lundi 30 mars 2026

Île noire de Piergiorgio Di Cara

(2002, Isola nera traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, polar, 2003)

Rescapé d’une tuerie, l’inspecteur Salvatore Riccobono, en convalescence, accompagne son ami Mario, médecin, dans l’île Lipanusa où il doit s’occuper du dispensaire.

Le brigadier considère la mort de Toni comme un accident. Salvo le décrit ainsi : « Toni était vraiment un sale con. Vulgaire, autoritaire, grossier, impudent… un bourreau, tu parles d’une victime ! Mauro, il l’a mis dans la merde, Iasmina, il lui a bousillé la vie, à Cuba il allait avec des petites filles… […] il s’en vantait en plus. »

Pendant qu'il enquête, Salvo raconte sa vie de policier, décrit la nature de l'île, ses tempêtes, ses mugissements…

En préface, le traducteur explique comment il peut rendre l'italien de l'écrivain.
« […] ma première préoccupation a été de faire sentir à quel niveau de langue se trouvait chaque partie du texte. J’ai adopté […] des solutions […] : recours à des termes du sud de la France pour rendre l’italo-sicilien, respect de l’inversion verbe-complément […], traduction littérale du passé simple, si fréquemment utilisé dans cette langue à la fois verte et emphatique qu’est le sicilien. Afin de rendre la saveur des passages purement dialectaux, j’ai aussi opté pour la reproduction pure et simple du dialecte, immédiatement suivi de sa traduction. »
Ce qui peut donner des dialogues ainsi entre le vieil épicier et Salvo :
« — […] Écoutez-moi, à moi, que je suis un vieux et peut-être demain un cadavre !
— Ouuuh ! Vosseignerie, comme l’acier vous êtes, ça se voit.
— Mon fils, ici, sur l’île du vent, la mer, même l’acier, elle se le mâche ! Mais quand même ! Allez-y ! La Forest vous me la paierez après !
— Merci, maître, je vous salue… si vous permettez.
— Serviteur ! »

Le vieux « s’appuie sur un bâton. » « — U’ nome ci li misi ju… son nom, c’est moi qui lui ai donné. […] come li ciura aduruse e santi, comme les fleurs odorantes et saintes. »

Fini le 29/03/2026

samedi 28 mars 2026

Un outrage mortel de Louise Penny

(Une enquête de l'inspecteur-chef Armand Gamache, 2016, A Great Reckoning traduit de l'anglais Canada par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Actes noirs, 2021

Le titre en anglais “un grand règlement de comptes” correspond bien à l’histoire. Armand Gamache prend la direction de « l’école de la Sureté » pour mettre de l’ordre. Il limoge des professeurs, en embauche d’autres, notamment Michel Brébeuf, un tacticien, précédemment relégué pour malversations et corruption. Et il garde le professeur Serge Leduc — « le Duc » — dont les méthodes répréhensibles créent des agents trop brutaux et sans vergogne. Quand il est assassiné, l’inspectrice Lacoste et Jean-Guy Beauvoir le rejoignent pour enquêter. Gamache fait aussi venir le commissaire adjoint Paul Gélinas, un officier de la Gendarmerie royale du Canada, comme « observateur ».

Pour les isoler de l’enquête, Armand envoie les quatre étudiants préférés du Duc — Jacques, Huigen, Amelia et Nathaniel — à Three Pines avec mission d’étudier une vieille carte retrouvée dans un mur. L’intrigue entremêle la recherche de l’assassin et l’élucidation des représentations du vitrail et des dessins.

Évidemment, Gélinas accuse Gamache d’être le meurtrier, puisqu’il détestait Leduc, et les autres cogitent sur ces soupçons… ça entretient le suspense (!), mais donne surtout de la bonne lecture, les traducteurs ayant gardé un petit style français québécois.

Fini le 27/03/2026

mercredi 25 mars 2026

Jaune soufre de Jacques Bablon

(Jigal polar, 2018)

Caroline, 16 ans, accouche de Rafa.
« Donner vie à un enfant et tuer un mec dans la même journée était humainement inconcevable. »
Rafa grandit. « Caro, maman aigle, pas mère poule. »
Il devient ingénieur mais ne trouve que des petits boulots, tel que pompiste.

Puis la vie de Warren Grondin après l’annonce de la mort de son père.
« Écrasé par un camion ? Tombé d’une falaise ? Il est mort de quoi, son père ? Mère malade, disparue quand il était encore tout petit. Père, mère, il a toujours été le mec qui se démerdait sans, pleurait pas, faisant semblant de ne pas être en carence. »

Il va chercher à retrouver sa sœur Marisa. Elle est serveuse dans un bar.
« Le regard de Warren monte le long de la robe noire, escalade les reliefs. Elle a une tête spéciale. Ses cheveux. Tout jaune. »
Rafa va aussi la croiser pendant sa mascarade de faux médecin.
« Et la fille qui se fait mettre la main au cul par ce gros con juste au bon moment ! L’outragée héroïque, sa sauveteuse aux cheveux jaunes. Un jaune spécial. Comme du soufre. »

À la fin, Franck « n’arrête pas de beugler : “c’était comme mon frère ! C’était comme mon frère !” »

Fini le 25/03/2026

mardi 24 mars 2026

Les petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure de Minna Lindgren

(2015, Ehtoolehdon tuho traduit du finnois par Martin Carayol, Calmann-Lévy, 2016)

Irma et Siiri, nos nonagénaires, doivent vivre dans un nouvel établissement. Le Bois du couchant est entièrement « monitorisé », avec des « murs intelligents », des robots, un « Mangeomatique », des badges pour tout ouvrir, payer, etc. Le « Réveil de la foi », un société de prédicateurs, surveille le tout, faisant débiter continuellement des paroles de la bible à toutes ces machines et des appels à dons.

Enfin, Anna-Liisa exprime sa peur.
« Il faut mettre fin à toute cette saleté de technologie des soins à la personne. Combien faut-il encore de cadavre, avant que vous ne vous rendiez compte que les robots nettoyeurs et le distributeur de plats ne peuvent pas s’occuper de petits vieux ? La coupure de courant a joué le rôle de révélateur dans cette maison de fous. Elle a prouvé que l’idée de remplacer l’homme par la machine est mort-née. Mais personne ne fait rien. »

Après son décès, Irma et Siiri se décident… avec l’aide du rat.
« […] il nous reste à vivre la chose la plus passionnante du monde ! […] Döden, döden, döden ! »

Fini le 24/03/2026

lundi 23 mars 2026

Mortels poireaux de Thierry Payan

(les 2 encres, sang d'encre, 2007)

Dans la commune d'Entreval, une succession de disparitions de commerçants pose des problèmes à la gendarmerie et la SRPJ envoie du renfort notamment l'inspecteur Duplan et… le soi-disant « écrivain »Eugène Trouvère.

Il va désigner l’un après l’autre plusieurs coupables : Ernest Croquemillet, employé de banque, de la mort de Samuel, agresseur de sa Marjorie ; Lucien Benvenutti, le laitier, de la disparition de Romain Muller, démarcheur d’une grosse firme de yaourts ; Jacques Lamblin, le boucher, du meurtre de sa femme Jacqueline… et cherche encore le responsable des cadavres retrouvés dans les « collines rouges ». Tout en enquêtant, il promène son chien, Mister. L’épicier, Emile Bartoli, lui propose des pâtées qui font « l’unanimité au sein de la gent canine ».

Une intrigue très bien montée, un style d’écriture plein d’ironie, des personnages bien vivants, font une lecture agréable.
« L’astre diurne étincelle du haut de son perchoir céleste. Cette fois, le printemps a enfin décidé de déposer ses valises. Il en a sorti tout un assortiment de couleurs et libère une première salve de senteurs portée par un léger mouvement d’air. En réponse aux doux rayons de chaleur, des milliers de bourgeons ont éclaté en autant de taches multicolores qui parsèment la campagne et les bois. »

Fini le 22/03/2026

vendredi 20 mars 2026

Sidney Chambers et les périls de la nuit de James Runcie

(2013, Sidney Chambers and the perils of the night traduit de l'anglais par Patrice Repusseau, Actes noirs, 2017)

Les mystères de Grantchester 2

Les périls de la nuit
Sidney résume : « Qu’il s’agisse ou non d’un accident, il est assurément singulier que trois hommes grimpent ensemble sur un toit, que l’un d’entre eux meure et que l’autre disparaisse de la circulation. »

Amour et incendie
Canicule et explosion.

Semaine impie
Rénovation électrique et jeux de mots sur les notes « do (C), la (A), ré (D), mi (E) correspondent au nom de la victime ».

Le coup du chapeau
Cricket, limonade, thé.

Le principe d'incertitude
Amener une présence évidente au mariage.

Rendez-vous à Berlin
Avec Hildegard, franchir le Mur avant sa construction.

Conclusion
L'inspecteur résume : « C’est l’ABC de l’investigation criminelle, Sidney. A : ne rien affirmer. B : ne croire personne. C : tout vérifier. Sans oublier D : le fric. »

Fini le 19/03/2026

mardi 17 mars 2026

Le revenant d'Albanie de Jean-Christophe Rufin

(Les énigmes d'Aurel le Consul, Calmann-Lévy noir, 2025)

En cherchant le coupable du meurtre de « Marc Lumière » en Suisse, à Tirana Aurel et Amélie, l’ambassadrice, apprennent les principes du « Kanun ».
« Nul homme ne peut échapper à ces vengeances mais les femmes et les prêtres en sont exclus. »
« Le Kanun prescrivait que la victime connaisse son agresseur. […] il devait se montrer à visage découvert […]. Et il devait lancer distinctement une phrase de revendication […]. »

Alma, sa fille restée au pays, a essayé de trouver une solution.
« […] s’il était la source du problème, s’il justifiait ces vengeances atroces, il devait nécessairement contenir aussi la solution. »
« Les articles 134 à 138 du Kanun prévoient la pacification par le sang. […] J’ai décidé de me présenter devant ma famille […]. Je demanderais le rachat du sang. »
« Mon oncle m’a annoncé qu’ils refusaient le rachat du sang. […] j’ai su que l’opposition catégorique était venue de mon grand-père. »

Tout ça à cause d’une « pyramide de Ponzi » trop bien montée.

Fini le 16/03/2026

lundi 16 mars 2026

Dernier gueuleton avant la fin du monde de Jonas Jonasson

(2022, Profeten och idioten traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2023)

Johan, — « le Nigaud », « Masterchef et génie » — pourvu d’un camping-car par son frère détestable, rencontre Petra la « prophétesse » de la fin du monde. Johan s’essaie à la conduite en emmenant Petra, et son maniement aléatoire les fait arriver chez Agnes, une « influenceuse » de 75 ans.

L’intrigue repose sur la poursuite de la revanche contre celle ou celui qui a nuit : d’abord pour Petra son ancien amoureux, pour le livreur de fumier celui qui a pris sa femme, etc. Il reste Johan qui doit retrouver son frère Fredrick, devenu secrétaire d’ambassade à Rome. C’est parti pour le grand n’importe-quoi, notamment bavardage avec Obama et Ban Ki-moon, puis départ pour les Condors…

Leur arrivée chez le président « Aleko » déclenche un tas de péripéties — paternité, discours à la conférence UA, escroquerie en ligne, mafieux russes, etc. — dont le seul suspense réside dans la façon dont l’auteur va s’en sortir.

Johan : « J’adore le västerbottensost, avec ou sans tréma sur le a. » et il en met sur presque tous ses plats.

Fini le 15/03/2026

samedi 14 mars 2026

Le secret des Andrônes de Pierre Magnan

(Commissaire Laviolette, 1979, Folio policier, 2000)

Un mystérieux meurtrier jette les aides-soignantes de Rogeraine Gobert « la belle infirme », d’abord Jeanne, sa nièce désargentée, pendant le spectacle à la Citadelle de Sisteron, puis ses remplaçantes. Sa cousine Évangéline essaie d’aider malgré son travail et son goût à fendre des bûches.

L’intrigue laisse bien dans l’ombre la personnalité et les raisons du coupable d’afficher le nom de « Gilberte Valaury », se centrant sur les obsessions de Rogeraine et son passé pendant la guerre.
« Mais, quand même… vingt-quatre ans ! se disait Laviolette. Aurais-tu été capable d’aimer une morte pendant vingt-quatre ans au point de haïr encore ? »

Le « secret », dévoilé sur son lit de mort par le Cadet Lombard, est bien gardé par les présents qui se contentent de l’évoquer devant Rogeraine, entretenant le suspense sur sa relation avec les meurtres… ou non.

Fini le 13/03/2026

jeudi 12 mars 2026

Sur le toit de l'enfer de Ilaria Tuti

(Commissaire Teresa Battaglia, 2018, Fiori sopra l'inferno traduit de l'italien par Johan-Frédérik Hel Guedj, Robert Laffont, La bête noire, 2018)

L'intrigue basée sur l'expérience de la privation affective des nouveau-nés devient lassante avec les ruminations de Teresa sur sa vie, sa vieillesse — elle a la soixantaine —, ses remémorations freudiennes, ses réflexions agressives à son nouvel inspecteur, etc. Le sort des victimes en est si dilué qu'on ne sait plus qui a survécu.

Le personnage de « l’enfant Omega », survivant de l’institut de « dépersonnalisation », aurait mérité une meilleure présentation que ses quelques chapitres, et celle faite par le commissaire aux policiers.
« — Il n’entre dans aucune statistique, parce que, psychologiquement, il n’est jamais né, conclut-elle. Voilà pourquoi on ne peut enquêter sur lui avec les instruments normaux de la psychologie d’investigation. »
« — L’invasion territoriale a rompu son équilibre, comprit-elle. Elle l’a poussée vers la vallée, comme les chevreuils effarouchés […]. »

Les raisons de ses attaques contre ceux qui menacent les collégiens amis semblent fondées, mais celles de ses “prélèvements” (yeux, peau…) très floues.

La qualité de la traduction tempère la lourdeur de la lecture.

Fini le 11/03/2026

mercredi 11 mars 2026

Meurtre à la sauce cajun de Robert Crais

(Une enquête d'Elvis Cole et Joe Pike, 1995, Voodoo River traduit de l'américain par Robert Pépin, Belfond noir, 2013)

Quand elle vient avec son agent pour embaucher Elvis Cole, il l’observe : « Jodi Taylor […] paraissait lasse, son regard assombri par quelque chose qui lui était venu à l’esprit. […]
— De quoi avez-vous peur, mademoiselle Taylor ? lui demandai-je. »

Au fil de l’histoire, il va découvrir à Baton Rouge (capitale de la Louisiane) les parents naturels de Jodi et que ce qu’il s’est passé lors de l’abandon du bébé pourrit encore les relations plus de trente ans après, notamment, le travail de Joel Boudreaux, le shérif.
« — C’est la vedette de la télé, Joel, reprit Edith. La petite fille que j’ai abandonnée. »

Le bayou facilitant l’entrée discrète d’immigrés, certains s’y enrichissent.
« Ces gens viennent de régions en guerre où la vie n’a pas de valeur. Ils ont exécuté des centaines, peut-être même des milliers de gens. Ce type, Frank Escobar, il a assassiné beaucoup et il continue d’assassiner tous les jours. Prima est lui-même de ce genre. »
« Il y a tellement d’assassinats dans l’air que c’est ce qu’on respire. Prendre la vie des autres a perdu tout signification. »

Fini le 9/03/2026

dimanche 8 mars 2026

Chine, retiens ton souffle de Qiu Xiaolong

(Série Chen Cao, 2018, Hold Your Breath China traduit de l'anglais États-Unis par Adélaïde Pralon, Liana Levi, 2018)

« — Qu’espérez-vous apprendre exactement, camarade secrétaire Zhao ?
— Quelles sont précisément les intentions de ce groupe. Qui est impliqué, contacté, affilié. Quels sont leurs soutiens financiers, de quels moyens ils disposent. Quels sont exactement leurs projets et leurs avancées. »

Laissant l’inspecteur Yu s’occuper de l’enquête sur les personnes mortellement assommées, Chen va donc chercher à entrer en contact avec ces écologistes qui dénoncent les méfaits de la pollution de l’air, notamment à Shanghai. La réalisatrice du documentaire est une ancienne amie de Chen qui avait à l’époque composé un poème pour elle.

Les masques portés pour supporter la pollution jouent un grand rôle dans l’intrigue, surtout leurs couleurs, le jaune ayant une origine bien particulière. La première victime travaillait à l’hôpital.

Fini le 7/03/2026

vendredi 6 mars 2026

Bleu sur la peau de Del Pappas

(Série Constantin le Grec, Jigal, Polar, 2001)

Constantin raconte sa vie. Une de ses réflexions permet de dater l’histoire : « Je lis un poème du terrible Primo Levi qui vient de se suicider. » soit « le 11 avril 1987 » d’après Wikipedia.

Pour aider son ami le policier Philippe Mateis, il fouille ses cartons du temps où il était photographe, et retrouve celles d'Alix, avec laquelle il avait fait une tournée bien abreuvée pour leur anniversaire de la même date. L'explosion de la voiture et les menaces vont trouver leur cause dans le passé d'un « collaborateur ». Car Philippe a compris : « Ce que je sais, c’est que les mecs qui voulaient te tuer, étaient persuadés que tu étais un maître chanteur. »

Donc c’est encore : exactions des Allemands, avec soutien des gendarmes, arrestation des juifs, déportation, etc.

Fini le 5/03/2026

mercredi 4 mars 2026

L'enfant qui sema la mort de Auguste Corteau

(2021, Μισό παιδί traduit du grec par Clara Villain, Belfond noir, 2024)

L'histoire commence par la tuerie à l'école de Chryssodéndri. Puis Fíllipos Séxtos vient au village pour écrire les témoignages sur le coupable, le jeune Antónis qui s'est immolé par le feu. Le récit découvre petit à petit la vie de cet enfant et de sa mère Máro.

Une histoire très dure, pleine de violences.
« […] quand on voit à quoi il en est arrivé pour cacher sa nature […]. Je vous semble peut-être dure, mais aussi absurde que cela puisse paraître, Antónis m’a volé mon fils. »

Fini le 3/03/2026

Mater Dolorosa de Jurica Pavičić

(2022, Mater Dolorosa traduit du croate par Olivier Lannuzel, Agullo Noir, 2024)

À Split, les policiers, Tomas l'ancien et Zvone le jeune, doivent trouver le coupable du viol et du meurtre de Viktorija. Au fil de l'intrigue, Ines raconte les bouleversements dans sa famille. Sa mère Katja essaie de trouver du réconfort à l'église, allant prier auprès de l'autel consacré à Notre-Dame des Sept Douleurs.
« Un relief de la Vierge trône au milieu de l’autel, elle est vêtue d’une tunique et a l’air émue. De sa poitrine déborde un cœur jaune chromé d’où partent radialement sept couteaux. Deux mots sont écrits sous le relief, des mots en latin, mais que tout le monde comprend : Mater Dolorosa. […] une mère qui souffre comme chacune des femmes ici, comme moi, pense souvent Katja. »
« Tout serait aller différemment si papa n’était pas mort, se dit Ines. […] Ils ne se tortureraient pas pour joindre les deux bouts. »

Le suspense est bien entretenu par des découvertes de Zvone et d’Ines : le modèle de la voiture, les restes trouvés sur le site, ceux cachés à la maison…

« […] la Vierge regarde dans la direction du ciel, les yeux vitreux, au bord des larmes. […] Elle a vu quand il a expiré, elle l’a descendu de la croix […]. Elle l’a suivi dans tout, elle a tout traversé à ses côtés […]. Car c’est ce que font les mères. Les fils sont toujours un supplice pour les mères. »

« Il a reculé parce qu’il n’a pas ça en lui. Parce Zvone, c’est de la gélatine. De l’eau tiède. Le bon gars. C’est pour cela qu’il a retiré ses mains. »

Fini le 2/03/2026

dimanche 1 mars 2026

À la verticale des enfers de Fabio M. Mitchelli

(Éditions Ex Æquo, 2011)

Ce livre est un ramassis de fadaises, tout y est amphigourique. 
Les personnages : un « médium » qui voit l’action future et en prévient le policier ; un mort qui raconte sa vie… ; « Sohan Ordell », un flic décervelé suivant son médium ; et évidemment des corrompus…
L’intrigue : ce n’est pas une enquête sur des cadavres dépecés, c’est du verbiage dénué de sens commun.
L’écriture est au niveau de cette ineptie, par exemple la découverte d’un des meurtres :
« Tout autour, une étendue interminable de poudre blanche, immaculée, vierge de toute trace, semblait se trouver là depuis des siècles, posée comme un voile diaphane qui se soulevait à chaque rafale de vent. La mélodie paraissait ondoyer tout autour de la vieille cabane, nimber le lieu et l’instant d’une féérique atmosphère, dulcifier le mal, atténuer l’horreur. » Certains encensent ce style…

Enfin, le coupable : « Je manipulerais le diable s’il le fallait. Je n’ai peur de personne, ni d’un flic dans ton genre […]. j’aime le sang, la violence, la brutalité des images qui me renvoient l’éclat d’un corps ouvert et dispersé, j’aime ce choc qui me rappelle combien nous sommes infiniment délicat et fragiles… d’ailleurs les femmes sont beaucoup plus tendres […]. »
Son trafic lui permet de répandre des milliards pour être tranquille.

Parcouru et fini le 1/03/2026