(2002, Isola nera traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, polar, 2003)
Rescapé d’une tuerie, l’inspecteur Salvatore Riccobono, en convalescence, accompagne son ami Mario, médecin, dans l’île Lipanusa où il doit s’occuper du dispensaire.
Le brigadier considère la mort de Toni comme un accident. Salvo le décrit ainsi : « Toni était vraiment un sale con. Vulgaire, autoritaire, grossier, impudent… un bourreau, tu parles d’une victime ! Mauro, il l’a mis dans la merde, Iasmina, il lui a bousillé la vie, à Cuba il allait avec des petites filles… […] il s’en vantait en plus. »
Pendant qu'il enquête, Salvo raconte sa vie de policier, décrit la nature de l'île, ses tempêtes, ses mugissements…
En préface, le traducteur explique comment il peut rendre l'italien de l'écrivain.
« […] ma première préoccupation a été de faire sentir à quel niveau de langue se trouvait chaque partie du texte. J’ai adopté […] des solutions […] : recours à des termes du sud de la France pour rendre l’italo-sicilien, respect de l’inversion verbe-complément […], traduction littérale du passé simple, si fréquemment utilisé dans cette langue à la fois verte et emphatique qu’est le sicilien. Afin de rendre la saveur des passages purement dialectaux, j’ai aussi opté pour la reproduction pure et simple du dialecte, immédiatement suivi de sa traduction. »
Ce qui peut donner des dialogues ainsi entre le vieil épicier et Salvo :
« — […] Écoutez-moi, à moi, que je suis un vieux et peut-être demain un cadavre !
— Ouuuh ! Vosseignerie, comme l’acier vous êtes, ça se voit.
— Mon fils, ici, sur l’île du vent, la mer, même l’acier, elle se le mâche ! Mais quand même ! Allez-y ! La Forest vous me la paierez après !
— Merci, maître, je vous salue… si vous permettez.
— Serviteur ! »
Le vieux « s’appuie sur un bâton. » « — U’ nome ci li misi ju… son nom, c’est moi qui lui ai donné. […] come li ciura aduruse e santi, comme les fleurs odorantes et saintes. »
Fini le 29/03/2026