mercredi 31 décembre 2025

Ministrose de Thomas Gayet

(La Tengo Editions, 2014)

Il y a bien des morts, mais pas d'enquête policière. L'histoire est une façon de présenter le comportement, les réflexions de personnages politiques — Président, ministres, sous-ministres, etc. — dans une situation de crise — émeutes — et pour parer un scandale de corruption — le ministre du Travail accusé de prise illégale d'intérêt le premier mort sans doute suicidé —.

Le texte de présentation résume bien le livre :
« C’est un roman désenchanté, à l’image de l’époque. [Il] dresse le portrait d’une classe politique rongée par le cynisme et qui ne croit plus en elle-même. Cela ressemble à l’affaire Cahuzac, à l’affaire Karachi, à l’affaire Woerth, à l’affaire Bérégovoy […]. »

Philippe Bresson, le conseiller du Président, résume l’intrigue ainsi :
« Auvenanian [ministre de l’Intérieur] avait commandité l’enlèvement de Perez [le soit-disant journaliste enquêtant contre son envie] auprès de la DCRI pour éviter qu’il ne fourre son nez dans le rapatriement des fonds ; Auvenanian utilisait les services secrets pour dissimuler les preuves de sa participation au meurtre de Rouault pour éviter qu’il ne l’implique dans l’affaire des manufactures. […] s’il trouvait amorale l’idée de souiller artificiellement Auvenanian, [il] mesurait cependant les limites de la déontologie en milieu politique. »
Ce passage donne un bon aperçu de l’écriture filandreuse et du style labyrinthique de l’auteur. L’histoire n’aura pas de fin.

Fini le 30/12/2025

dimanche 28 décembre 2025

Le sabre du condamné de I. J. Parker

(Les Enquêtes de Sugarawa Akitada, 2009, The Convict's Sword traduit de l'anglais États-Unis par Isabelle Chapman, 10/18, 2012)

L'enquête sur le meurtre de la « chanteuse aveugle », Tomoe, va conduire Akitada à découvrir le sabre d’Haseo, mort en exil, condamné pour un crime dont il était innocent. La situation dans la capitale est inquiétante, avec la crainte de l’épidémie de variole, dont même le jeune empereur est atteint. Akitada remplace le ministre de la Justice qui a fuit dans sa demeure de campagne. Il demande à son greffier de confiance, Nakatoshi, de le remplacer.
« — J’ai une affaire urgente à régler. »
« Akitada était conscient d’agir à la légère, mais après les événements de la nuit — son agression, la crise d’hystérie de sa femme, l’arrivée impromptue chez lui de blessés, les révélations sur Haseo et le fielleux Martsue —, les tâches ministérielles lui semblaient secondaires. »
Il lui reste à convaincre Kobe, le policier, d’arrêter le vrai coupable qui « souhaitait s’approprier » deux des épouses de Haseo, et « le domaine de Tomonari ».

C’est le dernier titre traduit.

Fini le 27/12/2025

jeudi 25 décembre 2025

Les jours de la peur de Loriano Macchiavelli

(La première enquête du sergent Sarti Antonio, 1974, Le piste dell'attentato traduit de l'italien par Laurent Lombard, Les éditions du Chemin de fer, Train de nuit, 2024)

En prologue, l'auteur écrit à son personnage : « Très cher sergent Sarti Antonio, […] cinquante ans que tu es là. […] Aujourd’hui s’ouvre pour toi une nouvelle opportunité en France, alors ne joue pas au con et essaie de faire en sorte que les lecteurs français t’apprécient à ta juste valeur […]. […] entre drame et farce, entre deux crises de colite, tu as relaté l’histoire d’une ville [Bologne] […]. Tu as une nouvelle grande occasion en France. Ne la gâche pas avec une de tes crétineries. »

Effectivement, en menant l'enquête sur l'attentat qui a détruit le centre de transmission de l'armée, le sergent se présente comme un « policier médiocre, doté d’un sacré esprit de contradiction et d’une belle ténacité » [dans le texte de l’éditeur]. Sarti va raconter toutes ses découvertes à Rosas — emprisonné à tort pour ces meurtres — qui, entre deux sentences révolutionnaires, essaye de lui faire trouver la solution.
« […] Il a été fasciste, puis milicien de Salò, puis partisan. Un mec comme ça n’est pas de gauche : c’est un ver et rien d’autre. »

Fini le 24/12/2025

mercredi 24 décembre 2025

Le Magicien de Magdalena Parys

(2016, Magik traduit du polonais par Margot Carlier et Caroline Raszka-Dewez, Agullo noir, 2019)

Extraits du texte de présentation :
« En 2011, dans un immeuble abandonné de Berlin, on retrouve le cadavre atrocement mutilé de Frank Derbach, employé à l’Office fédéral en charge des archives de la Stasi.
Au même moment, Gerhard Samuel, photoreporter, meurt dans d’étranges circonstances à Sofia, où il enquêtait sur la mort d’un de ses amis, disparu en 1980 à la frontière bulgare.
Kowalski, le commissaire chargé de l'enquête berlinoise, est rapidement écarté au profit de la police fédérale et des services secrets. Mais Kowalski est un rebelle et il décide de poursuivre ses investigations discrètement, aidé par la belle-fille de Gerhard [Dagmara Bosch, fille de Piotr Boszewski]. Ce qu'ils vont découvrir pourrait mettre en cause un homme politique allemand très en vue… »

Le directeur de la police Waldemar Tschapieski — surnommé le Bouledogue — le couvre et suit l’avancée de ses recherches. L’histoire ne dit pas clairement pourquoi, ni comment, les fugitifs de Berlin-Est choisissent d’aller en Bulgarie.

Les actions du « magicien » — Christian Schlangenberger avec l’aide d’Ernesto son « collaborateur » à « Securitas City » — avec les documents de la Stasi, lui permettent de gagner la reconnaissance de personnalités importantes.

Chacun raconte sa vie, son passé, entre Pologne et Allemagne, et même si l’intrigue n’est pas toujours claire, la sincérité des personnages rend la lecture agréable.

Fini le 23/12/2025

samedi 20 décembre 2025

Tu ressembles à ma mort de Frédéric H. Fajardie

(Éditions des Équateurs, 2007)

En mars 1938, le commissaire Henri Perlbag a trois jours pour élucider les meurtres des cheminots. Il commence par s’installer à Arras où se trouve toujours le « train spécial ». C’est une période importante de la guerre civile espagnole contre Franco qui est soutenu par le Duce.

L’histoire raconte les méfaits des fascistes, la foi des militants du Front populaire — Léon Blum apparaît même brièvement —, les trahisons de policiers corrompus, la naissance de l’amour entre Henri et Viviane…

Cette période historique sentant venir la guerre est vraiment bien décrite, avec les nuances entre Italiens, Espagnols, Allemands. Une lecture vraiment intéressante et bien agréable. En conclusion, le commissaire cite Miguel de Unamuno interpellant Franco :
« Vous vaincrez parce que vous possédez la force brutale mais vous ne convaincrez pas car pour convaincre, il faut persuader. Or, pour persuadez, il vous faudrait avoir tout ce qui vous manque : le droit et la raison. »
Le tueur réagit :
« — Je vais te tuer. Et puis j’aime pas ton regard, j’aime pas tes yeux : tu ressembles à ma mort. »

Fini le 19/12/2025

jeudi 18 décembre 2025

Au nom des pères de Oliver Bottini

(Série Louise Bonì, 2007, Im Auftrag der Väter traduit de l'allemand par Didier Debord, l'Aube noire, 2017)

L'évocation dans les pensées de Louise des événements des livres précédents sont sans intérêt car trop évasifs et sans rapport avec l'intrigue en cours. Son comportement dans cette histoire est incohérent avec ses « pressentiments », son inaction… Les autres policiers réfléchissent, cherchent, se documentent… elle se contente de les écouter, poursuivant ses obsessions.

« Antun Lončar faisait subir à Paul Niemann ce qu’on lui avait fait endurer à lui-même. Paul Niemann, qui avait renvoyé la famille de la nouvelle patrie où ils étaient en sécurité dans l’ancienne patrie pleine de dangers, parce que la loi sur l’expulsion des réfugiés de guerre bosniaques l’exigeait ainsi. Des années plus tard, Lončar était revenu en Allemagne, l’avait retrouvé, était entré dans sa maison. Il lui avait d’abord pris sa quiétude et sa sécurité, lui avait ensuite pris sa maison ; et maintenant, il voulait peut-être lui prendre sa famille. »

Le reste du livre raconte de façon brouillonne le sort des Allemands, les « Souabes du Danube », installés en Slavonie, internés en camp de concentration lors du rattachement à la Yougoslavie. Cet épisode historique est un peu mieux évoqué par Andreas Eisenstein, un rescapé de 94 ans, installé à Fribourg, sur quelques pages à la fin.

Fini le 17/12/2025

mardi 16 décembre 2025

Le jeu de dupes de Anne-Laure Morata

(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2010)

L'intrigue est basée sur les actions de Condé pendant la Fronde. Mais le développement de l'histoire est mélangé à tant de réactions absurdes de François que l'intérêt s'émousse vite.

La découverte du saccage et des morts dans son domaine auvergnat le fait accourir à Paris où il rencontre Ninon — de Lenclos, la courtisane — dépositaire du coffret de Violette — qu’elle a nommé « le jeu de dupes » — contenant des lettres codées pouvant permettre à la Fronde de liquider le cardinal Mazarin honni.

Les personnages réels auraient mérité une meilleure présentation pour que le lecteur comprenne mieux les enjeux des affrontements, notamment ce que voulait le roi d’Espagne. Condé est décrit ainsi :
« Grand guerrier, fin stratège, charismatique et brillant, il n’a hélas pas l’once d’une intelligence émotionnelle qui lui permettrait de comprendre que son sentiment écrasant de supériorité, son insupportable arrogance […] l’ont brouillé avec tous ses alliés […]. »
« Pourtant les choses sont simples : il est l’homme le plus apte à diriger la nation, seul rempart contre la canaille à robe pourpre qui saigne le royaume à blanc […]. »
Il a voulu s’allier avec l’Espagne, mais Javier de San Juan murmurera : « Por mi pais, por mi rey… ».

Louis XIV s’en souviendra…

Fini le 15/12/2025

dimanche 14 décembre 2025

Le Filet de Lilja Sigurðardóttir

(Trilogie Reykjavik noir, 2016, Netið traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié noir, 2018)

Toujours la même histoire de menaces pour faire agir la « passeuse » de drogue. Dans ce livre, Sonja est présentée encore plus bêtement crédule — elle aide Nati, l’épouse, à démembrer son mari le narcotrafiquant trucidé… sous l’œil d’une caméra — d’où le filet qui va la lier.

De dénonciation en dénonciation (quel intérêt a-t-elle de “supprimer” les autres passeurs en les dénonçant puisque cela fait d’elle une cible unique ?), elle va récupérer son fils en faisant mettre Adam le père en « garde à vue » pour malversations financières — ces histoires de fric sont encore plus opaques dans ce livre — quant à María qui étudie les dossiers pour le procureur spécial, on nage dans le n’importe quoi. Elle va se faire licencier.
« Elle n’y comprenait rien. Elle avait travaillé avec Finnur depuis ses débuts au sein de cette institution, jamais elle n’avait eu de raison de mettre en doute ses méthodes. Pourtant, lorsque le procureur l’avait appelé, activant le haut-parleur […], Finnur avait affirmé ne rien savoir de cette affaire. Et le procureur disait de même. »

Fini le 13/12/2025

samedi 13 décembre 2025

L’honneur des Kéita de Moussa Konaté

(Les enquêtes du commissaire Habib, 1998, Gallimard, Série noire, 2002)

L'enquête sur le meurtre de Adama Bagayogo oblige le commissaire et l'inspecteur Sosso à partir dans la brousse au village de Nagadji. Ils vont devoir démêler de sombres histoires de familles.
Bagayogo, le mari de Satourou « une sœur », après l’explosion de colère de sa femme explique.
« Les Kéita sont tous comme ça, c’est dans leur sang. Il n’y a que Nama dont le cœur soit inaccessible à la colère. Je ne sais pas ce que vous pensez de ce qu’a raconté ma femme, mais pour moi, Sandiakou est un chef digne de respect. Moi, je suis un homme de caste ; mon père a servi le sien, et moi je le servirai, lui. Je suis prêt à tout quand il s’agit de sauver l’honneur des Kéita de Nagadji. On a dû vous expliquer pourquoi une Kéita est devenue l’épouse du forgeron que je suis […]. »
« La loi est au-dessus de l’honneur des Kéita », dit Habib au chef.

Fini le 12/12/2025

vendredi 12 décembre 2025

Bluebird, bluebird de Attica Locke

(2017, Bluebird, Bluebird traduit de l'anglais États-Unis par Anne Rabinovitch, Liana Levi, 2021)

Le Ranger noir du Texas, Darren Mathews, retourne dans le Texas de l’Est pour enquêter sur la mort de Michael Wright, un avocat de Chicago, et celle de Missy Dale, serveuse au bar de Wally et épouse de Keith, revenu « après avoir purgé sa peine de deux ans dans un établissement pénitentiaire ».

La première idée de Darren est de soupçonner la « Fraternité Aryenne du Texas ». « L’initiation à la FAT exigeait un cadavre noir […] » Mais il s’interroge sur « la chronologie des meurtres ; l’homme noir meurt, puis la fille blanche. Ça ne correspondait pas au scénario américain convenu […] cela sous-entendait un absurde besoin de venger le meurtre de Michael […] chez les Noirs du village. »
Geneva — la patronne du bistro portant son nom — « avait parlé avec bienveillance de l’enfant de la jeune femme ».
Darren va du Geneva’s — pour les Noirs — au bar de Wally — pour des membres de la FAT — car il considère que ces « deux établissements situés à deux extrémités opposés du village, […] étaient des piliers jumeaux de l’histoire […]. »

« Certes, les meurtres de Michael et de Missy étaient des crimes raciaux […]. » Mais il « avait oublié que l’instinct le plus élémentaire de la nature humaine était l’amour, pas la haine, l’un et l’autre étant inextricablement liés. » « Les vies de Wally et de Keith évoluaient autour des Noirs qu’ils prétendaient haïr mais ne laissaient pas en paix. »

Fini le 11/12/2025

mercredi 10 décembre 2025

L'énigme de Flatey de Viktor Arnar Ingólfsson

(2002, Flateyjargáta traduit de l'islandais par Patrick Guelpa, Seuil policiers, 2013)

Cette île, Flatey, est située au nord-ouest de l'Islande dans l'océan Atlantique. En juin 1960, l'histoire commence par la découverte d'un cadavre sur un des îlots proches. Grímur, le bourgmestre, Kjartan, le sous-préfet, Högni, l’instituteur, vont essayer de comprendre ce que faisait là ce professeur danois, Gaston Lund, sûrement attiré par la résolution des questions données dans le « Livre de Flatey ».

« L’édition Munksgaard est dans la vitrine » à la bibliothèque. « Il y a un dessin magique sur la page et personne ne sait quelle malédiction il risque de déchaîner si l’on n’y prend pas garde. »

Jóhanna, le médecin de l’île, raconte le passé à Kjartan. Il se souvient alors qu’elle était fiancée à Einar, celui mort sous l’épée du rituel.
Jón Ferdinand, le vieux père de Valdi, et Þormóður Krákur, prennent le « bâteau postal ».

Fini le 9/12/2025

lundi 8 décembre 2025

L’assassin du Banconi de Moussa Konaté

(Les enquêtes du commissaire Habib, 1998, Gallimard Série noire, 2002)

Le commissaire doit se rendre « au Directoire » pour une réunion du Colonel, avec ses collègues « tous les grands chefs des différents services de la Sécurité ».
« Il y avait le patron du Groupement d’Interventions Rapides, ou D1, celui de la redoutable Police politique : D2, celui de la D3, l’Agence de Renseignements, celui de la D4, la Brigade Criminelle (en fait Direction Générale de la Répression du banditisme), le commissaire Habib, auxquels s’était joint le chef d’État-major de la gendarmerie. »

Le délai impartit par le Colonel est court pour démêler les meurtres au cyanure et trouver le coupable. Parallèlement, la D2 torture ceux qui ont été arrêtés lors d’une manifestation contre les magasins d’alimentation.
L’inspecteur Sosso fonce avec sa moto, ou en courant au milieu des voitures. Et c’est lui qui a « ouvert la malle du marabout ».

Le texte léger, concis, rend la lecture agréable et présente bien la vie à Bamako.

Fini le 7/12/2025

samedi 6 décembre 2025

La rage de Zygmunt Miłoszewski

(2014, Gniew traduit du polonais par Kamil Barbarski, Fleuve noir, 2016)

Résumé en quatrième de couverture :

« Le procureur Teodore Szacki n'est pas au mieux de sa forme depuis qu'il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente. 
Est-ce pour cela qu'un jour, il ne prend pas l'exacte mesure d'une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l'épouse battue…
Ou bien est-il perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité — portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d'un insaisissable redresseur de torts se dessine ; quelqu'un œuvre dans l'ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l'incurie des services de police. »

Tout l’intrigue y est, le reste c’est la vie à Olsztyn, où vient d’être muté Teodore, située dans la région des grands lacs de Mazurie, avec, dit-il, des feux de circulation incohérents et de laids bâtiments…

Dans son « Mot de l’auteur », Zygmunt Miłoszewski note : « Kamil, cousin, merci beaucoup ! »
La traduction rend effectivement très bien les doses d’ironie, d’humour noir de l’auteur.

À la fin, Teodore « enleva sa montre et ajusta ses boutons de manchettes. »

Fini le 6/12/2025

jeudi 4 décembre 2025

Une jolie allitération

Cette définition doit être bien prononcée : « Ainsi si c’est sans scission. » pour l’apprécier et trouver la solution : « unitaire ».

Grille 7* finie le 4/12/2025

mercredi 3 décembre 2025

Piégée de Lilja Sigurðardóttir

(Trilogie Reykjavik noir, 2015, Gildran traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié noir, 2017)

L'histoire se passe en 2010 donc après la crise financière de 2008 qui a fait perdre beaucoup d'argent à de nombreuses personnes. Lors du divorce, l'avocat Thorgeir a défavorisé Sonja en accordant la garde de leur fils Tómas à son père, Adam. 
« […] Sonja lui avait avoué […] être attirée par les femmes, et Adam avait perdu son sans-froid. […] À la fin de la même semaine, le système bancaire s’était écroulé […] et cet événement ne devait pas être étranger à la fureur d’Adam. Sa vie entière s’était effondrée […]. »

Sous la menace de la priver définitivement de Tómas, Thorgeir force Sonja à devenir « passeuse » de drogue.
« Elle était prise dans l’engrenage. Il semblait également vain à présent de se plaindre du lieu de réception de la marchandise à Londres. »
« Dans sa tête, elle s’était toujours représenté sa situation comme un piège, mais en fait il s’agissait d’un filet. Un filet qui se resserrait à chaque fois qu’elle essayait de se dégager. »

Les poursuites judiciaires contre Agla, l’amie de Sonja, sont difficiles à comprendre techniquement, mais ses réactions sont bien racontées.

Fini le 2/12/2025

mardi 2 décembre 2025

Tape-cul de Joe R. Lansdale

(Série Hap Collins et Leonard Pine, 1998, Rumble Tumble traduit de l'américain par Bernard Blanc, Gallimard, Série noire, 2004)

Hap et Leonard aident Brett à retrouver sa fille Tillie pour la sortir de la prostitution.
Ils commencent par acheter des armes sans identifiant chez Haskel qui les mène à son hangar « climatisé » où Leonard se fait remarquer.
« — J’aime pas voyager aussi loin, à moins d’avoir un billet d’avion et un steward sur les genoux, assure Leonard.
Haskel le considéra :
— Vous voulez dire une hôtesse de l’air, n’est-ce pas ?
— J’crois pas, répondit Leonard. »

Ensuite, ils rassemblent : « Un videur de l’East Texas [Hap], un pédé noir, une ancienne miss Patate Douce, un tueur à gages à la retraite et ancien pasteur d’un mètre quatre-vingt-dix [Herman chasseur de chiens de prairie], et un nain roux de mauvaise humeur [Red]. »

Dans la bagarre Hap est blessé.
« — Tu seras bientôt sur pied, Hap.
— Tape-cul, dis-je, me souvenant du nom que Red avait donné à une mauvaise bagarre. Tape-cul. »

Le tatou suit Leonard qui l’adopte comme son fils le surnommant Bob.
« — Tu gardes ton gros rat blindé à l’écart du salon, dis-je. […]
— Il estime que c’est SON canapé, dit Leonard. »

Fini le 1/12/2025

lundi 1 décembre 2025

Les enfants du Cap de Michèle Rowe

(Une enquête de Persy Jonas, 2013, What hidden lies traduit de l'anglais Afrique du Sud par Esther Ménévis, Albin Michel, 2016)

Devenue officier de police, Persy a oublié son enfance de métis à l'époque de l'Apartheid. En enquêtant sur le meurtre d'un ancien professeur Andy Sherwood, elle doit trouver Sean Dollery, son ami d'autrefois, devenu dealer. Le lecteur sait qu'il soudoie l'inspecteur Mhlabeni pour se protéger de la justice.

Le commissaire Titus oblige Persy à « travailler » avec Marge Labuschagne, une ancienne psychologue criminelle. Toutes les deux doivent subir des souvenirs traumatisants. Pour Persy :
« Il [Ivor Reitz] a construit des écuries pour ses chevaux de riche sur la terre de mon grand-père ! […] Poppa y cultivait des légumes et des fleurs, et son père aussi avant lui. […] Ensuite, il a été obligé de réparer des filets de pêche et de faire des petits travaux pour survivre, pendant que cet enculé roule en Range Rover et déguste du vin sur son stoep [véranda] ! »
Pour Marge, les fausses accusations de pédophilie contre Sherwood.

Se mêle également à l’histoire, ceux qui veulent bâtir des riches demeures au lieu de laisser la nature tranquille.

Fini le 30/11/2025

vendredi 28 novembre 2025

Le détective chauve de Anna Grue

(2010, Den skaldede detektiv traduit du danois par Frédéric Fourreau, Gaïa polar, 2015)

« Lene et Thomas sont tous les deux des personnages publics […]. Thomas, en tant que député, est le plus connu. Si tout se passe comme le prédisent l’opposition et les sondages […], il est notre prochain Premier ministre et il y a de fortes chances qu’il se soit fait quelques ennemis […]. » « Quant à Lene, elle préside la Société des propriétaires de jardins écologiques […] a déclaré la guerre aux agriculteurs traditionnels […]. […] qu’elle aussi ait quelques ennemis. »

La vengeance est la première hypothèse de Dan pour expliquer la mort de leurs enfants, Rolf et Gry, et la menace qui pèse sur Malthe, leur dernier fils, qui va bientôt avoir l’âge où son frère et sa sœur sont morts, soit « seize ans et vingt-sept jours ».

Cette intrigue est bien montée. Les réflexions de Dan, ses recherches, ses découvertes, ses intuitions… servent à l’inspecteur Flemming et toute son équipe. Ils fouillent notamment tous les carnets et albums de Morgens, le « pauvre petit homme souffrant de troubles mentaux a été assassiné ». Il avait l’habitude de beaucoup photographier, notamment les plaques d’immatriculations particulières.

Le pasteur Arne et, son épouse, Vibeke sont bien sollicités.
« […] à propos de Rolf et Gry Harskov et du bedeau puisqu’elle les avait très bien connu tous les trois. » et elle voit régulièrement Malthe qui promène Oskar, le chien du presbytère.

Malthe confie : « Je suis sur un nuage. Se faire dépuceler à Roskilde. Ça, c’est rock’n roll ! »

Fini le 28/11/2025

mercredi 26 novembre 2025

Adios Viracocha de Zolma

(Le retour de Lily Verdine, Jigal, Polar, 2010)

« Viracocha, Dieu barbu créateur qui commandait au soleil. » C’est le surnom que Lily donne à son Juan-Manko qui la quitte, obligé de rejoindre son pays, le Pérou.

Hubert Renault, directeur des éditions à son nom, est le frère de Yves Renault — Run —, dessinateur retrouvé assassiné dans son chalet des Corbières. Il vient solliciter Lily pour retrouver le meurtrier Thomas Carayol qui assistait Yves.
« — Thomas Carayol, l’homme qui entretenait la maison. Un jeune qui avait failli mal tourner, recruté par mon frère, au début pour les travaux de jardinage et d’entretien. Et un jour, […] il a découvert que le type avait du talent pour le dessin et il n’a utilisé. »
« — […] au départ de Jean-Michel Char, Yves et moi avons créé notre propre maison d’édition. […] Les albums se vendent correctement, mais la critique n’est pas tendre. Beaucoup considèrent que c’est Jean-Michel qui donnait le ton, la couleur à leurs œuvres. »
« — Ma belle-sœur a épousé Yves à l’âge de vingt ans. […] Ils ont eu deux garçons, Hugo et Martin. Hugo, l’ainé, je l’emploie malgré son incompétence. Un vrai fils à papa, totalement incapable de quoi que ce soit. Le plus jeune Martin, c’est pire. »

Lily part sur les traces de Thomas, jusqu’en Hongrie. Elle interroge tous ceux qui l’ont connu et les objets qu’elle trouve.
« […] c’est un instable, le jeunot […]. Après la fugue éperdue qui semble maintenant le ramener à la niche. Et l’enclume, là-dedans ? Elle ne trouve pas sa place, évidemment, elle est plus encombrante que l’Opinel. »

Avec son ami Philippe — et sa Kalachnikov —, elle suivra la « Croix de saint Pierre ».

Fini le 25/11/25

lundi 24 novembre 2025

Si les chats pouvaient parler de Piergiorgio Pulixi

(La Librairie des chats noirs, 2025, Se i gatti potessero parlare traduit de l'italien par Anatole Pons-Reumaux, Gallmeister, 2025)

Marzio Montecristo, stimulé par sa Patricia, accepte de participer à la « tournée » organisée pour célébrer le dernier livre de Aristide Galeazzo, auteur de romans policiers, qu’il n’apprécie pas du tout.
« — […] Arrêtez de pasticher Simenon. […] Regardez-le. Il s’habille comme Simenon. C’est franchement pathétique, sauf votre respect bien sûr. » et même il fume la pipe.

Ils vont retrouver sur le bateau, « Mise en abyme », de l’éditeur français, Michel Anastasia avec son mari Thibault, Gianroberto Polpicella, qui a publié tous les livres du héros Brizzi, avec son entourage.

L’inspecteur Caruso y accompagne Marzio opportunément pour interroger ces gens après l’assassinat d’Aristide, mort empoisonné dans la « bibliothèque » du bateau, alors qu’il écrivait.
« Flavio s’approcha. Le libraire désigna la phrase barrée d’un trait de sang : “Il n’y avait plus rien à faire sinon… mourir. Une pluie légère se mit à tomber, et ce fut son extrême-onction.” […] Toujours en lettres de sang, quelqu’un avait écrit sous ce paragraphe le FIN en majuscules. »

Ni les éditeurs, ni l'épouse et sa fille, ni la responsable du marketing, aucun ne voulait perdre de l'argent si Aristide faisait mourir son héros. Le photographe présent sur le bateau se révèle être détective et facile à séduire. Les chats sont du voyage et se promènent un peu partout même dans la bibliothèque où règne l'odeur du tabac à pipe.

Fini le 23/11/25

samedi 22 novembre 2025

Chambre 1002 de Chrystine Brouillet

(Ramsay, 2020)

Ce livre est « un hommage à l’amitié par l’évocation des goûts et des parfums », écrit l’auteur.

Ce roman n’est effectivement pas un polar, même si le coupable aurait bien voulu aboutir à la mort. Le lecteur sait son nom depuis le début, le suspense repose en quelque sorte sur la sortie du coma de Hélène, la célèbre cuisinière lauréate d’un prestigieux prix, à la suite d’un accident de voiture.

Dans cet hôpital de Montréal, son entourage va se mobiliser pour fabriquer des plats au parfum attrayant susceptible de la réanimer.
« — Au début, nous étions les seules à expérimenter l’aromathérapie, dit Gabrielle [l’actrice] qui sourit en voyant Mitchell [le policier enquêtant sur l’accident] froncer les sourcils.
— L’aro quoi ?
— La thérapie des odeurs. On espère que, à force de faire respirer des parfums appétissants à Hélène, on réussira à la réveiller. On lit aussi des romans où il est question de gourmandise.
— […] on prépare les mets, on les lui fait sentir et ensuite on les partage. Au début, il n’y avait que nous [les Muses]. Puis Suzanne [l’infirmière en chef] a apporté ses biscuits à la cannelle et son fudge […].
— Et on a Francesca de chez Strega [le restaurant d’Hélène] qui nous a offert un sublime napoléon aux fruits d’hiver. […]
— Il n’y a que son neveu [Julius] qui n’apporte rien, fit remarquer Vanessa [son infirmière]. Il entre dans sa chambre avec son café, reste dix minutes et repart. »
Celui qui viendra d’Alsace saura lui ouvrir les yeux.

Les multiples personnages sont bien typés sans caricature, bien humains, chacune des amies présentée avec son caractère, ses faiblesses. Il y a aussi Auguste, le clown de l'hôpital, le Dr Mathieu tous les deux très secrets. L’équipe de Alex Mitchell, chacun-e avec ses particularités, etc.
Cette galerie de personnalités permet à l’auteur d’aborder de nombreux thèmes : l'amitié, la solidarité, la générosité, l'amour, la résilience, l'espoir, les secondes chances, l'homosexualité, la cupidité…

Fini le 21/11/25

vendredi 21 novembre 2025

Albertine a disparu

(Glénat, 2025)

Scénario :
Vincent Guerrier, rédacteur en chef du journal Le Perche, un hebdomadaire de Normandie.
François Vignolle, coordinateur des enquêtes police et justice à RTL/M6.
Dessin : Vincenzo Bizzarri

Monsieur le Maire de Courteville se soucie de ses anciens.
« L’histoire racontée ici est inspirée de faits réels. […] nous avons pu reconstituer au plus près les dernières années d’Albertine. »

Fini le 21/11/2025

jeudi 20 novembre 2025

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman

(2014, Dry Bones in the Valley traduit de l'anglais États-Unis par Alain Defossé, Actes noirs, 2018)

L'agent Henry Farrell est le seul policier du canton de Wild Thyme, dans le nord de la Pennsylvanie. À la sortie de l'hiver, quand la neige se transforme en boue, plusieurs cadavres vont l'obliger à faire appel à Nicholas Dally, le shérif du comté de Holebrook.

Le premier mort est « un jeune homme, torse nu ». « Son corps émergeait à demi d’une cavité dans le sol […]. Le bras, l’épaule, et le partie haute de son torse, sur le côté gauche, avaient disparu […]. »
Le deuxième est l’adjoint d’Henry. « George Ellis s’est fait descendre, hier soir, on lui a tiré dessus. »
Et puis celui du titre en anglais…

Les policiers vont interroger les ouvriers du « puits d’extraction ».
« […] mis en place une ligne de plusieurs forages qui couraient vers l’est, tous reliés à un gros pipeline qui partait au sud. Le coin était sympa. Ils avaient installé les puits à l’écart de la route, au sommet de collines entourées de bois, donc ça allait, le paysage était pas entièrement ravagé. »

Henry raconte aussi ses souvenirs, la mort de sa femme, son enfance dans ce village, ceux qui étaient ses amis, notamment « Finbar Nolan Sr. ». Pendant ses visites aux habitants, il vérifie les armes des uns et des autres, quêtant un « fusil à silex ».

Fini le 19/11/2025

lundi 17 novembre 2025

Panier de crabes de Christian Drillaud

(Éditions Les 2 Encres, Sang d'encre, 2012)

Ce livre simple rend l'intrigue claire et la lecture agréable. Simon Segré, détective privé, est sollicité par son ami, Antoine, commissaire divisionnaire à Paris, pour comprendre le décès d'un « inspecteur stagiaire […] retrouvé mort noyé » à Royan. Évidemment le commissaire de la ville, Maurice Janson, lui met beaucoup d'obstacles et Simon va enquêter tout seul. Il va découvrir une haine entre mère et fille, pour des questions d’argent mal gérées.
« Nul doute que l’impossibilité de faire fructifier leurs terrains suite à la donation vengeresse de Raymond [l’ex-marin a fait don de sa parcelle au « conservatoire du littoral »] était à l’origine de cette cessation d’activité. […] Des sommes importantes devaient être en jeu et la vie d’un homme ne pesait pas bien lourd dans la balance du profit. »

Il rencontre Éva Carrais, « gavée de médicaments ».
« — Les preuves, les preuves ! répondit-elle en essayant péniblement d’élever la voix, je le sais, c’est tout ! »

Fini le 17/11/2025

Aveuglément de Laurence Voïta

(Éditions Favre, 2023)

Dans cette petite ville au bord du lac en Suisse, des copains de dix ans — Rosa, la fille de Zoran, Justin, le fils de Marco, Léo, le fils d'Eloïse, et Margaux — essaie de comprendre ce que veux cet homme présent tous les jours à l'entrée de leur école. Marco est vite reconnu par ceux de sa génération, dont Claire son ex-épouse.

Sur un banc, José — devenu aveugle suite à une maladie — rencontre Mathilde et ensemble ils vont bavarder agréablement. L'histoire dévoile petit à petit le passé, les liens entre Marco et les autres, sa mort… Tout s'accélère quand Rosa disparaît.

L'ex-commissaire Bruno Schneider et l'inspecteur Sophie Costa vienne enquêter.
« Sophie regarde son chef. Il est impassible, mais il y a cette façon de contracter le menton de manière presque imperceptible, en serrant peut-être simplement les dents, qui est le signe qu’il est non seulement concentré mais aussi de toute évidence prêt au combat. »
« — Tu ne l’aimes pas, cet homme ? […]
— Je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais jeune, c’était un salopard. De la pire espèce. De ceux qui ne s’attaquent toujours qu’aux plus faibles. »

Les sous-entendus obscurs sur leurs précédentes enquêtes font regretter que ces livres ne soient pas disponibles en France.

Fini le 16/11/2025

samedi 15 novembre 2025

Des phalènes pour le commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

(Série Commissaire Ricciardi, 2015, Anime di vetro. Falene per il commissario Ricciardi traduit de l'italien par Odile Michaut, Rivages/Noir, 2020)

La comtesse vient trouver le commissaire pour qu'il enquête sur le meurtre dont son mari s'accuse, alors qu'elle sait qu'il n'a pas pu le faire.
« Voyons si j’ai bien compris, dit Ricciardi […], l’enquête est close, un homme attend son procès, il est en prison depuis plusieurs mois, il a avoué et confirmé ses aveux en fournissant des détails sur la façon dont s’est produit le crime. Tout le monde le croit, y compris son avocat, mais vous, toute seule, vous affirmez que les choses se sont passées différemment. »

Il commence par écouter les explications de son ami le légiste Bruno Modo.
« Juste ce coup. » « La blessure était nette, un trou […]. » « Pas un couteau, et encore moins un coupe-papier. Une plume, peut-être, probablement même. »

C'est une histoire languissante, avec des interludes poétiques, des questionnements sur des amours — Livia ulcérée d'être repoussée, Enrica appréciant son Manfred — et toujours l'obsession de Ricciardi pour ses morts.
« […] Ricciardi se sentait déboussolé. Sacrifice et renoncement, c’était écrit sur le mur du parloir. Était-il possible que pour aimer il faille souffrir autant ? »

Fini le 14/11/2025

jeudi 13 novembre 2025

Distrayons-nous avec ce verbicruciste

« Ah ! elle rit de se voir si Bel dans ce fromage ! », évidemment la « Vache ».
« Changez E-Î en A-Ô pour trouver son auteur. », subtilement « Epître » écrite par l’apôtre.

Vertical 2. « On devrait plutôt dire “écrase-patates”… », bien sûr au lieu de « Presse-purée ».
Vertical 3. « … puisque ceci est le résultat de l’écrasement et non la matière écrasée. », la « Purée ».

Grille 7* finie le 13/11/2025

Les Morts particulières de George Baxt

(Série Pharoah Love, 1994, A Queer Kind of Love traduit de l'anglais par Erick Grisel, Le Masque, 1996)

Les jumelles sont mortes noyées après avoir été violées pendant la « réunion » organisée par Marco Salino. L’inspecteur Pharoah Love va enquêter avec l’aide de son coéquipier Albert West dans ces milieux mafieux. Le meurtre des « hommes de main » de Marco les obligent à rencontrer ses connaissances. Rita, patronne d’un bordel, qui s’occupait des jumelles ; Adelaïde Benarro, dont le mari a été également tué ; et Natalya, venue de Russie.

La traduction rend assez bien son accent quand elle raconte à Pharoah sa vie entre Sergueï et Marco.
« — Je dirai que c’iest comme deux politiciens […]. Quand ils ont besoin l’un de l’autre, ils font croire qu’ils s’aiment. Ils ont conclu sûrement une espèce de martchié. Quand le martchié est fini alors ils se font peut-iêtre la guierre. » « Ces crimes embiêtent Marco pas seulement parce qu’il perd des tueurs avec du talent mais parce qu’il n’y a pas d’agence de recrutement qui fourrrnit les jeunes gangsters. »

Dans la rue, Pharoah croise régulièrement un clochard qu’il surnomme « le Spectre Gris » atteint du « syndrome de Tourette ».

Fini le 12/11/2025

lundi 10 novembre 2025

Leo de Deon Meyer

(Série Benny Griessel, 2023, Leo traduit de l'afrikaans par Georges Lory, Gallimard, Série noire, 2024)

L'histoire commence par un casse flambant auquel participe Chrissie et elle terminera par un crash doré en avion, parce que dit-elle : « Putain, il n’y a rien de plus excitant que de rester debout face au lion qui te charge […]. »

Pendant l'enquête sur le meurtre de Basie Small puis celui de Dineo Phiri, Benny prépare son mariage avec l'aide de Cupido et de sa fille Carla. Son fils, Fritz, aide à la préparation d'un « enterrement de vie de garçon sans alcool et plein de musique ».

La colonel Mbali Kaleni résume ainsi l’intrigue : « Lui [Phiri], comme l’ancien Premier ministre du Free State, les Chanda et bien sûr l’ancien président Zaca, voilà ceux que nous pourchassons. […] Le réseau derrière la captation de l’État. » « Comme les commissions d’enquête l’ont indiqué, ils ont dérobé tous les biens publics sur lesquels ils ont pu mettre la main. Phiri […] était l’homme qui savait où se cachaient les milliards, comment les transférer et les blanchir […]. »

C’est un livre copieux, moins intéressant que les autres pour la vie dans ce pays, mais la lecture reste agréable, même si les motivations des « Recces », les anciens du régiment des « Forces spéciales », pour vouloir tuer tout le monde, restent un peu obscures.

Fini le 10/11/2025

vendredi 7 novembre 2025

Le Palais de l'infortune de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2023, So shall you reap traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy noir, 2024)

Le Sri Lankais, retrouvé mort dans le canal, logeait dans le jardin du « palazzo Zaffo dei Leoni » en échange des services qu’il rendait au professeur Molin, le propriétaire.
Dans la maison d’Inesh Kavinda, Brunetti trouve parmi les livres un « album » contenant des documents sur la période des « Brigades rouges » et un livre sur « l’exhortation à une violence extrême ».
« […] puis il rangea les livres sur l’étagère, curieux de comprendre comment et pourquoi un Sri Lankais bouddhiste avait ce genre de textes dans sa bibliothèque. »
Puis il fait connaissance avec la sœur qui s’occupe du jardin du couvent voisin, séparé par un petit mur, qui lui raconte que l’abandon touffu de celui du palazzo est voulu et que Sara, la chienne, n’y est pas la bienvenue.

À la fin « [Sara peut] courir librement dans le jardin du couvent, ce qui lui permet de passer d’un jardin à l’autre à son gré. À l’instar des aristocrates des siècles passés, elle sait apprécier aussi bien l’agencement formel et la netteté de sa résidence citadine que la végétation sauvage de sa maison de campagne. »

Fini le 6/11/2025

mercredi 5 novembre 2025

Les milices du Kalahari de Karin Brynard

(2009, Plaasmoord traduit de l'anglais Afrique du Sud par Estelle Roudet, Seuil policiers, 2016)

Dans ses remerciements, l'auteur précise : « Pour la rédaction de la version originale en afrikaans, Plaasmoord, je dois un grand merci à Deon Meyer […] » [ce mot se traduirait en français par “meurtre à la ferme”].

L'inspecteur Beeslaar a été relégué dans la campagne à côté de la ville d'Upington, dans le nord du pays.
« […] en pur produit de la ville [Johannesburg], il n’était pas à son aise dans ce monde de fermiers et de bétail, de chemins de ferme et de sable, de serpents et de chaleur-suffocante-sans-clim. »
« […] croyant naïvement mettre le cap sur un boulot tranquille dans un coin paumé et sans histoire, [quand] la merde avait éclaté […]. »
« Ça avait commencé par une vague de vols de bétail sans précédent. […] Et puis, une quinzaine plus tôt, deux ouvriers agricoles avaient été sauvagement assassinés à Vaalputs. »
« […] Albertus Markus Beeslaar, était resté planté là, les bras ballant. Alors que tout le monde comptait sur lui, lui le nouveau […], le Grand Homme de la Grande Ville. »

Il doit maintenant enquêter sur le meurtre de Freddie, une artiste peintre, et de son enfant adopté. Avec le sergent Gershwin Pyl et l’agent Ghaap, il va rencontrer et interroger : Boet Pretorius, un “riche” fermier ; Nelmari Viljoen, une battante entrepreneuse qui s’intéressait aux œuvres de Freddie ; et d’autres, dont Buks Hanekom, le chef des factieux, qui « essaie d’empêcher un génocide ! […] contre moi et tous les Afrikaners persécutés ! […] victimes d’un plan rusé pour faire disparaître la nation boer ».
Il doit aussi tenir au courant son chef, le superintendant Mogale.
« Il avait encore plus de questions que de réponses. Le Grand Espoir blanc de Johannesburg en route pour rencontrer le Grand Éléphant noir d’Upington […]. »

Dans les chapitres intermédiaires, Sara, la sœur de Freddie, rejointe par son ami Harry, raconte sa vie, celle de sa famille et l’intérêt de Freddie pour « aider les Griquas dans leur revendication territoriale ». Elle apprécie les histoires du contremaître de la ferme, Dam de Kok « juste un Bushman ordinaire du Kalahari ».

Un livre épais, dense, mais une lecture passionnante sur le vie des habitants de ce lointain pays.

Fini le 4/11/2025

dimanche 2 novembre 2025

Ombres et poussières de Antonio Manzini

(Une enquête de Rocco Schiavone, 2017, Pulvis et umbra traduit de l'italien par Samuel Sfez, Denoël, Sueurs froides, 2022)

Rocco s'habitue à Aoste et à son équipe. Après la découverte du cadavre, il les réunit au bistrot.
« Nous disposons de désespérément peu d’éléments pour identifier notre victime. On sait qu’elle a mangé des sushis, qu’elle allait à la gym et qu’elle a subi de nombreuses interventions chirurgicales. De plus, à en croire le juge Baldi, qui n’a pas tous les torts, de nombreux trans se prostituent pour vivre. »

Quand la victime est bien identifiée, Rocco rencontre ses voisins, dont Bernardo Valenti.
« — […] vous avez réussi à perdre votre accent. […] j’ai remarqué que dans beaucoup de villes du Nord, au bout de quelques années, on a tendant à prendre l’accent du coin. Va savoir, peut-être pour se cachet ?
— Se cacher ? demanda Valentini.
— Se camoufler. […] Où êtes-vous né ? […]
— Vous avez l’oreille fine. Bon, si je vous dis que quanno pullecenella pigliaje ’a carrozza, ’o vedettero tutte… [en note, dicton napolitain : “Quand Polichinelle prend la voiture, tout le monde le voit”.] »

Pendant cette enquête, Rocco suit aussi le devenir de ses amis à Rome, mais « ce voyage épuisant s’était soldé par trois défaites, amères et définitives », avec « cette sensation d’être surveillé à chaque pas ».
« Rocco détestait viscéralement l’idée d’être une bactérie sur une lame de verre. »

Fini le 31/10/2025

* Ce livre est le dernier de la série traduit à ce jour.

mercredi 29 octobre 2025

La bête est revenue, été de plomb en Auvergne de Jérôme Maufras

(Éditions Wartberg, Zones noires, diffusion Sofédis, 2015)

Présentation du livre :

« Été 1963. Une série d’agression sexuelles et de meurtres endeuillent la vallée du Mars dans le Cantal. Une mystérieuse bête […] est abattue quelques mois plus tard. […] Été 1983. […] la tranquille bourgade de Mauriac est secouée par une série d’agressions. […] des jeunes femmes blondes sont visées. »

Le prêtre Gabriel Garelli, nouvellement nommé dans cette ville, va devoir comprendre ce qui se passe après une confession. Son amie, le lieutenant de gendarmerie Jonak, le rejoint pour l’aider.

L’intrigue est bien montée, les personnages vrais, le maire est crédible dans son rôle de tout puissant exigeant. Les pensées de Garelli peuvent sincèrement être celles d’un religieux. Les femmes, par contre, sont stéréotypées en « blondes ».

Un viol a des conséquences.

Fini le 28/10/2025

lundi 27 octobre 2025

Sans passé de Alafair Burke

(2022, Find Me traduit de l'anglais États-Unis par Manon Malais, Presses de la Cité, Sang d'encre, 2023)

L'intrigue repose sur l'amnésie de « Hope » rescapée d’un accident. C’est une histoire très états-unienne vue, revue, rebattue, sans aucun intérêt. Le suspense est entretenu par des incohérences pénibles [à la fin il paraît que Hope avait en fait reconnu Alex, donc… pourquoi son comportement ?] et par des allers-retours de autrefois — dans le Kansas —, à maintenant — New York —, vraiment trop brouillons.

« […] elle était persuadée d’avoir été impliquée dans quelque chose de dangereux avant son accident, et justifiait ainsi sa crainte envers la police. Même le père de Lindsay [policier] avait mis un certain temps à gagner sa confiance. Après tout, on l’avait trouvé à bord d’une voiture volée, sans papiers, avec seulement un sac en plastique rempli de vêtements dans le coffre. »

La relation d’amitié-amour entre Hope et Lindsay fait vraiment trop ajout pour être à la mode. La description de leurs comportements est bâclée vraiment pas sincère.

Fini le 26/10/2025

samedi 25 octobre 2025

La Main de Dieu de Valerio Varesi

(Série commissaire Soneri, 2009, La mano di Dio traduit de l'italien par Florence Rigollet, Agullo noir, 2022)

Soneri s'installe pour un temps dans la montagne à Monteripa, le petit village où le mort, Malpeli, avait son usine d'embouteillage. Il y rencontre don Pino, le prêtre de la paroisse, Afro, le garde forestier, Ribot, un des « Faunes » et bien d’autres, notamment Rasmi, le contremaître de l’usine.

Il dirige l’enquête par téléphone, joignant principalement les carabiniers. L’adjudant-chef Nunziata lui transmet un de ses avis.
« […] tu as remarqué qu’il y a toujours de l’eau dans cette histoire ? Malpeli emporté par le courant, les os du cimetière traînés jusqu’à Pastorello, la camionnette de Breviglieri… De l’eau qui court et qui voyage dans des camions, et qui va toujours en aval. »

Angela, venue le rejoindre, étudie les documents de l’avocat.
« Ces sociétés se soutenaient toutes les unes les autres, je ne comprends même pas comment elles ont réussi à s’en tirer. »

Prévoir d’utiliser cet argent pour construire une piste de ski ne plait pas à certains.
La colère explose avec un « crucifix ».

Dans ce livre également, un mot rare.
« Cet homme, reprit-il [don Pino] en alludant à Magnaschi comme s’il n’était pas là, a toujours joué le jeu […]. » Le verbe “alluder” signifie “faire allusion”.

Fini le 24/10/2025

jeudi 23 octobre 2025

Serial tattoo de Sylvie Allouche

(Commissaire Clara Di Lazio, Syros, 2020)

Dès le prologue, le lecteur sait que Louise s'est mise en danger pour retrouver Shaïna. La suite raconte le travail des policiers pour les sauver.

Les autres personnages sont sans consistance. Michka, le larbin du riche russe Alexis Parov, est présenté uniquement intéressé par le fric, alors que c'est lui qui doit trouver et préparer les futures victimes. Sa façon de persuader Anya de faire son « chef-d’œuvre », la fresque en tatouages, montre qu’il serait capable d’éprouver quelques sentiments.

Rasta et le Ténor, les gardiens, n’ont aucune autre description que leur violence, ce qui les rend parfaitement transparents et sans intérêt. De même les « gras du bide » trop riches sont présentés uniquement intéressés par la « tuerie ».
« — Et nous avons même choisi… le motif qui nous a laissés bouche bée et que j’ai sobrement intitulé Hurlement.
Shaïna. »

Le suspense est entretenu uniquement en faisant faire n’importe quoi à Clara, par exemple, sa façon illogique d’interroger Anya n’est pas digne de son savoir-faire habituel.

Fini le 22/10/2025

mardi 21 octobre 2025

Silentium ! de Wolf Haas

(Série policière Brenner, 1999, Silentium! traduit de l'allemand Autriche par Marie Reygnier, Rivages/noir, 2004)

Un « Je » raconte à un « Tu » l’enquête du détective Brenner à Salzbourg. Un cadavre est trouvé au Marianum, un institut religieux pour garçonnets. En arrivant Brenner sent les odeurs.
« Tu me croiras si tu veux, mais dans cette forteresse chaque étage avait son odeur. »
Il est reçu par le directeur du séminaire, « le jeune » Regens, le vieux préfet « au bec-de-lièvre » et le préfet du sport Fitz — abréviation du prénom donné par sa mère grande admiratrice de John Fitzgerald Kennedy —.

Les sacs plastiques jouent un grand rôle dans l’intrigue.
« Même dans ces circonstances, le préfet n’avait pensé qu’aux enfants. On ne se refait pas. Brenner n’insista pas pour connaître la raison du carnage. […] Il a continué à sortir des sacs en plastique d’autres sacs en plastique parce qu’il avait l’impression que le dernier contenait quand même quelque chose. »
L’un d’eux va servir à René.

Fini le 21/10/2025

lundi 20 octobre 2025

L'Épreuve du feu de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2024, A Refiner's Fire traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy noir, 2025)

Cette histoire contient plus de réflexions implicites entre le « commissario » et la « commissaria » que dans les précédentes. Claudia Griffoni raccompagne chez lui Orlando, un des jeunes arrêtés par la police « comme membre d’un baby gang ». Dario Monforte, son père, réagit par la menace, les policiers n’ayant pas respecté les règles en rencontrant le jeune Orlando.

Brunetti va donc enquêter sur lui, considéré comme un héros des « carabinieri » envoyés en Irak pendant la guerre.
« Qui lui avait attribué cette gloire… ? Qui avait colporté en Italie la nouvelle de sa bravoure ? Les survivants, en parlant à leurs familles ? Les hommes qui étaient allés secourir les blessés, après que les incendies avaient été maîtrisés ? Ceux qui étaient allés chercher les morts ? Les deux hommes qu’il avait extraits des flammes ? »

Pendant ce temps, des adolescents se réunissent en « gang », les « Lions de Venise » contre les « Lions du Lido ». Gianpaolo — le jeune voisin violent de Enzo Bocchese, directeur du labo de la police — les convoquent dans une usine désaffectée — que Brunetti, Griffoni et des agents vont espionner —.
« Ah, pensa Brunetti, un vrai petit génie de la politique, ce garçon : dès que tu peux fédérer tes acolytes contre un ennemi commun, quel qu’il soit, tu les as dans ta manche et tu peux en faire ce que tu veux. »
« Ainsi étaient-ils en train de réaliser le GRAND événements qu’ils voulaient offrir à la ville, telle une prouesse. »

Fini le 19/10/2025

samedi 18 octobre 2025

Un seul œil de Michèle Pedinielli

(Cycle Boccanera, L'Aube noire, 2025)

Les amis de Diou sont menacés comme elle. Daniel est hospitalisé dans le coma. Alexa, la femme de Jo, est tuée. Quels liens y-a-t'il entre ces victimes, Diou et Jo ?

Antoinette, la sœur de Jo, les rejoint à Nice.
« — Je ne veux pas dîner, Ghjulia. Je veux t’enlever l’Œil. […]
— Ecoute-moi : tu as un cocard parce que quelqu’un t’a agressée à coups de casque, ton colocataire est retrouvé inconscient quelques jours plus tard. Puis c’est Alexa qui est assassinée et ta voisine qui fait un malaise. Tu ne crois pas que quelque chose s’en prend à toi ? Quelqu’un te veut du mal, Diou, et t’a mis l’Œil. »

Pour se changer les idées, Diou va chez ses amies, au Travailleurs où est Esme et chez sa sœur Romy. Toutes les deux lui parlent de leur mère. Pour Romy :
« — Et ta mère, ça va ?
— Comme toujours. Elle est à bloc sur la prochaine procession. Tu sais qu’elle fait partie des Pénitents blancs ? C’est drôle, quand j’étais petite, je ne comprenais pas et croyais qu’elle faisait partie des pélicans blancs […]. En ce moment, c’est l’effervescence avec leur histoire de relique. […] Ce satané morceau de croix ! Qu’est-ce qu’elle nous gonfle avec ça ! Mais pas autant qu’avec le père Jean-Jacques […]. »

Dans les chapitres intermédiaires, Daniel raconte son passé à Paris avec un de ses amants, William.

« Carthage n’est pas tombée. »

Fini le 17/10/2025

jeudi 16 octobre 2025

Il était une fois l'inspecteur Chen de Qiu Xiaolong

(Série Chen Cao, 2015, Becoming Inspector Chen traduit de l'anglais États-Unis par Adélaïde Pralon, Liana Levi, 2016)

L'histoire des débuts de Chen, engagé par le commissariat pour traduire de l'anglais des procédures policières, il s'intéresse au meurtre de Fu, un commerçant, « spolié sous Mao puis réhabilité et grassement indemnisé » qui a même retrouvé le diamant de son épouse décédée. Les anciens « Gardes rouges » maintenant inemployés sont d’abord visés. Il y a aussi les enfants qui ont renié leur père, mais attendent l’héritage, notamment le second mari.

Dans un dernier chapitre Fragment autobiographique, l’auteur raconte son expérience pendant la « Révolution culturelle » et comment il a survécu, son père étant considéré comme un « monstre noir ». Il détaille certaines recettes au nom étrange qu’il goûte avec son ami Lu. 

Fini le 15/10/2025

mardi 14 octobre 2025

Une illusion d’optique de Louise Penny

(Une enquête de l'inspecteur-chef Gamache, 2011, A Trick of the Light traduit de l'anglais Canada par Claire Chabalier et Louise Chabalier, Actes noirs, 2016)

Encore un cadavre à Three Pines, village bien connu de Gamache et de l'inspecteur Jean-Guy Beauvoir. Ils vont enquêter auprès de tous ceux qui connaissent le milieu de l'art, car il s'agit de Lillian Dyson, ancienne artiste, puis critique acerbe, enfin AA, son corps étant retrouvé dans le jardin de Clara Morrow, peintre venant de connaître la célébrité avec une exposition « en solo ».

« — Dans cette affaire de meurtre, il est question de contrastes, dit Gamache d’une voix basse, douce. De sobriété et d’alcoolisme. Des apparences et de la réalité. De changement, en bien ou en mal. De jeux d’ombre et de lumière. […]
— Un mot a été utilisé à votre vernissage, dit-il en se tournant vers Clara, pour décrire vos peintures. […]
— Chiaroscuro. Ce qui veut dire “clair-obscur”, l’effet de contraste produit par les parties sombres et les parties éclairées dans un tableau. »
« — Ce que nous avions de la difficulté à déterminer, c’était si Lillian Dyson avait été sauvée. Avait-elle changée ? Ou s’agissait-il seulement d’un faux espoir ? Elle était une alcoolique. Une femme cruelle, amère, égocentrique. »
« — Lillian avait-elle changé ? […] — […] s’agit-il d’un réel espoir ? […] — Ou seulement d’une illusion d’optique ? »

Fini le 13/10/2025

lundi 13 octobre 2025

La Lumière de Bornéo

(Le Spirou de… scénario Zidrou sur une histoire de Frank Pé, dessin Frank Pé, Dupuis, 2016)

Le scénario de ce livre reprend les histoires d'André Franquin : le dresseur Noé dans Bravo les Brothers et les champignons de l'album Il y a un sorcier à Champignac

Frank les a bien vieillis — Fantasio est chauve… —. Il reste toujours le plus merveilleux dessinateur d'animaux, son autruche est particulièrement expressive quand elle transmet des pensées à Fauvette.
« Fille égarée qui cherche son arbre… tes blessures, tes larmes… cette place froide à côté de toi… ta force, elle est là ! »
Et rend bien le talent de Bornéo pour illustrer le cirque.

Fini le 12/10/2025

vendredi 10 octobre 2025

Le Chant des morts de Jean-Paul Demure

(Rivages/Noir, 2014)

« Le Major Brett, en sept ou huit années de résidence, avait gagné l’estime un peu ironique du village. Il avait su tisser patiemment sa toile. Généreux sur les tournées au café-restaurant, généreux pour les kermesses de l’école et de l’église, serviable quand il s’agissait de descendre quelqu’un à Cannes ou à Nice pour une urgence. »

Mais, après la pluie, il découvre des restes d’un cadavre au pied de la haie sur sa terrasse. Voulant comprendre, il se met à dos les habitués de Fulbert, bistrot, il y a Toine, boulanger, Gervais, pharmacien, Dumont, notaire, Gustin, jardinier, et toujours prêt à intervenir Perlgra, le marguillier, avec René, le gardien du cimetière.
« La fine fleur de Briane. La Communauté. Les braves citoyens qui n’aiment pas les ennuis. »

« Une association culturelle qui entretient le vieux cimetière historique de Briane », nommée « Les Amis du Champ des Morts », a publié une annonce disant qu’ils « ont la tristesse de vous faire part du décès de leur généreux donateur Étienne Rambard ».

Fini le 9/10/2025

jeudi 9 octobre 2025

Le Noël du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

(Série Commissaire Ricciardi, 2011, Per mano mia traduit de l'italien par Odile Rousseau, Rivages, 2017)

C'est l'époque pendant laquelle il faut installer les plus belles « crèches » possibles. Le commissaire Ricciardi et son brigadier Maione trouvent la figurine de « saint Joseph » cassée sous la nappe supportant la crèche des Galofalo. Ricciardi va garder la signification de ses fragments pendant toute l’enquête pour trouver le coupable du meurtre de l’épouse et son mari.

Emmanuel Garofalo, un « centurion de la milice portuaire », se révèle être « une ordure de première », dit Bambinella. Il « rackettait » les pêcheurs qu’il était chargé de contrôler. Pour arriver à cette situation, il a accusé et fait licencier un milicien loyal, dont l’incarcération a poussé la femme au suicide.

Benedetta, la fillette des Garofalo, est accueillie par sa tante Veronica, une religieuse du « couvent des Sœurs réparatrices de la douleur de la bienheureuse Vierge Marie ».

La traduction rend bien le style émouvant de l’auteur, sa sincérité dans la façon de présenter les sentiments, les ressentis de ses personnages, les doutes de Maione, « la Chose » de Ricciardi, les appréhensions de Rosa, la décision d’Enrica…

Des chapitres intermédiaires racontent ce que font « les mains assassines » en train de préparer la crèche.
« Et elles finissent l’installation des plantes […]. […] Les plantes chassent les mauvais esprits qui envahissent les maisons, du jour des défunts jusqu’à l’Épiphanie. Dehors les mauvais esprits, pour Noël. […] Les mains assassines s’effleurent, satisfaites. »

Et aussi des descriptions à valeur poétique.
« Cet hiver fut surpris par la fin brutale du vent du nord : la température resta douce pendant plusieurs heures, comme si le climat regardait autour de lui, indécis, ayant oublié date et saison. »

Fini le 8/10/2025

lundi 6 octobre 2025

Tromperie de Andrea Maria Schenkel

(2013, Täuscher traduit de l'allemand par Stéphanie Lux, Actes noirs, 2020)

C'est le récit très factuel du meurtre de Clara et de sa mère. L'histoire commence, en mars 1922, par la réaction de l'épouse du policier Josef Wurzer à la vue d'un film particulièrement violent. Lors de son enquête, il remarquera que les coupables ont copié les techniques du film : coups de couteau pour Clara et baillons pour la mère.

Hubert Täuscher [qui signifie “trompeur” en allemand], le principal accusé, raconte dans ses chapitres que Clara ne lui faisait pas payer ses leçons de piano. Son ami, Luck Schinder, est lui intéressé par les bijoux.

Devant le « tribunal populaire de Landshut », ils se disent innocents. 
Aux questions du juge, Hubert s’entête :
« — Monsieur Täuscher, avez-vous conscience que vous êtes accusé de vol et de meurtre ?
— Je ne souhaite rien ajouter à ce sujet.
— Mais ces deux crimes sont liés, Monsieur Täuscher.
— Clara était en vie quand je suis parti, et c’est elle qui m’a donné les boucles d’oreilles. »

Fini le 5/10/2025

dimanche 5 octobre 2025

Beijing Blues de Charlotte Cahné

(Éditions du Masque, 2020)

Hadrien, le « junkie qui présente bien », vient à Pékin rejoindre son amie Eva pour une résidence d’artistes franco-chinois. Quand elle se retrouve arrêtée par la police pour être mêlée à un crime, il va utiliser ses compétences acquises dans son espionnage de dealers pour l’innocenter. Il rencontre Jeanne, une journaliste de RFI, dont l’assistant Chen est accusé du meurtre puisque la morte est son épouse Lin.

L’histoire raconte aussi la vie des jeunes Chinois, les exigences de leurs parents de la génération des « enfants uniques », pour leur travail et, en ce qui concerne Lin, donner un petit-enfant à sa mère.
Hadrien commente : « Si les Chinois vivaient l’enfer de la frustration, nous on vivait l’esclavage du réconfort. »
Mme Xu, la psychanalyste, parle de « pulsions destructrices » comme d’une « agressivité contre les parents retournée vers soi ».

Les personnages sont attachants, même Deng et ses obsessions.
« On peut tuer, vous savez, on peut tuer quelqu’un très jeune sans se mettre de sang sur les mains. Une mère peut le faire. Et la Chine est pleine de jeunes écartelés. Pas seulement des homosexuels, mais aussi des artistes, des hétéros, des musiciens. » Elle a connu « le jour de la honte ».

Fini le 4/10/2025

vendredi 3 octobre 2025

Mauvaise prise de Eoin Colfer

(Série Daniel McEvoy, 2013, Screwed traduit de l'anglais par Sébastien Raizer, Gallimard, Série noire, 2017)

Il y a quelques expressions bien humoristiques. Par exemple, la façon dont Edit Costello se présente à Daniel.
« — Costello ? je dis. Alors, vous étiez mariée au vieux Paddy [son grand-père] ?
— L’épouse numéro quatre. La première à lui survivre. […]
— Alors, vous n’êtes pas ma vraie grand-mère ?
— Non. Je suis d’un modèle plus récent. La version quatre point zéro. »
Ou le Mike [celui qui veut absolument le tuer] utilisant systématiquement le mot « apport-thunité ».

Cela ne rend pas l’intrigue plus intéressante. Les “bagarres” entre « types de la pègre » n’ont aucun motifs réels, et l’histoire étant racontée par “je”, on sait bien qu’il va y survivre quoi qu’il arrive. Les méthodes que Daniel emploie sont assez incongrues — par exemple, la clé des menottes dans le string — pour dynamiser un peu le tout.

Le lieutenant Ronelle Deacon est la bienvenue pour mettre un peu de réalisme dans tout ce fatras.
« […] la semaine a été dure pour moi. Je me suis fait kidnapper pour tourner un snuff movie. J’ai été torturé par des flics. Je me suis fait tirer dessus par des truands et j’ai perdu ma copine [Sonia]. »

Fini le 3/10/2025

Ne jamais couler de Marie de Brauer

(dessin de Lucy Macaroni, Leduc graphic, 2023)

Ce sujet pesant, sauvé par le liège, est bien illustré avec ces dessins légers, aériens, élégants. Les phylactères ondoyants et les tons pastels tempèrent les propos douloureux du texte.

Fini le 2/10/2025

mercredi 1 octobre 2025

Le couteau des sables de Minos Efstathiadis

(2020, Κβάντι traduit du grec par Lucile Arnoux-Farnoux, Actes noirs, 2023)

Cet ustensile sert à venger les femmes maltraitées par ces jouisseurs de jeunes vierges.

« […] Sarah manifestait depuis son plus jeune âge un mépris inné pour les biens matériels, hérité de ses deux parents. […] De cet océan de peinture dans lequel il avait baigné toute sa vie, son père, à la fin, ne lui avait pas confié le moindre échantillon. Il ne lui avait pas laissé un seul tableau. »
« Ce n’était naturellement pas l’unique grief qu’elle avait à l’encontre de Sebastian Seibel. Sarah le tenait pour le responsable exclusif de la déchéance progressive puis du suicide de sa mère […]. Il s’agissait d’un monomaniaque, d’un égoïste, tout entier voué à la peinture et d’une indifférence glaciale pour les êtres humains. »
« C’est une enfant de l’Afrique, avec la peau blanche et une âme noire. »

Le détective Chris Papas se charge des enterrements en Grèce.

Fini le 30/09/2025

lundi 29 septembre 2025

L'apothicaire et le manoir des ombres de Deryn Lake

(Série John Rawlings, 2003, Death in the Valley of Shadows traduit de l'anglais par Corinne Bourbeillon, éditions du Masque, Labyrinthes, 2007)

Chacun a sa technique pour éliminer ses gêneurs, soit le tabassage, soit la potion fatale. Quand Aidan Fenchurch se réfugie dans la boutique de John, il prend rendez-vous pour lui remettre des papiers relatant sa liaison avec Ariadne et comment cette femme le harcèle depuis leur rupture.

John va continuer à dénombrer les morts.
« […] tout paraissait tellement simple au départ. Il semblait parfaitement clair que Mme Bussell avait commandité l’assassinat de son ancien amant ; seulement voilà, elle a été tuée à son tour, et maintenant, tout semble désigner son mari. »

Sur demande de Sir Fielding, John va faire des séjours à la campagne pour assister aux diverses funérailles, et visiter le « manoir des ombres » avec Jocasta et Millicent.

Pendant ce temps, Emilia, l’épouse de John, met au monde Rose.

Fini le 28/09/2025

samedi 27 septembre 2025

Petites morts à Sonagachi de Rijula Das

(2021, A Death in Shonagachhi traduit de l'anglais Inde par Lise Garond, Seuil, Cadre noir, 2025)

Dans ce quartier de Calcutta, madame Shefali tient une maison d'hébergement de prostituées « Le Lotus bleu ». Quand Maya est trouvée morte dans sa chambre, ceux qui assurent la police dans ce périmètre, le sergent-chef Samsher Singh et son adjoint Balok Ghosh, ne prennent pas la peine de s’y intéresser. Balok en sait pourtant beaucoup.
« […] ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui trafiquent les filles, les enlèvent ou leur mentent pour les attirer dans leurs filets, ils viennent ici, chef. Ils concluent des marchés, ils livrent la marchandise, ils se parlent ici même. Imaginez ce que les ONG donneraient pour obtenir ce genre d’informations, je veux dire de vraies preuves, filmées ou enregistrées ? »
Un téléphone portable est bien pratique quand on va à l’ashram Nandankanan.

Un témoin important, Tilu, auteur de romans érotiques, raconte sa vie et son « amour » pour Lalee, celle qu’il fréquentait régulièrement. Il va essayer de la retrouver avec l’aide de son ami appréciant la lecture de ses livres. Les manifestations, relayées par les médias, vont convaincre le commissaire adjoint Bose de rendre visite au maharaja. 

Fini le 26/09/2025

jeudi 25 septembre 2025

Les nids de l'hirondelle de Claude Izner

(Les aventures de Jeremy Nelson, 10/18, Grands détectives, 2021)

Le suspense réside en la découverte par Jeremy de la personne qui s'est vengée de la propriétaire de cet immeuble de la « rue de l’Hirondelle » à Paris. Chacun des personnages peut être le rejeton soit du mari bigame, soit de la comédienne évincée brutalement.

Maintenant, cela peut être le passionné de cinéma Abel Lochard, le peintre Pelissier fervent cubiste, Louis Delorme l’étudiant en pharmacie, ou Paul Green le clarinettiste ami de Jeremy et pourquoi pas Mathias Rasade ou son épouse les restaurateurs du rez-de-chaussée. Adrienne Meunier, la concierge, a bien du travail avec tout ce monde et avec ceux qui doivent faire travaux à la cave.

Sammy, le chercheur d’infos pour Jeremy, rencontre une personne lui traçant un portrait de Renée Lequindre.
« […] cette vipère, ce fléau. […] elle était jalouse de tout le monde ! […] elle enviait le charme d’une des chanteuses qui tenait un petit rôle […]. Elle l’a accusée de lui avoir carotté son collier. […] Cette sale carne […] n’a jamais présenté d’excuses. Elle a lâché du bout des lèvres : “Personne n’est à l’abri d’une erreur.” »

Fini le 24/09/2025

lundi 22 septembre 2025

La Grande Pagode de Miguel Szymanski

(2020, Grande Pagode traduit du portugais par Daniel Matias, Agullo noir, 2023)

« La vie, c’est comme une grande pagode, pensa-t-il [Marcelo]. Certains voient un simple bâtiment, mais d’autres… » [citation exacte sans suite]

Cette dystopie mal montée est lassante à lire. Le comportement des personnages est parfois incohérent, il n'y a aucun suspense. L'intrigue est farfelue, difficile de s'intéresser à cet espèce de pouvoir qu'auraient les « Chinois » pour « acheter le Portugal ». Les meurtres n’ont aucune argumentation valable [à part remplir des pages]. Par exemple, tuer Adriana uniquement pour la publication de son livre [titré La grande pagode] que les meurtriers ont déjà fait disparaître des rayons… 

Quant au comportement de « l’écologiste », Tiago le fils de la « ministre démissionnaire », il se veut téméraire et ne paraît qu’infantile.
« Il décocherait un bon coup de poing dans l’estomac des hypocrites et leur planterait un coup de couteau. Ce serait lui qui assénerait le coup fatal à l’ennemi. »
« Tiago avait un plan B au cas où, et Marcelo Silva était un élément clé pour la réussite de sa stratégie. Il fallait qu’il soit présent sur les lieux car son intégrité et son influence étaient précieuses pour rapporter ce qu’il verrait [en tant que journaliste]. »
Mais il “oublie” de payer « la vodka et la canette » avant de sortir du café.

Fini le 22/09/2025

samedi 20 septembre 2025

Mistral cinglant de Zolma

(Lily Verdine, détective privée, Jigal, Polar, 2009)

Pour compenser sa dépression, Lily va chez Simon qui tient une « auberge » en Provence. Dès son arrivée, elle apprend la mort du gardien dans l’incendie de la « fabrique de cagettes », l’usine d’Antoine Tonini.

Lily va enquêter sur les autres incendies, puis sur les autres meurtres. « Un jeune Arabe, rue Tapis Vert, et un Comorien, deux étages plus bas. » « Le premier était accessoirement écrivain public. »
Et Georges Mugurditchian, le « vérificateur » des installations électriques.
Elle vit bien des aventures — dont la voiture poursuiveuse — mais elle trouve de l’aide auprès d’un gendarme. Tous les personnages sont ses amis passés, de l’époque scolaire, ou présents.

L’auteur utilise des tournures de phrases et des expressions amusantes. Par exemple, les réflexions de Lily : « L’enquête piétinait comme la garde républicaine pendant les boniments présidentiels du 11 novembre. Quatre morts, toujours pas d’hypothèse sur l’identité de l’assassin. Inexorable descente vers l’oisiveté. Je me suis sentie un peu inutile : un serpentin tue-mouche dans un congélateur. »
Ou le comportement de Phil, l’ami aidant : « Il était cocasse de le voir déplacer son quintal sur la pointe des pieds. Le lac des cygnes sans la fanfare. Lucien est sorti de son antre et n’a rien entendu, ni compris l’origine de la rupture générale d’alimentation de son système nerveux. »

L’histoire se passe en hiver ce qui donne son titre au livre.

Fini le 20/09/2025

vendredi 19 septembre 2025

Le Sourire de Jackrabbit de Joe R. Lansdale

(Série Hap Collins et Leonard Pine, 2018, Jackrabbit Smile traduit de l'anglais États-Unis par Frédéric Brument, Denoël, Sueurs froides, 2021)

Hap et Leonard vont enquêter sur la disparition de Jackie — surnommée Jackrabbit — à la demande de sa mère et son frère Thomas. Dans la petite ville de Marvel Creek où elle a été vue pour la dernière fois, ils rencontrent le « Professeur » qui leur présente sa conception de la vie.
« Je suis ségrégationniste, certes, mais pas raciste. » « Je peux vous parler, travailler avec vous et m’entendre avec vous en général, mais je crois que les races sont censées rester séparées. »

Delf, le chef de la police, complète la présentation.
« Son idée est de rafler autant d’affaires que possible en ville, de contrôler celles qu’il ne peut pas acheter, et d’en faire un havre pour des types comme lui. »
Pour contrer ce racisme, Delf engage des agents de police noirs. « Mon prochain objectif, c’est de favoriser le recrutement d’une femme. »

Le Professeur tire ses principaux revenus de son élevage de cochons.

Fini le 19/09/2025

jeudi 18 septembre 2025

Le jobi du Racati de Del Pappas

(Série Constantin le Grec, Jigal, Polar, 1999)

Esther la voisine l'interpelle ainsi : « — Ho, Constantin, quel guaï ! Tu m’escagasses… T’es complètement jobi ! Je crois que… Tu n’es vraiment pas dans la vie pour la diplomatie ! »
Tout le texte est parcouru ainsi d’expressions marseillaises, mais le glossaire ne rend pas les variantes dans les utilisations. Pour “escagasser“ il est indiqué “se décarcasser”, mais dans ce dialogue, Esther peut dire soit “tu me démoralises” soit “tu me fatigues”, la suite du contexte permet quand même de comprendre qu’elle essaie de supporter le Grec.

L’intrigue est basée sur des magouilles municipales et se double d’une course à l’héritage. Le tout bien embrouillé. Mais l’auteur fait découvrir des merveilles à ses personnages et leur résilience devant l’incendie, les meurtres, etc. les rendent bien sympathiques.

« J’ai vraiment tout eu aujourd’hui… On m’a donné un héritage auquel je n’ai pas droit, j’ai giflé un employé municipal, on m’a cambriolé, tiré dessus, un homme est mort dans mon salon. De plus on a tous failli mourir cramés, on se balade dans un tunnel antique qui passe sous Marseille et ces deux-là, qu’est-ce qu’ils font ? Ils ne pensent qu’à se faire des caligneries… À leur âge ! »

Fini le 17/09/2025

mardi 16 septembre 2025

L'été du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

(Série Commissaire Ricciardi, 2009, Il posto di ognuno. L'estate del commissario Ricciardi traduit de l'italien par Odile Rousseau, Rivages/Noir, 2014)

Pendant que le duc est « couché dans son lit en attendant sa mort prochaine », la duchesse Adriana Musso a une « liaison » avec Mario Capece « de notoriété publique ». « Ce que seul un petit nombre connaissait, c’était la force du sentiment qui animait le journaliste. Un sentiment qui l’avait arrêté au seuil d’une brillante carrière à la direction du journal le plus ancien de la ville ; qui avait attiré sur lui le ridicule […]. Qui, en outre, l’avait séparé de son épouse et de ses enfants […]. »

Ettore, le fils du duc, chouchoutent ses fleurs entre ses visites strictement discrètes. Dans les années 1930, à Naples, « dans le monde que nous contribuons à construire [sous les ordres du Duce], il n’y a pas de place pour des êtres comme nous. »

À côté de Ricciardi, l’adjudant Maione se désespère de vouloir maigrir et abandonne parfois son uniforme pour interroger Bambinella. Pendant ce temps, les femmes s’occupent à la cuisine. « Enrica éminçait les oignons » en pensant à Luigi Alfredo ; « Tout en éminçant les oignons, Lucia Maione pleurait et souriait. » ; La tante « Rosa retira la casserole du feu », Ricciardi ne dînera pas à la maison, « […] elle se demanda comment elle pourrait faire comprendre à son garçon […] qu’on ne pouvait pas vivre éternellement en regardant à la fenêtre. »

Ricciardi a constaté : « Trois sortes de violence sur le corps d’Adriana. »

Fini le 15/09/2025

samedi 13 septembre 2025

La tragédie du chat de Sophie Chabanel

(Seuil, Cadre noir, 2022)

La « tragédie » de Ruru est la présence de Damien chez sa maîtresse. La commissaire Romano est occupée à résoudre le meurtre du comédien Mathieu Véran, écrasé par le bateau qui devait apparaître dans une scène de la pièce. Les techniciens l’expliquent par le trucage du système de poulie.

Avec le capitaine Tellier et les adjudants Clément et Dubois, ils interrogent tout le monde, les amis de Mathieu et ceux qui voulaient interdire la représentation l’accusant de « racisme », à cause de comédiens grimés pour personnifier des « Égyptiens » dans ce drame d’un auteur grec ancien.

Les suspects sont soit les « antiracistes » ayant condamné Mathieu, soit des partisans « d’extrême droite » l’ayant salué — « Véran a répliqué que c’était “dur d’être aimé par des cons” » — et dans la famille l’ex-femme et la sœur.

L’intrigue est bien montée avec un suspense qui monte petit à petit, depuis la rencontre amoureuse chez le vétérinaire jusqu’à la découverte.
Sur la manivelle de frein les techniciens ont relevé des « traces odorantes ». « L’odorologie était une technique d’identification judiciaire à la fiabilité prouvée. »

Fini le 13/09/2025

vendredi 12 septembre 2025

Comment tirer sa révérence de Malcolm Mackay

(Trilogie Calum MacLean, 2013, How a Gunman Says Goodbye traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Batlle, Liana Levi, 2013)

Sur demande de « l’organisation », Calum vient aider le vieux Frank MacLeod piégé par sa cible. Évidemment, Peter Jamieson, le patron, ne peut plus lui faire confiance. 
« Davantage un affrontement entre deux vieux ennemis qu’un échange entre deux vieux amis. Frank a déjà vu ça. Il a déjà presque tout vu. Mais il n’avait jamais été visé. C’est la conversation qu’on a quand on est tellement à l’extérieur qu’on en devient une menace. Le vieil employé qui en sait trop. Qu’il faut faire taire. Il a déjà vu ça. C’est lui qui faisait taire. Il s’est raconté des blagues en prétendant que ça ne lui arriverait jamais. Que sa relation avec Peter Jamieson était différente. Ça devait arriver. Les tueurs à gages n’ont pas de retraite heureuse. »

Comment Frank va se sortir de cette situation ? Voilà le titre du livre “comment un tueur dit au revoir”.

L’excellente traduction rend bien l’écriture légère, avec de courtes phrases, toutes en mots simples, pour raconter la vie quotidienne de ces truands.

Fini le 11/09/2025

mercredi 10 septembre 2025

Cadavre exquis, cœur coulant de Lindsay Lietin

(Une enquête cosy et loufoque qui ne manque pas de saveurs, Ramsay, 2025)

Le niveau de l'écriture est à la hauteur d'un professeur de français assez bas. Sans doute pour donner une apparence d’érudition à son texte, l’auteur utilise des expressions curieuses, par exemple page 89 « Chacune dans leurs pensées, elles réfléchissaient […] » ou systématiquement « salop » pour “salaud”.

Ce livre se veut humoristique donc la lecture n’en est pas gênée. Le titre est l’appellation de la pâtisserie, confectionnée par Louise, servie en fin d’intrigue « gâteau au chocolat et au cœur de coulis de fruits rouges » « un hommage […] à feu mon voisin ».

Le corps poignardé de Serge, ce voisin, est apparu pendant la fête d’inauguration de la librairie-pâtisserie de Louise dans le village de Loufaline-les-lacs dans le Jura. Avec Sylvette, Marta et Hélène, le « Gang des vieilles taupes », elle va enquêter pour trouver le coupable. Les gendarmes sont loin et ont confié les recherches à Marco, le policier municipal.

Il y a aussi bien sûr la relation de son passé, expliquant sa venue dans ces montagnes, le début d’amourette avec Jack, le comportement de son cocker…

Fini le 9/09/2025

mardi 9 septembre 2025

Aux innocents, la colère de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1997, A Rage of Innocents traduit de l'anglais par Olivier de Kerala, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1998)

Les policiers, notamment le sergent Barrett, les agents Woods et Smythe doivent trouver le responsable du viol de Kim — le lecteur connaît le coupable — et enquêter sur le meurtre de Mandy, dont le corps a été retrouvé dans un fossé de drainage. Pendant ce temps-là, un trafiquant lance une « petite blague » pour impressionner son fournisseur qui le nargue. Cela déclenche des émeutes violentes pour faire comprendre aux forces de l’ordre que les manifestants, notamment les jeunes indopakistanais, sont « innocents ».

L’enquête sur le meurtre amène Barrett à une « clinique » pour rencontrer Lucy. Cette jeune fille de 16 ans, enceinte, a choisi la rue pour échapper à sa famille et, après un passage au « refuge » St-Ursula, est hébergée par Mrs Carpenter en attendant son accouchement.

Le rottweiler « choisit la partie centrale la plus accessible de l’anatomie […] pour y planter ses crocs. »

Toutes ces histoires sont plus faciles à suivre dans ce livre que dans le précédent, sans doute une meilleure traduction. Ce titre est le dernier de la série.

Fini le 7/09/2025

Le Grand Monde de Christian De Metter

(d'après le roman de Pierre Lemaitre de la tétralogie Les Années glorieuses, 2022, Rue de Sèvres, janvier 2025)

Les trois enfants de Louis Pelletier, patron d'une savonnerie à Berouth, se retrouvent à Paris. Jean, l'ainé, avec Geneviève, son épouse honnie ; François, promettant d'intégrer NormalSup, mais devenant journaliste ; Étienne part en Indochine pour avoir des nouvelles de son compagnon Raymond ; Hélène, la petite dernière, ne sachant que faire.

Les imbroglios du trafic de devise, les réactions de Jean devant les femmes, les déboires de François au journal — son éditorial n'est pas signé de son nom —, etc. s'emmêlent et force Louis Pelletier et son épouse à venir à Paris pour contrer les menaces de sanctions judiciaires. Il révèle alors qu'il a vécu l'aventure de Au revoir là-haut.

Ce livre est époustouflant, les personnages bien reconnaissables, toujours plus expressifs, le montage millimétré. Cet auteur magnifie les histoires de Pierre Lemaitre en montrant la complexité des réactions de chacun avec son art pour montrer le mouvement.

Fini le 6/09/2025

samedi 6 septembre 2025

La vie n’est pas un roman de Susan Cooper de Stéphane Carlier

(Le Cherche Midi, 2024)

« Nora Melki appelait au secours. Ou bien Susan l’aidait ou bien elle ignorait son message, il n’y avait pas de troisième voie… Enfin, si c’était réel. On ne savait plus vraiment, avec les nouvelles technologies. Passé, présent, fake, authentique, les contours étaient de plus en plus brouillés. »

« […] elle palpe son corps, son petit corps meurtrie mais encore debout, elle aura passé vingt-deux ans avec lui, merci d’avoir assuré pendant toutes ces années, désolée pour cette fin précipitée […]. C’est foutu, sa vie est foutue, son corps n’y est pour rien, c’est son esprit qui a failli, hier soir […], c’était complètement con de contacter Susan Cooper […], c’est pas comme ça que ça marche, la vie et les romans, ça fonctionne pas pareil, la vie, c’est pas un roman de Susan Cooper. »

« Les livres sont le dernier refuge de l’intelligence. »

L’auteur réussit à entretenir un vrai suspense avec cette histoire de cadavre à dissimuler. Sa description des activités et du comportement de Susan invitée à un Salon du livre pour recevoir un prix, puis le déroulement des dédicaces — et les trucs de l’auteur — fait très vécue.

À la fin, Susan explique : « C’est terrible, l’ennui. Certains boivent pour y échapper. […] Moi, je m’invente des morts. »

Fini le 5/09/2025

vendredi 5 septembre 2025

Une main encombrante de Henning Mankell

(Série Kurt Wallander, 2013, Handen traduit du suédois par Anna Gibson, Seuil policiers, 2014)

La « main » osseuse permet de découvrir deux squelettes.
« Tant qu’on n’aurait pas établi l’identité des victimes, on ne pourrait pas progresser dans la recherche du ou des auteurs des meurtres. »
« […] quelques groseilliers n’ont pas été replantés au bon endroit. »
« Je suis un vieil homme […]. J’ai été inquiet toute ma vie. »

En fin de livre, l’auteur raconte comment il a créé Kurt Wallander et poursuivi ses aventures pendant si longtemps, analysant « Pourquoi Wallander est-il devenu si populaire dans tant de pays aux cultures diverses ? »

Fini le 3/09/2025

jeudi 4 septembre 2025

Crime et sentiment de George Baxt

(1971, The Affair at Royalties traduit de l'américain par Jean-Michel Alamagny, Le Masque, 1992)

Pendant que Laura se réveille à l'hôpital, ses voisins au village s'interrogent sur ce qui lui est arrivée.
« Tout ce qu’Harborford savait, c’est que Laura avait été agressée par un rôdeur et emmenée à Londres pour se remettre. Il est vrai que le bouche à oreille local, prompt à s’auto-alimenter, avait enjolivé le “agressée” en “violée”, et que les hypothèses les plus diverses et les plus pittoresques circulaient quant à l’identité de l’agresseur. Mais le plus important était que le mot de “meurtre” n’avait jamais été prononcé. Comment aurait-il pu l’être, d’ailleurs, puisqu’aucun cadavre n’avait été retrouvé ? »
« Il n’y avait pas un homme […] qui ne parût amoureux d’elle. » « Il y avait le docteur, le marin capitaine, et le célèbre Franck Welbeck [sculpteur] accompagné de sa harpie de sœur. »

Laura revient au village avec l’inspecteur Fuller. Il y a envoyé en avance des policiers pour fouiller, les faisant passer pour un groupe de pêcheurs. L’un deux Brian se penche au bord de la falaise pour mieux voir ce que son acolyte Aubrey lui montre : une « saleté de tache rouge ».

La traduction rend bien les subtils traits d’humour, par exemple : « Laura regarda la pomme à demi mangée. Elle imagina qu’elle avait la forme et les dimensions de la tête de Fuller. Elle mordit férocement dedans. »

Fini le 2/09/2025

mercredi 3 septembre 2025

L'Aigle d'or de Miriam Grace Monfredo

(série Glynis Tryon, Through a Gold eagle traduit de l'anglais par Catherine Richard, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

« L’aigle est une pièce d’or de 10 dollars ». Dans le train qui ramène Glynis et sa nièce Emma à Seneca Falls, un fuyard lui dépose une bourse qui se révèle contenir notamment un « double aigle » soit vingt dollars. 

Ainsi commence l’enquête. Le shérif Cullen a constaté que « de la fausse monnaie a fait son apparition en grandes quantités dans l’ouest et le centre de l’État [de New York]… ». « On aurait presque dit que ça sortait d’ici-même, de Seneca Falls. J’ai moi-même eu du mal à croire qu’il existait un cercle de faux-monnayeurs opérant dans le coin […]. »

Les chapitres intermédiaires racontent les actes de John Brown, prêt à tout pour lutter contre l’esclavagisme. Il prévoit notamment d’attaquer un « arsenal fédéral ». Son commanditaire l’envisage différemment. « Le projet de Brown échouera indubitablement, et de façon magistrale, qui plus est, mais il se pourrait que ce soit justement l’étincelle qui embrasera le Sud. »
En 1859, Glynis sait que : « Abraham Lincoln lui-même avait reconnu que tant qu’il y aurait de l’argent à gagner grâce aux esclaves, aucune des lois soumises par les anti-exclavagistes du Nord ne passerait au Congrès face aux Sudistes. » Quand il est élu président des États-Unis, en 1861 tout s’embrase.

Pendant ce temps, Emma se met à la couture et devient la pourvoyeuse de tous les costumes du « Bal masqué ».

Fini le 1/09/2025

Corto Maltese de Hugo Pratt

(Tome 2. Sous le signe du Capricorne, 1970, traduction de l'italien revue et corrigée par Céline Frigau, Casterman, 2020)

Contient six histoires :
* Le Secret de Tristan Bantam (19 planches), 
* Rendez-vous à Bahia (20 planches), 
* Samba avec Tir Fixe (20 planches), 
* L’Aigle du Brésil (20 planches), 
* … Et nous reparlerons des gentilshommes de fortune (20 planches), 
* À cause d'une mouette. (20 planches)

Dessins sans caractéristiques, les paysages, les lieux ne sont pas identifiables.
Phylactères verbeux, l'histoire devient incohérente.
Les personnages ont des expressions figées les rendant méconnaissables et laids.

Achevé le 31/08/2025

vendredi 29 août 2025

Mapuche de Caryl Férey

(Gallimard, série noire, 2012)

L’histoire se passe en Argentine. Jana est une Mapuche.
« Tristesse, impuissance, désespoir, les Mapuches s’étaient toujours battus, jusqu’au bout. Jana Wenchwn était une welfache, une guerrière, depuis le jour où les carabiniers avaient fracassé la porte de la maison. »
Ruben Calderon est un détective privé au service des Grands-mères de la place de Mai.

Cette accumulation de poncifs violents — l’intrigue n’est qu’une suite de tueries, massacres, tortures, etc. — discrédite ceux qui veulent établir la vérité sur les exactions des dictatures argentines.

J’ai parcouru et lu en entier la troisième partie « Kulan — La femme terrible ».
Comme écrit un Babelieur : « Les scènes gore seules n'ont jamais fait un grand livre. »

Fini le 29/08/2025

jeudi 28 août 2025

La cage dorée de Camilla Läckberg

(Série Faye, 2019, En bur av guld traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud, actes noirs, 2019)

À la première page, une policière annonce à Faye que « votre ex-mari Jack a tué votre fille », Julienne.

Tout le reste du livre n'est que l'histoire incohérente de la façon dont Jack devient millionnaire, puis, après leur divorce, comment Faye devient millionnaire, entrecoupé de pages relatant le passé de Matilda, son ancien prénom, avec la violence de son père, le suicide de son frère… La description des techniques utilisées pour créer les sociétés générant le fric est parfaitement inepte : « Compare », un repaire de télévendeurs agressifs, « Revenge », des produits de beauté pour se venger des hommes [?!], du grand n’importe-quoi. Et des scènes de sexe à la limite du porno… juste pour montrer comme “baiser” les hommes ? (il y en a un qui a droit à une cigarette…)

La vie des femmes dans leur « cage dorée » aurait mérité une intrigue moins bâclée. Mais tout se termine dans des transats sur la plage ensoleillée.

Fini le 27/08/2025

mercredi 27 août 2025

Ne me remerciez pas ! de Martial Caroff

(Fayard, 2023, Prix du Quai des Orfèvres 2024)

Les expériences auxquelles se livrent ces scientifiques avec des « diatomées », dans des « diatomites » sont trop obscures pour un profane. En « avertissement », l’auteur précise  que « la théorie défendue par certains personnages du roman sur les causes du réchauffement climatique est purement fictionnelle. »

Cela n’empêche pas d’apprécier pleinement la lecture de ce polar digne de la lignée d’enquêteurs du Quai. L’inspecteur Paul Varenne — et ses acolytes, Manuel Lerefait « Bonboulot », Riwan Menguy et Léa la procédurière — cherche le coupable de la mort de Jacques Gaubert, un scientifique que beaucoup détestait, car il s’arrogeait leurs découvertes.
« Pour Gaubert, les choses étaient binaires : soit il réussissait à endosser la paternité des découvertes de sa collègue, soit il flinguait tout son boulot. » et il faisait la même chose pour suborner ses thésardes.
Dans sa dernière publication, il a fait mettre dans les « remerciements » : « They also thank Jean Paffavec de Pauin, Zette Fiotedeux, Colin Éckomssa, J. Le Nicollin for their technical assistance. » que déchiffre ainsi Bonboulot : « J’empaffe avec deux poings cette fiotte de Colin et comme ça, j’le nique, Colin ! » car Colin Lacourt avait refusé de lui remettre le résultat de ses travaux…

Le commissaire Franck Kestner conclut : « On sait depuis Conan Doyle que pour bien se planquer, rien de tel que de s’exposer aux regards, fondu dans un décor chatoyant. C’est la méthode caméléon. »

Fini le 25/08/2025

lundi 25 août 2025

Hildur de Satu Rämö

(Une enquête de Hildur Rúnarsdóttir, traduit du finnois par Aleksi Moine, Seuil, Cadre noir, 2024)

Hildur, inspecteur de police à Ísafjrður, reçoit Jakob, un policier finlandais venu faire un stage en Islande. C'est une ville située à l'extrême nord-ouest de l'île dans la région appelée « Fjords de l’Ouest ».

L’intrigue policière est classique avec des meurtres sans rapport apparents entre eux, Jón un pédophile, Heiðar un richissime avocat, Freysi professeur de sport et voisin et amant de Hildur. Au-delà de l’enquête, la lecture apporte beaucoup d’informations sur la vie en Islande et sa culture. Jakob — comme un double de Satu — a quitté la Finlande pour s’installer en Islande et se révèle un amateur de tricot islandais. Hildur préfère le surf.
« C’était de “l'escapisme”. Certains regardaient des films, d’autres plongeaient dans l’eau glacée. Lui, il avait passé les dernières années à tricoter des pulls pour garder l’esprit tranquille. »

La neige, le froid, le verglas sont bien présents en novembre, le soleil se montre peu. Cette particularité sert dans l’intrigue pour la mort de Jón.
« [Il] était encore en vie mardi et il avait commandé une pizza. Puis il y avait eu l’avalanche et, à un moment entre la pizza crevettes-poulet et l’avalanche, il était mort. »
Celle de Freysi utilise les installations contre les excès de la neige, « le paravalanche » dont « la barrière de protection avait été enlevée. » 

« […] la rubrique nécrologique des journaux faisait une vingtaine de pages parce qu’on publiait tous les textes […]. Là se cristallisait le noyau de l’islandicité : la vie de chaque personne valait la peine d’être racontée et chaque récit était important. »
« Cela n’avait rien de surprenant que les habitants de la même petite ville soient de la même famille. Ce qui était étonnant, c’était que ce ne soit pas une information connue de tout le monde. »

Jakob n’a rien compris à l’appel téléphonique car il ne parle pas encore islandais uniquement anglais, heureusement plus tard la personne a répondu à Hildur.

Fini le 24/08/2025

vendredi 22 août 2025

Meurtre au dix-huitième trou de John-Erich Nielsen

(Les enquêtes de l'inspecteur Sweeney, éditions Head over Hills, 2005)

L'histoire est un cours sur le golf. Tout nouvellement nommé à la criminelle à Edimbourg, Sweeney est convoqué par le commissaire Wilkinson pour enquêter sur le cadavre découvert sur le parcours de St Andrews. La première impression de Wilkinson est :
« Le problème avec Sweeney, c’est que l’on ne pouvait rien en dire. À cause de cette… En fait, Sweeney n’était qu’une barbe, une barbe rousse, courte, mal peignée, mal taillée, mal foutue vraiment, éclipsant tout le restant de son apparence. »

Son collier roux est sa principale désignation quand il va aux États-Unis, puis en Irlande pour enquêter dans le milieu des golfeurs. Il acquiert « une connaissance approfondie » de ce « milieu fermé, et de ses principaux acteurs ». Buddy Nelson, le mari d’Amanda la première victime, lui donne un club, un « sand wedge », qu’il balade partout accompagné de son « dictaphone ».

Une lecture amusante, bien récréative, ponctué des « Great Scott » de Sweeney à chaque découverte, et notamment à la « fin de parcours ».

Fini le 21/08/2025

jeudi 21 août 2025

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

(Éditions Belfond, 2019)

Ce livre donne le mode d'emploi de la violence avec un catalogue des meilleurs techniques pour obtenir la soumission. Décrire pendant plus de 600 pages des tortures de toutes sortes enlève toute vraisemblance et crédibilité à l'histoire.

Dommage, la simple relation des conditions de vie de « Tama » — « diminutif de Tamazzalt qui signifie la dévouée » [la transcription en arabe traduit ce mot en “fidèles”] — aurait suffit pour retenir l’attention sur « l’esclavage » moderne des enfants, qu’en postface l’auteur écrit vouloir dénoncer… (ou uniquement se délecter de ces scènes ?). Comme résumé à la page 555 :
« […] Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir. Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée. »

Ah, et il y a l’inévitable “grand amour” entre Izri, amateur de jalousie et de tabassage, et Tama lui pardonnant tout évidemment. Leurs scènes rendent ces personnages ridicules. Quant au « tueur »… il est si parfaitement saugrenu que c’en est atterrant.

Fini le 20/08/2025

mercredi 20 août 2025

Aubergiste, tu seras pendu de Doris Gercke

(1988, Weinschröter, du mußt hängen traduit de l'allemand par Marie Reygnier, Rivages/Noir, 2004)

L'inspectrice Bella Block (deuxième livre de sa série mais unique titre en français) accepte d'enquêter sur des suicides puisque c'est dans le village où elle a sa maison rénovée.

Le premier chapitre résume les raisons des meurtres et les conversations de Bella au comptoir de l'auberge dévoilent assez vite la personne coupable.
« Ils ne m’adressaient pas souvent la parole. Je pensais parfois que j’étais trop laide. »
Une histoire entrecoupée de citations étranges et environnée de senteurs porcines. Citation du chapitre 15 : « Coupe la queue du matou / mais un bout / lui en laisse / pour aller à la messe. »

Quand il est soûl, l’aubergiste est ramené dans une brouette.

Fini le 18/08/2025

lundi 18 août 2025

Un verbicruciste a trouvé la solution

« Résultats inattendus de l’IA. », « énormités ».

Grille 7* finie le 18/08/2025 

À jeter aux chiens de Kay Mitchell

(Série John Morrissey, 1995, A Portion for Foxes traduit de l'anglais par Florence Vuarnesson, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Ce livre donne l'impression d'avoir été élagué, qu'il manque des morceaux, notamment le passage d'une action à l'autre se fait sans interlignage obligeant la lecture à se recadrer continuellement pour suivre l'intrigue. La fin omet d'expliciter les justifications du coupable pour les meurtres des « SDF », sans doute pour “faire le ménage”, mais pourquoi maintenant ? Quant à la mort des noyées Liz et Rosemary…

Morrissey envoie l’agent Sparrow observer ce qui se passe à la « citadelle » dans le centre d’hébergement de l’Armée du Salut où Alan Salter, un jeune diplômé, vient pour réaliser son projet.
« […] une enquête subventionnée conjointement par l’aide sociale et l’administration régionale de la santé publique […], le but est de parler avec des SDF, de les aider, mais surtout de compiler les témoignages de leur vie. »

Les « renards » du titre en anglais jouent un rôle plus important dans l’histoire, en furetant dans les dépôts et en fuyant les « chiens » de chasse, même si tous permettent d’éliminer le meurtrier.
« […] Morrissey regrettait presque que cette fin n’ait pas été différente car certaines questions resteraient sans réponse. »
« L’enquête avait eu lieu, le dossier était clos et, en fouillant un peu dans les poches de la police, on avait trouvé de quoi racheter un vélo à Tesco […]. »

Fini le 17/08/2025