vendredi 29 août 2025

Mapuche de Caryl Férey

(Gallimard, série noire, 2012)

L’histoire se passe en Argentine. Jana est une Mapuche.
« Tristesse, impuissance, désespoir, les Mapuches s’étaient toujours battus, jusqu’au bout. Jana Wenchwn était une welfache, une guerrière, depuis le jour où les carabiniers avaient fracassé la porte de la maison. »
Ruben Calderon est un détective privé au service des Grands-mères de la place de Mai.

Cette accumulation de poncifs violents — l’intrigue n’est qu’une suite de tueries, massacres, tortures, etc. — discrédite ceux qui veulent établir la vérité sur les exactions des dictatures argentines.

J’ai parcouru et lu en entier la troisième partie « Kulan — La femme terrible ».
Comme écrit un Babelieur : « Les scènes gore seules n'ont jamais fait un grand livre. »

Fini le 29/08/2025

jeudi 28 août 2025

La cage dorée de Camilla Läckberg

(Série Faye, 2019, En bur av guld traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud, actes noirs, 2019)

À la première page, une policière annonce à Faye que « votre ex-mari Jack a tué votre fille », Julienne.

Tout le reste du livre n'est que l'histoire incohérente de la façon dont Jack devient millionnaire, puis, après leur divorce, comment Faye devient millionnaire, entrecoupé de pages relatant le passé de Matilda, son ancien prénom, avec la violence de son père, le suicide de son frère… La description des techniques utilisées pour créer les sociétés générant le fric est parfaitement inepte : « Compare », un repaire de télévendeurs agressifs, « Revenge », des produits de beauté pour se venger des hommes [?!], du grand n’importe-quoi. Et des scènes de sexe à la limite du porno… juste pour montrer comme “baiser” les hommes ? (il y en a un qui a droit à une cigarette…)

La vie des femmes dans leur « cage dorée » aurait mérité une intrigue moins bâclée. Mais tout se termine dans des transats sur la plage ensoleillée.

Fini le 27/08/2025

mercredi 27 août 2025

Ne me remerciez pas ! de Martial Caroff

(Fayard, 2023, Prix du Quai des Orfèvres 2024)

Les expériences auxquelles se livrent ces scientifiques avec des « diatomées », dans des « diatomites » sont trop obscures pour un profane. En « avertissement », l’auteur précise  que « la théorie défendue par certains personnages du roman sur les causes du réchauffement climatique est purement fictionnelle. »

Cela n’empêche pas d’apprécier pleinement la lecture de ce polar digne de la lignée d’enquêteurs du Quai. L’inspecteur Paul Varenne — et ses acolytes, Manuel Lerefait « Bonboulot », Riwan Menguy et Léa la procédurière — cherche le coupable de la mort de Jacques Gaubert, un scientifique que beaucoup détestait, car il s’arrogeait leurs découvertes.
« Pour Gaubert, les choses étaient binaires : soit il réussissait à endosser la paternité des découvertes de sa collègue, soit il flinguait tout son boulot. » et il faisait la même chose pour suborner ses thésardes.
Dans sa dernière publication, il a fait mettre dans les « remerciements » : « They also thank Jean Paffavec de Pauin, Zette Fiotedeux, Colin Éckomssa, J. Le Nicollin for their technical assistance. » que déchiffre ainsi Bonboulot : « J’empaffe avec deux poings cette fiotte de Colin et comme ça, j’le nique, Colin ! » car Colin Lacourt avait refusé de lui remettre le résultat de ses travaux…

Le commissaire Franck Kestner conclut : « On sait depuis Conan Doyle que pour bien se planquer, rien de tel que de s’exposer aux regards, fondu dans un décor chatoyant. C’est la méthode caméléon. »

Fini le 25/08/2025

lundi 25 août 2025

Hildur de Satu Rämö

(Une enquête de Hildur Rúnarsdóttir, traduit du finnois par Aleksi Moine, Seuil, Cadre noir, 2024)

Hildur, inspecteur de police à Ísafjrður, reçoit Jakob, un policier finlandais venu faire un stage en Islande. C'est une ville située à l'extrême nord-ouest de l'île dans la région appelée « Fjords de l’Ouest ».

L’intrigue policière est classique avec des meurtres sans rapport apparents entre eux, Jón un pédophile, Heiðar un richissime avocat, Freysi professeur de sport et voisin et amant de Hildur. Au-delà de l’enquête, la lecture apporte beaucoup d’informations sur la vie en Islande et sa culture. Jakob — comme un double de Satu — a quitté la Finlande pour s’installer en Islande et se révèle un amateur de tricot islandais. Hildur préfère le surf.
« C’était de “l'escapisme”. Certains regardaient des films, d’autres plongeaient dans l’eau glacée. Lui, il avait passé les dernières années à tricoter des pulls pour garder l’esprit tranquille. »

La neige, le froid, le verglas sont bien présents en novembre, le soleil se montre peu. Cette particularité sert dans l’intrigue pour la mort de Jón.
« [Il] était encore en vie mardi et il avait commandé une pizza. Puis il y avait eu l’avalanche et, à un moment entre la pizza crevettes-poulet et l’avalanche, il était mort. »
Celle de Freysi utilise les installations contre les excès de la neige, « le paravalanche » dont « la barrière de protection avait été enlevée. » 

« […] la rubrique nécrologique des journaux faisait une vingtaine de pages parce qu’on publiait tous les textes […]. Là se cristallisait le noyau de l’islandicité : la vie de chaque personne valait la peine d’être racontée et chaque récit était important. »
« Cela n’avait rien de surprenant que les habitants de la même petite ville soient de la même famille. Ce qui était étonnant, c’était que ce ne soit pas une information connue de tout le monde. »

Jakob n’a rien compris à l’appel téléphonique car il ne parle pas encore islandais uniquement anglais, heureusement plus tard la personne a répondu à Hildur.

Fini le 24/08/2025

vendredi 22 août 2025

Meurtre au dix-huitième trou de John-Erich Nielsen

(Les enquêtes de l'inspecteur Sweeney, éditions Head over Hills, 2005)

L'histoire est un cours sur le golf. Tout nouvellement nommé à la criminelle à Edimbourg, Sweeney est convoqué par le commissaire Wilkinson pour enquêter sur le cadavre découvert sur le parcours de St Andrews. La première impression de Wilkinson est :
« Le problème avec Sweeney, c’est que l’on ne pouvait rien en dire. À cause de cette… En fait, Sweeney n’était qu’une barbe, une barbe rousse, courte, mal peignée, mal taillée, mal foutue vraiment, éclipsant tout le restant de son apparence. »

Son collier roux est sa principale désignation quand il va aux États-Unis, puis en Irlande pour enquêter dans le milieu des golfeurs. Il acquiert « une connaissance approfondie » de ce « milieu fermé, et de ses principaux acteurs ». Buddy Nelson, le mari d’Amanda la première victime, lui donne un club, un « sand wedge », qu’il balade partout accompagné de son « dictaphone ».

Une lecture amusante, bien récréative, ponctué des « Great Scott » de Sweeney à chaque découverte, et notamment à la « fin de parcours ».

Fini le 21/08/2025

jeudi 21 août 2025

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

(Éditions Belfond, 2019)

Ce livre donne le mode d'emploi de la violence avec un catalogue des meilleurs techniques pour obtenir la soumission. Décrire pendant plus de 600 pages des tortures de toutes sortes enlève toute vraisemblance et crédibilité à l'histoire.

Dommage, la simple relation des conditions de vie de « Tama » — « diminutif de Tamazzalt qui signifie la dévouée » [la transcription en arabe traduit ce mot en “fidèles”] — aurait suffit pour retenir l’attention sur « l’esclavage » moderne des enfants, qu’en postface l’auteur écrit vouloir dénoncer… (ou uniquement se délecter de ces scènes ?). Comme résumé à la page 555 :
« […] Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir. Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée. »

Ah, et il y a l’inévitable “grand amour” entre Izri, amateur de jalousie et de tabassage, et Tama lui pardonnant tout évidemment. Leurs scènes rendent ces personnages ridicules. Quant au « tueur »… il est si parfaitement saugrenu que c’en est atterrant.

Fini le 20/08/2025

mercredi 20 août 2025

Aubergiste, tu seras pendu de Doris Gercke

(1988, Weinschröter, du mußt hängen traduit de l'allemand par Marie Reygnier, Rivages/Noir, 2004)

L'inspectrice Bella Block (deuxième livre de sa série mais unique titre en français) accepte d'enquêter sur des suicides puisque c'est dans le village où elle a sa maison rénovée.

Le premier chapitre résume les raisons des meurtres et les conversations de Bella au comptoir de l'auberge dévoilent assez vite la personne coupable.
« Ils ne m’adressaient pas souvent la parole. Je pensais parfois que j’étais trop laide. »
Une histoire entrecoupée de citations étranges et environnée de senteurs porcines. Citation du chapitre 15 : « Coupe la queue du matou / mais un bout / lui en laisse / pour aller à la messe. »

Quand il est soûl, l’aubergiste est ramené dans une brouette.

Fini le 18/08/2025

lundi 18 août 2025

Un verbicruciste a trouvé la solution

« Résultats inattendus de l’IA. », « énormités ».

Grille 7* finie le 18/08/2025 

À jeter aux chiens de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1995, A Portion for Foxes traduit de l'anglais par Florence Vuarnesson, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Ce livre donne l'impression d'avoir été élagué, qu'il manque des morceaux, notamment le passage d'une action à l'autre se fait sans interlignage obligeant la lecture à se recadrer continuellement pour suivre l'intrigue. La fin omet d'expliciter les justifications du coupable pour les meurtres des « SDF », sans doute pour “faire le ménage”, mais pourquoi maintenant ? Quant à la mort des noyées Liz et Rosemary…

Morrissey envoie l’agent Sparrow observer ce qui se passe à la « citadelle » dans le centre d’hébergement de l’Armée du Salut où Alan Salter, un jeune diplômé, vient pour réaliser son projet.
« […] une enquête subventionnée conjointement par l’aide sociale et l’administration régionale de la santé publique […], le but est de parler avec des SDF, de les aider, mais surtout de compiler les témoignages de leur vie. »

Les « renards » du titre en anglais jouent un rôle plus important dans l’histoire, en furetant dans les dépôts et en fuyant les « chiens » de chasse, même si tous permettent d’éliminer le meurtrier.
« […] Morrissey regrettait presque que cette fin n’ait pas été différente car certaines questions resteraient sans réponse. »
« L’enquête avait eu lieu, le dossier était clos et, en fouillant un peu dans les poches de la police, on avait trouvé de quoi racheter un vélo à Tesco […]. »

Fini le 17/08/2025

samedi 16 août 2025

Le chant du silence de Jérôme Loubry

(Calmann-Lévy, roman noir, 2023)

L'intrigue est diluée entre 1995, l'année de tous les drames, et 2019 au retour de Damien pour l'enterrement de son père. Ce personnage, présenté comme le narrateur — parlant avec un « ami imaginaire » — est décrit particulièrement fade et immature, ayant gobé toutes les fausses idées qu’on lui a inculquées. Franck, l’ancien aide-marinier devenu policier, lui suggère :
« — Mais tu es un homme à présent, et tu devrais envisager l’idée que cette ville, et toi également, vous soyez trompés depuis le début… »

La vie d’un pêcheur est pénible à l’époque. Ils logent dans des « mobil-homes », le patron du port pèse précisément leur marchandise avant de les payer et maintenant survient une « marée noire » les obligeant à nettoyer le port, touchant seulement quelques indemnités. Le propriétaire, Philippe Duffrane, est acculé à la faillite en attendant le paiement des assurances. Arrive alors la mort de Gustave dont s’accuse Jean, le père de Damien, qui accepte d’aller en prison.

Dans son testament, Jean lui lègue de l’argent et Damien cherche avec Franck d’où peuvent venir ces sommes. Il s’installe dans le mobil-home, essaie de nettoyer les cadavres de chats, et lit les dossiers que lui passe le policier.
« En combinant les vérités que j’avais découvertes (sur ma mère, dans le testament, dans les différents comptes rendus, de la bouche même de Franck…), il était fort probable que le policier possédât une part de vérité. J’ignorais pourquoi il pensait si fort que mon père ne s’était pas suicidé. »

Les meurtres sont mis en scène avec coups de couteau et fil de fer pour accuser une bien vieille femme survivante.

Fini le 15/08/2025

vendredi 15 août 2025

La disparition d’Orphée de Kate Ross

(Série Julian Kestrel, 1997, The Devil in Music traduit de l'anglais par Florence Vuarnesson, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque, 2000)

En mars 1821, le marquis Lodovico Malvezzi « écoutait, transporté, les yeux pleins de larmes » son protégé Orphée chantait sous la direction de son professeur le maestro Donati. Puis le marquis est trouvé mort d’une balle en plein cœur dans le belvédère de la villa.

Son meurtre ayant été dissimulé par les autorités soumises aux Autrichiens, ce n’est qu’en septembre 1825 que Julian en prend connaissance dans les journaux pendant son séjour en Suisse avec son ami le docteur MacGregor. Ils partent pour Milan.

L’intrigue est pleine de rebondissements avec une façon subtile de supposer coupable chacune des personnes présentes. Le commissaire Grimani cherche à identifier Orphée persuadé que c’est le coupable. Il explique plusieurs fois qu’il s’agit d’un complot des carbonari [mouvement révolutionnaire pour l’unification de l’Italie]. En 1821, les Autrichiens ont rétablis l’absolutisme après l'insurrection.

Le commissaire fait réunir tout le monde dans la villa pour pouvoir bien les harceler. Pour la famille, la marquise Béatrice, seconde épouse du marquis, avec sa servante Nina, et Carlo, le frère cadet de Lodovico ; pour les Anglais, se joignent à Julian et son ami, « l’honorable » Berverley St Carr, un jeune faisant un tour d’Europe avec son précepteur Hugo Fletcher ; un français Gaston de la Marque se présentant comme un séducteur de la marquise ; arrive ensuite, appréhendée par les policiers, Francesca, la femme de Rinaldo le fils de Lodovico, qu’elle a quitté pour « Valeriano », un célèbre castrat ; et toute la domesticité, notamment Ernesto, l’ancien valet de Lodovico, et Lucia, qui a servi à la villa et bien connu Orphée.

L’auteur, avec un texte uniquement en anglais, et en français pour la traduction, réussit à persuader le lecteur que chacun parle dans sa langue. Paolo Zanetti, le secrétaire et interprète du commissaire milanais, écoute aux portes. Julian et son valet Dipper le méduse avec un délicieux dialogue :
« Dipper n’était pas né de la dernière pluie. Il s’adressa ainsi à Julian :
— Les deux ombres de sézigue [les valets du marquis Rinaldo], monsieur, ils veulent tailler une bavette. Ils m’ont graissé la patte pour que j’arrange ça.
— Et qu’est-ce qu’il y a à passer ?
— J’sais pas, monsieur. J’ai essayé d’leur faire manger l’morceau, mais ils ont pas pipé. Y’a qu’à vous qu’ils fourgueront la marchandise.
— Filez à ma crèche avec leurs pommes. J’me pointe en moins de deux. »

Cet « ultime roman » se termine par les confidences de Julian sur son ancienne vie.

Fini le 13/08/2025

samedi 9 août 2025

L'Apothicaire et l'espion français de Deryn Lake

(Série John Rawlings, 1998, Death on the Romney Marsh traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, éditions du Masque, Labyrinthes, 1999)

John va dans la petite ville de Winchelsea pour visiter une ancienne connaissance maintenant nommée Mrs Rose. Mais il découvre « l’Épouvantail » (“mort sur le marais de Romney” ainsi que le nomme le titre en anglais) et, pour élucider ce meurtre, vient loger chez elle en se présentant comme son « neveu ».
M. Fielding lui confirme la présence d’espions français sur la côte alors que se prépare la « guerre de Sept Ans » en cette année 1756. Surnommés « la Grenouille » et « le Papillon de Nuit », John doit fréquenter les gens de la « bonne société » de la ville pour les découvrir.

Le mariage entre le marquis de Rye et Rosalind Tireman, la fille du recteur, réunit tout ce « beau monde » [en français dans le texte] déclenchant une réaction imprévue.

La rencontre de l’apothicaire avec le contrebandier-vicaire Dick Jarvis est agréablement décrite, en en faisant un personnage intelligent et policé.

Fini le 9/08/2025

vendredi 8 août 2025

Menaces sur le shogun de Dale Furutani

(La trilogie de Matsuyama Kaze, 2000, Kill the Shogun traduit de l'anglais États-Unis par Katia Holmes, 10/18, 2006)

En « l’An du Lapin, 1603, dans Edo où il sait que se trouve la fille de sa Dame, Kaze est poursuivi pour avoir tué Nakamura en voulant viser le shogun Tokugawa Ieyasu. C’est évidemment faux puisque le tueur a utilisé un mousquet. Or, ainsi qu’en discute Ieyasu avec Honda, son fidèle :
« — D’après toi, ce Matsuyama Kaze est-il un vrai samouraï ? 
Honda réfléchit un instant.
— C’est un homme dangereux. […]. Cependant […] je suppose que c’est un vrai samouraï.
— Et quelles sont les armes d’un vrai samouraï ?
— Le sabre et l’arc, répondit Honda sans hésitation.
— Exactement ! conclut Ieyasu. »

Le rônin va y ajouter les déguisements et grimages de ses compagnons de kabuki pour continuer à fouiller la ville, sachant maintenant où se trouve Kiku-chan. Pour en finir avec sa traque, il explique au shogun que « c’était le tireur d’élite qui permettrait de remonter jusqu’à l’assassin, et pas l’arme ». 
« Les mousquets étaient un “cadeau” des barbares poilus d’Europe. »
« Il fallait […] un tireur d’exception […]. »

Marsuyama Kaze signifie « Vent de la montagne couverte de pins ». Dans la prairie, « Kaze resta solidement planté sur ses pieds et sentit monter en lui la force de la terre. » « Je suis le sabre du bon droit, la lame de la justice, se répétait Kaze, comme un mantra. »

Fini le 7/08/2025

mercredi 6 août 2025

Le pas du loup de Peter Bowen

(Les Mystères de Gabriel du Pré, 1996, Wolf, No Wolf traduit de l'américain par Carole d'Yvoire, 10/18, 2002)

Les « Métis » du Montana s’opposent aux « écologistes » qui veulent ramener des loups, des ours, des touristes… dans leurs domaines d’élevage. Après des affrontements qui font des morts, Gabriel Du Pré explique.
« Moi, j’en ai assez de ces cons, on se débrouillait vraiment bien avant que ces têtes de nœud débarquent, coupent des barbelés, tuent du bétail et obtiennent que le gouvernement mette des loups dans les montagnes. C’est comme si tu étais assis à la table de ta cuisine un dimanche matin et qu’un groupe de prêcheurs ouvrait ta porte d’un coup de pied, tapait sur un gong à te donner mal à la tête, fouillait ta maison et décidait de rester, comme c’est chouette, on va vivre ici, vous aider. Vous pourrez devenir l’un des nôtres. Merde merde merde merde. »

Les agents du FBI, Corey Banning, puis Harvey Weasel Fat Wallace, n’ont pas plus de solutions que le nouveau shérif Bart. Benetsee, l’ami indien de Du Pré, n’a pas de visions.

La description de l’intervention du grizzli dans la neige est bien édulcorée en ne décrivant que les restes.

Fini le 3/08/2025

dimanche 3 août 2025

Le jugement de Falconer de Ian Morson

(Série William Falconer, 1995, Falconer's judgement traduit de l'anglais par Catherine Delhomme, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1998)

La traduction approximative gâche bien trop la lecture.

Falconer se fait malmener quand il veut comprendre le meurtre de Sinibaldo, frère et cuisinier-chef de l'évêque Otho, légat pontifical venu visiter le roi Henri III. Il trouvera la solution aidé par Peter Bullock, le constable d'Oxford, et, en tapinois, Guillaume de Beaujeu, le Templier envoyé par son ordre pour déjouer le complot dans la succession du pape mourant.

L'intrigue est bien emberlificotée et saupoudrée à chaque début de chapitre d'un extrait de la « Chronica Oseneiensis » composée par le frère John Darby, de l’abbaye d’Oseney. Le regent master est inspiré par les écrits de Roger Bacon que sa disparition lui a permis de récupérer. Falconer va se servir du frère Fordam, également hypnotiseur, pour déclamer cette assertion : « L’étoile qui était tombée du ciel ouvrit le puits de l’abîme. Et il monta du puits une fumée, comme celle d’une grande fournaise, et elle obscurcit le ciel et le soleil. » (description d’une éclipse de soleil)

La façon dont fut utilisée la flèche pour tuer Sinibaldo n’est pas très crédible, mais est confirmée par le coupable.

Fini le 2/08/2025

vendredi 1 août 2025

Le Silence de Yrsa Sigurdardóttir

(Série Freyja et Huldar, 2019, Þögn traduit de l'islandais par Catherine Mercy et Véronique Mercy, Actes sud, actes noirs, 2024)

Ce livre ne remonte pas le niveau de cet auteur. Tout y est absurde et ses personnages sont décrits avec encore plus de mépris qu'avant (Erla gueule après tout le monde… Freyja erre en cherchant quoi faire… Huldar se demande quand il va pouvoir baiser…).

L'histoire commence avec ce qui aurait pu être un bon argument d'intrigue : l'enlèvement de MÍa, le bébé d'un couple masculin. Puis viennent les cadavres et tout sombre dans le grand n'importe quoi. Rögnvaldur part à la recherche de la personne qui a contaminé de la rougeole sa fille atteinte de leucémie et qui en est morte. Le corps démembré sans la tête est soi-disant identifié, mais les parents nient que ce soit leur fille BrÍet. Cette mise en scène est particulièrement absurde, alors que précédemment il semblait que les techniciens avaient confirmé l'ADN… Tout le reste est du même bas niveau.

Sædís, fille de Einar celui qui faisait des travaux dans la maison de Stefán et Númi, et sœur de Selma, se raconte après son accouchement du bébé qu’elle voulait “offrir” [!].
« […] elle était obsédée par le désir de toujours bien faire. […] Elle avait seulement mis un pansement sur la plaie, qui s’était infectée. Son initiative irréfléchie avait coûté la vie à trois femmes […]. »

Avoir basé son histoire sur la « gestation pour autrui » dans son pays où elle est interdite, confirme le dédain de l’auteur pour la conception de ses personnages.

Fini le 1/08/2025