mercredi 27 juin 2018

La fille dans le brouillard de Donato Carrisi

(2015, traduit de l’italien par Anaïs Bokobza, Calmann-Lévy, 2016)

« Vogel, lui, raisonnait comme les médias. Seul le présent comptait, rien d’autre. Certains en étaient les artificiers, d’autres le subissaient. Il faisait partie de la première catégorie, parce qu’il transformait n’importe quelle situation en succès. »
« Ce sont les méchants qui font l’histoire. Ce n’était pas uniquement de la littérature. C’était la vie. »
« Le soupçon se propage dans une communauté de la même manière qu’une épidémie […]. Les gens ne cherchent pas la justice, ils veulent un coupable. Pour donner un nom à la peur, pour se sentir en sécurité. »
« Le professeur se mit à chantonner. […] C’était une comptine. […] Elle parlait de fillettes et de petits chats. »
« Je suis désolé de t’impliquer là-dedans, mais c’est comme dans les romans : le méchant fait l’histoire […]. »

La confrontation de deux manipulateurs des médias et donc de l’opinion publique : le policier qui devrait enquêter, le professeur qui voulait changer sa vie, dans une histoire racontée devant l’assassin « dans le brouillard ».

Note pour le traducteur : en français — même si l’usage s’en perd — un homme de quarante ans est un “quadragénaire” et un homme de cinquante ans un “quinquagénaire”, et non pas, comme écrit dans ce livre, un quarantenaire et un cinquantenaire qui qualifient des anniversaires.

Fini le 27/06/2018

Meurtre à l'heure de pointe de Dan Turèll

(1985, traduit du danois par Orlando de Rudder, et Nils Ahl, Éditions de l’Aube, 2006)

« Un camé n’est ni un fantôme, ni un malade mental, ni un criminel. Il s’agit juste d’un être humain qui a besoin de drogue. À ce détail près, il ressemble à ses semblables. Souvent beaucoup plus qu’il ne le voudrait. »
« Son père, son frère jumeau, son partenaire, son compagnon et son toutou favori venaient de mourir, tous, d’un seul coup. » « Il ressemblait à un accusé qui en avait trop pris pour son compte. Et qui ne le sait que trop. »
« Quoiqu’il ne fut pas musicien, le dentiste ne manquait néanmoins pas de synchronisation. »

La drogue n’était pas mortelle par accident, mais volontairement pour que le chef récupère l’héritage.

Fini le 26/06/2018

Pélagie et le bouledogue blanc de Boris Akounine

(2000, traduit du russe par Alexandre Karvovski et Odette Chevalot, Presses de la Cité, 2005)

« Les gens sont différents, il y en a de bons, il y en a de mauvais. […] Mais dans leur majorité ils ne sont ni l’un ni l’autre, un peu comme les grenouilles qui épousent la température du milieu ambiant. Il fait chaud, elles sont chaudes, il fait froid, elles sont froides. Il faut donc faire en sorte que, dans notre province, le climat se réchauffe ; alors les hommes tiédiront de même, ils deviendront meilleurs. Le voilà, l’unique devoir de l’autorité : créer un climat favorable, et pour le reste, notre Seigneur y pourvoira. »

Les cadavres des chiens ne servent qu’à couvrir les méfaits du meurtrier par cupidité, puis pour dissimuler ses actes. Le « mal incarné » s’en servira pour sa croisade, mais échappera à la prison.

« Doucement, mais avec toute la décision nécessaire, il repoussa le reporter, et… »

Fini le 25/06/2018

dimanche 24 juin 2018

Des clous dans le cœur de Danielle Thiéry

(Fayard, 2012)

En s’acharnant à comprendre la disparition de sa femme, le commandant avec son équipe, explicite tous les meurtres des jeunes criminels, grands-parents, protecteur… qui ont entraîné l’élimination de leur professeur de chant arrivé au mauvais moment entre les mains de la mère.

Fini le 23/06/2018

Mortels lundis de Dan Turèll

(1983, traduit du danois par Sophie Grimal et Frédéric Gervais, Éditions de l’Aube, 2005)

« Et puis de toute façon, il valait mieux prendre dès à présent son mal en patience, car la vie n’était au fond qu’une gigantesque salle d’attente. »
« Tout l’attirail de l’homme moderne se trouvait là, entre ces quatre cloisons métalliques, de la nourriture aux stupéfiants en passant par les vêtements, les livres et l’alcool. »

La minuterie des consignes de la gare permet de pister l’assassin des trois femmes qui s’empresse de se suicider sans explication.

Un réjouissante plongée dans la vie des années 1980 où trouver un téléphone disponible était une gageure, et l’usage du talkie-walkie fort prisé des policiers.

Fini le 23/06/2018

Innocent de Harlan Coben

(2005, traduit de l’anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2006)

Un condensé de mauvais réflexes, de situations « au mauvais moment au mauvais endroit », pour « l’ex-détenu avec zéro perspective d’avenir », sa femme enceinte qui cherche sa fille, et celui qui cherche une façon de protéger sa famille d’une ancienne faute que d’autres veulent lui faire payer.

Dans sa course vers la solution, le héros profite de la technique apprise pour piquer une voiture tout simplement en trouvant les clés, même si il juge que « la prison n’est pas la meilleur école du crime, comme d’aucuns ont tendance à le croire. Car il ne faut pas oublier que ses occupants se sont tous fait prendre, donc leur prétendue expertise en la matière avait dû connaître quelques défaillances. »

L’erreur sur l’identité de la morte se révèle à la lecture du rapport d’autopsie bien des années plus tard car atteinte du syndrome d’insensibilité aux androgènes elle ne peut pas avoir eu une fille.
« Les femmes frappées du SIA ont l’air de femmes tout à fait ordinaires et sont officiellement considérées comme telles. […] En clair, ça signifie que, d’une point de vue génétique, C. P. était un homme. Elle avait des testicules et des chromosomes XY. […] Une femme SIA ne peut pas tomber enceinte. »

Ce qui permettra à l’enquêtrice de démontrer qui sont les innocents et qui sont les coupables.

Fini le 22/06/2018

Meurtres et méditation de Nick Wilgus

(2003, traduit de l’anglais par Julie Sibony, éditions Philippe Picquier, 2006)

« Tu n’es pas toujours obligé de faire ce que les gens attendent de toi, ni ce qu’ils veulent que tu fasses. Ce qui compte, c’est de faire ce qui est juste. »

Le moine comprend que les faux policiers infiltrés ne sont pas responsables de ces meurtres, qu’ils ont été provoqués par la honte d’avoir enfreint une règle du temple.

Fini le 21/06/2018

mercredi 20 juin 2018

Le septième fils de Arni Thorarinsson

(Les enquêtes d'Einar le journaliste, 2008, Sjöundi sonurinn traduit de l’islandais par Éric Boury, Éditions Métailié, 2010)

Notre héros finit par élucider l’incendie du camping-car dans les silences de l’amie, considérée comme une attardée sans son mot à dire « concentrée sur ses doigts qu’elle croise et décroise », et celui de la maison familiale en faisant parler le frère surnommé “VII”, mais en réalité « le seul garçon, les six autres sont des filles », du nouveau mari de sa sœur, un ambitieux frimeur prêt à tout pour de l’argent.

Et, entre deux avions pour la capitale, résout « une grande affaire criminelle à Akureyri depuis les Fjords de l’Ouest ».

Mais heureusement, son « aubergiste » arrive à temps pour le sauver du feu.

Fini le 19/06/2018

Les cousins de Saintonge de Alain Gandy

(Calmann-Lévy, 2012)

Une amusante imitation d’histoire de malfrats mafieux venant d’Amérique pour poursuivre et tuer le dépositaire d’un trésor familial qui deviendra la base d’une « fondation philanthropique pour l’embellissement » de ce petit village sur la Boutonne.

Fini le 19/06/2018

Définition modernisée

« Polémique » peut maintenant désigner un « Conte de troll ».

Grille 7* finie le 18/06/2018

dimanche 17 juin 2018

Et l'obscurité fut de Maurizio De Giovanni

(2013, traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont, 10-18, 2016)

Une histoire palpitante qui ne se termine pas à l’effondrement du père, qui a risqué la vie de son fils pour trouver des millions.

Fini le 17/06/2018

Suspectes de Malika Ferdjoukh

(Éditions Michel Lafon, 2007)

Ce livre est la mise en roman du scénario d’une série diffusée à la télévision sur la chaîne M6.

L’histoire de trois femmes qui font l’inventaire des méfaits de leurs passés pour trouver le criminel qu’elles ont en commun – ex-callgirl, ex-neurochirurgienne, ex-orpheline — mais le plan du coupable, qui les utilisent pour dénicher son ennemi, échoue par la mort de la véritable mère.

Fini le 16/06/2018

Saison sèche de Peter Robinson

(Une enquête de l'inspecteur Banks, 1999, traduit de l’anglais par Dominique Rinaudo, Albin Michel, 2000)

L’histoire entre l’inspecteur et le major, victimes des méfaits du directeur, prend beaucoup de place mais parvient à retenir l’attention par la personnalité de cette jeune femme victime de viol.

Leur enquête pour découvrir le coupable du meurtre du squelette prend du temps et se terminera en Floride pour l’écrivain, auteur du récit du drame.

« Si l’événement n’avait pas réussi à attirer la presse nationale — car en Floride, les exécutions étaient aussi courantes que les agressions —, il avait suscité un grand intérêt local. »
« C’était la boisson, disait-il. Toujours la boisson. Sinon, il n’aurait commis aucun de ces meurtres. […] Sa vie n’était qu’une longue suite de si tragiques. »
« C’était un peu facile […] de la rendre responsable de toutes ces morts, de prétendre qu’elle aurait eu le pouvoir d’arrêter la machine infernale si seulement elle avait agi autrement. […] Avec le recul, il avait raison sur toute la ligne. Mais avec le recul, qui ne souhaiterait pas défaire le passé ? »

Fini le 15/06/2018

jeudi 14 juin 2018

Tabous de Danielle Thiéry

(Ombres noires, 2016)

« […] il était né de père inconnu et de mère trop connue. […] Elle s’en foutait, de savoir qui lui avait planté ces graines, […] à qui elle avait donné des prénoms au petit bonheur et dont elle ne se souvenait plus du moment où ils disparaissaient de son horizon. Elle les appelait Machin ou Machine… Truc. »

« Tu es flic et tu travailles sur les faits, moi je regarde ailleurs, autrement. Et les mères violeuses ou assimilées, c’est l’angle mort des statistiques des violences faites aux enfants. C’est ce que les spécialistes qui ne se voilent pas la face nomment “l’ultime tabou”. »

« Les secrets devaient rester à leur place, au secret. »

Mais les enquêteurs finissent par comprendre les relations souterraines, incestueuses, que le mariage avec un Iranien, vulnérable au chantage, devaient bien cacher.

Fini le 11/06/2018

Comme des rats morts de Benedek Totth

(2014, traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, Actes Sud, 2017)

L’auteur, traducteur de Bret Easton Ellis, a écrit ce premier livre à la manière du roman Moins que zéro.

Fini le 11/06/2018

Le maître de fengshui perd le nord de Nury Vittachi

(2002, traduit de l’anglais Hong Kong par Julie Sibony, éditions Philippe Picquier, 2004)

La philosophie du maître :
« L’analyse fut relativement facile, et Wong se retrouva vite à cours de ruses pour paraître occupé. »
« Il y avait une possibilité pour que Joyce lui ait fourni là l’occasion de gagner suffisamment d’argent pour prendre sa retraite. »
« “Quand le danger menace de toutes parts, l’inutilité totale devient le seul trait un tant soit peu utile.” La leçon était clair : si préserver sa vie est le but ultime, il ne faut se montrer ni excessivement mauvais ni excessivement bon. Les mauvais finissent souvent mal, les héros aussi. Mieux vaut n’être ni l’un ni l’autre. »
« Il était difficile d’imaginer quelque chose de moins relaxant que d’accumuler en l’espace de trois jours deux vols long courrier, séparés par une interminable journée de suspense haletant, d’autant plus qu’elle avait été considérablement alourdie par deux pénibles sessions d’interrogatoires de police. »

Sauvetage à Sydney d’une jeune personne que son thème astral vouait à la mort, élimination d’un fantôme assis dans un fauteuil de dentiste grâce à la stéréo, etc. une réjouissante histoire d’imitation des actes de “sages”.

« Les dieux accomplissent toutes sortes de choses. Certaines sont ordinaires, d’autres miraculeuses. Mais il y a une chose qu’il faut toujours garder à l’esprit : ils accomplissent toujours leurs desseins par la main de l’homme, jamais par la leur. »

Fini le 9/06/2018

vendredi 8 juin 2018

La vengeance de David de Hans Werner Kettenbach

(1994, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Christian Bourgois éditeur, 2005)

La fertile imagination de ce professeur lui fait se raconter plein d’histoires sur la vie et le comportement de l’ami Géorgien jusqu’à ce que celui-ci grimpe dans l’avion pour Moscou appuyé sur ses béquilles.

Au lecteur de décider si ces « fantasmes rocambolesques », « fantasmes hystériques » et « d’autres bêtises » sont fondés ou pas.

Fini le 6/06/2018

Le sang à la racine de Peter Robinson

(Une enquête de l'inspecteur Banks, 1998, traduit de l’anglais par Henri Yvinec, Le Livre de poche, 2003)

En France, il est convenu d’utiliser le terme “immigré” pour désigner les personnes nées dans un autre pays, mais le traducteur de ce livre utilise le mot “émigré” dans les discours des racistes.
« Un événement comme celui-ci pourrait multiplier par dix le nombre de nos adhérents. Un pur Aryen, jeune, beau, avec tout l’avenir devant lui, assassiné par des ordures, par des émigrés pakistanais. »

Cette enquête qui commence par des suspects « bronzés » se terminera par l’achèvement du trop vorace chef “néo-nazi” incapable de résister à l’attrait de l’argent de la drogue et qui finit par ordonner à ses vendeurs le meurtre de son rival à la tête du groupuscule.

« Il a prétendu que la drogue était un fléau moral et qu’un pur Aryen ne devait absolument pas s’en mêler. Il a ajouté que l’héroïne n’encouragerait pas les émigrés à rentrer chez eux […]. »

« Ce n’est pas une histoire de race, ça. C’est une question de drogue, d’argent. »

Fini le 5/06/2018

L'effet papillon de Pernille Rygg

(1995, traduit du norvégien par Éric Eydoux, Éditions de l’Aube, 1997)

Des personnages trop bricolés pour être vraiment intéressants, la description des états d’âme et du comportement de la “chercheuse” ne sont pas assez cohérents pour être prenants. Par exemple, « lorsque ma tête essaie d’apaiser mon corps, elle s’est élevée au-dessus de lui, elle a coupé le lien avec le corps infiniment sage, l’être distinct qui est en moi et a la connaissance infuse. » (sic !)

Tout ça pour une banale histoire de femme jalouse meurtrière et de mari qui se sent coupable.

Fini le 3/06/2018

samedi 2 juin 2018

Le commissaire Bordelli de Marco Vichi

(2002, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, éditions Philippe Rey, 2015)

Une belle galerie de personnages extravagants anime l’histoire, entrecoupée de récits de la guerre contre les Nazis encore récente, de l’enquête du commissaire qui finit par faire apparaître le rôle du duveteux chat blanc.

Fini le 2/06/2018

Transferts de fonds de Odile Barski

(Éditions du Masque, 2009)

« Donc leur ménage est une petite entreprise de meurtres par correspondance. L’un suggère, l’autre exécute. »

Ce couple d’escrocs, coupables du meurtre et d’une tentative d’un faux suicide raté pour protéger le secret de leur détournement d’une découverte en chimie, termine dans la piscine et le ravin.

Fini le 1/06/2018

Qui sème la violence... de Peter Robinson

(1990, traduit de l’anglais par Philippe Loubat-Delranc, Albin Michel, 1993, Le Livre de poche, 2005)

La quête d’une femme stérilisée par une agression pour retrouver ce coupable et le tuer. La construction du récit alterne entre le passé et le présent dévoilant toutes les étapes de la motivation de cette femme.

« Plus elle avançait dans sa lecture [Le Nuage d’ignorance], plus elle était co rnvaincue de la sainteté de sa tâche, et plus elle était sûre qu’elle la mènerait à bien. »

« Libérée de sa prison de verre, la rose parut dresser la tête dans la tiédeur de la brise, ses pétales pourpres s’ouvrirent, pâlis par le clair de lune, puis elle ploya lentement, et fut emportée par le ressac. »

Fini le 1/06/2018

Le dresseur d'insectes de Arni Thorarinsson

(Les enquêtes d'Einar le journaliste, 2007, Dauði trúðsins traduit de l’islandais par Éric Boury, Éditions Métailié, 2008)

Le journaliste, même sceptique sur l’appel de cette femme soûle, lance son enquête sur cette maison hantée et finit par découvrir les liens entre la jeune femme assassinée et son informatrice disparue.

« Celui qui s’essaie à dresser les insectes s’attaque à une tâche difficile, ces derniers ayant une fâcheuse tendance à se dérober. Que fait alors le dresseur d’insectes ? Il écrase du pied ceux qui tentent de lui échapper. »

Ces deux frères ont éliminé ces femmes qui menaçaient leurs investissements dans les fiestas arrosées mettant à disposition du gratin diverses drogues et victimes soumises.

Fini le 30/05/2018