jeudi 28 novembre 2019

Noir septembre de Inger Wolf

(2006, traduit du danois par Frédéric Fourreau, Mirobole éditions, 2014)

« Oh, c’est l’histoire banale d’un homme dont l’épouse est trop imbibée d’alcool pour le satisfaire sexuellement. Alors, il se tourne vers sa fille. »
« Si elle ne m’avait pas menacée, ce ne serait jamais arrivé. »
« […] étendue sur le sol forestier. Si près de celui qu’elle avait aimé. […] elle s’était sans doute réjouie à l’idée que le couple soit réuni dans la mort, comme deux compagnons punis pour trahison. »

Le final contient tous les clichés prévus dans un polar pour justifier la mort de l’assassin, c’en est risible.

Fini le 28/11/2019

Carnyx de Pierre-Olivier Lombarteix

(La Bouinotte, 2012)

Cet éditeur a oublié l’importance du métier de correcteur.
Le texte est truffé d’approximations et d’erreurs de français.

« voix » au lieu de “voie”
« opportun » au lieu de “importun”
Le plus joli pour décrire un personnage l’utilisation du verbe « résonner » au lieu de “raisonner”.

Sur le fond, la généralisation du qualificatif « gaulois » pour désigner tout et n’importe quoi manque de sérieux et transforme ce livre en pastiche historique.

Fini le 26/11/2019

Saut d’obstacles de George Douglas

(1972, traduit de l’anglais par Marie-Louise Navarro, Le Masque, 1973)

« Dès l’instant où vous avez installé votre caravane dans le pré […] », les ennuis commencent et l’ami policier, en voyant le soulagement du mafieux quand elle est déplacée, devine l’importance du passage vers le manoir.

La confrontation se termine car l’épouse arrivera à temps : « Les gens devraient toujours ranger leurs outils de jardin après s’en être servis. Le rateau [sic] de la tondeuse à gazon était contre le mur… »

Fini le 25/11/2019

La coupure de Fiona Barton

(2017, traduit de l’anglais par Séverine Quelet, Fleuve éditions, 2018)

« Je nous croyais en sécurité à l’hôpital. »

Les voix croisées de ces femmes donnent du poids à cette histoire de disparition d’enfant(s) (le titre original utilise le singulier The Child) pour comprendre l’origine des ossements. Et permettent de libérer tous ces secrets enfouis qui entretenaient la douleur.

« Il n’est plus qu’un vieil homme effrayé. »
« Depuis son arrestation, elle s’est coupée de moi, de tout le monde. Elle a l’air d’avoir rapetissé au cours des jours qui ont suivi ses aveux, et elle refuse de se nourrir. »

Fini le 24/11/2019

Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

(Calmann-Lévy noir, 2018)

« L’un n’a pas entendu le chant de l’Amour : il est le sourd. L’autre a vu, mais a eu peur : il est le muet. Le dernier a abandonné alors que la solution se trouvait sous ses yeux : il est l’aveugle. »
« Jusqu’à ce que les murmures des souvenirs évanouis ne reviennent nous hanter, des années plus tard. »

Un livre prenant. Un montage si rigoureux que même si le lecteur comprend qui est le “fantôme”, l’attention ne peut se relâcher. Le tout éclairé par une écriture lumineuse.

Fini le 21/11/2019

mercredi 20 novembre 2019

Terminus plage de Alain Wagneur

(Babel noir, 2005)

« Trop d’événements depuis moins de vingt-quatre heures : la disparition de son vieux, sa maladie, […] les dossiers, l’agression, la découverte d’une double identité, cet appartement aussi vivant qu’une photo de magazine. […] Il se sent incapable de trier, d’ordonner. Il lui faudrait son tableur. Il pourrait alors coller des fonctions, faire parler les chiffres et les données, analyser, interpréter, décider. Mais là, il ne comprend pas, il ne voit pas où ça mène. »

« Alors, un type proche de la cinquantaine et une fille sortent d’une Mercedes Benz ancien modèle garée à quelques mètres de son pavillon. »

C’est comme ça que ça se “termine” quand on met les mains dans un trafic qu’il soit de soirées dévoyées de notables, de drogue, etc.

Fini le 20/11/2019

Une autre vie de Steven J. Watson

(traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, Sonatine, 2015)

Une histoire bien construite, mais trop artificielle pour qu’on s’y attache, difficile de suivre toutes les addictions de l’héroïne (alcool, drogue, sexe, etc.). C’est pesant à lire.

Le prénom Connor « est irlandais » et  « veut dire “qui aime les chiens”. » et c’est sur cette base que se dénoue l’intrigue, même si il manque une vraie finalité, le devenir de “je” se réserve peut-être pour une suite.

Fini le 18/11/2019

Le clandestin de John Grisham

(2005, traduit de l’anglais États-Unis par Patrick Berthon, Robert Laffont, 2006)

Les histoires de cet auteur ont toujours pour base des spécificités très étatsuniennes (lobbying, course à l’argent, querelles entre CIA, FBI, etc.), mais son style d’écriture simple et ses personnages nets sans surcharges caricaturales, ni stéréotypes, en font une lecture agréable.

« Ses pensées allèrent enfin à son fils, à l’humiliation qu’il avait subie quand le scandale avait éclaté, quand son père était parti se cacher en prison. Il pensa aussi à lui, non pour s’apitoyer sur son sort ni pour esquiver les responsabilités. Mais pour examiner le gâchis lamentable qu’avait été sa vie. Il aurait voulu tout reprendre au début et tout changer. »
« Pas de nostalgie, dans cette évocation. Seulement le regret d’une vie sans valeur, passée à courir après l’argent, à acheter des amis, des femmes et tous les jouets couteux qu’un homme de sa stature se devait de posséder. »
« Ils s’étreignirent et se séparèrent là, sur le quai. »

Fini le 16/11/2019

Déjà lu & rendu :
La Firme, L'Affaire Pélican

mercredi 13 novembre 2019

Dix-huit fantômes de Stanislas-André Steeman

(Série Désiré Marco, 1952, Dortoir des grandes, Le Masque, 1989)

Le meurtrier a profité d’un jeu « qui consiste, pour une ingénue ou un jeune garçon, à se laisser ligoter étroitement, le soir tombé, et à essayer de se libérer avant le lendemain matin ». Jeu authentiquement pratiqué dans les collèges anglais sous le nom « tying up ».

« […] qu’elle n’aurait eu que le palier à traverser, deux portes à ouvrir. […] qu’elle souffrait plus de remords que de peur ou de mal […]. »

Fini le 13/11/2019

Pain perdu chez les vilains de Jean-Jacques Reboux

(éditions Canaille, 1992, éditions Après la Lune, 2012)

La réécriture de son livre pour une nouvelle édition permet à l’auteur de nommer clairement le président Chirac qui apparait comme ami de la victime.

Et donne à cette farce pleine de cardiaques, qui débute par le crime d’un nazillon et finit par son meurtre, une coloration politique avec le seul prénom de « Jean-Marie ».

Fini le 12/11/2019

lundi 11 novembre 2019

La sorcière de Camilla Läckberg

(traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud, 2017)

« C’était un accident. […] j’ai vu maman embrasser Marie. […] Elle a atterri dangereusement près du bord […]. »
« Vous étiez une façade. Une planche de salut pour un homme vivant une double vie qui aurait pu lui coûter sa carrière. » « C’est parce qu’il m’a laissée croire que j’étais une meurtrière que… »

L’histoire qui se passe au 17e siècle sert de justification au titre de ce livre, mais n’a aucun lien avec les faits de l’époque contemporaine. Mêler ces histoires permet de gonfler le nombre de pages, l’auteur est peut-être payé à l’épaisseur.

Fini le 11/11/2019

Une définition rurale…

… pour désigner des activités citadines.
Des « Vaches cherchant beuh », ce sont bien évidemment la « Brigade des stups ».

Grille 7* finie le 9/11/2019

Roseanna de Maj Sjöwall, Per Wahlöö

(1965, traduit de l’anglais par Michel Deutsch, 1967, 10-18, 1985)

Au final, évidemment, les policiers sont retardés sur leur plan.
« Deux secondes plus tard, la Volvo verte entra en collision avec une camionnette débouchant d’une rue à sens unique. […] Ses réflexes étaient rapides et il n’égratigna même pas la Volvo mais les autres voitures s’immobilisèrent net à l’intersection, tout près l’une de l’autre. »

Mais le meurtrier s’en sort avec un bras cassé.
« Je savais que j’avais raison. Elle était coupable. Elle le méritait. »

Fini le 7/11/2019

mercredi 6 novembre 2019

L’arnaque n’est plus ce qu’elle était de Paula Gosling

(1988, Hoodwink traduit de l’anglais États-Unis par Stéphane Salvetti, Le Masque, 1990)

« Pas étonnant que mes gars sombrent dans la déprime. Aux tueurs à gages, il offre un programme de recyclage. […] Il prétend aussi que le crime ne paie pas parce qu’il ne fait pas appel à la technologie. »

Mais au final, c’est le fils présentant bien qui se révèle.
« Marrant, quand on y pense : j’ai passé toute ma vie à essayer d’avoir l’air d’un salaud, et il a passé toute la sienne à essayer d’avoir l’air d’un mec bien. »

Fini le 5/11/2019

La Mort dans le miroir de John Dickson Carr

(Sir Henry Merrivale, 1934, traduit de l’anglais États-Unis par Jacqueline Halmos, Le Masque, 1992)

En transportant le corps, le découvreur du cadavre transforme ce meurtre en énigme de “chambre close”, que H. M. finit par comprendre à l’aide du petit bout de métal.

Fini le 4/11/2019

samedi 2 novembre 2019

L’œil du goupil de Sylvain Larue

(Une enquête de Léandre Lafforgue, De Borée, 2016)

Une lecture agréable pour ce roman composé sur le modèle de ceux écrits par les écrivains de l’époque où se déroule l’action, le milieu du 19e siècle.

« La République semble, sans faire l’unanimité, convenir à la plupart des députés, malgré leurs idéaux d’autrefois. Tous, à vos yeux, deviennent des traitres. […] On ne vous rendra jamais la place qui vous est due. Alors vous décidez de combattre le mal à sa source… » Ce qui sera facilité par les connaissances du coupable en produits meurtriers.

Les coupables ne sont donc pas très bien cachés, mais l’histoire retient bien l’attention avec un tas de rebondissements “populaires” avec “enfants des rues” en soutien et le futur Président Bonaparte en employeur.

Fini le 2/11/2019