.

Le meurtre de cette jeune italienne sera donc attribué à la “mafia” italienne.
« J’avais cru qu’[elle] avait été tuée par vindicte, parce qu’elle avait prévenu la police afin de protéger un enfant. En fait, on l’avait tuée pour l’empêcher de prévenir la police et de protéger un enfant. »
 
« La voix du crieur de journaux résonna : ‘Un des hommes les plus riches du monde s’est sacrifié pour les autres.’ »

L’enquête se fait sur fond de préparation d’un mariage en “grand tralala” qui finira en cérémonie intime.

Fini le 4/08/2021

L’inconnue de la crique de Martha Grimes

(Série Richard Jury, 1999, The Lamorna Wink traduit de l'anglais par Alexis Champon, Pocket, 2004)

L'enquête sur l'assassinat de “l'inconnue” va être mené par un autre policier que le héros récurrent. Obsédé par la noyade de jeunes enfants quatre ans auparavant, celui-ci finira par faire le lien et s'effondrera lors de la vision du film.

Ce livre a une vraie fin avec un interrogatoire au poste de police pour comprendre les raisons des meurtres : tous organisés pour venger la mort de la fille, même si le dernier est un accident qui élimine la seule personne au courant de ce qui l'a provoquée.

Fini le 3/08/2021

Meurtre sur la digue de Janwillem van de Wetering

(Série Grijpstra et De Gier, 1976, The Corpse on the Dike traduit de l'anglais par Philippe-Frédéric Angelloz, 10/18, 1986)

« La mort de Wernekink est due à une erreur stupide. C’était probablement son destin. C’est difficile de concevoir qu’il existe des hommes qui vivent pour rien, qui n’ont aucun but ni idéal. »

« Chacun de vous est directeur d’un des plus importants magasins de notre chaine. Les détectives de la police sont venus perquisitionner chez vous ; est-ce qu’ils ont trouvé des indices qui puissent les laisser supposer que vous déteniez des marchandises ‘parallèles’ ? »

Fini le 30/07/2021

Le Mangeur de pierres de Davide Longo

(2004, Il mangiatore di pietre traduit de l'italien par Anita Rochedy, Glénat Polar, 2020)

Le style laconique, qui se veut représentatif des “hommes de la montagne”, n'est que mièvre et rend le personnage et l'histoire sans intérêt.

Il n'y a aucun suspense, chaque action est prévisible, même la “séance de baise” entre le “héros” et “la commissaire”. Certaines phrases se voulant imagées ne sont qu'amusantes.
« Le ciel est levé […] », pour signaler le départ des nuages.
« Derrière le calme de la vallée le silence angoissant d’une cellule où des fous sont tenus enfermés semblait crier. »
« Sur le chemin de l’église, Cesare imagina le corps de son ami et celui de sa jeune épouse, refermés l’un sur l’autre comme des dents qui arrachent du pain. », mais il faudra l’aide d’un autre homme pour qu’elle soit enceinte.

Fini le 31/07/2021