mercredi 28 décembre 2022

La mort dans une boule de cristal de Alan Bradley

(Série Flavia de Luce, 2011, A Red Herring Without Mustard traduit de l'anglais Canada par Hélène Hiessler, 10/18, 2014)

« Flavia » a toujours des réflexions profondes.
« J’avais appris depuis longtemps que lorsqu’un mot ou une formule m’échappait, la meilleure solution était de penser à autre chose : des tigres, par exemple, ou bien le porridge. Puis, quand le mot fugitif s’y attendait le moins, je braquais brusquement les projecteurs de mon attention sur lui, surprenant le coupable en flagrant délit de fuite sous le faisceau de ma torche mentale avant qu’il ne puisse se carapater à nouveau dans les ténèbres. »

Cela lui permet de comprendre avant l’inspecteur que le « disparu » cherche toujours la réponse. « Où est mon bébé ? »

« […] la pratique des baptêmes dans le Goulet remonte au XVIIe siècle […]. »

Fini le 27/12/2022

L'énigme du persan gris de Stuart Palmer

(1935, The Puzzle of the Silver Persian traduit de l'américain par Marc Voline, revu par Éric Moreau, 10/18, 2004)

Les personnages sont sans intérêt, tellement mal composés, que ce soit le couple et son garçonnet vulgaire, la suicidée et son amie dont on peine à comprendre les motivations, et notamment « l’institutrice » le “détective amateur”.

« Je me trompais de bout en bout. Je croyais pouvoir être à la fois juge et jury.
« […] Je savais que [le coupable] avait tué […] deux personnages dont le monde pouvait aisément se passer. »
« Dans mon esprit, les lettres de menaces n’avaient pour but que d’effrayer ceux dont la moquerie avait conduit Rosemary Fraser au suicide. »
C’est censé être « ironique » selon la description de Wikipedia.

Quant au « persan » du titre, ce chat ne joue un rôle qu’en tout dernier chapitre en attaquant le « rouge-gorge ».

Fini le 25/12/2022

Croix de bois, croix de fer, si tu mens… de Jean-Luc Loiret

(Geste éditions, Le geste noir, 2012)

Le titre désigne les croix trouvées d'abord près du « suicidé », puis de la victime d’un véhicule, du « vieux » agressé et la croix de fer planté près de son « cadavre ».
« — Mais c’est une croix de fer ! — Si tu mens, tu vas en enfer… »

C’est bien montée, le personnage du vieux « muet » est crédible. L’auteur met en scène un peu de guerre de policiers en opposant « Poitevins » et « Tourangeaux ».

Il nous donne aussi ses points de vue par le truchement de son « commandant Venturini », grand lecteur de Comte-Sponville dont les citations émaillent le texte.
« Il avait hâte d’entamer le copieux ouvrage de Michel Onfray dénonçant l’affabulation freudienne. Lui-même s’était toujours tenu à distance respectable des disciples du maître viennois qui sous couvert de science servaient trop souvent une soupe indigeste où les termes quasi ésotériques cachaient un vide parfois insondable. »

Fini le 23/12/2022

Pas l'ombre d'un doute de Georgette Heyer

(Inspecteur Hemingway, 1939, No Wind of Blame traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2000)

La traduction essaie de rendre la façon de parler des différents personnages.

La fille fanfaronne jouant la comédie :
« Enfer et damnation, c’est effroyablement désintégrant, dit Vicky en clignant de l’œil pour faire tomber une larme qui perlait soudain à l’extrémité recourbée de ses cils. »

Sa mère et épouse de la victime :
« Je vous défend de me parler, dit Ermyntrude. Vous avez essayé de jeter ma Vicky en pâture aux loups. »

L’inspecteur :
« Oui, je pensais bien que je n’allais pas tarder à être distribué aussi dans ce psychodrame, marmonna tout bas l’inspecteur plutôt sombre. »

Au final, l’auteur nous livre une façon tellement alambiquée d’utiliser un fusil qu’on peut se demander comment il a visé juste.

Fini le 21/12/2022

mardi 20 décembre 2022

Le vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2009)

Dans ce livre, l'auteur nous raconte les croyances des anciens Grecs, notamment le culte de « Cybèle » avec visite de caves, de souterrains, de statues et d’autels.

« Je suis certain qu’il pensait depuis le début à ce rapport entre le culte antique et les pratiques du guérisseur. D’abord, il y a ces mutilations chez un cinglé qui prétend guérir les autres et même les ressusciter en utilisant son propre sang […]. »

« Ici, nous sommes dans le domaine de la folie pure, de la folie meurtrière, qui ne s’embarrasse pas de logique ou de scrupules. » et crier « je ressusciterai ! ».

« Il aurait fallu avoir l’esprit tordu de l’empirique pour deviner ce qui avait bien pu se passer cette nuit-là dans le bordel de la rue des Pistoles. »

Fini le 19/12/2022

Miss Seeton joue et gagne de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1975, Odds on Miss Seeton traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 1998)

Tout commence dans un casino quand « Miss Esse », déguisée et bijoutée, mise sur les bons numéros pendant son observation des présents.
« […] Thatcher se figurait que la police se servait de la malheureuse comme d’un furet qu’on lâche dans les terriers de lapin pour qu’il débusque sa proie. […] Il prit conscience qu’il était sans doute déjà trop tard pour l’empêcher de faire son portrait […]. »

Miss se sort très bien, même sans son « pébroc », de toutes les tentatives pour la mettre hors course.
« […] il était maintenant essentiel d’éliminer Miss Seeton dont l’immortalité confirmée menaçait de faire de lui [Thatcher] l’objet de la risée générale. »

Mais elle ne voudra pas accepter son cadeau…

Fini le 16/12/2022

L'inconnue du Musée de l'Homme de Jacques Milliez

(Le Masque, 2008)

L'auteur, gynécologue-obstétricien, nous livre une leçon sur le clonage humain, à travers une enquête sur les mensonges d'un scientifique coréen.

C'est assez peu compréhensible, mais entretient une intrigue et une sorte de suspense, même si le lecteur devine tout de suite que la grossesse de la victime est bêtement naturelle.

Fini le 14/12/2022

Le visage de Maât de Lauren Haney

(Lieutenant Bak, 1999, A Face Turned Backward traduit de l'américain par Corine Derblum, 10/18, 2002)

Maât est la « déesse de l’ordre, de la justice et de la vérité, symbolisée par une plume. »
« Laisser des contrebandiers se livrer à leur fraude constitue une offense contre Maât et contre notre reine Maakarê Hatchepsout. »

Le sous-titre de cette histoire aurait pu être “à la recherche de l'ivoire perdue”, puisque le lieutenant continue son enquête même après avoir trouvé « l’homme sans tête », sans voir l’évidence qui encombre son bureau.

Fini le 13/12/2022

dimanche 11 décembre 2022

Jenny et les dingues de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1988, Dead Crazy traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, 1999)

« […] embrasser la cause caritative, l’une des soupapes de sécurité du monde capitaliste, une façon inoffensive de redistribuer les ressources. Du moins, sans obliger les riches à ouvrir leur porte-monnaie sous la menace d’un fusil. »

D’où l’idée d’ouvrir un « centre d’accueil » pour les « fous », mais « quel genre de sentiments allait désormais m’inspirer cet endroit où un meurtre avait été commis. »

La maison retrouvera son calme après le départ du propriétaire.

Fini le 10/12/2022

Le diable sur les épaules de Christian Carayon

(Pocket, 2013)

Le début du livre présente le passé des personnages, “l'enquêteur” Martial, Camille et son père.
Quand arrive le premier crime, il est aisé de deviner le coupable, mais il faudra encore environ 400 pages pour que la lumière se fasse. L'intrigue est bien montée, les personnages intéressants et la lecture reste agréable, jusqu'à ce que Martial comprenne enfin tous les indices.

« […] sous le regard médusé de tous les autres qui voyaient passer le diable mais ne semblaient pas le reconnaître. »
« Je n’ai tenu bon que parce que je savais qu’ils allaient tous y passer, que j’allais les avoir jusqu’au denier. »

Fini le 9/12/2022

Le bureau du mariage idéal de Allison Montclair

(Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2019, The Right Sort of Man traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, 2020)

Petit à petit dans la lecture nous découvrons la vie de ces deux associées, « Miss Iris et Mrs Gwendolyn ».

Pour innocenter un des clients de leur agence matrimoniale, elles vont découvrir le dessous des trafics que provoquent le rationnement à la fin de la Seconde Guerre.
« Fabriquer des cartes de rationnement, ce n’est pas vraiment de l’art [dit le faussaire expert], pourtant j’apprécie l’ampleur de l’entreprise. »

Avec comme seules armes, leur capacité à inventer des histoires, un canif et surtout un sifflet indispensable après le thé.

Fini le 5/12/2022

Par action et par omission de P. D. James

(Cycle Adam Dalgliesh, 1989, Devices and desires traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 1992)

Pour chaque personnage, l'auteur nous décrit minutieusement sa vie, son passé, ses peurs, surtout dans le voisinage d’un tueur en série surnommé « le Siffleur ». La lecteur est pesante, semblant interminable, la victime étant toute désignée dès le début par la description de cette directrice « particulièrement impopulaire », mais qui ne doute pas de se marier bientôt.

Le « complot » contre la « centrale nucléaire » est présenté de façon trop stupide pour être réellement intéressant et la noyade des jeunes femmes arrive comme un truc pour boucher un trou dans le récit.

Fini le 3/12/2022

samedi 3 décembre 2022

La mauvaise part de Hélène de Monaghan

(Le Masque, 1975)

L’auteur met une liste de proverbes « à jeter aux orties » dans les pensées de son policier « qui se plaisait à redresser toutes ces contre-vérités codifiées par des générations d’imbéciles. »
Et il « constatait une fois de plus : qui diffère s’assemble » en voyant l’associé et l’épouse du dentiste. Ce ne sont pas les seuls susceptibles de s’être « débarrassés du mari pour pouvoir vivre en paix avec son argent ».

Mais on peut également attirer les victimes avec des bonbons…

Fini le 1/12/2022

C'est bien vrai !

Effectivement, ils « N’ont cure des jolies photos du paquet. », ils « fument ».

Grille 7* finie le 30/11/2022

Le guet-apens de Piscatoris de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2008)

Une histoire de haine familiale bien sombre.
« Les sentiments, […] ne sait pas ce que c’est. C’est garder intacte la terre de ses ancêtres qui l’intéresse. Il la défendra jusqu’à la dernière motte. Pas question de part d’héritage et de démembrement. »

Les jeunes, et leurs mères, vont agir…

Fini le 29/11/2022

Un jour, le rabbin s'en ira de Harry Kemelman

(Série Le Rabbin Small, 1985, Someday the Rabbi Will Leave traduit de l'anglais par Lazare Rabineau, 10/18, 1990)

Le rabbin « bien qu’il soit un  pisse-froid et qu’il agisse parfois comme s’il était Dieu le père en personne », sait bien raisonner.

« La police a commencé son enquête à partir de l’accident… ». « Mais l’accident constituait la fin, l’aboutissement. Moi, je me suis d’abord intéressé à ce que la victime […] pouvait faire en cet endroit. »

« La fin justifie peut-être les moyens en amour et à la guerre, mais non en politique […]. J’avais le sentiment que, si je perdais cette élection, je n’avais aucune chance de la garder. »

Ce livre nous apprend ce qui unit les juifs entre eux.

Fini le 26/11/2022

Alice change d'adresse de Michel Moatti

(HC éditions, 2016)

Il est évident dès le début du livre que cette femme nous raconte ses rêves, ses hallucinations.
« On voit des choses qui ne sont pas là. On entend des voix. On invente des histoires. On fait parfois parler des gens qui n’existent pas. »

La lecture aurait pu être intéressante sans toute cette dilution, ces apartés extraits de livre, les “pensées” de « Franck », les divagations dans l’Yonne, les rabâchages des « faits »… qui la rende lourde et interminable.

Feuilleté et fini le 26/11/2022

vendredi 25 novembre 2022

Miss Seeton fait des vocalises de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1973, Miss Seeton Sings traduit de l'anglais par Elisabeth Luc, 10/18, 1997)

Miss S connaît la chanson qui sert de « mot de passe », sans le savoir évidemment. De « Genova » à Genève, puis Paris, elle va aider à démanteler un réseau de faussaires.

Pendant ce temps, le « directeur adjoint de la police » à Londres organise des conférences avec les organismes concernés…
« En attendant, sous couvert de son excentricité, nous avons, à notre modeste niveau, effectué quelques progrès. »

« L’envoyée » de la police saura bien déchiffrer les croquis de notre artiste, notamment « le bagage abandonné » après sa prestation au « Casino ».

Fini le 24/11/2022

Long Spoon Lane de Anne Perry

(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 2005, Long Spoon Lane traduit de l'anglais par Paul Benita, 10/18, 2008)

Ce livre présente les intrigues de certains précédents.
« Il avait reconnu la voix avant même de se retourner : Charles Voisey, anobli par la reine pour l’extraordinaire courage […]. » in La Conspiration de Whitechapel
« Vous-même avez soigneusement conservé les preuves contre ma sœur, de façon à me contraindre à vous obéir. » in Southampton Row

Il s’agit donc ici d’une suite des secrets qui ont entrainé les nouveaux chefs de la police à se lancer dans le chantage et la corruption. C’est tout bien embrouillé, même si les personnages répètent la même rengaine pour ou contre une police armée.
« La plupart d’entre eux sont des gens honorables, mais la corruption engendre la corruption. C’est cela le pire fléau. […] Si vous donnez du pouvoir à quelqu’un, tôt ou tard, il sera tenté d’en abuser. »

Pitt va errer entre les avis des uns et des autres.
« Il s’était laissé emporter par la fièvre de la traque, l’attente de la victoire et avait oublié à quel genre d’individu il avait affaire. »

Fini le 22/11/2022

Tout ou rien de Giampaolo Simi

(2000, Tutto o nulla traduit de l'italien par Arlette Lauterbach, Gallimard, Série Noire, 2004)

Cette histoire est montée comme un drame pesant, avec des personnages tous négatifs, même le narrateur, aux actes si prévisibles que l’intrigue n’a aucun suspense. Le « père » à l’origine des méfaits est décrit particulièrement immonde, avec pédophilie, démence…

« La seule chose sur laquelle il insistait c’est qu’il l’avait tuée parce qu’elle était vieille. […] Mon père a essayé de tuer en elle sa propre vieillesse. Ne pouvant plus avoir de contact avec les personnes très jeunes, à travers lesquelles il pouvait revivre sa propre jeunesse […]. »

Et des suicides la tête dans un sac plastique…

Fini le 20/11/2022

Les Diaboliques de Maldormé de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2009)

Ce livre raconte une vie de notaire dans cette anse au sud de Marseille, où les voisins sont remontés contre tout ce qui leur déplait, « la Bochesse », le « Riri »…

Notre journaliste fait dans la preuve scientifique : « […] le corps […] avait séjourné dans l’eau bien plus longtemps qu’on nous l’a dit et quelqu’un l’a immergé dans la calanque le matin même du jour où on l’a retrouvé à Maldormé, sinon, il aurait flotté à des kilomètres de là. Ça, personne ne me le lèvera de la tête. Parce que c’est d’une logique irréfutable. C’est de la physique et de la météorologie. »

Fini le 19/11/2022

La Paille dans l'acier de Francis Didelot

(Série Gaston Renard, Le Masque, 1978)

« […] comment […] serait-elle parvenue à truquer les indices — les fils d’ouate, les boues, le timbre perdu sur le plancher de l’auto ? »

« […] quelque chose d’infiniment plus puissant, ce quelque chose qu’il n’arrivait pas à chasser depuis le début de l’enquête : il existait une paille dans l’acier, un détail dont la possession changerait sa vision […]. »

Fini le 19/11/2022

jeudi 17 novembre 2022

Réponse évidente

Pour « S’entend comme deux plats vietnamiens. », il est évident qu’il s’agit des rares que nous connaissons bien, la soupe et les roulés, la réponse est donc « Phonème ».

Grille 7* finie le 17/11/2022

Pièce montée de Mary Jane Clark

(Une enquête de Piper Donovan, 2011, To have and to Kill traduit de l'américain par Mathieu Périers, Archipoche, 2018)

Ce personnage n'est pas très crédible en enquêtrice et la présentation des différents suspects fait un peu bâclée. L'auteur compense en nous donnant des recettes de gâteaux, surtout de leurs décorations.

« Peu importe qui mourrait. L’un ou l’autre, ça m’était égal […]. Je savais qu’elles vaudraient plusieurs centaines de milliers de dollars. Il n’y a que ça qui comptait […]. »
« […] s’était retrouvée l’esclave de son train de vie et de sa folie des grandeurs. Un engrenage fatal… »

Fini le 15/11/2022

Les Masques éphémères de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2021, Transient Desires traduit de l'anglais par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy, 2022)

L'âge ne gêne pas cet auteur pour continuer à nous livrer ces histoires pleines de lagunes, de réflexions sur les comportements (par exemple, le changement de vision du commissaire sur le commandant), etc.

« […] d’habitude, c’étaient les enfants qui révélaient aux parents que l’histoire de leur pays n’avait pas été faite par des anges ni par des saints, que leur nation aussi avait fait le sale boulot requis par l’Histoire […]. Brunetti se souvint du choc qu’il avait ressenti lors de cette prise de conscience, de la vague de honte qui l’avait submergé et de la fausse consolation qu’il avait éprouvée à l’idée banale que tous les pays étaient logés à la même enseigne et seraient probablement prêts à recommencer. »

Les deux jeunes hommes se font facilement retrouvés, mais quelle peut être « la décision des juges ». « Seules les actions comptaient, et il était indubitable qu’ils les avaient emmenées à l’hôpital dans le but qu’elles soient prises en charge. »

Inévitablement, l’épilogue plonge dans la lagune…

Fini le 14/11/2022

La fille du quai de Alafair Burke

(2016, The Ex traduit de l'anglais États-Unis par Laurent Philibert-Caillat, Presses de la Cité, Sang d'encre, 2020)

L'intrigue repose sur les atermoiements de l'avocate, son ex petit ami est-il coupable ou non coupable de ces trois meurtres. Mais comme souvent aux États-Unis tout commence par un massacre de plusieurs personnes, dont l'épouse.

« Comme dans toutes les affaires de ce genre, chaque pièce avait deux faces. »
« […] une personne apparemment sans histoire s’habitue à l’idée de tuer. »

Donc, avec la perte d’une mère…

Fini le 12/11/2022

vendredi 11 novembre 2022

La Femme au manteau bleu de Deon Meyer

(Série Benny Griessel, 2017, Die vrou in die blou mantel traduit de l'afrikaans par Georges Lory, Gallimard, Série noire, 2021)

C'est toujours intéressant de lire la façon dont cet auteur présente ses différents personnages dans cette ville mélangée, Le Cap : « métis », « xhosas », « le colonel Mbali, la supérieure zouloue » et « […] il ne considère pas Griessel comme “blanc”. […] La couleur, a dit Cupido, ne s’applique qu’aux Blancs qui n’ont jamais souffert. T’as pas de couleur, Benna. ».

« Il a perdu son sang-froid, car elle s’est montrée brutale. Des persécuteurs, il en a connu pendant son enfance, des brutaux […], c’est pourquoi il était hors de lui. »

Fini le 11/11/2022

Une conspiration de papier de David Liss

(2000, A conspiracy of paper traduit de l'américain par Dominique Defert, 10/18, 2004)

L’auteur a « écrit ce roman grâce au travail de recherche [qu’il a] mené pour la soutenance de [sa] thèse […] traitant du rapport entre la puissance économique de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle et le regard que les Britanniques portaient à l’époque sur eux-mêmes. »

Il a voulu décrire « l’émergence de la nouvelle finance » et « saisir à la fois l’enthousiasme débridé de l’époque et l’angoisse sourde qui planait dans l’air […] » notamment avec les suspicions de trafic de « fausses actions ».

L’enquêteur se montre au début particulièrement naïf allant poser ses questions sans réfléchir. Il va finir, après bien des coups, par comprendre qu’il doit être plus discret et subtil.

La lecture est un vrai pensum, lourd à suivre (plus de 500 pages !) avec des passages très didactiques et d’autres trop parodiques d’un thriller, mais c’est quand même assez instructif sur les débuts du capitalisme.

Fini le 9/11/2022

Photo d'adieu de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1980, Photo Finish traduit de l'anglais par Sophie Dalle, 10/18, 1999)

L'histoire se passe sur une île néo-zélandaise au milieu d'un lac, évidemment en pleine tempête. L’opéra est fini, mais une certaine pagaille s’installe pour reconduire les spectateurs au milieu des rafales.

Les indices du meurtre sont : une clé, une enveloppe, un pseudonyme (deux avec celui du photographe).

« Il a eu tort, cependant, […] de préciser qu’il avait entendu la clé tourner dans la serrure. »

Fini le 10/11/2022

Une définition bien ambigüe…

« Soit elle ne fait rien, soit elle prend les choses en main. » pour qualifier une « Branleuse ».

Grille 7* finie le 7/11/2022

samedi 5 novembre 2022

Miss Seeton jette un sort de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1971, Miss Seeton, Bewitched traduit de l'anglais par Dominique Dupont-Viau, 10/18, 1997)

« Une avalanche d’articles alarmants étaient apparus dans la presse, informant le public d’une inquiétante recrudescence de magie noire et de sorcellerie. D’après les journaux, la démonologie gagnait du terrain. »

Certains en profitent pour soutirer de l’argent aux crédules. Miss S. sera « ensorcelée », comme dit le titre anglais, par la police pour aider à traquer ces voleurs.

Le « pébroc vengeur » va sévir sur une échelle et servira pour encorder les survivants de l’incendie.

Fini le 5/11/2022

Un deuil dangereux de Anne Perry

(Série William Monk, 1991, A Dangerous Mourning traduit de l'anglais par Elisabeth Kern, 10/18, 1999)

Ce livre commence par le procès du coupable de l'histoire précédente.

« […] et c’est de là que vient le problème. Nous serions toujours à la recherche du confort, soucieux de préserver nos réputations, quitte à faire souffrir les autres s’il le faut. »

Monk va défendre le valet, accusé facile désigné par la famille, jusqu’à son renvoi de la police. Il continuera avec l’aide de son amie « infirmière » à chercher une preuve de l’implication de ce riche noble.

Fini le 3/11/2022

Promotion de l'auteur

« Cela consiste à vous surprendre. » est l’« art du verbicruciste ».

Grille 7* finie le 2/11/2022

Bon voisinage de Ruth Rendell

(2012, The Saint Zita society traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj, Éditions des Deux Terres, 2014)

Dans ce quartier, les « domestiques » se retrouvent au pub pour discuter au sein de leur « société sainte Zita ». Pendant ce temps, le « jardinier » écoute les conseils de son téléphone et pourchasse les « esprits malfaisants ».

Fini le 31/10/2022

lundi 31 octobre 2022

Embrouilles lilloises de Blandine Lejeune

(Série commandant Boulard, Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2012)

Un court délice (147 p.) avec un commandant futé mais pas omniscient.

« Mais bordel ! s’exclama-t-il, tout le monde couche avec tout le monde dans ce milieu ! Ce ne sont plus des stéréotypes, c’est de la caricature ! Ils sont tous friqués, beaux gosses, baiseurs et belles femmes. On nage en plein drame people ! […] Mais le pire, c’est qu’il trouverait que je fais dans le cliché ! Bon, et au sujet de cette Fleur ? »

Fini le 29/10/2022

L'horizon d'une nuit de Camilla Grebe

(2021, Alla Ljuger traduit du suédois par Anna Postel, Calmann-Lévy, 2022)

Les premiers chapitres sont l'histoire du passé et de la disparition de la jeune fille, racontée par sa belle-mère, Maria, et le fils de celle-ci, Vincent. Cela crée le suspense en occultant la version des autres personnages, dont le père, Samir, accusé de meurtre et poursuivi par la haine des autres après le jugement l'acquittant.

Mais, comme dit dans le titre en suédois, “tout le monde ment” et, au fil des derniers chapitres les autres personnages apparaissent, notamment les “petits amis”, en racontant une histoire très différente.

« Elle a traversé la planète pour venir cuisiner et nettoyer après eux, elle a laissé son enfant en Colombie pour bosser chez une famille qui a oublié son nom […]. »
« Le sol est couvert de sang, jonché de casseroles et de vaisselle brisée. […] pourquoi [ne l’]ai-je jamais vu pour celui qu’il était […]. »

Fini le 28/10/2022

La Source de tout mal de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1964, Dead Water traduit de l'anglais par Michel Duchein, 10/18, 2000)

La propriétaire de l'île vient mettre de l'ordre dans l'exploitation de la crédulité touristique sur les vertus de la « source », ce qu’approuve le pasteur.
« Je n’approuvais en aucune façon son enthousiasme pour la source, ni ses manifestations de… superstition […]. »

Quant à la « Dame verte » :
« Si c’est vraiment elle qui a joué le rôle d’une bonne fée avec un malheureux gosse, je conçois très bien qu’elle soit épouvantée de l’ampleur prise par cette histoire. »

Fini le 26/10/2022

De peur et de larmes de Sandra Scoppettone

(2002, Beautiful Rage traduit de l'anglais américain par Nathalie Mège, Pocket, 2005)

Un lieutenant et “sa” shérif, amoureux éperdus, se démènent entre les meurtres par strangulation d'un enfant, de jeunes filles et de l'épouse alcoolique.

Mais aux États-Unis les armes à feu finissent par parler.
« Prévenons tous les proches des victimes, et croisons les doigts. »

Fini le 25/10/2022

La main droite d'Amon de Lauren Haney

(Lieutenant Bak, 1997, The Right Hand of Amon traduit de l'américain par Corine Derblum, 10/18, 2002)

Ce livre nous fait découvrir la vie au niveau de la Première cataracte du Nil, « Le Ventre de Pierres », qui se montre un fleuve très agité en ce 15e siècle avant J.-C.

La description des vêtements, des coutumes, du comportement des soldats dans ce fort très amont, près du pays de « Kouch », est intéressante et relègue dans son coin l’enquête sur le complot visant un roi. Les principales actions se déroulent autour, sur ou dans l’eau.

« Tandis que Bak pilotait la barque vers les eaux calmes entre les deux quais, Rê adressa un dernier au revoir au monde des vivants et sombra dans l’au-delà […]. »

Évidemment, l’histoire se terminera dans la flotte :
« Tu provoquerais une guerre dans le seul but de satisfaire un sens douteux de l’honneur familial ? »
« Il fut saisi par les eaux blanches furieuses et tournoya, monta, retomba. […] Gardant l’outre contre son cœur, il essaya de nager mais il fut de nouveau projeté contre un rocher, et aspiré en une spirale vertigineuse qui lui donna un avant-goût de l’au-delà. […] Toussant, suffocant, il fut emporté par un courant rapide, mais uni. »

Fini le 24/10/2022

Le Spectre de la rue Saint-Jacques de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2008)

Dans ce livre, l'auteur nous présente la façon de tricher dans une séance de spiritisme, avec les explications d'un illusionniste.
« […] moi aussi, j’ai triché toute ma vie, mais j’ai triché honnêtement, si je puis dire. Il y avait un contrat tacite entre mon public et moi. Les gens savaient parfaitement qu’il n’y avait rien de vrai dans ce que je leur montrais. Ce qu’ils admiraient c’est la façon dont je m’y prenais pour les tromper. […] Tandis qu’avec des gens comme Jodko, les dés sont pipés dès le départ. Il leur dit : “Ce que vous allez voir est vrai […].” C’est de l’escroquerie, donc la négation de notre métier. »

L’ultime séance sera plus qu’une étape dans la conclusion de l’enquête.
« Si ce squelette n’avait pas été déterré, nous n’aurions pas mis au jour le tas nauséabond de petits secrets de l’honorable famille Castellain. »

Fini le 21/10/2022

mardi 18 octobre 2022

Celle qui brûle de Paula Hawkins

(2021, A slow fire burning traduit de l'anglais par Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner, Sonatine éditions, 2021)

« […] la manière dont vous avez tourné le truc, en nous laissant voir ce qui se passait dans la tête du tueur […]. […] comment vous nous prenez à contre-pied, en jouant avec nos perceptions et nos a priori, tout ça… », ce compliment fait plaisir à l’écrivain ayant remis en scène une histoire vécue par un des personnages de notre auteur.

Chacun raconte sa vie au quotidien et au passé, difficile de suivre leur fil du temps dans leurs souvenirs de famille douloureux.

« Encore et toujours la même conclusion. Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas une mère. Vous n’avez jamais connu le véritable amour. Vous n’êtes pas capable d’éprouver un amour infini et inconditionnel. Et par ricochet, une haine absolue. » haine éprouvée par le personnage du titre.

Fini le 18/10/2022

Jenny et les femmes battues de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1987, Marriage Is Murder traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, Policier, 1998)

« Elle avait deux enfants de moins de cinq ans, un mari violent, au chômage et jaloux de son travail à elle, et maintenant, un autre bébé était en route. Inutile de convoquer notre groupe de travail pour aboutir à la conclusion que les jeunes McEachen faisaient mijoter un ragoût indigeste contenant suffisamment d’ingrédients explosifs pour détruire leur mariage. »

« Par une sorte d’ironie dont le sort avait le secret, c’était notre comité qui avait décuplé la rage meurtrière […] et […] avait conforté […] son sentiment d’être investi d’une sorte de mission […]. »

Ce livre n’est pas une étude sociologique et se termine par un mariage.

Fini le 16/10/2022

Le carnet des rancunes de Jacques Expert

(Calmann-Lévy noir, 2022)

« Régler ses comptes...Tout le monde en a rêvé, mais lui, il le fait. »
« C’était il y a treize ans […]. j’étais au fond du trou. Un psy m’avait conseillé de formuler mes angoisses par écrit […]. »

Même si le lecteur peut se douter qu’il y a quelque chose qui cloche dans sa poursuite du « Yannick » et dans sa relation avec « Dominique », le récit cache vraiment bien la réalité jusqu’à la toute fin.

« Il flippe, il a peur de moi parce que je représente une menace réelle mais fantôme. Il sent le danger mais il ignore d’où il vient, qui je suis, ce que je veux. Et ce mystère le rend dingue. »

Fini le 14/10/2022

Mauvais garçon, garçon mort de Frank Goyke

(Série Dietrich Kölling, 1995, Dummer Junge, toter Junge traduit de l'allemand par Marie Ollivier, Fleuve noir, 1998)

L'histoire des familles et des adolescents qui s'enfoncent dans les trafics, de drogue, de véhicules volés… et ce qui leur arrivent quand ils veulent arrêter.

« Etre une mère, c’était un vrai calvaire : toute sa vie, on était condamné à aimer à la folie le fils le plus raté de la terre. […] Elle ne pouvait rien faire pour lui. »

« […] il s’abstint donc de dire tout haut ce qu’il pensait. Son mari n’aurait sûrement pas échappé à la prison, mais au moins, il aurait sauvé la vie de son fils. De ses fils. »

Fini le 13/10/2022

La Mort donne le la de Georgette Heyer

(1934, The Unfinished Clue traduit de l'anglais par Daria Olivier, Le Livre de Poche, 1999)

L'auteur nous présente des personnages bien nets ce qui les rend réels dans leurs colères. La traduction rend bien leurs paroles, notamment la façon de parler de la « danseuse mexicaine ».
« […] dire à l’inspecteur, qui n’est pas stupide tout à fait, que je ne veux pas que lui m’arrête pour assassiner Sir Arthur, puisque finalement ce n’est pas bonne publicité […]. »

Le général finira de hurler sur sa femme et les autres sous le couteau de l'assassin.

L'inspecteur de Scotland Yard soupçonnera chacun : « L’ennui, c’est qu’ils mentent tous […] ; Lady […] essaie de me faire croire qu’elle n’était pas en si mauvais termes avec son mari ; le jeune Geoffrey voudrait me persuader que sa crise de désespoir était [Mlle…] ; Halliday s’efforce de protéger sa femme qui a sans doute fait ce qu’il fallait pour obtenir ce chèque […]. »

Avant de réaliser qu’il a oublié de vérifier (d’où le titre en anglais “L'indice inachevé”) les antécédents d’un suspect bien falot lors de ses visites.

Fini le 12/10/2022

Cap des Palmes de Alain Nueil

(Fleuve noir, 1996)

Ce livre est onirique. L'auteur écrit dans un français d'un très haut niveau. Chaque personnage repasse ses souvenirs de sa vie antérieure.

Au chapitre 11, le commissaire vit un rêve savamment mis en scène avec des descriptions très visuelles.
« Maintenant le soleil avait bu les bancs de brume escortant la rivière et on voyait distinctement des caravanes remonter la vallée en direction de la montagne. »
À chacune des étapes de son périple, il enlève une fleur du « revers de son veston ».
Certain mot demande le recours au dictionnaire.
« […] la silhouette d’un pasteur nilotique [relatif aux habitants des rives du Nil], appuyé sur une seule jambe, l’autre repliée et son pied posé contre le genou. »

La recherche du meurtrier du propriétaire du « Cap des Palmes » passe au second plan de la vie de tous ces Guadeloupéens « des chabins, des blancs-chappés, des câpres, des blancs-blancs et des cafés-au-lait » et un « petit jardinier à moitié algérien ».

Fini le 10/10/2022

lundi 10 octobre 2022

Prière d'insérer de Noëlle Loriot

(Le Livre de Poche, 1996)

Un livre fade et insipide, des personnages inconsistants, une histoire mal montée avec des chapitres titrés par le nom de certains suspects, ceux de la « juge d’instruction » étant relatés à la première personne, un style plat, une écriture sans imagination. 

Le titre désigne le texte que rédige le « directeur de publication » de la maison d’édition à l’usage des journalistes pour présenter un livre, mais n’a rien à faire avec cette toute bête histoire de jalousie d’un amant pour un autre, à part le mobile « prendre la place du directeur littéraire et tenir ainsi [l’écrivain qui fait réécrire ses textes] sous sa coupe. ».

C’est effectivement digne d’être le scénario d’une série télévisée (le juge tombant amoureuse d’un suspect !).

Fini le 9/10/2022

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

(Les Détectives du Yorkshire, 2017, Date with Malice traduit de l'anglais par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel, Robert Laffont, La Bête noire, 2018)

L'auteur bâtit son suspense sur un bélier refusant de saillir ses brebis et des vieux paniqués par les « accidents » qui se produisent dans leur maison de retraite.

C’est bien monté pour tenir presque 400 pages avec des scènes cocasses et une fin bien gentillette.
« La Hongrie propose des passeports aux descendants de l’Empire austro-hongrois, et ma famille est éligible. »

Fini le 8/10/2022

La Mort dans l'art de Sandra Scoppettone

(1984, A Creative Kind of Killer traduit de l'anglais par Françoise-Marie Roucayrol, Pocket, 2006)

« Vous êtes un homme séduisant, mais pas mon type. Les gens se figurent que les homosexuels couchent avec n’importe qui, mais nous avons nos préférences, tout comme vous. Je suis sûr que vous n’êtes pas attiré par toutes les femmes, n’est-ce pas ? — Non, en effet. — Et dites-moi, monsieur Fanelli, êtes-vous attiré par les petites filles ? — Bien sûr que non ! — Eh bien, je ne suis pas attiré par les petits garçons. »
« Je voudrais éliminer de la surface de la terre tous ces maniaques de la débauche de mineurs. »

Les défaut de l’encadrement mettront le détective sur la piste.

Fini le 5/10/2022

dimanche 9 octobre 2022

Affaire à enterrer de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1978, Grave Mistake traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, 10/18, 2000)

« Au lieu de savoir qui est le coupable et de devoir simplement rassembler suffisamment de faits pour l’accuser, on passe d’un suspect à un autre, comme un batteur de jazz change d’instrument ! »
« Il y a Bruce Jardine qui récolte [une certaine somme], le beau-fils qui va enfin toucher ce dont la dame avait l’usufruit, et un toubib à la manque qui encaisse une fortune. »

Toute « l’affaire » se terminera en déterrant les enterrés.

Fini le 4/10/2022

Miss Seeton persiste et signe de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1969, Miss Seeton draws the line traduit de l'anglais par Dominique Dupont-Viau, 10/18, 1997)

Le « Pébroc Vengeur » anime la chronique « La paix de la campagne anglaise ».

« Dans le paisible petit village de Plummergen […]. Où le Pébroc fait des heures supplémentaires pour une opération sauvetage [dans le canal]… Où on transforme une simple visite chez le dentiste en orgie… Où un amour pur et noble est sali et calomnié… »

Après le meurtre, « le village était redevenu lui-même et pouvait respirer de nouveau, et parler de la “vérité” concernant les voisins, sans le désagréable sentiment que cette “vérité” puisse correspondre à la réalité. »
« Au cœur de ce petit coin serein, calme et paisible […] c’était un break […] bien que nous ayons courageusement combattu […] l’aboutissement de notre lutte fut décidé dans un jardin calme à l’arrière d’un vieux cottage. »

Fini le 3/10/2022

Bonnes à tuer de Pat McGerr

(1951, Follow As the Night ou Your Loving Victim traduit de l'américain par Maurice-Bernard Endrèbe, J'ai lu, 1974)

Laquelle des quatre invitées de cet arriviste, son ex-épouse, son épouse, sa “maîtresse” ou sa fiancée, se fera-t-elle tuer ? En attendant, le livre nous raconte les relations de Larry « Lorenzo » avec ses femmes et leurs réflexions.
« Elle voulait me faire comprendre qu’on peut se vanter de ses origines modestes quand on s’est élevé par son seul mérite… D’autres l’ont fait… De grands industriels… des milliardaires… Et on ne les respecte pas moins pour cela… bien au contraire ! »
« Larry s’était bâti la vie dont il avait toujours rêvé. Une à une, il obtenait toutes les choses qu’il désirait. Argent, succès, influence, célébrité… chaque jour ajoutait à la moisson et pourtant Larry n’avait jamais éprouvé une telle impression de dénuement. »

Fini le 2/10/2022

Le souffle de l'avalanche de Santo Piazzese

(2002, Il soffio della valanga traduit de l'italien par Georges Zagara, Éd. du Seuil, 2005)

Les dialogues ne sont pas annoncés par un tiret, mais cela ne gêne pas la lecture et, au contraire, rend plus fluide le suivi des pensées du commissaire.
« De temps à autre, Spotorno exhumait en désordre des séquences de ce petit bout de film de sa vie. Il en possédait un beau répertoire, muet pour la plupart. Il maîtrisait très bien le défilement avant et arrière des souvenirs. »

Et l’auteur nous fait découvrir ce que sont devenus ses anciens « copains », maintenant tous installés à Palerme.
« Découvrir ou prévenir le recyclage d’argent sale revient à peu près à clouer de la gélatine sur un mur. »
« […] cet assassinat, non “autorisé”, aurait enclenché un mécanisme de renseignement à l’intérieur du territoire, et, tôt ou tard, on aurait découvert le vrai motif du meurtre. »

Fini le 1/10/2022

Double crime dans la rue Bleue de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2007)

Dans ce livre, l'auteur nous présente la vie des ouvrières de la Manufacture de tabac, peu payées et dont la santé est mise en danger.

« Ce fut le début de ce que le journaliste et le chef de la Sûreté baptisèrent en secret — pour garder le sens de l’humour — du nom de code “Opération Jules”. » En note : « [Jules est] le surnom que la Belle Époque donnait au pot de chambre. »

« Quand la police se montre incapable de protéger les enfants en danger, il faut bien que des gens comme moi interviennent. »

Fini le 29/09/2022

mardi 27 septembre 2022

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez

(La Tengo Éditions, 2012)

Ce livre est un ramassis d'inepties sur les “dealers” du “93” (évidemment !) et autres “mafieux”. L'histoire étant racontée à la première personne “je”, ce salmigondis se termine par le récit par le boxeur lui-même de sa propre agonie mise en scène parce « que je n’en ai rien à foutre » de cette succession de représailles auxquelles il a participé.

Fini le 27/09/2022

La mort n'est pas un jeu d'enfant de Alan Bradley

(Série Flavia de Luce, 2009, The Weed That Strings the Hangman's Bag traduit de l'anglais Canada par Hélène Hiessler, 10/18, 2013)

« — Vous n’êtes pas fiable, Flavia. On ne peut vraiment pas compter sur vous, maugréa-t-il [son père]. Bien sûr que je n’étais pas fiable ! C’était l’une des choses que je préférais chez moi. »

Donc, Flavia va et vient en cherchant à savoir pourquoi le marionnettiste devait être tué.
« […] un brillant marionnettiste, aucun doute là-dessus. Mais […] En tant qu’homme, c’était une crapule, un coureur de jupons et une brute tyrannique. »

Et “l’herbe”, du titre en anglais, l’attire un peu trop à la ferme… près du “gibet”.

Fini le 26/09/2022

Le député de Xavier Cucuel

(La noble assemblée, dessin d'Alexandre Coutelis, Bamboo édition, 2017)

Les dessins brouillés, les personnages imprécis, les comportements flous rendent la lecture désagréable. Par exemple, impossible de voir sur son visage la réaction du député devant les vidéos de menace de l'entreprise de lobbying. Dommage !

Peut-être est-ce fait pour renforcer l'anonymisation de ces “élus du peuple” et leurs turpitudes.

La conclusion du député débutant est « Parce que je pense qu’on peut faire de la politique autrement. »

Fini le 25/09/2022

Le navigateur de femmes de Alain Nueil

(Fleuve noir, 1998)

L'auteur écrit dans un français très agréable à lire. Ses personnages sont bien particuliers, le commissaire Laprée suant et son assistante extravagante, Hermeline.
« Elle avait la quarantaine bien sonnée, une coiffure boudinée d’un genre vaguement espagnol, le blanc brillant de ses gros yeux éclatait dans le teint très sombre de sa peau. Elle ressemblait davantage à une tireuse de cartes qu’à une femme flic. »

Il y a aussi de l’action contre l’enquête pour trouver celui qui menace le « navigateur » et le commissaire en fait les frais.
« Il se sentait vidé, inerte, indifférent à tout. Il avait goûté à l’eau de sa propre mort et c’est une saveur qui ne se laisse pas facilement oublier. »

« Voilà le mobile. J’ai été essayé, j’ai été trouvé mauvais, j’ai été rejeté. »
Mais son fusil a été récupéré…

Fini le 24/09/2022

Sans défense de Harlan Coben

(Série Myron Bolitar, 2016, Home traduit de l'américain par Roxane Azimi, Belfond noir, 2018)

La traduction est un délice et permet de s'intéresser à cette histoire d'enfants « enlevés ».
Malgré le talent de l’auteur pour embrouiller son histoire, le seul suspense est de trouver comment nos enquêteurs vont arriver à la vérité, transparente pour le lecteur.

Les apartés sur la vie des protagonistes, le « Gros Gandhi », « Esperanza » et son futur ex, tous les “aidants informatiques”, etc. sont bien amenés et les réflexions de Myron toujours ironiques.
« Aiguille ? Je vous présente ma vieille amie Botte de Foin. »

« Vous lui avez réellement sauvé la vie. J’ai tout gâché. […] Face à chaque nouvelle situation, j’ai fait ce que je croyais être le mieux pour mon fils. »
« En tout cas, vous les avez tous détruits. […] tout ce qu’ils ont dû endurer à cause de vous. »

Fini le 23/09/2022

Quand se lève le jour de Mary Jane Clark

(2007, When Day Breaks traduit de l'anglais États-Unis par Mathieu Périers, Le Livre de Poche, 2011)

Dans ce livre, l'auteur nous propose, comme toujours plusieurs suspects crédibles pour le meurtre de la présentatrice “phare” de sa chaîne de télévision.

Notamment, un riche créateur de jeux vidéos passionné du Moyen Âge, des donjons, des dragons… et profondément épris de la “splendide” présentatrice.
« Pour les poètes médiévaux et les troubadours, le cœur était le symbole de la passion, d’où ces métaphores qui semblent aujourd’hui des clichés : avoir le cœur brisé, avoir le cœur qui saigne, ravir les cœurs… » « Au Moyen Âge, les chevaliers étaient prêts à toutes sortes d’actions héroïques pour gagner le cœur de leur bien-aimée. » Lui, veut installé un jardin “souvenir” pour sa “belle”.

Mais « […] il ne faut pas oublier […] que la personne […] a aussi été capable de tuer un chien. Elle s’est livrée à une répétition grandeur nature […]. »

Tout ça par jalousie…

Fini le 21/09/2022

mardi 20 septembre 2022

Frontière belge de Nicolas Freeling

(Série Commissaire Van der Valk, 1963, Gun Before Butter ou Question of Loyalty traduit de l'anglais par Marcellita de Moltke-Huitfeld et Ghislaine Lavagne, revu par Remy Lambrechts, 10/18, 1986)

Un style de narration fade et plat, peut-être dû à la traduction trop littérale, rend cette enquête sur un contrebandier “belgo-hollandais” peu intéressante et n’être qu’une insipide histoire d’amoureux.

« [Sa] mort est une énigme. Tout le monde se satisfait de ce que ça en reste une. Moi compris. Je pourrais même dire moi tout spécialement. […] Vous n’êtes pas une criminelle, sinon je vous aurais arrêtée. » « [C’était] un gangster et un hypocrite qui a entassé des mensonges jusqu’à ce que ça lui retombe dessus. »

Fini le 19/09/2022

Un étranger dans le miroir de Anne Perry

(Série William Monk, 1990, The face of a stranger traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1998)

Ce nouveau personnage est vraiment intéressant, avec ses tâtonnements pour retrouver ses souvenirs, avec ses doutes sur son comportement de policier, sa crainte d'avoir causé des torts par sa morgue. Il se lie avec une jeune femme bien campée à laquelle il commence par s’affronter.

« — […] Et vous, comment l’avez-vous trouvé ?
— Incompétent et d’une stupidité crasse !
— Bien sûr, vous ne vous êtes pas gênée pour le lui dire.
[…] — Évidemment !
— […] Il y a beaucoup de gens qui ont dû haïr Joscelin, et c’est très dur pour un policier, désavantagé par sa position, de découvrir de qui il s’agit… […]. »

« Elle est amoureuse de Florence Nightingale et de la glorieuse campagne de Crimée. »
Le revenant de cette guerre n’a aucun scrupule à exploiter le chagrin des parents des soldats morts.

Fini le 18/09/2022

On tue chez Molière de Cérignac

(Le Masque, 1995)

Les « Grands Anciens » sont les adolescents d’autrefois épris des comédiens de la Comédie Française. Ils vont se retrouver bien des années plus tard lorsque celui des leurs qui en est devenu « administrateur général » est assassiné.

L’usage tantôt des surnoms, tantôt des prénoms, tantôt des patronymes rend la lecture un peu difficile à suivre.

« Mais personne n’a jamais regardé personne, parmi les Grands Anciens. Au mieux, nous regardions tous ensemble le plateau, au pire, nous nous regardions sans nous voir et dévidions nos petites pelotes d’ambitions, d’anecdotes, de cristallisations incompréhensibles pour les autres… »
Et donc n’ont pas remarqué l’échange de nom.

Fini le 16/09/2022

Mortelle déviance de Frank Goyke

(Série Dietrich Kölling, 1994, Ruf doch mal an traduit de l'allemand par Marie Ollivier, Fleuve noir, 1997)

L'auteur nous donne toujours une bonne description de la vie dans Berlin après la chute du Mur, et son commissaire son opinion sur des sujets intéressants.
« […] en Allemagne, dès qu’on enquête sur des étrangers, […] le monde entier se met à hurler et à dénoncer le racisme des Allemands. Presque tous les peuples ont un petit génocide à se reprocher, mais nous, on s’arrache les cheveux […]. Forcément, puisqu’il faut battre sa coulpe. Parce qu’on est les méchants Allemands. […] Parce que c’est nous qui avons tué les Juifs. Il faut qu’on ait mauvaise conscience quarante-huit heures par jour. Les Turcs ont massacré presque tous les Arméniens. […] Mais non, ça fait longtemps, faut laisser reposer. Et puis, à l’époque, c’était une affaire politique, alors que les Allemands agissent toujours poussés par leur méchanceté inhérente. »

L’histoire de ces hommes attirés par des enfants est sinistre.
« Jusqu’à présent, il s’était simplement imaginé des chairs d’enfant meurtries, mais hier, il en avait vu. C’était beaucoup plus beau en vrai, tout à fait merveilleux. »
Mais l’humour noir de l’auteur en permet une lecture aisée.
« C’était comme s’il avait pris une cuite : un verre de trop, et il perdait les pédales. »

Le titre allemand nomme la technique de celui qui oblige les enfants à lui obéir jusqu’à se mettre en danger.

Fini le 15/09/2022

Long Island blues de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1998, Gonna take a homicidal journey traduit de l'américain par Nathalie Mège, Fleuve noir, 1999)

Pour conserver l'argent, tous ceux qui savaient ont eu la même réaction que celui-ci :
« Mais alors, pour ces deux détectives ? Non. Et puis d’abord, qu’est-ce qu’une simple fille pouvait trouver ? Aucun souci à se faire de ce côté-là. Le mieux c’était de réagir comme il l’avait toujours fait dans une situation pareille : ne rien faire. Oui, c’était la meilleure solution. »

D’autres ne cherchent pas à savoir :
« — […] pourquoi ils n’ont pas demandé à leur fils de quoi il voulait parler ?
— Ce sont des WASP. […]
— Tu veux dire qu’ils trouvent que ça ne se fait pas de poser des questions ?
— Quelque chose dans ce goût-là. »

Nos deux détectives vont fouiller et comprendre que toutes les morts ont le même mobile, que ce soit les enfants accidentés ou les femmes étranglées.

Fini le 14/09/2022

Ultime dédicace de Thomas Aden

(Éditions Cairn, Du noir au Sud, 2014)

« Petit à petit, les humains avaient été dépouillés de tous leurs domaines réservés. […] Et maintenant, même raconter des histoires, l’acte le plus sacré de la civilisation, allait être imité par une grossière machine à calculer. »
C’est pour empêcher « G[**]dle » de lancer ce système né de ses idées que le coupable est « enfin passé aux travaux pratiques ».

Pendant ce temps, l’auteur nous fait visiter la ville de Pau…

Fini le 11/09/2022

lundi 12 septembre 2022

Mort d'un expert de P. D. James

(Cycle Adam Dalgliesh, 1977, Death of an expert witness traduit de l'anglais par Eric Diacon, Le Livre de Poche, 1991)

Dans ce laboratoire de médecine légale, le mort est le responsable du service biologie. Mais le mobile du coupable est bien loin de ses connaissances scientifiques.

Il faudra du temps et de la patience pour comprendre toute l’histoire de cette jalousie et des menaces en résultant.
« Ils avaient affaire à des hommes et des femmes intelligents qui devaient savoir qu’il leur suffisait de ne pas ouvrir la bouche pour que rien ne puisse être prouvé. »

Fini le 11/09/2022

Al dente de Yvan Bernaer

(La Bouinotte, black Berry, 2015)

« Yeux ouverts, visage boursouflé, blessures par balle à la poitrine et au bras droit : l’ancien inspecteur Nochette comme s’il avait cuit au milieu d’une casserole de nouilles. Al dente. » d’où le titre. Et l’illustration de couverture désigne la passion du meurtrier récidiviste pour l’entomologie.

Le style est très saccadé, plein d’ellipses, de sous-entendus (dont la référence aux « nouilles » [?]) rendant cette histoire assez pénible à suivre et lui ôtant tout intérêt.

Dommage, le personnage du lieutenant Le Loubecq aurait pu être mieux utilisé.
« Le flair qu’elle a cette emmerdeuse ! »

Fini le 9/09/2022

Nulle part où aller de Mary Jane Clark

(2003, Nowhere to Run traduit de l'anglais États-Unis par Mathieu Périers, Le Livre de Poche, 2007)

Le titre doit faire référence à l'impression d'enfermement des employés de Key News quand les services compétents doivent « désinfecter » les lieux, peut-être contaminés par « l’anthrax ».

Tout ça parce qu’un livre devait relater les “petits trafics”…

Fini le 8/09/2022

Pas de cadavre pour Jenny de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, No Body traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, 1998)

« Bon sang, […] dire que toutes ces années, on a dormi dans le cercueil d’un autre… […] certaines familles cachent des squelettes dans leurs placards […]. Nous, au moins, on ne pourra pas nous reprocher ça… »

Les contemporains, eux, trafiquent autrement…

Fini le 7/09/2022

Les étranges talents de Flavia de Luce de Alan Bradley

(Série Flavia de Luce, 2009, The sweetness at the bottom of the pie traduit de l'anglais Canada par Hélène Hiessler, 10/18, 2013)

Flavia est un personnage hors du commun et son goût pour la chimie lui servira à comprendre comment a été tué la victime.
« […] jeune prestidigitateur d’un jour et escroc de toujours, fait irruption dans le jardin de son ami d’enfance […]. » « Pour quelle raison ? Le chantage, sans doute. »

L’auteur nous donne un historique des timbres postaux anglais, en présentant les « Penny Black » qui furent trafiqués à l’orange pour passer le message des Orangistes, puis devenus avec le temps « connus des collectionneurs sous le nom de “Vengeurs d’Ulster” ».

Un livre assez rocambolesque, pour une lecture bien amusante.

Fini le 5/09/2022

Miss Seeton entre en scène de Heron Carvic

(Série Miss Seeton, 1968, Picture Miss Seeton traduit de l'anglais par Dominique Dupont-Viau, 10/18, 1997)

La traduction rend bien le style hilarant des descriptions de l'auteur.

« […] la presse et les journalistes avaient envahi la région. Les rapaces avaient rôdé autour des acteurs principaux du drame en picorant des histoires, de-ci, de-là, avant de se poser en rang dans une envolée de bloc-notes sur les bancs de la presse du tribunal […]. Cette affaire était une bénédiction. Hormis la pin-up, elle avait tous les ingrédients pour plaire à un journaliste : une héroïne pittoresque, un vaillant sauveur blessé dans la bagarre et un mystérieux scélérat.
« Cette affaire était une malédiction. Hormis la pin-up, elle avait tous les ingrédients pour déplaire à un policier : une héroïne pittoresque, un vaillant sauveur qui avait battu la police d’une longueur et un mystérieux scélérat, ce dernier étant l’os le plus coriace. » etc.

Attention ! La lecture de ce livre peut provoquer des fous rires.

Fini le 3/09/2022

samedi 3 septembre 2022

La Mort en tenue de soirée de Edgar Box

(pseudonyme de Gore Vidal, 1953, Death Before Bedtime traduit de l'anglais États-Unis par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 1998)

« Aucun linge sale familial ne fut agité en public et le tribunal conclut très vite : […] paranoïaque et […] à vie dans une discrète institution du Maryland [pour recevoir] les soins les plus éclairés. »

Pour en arriver là, le publiciste, et journaliste, devra fouiller dans les recoins de la politique menée par le sénateur victime de l’explosion et son secrétaire présenté comme suicidé.

Les personnages se comportent comme des caricatures d’états-uniens uniquement préoccupés de l’argent qu’ils peuvent extorquer.

Fini le 2/09/2022

L'Assassin aux fleurs de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1959, Singing in the Shrouds traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1995)

Le mobile attribué à « l’assassin » est un peu bancal (et comment met-on une jacinthe à sa boutonnière !), mais les personnages présents dans l’enquête sur ce bateau sont amusants : la vieille fille notamment, le professeur à la retraite toujours didactique et le joli début de romance entre le médecin de bord et la fiancée reniée.

« […] quand on cherche à déceler un comportement bizarre, on le voit absolument partout. J’ai trouvé, j’avoue, l’éclat de Dale, la jubilation ouverte des Cuddy, la pédanterie insupportable de Merryman et les manipulations de McAngus également inquiétants. […] même la pauvre Miss Abbott s’est conduite […] avec une certaine extravagance. »

Malheureusement le steward « avait toujours rêvé d’être danseur ».

Fini le 31/08/2022

Eaux sombres de Susanne Jansson

(2020, Vintervatten traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, Presses de la Cité, 2021)

« Beaucoup de gens avaient forcément entendu des voix provenant de la mer […]. Beaucoup de gens avaient forcément pleuré quelqu’un qui avait été attiré dans les profondeurs […]. »

« Pouvoir de nouveau se qualifier de maman était une sensation incroyable. Ce mot sortait de sa bouche comme de l’or. Il la rendait littéralement lumineuse. Elle le constatait elle-même quand elle se regardait dans le miroir. Elle étincelait. »

Ce livre n’est pas un “roman policier”, il n’y a pas d’enquête, uniquement une description des réactions des différents personnages devant la disparition de l’enfant, avec l’inévitable “histoire d’amour”.

Fini le 30/08/2022

Des réponses évidentes

L’auteur qualifie ainsi « Étranges individus dont un au moins habite chez vous. » les personnes qui remplissent sa grille « Cruciverbistes ».

La définition « Gazouillis d’oiseau bleu » donne une impression de déjà-vu pour « Tweets ».

Grille 7* finie le 30/08/2022

La Confidente des morts de Ariana Franklin

(pseudonyme de Diana Norman, 2007, Mistress of the Art of Death traduit de l'anglais par Vincent Hugon, 10/18, 2015)

Cette intéressante histoire se passant au 12e siècle, permet de découvrir que le roi Henri II d'Angleterre (et d'ailleurs !) a modifié la façon d'assurer la justice « d’une merveilleuse innovation, d’un grand, d’un très grand bond en avant du droit anglais, hors des ténèbres et de la superstition. […] les faits relatifs au crime ou au litige ont été soumis à douze hommes qui ont ensuite rendu au juge leur opinion sur l’affaire. Ces hommes sont des jurés. »

Et permis que les Juifs, toujours accusés de tous les maux, puissent avoir « un cimetière » dans chaque ville.

« Ainsi vont les choses. Que Dieu nous ait tous en sa sainte garde. »

Fini le 29/08/2022

La dernière tempête de Ragnar Jónasson

(La Dame de Reykjavik, 2017, Mistur traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Éditions de La Martinière, 2021)

La construction rend pénible la lecture des premiers chapitres de la « tempête » par l’incohérence du comportement des personnages.
« Il fallait qu’elle arrive jusque chez Anna. C’était trop  loin, elle le savait bien, elle ne survivrait jamais à cette expédition dans de telles conditions sans même une veste sur les épaules. »

Comportement qui devient parfaitement clair dans les derniers chapitres.
« — C’est l’isolement qui l’a tuée, murmura Hulda.
— Oui, et c’est ainsi qu’Erla a toujours perçu les événements. Je crois qu’elle a progressivement pris ses distances avec la vie ici. […] Elle est devenue un peu étrange. »

Fini le 26/08/2022

jeudi 25 août 2022

Le Brasier de Tooley Street de Anne Perry

(Série Daniel Pitt, 2020, One Fatal Flaw traduit de l'anglais par Florence Bertrand, 10/18, 2020)

« Qu’en était-il des dirigeants, du gouvernement, des experts à qui on se fiait pour vous guider, qui occupaient leur poste parce que tout le monde vous affirmait qu’ils avaient raison ? Et s’ils se trompaient ? » « On obéissait aux lois universelles de la science, aux lois humaines, justes, du système judiciaire. Si on exécutait des innocents, alors personne n’était à l’abri. »

L’intrigue démonte ce que présente le titre original, « Un défaut fatal », dans des témoignages d’un expert.

Une lecture dense et passionnante !

Fini le 25/08/2022

Un coin tranquille pour mourir de Yvonne Besson

(2004, Pocket, Policier, 2006)

L'auteur embrouille bien son intrigue avec les apartés du « journal » dont le rédacteur « a réussi ce tour de force de rédiger des pages et des pages à la première personne du singulier sans laisser échapper un seul accord masculin ou féminin qui aurait pu trahir son identité sexuelle. »

Alors que ce n’était qu’une histoire de fric.

Fini le 23/08/2022

Mourir pour du chocolat de Diane Mott Davidson

(Série Goldy Schulz, 1993, Dying for Chocolate traduit de l'américain par Agnès Girard, J'ai lu, Policier, 1999)

Le propriétaire de la société « Les Trois Ours » accuse Goldy Bear d’avoir volé son nom. La solution est qu’elle prenne celui de son futur mari.

« […] je repensai à tous ceux qui avaient fait partie de ma vie ce dernier mois. Tous avaient voulu la même chose : forcer l’amour. Adelle et Weezie adoraient Brian et avaient essayé de rendre cette adoration réciproque. Je m’étais bercée de l’illusion qu’Adelle était une amie et une confidente. Julian était amoureux de Sissy. Sissy, elle, était amoureuse de la perspective d’épouser un médecin. Et je voulais qu’Arch m’aime pour qu’il choisisse de vivre avec moi plutôt qu’avec son père. »

L'auteur nous régale en insérant dans son livre des recettes très spéciales.

Fini le 21/08/2022

>>> Les deux pauvres autres titres (sur dix-sept !) édités en français n’existent qu’en grand format…

Comme à Rome de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1970, When in Rome traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1996)

« Quelle pouvait être la position d’un détective britannique à Rome […] alors qu’un citoyen britannique d’allure louche avait très certainement été assassiné, probablement par un autre Anglais, peut-être par un Hollandais ou, vraisemblablement, par un Italien, tout cela sur un domaine géré par des dominicains irlandais ? »

Alors que le policier est venu pour déjouer un réseau de drogue…

Fini le 19/08/2022

jeudi 18 août 2022

Toute la mort devant nous de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1996, Let's Face The Music and Die traduit de l'américain par Nathalie Mège, Fleuve noir, 1997)

« […] mon meilleur ami [le policier] s’est fait tirer dessus et a failli y passer, je suis harcelée par un fou qui m’a violée il y a longtemps, la tante d’Elissa [une amie] a été assassinée, on a attaquée Elissa, Kip est partie, et il y a cette… cette femme qui n’arrête pas de m’écrire [la future maîtresse]. »

Un peu trop copieux pour une seule histoire, mais c’est le style de cet auteur d’empiler un tas d’intrigues que son héroïne doit débrouiller en même temps et bien terminer, sauf peut-être sa relation avec « cette femme ».

Fini le 18/08/2022

Mais c'est bien sûr !

L’« Ersatz de citrouille », c’est l’« IA ».

Grille 7* finie le 18/08/2022

Morts en coulisses de Mary Jane Clark

(2006, Lights Out Tonight traduit de l'anglais États-Unis par Mathieu Périers, Le Livre de Poche, 2010)

Dans ce livre, l’auteur nous présente la « sociopathie ».

« L’écriture était ciselée, et l’enchaînement des scènes, jusqu’au point d’orgue où Valérie démasque son sociopathe de mari, tout simplement remarquable. » « […] seule une personne ayant des connaissances poussées en psychiatrie pouvait traiter un tel sujet avec autant de brio. »
Mais « Quand on est pressenti pour une telle récompense, il faut à tout prix éviter la moindre contre-publicité. ».

Le montage de l’intrigue est toujours le même, avec les apartés sentimentaux et les problèmes professionnels de ces journalistes de la télévision, et le suspense reposant sur le comportement des éventuels coupables.

Fini le 16/08/2022

Baby blues de Pascal Basset-Chercot

(Une enquête de l'inspecteur Déveure, dit Le Boiteux, 1988, Pocket, Policier, 2005)

Un style d'écriture plaisant à lire concis et imagée, avec quelques erreurs amusantes (un personnage déguste un « flanc »).

L’intrigue est bien menée et les boitillements du policier bien mis en scène.
Sur la mairie « un énorme graffiti tracé à la peinture noire : “Repère à cochons” ».
Dans l’agence immobilière, « je boite vers la secrétaire, une brune équipée tout informatique et éclairée comme un billard ».

« Et le squelette ? »
« […] je m’en suis servi pour lui faire peur. […] elle avait tué Kima… »

Fini le 15/08/2022

La Danseuse à l'éventail de Erle Stanley Gardner

(Série Perry Mason, 1947, The Case of the Fan Dancer's Horse traduit de l'américain par Alice Le Bayon, J'ai lu, Policier, 1984)


La première édition en français a paru sous le titre La Danseuse et le Cheval, mais cet animal n'a pas un grand rôle dans l'intrigue, uniquement celui de brouiller les pistes.

« L’éventail » est l’instrument de travail des « deux danseuses », et tout le suspense repose sur la façon dont Perry va trouver moyen de le démontrer au tribunal.

Fini le 14/08/2022

Noces de soufre de Jean Amila

(pseudo de Jean Meckert, 1964, Folio policier, 1999)

« Nous pourrions à la rigueur nous éviter […] les bains sulfureux. […] ce que je te propose, ma Nanie, c’est en quelque sorte des noces de soufre. »
« Pauvre André, travailleur tenace, avec ses cours de droit et de fiscalité […]. Avec son judo, ses mystères, sa maîtresse, et qui n’avait finalement jamais rien vu, jamais vécu […]. »
« J’ajouterai que c’est un type qui se fout complètement du fric. Sacrifier vingt ou trente millions en fumigène pour se camoufler, c’est une idée d’homme foncièrement désintéressé. »
Mais il y avait « les deux vis ».

Une histoire aussi ancienne que l’amour-haine dans un couple.

Fini le 13/08/2022

La maison du coyote de Peter Bowen

(Les Mystères de Gabriel du Pré, 1995, Specimen song traduit de l'américain par Carole D'Yvoire, 10/18, 2002)

L’histoire se passe au Montana à la frontière canadienne et transite par Washington et les tribus amérindiennes, où l’on apprend que le « french » est toujours apprécié et « l’anglais » honni.

« […] ils ne savent pas d’où il est venu. Juste qu’il est resté dans le coin pendant un certain temps, et  parlait des barrages et des canots, et de la façon de se battre. […] Évidemment, se battre, c’est bon. »
« — Tu as tué beaucoup de gens, pourquoi as-tu fait ça ?
— J’aime ça, tu ne comprendrais pas. »

Les armes sont interdites au Canada, mais pas la fronde.

L’intrigue est un peu trop diluée pour créer du suspense, mais la lecture de la vie là-bas est intéressante.

Fini le 12/08/2022

jeudi 11 août 2022

Jenny et le vandale de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1985, Say No to Murder traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, 1998)

« […] ce ou ces fauteurs de troubles ne cherchaient pas à faire échouer le projet ! »
Mais le “vandalisme” permet de cacher les meurtres évidemment.

L’auteur nous sert un bel exemple de la course aux racontars qui ternissent les réputations (du père et de sa fille) et de la voracité des actionnaires (sauf le gentil banquier).

Fini le 10/08/2022

Un rayon de lune sur le pilori de Georgette Heyer

(Commissaire Hannasyde, 1935, Death in the Stocks traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2002)

Tous les suspects racontent n'importe quoi pour se rendre intéressants, mais leur avocat sait bien qu'il peut leur faire confiance.

C'est un petit polar assez foutraque dont le lecteur peut deviner facilement la fin bien sage et logique de la part d'une « chercheuse d’or ».

Fini le 8/08/2022

Black Berry ! Meutres au pays

(La Bouinotte, 2013)

Gilles Guillemain, L'essence du désir
Voleurs volés.

Pierre-Olivier Lombarteix, Lisztomaniaque
Un pianiste avec également de la peinture au programme.

David Verdier, Le cadavre qui vieillissait
La résolution toute simple d'une ancienne énigme.

François Coulaud, La photo
Un huissier trop vorace.

Jean-Marc Desloges, Nuit blanche sur écran noir
Un rémouleur en vidéo.

Christian Daumas, Sans son Chopin !
Un enregistrement précieux.

Yvan Bernaer, Dernière filature
Un policier retraité obsédé par Opinel.

Sébastien Acker, Victor malgré lui
Nouvelle dédiée « à tous ces héros malgré eux ».

Fini le 9/08/2022

En secret de Mary Higgins Clark

(2019, Kiss The Girls And Make Them Cry traduit de l'anglais États-Unis par Anne Damour, Albin Michel, 2019)

Le titre anglais (Embrasse les filles et fais-les pleurer) indique le fond de l'intrigue basée sur le mouvement « Me Too » dénonçant le harcèlement sexuel.

« […] les femmes qui décident de se plaindre sont écoutées. Dans la plupart des cas, leurs accusations sont prises au sérieux. Les entreprises, quelles qu’elles soient, détestent avoir mauvaise presse. Beaucoup choisissent d’indemniser, en échange de leur silence, leurs victimes pour que rien ne s’ébruite. »

Le suspense consiste à savoir qui préfère assassiner celles qui résistent.

Fini le 7/08/2022

McGarr sur les falaises de Moher de Bartholomew Gill

(pseudonyme de Mark McGarrity, 1978, McGarr on the cliffs of Moher traduit de l'anglais Irlande par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2001)

Le style d'écriture trop haché rend la lecture pénible. Le policier de la série est une sorte de butor brailleur (« un Dublinois miniature d’une humeur de dogue ») qui fait surgir ses témoins et ses indices sans explication, ce qui gêne le suivi de l'intrigue malgré les bons développements (après coup) des autres policiers (et que vient faire « l’épouse » McGarr dans cette histoire à part donner des recettes de cuisine ?!).

Il s'agit, bien évidemment de la part d'un auteur états-unien rejeton d’Irlandais, de la violence de « l’I.R.A. » et du complot que voulait comprendre cette journaliste venue de New York.

Fini le 6/08/2022

Fête fatale de William Katz

(1984, Surprise party traduit par Danielle Michel-Chich, Le Livre de Poche, 1987)

L'intrigue est minutieusement construite, le suspense étant créé par les pensées et le comportement de l'épouse. Le lecteur sait qu'elle risque d'être assassinée.

« La vie de Samantha commençait à prendre l’allure d’une suite de devinettes et de jeux de hasard. »

« Avez-vous déjà entendu parler de la “schizophrénie des anniversaires” ? […] Eh bien, vous allez en entendre parler beaucoup. J’appelle cela la “schizophrénie à date fixe”. »

C’est le seul thriller de cet auteur à avoir eu du succès.

Fini le 4/08/2022

Le Secret du Docteur Danglars de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2006)

L'illustration de la couverture permet de deviner le « secret ». L’intrigue consiste à comprendre comment notre journaliste va s’en débrouiller.

« […] l’établissement chic au décor luxuriant, avec ses piliers décorés de fleurs de lotus, ses murs ornés de tapisseries aux motifs compliqués, […] n’était pas à la portée du premier venu. […] L’opium était la drogue à la mode, celle qui rendait le moindre rimailleur en panne l’égal de Baudelaire et aux bourgeois gras et stupides donnait l’illusion fugitive d’être des aventuriers romanesques. »

Mais, dans ce livre, le neveu fait des infidélités à son oncle chéri.

« J’ai vu là l’opportunité de mettre en place la vengeance que je ruminais depuis quinze ans. »

Fini le 3/08/2022

mardi 2 août 2022

Un certain goût pour la mort de P. D. James

(Cycle Adam Dalgliesh, 1986, A Taste for death traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum, Le Livre de Poche, 1989)

L'auteur nous relate minutieusement toutes les pensées de ses personnages : le baronnet avant sa mort, la « Lady » sa mère menant sa maison de son fauteuil, sa seconde épouse que « Lady » mais rouée, et leurs proches, l’amant, le frère, la fille…

Cela donne un livre dense, pour arriver à sa conclusion.
« Il était là le mobile, exposé à ses yeux dans toute sa mesquinerie et son arrogance, fondamentalement insuffisant, mais terriblement puissant. Et il reconnut l’esprit qui se trouvait derrière. […] C’était celui d’un meurtrier qui ne se contente pas d’ôter la vie, mais qui se venge de l’humiliation par l’humiliation, […] qui souhaite non seulement la mort, mais aussi le déshonneur de sa victime. »

La seule femme de l’équipe du commandant montre sa ruse et son courage pour aller jusqu’au bout.

Fini le 1/08/2022

L'île au secret de Ragnar Jónasson

(La Dame de Reykjavik, 2016, Drungi traduit de la version anglaise revue et corrigée par l'auteur, d'après l'islandais, par Ombeline Marchon, Éditions de La Martinière, 2020)

« Deux filles, Katla et Klara, qui appartenaient à la même bande de copains, tuées à dix ans d’intervalle. En Islande, où les crimes de sang étaient rares. […] De toute évidence, les deux affaires étaient liées. »

La jalousie provoque des gestes inconsidérés et les paysages islandais sont abruptes.

Fini le 29/07/2022

Sombre romance de Sheila Radley

(1980, The Chief Inspector’s Daughter traduit de l'anglais par Martin Short, Le Masque, 1982)

La « fille » de « l’inspecteur chef » prend le poste de secrétaire d’une romancière célèbre pour remplacer celle qui veut se marier. Mais « la perspective d’élever des cochons ne lui souriait pas trop » et elle voulut se racheter.

Fini le 28/07/2022

Monopolille de Philippe Declerck

(Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2014)

Le texte aurait eu besoin d'une bonne relecture correctrice pour élaguer des incohérences malvenues, par exemple la victime de l'incendie est présentée la première fois comme « ivoirien » et ensuite comme « de Guinée ».

L’intrigue est classique, élimination d’un témoin de concussion et policier tenace.
« Plus elle progressait, plus elle s’enfonçait dans les eaux boueuses de la politique, du clientélisme et des magouilles immobilières. […] Cette litanie de malversations l’écœurait. »

Et bien évidemment, les « gros bras » sont « serbes » et le coupable est retrouvé “raide”.

Fini le 27/07/2022

Le Gant maudit de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1962, Hand in Glove traduit de l'anglais par Anne Kelly, 10/18, 2001)

Le « gant » dénonce le coupable qui a laissé des traces très reconnaissables. Il suffisait de le retrouver.

Alleyn ne met pas longtemps à comprendre le comportement d’un de ses suspects.
« […] la folie des grandeurs. […] Origine : bourgeoisie moyenne. Une tendance précoce à la mégalomanie et un sens exacerbé de la distinction des classes sociales. […] Il s’anoblit. » et se rend coupable de falsification d’un « registre » consulté la victime.

Mais d’autres sont plus combatifs contre l’intransigeance de ce tuteur.

Fini le 25/07/2022

lundi 25 juillet 2022

Toi, ma douce introuvable de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1994, My Sweet Untraceable You traduit de l'américain par Christophe Claro, Fleuve noir, 1998)

Cette histoire est présentée comme un « film de série B ».
« Bien, je mets au point une rencontre entre elle[s], elles se voient et comprennent. Elles comprennent qu’elles sont jumelles. Sauf qu’elles ne sont pas jumelles. […] Elles pensent qu’elles le sont mais voilà qu’un soir elles découvrent la vérité. […] Ce sont des triplées. »

L’imbroglio se termine sur « Fondu au noir ».

Fini le 24/07/2022

Demeure chaste et pure de Hillary Waugh

(Série Fred Fellows, 1962, Born Victim traduit de l'américain par Elisabeth Gille, J’ai Lu, 1967)

Le titre français donne la raison de l'assassinat et l'anglais, “Victime née”, le destin de l'enfant, mais aussi celui de sa pauvre mère.

« Dans ce monde, il n’y a que les riches qui peuvent se défendre. […] On peut faire ce qu’on veut quand on a de l’argent. On ne risque pas d’être touché par le scandale. Pensez à tous ces bâtards qu’ils avaient, les rois de France. On leur disait rien, à eux. C’est toujours la fille qui trinque et qui souffre. »

Les oublis et tâtonnements dans l'enquête du commissaire rend l'intrigue un peu fade, car le lecteur peut comprendre dès le début l'inéluctable coupable.

Fini le 23/07/2022

Le Meurtre du Maharaja de H. R. F. Keating

(1980, The Murder of the Maharajah traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 1995)

Dans ce livre, le « maître d’école des enfants du Maharaja », qui aide le D.S.P. « District Superintendant de Police » à élucider le meurtre commis avec « l’écorce de sapura », est le père du futur Inspecteur Ganesh Ghote, héros de sa série.

L’auteur nous décrit longuement tous les personnages et toutes les activités du palais se déroulant sous les yeux attentifs de l’enquêteur, en y instillant un humour agréable. Le « festin » soigneusement préparé et remis en scène permettra à « Porgy » de montrer le suspect oublié pendant le petit tour du « train d’argent ».

Fini le 22/07/2022

Un soupçon de vérité de Nancy Pickard

(Série Marie Lightfoot, 2000, The Whole Truth traduit de l'anglais États-Unis par Olivier de Broca et Isabelle St. Martin, Le Livre de Poche, 2003)

C'est une habituelle histoire us d'un enfant devenu un monstre.
« […] il ressentait le même dégoût qu’il avait éprouvé le jour où il avait marché sur un de ces gros cancrelats volants qui infestent la Floride. »
« Répugnante créature », « […] cette créature immonde et malfaisante […] qui avait séjourné si longtemps dans les entrailles de la terre qu’elle ressemblait à une larve luminescente. »
« Il y avait chez lui un côté sournois et visqueux, comme une bête qui se cache dans le marais. »
« C’est difficile à expliquer, il faut le voir de ses yeux. » etc.

Comme le dit le titre en anglais, “Toute la vérité” finira par être révélée par une mère attentionnée, retrouvée par l’héroïne, journaliste spécialisée dans les livres sur des meurtres.

Fini le 18/07/2022

Danger intime de Maurice-Bernard Endrèbe

(1948, Le Livre de Poche, 1996)

La belle-mère et sa fille visent la nouvelle épouse du fils en essayant de la faire accuser de tentatives de meurtres, mais l'inspecteur-chef comprendra et admettra les arguments de la vieille demoiselle aveugle.

Fini le 19/07/2022

dimanche 17 juillet 2022

Le Manoir d'Alderney de Anne Perry

(Série Daniel Pitt, 2018, Triple Jeopardy traduit de l'anglais par Florence Bertrand, 10/18, Grands détectives, 2019)

Le titre en anglais désigne ce qu'encourt l'accusé, “Triple péril”, et en français ce qui permettra de le sauver.

L’auteur nous tricote une intrigue bien emmêlée à partir d’un procès qui paraît simple, mais que le jeune avocat va, avec l’aide son amie interdite d’exercer son métier de légiste, éclairer petit bout par petit bout.

« Je ne l’ai jamais vu, par conséquent je n’en sais rien. Je ne me serais pas attendu à ce qu’elle le porte au lit, de toute manière. […] Je ne connais pas la disposition des pièces. […] On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ! Soit je la courtisais et j’espérais mettre la main sur la fortune […] soit je suis un voleur à la petite semaine […]. »

« Il était résolu à ne pas lui laisser deviner que filer vers la mer avec elle au volant, à plus de quarante-cinq kilomètres à l’heure, était presque la dernière chose au monde qu’il eût envie de faire. La dernière était de lui montrer qu’il avait peur. »

Les voitures nouvellement nées en ce début des années 1900 sont bien dangereuses.

Fini le 17/07/2022

Traitement de défaveur de Diane Mott Davidson

(Série Goldy Schulz, 1990, Catering to Nobody traduit de l'américain par Carlos Herrera, J'ai lu. Policier, 1998)

« Un grand-père loufdingue, une grand-mère alcoolique, un père cavaleur, une institutrice suicidaire et une mère trop exigeante… »

« […] passer à l’acte parce qu’elle voulait venger [ses amies]. […] voulait venger son bébé. […] voulait venger sa prof et sa grand-mère. »

Et le lecteur bénéficie de recettes de plein de bonnes choses.

Fini le 15/07/2022

La Faute de l'Abbé Richaud de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2005)

« Approchez, approchez, mesdames et messieurs, cher public. Vous allez découvrir le fin mot du mystère de Mazargues ! Qui a tué l’abbé Barral ? L’histoire terrifiante et sanglante d’un vicaire dévoyé, d’un officier déshonoré, d’un garde-chasse au passé trouble. »

Le suspense réside dans la façon dont le journaliste va aider le commissaire à arrêter le coupable, connu dès le début.

Fini le 12/07/2022

Un piège pour Miss C. de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1939, Overture to Death traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, Grands Détectives, 1995)

Le titre anglais désigne le moment du meurtre et le français la victime qui allait jouer du piano avant le début de la pièce de théâtre.

L'histoire se passe dans une société typiquement anglaise avec le “seigneur” et son fils, le pasteur et sa fille, le médecin et sa maitresse, et les deux vieilles filles cancanières…
« Comme si une seule vieille fille revêche ne suffisait pas, nous en avons deux sur les bras, dans le genre mélange freudien, dont l’une sous forme de cadavre. »

Avec l’aide « invraisemblable » de « ce gamin [qui avait] son illustré et […] son meccano en pièces détachées sur lui […]. »

Il faudra une enquête bien minutée pour trouver le coupable.

Fini le 10/07/2022

L'affaire du boucher du Vieux-Lille de Christophe Debien

(La Nuit de l'ange, Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2006)

L'auteur nous sert un salmigondis à base de taxidermie, satanisme, ésotérisme avec un pointe de vaudou et de légendes irlandaises, en commençant par une scène de cauchemar. Une lecture pénible à digérer.

Les personnages, très caricaturés, sont sans intérêt : “l’ange” navigue entre ses autopsies et ses cauchemars psychédéliques, les autres (le professeur, le bouquiniste, l’exorciste…) pontifient en se soûlant, quant aux personnages féminins… ce sont juste des proies faciles pour les scènes “charnelles” et pour jouer les cadavres permettant des descriptions sanguinolentes et fatales.

« Et là, en levant les yeux vers le miroir formé par la surface métallique du réflecteur qui éclairait le cadavre, je vis apparaître des mots ! »
« En un instant, je vis défiler l’horrible catalogue de ces supplices ô combien familiers : l’abrupte section des membres incomplets, les plaies béantes du visage défiguré, et les arabesques macabres des scarifications rituelles… »
« […] avatar vengeur de cette jeune femme immolée sur le bûcher de l’obscurantisme… »

Fini le 8/07/2022

samedi 9 juillet 2022

Toujours ce bel humour

La définition « Mon premier n’aime pas mon second (2 mots) » pour un mot si simple « château ».

Grille 7* finie le 8/07/2022

Danse pour moi de Mary Jane Clark

(2005, Dancing in the Dark traduit de l'anglais par Mathieu Périers, Le Livre de Poche, 2010)

Ce livre nous présente les méfaits du manque d’estime de soi.
« Elle se griffa alors avec une vigueur décuplée, jusqu’au sang. Et poursuivit jusqu’à recouvrer son calme. »

Le coupable de l'enlèvement prend son otage dans les bras pour danser au son de l'océan, bien habillé avec blouson et gants.
« […] pour qu’elle puisse raconter […]. Qu’un inconnu l’avait obligé à danser pour lui… »

Fini le 7/07/2022

Doubles dames contre la mort de Yvonne Besson

(Pocket, Policier, 2007)

Une histoire de femmes : le capitaine qui revient dans la ville de son enfance, ses cousines, et la jeune femme assassinée…

« Il lui paraissait vital que le sourire de la jeune fille ne fût pas une mystification de sa mémoire. Comme s’il était une parcelle de sa vie, une étincelle à ranimer. »
C’est loin Mai 68… il s’en est passé des choses à cette époque…

Fini le 5/07/2022

Un faubourg d'Elseneur de Pat Mac Gerr

(1967, Murder is absurd traduit de l'américain par Nadine Soubirou-Pouey et René-Marc Bedieu, J'ai lu, 1983)

Un ancien meurtre se dissèque dans les coulisses d'un théâtre. Le célèbre acteur vient jouer un rôle dans la pièce de son beau-fils et cherche à comprendre ce qu'il sait.

C'est subtilement écrit, même si le lecteur devine facilement les dessous de l'intrigue.
« J’étais enclin à tout te pardonner tant que je croyais que tu m’aimais. J’ai vécu toutes ces années avec toi sans te connaître vraiment. […] C’est la pièce de Kenny qui m’a mis sur la voie. »

Fini le 3/07/2022

Le sang des cors de Gérard Bertuzzi

(Le commandant Bourbon face à l'insoutenable, Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2014)

Un livre écrit avec des traces d’humour (par exemple : « L’idée d’informer Maxime lui traverse l’esprit mais elle reste muette, trop peureuse de commettre la moindre bévue. » et parsemé de fautes (par exemple : « language », « camion régis », etc.).

« En matière d’hémoglobine, il n’y a pas de grand cru, de terroir, de millésime. Qu’il soit animal ou humain, le sang reste le nectar des festins sauvages. Par ses traditions séculaires, la vénerie entretient la fougue et la hargne de meutes entières, en concluant les chasses d’une curée ; ultime récompense sanglante, sauvage et chaude. »

Le lecteur sait dès le début comment se sont passés les crimes, tout le suspense réside dans l’enquête des gendarmes.

Fini le 2/07/2022

vendredi 1 juillet 2022

Je te quitterai toujours de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1993, I'll Be Leaving You Always traduit de l'américain par Christophe Claro, Fleuve noir, 1996)

L'auteur nous peint des personnages bien réels avec leurs atermoiements, leurs lubies, leurs réflexions sur leurs défauts…
« Il faut que je fasse le tri dans mes sentiments, que je sache d’où me vient exactement ma douleur. Est-il vrai que j’ai jugé Meg ? Est-ce que je porte des jugements sur les gens ? Bien sûr que oui, comme tout le monde. […] Une phrase de William me revient soudain : “Quand tu montres quelqu’un du doigt, il y en a trois autres qui se tendent vers toi.” »

L’enquêtrice découvre la “vraie vie” de son amie d’enfance et comment elle voulait gagner plus d’argent pour ses enfants.
« Mais quand est-elle partie, exactement ? Est-ce quand elle a été tuée ou était-ce bien avant quand elle s’est embarquée dans des histoires dont elle ne pouvait ou ne voulait pas me parler ? Ou m’a-t-elle quittée de façon épisodique au cours de toutes ces années ? Est-ce qu’on passe son temps à quitter les gens ? »

Cela l’amène à voir l’autre versant de son quartier new-yorkais : « La plupart des visages sont basanés et je me fais l’impression d’être un gobelet en plastique blanc sur une étagère de poteries ocre. »

Fini le 1/07/2022

Les deux amis de Didier Sénécal

(Série Commissaire Lediacre, Pocket, 2007)

Pour le commissaire, il s’agit de coincer ces « intouchables » qui font du trafic dans les coulisses de la politique, un pédophile côté « gauche » et un violeur côté « droite ».

L’auteur nous livre une bonne leçon des arcanes du pouvoir et la façon de se blanchir auprès des services policiers. Il suffira d’un « coup d’éclat » pour que les souvenirs de « la surprise-partie » ou « surboum » ou « bamboula » d’autrefois se découvrent.

Une lecture accrocheuse !

Fini le 29/06/2022

Suite en noir de Hélène de Monaghan

(Le Masque, 1971)

« […] vous voulez me faire croire que la deuxième victime a tué la première et la troisième pour faire retomber les soupçons sur la quatrième ! »

Fini le 28/06/2022

Un homme est mort de Mildred Davis

(1953, They Buried a Man traduit de l'anglais par Gérard de Chergé, Rivages/Mystère, 1994)

Quand cet homme est enterré, les témoins du passé commencent à retrouver leurs souvenirs du mort vingt ans plus tôt.

« Et il faut beaucoup de temps pour se faire aimer de centaines de gens. […] Alors il faut bien que quelqu’un d’autre gagne l’argent […]. »

« Votre mère aussi, il l’a protégée pendant toutes ces années. Il sait la vérité depuis plus de vingt ans et n’en a jamais soufflé mort à personne. » Il aurait suffit de montrer un papier…

Fini le 27/06/2022

Le salon du prêt-à-saigner de Joseph Bialot

(1978, Folio policier, 2000)

Cette histoire de tueur “fou” est racontée avec un style plein d'humour.

« […] il semblait qu’un énorme racket se développait dans le prêt-à-porter. Profitant de l’ignorance, de la faiblesse et parfois de la situation irrégulière de certains ouvriers et entrepreneurs immigrés, un homme essayait de prendre le contrôle des entreprises de fabrication. »

« Dans ce cas, le trait d’union s’appelle “Prêt-à-porter” ou plutôt en l’occurrence “Prêt-à-saigner”. » « Dis-moi, coco, où sont donc les merveilleuses photos de cul […] »

Le repentir des enfants viendra à bout du massacre.

Fini le 26/06/2022

dimanche 26 juin 2022

Trois morts pour Jenny de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1984, Generous Death traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, Policier, 1998)

Jenny est la directrice d’une Fondation dans le Massachusetts.

« — Ça ne vous a pas plu que j’entre dans votre jeu […]. — Pourquoi vous n’avez pas laissé tomber ? […] Ma présence ne comptait pas […]. C’était un règlement de comptes entre meurtriers. »

« […] votre père a filé comme un malpropre avec l’argent. L’argent de la caisse de retraite. […] papa a perdu son travail, ses droits à la retraite et il nous a quittés. Alors ils ont séparé ses enfants, et il a fallu que je commence à mendier […]. Merci, s’il vous plaît, excusez-moi, merci, s’il vous plaît, excusez-moi… »

Fini le 25/06/2022

L'Énigme de la Blancarde de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2005)

Cet auteur peut être un digne héritier de Gaston Leroux, façon marseillaise.

Son histoire est bien emmêlée avec condamné pas coupable, témoin hystérique se contredisant, vrai coupable en cavale, etc. et bien sûr une jolie histoire d'amour entre le journaliste, notre héros, et une jolie jeune femme, fille de « bourgeois ».

Une lecture bien rafraichissante, loin des thrillers us.

« Sur le cliché de la noce on voit la mariée ravissante au bras de son époux tout neuf, mais ce dernier, au lieu d’arborer cet air béat ou attendrissant que l’on trouve sur ce genre de photographies, a les yeux écarquillés et la bouche ouverte de celui qui vient d’apprendre une nouvelle qui lui en bouche un coin. Près de son oreille gauche, on distingue la moustache noire d’un homme corpulent penché vers lui et qui lui parle. »

Fini le 23/06/2022

La Nuit des autres de Yvonne Besson

(Pocket, Policier, 2008)

Le titre de ce livre est le même que celui de l'écrivain célèbre de cette ville nommé Marville dont la lecture aidera le capitaine à résoudre l'énigme du premier mort, en y découvrant le portrait d'un dénonciateur pendant la guerre.

Et le livre de Thomas Mann, La Mort à Venise, lui permettra de comprendre le comportement du deuxième mort, se prétendant écrivain.
« Fatuité et boursouflure ! Il se prenait à la fois pour Socrate et pour Gide. […] “L’amour de ta beauté ne m’entraîne pas à ma perte. Elle me donne au contraire la vie immortelle.” »

L’auteur nous peint ses personnages bien vivants, même assassinés, ce qui rend la lecture particulièrement attachante.

Fini le 21/06/2022

Le Chant de l'assassin de Roger Jon Ellory

(2015, Mockingbird Songs traduit de l'anglais par Claude et Jean Demanuelli, Sonatine Éditions, 2019)

Pour tenir la promesse faite à son co-détenu, ce jeune homme, meurtrier par accident, part en ballade au Texas. Il va devoir faire parler les vieux avec l'aide d'une jeune femme du village à côté.

Qui résument leur passé ainsi :
« […] le moment est venu de montrer qu’on est des hommes, d’affronter les conséquences de nos actes. »
« Je me suis fait beaucoup d’argent à un moment avec nos petits trafics, mais depuis tu règnes sur la ville comme un tyran, tu nous imposes à tous tes volontés. Eh bien, tout ça, aujourd’hui, c’est fini… »

Et le lecteur apprend que les puissants qui protègent le shérif ont seulement voulu éviter que leurs enfants partent à la guerre… et que son frère a « engrossé » son épouse…

Cette vendetta à la texane va provoquer assez de morts.

Fini le 21/06/2022

Nul ne saura de Mary Jane Clark

(2002, Nobody Knows traduit de l'anglais États-Unis par Jean-Paul Mourlon, Le Livre de Poche, 2006)

Le titre du livre fait référence à celui d’un groupe de musique dont l’auteur est contesté, ce qui en fait le premier suspect du meurtre de l’actrice dont le garçonnet a retrouvé la main.

L’intrigue est bien menée et embrouillée par l’arrivée de l’ouragan, qui fait courir partout les journalistes.

« Il avait toujours voulu être aimé. Mais ce n’est pas dans la maison où il avait grandi que cela aurait pu lui arriver. On n’y touchait jamais. Pas de caresses, pas de baisers. Ni même de gifles : les coups étaient portés avec une ceinture, une règle ou la brosse à cheveux de sa mère. »

Fini le 19/06/2022

Les Intouchables de Didier Sénécal

(Série Commissaire Lediacre, Pocket, 2006)

Un très bon livre !

L'intrigue est astucieuse, racontant les coulisses d'un grand coup contre le trafic de cocaïne.
Les personnages sont intéressants, le commissaire “mis de côté” par sa hiérarchie, le capitaine qui va devoir apprendre à le connaître et confirmer qu’elle apporte de « l’intelligence »… et « madame le juge » qui approche « de l’âge de la retraite ».

Les RG, le colonel de gendarmerie, les « Stups » vont s’organiser pour attraper du “beau monde” du « show-business » et au passage mettre hors service l’avocat qui permet à ces « intouchables » d’échapper à la justice.

Fini le 16/06/2022

vendredi 17 juin 2022

Tout ce qui est à toi de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1991, Everything You Have Is Mine traduit de l'américain par Christophe Claro, Fleuve noir, 1995)

L’enquête de la détective devra surtout éclaircir le lien entre tous les personnages de cette histoire : qui est la « mère », qui est la sœur de qui, qui sont les maris, les pères, etc. pour comprendre qui a violé qui, qui a tabassé qui, qui a tué qui.

« Je me rallonge sur le lit, dépassée par l’horreur de cette affaire. C’est comme une pieuvre malade. […] Cette maladie est présente partout : dans la façon cavalière dont les hommes giflent les femmes dans les films, dans la façon qu’ils ont de parler d’elles dans les téléfilms, dans la représentation stéréotypée de la violence entre hommes et femmes que proposent les romans. Notre conscience a été réveillé par la médiatisation de certains abus, mais qu’est-ce que ça a changé ? »

« Tout ce qu’il veut lui appartient tôt ou tard. »

Fini le 15/06/2022

Meurtre à l'anglaise de Cyril Hare

(1951, An English Murder ou The Christmas Murder traduit de l'anglais par Mathilde Martin, Rivages/Noir, 2004)

Le « professeur », en train de travailler avec les archives de ce manoir, se retrouve confronter à des meurtres.

En cette période de Noël, la neige bloque toutes communications avec l’extérieur.
« Dans ces circonstances, les suspects sont en nombre restreint. […] Il doit choisir entre un ministre du gouvernement, une jeune demoiselle appartenant à l’aristocratie, la femme d’un politicien en pleine ascension, un fidèle majordome et un érudit étranger aux origines diverses et à la nationalité incertaine. »

« Alors, pourquoi dis-je qu’il s’agit d’un meurtre anglais ? […] Parce que le mobile était anglais. Parce que c’est un facteur politique propre à l’Angleterre qui a permis qu’un tel assassinat soit commis. […] ce crime, donc, n’aurait pu se produire si l’Angleterre, seule parmi tous les pays civilisés, ne prévoyait dans sa Constitution une assemblée législative héréditaire. »
« […] le Premier ministre a le droit de siéger à la Chambre des lords. Le chancelier de l’Échiquier, en revanche, n’y est pas autorisé. »

Fini le 13/06/2022

L'Inconnu de la forêt de Harlan Coben

(2020, The Boy from the Woods traduit de l'anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2020)

Menacer un enfant pour faire agir ses parents est une arme très souvent utilisée. Dans cette histoire, il s'agit de dénoncer les méfaits d'un personnage politique.

L'auteur a mis cette vieille intrigue au goût du jour en montrant les techniques contemporaines : réseaux sociaux (pour leur faire dire n'importe quoi), traceurs GPS (pour retrouver les coupables), etc. C'est très bien utilisé par « Wilde » le “sauvageon” retrouvé un jour dans la forêt.

La description du “noyautage” des racontars est très réaliste.
« […] faire dire aux bots de droite quelque chose comme […]. Et les bots de gauche […] répondront […]. On va aussi créer un groupe de faux profils pour faire le coup du macho. […] utilisons les groupes de fake news pour proclamer que la vidéo a été truquée. » Le tout sur plusieurs pages, un vrai tuto !

Fini le 12/06/2022