jeudi 24 juin 2021

L'Affaire de l'évêque de S.S. Van Dine

(Série Philo Vance, 1929, The Bishop Murder Case traduit de l'américain par A.-H. Ponte, traduction revue et complétée par Marcel Thymbres, 10/18, 1987)

« “Évêque” est le nom que les Anglo-Saxons donnent à la pièce d’échecs que nous nommons “Fou” […]. »

Effectivement, le meurtrier met en scène des comptines et “suicide” un joueur d’échec pour le désigner comme coupable, mais l’allusion au nom d’un personnage d’Ibsen jouant un “évêque” permet au brillant détective de tout comprendre.

« Laisser libre cours à son cynisme représente une soupape de sécurité qui permet de conserver son équilibre. […] tandis que celui qui refoule son sadisme et cache son cynisme derrière une attitude toute de sérieux et de gravité est susceptible des plus dangereuses divagations. »

Fini le 24/06/2021

L'affaire de la veuve noire de Jerónimo Tristante

(El caso de la viuda negra traduit de l'espagnol par Elena Zayas, 10-18, 2011)

Ce livre reprend des éléments de l'enquête du précédent titre de la série, avec des allusions aux coupables.

Dans ce récit, la “veuve noire” deviendra la “veuve d'Espagne” grâce aux compétences scientifiques du policier et à ses relations avec un agent anglais. Celui-ci l'aidera également à comprendre comment coincer le meurtrier des porteurs de bague. Mais il trouvera tout seul le remède à la catalepsie et au bal costumé.

Dommage que la suite de cette série n'est pas encore éditée en français, c'est un personnage intéressant.

Fini le 22/06/2021

L’Auberge de Jérusalem de Martha Grimes

(Série Richard Jury, 1984, The Jerusalem Inn traduit de l'anglais par Dominique Wattwiller, Pocket, 1995)

Dans cette histoire, l’auteur nous donne encore une description de personnages très anglais.
« […] Agatha avait si bien réussi à faire ami-ami avec “Betsy” qu’il n’avait jamais songé à dissocier les deux femmes, les considérant comme un couple anodin de vieilles dames tout juste bonnes à broder, jouer aux cartes et jacasser. »

L'auberge du titre va servir de cadre à la prise de conscience du commissaire.
« Le petit Jésus d'origine ayant été cassé, on en a mis un autre à sa place. »

Fini le 19/06/2021

Queue de poisson de Carl Hiaasen

(2004, Skinny Dip traduit de l'anglais États-Unis par Yves Sarda, 10/18, Domaine étranger, 2008)

Le titre en anglais décrit bien les multiples “trempettes” que subissent les personnages de cette histoire à “grand spectacle”. Un récit d'un haut comique us.

« Quel matraquage psychologique […] n’avait-il pas enduré depuis la fameuse nuit à bord du Sun Duchess !… Les effractions horrifiantes à son domicile ; l’inspecteur qui furetait partout ; le témoins transformé en maître chanteur donneur de leçons ; la crise Ricca ; et maintenant ces mystérieux hélicos espions ! »
« Comment ça peut être aussi difficile de tuer quelqu’un ? »

Fini le 17/06/2021

Des lapins et des hommes de Olivier Seigneur

(Le Masque, 1994)

La Grande fête d'anniversaire du Lapin ne doit pas être perturbée par tous ces gens perturbés, qui se déguisent, voient des lapins partout, ont des souvenirs drogués… et dont un se venge du passé, poursuivi par un Chinois croyant.

Un récit parfaitement déjanté !

« La jeune femme adore cette situation, si romantique. Elle est la compagne d’un homme recherché pour un double meurtre. »
« [Il] n’aurait pas dû se montrer aussi présomptueux. […] Comment a-t-il pu considérer la créature comme une simple marchandise que l’on peut impunément s’approprier ? »
« […] le policier doit absolument dissuader les policiers du laboratoire de mélanger aux indices recueillis dans les toilettes […] les poils du gorille des montagnes ramassés dans la réserve africaine. »

Fini le 15/06/2021

mardi 15 juin 2021

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth

(2007, Oscar Wilde and the Candlelight Murders traduit de l'anglais par Jean-Baptiste Dupin, 10/18, 2008)

L'utilisation dans un contexte romanesque de personnalités ayant vécu récemment est désagréable à lire, car il en reste un relent de doute sur la réalité de leur description (physique et mentale), de leurs actes.

Leurs réactions vis-à-vis de celui qui sera finalement découvert coupable semblent très artificielles au fil de la lecture et gâchent le suspense de ce qui se voudrait une enquête.

Le personnage, présenté comme Oscar Wilde, parle par citations (parfois avec notes de bas de pages) pas toujours appropriées aux circonstances de l'action.

« […] c’est ainsi qu’il a découvert celle qu’il avait un jour aimée aux côtés du corps saccagé de celui qui l’avait remplacée dans son cœur. »

Fini le 13/06/2021

Les Joyeux Démons de Edward Marston

(Série Nicholas Bracewell, 1989, The Merry Devils traduit de l’anglais par Corine Derblum, 10-18, 2000)

Les actes démoniaques devaient faire du tort au mécène pour lui faire regretter sa décision de privilégier un des frères. Les diablotins sauront l'éclairer.

Le poète philosophe :
« Les odes à la beauté, c’est bien joli, mais quel couple lit des vers passé quinze jours de noces ? »

Fini le 13/06/2021

Chute libre de Carol Higgins Clark

(Série Regan Reilley, 2003, Popped traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2006)

À Las Vegas, le chantage utilise la presse.
« Son amie et elle ont entendu mes parents parler du courrier et les ont menacés de tout dévoiler aux journaux si je n’engageais pas Honey sur le tournage. »

Le metteur en scène des problèmes se fait féliciter en attendant sa grande soirée.
« Je suis heureux de voir que vous appliquez le principe d’égalité des chances, ou plutôt des malchances […]. »
« L’esprit de compétition exalte le meilleur de nous-mêmes. »

Fini le 11/06/2021

Un tueur pour la mariée de Elizabeth Eyre

(Série Sigismondo, 1994, Bravo for the Bride traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 2001)

Les délices du texte priment sur cette histoire de vengeance de duc à duc en passant par un prince.

« […] son visage ressemblait à celui des statues ornant les jardins du palais, la seule différence étant qu’elle était de chair blanche et non de marbre, et dépourvue de la moindre plaque de lichen. »
« […] Biondello, surpris, aboya. Inquiet, Benno se dit qu’il ne faudrait pas que cela devienne une habitude. Il était impensable que sa chemise se mette à aboyer à tort et à travers. »

L’auteur nous montre des scènes de bagarres très cinématographiques, par exemple :
« Sigismondo bondit sur le plateau et abattit son épée. Un sablier lancé par Brunelli le rata de peu et alla se fracasser contre une porte […]. Benno hurla pour avertir son maître mais, au même instant Pyrrho précipita sur Sigismondo un gros globe céleste fixé sur un pied à roulettes. […] le globe, poursuivant sur sa lancée, cueillit de plein fouet Brunelli qui […] fut emporté à califourchon sur le globe jusqu’au mur qu’il percuta avec violence. »
Le meurtrier ignorera jusqu’au bout que son commanditaire a succombé à une crise cardiaque.

« Ainsi  il apprenait à ses élèves à haïr les tyrans quand lui-même ne haïssait que l’homme qui l’avait humilié […]. »

Fini le 9/06/2021

Qui a payé le tueur ? de Michael Underwood

(Série Nick et Clare Atwell, 1978, Crooked Wood traduit de l'anglais par J.P. Pugi, Le Masque, 1980)

L'intermédiaire a évidemment déguisé son nom pour joindre le “tueur”, pour qu'il ne reconnaisse pas une ancienne victime. Ensuite, il lui a suffit de jouer son rôle d'informateur.

Une histoire toute simple, des personnages faciles et une présentation du fonctionnement du tribunal anglais, qui visera l'exécutant et le commanditaire.

Fini le 7/06/2021

Le Papou d'Amsterdam de Wetering

(Série Grijpstra et De Gier, 1975, Outsider in Amsterdam traduit de l'anglais par Philippe-Frédéric Angelloz, 10/18, 1986)

Le personnage est décrit comme un vrai Papou venu de Nouvelle-Guinée.

« Ne vous en faites pas, le yacht est assuré, quelques réparations et il n’y paraîtra plus. »
« […] il n’y a pas un juge au monde qui me croira quand je lui dirai que je l’ai tué pour l’empêcher de nuire. »
« Quel spectacle […]. Six hommes et un chien. »

Cette enquête donne effectivement lieu à des scènes très animées avec des personnages bien ambigus : les deux policiers et leur chef, l’épouse, les “jeunes” illuminés, et bien sûr le fameux Papou…

Fini le 6/06/2021

samedi 5 juin 2021

Le Collier miraculeux de Martha Grimes

(Série Richard Jury, 1983, The Anodyne Necklace traduit de l'anglais par Didier Sénécal, Pocket, 2005)

Dans le titre anglais, le “collier” est “inoffensif” (ou anonyme), il servira au commissaire uniquement à comprendre le jeu de chasse au trésor “Sorciers et Guerriers” pour déchiffrer un plan.

L'auteur nous livre une galerie de personnages villageois bien campés, notamment la “fillette” qui s'occupe des chevaux, mais n'insiste pas sur les caractéristiques des policiers de cette campagne.

Fini le 4/06/2021

L'Ingratitude des fils de Pierre d'Ovidio

(2011, 10/18)

Ce livre nous présente le retour à la vie en 1945 de deux personnages : le policier ancien prisonnier de guerre libéré par influence, le juif réfugié dans la campagne profonde pendant l'occupation allemande.

L'inspecteur arrêtera le charcutier en colère contre sa patronne, mais laissera courir le responsable du cadavre trouvé dans les ruines.

Fini le 2/06/2021

La chambre aux secrets de Roberta Gellis

(2006, Chains of folly traduit de l'américain par Bernard Cucchi, 10/18, 2007)

Cette ribaude cachait dans sa chambre notamment les objets volés (dont le fameux crucifix de son frère), mais la lettre menaçant la paix de l'évêque se trouvait dans ses vêtements.
Les coupables de son meurtre et du déplacement de son cadavre seront bien punis.

« [Il] était vraiment le fils de son père, dirait-on. Avide, mais peu enclin à respecter ses devoirs. »

« Ce geste lui faisait honte, niait ce qu’il désirait le plus au monde, être considéré comme le seigneur d’un domaine. »
« […] c’est lui qu’elle voulait et non pas un idiot de noble qui, à n’en pas douter, ruinerait l’affaire familiale […]. […] qu’elle lui ait montré les deux cadavres en soulignant que de respectables bourgeois ne se comporteraient jamais de la sorte. »

Fini le 31/05/2021

Un homme peut en cacher un autre de Andreu Martín

(1983, Si es no es traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon, Seuil Points, 1996)

Cet homme se cache sous une nouvelle identité pour vivre tranquillement une relation homosexuelle, mais au moment de la séparation la réaction sera mortelle.

Cet auteur utilise un style qui se veut sombre et violent, avec des personnages aux traits exacerbés et l'élucidation des viols et du meurtre sont dilués dans leurs ratiocinations.

Fini le 29/05/2021