vendredi 28 novembre 2025

Le détective chauve de Anna Grue

(2010, Den skaldede detektiv traduit du danois par Frédéric Fourreau, Gaïa polar, 2015)

« Lene et Thomas sont tous les deux des personnages publics […]. Thomas, en tant que député, est le plus connu. Si tout se passe comme le prédisent l’opposition et les sondages […], il est notre prochain Premier ministre et il y a de fortes chances qu’il se soit fait quelques ennemis […]. » « Quant à Lene, elle préside la Société des propriétaires de jardins écologiques […] a déclaré la guerre aux agriculteurs traditionnels […]. […] qu’elle aussi ait quelques ennemis. »

La vengeance est la première hypothèse de Dan pour expliquer la mort de leurs enfants, Rolf et Gry, et la menace qui pèse sur Malthe, leur dernier fils, qui va bientôt avoir l’âge où son frère et sa sœur sont morts, soit « seize ans et vingt-sept jours ».

Cette intrigue est bien montée. Les réflexions de Dan, ses recherches, ses découvertes, ses intuitions… servent à l’inspecteur Flemming et toute son équipe. Ils fouillent notamment tous les carnets et albums de Morgens, le « pauvre petit homme souffrant de troubles mentaux a été assassiné ». Il avait l’habitude de beaucoup photographier, notamment les plaques d’immatriculations particulières.

Le pasteur Arne et, son épouse, Vibeke sont bien sollicités.
« […] à propos de Rolf et Gry Harskov et du bedeau puisqu’elle les avait très bien connu tous les trois. » et elle voit régulièrement Malthe qui promène Oskar, le chien du presbytère.

Malthe confie : « Je suis sur un nuage. Se faire dépuceler à Roskilde. Ça, c’est rock’n roll ! »

Fini le 28/11/2025

mercredi 26 novembre 2025

Adios Viracocha de Zolma

(Le retour de Lily Verdine, Jigal, Polar, 2010)

« Viracocha, Dieu barbu créateur qui commandait au soleil. » C’est le surnom que Lily donne à son Juan-Manko qui la quitte, obligé de rejoindre son pays, le Pérou.

Hubert Renault, directeur des éditions à son nom, est le frère de Yves Renault — Run —, dessinateur retrouvé assassiné dans son chalet des Corbières. Il vient solliciter Lily pour retrouver le meurtrier Thomas Carayol qui assistait Yves.
« — Thomas Carayol, l’homme qui entretenait la maison. Un jeune qui avait failli mal tourner, recruté par mon frère, au début pour les travaux de jardinage et d’entretien. Et un jour, […] il a découvert que le type avait du talent pour le dessin et il n’a utilisé. »
« — […] au départ de Jean-Michel Char, Yves et moi avons créé notre propre maison d’édition. […] Les albums se vendent correctement, mais la critique n’est pas tendre. Beaucoup considèrent que c’est Jean-Michel qui donnait le ton, la couleur à leurs œuvres. »
« — Ma belle-sœur a épousé Yves à l’âge de vingt ans. […] Ils ont eu deux garçons, Hugo et Martin. Hugo, l’ainé, je l’emploie malgré son incompétence. Un vrai fils à papa, totalement incapable de quoi que ce soit. Le plus jeune Martin, c’est pire. »

Lily part sur les traces de Thomas, jusqu’en Hongrie. Elle interroge tous ceux qui l’ont connu et les objets qu’elle trouve.
« […] c’est un instable, le jeunot […]. Après la fugue éperdue qui semble maintenant le ramener à la niche. Et l’enclume, là-dedans ? Elle ne trouve pas sa place, évidemment, elle est plus encombrante que l’Opinel. »

Avec son ami Philippe — et sa Kalachnikov —, elle suivra la « Croix de saint Pierre ».

Fini le 25/11/25

lundi 24 novembre 2025

Si les chats pouvaient parler de Piergiorgio Pulixi

(La Librairie des chats noirs, 2025, Se i gatti potessero parlare traduit de l'italien par Anatole Pons-Reumaux, Gallmeister, 2025)

Marzio Montecristo, stimulé par sa Patricia, accepte de participer à la « tournée » organisée pour célébrer le dernier livre de Aristide Galeazzo, auteur de romans policiers, qu’il n’apprécie pas du tout.
« — […] Arrêtez de pasticher Simenon. […] Regardez-le. Il s’habille comme Simenon. C’est franchement pathétique, sauf votre respect bien sûr. » et même il fume la pipe.

Ils vont retrouver sur le bateau, « Mise en abyme », de l’éditeur français, Michel Anastasia avec son mari Thibault, Gianroberto Polpicella, qui a publié tous les livres du héros Brizzi, avec son entourage.

L’inspecteur Caruso y accompagne Marzio opportunément pour interroger ces gens après l’assassinat d’Aristide, mort empoisonné dans la « bibliothèque » du bateau, alors qu’il écrivait.
« Flavio s’approcha. Le libraire désigna la phrase barrée d’un trait de sang : “Il n’y avait plus rien à faire sinon… mourir. Une pluie légère se mit à tomber, et ce fut son extrême-onction.” […] Toujours en lettres de sang, quelqu’un avait écrit sous ce paragraphe le FIN en majuscules. »

Ni les éditeurs, ni l'épouse et sa fille, ni la responsable du marketing, aucun ne voulait perdre de l'argent si Aristide faisait mourir son héros. Le photographe présent sur le bateau se révèle être détective et facile à séduire. Les chats sont du voyage et se promènent un peu partout même dans la bibliothèque où règne l'odeur du tabac à pipe.

Fini le 23/11/25

samedi 22 novembre 2025

Chambre 1002 de Chrystine Brouillet

(Ramsay, 2020)

Ce livre est « un hommage à l’amitié par l’évocation des goûts et des parfums », écrit l’auteur.

Ce roman n’est effectivement pas un polar, même si le coupable aurait bien voulu aboutir à la mort. Le lecteur sait son nom depuis le début, le suspense repose en quelque sorte sur la sortie du coma de Hélène, la célèbre cuisinière lauréate d’un prestigieux prix, à la suite d’un accident de voiture.

Dans cet hôpital de Montréal, son entourage va se mobiliser pour fabriquer des plats au parfum attrayant susceptible de la réanimer.
« — Au début, nous étions les seules à expérimenter l’aromathérapie, dit Gabrielle [l’actrice] qui sourit en voyant Mitchell [le policier enquêtant sur l’accident] froncer les sourcils.
— L’aro quoi ?
— La thérapie des odeurs. On espère que, à force de faire respirer des parfums appétissants à Hélène, on réussira à la réveiller. On lit aussi des romans où il est question de gourmandise.
— […] on prépare les mets, on les lui fait sentir et ensuite on les partage. Au début, il n’y avait que nous [les Muses]. Puis Suzanne [l’infirmière en chef] a apporté ses biscuits à la cannelle et son fudge […].
— Et on a Francesca de chez Strega [le restaurant d’Hélène] qui nous a offert un sublime napoléon aux fruits d’hiver. […]
— Il n’y a que son neveu [Julius] qui n’apporte rien, fit remarquer Vanessa [son infirmière]. Il entre dans sa chambre avec son café, reste dix minutes et repart. »
Celui qui viendra d’Alsace saura lui ouvrir les yeux.

Les multiples personnages sont bien typés sans caricature, bien humains, chacune des amies présentée avec son caractère, ses faiblesses. Il y a aussi Auguste, le clown de l'hôpital, le Dr Mathieu tous les deux très secrets. L’équipe de Alex Mitchell, chacun-e avec ses particularités, etc.
Cette galerie de personnalités permet à l’auteur d’aborder de nombreux thèmes : l'amitié, la solidarité, la générosité, l'amour, la résilience, l'espoir, les secondes chances, l'homosexualité, la cupidité…

Fini le 21/11/25

vendredi 21 novembre 2025

Albertine a disparu

(Glénat, 2025)

Scénario :
Vincent Guerrier, rédacteur en chef du journal Le Perche, un hebdomadaire de Normandie.
François Vignolle, coordinateur des enquêtes police et justice à RTL/M6.
Dessin : Vincenzo Bizzarri

Monsieur le Maire de Courteville se soucie de ses anciens.
« L’histoire racontée ici est inspirée de faits réels. […] nous avons pu reconstituer au plus près les dernières années d’Albertine. »

Fini le 21/11/2025

jeudi 20 novembre 2025

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman

(2014, Dry Bones in the Valley traduit de l'anglais États-Unis par Alain Defossé, Actes noirs, 2018)

L'agent Henry Farrell est le seul policier du canton de Wild Thyme, dans le nord de la Pennsylvanie. À la sortie de l'hiver, quand la neige se transforme en boue, plusieurs cadavres vont l'obliger à faire appel à Nicholas Dally, le shérif du comté de Holebrook.

Le premier mort est « un jeune homme, torse nu ». « Son corps émergeait à demi d’une cavité dans le sol […]. Le bras, l’épaule, et le partie haute de son torse, sur le côté gauche, avaient disparu […]. »
Le deuxième est l’adjoint d’Henry. « George Ellis s’est fait descendre, hier soir, on lui a tiré dessus. »
Et puis celui du titre en anglais…

Les policiers vont interroger les ouvriers du « puits d’extraction ».
« […] mis en place une ligne de plusieurs forages qui couraient vers l’est, tous reliés à un gros pipeline qui partait au sud. Le coin était sympa. Ils avaient installé les puits à l’écart de la route, au sommet de collines entourées de bois, donc ça allait, le paysage était pas entièrement ravagé. »

Henry raconte aussi ses souvenirs, la mort de sa femme, son enfance dans ce village, ceux qui étaient ses amis, notamment « Finbar Nolan Sr. ». Pendant ses visites aux habitants, il vérifie les armes des uns et des autres, quêtant un « fusil à silex ».

Fini le 19/11/2025

lundi 17 novembre 2025

Panier de crabes de Christian Drillaud

(Éditions Les 2 Encres, Sang d'encre, 2012)

Ce livre simple rend l'intrigue claire et la lecture agréable. Simon Segré, détective privé, est sollicité par son ami, Antoine, commissaire divisionnaire à Paris, pour comprendre le décès d'un « inspecteur stagiaire […] retrouvé mort noyé » à Royan. Évidemment le commissaire de la ville, Maurice Janson, lui met beaucoup d'obstacles et Simon va enquêter tout seul. Il va découvrir une haine entre mère et fille, pour des questions d’argent mal gérées.
« Nul doute que l’impossibilité de faire fructifier leurs terrains suite à la donation vengeresse de Raymond [l’ex-marin a fait don de sa parcelle au « conservatoire du littoral »] était à l’origine de cette cessation d’activité. […] Des sommes importantes devaient être en jeu et la vie d’un homme ne pesait pas bien lourd dans la balance du profit. »

Il rencontre Éva Carrais, « gavée de médicaments ».
« — Les preuves, les preuves ! répondit-elle en essayant péniblement d’élever la voix, je le sais, c’est tout ! »

Fini le 17/11/2025

Aveuglément de Laurence Voïta

(Éditions Favre, 2023)

Dans cette petite ville au bord du lac en Suisse, des copains de dix ans — Rosa, la fille de Zoran, Justin, le fils de Marco, Léo, le fils d'Eloïse, et Margaux — essaie de comprendre ce que veux cet homme présent tous les jours à l'entrée de leur école. Marco est vite reconnu par ceux de sa génération, dont Claire son ex-épouse.

Sur un banc, José — devenu aveugle suite à une maladie — rencontre Mathilde et ensemble ils vont bavarder agréablement. L'histoire dévoile petit à petit le passé, les liens entre Marco et les autres, sa mort… Tout s'accélère quand Rosa disparaît.

L'ex-commissaire Bruno Schneider et l'inspecteur Sophie Costa vienne enquêter.
« Sophie regarde son chef. Il est impassible, mais il y a cette façon de contracter le menton de manière presque imperceptible, en serrant peut-être simplement les dents, qui est le signe qu’il est non seulement concentré mais aussi de toute évidence prêt au combat. »
« — Tu ne l’aimes pas, cet homme ? […]
— Je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais jeune, c’était un salopard. De la pire espèce. De ceux qui ne s’attaquent toujours qu’aux plus faibles. »

Les sous-entendus obscurs sur leurs précédentes enquêtes font regretter que ces livres ne soient pas disponibles en France.

Fini le 16/11/2025

samedi 15 novembre 2025

Des phalènes pour le commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

(Série Commissaire Ricciardi, 2015, Anime di vetro. Falene per il commissario Ricciardi traduit de l'italien par Odile Michaut, Rivages/Noir, 2020)

La comtesse vient trouver le commissaire pour qu'il enquête sur le meurtre dont son mari s'accuse, alors qu'elle sait qu'il n'a pas pu le faire.
« Voyons si j’ai bien compris, dit Ricciardi […], l’enquête est close, un homme attend son procès, il est en prison depuis plusieurs mois, il a avoué et confirmé ses aveux en fournissant des détails sur la façon dont s’est produit le crime. Tout le monde le croit, y compris son avocat, mais vous, toute seule, vous affirmez que les choses se sont passées différemment. »

Il commence par écouter les explications de son ami le légiste Bruno Modo.
« Juste ce coup. » « La blessure était nette, un trou […]. » « Pas un couteau, et encore moins un coupe-papier. Une plume, peut-être, probablement même. »

C'est une histoire languissante, avec des interludes poétiques, des questionnements sur des amours — Livia ulcérée d'être repoussée, Enrica appréciant son Manfred — et toujours l'obsession de Ricciardi pour ses morts.
« […] Ricciardi se sentait déboussolé. Sacrifice et renoncement, c’était écrit sur le mur du parloir. Était-il possible que pour aimer il faille souffrir autant ? »

Fini le 14/11/2025

jeudi 13 novembre 2025

Distrayons-nous avec ce verbicruciste

« Ah ! elle rit de se voir si Bel dans ce fromage ! », évidemment la « Vache ».
« Changez E-Î en A-Ô pour trouver son auteur. », subtilement « Epître » écrite par l’apôtre.

Vertical 2. « On devrait plutôt dire “écrase-patates”… », bien sûr au lieu de « Presse-purée ».
Vertical 3. « … puisque ceci est le résultat de l’écrasement et non la matière écrasée. », la « Purée ».

Grille 7* finie le 13/11/2025

Les Morts particulières de George Baxt

(Série Pharoah Love, 1994, A Queer Kind of Love traduit de l'anglais par Erick Grisel, Le Masque, 1996)

Les jumelles sont mortes noyées après avoir été violées pendant la « réunion » organisée par Marco Salino. L’inspecteur Pharoah Love va enquêter avec l’aide de son coéquipier Albert West dans ces milieux mafieux. Le meurtre des « hommes de main » de Marco les obligent à rencontrer ses connaissances. Rita, patronne d’un bordel, qui s’occupait des jumelles ; Adelaïde Benarro, dont le mari a été également tué ; et Natalya, venue de Russie.

La traduction rend assez bien son accent quand elle raconte à Pharoah sa vie entre Sergueï et Marco.
« — Je dirai que c’iest comme deux politiciens […]. Quand ils ont besoin l’un de l’autre, ils font croire qu’ils s’aiment. Ils ont conclu sûrement une espèce de martchié. Quand le martchié est fini alors ils se font peut-iêtre la guierre. » « Ces crimes embiêtent Marco pas seulement parce qu’il perd des tueurs avec du talent mais parce qu’il n’y a pas d’agence de recrutement qui fourrrnit les jeunes gangsters. »

Dans la rue, Pharoah croise régulièrement un clochard qu’il surnomme « le Spectre Gris » atteint du « syndrome de Tourette ».

Fini le 12/11/2025

lundi 10 novembre 2025

Leo de Deon Meyer

(Série Benny Griessel, 2023, Leo traduit de l'afrikaans par Georges Lory, Gallimard, Série noire, 2024)

L'histoire commence par un casse flambant auquel participe Chrissie et elle terminera par un crash doré en avion, parce que dit-elle : « Putain, il n’y a rien de plus excitant que de rester debout face au lion qui te charge […]. »

Pendant l'enquête sur le meurtre de Basie Small puis celui de Dineo Phiri, Benny prépare son mariage avec l'aide de Cupido et de sa fille Carla. Son fils, Fritz, aide à la préparation d'un « enterrement de vie de garçon sans alcool et plein de musique ».

La colonel Mbali Kaleni résume ainsi l’intrigue : « Lui [Phiri], comme l’ancien Premier ministre du Free State, les Chanda et bien sûr l’ancien président Zaca, voilà ceux que nous pourchassons. […] Le réseau derrière la captation de l’État. » « Comme les commissions d’enquête l’ont indiqué, ils ont dérobé tous les biens publics sur lesquels ils ont pu mettre la main. Phiri […] était l’homme qui savait où se cachaient les milliards, comment les transférer et les blanchir […]. »

C’est un livre copieux, moins intéressant que les autres pour la vie dans ce pays, mais la lecture reste agréable, même si les motivations des « Recces », les anciens du régiment des « Forces spéciales », pour vouloir tuer tout le monde, restent un peu obscures.

Fini le 10/11/2025

vendredi 7 novembre 2025

Le Palais de l'infortune de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2023, So shall you reap traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy noir, 2024)

Le Sri Lankais, retrouvé mort dans le canal, logeait dans le jardin du « palazzo Zaffo dei Leoni » en échange des services qu’il rendait au professeur Molin, le propriétaire.
Dans la maison d’Inesh Kavinda, Brunetti trouve parmi les livres un « album » contenant des documents sur la période des « Brigades rouges » et un livre sur « l’exhortation à une violence extrême ».
« […] puis il rangea les livres sur l’étagère, curieux de comprendre comment et pourquoi un Sri Lankais bouddhiste avait ce genre de textes dans sa bibliothèque. »
Puis il fait connaissance avec la sœur qui s’occupe du jardin du couvent voisin, séparé par un petit mur, qui lui raconte que l’abandon touffu de celui du palazzo est voulu et que Sara, la chienne, n’y est pas la bienvenue.

À la fin « [Sara peut] courir librement dans le jardin du couvent, ce qui lui permet de passer d’un jardin à l’autre à son gré. À l’instar des aristocrates des siècles passés, elle sait apprécier aussi bien l’agencement formel et la netteté de sa résidence citadine que la végétation sauvage de sa maison de campagne. »

Fini le 6/11/2025

mercredi 5 novembre 2025

Les milices du Kalahari de Karin Brynard

(2009, Plaasmoord traduit de l'anglais Afrique du Sud par Estelle Roudet, Seuil policiers, 2016)

Dans ses remerciements, l'auteur précise : « Pour la rédaction de la version originale en afrikaans, Plaasmoord, je dois un grand merci à Deon Meyer […] » [ce mot se traduirait en français par “meurtre à la ferme”].

L'inspecteur Beeslaar a été relégué dans la campagne à côté de la ville d'Upington, dans le nord du pays.
« […] en pur produit de la ville [Johannesburg], il n’était pas à son aise dans ce monde de fermiers et de bétail, de chemins de ferme et de sable, de serpents et de chaleur-suffocante-sans-clim. »
« […] croyant naïvement mettre le cap sur un boulot tranquille dans un coin paumé et sans histoire, [quand] la merde avait éclaté […]. »
« Ça avait commencé par une vague de vols de bétail sans précédent. […] Et puis, une quinzaine plus tôt, deux ouvriers agricoles avaient été sauvagement assassinés à Vaalputs. »
« […] Albertus Markus Beeslaar, était resté planté là, les bras ballant. Alors que tout le monde comptait sur lui, lui le nouveau […], le Grand Homme de la Grande Ville. »

Il doit maintenant enquêter sur le meurtre de Freddie, une artiste peintre, et de son enfant adopté. Avec le sergent Gershwin Pyl et l’agent Ghaap, il va rencontrer et interroger : Boet Pretorius, un “riche” fermier ; Nelmari Viljoen, une battante entrepreneuse qui s’intéressait aux œuvres de Freddie ; et d’autres, dont Buks Hanekom, le chef des factieux, qui « essaie d’empêcher un génocide ! […] contre moi et tous les Afrikaners persécutés ! […] victimes d’un plan rusé pour faire disparaître la nation boer ».
Il doit aussi tenir au courant son chef, le superintendant Mogale.
« Il avait encore plus de questions que de réponses. Le Grand Espoir blanc de Johannesburg en route pour rencontrer le Grand Éléphant noir d’Upington […]. »

Dans les chapitres intermédiaires, Sara, la sœur de Freddie, rejointe par son ami Harry, raconte sa vie, celle de sa famille et l’intérêt de Freddie pour « aider les Griquas dans leur revendication territoriale ». Elle apprécie les histoires du contremaître de la ferme, Dam de Kok « juste un Bushman ordinaire du Kalahari ».

Un livre épais, dense, mais une lecture passionnante sur le vie des habitants de ce lointain pays.

Fini le 4/11/2025

dimanche 2 novembre 2025

Ombres et poussières de Antonio Manzini

(Une enquête de Rocco Schiavone, 2017, Pulvis et umbra traduit de l'italien par Samuel Sfez, Denoël, Sueurs froides, 2022)

Rocco s'habitue à Aoste et à son équipe. Après la découverte du cadavre, il les réunit au bistrot.
« Nous disposons de désespérément peu d’éléments pour identifier notre victime. On sait qu’elle a mangé des sushis, qu’elle allait à la gym et qu’elle a subi de nombreuses interventions chirurgicales. De plus, à en croire le juge Baldi, qui n’a pas tous les torts, de nombreux trans se prostituent pour vivre. »

Quand la victime est bien identifiée, Rocco rencontre ses voisins, dont Bernardo Valenti.
« — […] vous avez réussi à perdre votre accent. […] j’ai remarqué que dans beaucoup de villes du Nord, au bout de quelques années, on a tendant à prendre l’accent du coin. Va savoir, peut-être pour se cachet ?
— Se cacher ? demanda Valentini.
— Se camoufler. […] Où êtes-vous né ? […]
— Vous avez l’oreille fine. Bon, si je vous dis que quanno pullecenella pigliaje ’a carrozza, ’o vedettero tutte… [en note, dicton napolitain : “Quand Polichinelle prend la voiture, tout le monde le voit”.] »

Pendant cette enquête, Rocco suit aussi le devenir de ses amis à Rome, mais « ce voyage épuisant s’était soldé par trois défaites, amères et définitives », avec « cette sensation d’être surveillé à chaque pas ».
« Rocco détestait viscéralement l’idée d’être une bactérie sur une lame de verre. »

Fini le 31/10/2025

* Ce livre est le dernier de la série traduit à ce jour.