mardi 27 avril 2021

Dans la gorge du dragon de Eliot Pattison

(Série Inspecteur Shan, 1999, The Skull Mantra traduit de l’anglais États-Unis par Freddy Michalski, 10/18, 2009)

Ce livre est surtout une présentation du bouddhisme tibétain, avec une sorte d’enquête sur des politiques soutenant en cachette la culture du pavot pour s’enrichir.
« […] quand ils [ces jeunes loups] ont découvert les revenus énormes engendrés par la production de drogue, comment auraient-ils pu résister ? »

C’est intéressant, mais donne surtout le point de vue des états-uniens.
« Tamdin est le protecteur des Tibétains […]. Les gens doivent croire à nouveau aux anciennes valeurs. C’est tout ce que j’ai fait, protéger les bouddhistes. Nous les avons sauvés. Nous avons sauvé les cinq de Lhadrung. »

Fini le 26/04/2021

L'Impératrice lève le masque de Nicolas Remin

(Série Alvise Tron, 2004, Schnee in Venedig traduit de l'allemand par Frédéric Weinmann, 10/18, 2008)

Le titre français désigne “Sissi” et le titre en allemand la neige qui tombe pendant le récit.
L’action se passe en 1862 à l’époque où Venise est intégrée dans l'Empire d'Autriche.

Les autorités sont donc prêtes à croire aux menaces d’attentat contre l’empereur (ici l’impératrice) de la part des nationalistes italiens. Mais le commissaire est vite persuadé qu’il ne s’agit que d’un banal assassin de femmes, protégé par un colonel corrompu.

Fini le 23/04/2021

Vacances éternelles de Hélène de Monaghan

(1974, Club des Masques, 1982)

La devineresse doit deviner qui se permet de réaliser ses prédictions en tuant les maris.

« Il me fallait me rendre à l’évidence : nécessairement, quelqu’un de mon entourage immédiat. Quelqu’un qui habitait la maison, et qui écoutait aux portes. »

Fini le 21/04/2021

Sur la corde de Carol Higgins Clark

(Série Regan Reilley, 1998, Twanged traduit de l’anglais États-Unis par Jean-Michel Dulac, Le Livre de poche, 2000)

La “corde”, ou le “tintement” du titre anglais, désigne le violon “magique” irlandais, ressort de l’intrigue.

« Décidément, s’abstint de répondre Regan, de plus en plus effarée, j’aurai tout entendu dans cette maison de fous. »
« Accablé, Chappy s’abattit sur son bureau, la tête sur ses bras repliés. — Mon violon ! gémit-il. Je veux mon violon ! »

Car, un des « personnages excentriques », le spécialiste de feng-shui a changé la disposition du canapé.

« Je vous promets solennellement de faire mes gammes et mes exercices tous les jours pendant toute l’année […] daignerez-vous monter sur scène et jouer une fois en duo avec moi ? »

Fini le 20/04/2021

lundi 19 avril 2021

Ça monte, ça descend

L’art du verbicruciste de jouer sur la verticalité de sa grille se révèle dans ces définitions :
« Comme vous le voyez, elles montent. » donne « setimgalats »,
« Comme vous le voyez, elles tombent. » donne « stalactites ».

Grille 7* finie le 19/04/2021

La Nuit, in extremis de Odile Bouhier

(Commissaire Kolvair, 2013, 10/18, 2014)

L’intrigue repose sur la schizophrénie du meurtrier et le diabète du fils, avec les traumatismes de la guerre.

Le titre vient de cette décision du procureur :
« En acceptant qu’[il, le meurtrier] se fasse soigner […] les semaines précédant la reconstitution, l’homme de loi donnait un alibi flamboyant à sa prochaine sentence. Elle tomberait comme la nuit. In extremis. »

« [Ce] soldat était mort sur le front. Et […] peu importait de la main de qui : Boches et Français, la guerre les avait tous rendus fous. »

Cette histoire laisse un peu sur sa faim, tout y est un peu dilué, hors les descriptions des massacres, et montre le flou du récit.

Fini le 19/04/2021

Du poison pour le prince de Elizabeth Eyre

(Série Sigismondo, Poison for the Prince traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 2001)

L’auteur — et son traducteur — nous régale de descriptions bien imagées.

Par exemple, le réveil du fervent zélateur :
« Lorsqu’il se réveilla, le corps douloureux, il était encore à genoux, mais appuyé contre le montant du porche, la tête affaissée sur la poitrine, le chapelet pendouillant entre ses doigts. Un porc le reniflait avec méfiance ; quoique se trouvant au ras du sol et dans la rue, il ne paraissait pas faire un déchet attirant. »
et son feu de joie de l’atelier d’alchimie :
« Vraiment, il est bien dommage que le frère Columba, qui eut le temps d’entrevoir l’ultime et aveuglant éclair blanc lorsqu’il balança le bocal plein de magnésium dans les flammes, ne fût plus en vie pour entendre la formidable explosion qui suivit. »

Et que vive le Prince qui va devoir trouver une nouvelle occupation !

Fini le 17/04/2021

La Mort en prime time de Jean-Luc Bizien

(Le Masque, 2002)

Un livre répugnant qui place le lecteur dans la même position que ceux qui payent cher pour voir des acteurs s’entretuer.

L’intrigue se base uniquement sur la naïveté des “marionnettes” du “jeu” et les délires que leur provoquent les drogues dont la production les abreuve. L’histoire est évidemment située aux États-Unis, bien connus pour ses extrémistes religieux ou autres avides d’argent.

« Ça veut dire que les sectateurs n’y sont pour rien, qu’on nous mène en bateau depuis le début ! »

L’épilogue finit de faire gerber le lecteur en laissant planer un recommencement.

Parcouru et enfin fini le 17/04/2021

> Hop au Passe-livres

Le Choix des désordres de Pierre d'Ovidio

(10/18, 2012)

Un viol et un meurtre commis par jalousie sur fond de rébellion pour l’indépendance de Madagascar, le tout entrecoupé de présumées lettres de Paul Léautaud et de lecture des Essais de Montaigne.

L’auteur nous décrit la manière dont les autorités françaises « attise le feu » (faire “le choix des désordres”) pour pouvoir tuer autant « d’indigènes » que possible en protégeant les puissants colons.

« Évidemment, tout était tellement simple, tellement limpide, tellement évident dans le petit monde colonial français […]. Les Mauvais, les Bons, les Sauvages, les Civilisés… »

Fini le 13/04/2021

Un Bouddha de pacotille de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1990, The Bogus Buddha traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1998)

Le titre français avec “pacotille” illustre mieux ce Bouddha que le “faux” des autres langues, car il a servi à ses “découvreurs” pour recevoir un prestige universitaire.

« Deux jeunes gens auraient pu tromper aussi facilement la communauté universitaire ? »
« […] plus [il] vieillissait et accomplissait un travail sérieux et rigoureux, plus sa conscience le tourmentait, et il voulait faire amende honorable. »
Mais son collègue ne voulait rien savoir…

Fini le 11/04/2021

dimanche 11 avril 2021

Sur les dents de Manda Scott

(1996, Hen's Teeth traduit de l’anglais par Pascal Loubet, Le Masque, 1998)

Le titre original convient mieux pour l’histoire, car “dents de poule” est le nom donné à la drogue.

La lecture de ce livre est très désagréable et la traduction bâclée n’aide pas (la “patte” du cheval !). Le comportement et les actes de ce groupe de femmes sont absolument incohérents.
Pourquoi ne font-elle pas confiance à la police ? le lecteur ne saura rien de l’éventuelle expérience précédente avec ce commissaire…
Pourquoi se mettent-elles en danger ? pour venger leurs “amis” ? mais c’est justement l’ami en question qui a découvert et lancé la fameuse drogue…
Il semble que c’est surtout parce que l’auteur veut en faire des “héroïnes” pures et dures et apprécie de décrire les situations extrêmes.

Tout ça n’a strictement aucun intérêt, on ne peut pas suivre un récit aussi inepte (forcer l’entrée du laboratoire pour trouver ce qu’il y a déjà dans leur poulailler !).
« […] avez-vous la moindre idée de la valeur commerciale de ces œufs ? D’ici à un an à peine, nous aurons déjà fait des bénéfices qui dépasseront ce que j’ai pu gagner en trente ans d’enseignement. »

Fini le 10/04/2021
> direction le Passe-livres

La Tête de la reine de Edward Marston

(Série Nicholas Bracewell, 1988, The Queen’s Head traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10/18, 1999)

Ce livre nous présente le théâtre à l’époque de la reine Elisabeth 1re. C’est bien fait et intéressant de voir les coulisses d’une époque où les acteurs sont très mal considérés et les femmes interdites de scène. Les personnages sont crédibles, l’acteur avec panache, l’acteur toujours jaloux, les “apprentis” jouant les rôles féminins… et surtout le régisseur qui organise le tout.

« La scène est une sorte de refuge […]. Au vu de tous, les acteurs se font passer pour d’autres. »
« Ce n’est pas après moi qu’ils en avaient […]. Je serais mort dans cette rue, à l’heure qu’il est, s’ils avaient eu le désir de me tuer. C’était autre chose qu’ils voulaient. […] ils m’ont volé ma sacoche. […] Dans laquelle se trouvait le livre de régie […]. »
« [Il] dirigeait vers la reine un regard haineux qui se mua en stupeur quand, ôtant couronne, perruque et perles, elle le contempla avec l’expression blessée d’un être trahi par un ami très proche. »

Fini le 8/04/2021

mercredi 7 avril 2021

Vengeance pour un mort de Caroline Roe

(Chroniques d'Isaac de Gérone, 2003, A Draught for a Dead Man traduit de l’anglais par Jacques Guiod, 10/18, 2003)

L’auteur monte une intrigue simple, bien emmaillotée dans le quotidien de la vie — dont la préparation du mariage —, avec des personnages sincères, qui admettent les erreurs commises mais approuvent la mort de ceux qui les ont provoquées.

« — Il vous a sauvé la vie. — À deux reprises […]. Une fois la nuit où nous avons été attaqués, et la seconde fois en me remplaçant dans la mort. »
« La vengeance est un plat bien inutile s’il n’y a personne pour le manger […]. »

« [Elle] donna à son mari […] une fille, plus de dix mois après le jour de ses noces […]. »

Fini le 7/04/2021

La Mort de Pierre Curie de Jacques Neirynck

(Enquêtes du capitaine Raoul Thibaut de Mézières, 10/18, 2007)

Sous la Troisième république, le comte sert le président Fallières et doit déjouer les ragots répandus sur Marie Curie par la droite catho (publiés dans leur presse nationaliste, misogyne et xénophobe).

C’est intéressant les suppositions sur des faits historiques, cela les rend plus “vivants”.
L’auteur, bon catholique, nous livre ses réflexions sur l’époque. Notamment, sur les “scientifiques”.

« Ainsi les académies créées par Richelieu remplissaient-elles le rôle, qu’il leur avait assigné, d’engourdissement du monde intellectuel et d’asservissement de ce dernier au pouvoir de l’État. »
« Ces assemblées se reproduisaient par cooptation depuis trois siècles, dans un majestueux processus de dégradation […]. Il suffisait qu’un génie incontestable apparaisse à l’horizon pour qu’il soit exclu des cénacles. »

Fini le 5/04/2021

L’inspecteur Studer de Friedrich Glauser

(1936, Schlumpf Erwin Mord, Wachtmeister Studer traduit de l’allemand par Catherine Clermont, 10/18, 1998)

« Résignation ! […] Fatalismo ! […] Il savait que tout était fini. Mais je me demande s’il savait qu’il devait mourir… »

Il n’était censé qu’organiser son “accident” pour parer à ses dettes et protéger sa famille, qui lit trop de romans.
« J’ai lu trop de romans. Et dans les romans, il y en a toujours un qui se sacrifie pour une femme, qui se laisse enfermer en prison pour ne pas la trahir. »

Tout tombera dans le lac…

Fini le 2/04/2021

Le Samouraï récalcitrant de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1988, The Reluctant Ronin traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 1997)

« Culpabilisé par son infidélité […] et se demandant ce qu’il devait faire. »
Sa fuite pour se réfugier dans un monastère le fait soupçonner du meurtre. Les chapitres consacrés à son séjour sont très habilement menés pour égarer le lecteur.

La victime a tout simplement succombé à une crise de jalousie et cela permet de mettre à jour les magouilles d’un scientifique avide avec des yakusas.

Fini le 1/04/2021