(2014, Trust in me traduit de l'anglais par Florence Bertrand, Belfond noir, 2016)
Une énième histoire de « psychopathe ». Ce livre est une sorte de plagiat des innombrables thrillers us mettant en scène ce genre de personnage.
La narratrice et les autres personnages sont tellement stéréotypés façon états-unienne que l’intrigue est fade et insipide, sans relief ni surprise (la « femme au foyer » enquêtant contre l’avis de tous, tout en accusant son mari de « tromperie »). L’auteur essaie de créer une sorte de suspense en accumulant ce qui peut être des menaces sur cette femme, mais c’est trop artificiel pour enrichir l’intrigue (l’incendie de la maison obligeant les fouilleurs à partir par le toit, par exemple).
Les apartés du « psychopathe » sont imités, copiés-collés sans créativité (la succession des crimes…) et leur lecture sans intérêt pour l’intrigue.
Enfin fini le 22/05/2023
mardi 23 mai 2023
Appelle-moi de Sophie McKenzie
L'or de Poséidon de Lindsey Davis
(Série Marcus Didius Falco, 1993, Poseidon's Gold traduit de l'anglais par Jean-Pierre Massias, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2001)
L’histoire insensée d’un « détective privé » à « Rome » « en 72 après Jésus-Christ ».
Rebutée dès le début par les emportements [courroux serait un terme trop doux] et les bagarres du « héros », j’ai feuilleté les premiers chapitres et arrêté de lire page 86, incapable de supporter les presque cinq cents pages de ce livre.
Un commentaire trouvé sur le net résume parfaitement mon avis : « Un roman qui se passe pendant l'Antiquité romaine où un homme appelle sa mère “M’man” et où dans la cuisine il y a un “plan de travail”, c'est peut-être de l'humour mais ça ne me convient pas. »
Suspendu le 21/05/2023
Haine noire de Patrick Caujolle
(De Borée, Marge noire, 2018)
L'histoire a peu d'intérêt avec ces complots de « satanistes », « islamistes », « rancuniers », mais l’écriture est agréable, l’intrigue bien montée et les « policiers » crédibles dans leurs tâtonnements.
« Il les aimait, ces particules de silence, ces petits moments latents qui, comme des bulles de champagne, commencent à monter, à monter, pour bientôt atteindre la surface de la vérité. C’est le moment où l’on ne sait pas mais où l’on devine, l’entre-deux magique, l’instant de la surprise, de la chute à venir, du chien à l’arrêt ou du bouchon qui inflige ses premiers frissons à l’uniforme pelure de l’eau. »
« Une toile, deux araignées, chacun la sienne, advienne que pourra. »
Fini le 19/05/2023
Miss Seeton au clair de lune de Hamilton Crane
(pseudonyme de Sarah J. Mason, 1992, Miss Seeton by Moonlight traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2001)
Ce dernier auteur des aventures de Miss S. conserve sa façon de parler, sa capacité d'illustrer des situations, mais évite les bagarres et les morts.
L'intrigue repose sur la recherche de la « bande » qu’un « Crésus » charge de vols d’objets d’art ou autres liés à « l’hiver » et un « monte-en-l’air » rendant les bijoux volés contre « rançon ».
Le « clair de lune » va attirer Miss S. et permettre le démantèlement des criminels.
Fini le 17/05/2023
La République des faibles de Gwenaël Bulteau
(La Manufacture de livres, 2021)
Ce livre est remarquablement mal écrit, les policiers sont présentés comme de sombres brutes qui tapent sur tout ce qui leur tombe sous les poings, notamment les femmes considérées uniquement comme bonnes à “tringler”, etc.
« Dans les premiers temps, il servait de rabatteur et empochait sa commission. […] il fallait prononcer une phrase. […] On disait : Vive la république ! et le client répondait : Qui prend soin des faibles ! »
« […] la pauvre Esther s’en prenait plein la gueule. Dans cette république dévoyée, les faibles buvaient le calice jusqu’à la lie. »
L’intrigue est noyée sous ce déluge de violences et l’enquête, pour retrouver le meurtrier de l’enfant, perd de son intérêt.
L'éditeur présente ce livre comme « un polar historique », car l’action se passe en « l’an 1898 », mais, à part les « fiacres », « à mort les juifs », dehors les « Prussiens », rien ne décrit la vie sous notre Troisième République (contrairement aux livres de Jean Contrucci).
Fini le 15/05/2023
dimanche 14 mai 2023
Une femme de trop de Louis C. Thomas
(1995, Folio policier, 2000)
Ce livre commence comme un roman sentimental quand l'écrivain raté est sauvé du suicide par cette femme riche. Ensuite, le suspense consiste à savoir laquelle des deux femmes — « l’épouse » ou « la maitresse » — mourra.
C’est bien écrit…
Fini le 13/05/2023
Tué sur un coup de tête de Colin Cotterill
(2011, Killed at the Whim of a Hat traduit de l'anglais par un inconnu, Prisma Noir, 2013)
Le titre anglais signale tout de suite l'importance du « chapeau » (« orange ») retrouvé près de l’abbé assassiné au milieu des « bougainvilliers », en insistant sur la non-préméditation, comme le titre en français (« caprice », « coup de tête »).
Le plus intéressant dans ce livre n’est pas la recherche du coupable, mais les personnages, la vie dans le « sud » de la Thaïlande de cette « journaliste », de sa « Mair », son frère « bodybuildé », son grand-père ancien policier et « Sissi ».
Pour ajouter à l’humour, l’auteur a pris pour épigraphes des extraits de discours de George Bush, par exemple : « C’est dans la famille que la nation trouve l’espoir, là où les ailes prennent leur rêve. » ou « Ils m’ont mal sous-estimé. ».
« […] la seule raison présidant à ces dérapages, langue-qui-fourche et autres lapsus était imputable soit à un esprit supérieur à la moyenne, soit à un individu frappé d’une profonde bêtise […]. » Ce travail d’analyse servira à notre journaliste : « […] Je suai deux bonnes semaines à comprendre… qu’il n’y avait rien à comprendre. Qu’il n’y avait pas d’explication rationnelle au chapeau orange de l’abbé. »
« Mais bien sûr, de tout ça, Pak Nam s’en fichait. Car ici, quand le calamar va, tout va. »
Fini le 12/05/2023
*Dernier livre de cet auteur traduit en français à ce jour.
Subtile définition…
… pour une abréviation vulgaire : « Effectue un bref passage sur la lune avant de se désintégrer. », « PQ ».
Grille 7* finie le 12/05/2023
Azazel de Boris Akounine
(Série Eraste Pétrovitch Fandorine, 1998, Азазель traduit du russe par Odette Chevalot, 10/18, 2003)
Eraste monte très vite en grade (voir une « table des rangs » en annexe) en prenant au sérieux un suicide, puis un attentat, puis etc. L’enquête sur ce complot l'envoie à Londres, puis retour à la « capitale » Petersbourg et à Moscou.
L’action se déroule en 1876 et l’auteur nous présente la façon dont les Russes doivent se comporter à l’époque. La lecture est intéressante bien que le fameux « complot » des « Azazel » soit assez inepte.
« Le Seigneur a créé ce monde, il a créé les hommes et les a livrés à eux-mêmes. Mais les gens sont si faibles et si aveugles qu’ils ont transformé le monde divin en enfer. […] Dieu a distribué des cartes aux hommes, Azazel, lui, enseigne comment jouer pour gagner. » par exemple, en éliminant ceux qui le gène ?…
Fini le 8/05/2023
Les silences de Margaret de Paul Couturiau
(Presses de la Cité, 2011, prix roman des conseils généraux de Lorraine)
Pendant les périodes de guerres et entre les deux, cette famille accumule les événements à tenir secrets (notamment naissance non désirée, puis désirée, etc.) entre l’Allemagne « nazi » et Metz.
Ce sujet fait de ce livre un vrai “roman de gare” plein de poncifs sentimentaux sur “l'amour irrésistible” et la rancœur des enfants se sentant mal aimés. La construction, alternant « cahier » de Margaret (puis insertion des pages de « Hélène ») et réflexions du « fils » et « frère » avocat, est assez mal montée donnant parfois l’impression de mélanger les dates (l’action se passe en 1981). De plus, les personnages sont tellement prévisibles et répétitifs [ne dira rien avec une mine secrète mais ensuite montre n’avoir rien à dire… d’où colère…] que l’intérêt se lasse.
« Ecrire ces quelques pages l’avait réveillée. Elle avait compris qu’il n’était jamais trop tard. Qu’il valait mieux égayer les années qui lui restaient à vivre, plutôt que de se complaire dans un personnage qui n’avait plus de raison d’être. Elle avait aussi accepté qu’il puisse exister une différence entre le mal commis délibérément et celui qu’on commet par maladresse, par mégarde, par douleur. On est responsable des deux, mais coupable uniquement du premier. » [pfff, quel style poussif !]
Fini le 6/05/2023
samedi 6 mai 2023
Patatrot de Dick Francis
(1962, Dead Cert traduit de l'anglais par Jean Rosenthal, 10/18, 1996)
Le narrateur est un jockey confronté au meurtre de son ami. L'auteur utilise une écriture simple, bien rendue par la traduction, pour créer ce personnage agréable dans sa description des courses, bien réfléchi dans ses réactions contre les criminels, notamment en tenant la police au courant.
« Le familier plaisir de la victoire m’inondait ; c’était aussi réconfortant qu’un bain chaud, et j’aurais sauté de joie en rentrant au vestiaire, si je n’avais su que c’était au cheval que revenait tout le mérite, et non au jockey. »
« […] il avait eu du mal à garder son train de vie luxueux […] il avait peu à peu dépensé le plus gros de son capital. […] Ses méfaits ne lui semblaient sans doute guère plus réels que les coutumes barbares et primitives qu’il étudiait. »
Le lecteur peut profiter de belles descriptions de la façon dont certains se menacent à cheval.
Fini le 4/05/2023
La dame aux corbeaux de Georges Tiffany
(pseudonyme de Jacqueline de Boulle, Fleuve noir, Spécial-police, 1970)
Le livre commence tranquillement avec cette femme qui donne son titre au livre…
« Je me promène chaque jour dans le parc de Saint-Cloud et, imaginez-vous, j’ai apprivoisé cinq corbeaux qui sont pourtant des oiseaux particulièrement farouches. »
… se poursuit avec la rencontre de la police avec ses « jeunes » amants et vire au massacre…
« […] la Hongrie, en somme, est la patrie des vampires […]. »
Fini le 1/05/2023
Des âmes noires de Anne Perry
(Série William Monk, 1994, The Sins of the Wolf traduit de l'anglais par Élisabeth Kern, 10/18, 2000)
Le coupable se devine dès la présentation de la famille écossaise, mais la lecture reste intéressante pour suivre les pensées, réactions et réflexions de Hester (en prison) et ceux qui l'accompagnent.
La fin est grandiloquente avec la révélation de sombres secrets, de trahison, de filiation cachée, de mariages arrangés…
« Tu l’as vendue comme on vend un chien ou un cheval. Tu as employé la flatterie et la ruse avec chacun d’entre nous… exploité nos faiblesses contre nous-mêmes… »
et plouf…
Fini le 30/04/2023
Le Bûcher du Boiteux de Pascal Basset-Chercot
(Série Le Boiteux, 1996, Presses Pocket, 2007)
L'inspecteur commence par enquêter sur les « brulés » retrouvés dans une maison abandonnée et continue avec les deux « disparues », une « tante » âgée et une « petite inspectrice des impôts ».
En tapant sur tous ceux qui le gênent, il avance vers la fin du livre dont l’épilogue n’annonce que des morts mais pas d’accusés.
Fini le 28/04/2023
La Splendeur des Wainwright de Julian Symons
(1965, The Belting Inheritance traduit de l'anglais par P. Verguin et B. Bernède, J'ai lu, 1983)
Ceux qui vivent toujours auprès de Lady W. attendent l’héritage, mais les fils, disparus à la guerre, l’espèrent également. Le « filleul » va essayer de comprendre d’où sort ce « David », en parlant avec différentes personnes, dont la nièce d’une ancienne victime, et sans savoir reconnaître ces parents qu’il n’a jamais connu.
« Un homme se tenait devant notre table. Il était plutôt rondouillard, avec une assez bonne bouille. La quarantaine, un complet strict et foncé. »
En allant jusqu’à Paris, d’où provenait la « lettre », il découvre le « jus de serpent » : « […] un verre de cet épais liquide vert […]. De l’eau y fut versée, qui le rendit opalescent, transformation subtile qui me fascina. »
Ce qui ne l’empêchera pas d’apprécier la pièce de théâtre : « […] Ibsen a réveillé quelque chose dans ma mémoire […]. »
Fini le 26/04/2023