mercredi 29 octobre 2025

La bête est revenue, été de plomb en Auvergne de Jérôme Maufras

(Éditions Wartberg, Zones noires, diffusion Sofédis, 2015)

Présentation du livre :

« Été 1963. Une série d’agression sexuelles et de meurtres endeuillent la vallée du Mars dans le Cantal. Une mystérieuse bête […] est abattue quelques mois plus tard. […] Été 1983. […] la tranquille bourgade de Mauriac est secouée par une série d’agressions. […] des jeunes femmes blondes sont visées. »

Le prêtre Gabriel Garelli, nouvellement nommé dans cette ville, va devoir comprendre ce qui se passe après une confession. Son amie, le lieutenant de gendarmerie Jonak, le rejoint pour l’aider.

L’intrigue est bien montée, les personnages vrais, le maire est crédible dans son rôle de tout puissant exigeant. Les pensées de Garelli peuvent sincèrement être celles d’un religieux. Les femmes, par contre, sont stéréotypées en « blondes ».

Un viol a des conséquences.

Fini le 28/10/2025

lundi 27 octobre 2025

Sans passé de Alafair Burke

(2022, Find Me traduit de l'anglais États-Unis par Manon Malais, Presses de la Cité, Sang d'encre, 2023)

L'intrigue repose sur l'amnésie de « Hope » rescapée d’un accident. C’est une histoire très états-unienne vue, revue, rebattue, sans aucun intérêt. Le suspense est entretenu par des incohérences pénibles [à la fin il paraît que Hope avait en fait reconnu Alex, donc… pourquoi son comportement ?] et par des allers-retours de autrefois — dans le Kansas —, à maintenant — New York —, vraiment trop brouillons.

« […] elle était persuadée d’avoir été impliquée dans quelque chose de dangereux avant son accident, et justifiait ainsi sa crainte envers la police. Même le père de Lindsay [policier] avait mis un certain temps à gagner sa confiance. Après tout, on l’avait trouvé à bord d’une voiture volée, sans papiers, avec seulement un sac en plastique rempli de vêtements dans le coffre. »

La relation d’amitié-amour entre Hope et Lindsay fait vraiment trop ajout pour être à la mode. La description de leurs comportements est bâclée vraiment pas sincère.

Fini le 26/10/2025

samedi 25 octobre 2025

La Main de Dieu de Valerio Varesi

(Série commissaire Soneri, 2009, La mano di Dio traduit de l'italien par Florence Rigollet, Agullo noir, 2022)

Soneri s'installe pour un temps dans la montagne à Monteripa, le petit village où le mort, Malpeli, avait son usine d'embouteillage. Il y rencontre don Pino, le prêtre de la paroisse, Afro, le garde forestier, Ribot, un des « Faunes » et bien d’autres, notamment Rasmi, le contremaître de l’usine.

Il dirige l’enquête par téléphone, joignant principalement les carabiniers. L’adjudant-chef Nunziata lui transmet un de ses avis.
« […] tu as remarqué qu’il y a toujours de l’eau dans cette histoire ? Malpeli emporté par le courant, les os du cimetière traînés jusqu’à Pastorello, la camionnette de Breviglieri… De l’eau qui court et qui voyage dans des camions, et qui va toujours en aval. »

Angela, venue le rejoindre, étudie les documents de l’avocat.
« Ces sociétés se soutenaient toutes les unes les autres, je ne comprends même pas comment elles ont réussi à s’en tirer. »

Prévoir d’utiliser cet argent pour construire une piste de ski ne plait pas à certains.
La colère explose avec un « crucifix ».

Dans ce livre également, un mot rare.
« Cet homme, reprit-il [don Pino] en alludant à Magnaschi comme s’il n’était pas là, a toujours joué le jeu […]. » Le verbe “alluder” signifie “faire allusion”.

Fini le 24/10/2025

jeudi 23 octobre 2025

Serial tattoo de Sylvie Allouche

(Commissaire Clara Di Lazio, Syros, 2020)

Dès le prologue, le lecteur sait que Louise s'est mise en danger pour retrouver Shaïna. La suite raconte le travail des policiers pour les sauver.

Les autres personnages sont sans consistance. Michka, le larbin du riche russe Alexis Parov, est présenté uniquement intéressé par le fric, alors que c'est lui qui doit trouver et préparer les futures victimes. Sa façon de persuader Anya de faire son « chef-d’œuvre », la fresque en tatouages, montre qu’il serait capable d’éprouver quelques sentiments.

Rasta et le Ténor, les gardiens, n’ont aucune autre description que leur violence, ce qui les rend parfaitement transparents et sans intérêt. De même les « gras du bide » trop riches sont présentés uniquement intéressés par la « tuerie ».
« — Et nous avons même choisi… le motif qui nous a laissés bouche bée et que j’ai sobrement intitulé Hurlement.
Shaïna. »

Le suspense est entretenu uniquement en faisant faire n’importe quoi à Clara, par exemple, sa façon illogique d’interroger Anya n’est pas digne de son savoir-faire habituel.

Fini le 22/10/2025

mardi 21 octobre 2025

Silentium ! de Wolf Haas

(Série policière Brenner, 1999, Silentium! traduit de l'allemand Autriche par Marie Reygnier, Rivages/noir, 2004)

Un « Je » raconte à un « Tu » l’enquête du détective Brenner à Salzbourg. Un cadavre est trouvé au Marianum, un institut religieux pour garçonnets. En arrivant Brenner sent les odeurs.
« Tu me croiras si tu veux, mais dans cette forteresse chaque étage avait son odeur. »
Il est reçu par le directeur du séminaire, « le jeune » Regens, le vieux préfet « au bec-de-lièvre » et le préfet du sport Fitz — abréviation du prénom donné par sa mère grande admiratrice de John Fitzgerald Kennedy —.

Les sacs plastiques jouent un grand rôle dans l’intrigue.
« Même dans ces circonstances, le préfet n’avait pensé qu’aux enfants. On ne se refait pas. Brenner n’insista pas pour connaître la raison du carnage. […] Il a continué à sortir des sacs en plastique d’autres sacs en plastique parce qu’il avait l’impression que le dernier contenait quand même quelque chose. »
L’un d’eux va servir à René.

Fini le 21/10/2025

lundi 20 octobre 2025

L'Épreuve du feu de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2024, A Refiner's Fire traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy noir, 2025)

Cette histoire contient plus de réflexions implicites entre le « commissario » et la « commissaria » que dans les précédentes. Claudia Griffoni raccompagne chez lui Orlando, un des jeunes arrêtés par la police « comme membre d’un baby gang ». Dario Monforte, son père, réagit par la menace, les policiers n’ayant pas respecté les règles en rencontrant le jeune Orlando.

Brunetti va donc enquêter sur lui, considéré comme un héros des « carabinieri » envoyés en Irak pendant la guerre.
« Qui lui avait attribué cette gloire… ? Qui avait colporté en Italie la nouvelle de sa bravoure ? Les survivants, en parlant à leurs familles ? Les hommes qui étaient allés secourir les blessés, après que les incendies avaient été maîtrisés ? Ceux qui étaient allés chercher les morts ? Les deux hommes qu’il avait extraits des flammes ? »

Pendant ce temps, des adolescents se réunissent en « gang », les « Lions de Venise » contre les « Lions du Lido ». Gianpaolo — le jeune voisin violent de Enzo Bocchese, directeur du labo de la police — les convoquent dans une usine désaffectée — que Brunetti, Griffoni et des agents vont espionner —.
« Ah, pensa Brunetti, un vrai petit génie de la politique, ce garçon : dès que tu peux fédérer tes acolytes contre un ennemi commun, quel qu’il soit, tu les as dans ta manche et tu peux en faire ce que tu veux. »
« Ainsi étaient-ils en train de réaliser le GRAND événements qu’ils voulaient offrir à la ville, telle une prouesse. »

Fini le 19/10/2025

samedi 18 octobre 2025

Un seul œil de Michèle Pedinielli

(Cycle Boccanera, L'Aube noire, 2025)

Les amis de Diou sont menacés comme elle. Daniel est hospitalisé dans le coma. Alexa, la femme de Jo, est tuée. Quels liens y-a-t'il entre ces victimes, Diou et Jo ?

Antoinette, la sœur de Jo, les rejoint à Nice.
« — Je ne veux pas dîner, Ghjulia. Je veux t’enlever l’Œil. […]
— Ecoute-moi : tu as un cocard parce que quelqu’un t’a agressée à coups de casque, ton colocataire est retrouvé inconscient quelques jours plus tard. Puis c’est Alexa qui est assassinée et ta voisine qui fait un malaise. Tu ne crois pas que quelque chose s’en prend à toi ? Quelqu’un te veut du mal, Diou, et t’a mis l’Œil. »

Pour se changer les idées, Diou va chez ses amies, au Travailleurs où est Esme et chez sa sœur Romy. Toutes les deux lui parlent de leur mère. Pour Romy :
« — Et ta mère, ça va ?
— Comme toujours. Elle est à bloc sur la prochaine procession. Tu sais qu’elle fait partie des Pénitents blancs ? C’est drôle, quand j’étais petite, je ne comprenais pas et croyais qu’elle faisait partie des pélicans blancs […]. En ce moment, c’est l’effervescence avec leur histoire de relique. […] Ce satané morceau de croix ! Qu’est-ce qu’elle nous gonfle avec ça ! Mais pas autant qu’avec le père Jean-Jacques […]. »

Dans les chapitres intermédiaires, Daniel raconte son passé à Paris avec un de ses amants, William.

« Carthage n’est pas tombée. »

Fini le 17/10/2025

jeudi 16 octobre 2025

Il était une fois l'inspecteur Chen de Qiu Xiaolong

(Série Chen Cao, 2015, Becoming Inspector Chen traduit de l'anglais États-Unis par Adélaïde Pralon, Liana Levi, 2016)

L'histoire des débuts de Chen, engagé par le commissariat pour traduire de l'anglais des procédures policières, il s'intéresse au meurtre de Fu, un commerçant, « spolié sous Mao puis réhabilité et grassement indemnisé » qui a même retrouvé le diamant de son épouse décédée. Les anciens « Gardes rouges » maintenant inemployés sont d’abord visés. Il y a aussi les enfants qui ont renié leur père, mais attendent l’héritage, notamment le second mari.

Dans un dernier chapitre Fragment autobiographique, l’auteur raconte son expérience pendant la « Révolution culturelle » et comment il a survécu, son père étant considéré comme un « monstre noir ». Il détaille certaines recettes au nom étrange qu’il goûte avec son ami Lu. 

Fini le 15/10/2025

mardi 14 octobre 2025

Une illusion d’optique de Louise Penny

(Une enquête de l'inspecteur-chef Gamache, 2011, A Trick of the Light traduit de l'anglais Canada par Claire Chabalier et Louise Chabalier, Actes noirs, 2016)

Encore un cadavre à Three Pines, village bien connu de Gamache et de l'inspecteur Jean-Guy Beauvoir. Ils vont enquêter auprès de tous ceux qui connaissent le milieu de l'art, car il s'agit de Lillian Dyson, ancienne artiste, puis critique acerbe, enfin AA, son corps étant retrouvé dans le jardin de Clara Morrow, peintre venant de connaître la célébrité avec une exposition « en solo ».

« — Dans cette affaire de meurtre, il est question de contrastes, dit Gamache d’une voix basse, douce. De sobriété et d’alcoolisme. Des apparences et de la réalité. De changement, en bien ou en mal. De jeux d’ombre et de lumière. […]
— Un mot a été utilisé à votre vernissage, dit-il en se tournant vers Clara, pour décrire vos peintures. […]
— Chiaroscuro. Ce qui veut dire “clair-obscur”, l’effet de contraste produit par les parties sombres et les parties éclairées dans un tableau. »
« — Ce que nous avions de la difficulté à déterminer, c’était si Lillian Dyson avait été sauvée. Avait-elle changée ? Ou s’agissait-il seulement d’un faux espoir ? Elle était une alcoolique. Une femme cruelle, amère, égocentrique. »
« — Lillian avait-elle changé ? […] — […] s’agit-il d’un réel espoir ? […] — Ou seulement d’une illusion d’optique ? »

Fini le 13/10/2025

lundi 13 octobre 2025

La Lumière de Bornéo

(Le Spirou de… scénario Zidrou sur une histoire de Frank Pé, dessin Frank Pé, Dupuis, 2016)

Le scénario de ce livre reprend les histoires d'André Franquin : le dresseur Noé dans Bravo les Brothers et les champignons de l'album Il y a un sorcier à Champignac

Frank les a bien vieillis — Fantasio est chauve… —. Il reste toujours le plus merveilleux dessinateur d'animaux, son autruche est particulièrement expressive quand elle transmet des pensées à Fauvette.
« Fille égarée qui cherche son arbre… tes blessures, tes larmes… cette place froide à côté de toi… ta force, elle est là ! »
Et rend bien le talent de Bornéo pour illustrer le cirque.

Fini le 12/10/2025

vendredi 10 octobre 2025

Le Chant des morts de Jean-Paul Demure

(Rivages/Noir, 2014)

« Le Major Brett, en sept ou huit années de résidence, avait gagné l’estime un peu ironique du village. Il avait su tisser patiemment sa toile. Généreux sur les tournées au café-restaurant, généreux pour les kermesses de l’école et de l’église, serviable quand il s’agissait de descendre quelqu’un à Cannes ou à Nice pour une urgence. »

Mais, après la pluie, il découvre des restes d’un cadavre au pied de la haie sur sa terrasse. Voulant comprendre, il se met à dos les habitués de Fulbert, bistrot, il y a Toine, boulanger, Gervais, pharmacien, Dumont, notaire, Gustin, jardinier, et toujours prêt à intervenir Perlgra, le marguillier, avec René, le gardien du cimetière.
« La fine fleur de Briane. La Communauté. Les braves citoyens qui n’aiment pas les ennuis. »

« Une association culturelle qui entretient le vieux cimetière historique de Briane », nommée « Les Amis du Champ des Morts », a publié une annonce disant qu’ils « ont la tristesse de vous faire part du décès de leur généreux donateur Étienne Rambard ».

Fini le 9/10/2025

jeudi 9 octobre 2025

Le Noël du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

(Série Commissaire Ricciardi, 2011, Per mano mia traduit de l'italien par Odile Rousseau, Rivages, 2017)

C'est l'époque pendant laquelle il faut installer les plus belles « crèches » possibles. Le commissaire Ricciardi et son brigadier Maione trouvent la figurine de « saint Joseph » cassée sous la nappe supportant la crèche des Galofalo. Ricciardi va garder la signification de ses fragments pendant toute l’enquête pour trouver le coupable du meurtre de l’épouse et son mari.

Emmanuel Garofalo, un « centurion de la milice portuaire », se révèle être « une ordure de première », dit Bambinella. Il « rackettait » les pêcheurs qu’il était chargé de contrôler. Pour arriver à cette situation, il a accusé et fait licencier un milicien loyal, dont l’incarcération a poussé la femme au suicide.

Benedetta, la fillette des Garofalo, est accueillie par sa tante Veronica, une religieuse du « couvent des Sœurs réparatrices de la douleur de la bienheureuse Vierge Marie ».

La traduction rend bien le style émouvant de l’auteur, sa sincérité dans la façon de présenter les sentiments, les ressentis de ses personnages, les doutes de Maione, « la Chose » de Ricciardi, les appréhensions de Rosa, la décision d’Enrica…

Des chapitres intermédiaires racontent ce que font « les mains assassines » en train de préparer la crèche.
« Et elles finissent l’installation des plantes […]. […] Les plantes chassent les mauvais esprits qui envahissent les maisons, du jour des défunts jusqu’à l’Épiphanie. Dehors les mauvais esprits, pour Noël. […] Les mains assassines s’effleurent, satisfaites. »

Et aussi des descriptions à valeur poétique.
« Cet hiver fut surpris par la fin brutale du vent du nord : la température resta douce pendant plusieurs heures, comme si le climat regardait autour de lui, indécis, ayant oublié date et saison. »

Fini le 8/10/2025

lundi 6 octobre 2025

Tromperie de Andrea Maria Schenkel

(2013, Täuscher traduit de l'allemand par Stéphanie Lux, Actes noirs, 2020)

C'est le récit très factuel du meurtre de Clara et de sa mère. L'histoire commence, en mars 1922, par la réaction de l'épouse du policier Josef Wurzer à la vue d'un film particulièrement violent. Lors de son enquête, il remarquera que les coupables ont copié les techniques du film : coups de couteau pour Clara et baillons pour la mère.

Hubert Täuscher [qui signifie “trompeur” en allemand], le principal accusé, raconte dans ses chapitres que Clara ne lui faisait pas payer ses leçons de piano. Son ami, Luck Schinder, est lui intéressé par les bijoux.

Devant le « tribunal populaire de Landshut », ils se disent innocents. 
Aux questions du juge, Hubert s’entête :
« — Monsieur Täuscher, avez-vous conscience que vous êtes accusé de vol et de meurtre ?
— Je ne souhaite rien ajouter à ce sujet.
— Mais ces deux crimes sont liés, Monsieur Täuscher.
— Clara était en vie quand je suis parti, et c’est elle qui m’a donné les boucles d’oreilles. »

Fini le 5/10/2025

dimanche 5 octobre 2025

Beijing Blues de Charlotte Cahné

(Éditions du Masque, 2020)

Hadrien, le « junkie qui présente bien », vient à Pékin rejoindre son amie Eva pour une résidence d’artistes franco-chinois. Quand elle se retrouve arrêtée par la police pour être mêlée à un crime, il va utiliser ses compétences acquises dans son espionnage de dealers pour l’innocenter. Il rencontre Jeanne, une journaliste de RFI, dont l’assistant Chen est accusé du meurtre puisque la morte est son épouse Lin.

L’histoire raconte aussi la vie des jeunes Chinois, les exigences de leurs parents de la génération des « enfants uniques », pour leur travail et, en ce qui concerne Lin, donner un petit-enfant à sa mère.
Hadrien commente : « Si les Chinois vivaient l’enfer de la frustration, nous on vivait l’esclavage du réconfort. »
Mme Xu, la psychanalyste, parle de « pulsions destructrices » comme d’une « agressivité contre les parents retournée vers soi ».

Les personnages sont attachants, même Deng et ses obsessions.
« On peut tuer, vous savez, on peut tuer quelqu’un très jeune sans se mettre de sang sur les mains. Une mère peut le faire. Et la Chine est pleine de jeunes écartelés. Pas seulement des homosexuels, mais aussi des artistes, des hétéros, des musiciens. » Elle a connu « le jour de la honte ».

Fini le 4/10/2025

vendredi 3 octobre 2025

Mauvaise prise de Eoin Colfer

(Série Daniel McEvoy, 2013, Screwed traduit de l'anglais par Sébastien Raizer, Gallimard, Série noire, 2017)

Il y a quelques expressions bien humoristiques. Par exemple, la façon dont Edit Costello se présente à Daniel.
« — Costello ? je dis. Alors, vous étiez mariée au vieux Paddy [son grand-père] ?
— L’épouse numéro quatre. La première à lui survivre. […]
— Alors, vous n’êtes pas ma vraie grand-mère ?
— Non. Je suis d’un modèle plus récent. La version quatre point zéro. »
Ou le Mike [celui qui veut absolument le tuer] utilisant systématiquement le mot « apport-thunité ».

Cela ne rend pas l’intrigue plus intéressante. Les “bagarres” entre « types de la pègre » n’ont aucun motifs réels, et l’histoire étant racontée par “je”, on sait bien qu’il va y survivre quoi qu’il arrive. Les méthodes que Daniel emploie sont assez incongrues — par exemple, la clé des menottes dans le string — pour dynamiser un peu le tout.

Le lieutenant Ronelle Deacon est la bienvenue pour mettre un peu de réalisme dans tout ce fatras.
« […] la semaine a été dure pour moi. Je me suis fait kidnapper pour tourner un snuff movie. J’ai été torturé par des flics. Je me suis fait tirer dessus par des truands et j’ai perdu ma copine [Sonia]. »

Fini le 3/10/2025

Ne jamais couler de Marie de Brauer

(dessin de Lucy Macaroni, Leduc graphic, 2023)

Ce sujet pesant, sauvé par le liège, est bien illustré avec ces dessins légers, aériens, élégants. Les phylactères ondoyants et les tons pastels tempèrent les propos douloureux du texte.

Fini le 2/10/2025

mercredi 1 octobre 2025

Le couteau des sables de Minos Efstathiadis

(2020, Κβάντι traduit du grec par Lucile Arnoux-Farnoux, Actes noirs, 2023)

Cet ustensile sert à venger les femmes maltraitées par ces jouisseurs de jeunes vierges.

« […] Sarah manifestait depuis son plus jeune âge un mépris inné pour les biens matériels, hérité de ses deux parents. […] De cet océan de peinture dans lequel il avait baigné toute sa vie, son père, à la fin, ne lui avait pas confié le moindre échantillon. Il ne lui avait pas laissé un seul tableau. »
« Ce n’était naturellement pas l’unique grief qu’elle avait à l’encontre de Sebastian Seibel. Sarah le tenait pour le responsable exclusif de la déchéance progressive puis du suicide de sa mère […]. Il s’agissait d’un monomaniaque, d’un égoïste, tout entier voué à la peinture et d’une indifférence glaciale pour les êtres humains. »
« C’est une enfant de l’Afrique, avec la peau blanche et une âme noire. »

Le détective Chris Papas se charge des enterrements en Grèce.

Fini le 30/09/2025