lundi 28 mai 2018

Une chance de trop de Harlan Coben

(2003, traduit de l’anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2015)

Une histoire bien emberlificotée à la manière de cet auteur pour aboutir à la simple solution de l’ami défendant son ami.

Des personnages intéressants, notamment la tueuse ex-star d’une série télévisée et son “Nounours” et le héros de l’histoire qui décide finalement « qu’une bonne cause ne justifie pas une mauvaise action ».

Fini le 27/05/2018

La femme aux fleurs de papier de Donato Carrisi

(2012, traduit de l’italien par Anaïs Bokobza, Calmann-Lévy, 2014)

« Je suis un oxymore. […] médecin de guerre. »

« Je revendique pourtant le droit de raconter des personnages fumeurs convaincus, empoisonneurs imperturbables d’eux-mêmes qui se fichent de la mort ou de sembler politiquement corrects. Parce que ce qui nuit gravement à la santé des bien-pensants est surtout la liberté des autres. »

La rencontre entre le médecin (ex-mari de la femme qui lui a remis les fleurs de papier) et le prisonnier, narrateur de l’histoire du fumeur, de ses femmes et de ses lieux, qu’il s’approprie, une histoire racontée sur le ton d’une épopée.

Fini le 25/05/2018

Définition pleine de bons sens

« Acheter des nuages et vendre du vent. » correspond effectivement à l’action de « Spéculer ».

Grille 6* finie le 24/05/2018

Pas de berceuse pour Fanny de Sophie Hannah

(2006, traduit de l’anglais par Isabelle Saint-Martin, Calmann-Lévy, 2009)

« Je sais désormais à quel point j’ai été idiote de l’aimer, de devenir sa femme. »

Une histoire fascinante construite sur les réminiscences des personnages : la femme qui ne reconnaît plus sa fille dans ce bébé, l’inspecteur qui fuit les femmes, son chef amoureuse de lui qui ne digère pas son rejet, le mari et la mère soupçonnée du meurtre de la première épouse.

Avec le plongeon dans la piscine, cet inspecteur futé comprend jusqu’où peut aller une mère pour protéger son enfant.

Fini le 24/05/2018

mercredi 23 mai 2018

L'héritière des Fajoux de Sylvie Baron

(Calmann-Lévy, 2017)

Une mignonne histoire en hommage à l’Aubrac, ses forêts, ses métiers du bois… avec sa galerie de classiques personnages “du terroir”.

« Elle sentait confusément que tout se jouait ici, sur la terre de ses ancêtres, cette terre digne, de brume, de mystères, de solitude. Cette terre fidèle pétrie de temps, d’odeurs, de travail, de patience, elle ne s’en laisserait pas déposséder si facilement ! »

Mais ce n’est pas sa scierie qui est visée par le criminel. C’est sa jalousie possessive qui lui a fait tuer sa femme, ses vieux amis. Heureusement, son frère arrive à temps pour empêcher la dégringolade dans la cascade.

Fini le 23/05/2018

Une erreur judiciaire de Anne Holt

(Une enquête de Vik et Stubo, 2001, traduit du norvégien par Alex Fouillet, Plon, 2007)

« Tu as payé pour ton fils, Aksel. Tu as expié les péchés de ton fils. J’espère que tu auras la force de le voir comme ça. »

Les deux héros de ce livre appartiennent à la catégorie "fait-n’importe-quoi” sous couvert de leur notion d’urgence : passer la nuit à discuter (on ne comprend pas très bien pourquoi ils ne se rencontrent pas en plein jour), risquer un accident en téléphonant en conduisant, s’envoler pour les États-Unis pour rencontrer la victime de l’erreur sans vérifier son envie de rencontre (ce qui le fait fuir mais on ne saura pas pourquoi), dire “je ne veux pas m’occuper de ton enquête” mais perturber sa vie en la ressassant (en pleurnichant je ne peux pas tout faire), etc. Manifestement, ces personnages n’ont jamais compris l’intérêt du recul, de la réflexion. La description de ces comportements nuit au déroulement de l’histoire et brouille sa construction.

Fini le 21/05/2018

La loi du silence de Anita Terpstra

(2014, traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, Denoël, 2016)

« Il y avait les lettre… mais aussi l’impression étrange qui l’envahissait au contact de Sander… »
« Un gamin abimé par l’enfance qu’il a eue, oui. Avez-vous déjà vu des enfants qui seraient mauvais indépendamment de leur histoire ? »

Cette histoire suit les non-dits, les mensonges par omission, par détournement des mots, par volonté du secret pour cacher la naissance et la mort d’un “psychopathe”.

Fini le 20/05/2018

Jusqu'à la folie de Jesse Kellerman

(2007, traduit de l’anglais États-Unis par Julie Sibony, J’ai lu, 2012)

« Ils se parlaient tout seuls ou entre eux, des conversations sans queue ni tête, chaque interlocuteur prisonnier de ses propres quiddités. » « Leur langage était étranger, une mosaïque sans lien logique qui pouvait d’un instant à l’autre basculer de l’inoffensif au bizarre et au sinistre. »

Tout le suspense réside dans la façon dont l’étudiant en médecine peut se sortir de cette situation de harcèlement, de délires, jusqu’à l’affrontement entre les deux femmes.

Fini le 19/05/2018

Le temps de la sorcière de Arni Thorarinsson

(Les enquêtes d'Einar le journaliste, 2005, Tími nornarinnar traduit de l’islandais par Éric Boury, Éditions Métailié, 2007)

« — Donc, vous trouvez tout à fait inutile que les gens qui achètent une carte SIM donnent leur nom et leur adresse ?
— Non, ce n’est pas inutile. C’est impoli et insultant pour les gens ordinaires.
— Mais ça simplifierait la tâche de la police, non ? […]
— Dans quel type d’État le travail de la police est simple ?
— Un État policier ? […]
— Un État qui définit ses besoins en fonction des gangs voyous finit tôt ou tard par se transformer en État voyou. »

Mais le journaliste finit par retrouver cette carte pendant ses recherches pour présenter le « gentil garçon » assassiné. Elles lui font découvrir la faille dans sa personnalité et les problèmes qu’il a provoqués pour sa mère et son frère.

« Il disait qu’il se contentait d’aider les gens à s’enfermer dans le cercle infernal qu’ils choisissaient eux-mêmes. Il prétendait qu’ils succombaient à sa puissance et à son pouvoir de manière totalement libre et volontaire. »
« Je suis au-dessus des lois. Je décide moi-même de mes actes. Les autres décident des leurs. »
« Il adorait prendre des risques. Ça l’excitait de voir jusqu’où il pouvait pousser les gens. Peu importe qui se trouvait en face de lui. »

Et c’est son trafic de médicaments qui a permis au mari de se débarrasser « par accident » de sa femme.

La traduction trop approximative gêne un peu le plaisir de la lecture de cet auteur plein d’ironie.

Fini le 18/05/2018

jeudi 17 mai 2018

Tu n'as jamais été vraiment là de Jonathan Ames

(traduit de l’anglais États-Unis par Jean-Paul Gratias, éditions Joëlle Losfeld, 2013)

« Il le planta profondément au milieu du front de Votto et le laissa en place. Il tenait à leur faire savoir qu’il n’était pas loin. »

Une histoire de mafieux avides typiquement étasunienne.

Fini le 17/05/2018

Le dévoreur de Lorenza Ghinelli

(2011, traduit de l’italien par Anaïs Bokobza, Presses de la Cité, 2012)

« Si je cesse de haïr il s’évanouira, plus jamais personne ne tuera. Pour faire ça bien il n’y a qu’une voie, tuer mon cerveau qui invente le vrai… »

Ce roman est à classer au rayon Fantasy.

Fini le 16/05/2018

Un goût de brouillard et de cendres de Peter Robinson

(Une enquête de l'inspecteur Banks, 1996, traduit de l’anglais par Jean Esch, Le Livre de poche, 2004)

« Alors qu’il marchait dans la rue, tête baissée, Owen avait l’impression d’être un exclu, comme si le monde entier s’ébattait dans un seul et immense bassin et qu’il frappait à la paroi en verre sans pouvoir trouver l’entrée. »

« […] et l’opinion publique était toujours prompte, quand il s’agissait d’additionner deux et deux, à trouver le chiffre qui lui convenait. »

L’auteur construit un intéressant personnage « pas déclaré innocent, reconnu non coupable », son comportement, ses réactions, ses réflexions – sur son impossibilité à fuir, par exemple – sont psychologiquement justes.

Cette étude donne tout son suspense à cette finalement banale histoire d’un vieux qui veut cacher son attirance envers une adolescente.

Fini le 15/05/2018

La femme congelée de Jon Michelet

(2001, traduit du norvégien par Eric Eydoux, Points, 2012)

La désintégration d’un club de motards suite au meurtre d’une femme du « Bienloinnistan » confondue avec une passeuse de drogue.

Les personnages sont intéressants, vieux ex-policier ayant fait de la prison, motard zen meurtrier, etc., et le directeur du FNIP qui découvre le nom de la victime.

« C’est en toute bonne foi que nombre de ces femmes peuvent dire qu’elles sont harcelées ou persécutées et ce, pour la simple raison qu’elles le sont effectivement. Que ce soit par des patrons rapaces, des maquereaux, la mafia des réfugiés ou la bureaucratie de l’immigration. »

« Lui-même se sent comme un chat […] un chat d’arrière-cour au poil rêche, un matou couleur de grisaille parmi tous ces êtres dernier cri qui, convaincus que l’argent crée l’argent, ne comprennent pas que c’est le travail qui crée le capital, le travail productif. »

Contrairement à beaucoup de personnages de polar, dans cette histoire, les interlocuteurs des policiers parlent librement et leur racontent tout ce qu’ils savent.

Fini le 13/05/2018

samedi 12 mai 2018

L'accusé du Ross-Shire de Graeme Macrae Burnet

(Documents relatifs à l'affaire Roderick Macrae, 2015, traduit de l’anglais par Julie Sibony, Sonatine, 2017)

Ce très bon livre se présente comme une parfaite reconstitution historique du procès d’un criminel « édition établie et préfacée » par l’auteur, avec des réflexions sur l’aliénation bien datées.

Il manque, pour conclure, une investigation policière à la façon de notre siècle avec étude des indices et reconstitution réaliste.

Fini le 11/05/2018

Et tout à coup ce rouge de Odile Barski

(Éditions du Masque, 2007)

« Quelles que soient l’agglomération et l’époque la plupart des gens croient devoir tout contrôler. La curiosité est inversement proportionnelle à l’étendue géographique. Corollaire : la limitation du territoire a pour effet de transformer le citoyen lambda en investigateur naturel. »

La seule apparition de rouge dans l’histoire est la crête du coq qui sert de fil pour démêler les tensions entre voisins qui s’achèveront dans un conteneur.

Fini le 10/05/2018

Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

(2011, traduit de l’italien par Anaïs Bokobza, Calmann-Lévy, 2012)

La police et le « pénitencier » se suivent ou se précèdent pour comprendre la mort des coupables de crimes non élucidés.

« Il existe un lieu où le monde de la lumière rencontre celui des ténèbres. […] Nous sommes les gardiens de cette frontière. Mais parfois, quelque chose réussit à passer. Et moi, je dois le renvoyer dans l’obscurité. »

Toute cette histoire est assez loufoque – « Bien et mal, yin et yang. » pour ceux qui n’ont rien compris à la philosophie chinoise – mais bien construite pour soutenir l’attention. Les personnages – notamment le faux agent d’Interpol dont on ne saura pas finalement rien – sont présentés de façon à préparer le livre suivant.

Fini le 10/05/2018

Déjà lu & rendu :
Le Chuchoteur

Comme son ombre de Val McDermid

(2010, traduit de l’anglais Écosse par Matthieu Farcot, Flammarion, 2013)

Ce livre est une belle démonstration de la manière de manipuler les sentiments, la construction est parfaite pour soutenir le suspense, car le lecteur devine assez vite les culpabilités.

« Lisa, deux taches de couleur sur les joues, lui avait fait un sourire de côté charmeur. » p. 192
« Il s’agit de quelqu’un qui se laisse faire dans le seul but d’avoir la paix pour déterminer comment baiser tout le monde. » p. 364
« Quand elle n’est pas en train de se rouler par terre en baragouinant, elle est capable de simuler un haut degré de normalité. […] – Tu ne l’as jamais vue au sommet de son charme […]. Elle t’aurait totalement envoûté. Comme ses milliers de disciples de SV. » p. 450

Fini le 8/05/2018

lundi 7 mai 2018

Sherlock Holmes et le mystère du Palio de Luca Martinelli

(2009, traduit de l’italien par Lise Caillat, éditions Joëlle Losfeld, 2011)

Une histoire qui démontre que la faculté d’élucidation du personnage est aussi active en Italie.

En interprétant plein d’indices (canne cachée, faux billet, actrice, message…), il trouve l’assassin par jalousie du présupposé amant de son ex-femme et meurtrier sur commande de celui qui met en péril un trafic financier.

Fini le 6/05/2018

Chambre noire de Eva-Marie Liffner

(2001, traduit du suédois par Marie Ollivier-Caudray et Esther Sermage, éditions Payot & Rivages, 2007)

La construction est lente, il faut un bon chapitre pour identifier les personnages, comprendre leur comportement. Ce style rend opaque cette banale histoire d’un révérend souteneur de prostitution enfantine, meurtrier par excès d’expériences spirites.

Fini le 5/05/2018

La daronne de Hannelore Cayre

(Éditions Métailié, 2017)

« Pas de bonne police sans basse police. On pouvait ainsi programmer des saisies de drogue face aux caméras de télé et faire poser des ministres la mine navrée devant des montagnes de shit. Moi, tout ce que je savais, c’était que cette cuisine permettait à certains trafiquants de vivre comme des princes saoudiens avec la bénédiction de l’État… »

« Je peux tout vous donner. […] Il y a eu du dégât chez les dealers-indics-policiers. Des morts. Des flics en taule. Un gros scandale. […] qu’ils subissent donc la loi de leurs pairs, ces dealers fonctionnarisés. »

La vie d’une traductrice-interprête qui, lassée d’être exploitée par la Justice sans salaire ni protection sociale, finit par se lancer dans le commerce pour s’assurer la paix de l’argent.

Fini le 4/05/2018

Le charme des sirènes de Gianni Biondillo

(2015, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Éditions Métailié, 2017)

Auteur toujours aussi délicieux, son humour et le cynisme de ses personnages sont réjouissants.

« Tout était de sa faute, avec son envie de brouiller les cartes. Si chacun restait à sa place à se laisser bercer par des préjugés bien chauds et rassurants, on vivrait mieux. Il n’y aurait pas grand-chose à expliquer. Accepter la condition du mal, vivre sans conscience, instinctivement, sans prétendre se libérer des chaînes des règles, des classes. Vivre en acceptant que tout soit déjà écrit. Quelle erreur fut celle de sa mère, lui imposer d’étudier, de s’émanciper de son destin de sous-prolétaire. Qu’est-ce qu’il était maintenant ? Un flic, regardé avec soupçon par ses frères et avec mépris par ses patrons. »
« – Tu veux dire que je n’ai pas réussi à bien faire mon devoir de mâle ?
– Quand est-ce que vous arrêterez de vous croire la solution de tout ?
– C’est comme ça que ça marche, depuis quelques millénaires.
– Et qu’est-ce qu’on y a gagné ?
– Guerres et fléaux.
– Exactement. »

Pour renflouer la société de son père, le fils fait la une des journaux avec son meurtre commandité. Pendant ce temps, Oreste et son poussin arrivent à rejoindre la famille à Milan.

Fini le 3/05/2018

mercredi 2 mai 2018

Fantazmë de Niko Tackian

(Calmann-Lévy, 2018)

« Fantazmë… ça veut dire ”spectre” en albanais… »
« […] il y avait quelque chose de noble dans ce personnage qu’il n’arrivait pas encore à définir. »
« Un spectre vengeur au milieu des anonymes… »

Le comportement des personnages, policiers et criminels, est tellement ampoulé, prévisible, sans réalité, que cette histoire de poursuite d’un vengeur en devient fade et sans intérêt. Il n’y a aucun suspense, tous finissent par se faire tuer, et les policiers s’en félicitent.

En dernier partie, l’assassinat du “bœuf-carotte” par un inconnu est sans doute un cliffhanger.

Fini le 2/05/2018

Bienheureux ceux qui ont soif de Anne Holt

(1994, traduit du norvégien par Gro Tang, Odin éditions, 1999)

Son viol d’une étudiante, pour changer des réfugiées, permet à sa victime, qui le reconnait à la gare, et à son père, en vérifiant les immatriculations, de retrouver le coupable et de le tuer.

« Chacun d’eux proclame avoir seul tué le mec, chacun des deux affirme que l’autre est arrivé tout de suite après. […] Pour condamner, on doit pouvoir prouver, sans aucun doute possible, qu’il s’agit bien du coupable. Cinquante pour cent de certitude, ce n’est pas suffisant ! »

Fini le 1/05/2018

Exemple de l’utilisation du sexe en grammaire

La définition « Grossit en changeant de sexe » pour le mot « légume » démontre la tendance à attribuer un sexe au genre grammatical.

Mais “le légume” est un aliment parfaitement asexué, quant à ”la grosse légume” elle peut être de sexe mâle ou femelle.

La définition aurait dû être « Grossit en changeant de genre ».

Grille 7* finie le 1/05/2018