dimanche 29 décembre 2024

Un mariage royal de Allison Montclair

(Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2020, A Royal Affair traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, 2021)

Iris et Gwendolyn reçoivent Lady Matheson, dont la tâche au Palais est de lire le courrier destiné à son « Altesse Élisabeth », ce qui démarre toute l’histoire, ainsi que le résume Iris.
« […] nous avons été contactées par des représentantes de la Reine, qui avaient intercepté une lettre anonyme adressée à la princesse Élisabeth. L’auteur […] disait en substance : “J’ai en ma possession ce que Talbot a trouvé à Corfou. Je sais ce qu’il savait. Dites à Alice que, si elle souhaite récupérer ce qui lui appartient, il y aura un prix. »

Alice étant l’épouse d’Andréas, fils du roi de Grèce, Iris ajoute : « On nous a demandé d’enquêter discrètement sur la famille royale de Grèce, car la révélation d’un scandale passé compromettrait d’éventuelles fiançailles entre le prince Philip, le fils d’Alice, et notre Élisabeth. »

Vont s’ensuivre un tas de péripéties, avec leur ami Sally, « un homme de théâtre », Archie, un chef de gangs, le Patron, ex-supérieur d’Iris, et un faussaire, un détective privé photographe, etc. qui finiront dans les entrepôts bombardés.

Fini le 28/12/2024

jeudi 26 décembre 2024

Le silence des bois de Maureen Martineau

(2020, Zec La Croche, éditions de l'aube, Mikrós noir, 2022)

Le plaisir de lire du français de Québec avec certaines tournures de phrases qui sentent bon l’accent et la découverte de mots, par exemple :
« zec » sont les initiales de zone d'exploitation contrôlée, qui désigne une zone de chasse ou de pêche aménagée et contrôlée par l’État.
« une pourvoirie » est un établissement qui offre des installations et des services pour la pratique de la chasse, de la pêche.

Lorie, en souvenir de sa mère assassinée là sous sa tente, Mikona et sa fille Sylvette, des Autochtones de la région, déplorant le suicide de leur petite-fille et fille, sont venues camper dans cette pourvoirie. Et une ourse y cherche sa nourriture.

« La filature reprend. L’explosion de hargne semble avoir calmé Sylvette quelque peu. Mikona lui envie son courage. Le sien s’est évaporé ce midi, lorsqu’elles ont aperçu le jeune fils pêchant avec son père. […] Comme une maladie insidieuse, le doute s’est installé en elle […]. Le mal n’engendre que le mal. »

Fini le 25/12/2024

Neuf vies de Peter Swanson

(2022, Nine lives traduit de l'américain par Christophe Cuq, Gallmeister, 2024)

L'intrigue toute simple, mais très bien montée, fait découvrir chapitre par chapitre la vie de chacune des neuf personnes nommées sur la liste, avec en introduction du livre leur présentation.

Tout le suspense repose sur la façon dont la police peut découvrir le meurtrier et surtout comment et pourquoi il va les tuer.
« […] rien chez Alison ne lui rappelait sa fille. Elle n’était qu’un être humain parmi tant d’autres, seule en ce bas monde comme nous le sommes tous. Ni particulièrement bonne ni particulièrement mauvaise. Il ne voulait pas lui faire de mal mais elle devait mourir. Elle n’était qu’un tout petit rouage dans un mécanisme incroyablement complexe qu’il devait régler. Il allait remettre d’équerre le karma de l’univers. »

Sam Hamilton, le policier qui découvre le premier cadavre, lit et relit le roman d’Agatha Christie Dix petits nègres (rebaptisé Ils étaient dix). Il va fouiller la bibliothèque de l’hôtel Windward.

Fini le 24/12/2024

lundi 23 décembre 2024

La rumeur de Lesley Kara

(2018, The Rumour traduit de l'anglais par Clara Gourgon, Les Escales noires, 2020)

Une lecture décevante. La narratrice est Joanna, jeune mère célibataire (mais en couple avec Michael un journaliste), qui a lancé la rumeur qu'une tueuse d'enfants (il y a trente ans !) habite dans le voisinage.

Le sujet est intéressant, mais le style manque, l'histoire est plate et diluée jusqu'à perdre toute saveur. Les personnages font n'importe quoi, notamment Joanna, entre crises de larmes et paniques. Dans ce village, il y a évidemment plusieurs femmes dont le nom a les mêmes initiales que Sally McGowan, l'ancienne meurtrière, et notamment la boutiquière qui va subir des avanies.

Et bien sûr, Joanna panique que Alfie, son jeune fils (évidemment métis !), soit en danger. Le dénouement est particulièrement stupide, les aveux montrent à quel point l'idée de cette “vengeance” poursuivie est particulièrement inepte (comment la police, qui soit-disant protège Sally, l'aurait installée dans ce village-ci !).

La façon dont l'intrigue est (mal)menée rend l'histoire complètement absurde, il est impossible de s'y plonger.

Fini le 21/12/2024

samedi 21 décembre 2024

Retour à San Catello de Philippe Carrese

(Éditions de l'Aube, 2015, Mikrós littérature, 2024)

La lecture doit être attentive pour bien suivre les filiations des personnages et leur vie à Marseille, aux États-Unis, en Italie. Pour résumer l'histoire, tout est dans le texte de présentation.

Nous sommes dans les années 1930, pendant la montée de Mussolini et du fascisme.
« […] une destinée se joue souvent à pas grand-chose : quelques secondes de retard, un geste inapproprié, une rencontre anodine, un incident idiot. L'histoire aurait pu s'arrêter là si le fils et le mari de Valentina [Ofelia] ne s'étaient pas trouvés sur le pont de ­Genesee River ce jour-là, si Charles Cèseran [Carlo Catello], un jeune photographe marseillais, n'était pas tombé sur une correspondance d'Amérique destinée à sa mère, si Marzio ­Belonore, le concertiste réputé, ne s'était pas coincé les doigts dans une porte, si Vittoria Belonore avait pris le volant de cette ­Maserati sur le circuit de Tripoli… L'histoire aurait pu ­s'arrêter là si Tancredi Crevalcore, condottiere romain, n'avait pas retrouvé au hasard d'une soirée tout à fait ­oubliable le violon de son fils Michele, disparu un quart de siècle plus tôt. »

Le concert va se dérouler sous la pluie.

Fini le 20/12/2024

mercredi 18 décembre 2024

Témoin involontaire de Gianrico Carofiglio

(Série Guido Guerrieri,  2002, Testimone inconsapevole traduit de l'italien par Claude Sophie Mazéas, Rivages/Noir, 2007)

Guido raconte sa vie, sa déprime, ses addictions… jusqu'à ce qu'il soit mandaté pour défendre Abdou Thiam, un Sénégalais autorisé à vendre sur les plages de Bari, qui se retrouve en prison accusé d'un crime qu'il n'a pas commis.

À défaut de trouver des preuves de son innocence, Guido va démontrer le peu de fondement de l'argumentation du procureur, notamment le témoignage du cabaretier.
« Pouvons-nous affirmer, au-delà de tout doute raisonnable, que la version fournie par ce témoin correspond à la vérité chronologique des faits dont nous nous occupons ? »
En relatant des expérimentations psychologiques, il montre que les enquêteurs « excités par la possibilité de résoudre l’affaire » « se rendent compte que les déclarations de ce témoin pourraient constituer une étape décisive. Et c’est à ce stade que s’opère la fabrication du faux témoin involontaire. » terminant avec la citation d’Albert Einstein : « C’est la théorie qui détermine ce que nous pouvons observer. »

À la fin, l’histoire ne dit pas qui a tué le jeune garçon.

Fini le 17/12/2024

lundi 16 décembre 2024

L'héritier des pagans de Anne-Laure Morata

(Éditions du Masque, Labyrinthes, 2009)

« Pendant toutes ces années, vous m’avez élevé avec l’argent de ce forfait, faisant de moi l’héritier, oui, l’héritier des pagans. » Ainsi commencent les aventures de Gilles de Bars qui deviendra François de Rohan Montauban à son arrivée à Paris.

En cette année 1649, sous la régence d’Anne d'Autriche, mère du futur Louis XIV, Mazarin, « le Sicilien », doit faire face à « la Fronde ». François accepte la proposition de son ami Arnaud de se mettre « au service de Mazarin » pour protéger « les intérêts » de l’enfant roi.
« François avait besoin d’un idéal à défendre pour trouver une justification à son existence. À l’avenir, il mettrait sans réserve son épée au service de son roi. »

Cette histoire est digne des romans populaires avec un héros qui fonce sans réfléchir aux conséquences, mais qui s’en sort toujours.

Fini le 15/12/2024

samedi 14 décembre 2024

Meurtre dans la pénombre de Dan Turèll

(1981, Mord i mørket  traduit du danois par Nils C. Ahl, Éditions de l'Aube, Polar, 2013)

La traduction approximative (mais pleine de notes de bas de page, 76 exactement) et les erreurs d'édition rendent la lecture pesante. Le narrateur, en faisant un peu n'importe quoi face aux meurtres, n'aide pas à l'intérêt de l'histoire. On ne saura pas vraiment pourquoi « Le Maigre », patron de la pègre du coin, a fait tué tous les habitants de cet immeuble, ni à qui est la « voix » qui a averti Karl du premier.

Le libraire Bille résume.
« Il y a toujours eu des gangsters, il y en aura toujours. […] là où il y a un besoin, il y a quelqu’un qui va s’occuper de le satisfaire — quelle que soit sa nature. Là où il y a une pulsion — le sexe, la drogue, le jeu, tout ce que vous voulez — il y a un marché. Là où il y a un marché, il y a un Requin. […] Il y a toujours des gens prêts à tout pour de l’argent. »
Et précise. « Soudain, j’ai compris que cela continuerait et continuerait encore, à l’infini. Nous avons une police impuissante face à ce genre de gangsters… »

Fini le 14/12/2024

vendredi 13 décembre 2024

Le chasseur de lucioles de Janis Otsiemi

(Éditions Jigal, Polar, 2012)

Dans ce livre, chaque chapitre commence par un proverbe. Au premier chapitre : « Au décès d’un chien, la chèvre ne porte pas le deuil. » qui signe la mort du policier trafiquant d’armes. Puis « La graisse de cabri se mange chaude. » pour introduire le mobile du tueur de « lucioles ».

Les gendarmes s’occupent du « casse » perpétré avec les armes. Les policiers de la « division criminelle » des meurtres. Le capitaine Koumba joue au profileur.
« La personne qui a commis ces trois crimes […] est assurément un homme. Appelons-le : le chasseur de lucioles. […] Il a le don de lever ses victimes sans témoin sur les trottoirs de la ville. […] Après avoir sûrement pris son pied, il exerce son pouvoir de domination sur ses partenaires. »

Les gendarmes finissent par donner naïvement la possibilité aux policiers de se servir auprès des casseurs.

L’auteur utilise, comme toujours, de belles expressions de chez lui, nous les explicitant en note. Par exemple : « Note 23, Malparler de quelqu’un : dire du mal de lui. Note 24, Avoir le mal de poche : être fauché. »

Fini le 11/12/2024

mardi 10 décembre 2024

Le défenseur de John Fairfax

(pseudonyme de William Brodrick, série Benson & de Vere, 2018, Blind Defence traduit de l'anglais par Philippe Bonnet, Éditions du Masque, 2019)

William Benson et Tess de Vere se chargent de la défense de l'accusé du meurtre de Diane, retrouvée pendue les mains liées dans le dos avec une « orange sanguine » dans la bouche comme bâillon.

Ce livre reprend aussi quelques éléments du précédent ce qui dilue un peu l’histoire au début. Ensuite, le suspense se noue avec l’enquête sur Diane, et celle de Tess, avec son amie Sally, pour chercher des informations sur le passé de William pour confirmer son innocence.

Pour Tess : « Sally, tu as peut-être réussi. Tu as peut-être trouvé la clé ouvrant la porte de la prison de Benson. »

Pour Diane : « […] cette femme douce et fragile avait causé la perte de tant d’individus sinistres et violents. Combien elle avait paru faible alors qu’elle était incroyablement forte. »

Fini le 9/12/2024

dimanche 8 décembre 2024

Enfants de La Meute de Jérémy Bouquin

(Rouergue noir, 2017)

Une histoire éculée de trafiquants de drogues (bien évidemment dans une cité du 9-3 !), mêlée à une affaire de famille insensée. Il suffisait juste que « Karl » tue tout le monde pour que Yanis soit sauf.

Parcouru et fini le 8/12/2024

samedi 7 décembre 2024

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

(2018, Where the Crawdads Sing traduit de l'anglais États-Unis par Marc Amfreville, Seuil, 2020)

« J’ai vécu seule pratiquement toute ma vie […]. » « Moi, je n’ai jamais détesté les gens. C’est eux qui m’ont haïe. Eux qui se sont moqués de moi. Eux qui m’ont quittée. Qui m’ont harcelée. Eux qui m’ont agressée. C’est vrai, j’ai appris à vivre sans eux. Sans toi [son frère Jodie]. Sans Ma ! »

Mais Tate ne l’a jamais oublié, même de loin…

Les avis négatifs des Babelieurs utilisent les mots qui m’ont hantée tout au long de la lecture, « stéréotype » et « cliché ». Par exemple, ceux qui représentent le mieux les États-uniens du début des années 1960, les clichés n°5 et 6 :
« Tous les gens blancs y sont tous méchants, cliché n°5, sauf le gentil, gentil Jumping, un pompiste noir, cliché n°6, le seul qui a réellement compris tout le potentiel insoupçonné de Stéréotype n°1 [Kya] et qui lui achète ses moules sans défaillir pendant des décennies. »

Ce livre est encensé mais en résumé : « […] un grand roman […] ce sont de grands personnages, des personnages marquants et crédibles, pas une ribambelle d'archétypes foireux accolés les uns aux autres. » et « […] le tout est écrit à l'eau de rose, mielleux jusqu'à l'écœurement […]. »

Fini le 6/12/2024

jeudi 5 décembre 2024

Cirque mort de Gilles Sebhan

(Rouergue noir, 2018)

Madame Delpérat, après le « carnage du cirque », a organisé « une sorte de goûter géant pour les enfants » de l’école que « fréquentait Théo au moment des faits », le fils du policier Dapper. Illustratrice, elle a édité un livret dont « la couverture » « reprenait la scène que les enfants avaient découverte en route pour l’école : les animaux sur le flanc dans la neige, et criblés de sang ».

Les principaux chapitres sont les élucubrations du docteur Tristan, psychiatre directeur d’un centre pour enfants en difficulté, « ses protégés ».

« Dapper remercia Ilyas parce que grâce à lui son fils était revenu. » « À la fin, Dapper le vit disparaître dans le paysage. »

Fini le 4/12/2024

mercredi 4 décembre 2024

Trahison de Lilja Sigurdardóttir

(2018, Svik traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié, Noir, 2020)

Úrsúla, après avoir participé à des opérations de secours au « Liberia accablé par l'épidémie d'Ebola » ou d'aide aux « réfugiés syriens », accepte à son retour en Islande le poste de « ministre de l’Intérieur ». C’est évidemment un piège. Le lecteur sait dès le début qui est « le Diable » figurant sur la photo du journal. Tout le suspense repose sur la façon dont Úrsúla va le découvrir.

Parmi tous les dossiers, elle doit relancer la plainte pour viol d’une adolescente par un policier, et surtout annuler la construction d’une route « la nationale Sud » pour cause de « souci avec le financement ».
Elle confie à Eva, son assistante : « — Le pire, c’est que je crois qu’on m’a confié ce poste justement dans ce but. Pour être la femme impopulaire qui va mettre fin à des travaux absolument vitaux que nos concitoyens attendent depuis une éternité. »

Harcèlement des médias, sur internet, par Pétur, le clochard, lui enjoignant de se « méfier du Diable », etc. sa vie se complique surtout avec son mari.

Près d’elle, pour la protéger, il y a un personnage particulièrement intéressant, son « chauffeur » Gunnar, adepte des exercices méditatifs et musculaires.
« Il avait atteint son but. Il avait barré la route à la mort. »

Fini le 3/12/2024

dimanche 1 décembre 2024

Les Brumes du passé de Leonardo Padura

(Une enquête de Mario Conde 7, 2005, La neblina del ayer traduit de l'espagnol Cuba par Elena Zayas, Métailié, 2006)

Maintenant vendeur de livres, en estimant une riche bibliothèque, Mario Conde trouve un article sur « Violeta del Río », une chanteuse décédée en « 1956 environ ». Il va réussir à trouver des témoins de l’époque et chercher à comprendre la famille restante de Alcides Montes de Oca, l’ancien propriétaire de la bibliothèque, notamment Amalia et sa vieille maman Ferrero. En passant, il raconte l’histoire de La Havane, surtout la période de Batista (mafia, casinos, corruption…).

« La découverte, évidemment prédestinée, de la coupure de journal qui annonçait les surprenants adieux de Violeta del Río n’était finalement que la pointe de l’iceberg ancré là. Les fragments de vérité que le Conde était parvenu à renflouer à partir de cette nouvelle oubliée avaient peu à peu dessiné et donné toute sa saveur à une tragédie perdue dans les brumes du passé, un drame dont la cause la plus cachée avait entraîné au moins deux morts. »

Fini le 1/12/2024

jeudi 28 novembre 2024

Ça ne coûte rien de demander de Sara Lövestam

(Une enquête de Kouplan, détective sans-papiers, 2015, Önska kostar ingenting traduit du suédois par Esther Sermage, Robert Laffont, La Bête noire, 2018)

Une lecture pénible. Les personnages sont trop guindés, caricaturaux (ou -ales) pour être intéressants (transgenre, lesbiennes… !).

« Göteborg ressemble à la mission de Kouplan. La ville est pleine de routes qu’on croit droites et qui finissent par dévier, de rues qu’on croit parallèles et qui se croisent subitement. Quand Kouplan essaye de changer d’itinéraire pour se rendre chez Angela, il est obligé de revenir au point de départ et de repartir [vers Amanda vers Nathalie]. Le point de départ, dans son cas, c’est qu’il travaille pour Jenny [conseillère municipale à Stockholm]. »

Parcouru et fini le 27/11/2024

mercredi 27 novembre 2024

Noir côté cour de Jacques Bablon

(Éditions Jigal, Polar, 2020)

Chaque habitant de cet immeuble se présente : au 5e Galien « vit sans faire de bruit » occupant le seul appartement non encore vendu par son père ; au 4e Guillermo répare la fuite d’eau ; au 3e Alex Gyoras est tué d’un coup pour rien ; au 2e Ugo Lighetti y est descendu quand ses enfants sont partis après la mort de leur mère ; au 1er les Lettons l’ont squatté pour participer à la manifestation des « black blocs ».

L’histoire se déroule du point de vue de chacun. Galien surveille la cour de sa fenêtre repérant les passages de « la fille aux cheveux noirs », « Tasamina » veut voir si sa « théorie de la femme subordonnée » se vérifie avec son hébergeur Ugo. Les Lettons mettent beaucoup de temps à rentrer au pays, Lukas ayant été atteint par une « grenade GLI-F4 » tirée par les CRS.

Pendant ce temps, les policiers enquêtent pour trouver le vrai meurtrier, celui que les gendarmes conduisent à « l’HP » hurlant « j’ai tué quelqu’un ! » n’étant pas convainquant.

C’est délicieusement bien écrit, les personnages sont sincères et crédibles dans leurs errements.

Fini le 26/11/2024

lundi 25 novembre 2024

Les fiancées de l'enfer de Chrystine Brouillet

(Série policière Maud Graham, éditions de la Courte échelle, 1999, roman 16/96)

L'auteur québécoise permet à un de ses personnages, Grégoire un jeune homme de dix-huit ans, d'utiliser des expressions de son pays. Par exemple, quand il parle avec Maud de son amoureux :
« Tu laisserais tomber Gagnon pour pas qu’il te flushe ? Ça t’avance à rien. T’es chicken, Biscuit. À ton âge, tu devrais être contente qu’un petit jeune s’intéresse à toi. […] T’as pas assez de ta job pour te donner du trouble ? »

Graham et ses collègues policiers cherchent à élucider le sens des marquages, des lettres M puis J puis L, tracés au couteau sur la poitrine des victimes. Pendant ce temps, le coupable Steeve raconte pourquoi il perpètre ces viols, sur ces femmes précisément. Son métier de moniteur d’auto-école lui permet facilement de suivre ses proies.

Mais le nœud de l’intrigue est la vie de Suzanne, qui dévoile peu à peu ses souffrances après son enfance soumise à son père. « Elle était sa propriété, sa chose, sa proie. »
Marie-Ève, sa fille, pour fuir son silence touche à tout, drogues, esprits, avec son amie Charlotte.

Il suffira d’identifier « le cadavre de la mouette ».

Fini le 24/11/2024

samedi 23 novembre 2024

Vodka, pirojki et caviar de Monica Kristensen

(Les enquêtes de Knut Fjeld tome 3, 2011, Den døde i Barentsburg traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon, Gaïa Polar, 2014)

À la demande du chef de la police, Knut doit se rendre à Barentsburg dans l'enclave russe du Svalbard pour comprendre la mort de Vania dans la cuve de béton. Ce qui ne devait lui prendre que quelques heures, se transforme en semaine.

Il est persuadé qu'il s'agit d'un crime, mais le consul russe et le directeur de la mine ne veulent rien savoir. L’interprète Gocha lui suit de près pour éviter qu'il fouille trop. Tout se complique avec la demande du gouverneur à Longyearbyen de surveiller les bateaux du trafic « des quotas de pêche ». Puis d'autres meurtres, du directeur, de l'homme à tout faire, etc. viennent encore brouiller l'histoire, qui va s'éclaircir péniblement dans les échanges de Knut avec le « détective russe ».

Knut : « Pourquoi ne m’avez-vous jamais parlé de votre passé dans la police de Krasnodon ? »
« Le Russe hocha la tête. — Je suis moi même surpris que vous ne m’ayez pas posé la question plus tôt, agent Fjeld. Le massacre de Pischane en 1974. Et la présence de plusieurs protagonistes de cette vieille affaire ici à Barentsburg, une petite cité minière du Svalbard étouffante et vivant complètement repliée sur elle-même. Toutes les conditions étaient réunies, c’est de ce genre de vieille haine implacable que découlent les meurtres. »

Fini le 23/11/2024

jeudi 21 novembre 2024

Là où meurent les rêves de Mukoma Wa Ngugi

(2011, Nairobi heat traduit de l'anglais Kenya par Benoîte Dauvergne, Éditions de l'Aube, l'aube noire, 2018)

Le titre en français est gênant par rapport à la réaction émouvante de l'inspecteur Ishmael en découvrant le pays de ses ancêtres, ce que rend mieux l'anglais avec le mot “chaleur”.

Il est venu enquêter au Kenya pour comprendre le meurtre de la jeune femme devant la maison de Joshua, considéré comme un héros sauveur à l'époque du génocide au Rwanda. Ses rencontres avec ceux liés à l'association « Never Again » l’amène à comprendre les méandres que prend l’argent des dons.

Son « chef » résume : « Il faut que nous établissions un lien entre toute cette merde et la jeune fille blanche. Tu veux faire tomber ces types ? Alors trouve ce qui les lie à elle… »
Ishmael comprend. « La fondation Never Again et le centre de réfugiés s’effondreraient une fois que la jeune femme blanche serait identifiée comme leur victime. Étions-nous en train de jouer avec la notion de race ? Le calcul était simple : un million de vies menacées n’avaient pas convaincu le monde, y compris les pays africains, d’intervenir, mais la mort d’une jolie blonde les ferait assurément réagir. »

Une fois de retour aux États-Unis, il pense : « J’ai failli mourir là-bas, mais j’aurais tout aussi bien pu mourir ici. Cela dit, je crois que j’y ai trouvé l’amour. »

Fini le 20/11/2024

mardi 19 novembre 2024

Psychanalyse d'un crime de Nicolas Freeling

(Série Commissaire Van der Valk, 1965, Criminal conversation traduction de Paul Verguin révisée par lui-même, Biblomnibus, 2014)

Tout est dans le titre. Il s'agit de l'analyse d'un crime et le soliloque du coupable racontant son enfance, ses études, ses souffrances.

« J’ai peu de carences mentales. Je ne suis jamais ni paresseux, ni envieux, ni glouton. J’ai acquis la patience et le détachement. Je suis résistant, agile et réceptif. »

Van der Valk l’écoute et lui donne des conseils.
« […] une fois que vous serez ici, vous pourrez abandonner complètement une identité que vous vous êtes mis à supporter de plus en plus mal. »

Fini le 18/11/2024

dimanche 17 novembre 2024

Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen

(Série Son espionne royale, 2008, A Royal Pain traduit de l'anglais par Blandine Longre, Robert Laffont, La Bête noire, 2019)

En juin 1932, la reine confie à lady Georgiana de Rannoch de recevoir et héberger « la princesse Hannelore de Bavière ». Ce qui va entrainer des morts.

« Je passai en revue les événements récents — la chute de Tubby, Hanni devant le corps de Sidney Roberts, un couteau ensanglanté à la main, et la mort de la baronne. Ces trois tragédies ne semblaient avoir aucun rapport entre elles — un accident, un meurtre brutal, audacieux, et une mort de cause naturelle. »

Georgie va enfin rencontrer la bonne personne lors d’une réception.
« […] à moins qu’elle n’ait considérablement rapetissé ces dernières semaines. »

Fini le 17/11/2024

vendredi 15 novembre 2024

Léna

(série écrite par Pierre Christin et dessinée par André Juillard, Dargaud, Long Courrier)

1. Le long voyage de Léna (2006)
Dans chaque pays, à son arrivée, Léna est attendue pour remettre au correspondant les « cadeaux » qu'un service français lui a confiés, parfum, marzipan, seringues pour diabétique… et boum.
Fini le 3/11/2024

2. Léna et les trois femmes (2020)
Sur ordre, Léna se fait recruter pour préparer à leur « martyre » : Halima, muette sous son tchador, Ahlem, déjà agressive, Souad, revêtue d’« un voile de tristesse plus dense que celui qu’elle porte sur la tête ».
Fini le 10/11/2024

3. Léna dans le brasier (2020)
Léna est chargé « du bon déroulement matériel » de « la grande conférence » dirigée par Sir Charles. Il s’agit de répartir « le territoire » et notamment étudier « la question de la poche du brasier ». Ça finit par une explosion et Léna porte une jolie robe bleue.
Fini le 15/11/2024

Une série à la hauteur de l’excellence de ces deux auteurs, histoire bien composée, clairement exposée, personnages bien typés, expressifs. Une fin en beauté pour ces disparus en 2024.

Le marais des ombres de Bernard Simonay

(Calmann-Lévy, France de toujours et d'aujourd'hui, 2015)

Dans cette petite ville de Touraine, Marcilly, Alicia est retrouvée morte dans le « lac Noir », puis Alain Lauragais, un politicien, tué d’un coup de fusil. Trente ans plus tard, l’avion de Vincent Lauragais, son fils cadet, s’écrase de retour de Royan. Les autres morts sont attribuées à des suicides.

« Karine Delorme », une romancière, présente son enquête comme un projet pour un de ses romans policiers, et tient au courant son ami le commissaire Marc Moreno, en butte au comportement caractériel de son supérieur considéré comme « une nullité » protégé par « les riches familles ». Gaëtan Dessartines « leur était tombé dessus comme un paquet de linge sale ».

Le passé houleux de celle qui se fait maintenant appeler Karine n’apporte rien de plus à cette histoire. Évidement, elle va se mettre bêtement en danger en bavardant sans réfléchir que sa découverte d’un témoin va se propager jusqu’à la personne la mieux placée pour connaître le « coma diabétique », et sera sauvée par l’arrivée (de la cavalerie !) des gendarmes.

Un livre un peu simplet.

Fini le 14/11/2024

mercredi 13 novembre 2024

Passage du Désir de Dominique Sylvain

(Une enquête de Lola Jost et Ingrid Diesel, Grand prix des lectrices de Elle 2005, Points Policier, 2009)

Vanessa est assassinée pendant qu'elle est seule dans l'appartement qu'elle partage avec ses amies Chloé et Khadidja. L'ex-commissaire Lola Jost ne peut s'empêcher de mener l'enquête aidée par la belle Ingrid, masseuse le jour, en son logis « Passage du Désir », et strip-teaseuse la nuit. Avec ses moyens et à la grande satisfaction du lieutenant Barthélemy.

« Lola Jost avait empêché le braquage d’un bureau de change en donnant l’alerte mais elle avait en plus permis l’arrestation de Jean-Luc Cachart, le seul braqueur à avoir échappé au coup de filet de l’Antigang. […] Le dénommé Cachart, venu imprudemment régler ses comptes avec Khadidja Younis, était tombé sur la patronne en personne. Ça lui avait été fatal. Le gaillard s’était offert une commotion cérébrale à coups de cocotte-minute et une perforation rénale à coups d’archet de violoncelle […]. »

Le coupable du meurtre de Vanessa a juste imité son père.

Lu en attente et fini le 12/11/2024

mardi 12 novembre 2024

Le téléphone carnivore de Jo Nesbø

(2023, Natthuset traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Gallimard, Série noire, 2024)

Quatrième de couverture :
« Richard Elauved, quatorze ans et mal dans sa peau, est recueilli, après la mort de ses parents, par son oncle et sa tante dans une petite ville où il s’ennuie ferme, ne fréquentant que Tom, bègue et moqué de tous. Le jour où ce dernier se volatilise, on accuse Richard de l’avoir poussé dans la rivière. Personne ne le croit quand il raconte que le téléphone de la cabine publique où il avait entraîné son camarade pour faire des blagues a dévoré l’oreille, puis la main, le bras et… le reste du corps de Tom. »
« Jo Nesbø signe un premier roman d'horreur ambitieux et d'une remarquable efficacité. »

Ce n’est pas mon genre de lecture.

Lu jusqu’à la page 50 et abandonné le 11/11/2024

lundi 11 novembre 2024

La proie de Deon Meyer

(Série Benny Griessel, 2018, Prooi traduit de l'afrikaans par Georges Lory, Gallimard, Série noire, 2020)

« Août. Daniel Darret. Bordeaux. » et Benny au Cap se mêlent d’un complot contre la « kleptocratie ». Ainsi que le résume la colonel Mbali Kaleni.
« Tout le département du renseignement criminel de la police nationale est corrompu et compromis. Il ne fait pas de doute que le procureur général est un homme corrompu et compromis. Que notre ministre de l’Intérieur est un homme corrompu et compromis, et qu’il en va de même pour le président de la République. »

Ceux qui ont participé à « la Lutte » veulent intervenir. Thandi, la fille de Menzi Dikela, raconte.
« Son père faisait partie d’un groupe de seize vétérans, tous cadres du temps de la Lutte, qui a donné une conférence de presse sur le sujet. En public, ils ont appelé le président et ses laquais à démissionner. Parce qu’ils avaient totalement dévasté l’héritage de Mandela. » « C’est alors que les difficultés ont commencé. »

« L’Ours » russe « perd l’équilibre ».

Fini le 11/11/2024

vendredi 8 novembre 2024

Le procureur est en retard de Michel Cluzel

(La Bouinotte, 2020)

Une histoire simple écrite d'une plume nette et claire pour résoudre la « disparition » du riche Roland Le Carré venu s’installer avec son épouse la « belle » Alice dans le village Saint-Martin/Sinaise dans l’Indre. Les gendarmes, dirigés par l’adjudant Alphonse Droit, puis les policiers de Bourges, mènent l’enquête.

« Au fur et à mesure que les jours passaient et que l’hiver égrenait ses intempéries, le moral était en berne chez les enquêteurs, surtout chez Octave Lesimple [le commissaire], le plus touché de tous. »

Mais « le Procureur » « était vraiment en retard, ce fameux soir du 17 décembre »…

Fini le 8/11/2024

jeudi 7 novembre 2024

Deux nuits à Lisbonne de Chris Pavone

(2022, Two Nights in Lisbon traduit de l'anglais États-Unis par Karine Lalechère, Gallimard, Série noire, 2023)

Sur la couverture un « coup de cœur du café lecture » confirme l’agrément de ce livre. Le plus intéressant est la capacité de l’auteur à rendre véridiques les sensations d’Ariel, ex-Laurel, son comportement, ses réflexions, notamment lors du viol et sa façon de se venger du coupable.

Tout part de « l’enlèvement » de John, « le mari », à Lisbonne. Chapitres après chapitres, Ariel raconte sa vie passée, entre ses entretiens avec les policiers portugais et les agents de la CIA de l’ambassade pour qu’ils l’aident, et leurs réactions mitigées lors de leurs recherches.

Ce qu’en pense Nicole de la CIA : « un manipulateur, jeune et bel homme, rencontre une femme plus âgée, mère célibataire, seule, vulnérable, qui ne demande qu’à se laisser séduire. Elle confie à John Wright le secret qu’elle n’a jamais révélé à personne : le père biologique de son fils est un homme puissant et riche qui récemment a été propulsé sur le devant de la scène nationale. »

Ariel n’a pas oublié les propos de Jerry lors de l’adoption de Fletcher, le bouc : « Un fait que le signataire de l’accord de confidentialité […] n’aura pas le droit de partager avec qui que ce soit. […] Mais si quelqu’un, n’ayant rien signé, découvrait les faits de lui-même, sans l’aide des contractants ? […] Tout les accords de confidentialité du monde n’y pourraient rien. […] Les faits sont les faits. La vérité est la vérité. »

Fini le 6/11/2024

lundi 4 novembre 2024

Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xiaolong

(Série Chen Cao, 2013, Shanghai redemption traduit de l'anglais États-Unis par Adélaïde Pralon, Liana Levi, 2014)

Une liste des personnages aurait été bienvenue pour suivre cette intrigue emberlificotée dans la Chine d'aujourd'hui, avec son « Parti » tout-puissant et ses « Gros-Sous », parsemée de meurtres sordides, d’amis courageux (Vieux Chasseur, inspecteur Yu et son épouse Peiqin et Melong l’inévitable « haker »…), de plats de nouilles et d'anguilles, de poèmes…

Il s’agit évidemment de corruption et de politique dont les protagonistes principaux sont « le prince rouge », Lai, et sa femme Kai « la première avocate » devenue « la première dame ».
Peiqin l’explique ainsi : « Le prince a besoin de sa cour. En Chine, c’est une nécessité absolue. Mais crois-tu que Lai puisse compter sur Chen parmi ses sujets ? Comment veux-tu qu’il le laisse à un poste aussi stratégique ? Le Congrès du Parti va avoir lieu à la fin de l’année, il ne veut pas laisser passer sa chance. »

Le titre français vient d’une expression racontée par Wei, l’épouse d’un des assassinés, l’entrepreneur Liang.
« Dans l’imagerie populaire, l’expression “tigre blanc” désigner une image obscène utilisée pour décrire une femme sans poils pubiens. Selon la superstition, une telle femme portait malheur aux hommes. Quant au “dragon bleu”… Dans la Chine ancienne, l’empereur était perçu comme l’incarnation d’un dragon. » « Seul le dragon bleu était censé pouvoir dompter le tigre blanc sans attirer sur lui le mauvais sort. » Comme Lai « candidat au trône ».

Fini le 4/11/2024

samedi 2 novembre 2024

Malabar Connection de Sarah Dars

(Une enquête du brahmane Doc, Picquier, 2004)

Doc est venu au Kerala (au sud-ouest) pour fêter le centenaire de son professeur. L'auteur va nous décrire les célébrations dans tous les détails des rites brahmaniques.
« Quant au sacrifice, si l’on engage autant d’experts [cent huit brahmanes], c’est que, pour qui veut du rendement, les rituels ne sont pas à prendre à la légère. Les accomplir avec le mot juste, le ton requis, le bon geste, l’accessoire adéquat, au moment convenable, voilà qui assure le résultat. […] Car le but du rituel est d’occuper l’esprit par la spéculation. Ne penser à rien d’autre qu’aux dieux jaloux de leur emprise sur les hommes. »

Mais deux « meurtres » occupent l’esprit de Doc, en commençant par celui de Bipul Pannikar. Il rencontre les « épouses » de ce brahmane qui se révèlent de la caste des « Naïrs » de la côte du Malabar.

Fini le 1/11/2024

jeudi 31 octobre 2024

Le baiser de Judas de Anna Grue

(2008, Judas Kysset traduit du danois par Laurence W. Ø. Larsen, Gaïa Polar, 2011)

« Elle n’avait pas craint, n’avait pas eu une impression, elle avait su. Et si elle avait agi d’après son intuition, les dommages financiers, au moins, auraient été évités. Mais […] On ne signe pas un tas de contrats avec la banque […], l’homme que l’on aime et que l’on doit épouser — pour tout annuler trois minutes après qu’il a quitté notre champ de vision, sous prétexte que l’on sait […] qu’on a été abusée. »

Ursula fait appel à Dan, le « Détective chauve » maintenant en « free-lance », pour retrouver le coupable disparu. Réflexion après réflexion, Dan découvre les faux noms, la méthode de « recrutement », le comparse informateur, etc. Son ami le commissaire Flemming Torp, plongé dans l’enquête sur le meurtre de Mikael, le morigène de se mêler de suppléer la police et de se mettre en danger au risque de faire foirer la recherche du coupable.

Dans les chapitres intermédiaires, Jay nous raconte sa vie de sa fuite adolescent à maintenant, et Kamma, amie de la mère de Mikael, explique les règles de la « Maison du seigneur », une secte religieuse issue des « Témoins de Jéhovah », notamment les « exclusions » dont celle du père, etc.

Un livre dense, mais une lecture vraiment captivante, jamais lassante, avec des personnages bien construits, cohérents, principalement le fondateur de l’école « Prayascitta ».

Fini le 30/10/2024

lundi 28 octobre 2024

Une définition bien alambiquée…

« Pour ses adeptes, il ne faut pas payer pour des papayes, ni pour le voyage de la goyave. »

… pour un bon mot à découvrir : « Locavorisme ».

Grille 7* finie le 28/10/2024

Temps de haine de Alfred Lenglet

(Une enquête de Léa Ribaucourt, Calmann-Lévy, 2017)

Léa prend ses fonctions à l'hôtel de police de Lyon. Une bonne occasion de faire découvrir la « capitale des Gaules » au lecteur.

Son « supérieur », le commissaire Figari, lui confie de reprendre l’enquête sur un ancien meurtre jamais élucidé. Mais survient un nouveau qui montre, un an après, le même schéma. Un ancien du « SDN », service de nuit, Grégoire Flanquart, cherche à l’aider.
« Nous avons la quasi-certitude d’avoir affaire au même meurtrier. Le profil des victimes, les circonstances de leur mort, l’arme utilisée, ces éléments relient les deux affaires. […] Alors, j’ai fouillé la procédure à la recherche de quelque chose de plus significatif. […] Là, sur le mur, derrière le corps retrouvé à Bron, il y a des tags. […] Ce sont des runes […]. Maintenant, regarde bien cette photo prise à Mermoz. Il y a des graffitis et, là, une croix gammée, un autre symbole nazi. »

Un « ancien des RG », Pierre Ventoux, va leur expliquer l’histoire de tous ces groupuscules sinistres.

« Cette enquête est déconcertante, avoua Léa. J’ai l’impression de courir après un fantôme. »
Fantôme qui va se révéler bien armé…

Cette lecture me fait découvrir le mot « scriban » pour désigner un type de meuble bureau avec un pan incliné.

Fini le 27/10/2024

samedi 26 octobre 2024

Le Sixième Homme de Monica Kristensen

(Les enquêtes de Knut Fjeld tome 1, 2008, Kullunge traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon, Gaïa Polar, 2011)

« […] le sixième homme ne vient que quand les mineurs sont en train d’extraire le charbon. Alors, oui, il se glisse derrière eux, mais c’est seulement pour leur faire peur […]. »

Toute l’histoire est construite autour des mines de charbon [le titre original se traduirait par “enfant de charbon”] de la ville de Longyearbyen, la capitale de l’archipel du Svalbard. Steinar Olsen, le père d’Ella, y est embauché comme ingénieur.

Pour bien suivre le déroulement des actions, il faut faire attention à la date qui ouvre chaque chapitre. La disparition d’Ella se produit en « février » et pendant que Knut commence sa recherche, les chapitres suivants, datés de « janvier », racontent la vie de tous les personnages, notamment celle de Fløydis, l’épouse du policier Erik Hanseid, obsédée par son adultère.

La livraison des « marchandises » aux « crevettiers » plonge la lecture dans les difficultés de navigation dans l’arctique.
« […] tentait désespérément de s’éloigner de l’iceberg. […] Les floes [blocs de glace en mer] les percutaient et les faisaient dévier. […] le chalutier poussait son moteur à fond pour s’éloigner de l’énorme géant qui, lui, derrière eux, tranquillement et majestueusement, ne cessait de se rapprocher en se frayant un passage […]. Les hummocks [plaques de glace se chevauchant] craquaient et tonnaient contre le navire. »

Et l’exploration de la mine pour retrouver Ella raconte les effondrements dans les vieux boyaux.

Fini le 25/10/2024

vendredi 25 octobre 2024

Rouge comme la mer de Lilja Sigurdardóttir

(2020, Blóðrauður sjór traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié Noir, 2024)

Le cadavre sera découvert flottant dans la mer au milieu du sang, ce qui donne le titre du livre. Mais avant, l'histoire commence par une demande de rançon. Pour trouver l'argent, Flosi téléphone à Michael en Angleterre, le comptable qui gère ses comptes offshore bien approvisionnés, et celui-ci appelle Aurora en Islande pour qu'elle suive la transaction. Aurora, venue s'installer à Reykjavik pour essayer de retrouver des traces de sa sœur disparue, prend contact avec Daníel, le policier qu'elle connaît bien puisqu'il enquête sur cette disparition.

Discrètement, l'équipe réduite qu'il compose enquête sur les « ravisseurs » dans le plus grand secret. Helena joue un rôle principal en fouillant dans la vie de Flosi.
« — Le coupable doit […] connaître la situation financière de Flosi pour réclamer une telle somme dans un bref délai […]. — En effet, acquiesça Daníel. C’est l’élément-clé. […] On doit creuser la piste de l’argent. »

L’équipe découvre au fil des recherches que Flosi a « oublié »… de mentionner l’existence de sa « maitresse », de leur parler de son « chalet de vacances », de citer son « collaborateur » Leonid…

L’histoire se déroule petit à petit, de façon cohérente, pour une lecture bien agréable avec des personnages attachants.

Fini le 23/10/2024

mardi 22 octobre 2024

Les vieux garçons de Broken Hill de Arthur Upfield

(1958, The Bachelors of Broken Hill traduit de l'anglais par Michèle Valencia, 10/18, 2002)

La façon dont l'auteur présente ses scènes pour embrouiller le lecteur avec plein de sous-entendus donne un air guilleret à ses histoires macabres. Par exemple, les titres de chapitre : « Des problèmes pour Bony », « Les soucis de Jimmy Nimmo »… ou dans l’introduction d’une action.
« Un autre vendredi après-midi s’écoula, et Patrick O’Hara alla se promener avec Kate de Dublin. La journée était étincelante, pure et chaude, et, comme tous deux prenaient de l’embonpoint, ils décidèrent de se rendre en ville à pied et de rejoindre leurs amis dans Argent Street. »

L’élucidation des crimes passe après le charme de la lecture. Bony nous en résume les faits de temps en temps.
« Deux hommes ont été empoisonnés de la même manière. Ils étaient tous deux âgés et célibataires. Il y a une troisième similitude, c’est qu’ils ont été assassinés un vendredi après-midi. Le troisième empoisonnement a permis de faire un grand pas et d’étayer certaines hypothèses. Nous disposons dorénavant de la description d’une femme susceptible d’avoir versé du cyanure dans la bière. […] Les deux dénominateurs communs sont que ces […] hommes étaient âgés et faisaient des taches sur leurs vêtements en mangeant. »

Le dernier chapitre est titré « Henry et la chère Henrietta ».

Fini le 22/10/2024

> Ce livre est noté 14e de la série Napoléon Bonaparte dont j’ai déjà lu plusieurs titres autrefois.

dimanche 20 octobre 2024

Le noyé du Grand Canal de Jean-François Parot

(Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet, JC Lattès, 2009)

Nicolas vient de rentrer de ses premières armes sur les vaisseaux pour suivre discrètement le duc de Chartres, sur ordre du ministre de la Marine, Sartine. Il apprend que le cadavre d'un valet du duc est découvert à Versailles dans le parc du château.

Son enquête s'axe sur l'entourage de la reine après le vol de son « passe-partout ». Il trouve un exemplaire d’un des pamphlets la dénigrant et demande des explications à l’inspecteur Renard en charge de la « librairie ».
« De quelle manière un policier, inspecteur, responsable d’un bureau important, écroué et emprisonné pour vols, faux et bénéfices illicites, avait-il pu, non seulement retrouvé sa liberté, mais encore être rétabli dans ses fonctions précédentes ? »

Pour le démasquer, Nicolas rencontre Mme Renard, lingère auprès de la reine. Des messages accompagnant les meurtres suivants ayant été écrits au dos de partition, il fait la connaissance des « castrats » de la Chapelle du roi. Pendant une visite à Gabriel de Saint-Aubin, celui-ci lui offre une « esquisse » où il a « croqué les promeneurs des Tuileries ». L’auteur s’emmêle entre le dos et la tranche des livres, mais insiste bien sur le fait qu’un castrat peut « fournir à une femme ce qu’elle est en droit d’attendre d’un homme ». 

Son utilisation de mots d'époque dans son texte est toujours bien venue. Deux exemples.
« Attachez-vous à cela désormais et découvrez ribon ribaine [coûte que coûte] si ce pseudonyme dissimule quelque animateur secret. »
« — Tu te souviendras ? — Point de tablatures, la tête est encore bonne. Je cours en chasse et je te retrouve ta mazette. Tu ne garderas pas le mulet trop longtemps [garder le mulet : attendre]. »

Fini le 19/10/2024

jeudi 17 octobre 2024

Les Chiens de paille de Gordon Williams

(1969, The Siege of Trencher's farm traduit de l'anglais par Frédéric Brument, Denoël, Sueurs froides, 2022)

Le titre original résume mieux l'histoire, car il s'agit bien du “siège” de la ferme habitée par George Magruder et Louise, son épouse, avec leur fille Karen.

Ils sont venus des États-Unis pour George terminer la rédaction de son livre et pour Louise retrouver son pays d'origine. Mais le petit village Dando est peuplé de quelques vindicatifs qui décident d'attaquer la ferme quand ils apprennent qu'un coupable d'anciens crimes y est hébergé en attendant la fin de la tempête de neige.

« Chacun nourrissait des pensées différentes, mais ils étaient tous ici pour les mêmes raisons. C’étaient des hommes auxquels personne ne s’intéressait. C’étaient des hommes qui n’avaient jamais eu de chance. Toute leur vie, d’autres hommes s’étaient moqués d’eux, leur avaient dit quoi faire, les avaient insultés, mis en taule ou maintenus dans la pauvreté. Toutes ces années de ressentiment étaient à présent sur le point d’exploser. »

George va tout faire pour les empêcher d’entrer.
« — Foutez le camp ! dit-il.
Toute sa vie il avait combattu la violence, signé des pétitions, écrit des lettres, soutenu une conviction souvent impopulaire dans les débats. La violence était une obscénité. Il était content de découvrir que, même maintenant, la seule idée de franchir le pas entre colère et violence le faisait frémir. »

Il va uniquement utiliser une « batte », de la « ficelle », « mordre »… le seul tué le sera par les fous furieux.

Fini le 16/10/2024

mardi 15 octobre 2024

Parjures de Gilles Vincent

(Commissaire Aïcha Sadia et Sébastien Touraine, détective privé, Jigal Polar, 2012)

Une histoire de policiers pourris assez convenue, mais écrite dans un style recherché agréable à lire.
« Un café comme un coup d’éponge sur le tableau noir de la nuit. »

« La commissaire » Aïcha Sadia se désespère de la disparition de son acolyte Sébastien, donc elle accepte le deal d’Abdel Charif, son innocence contre des informations sur sa mort, que Théo Mathias, « le légiste », présente ainsi.
« À vous seul, vous êtes un véritable accélérateur de particules. […] Grâce à vous, on a mis la main sur Mallard, Fenozzi et les autres. En un peu plus d’une journée, on a la preuve irréfutable de votre innocence et, pour couronner le tout, on a quasiment une preuve de vie de Sébastien. »

Tout va s’éclaircir à la fin évidemment avec Aïcha résumant pour les autres autour de la table.
« J’avoue, je n’ai rien vu, rien. Jusqu’à ce soir. C’est con comme tout peut basculer pour un ou deux verres de trop. Si vous ne m’aviez pas demandé de descendre à la cave […]. »

Fini le 15/10/2024

lundi 14 octobre 2024

En terre et en os de Jan Burke

(Une enquête d'Irene Kelly, 1999, Bones traduit de l'américain par Jean-Noël Chatain, Mango, 2006)

Un livre bien écrit — et bien traduit — mais une histoire trop typiquement états-unienne pour être intéressante.

Ce tueur en série, Nick Parrish, est emmené dans la montagne avec quelques policiers et des anthropologues pour qu'il indique où il a enterré ses victimes. On peut se demander pourquoi prendre ce risque puisque c'est le chien renifleur Bingle qui repère une tombe. Évidemment, au lieu de rentrer ensuite remettre le meurtrier en prison, tout le monde suit le chien vers une autre tombe et là — pouf — Parrish y a posé un explosif qui tue tout le monde sauf Ben et Irène qui s'enfuit ainsi que Parrish.

Les autres chapitres ne sont que les ressassements de la journaliste sur ses peurs, compréhensibles, et ses démêlés avec la direction de L’Express. Ça ne suffit pas à créer du suspense, puisqu'il est évident dès le début qu'elle sera saine et sauve. Reste donc Ben et les amis avec hélicoptère, pour lesquels Irene invente un « Café Kelly » sur la terrasse de l’immeuble.

Les supplices de l’enfance sont évoqués, notamment pour David, un des anthropologues tué, qui ne cachait pas ses cicatrices.
« Il en parlait de façon générale […]. D’après lui, on ne devait pas avoir honte du passé […]. » « Parrish répéta : — Paaapiihh… »

Fini le 13/10/10

samedi 12 octobre 2024

Rue du dragon couché de Chi Wei-jan

(2011, Private eyes traduit du chinois Taïwan par Emmanuelle Péchenart, Calmann-Lévy noir, 2019)

Wu Ch'eng, le narrateur, nous raconte sa vie, ses déboires, ses états d'âme, ses pulsions d'agressivité qui l'ont fait outrager ses amis du théâtre. Il préfère prendre du recul et déménage seul dans son coin en se qualifiant de « détective privé ».

Sa première affaire lui est apportée par Mme Lin qui s’inquiète du rejet de son mari par leur fille. Pour suivre et épier M. Lin, Wu est aidé par T’ien-lai, chauffeur de taxi, qui lui permet de découvrir ses rendez-vous secrets.

Il veut alors trouver le meurtrier déjà responsable de deux victimes et maintenant d’une troisième, une vieille dame en « chaise roulante » qu’il joint en assommant son infirmière. Mais la police le convoque pour « une audition », et les journalistes s’empressent de le nommer coupable.
« […] l’enthousiasme gagné après avoir résolu ma première affaire s’est évaporé, et ma curiosité professionnelle avec. […] Finalement, à un certain niveau d’alcoolémie, je retrouve un peu de courage […]. Je saurai bien trouver la réponse adaptée. »

Le meurtrier l’innocente avec un quatrième meurtre pendant sa garde à vue. L’inspecteur-chef Wang accepte alors que Wu intervienne dans l’enquête en commençant par visionner tous les enregistrements des caméras de surveillance.

« — Pour me donner une leçon ?
— […] Ce jour-là, ce que vous avez dit, c’était la vérité, plantée au cœur des choses, plus tranchante qu’une lame de rasoir, plus acérée qu’un poignard. Tous ces imposteurs vous sont tombés dessus et moi, j’ai été le seul à me tenir de votre côté, à vous applaudir dans l’ombre. »
« — […] ce n’étaient que des paroles d’ivrogne.
— Quand j’ai lu votre lettre d’excuses à tous ceux qui se trouvaient là, j’ai eu la preuve que tout ça n’était que la comédie d’un lâche. »

Fini le 11/10/2024

lundi 7 octobre 2024

Le joueur d'échecs de David Sala

(d'après Stefan Zweig, Casterman, 2017)

Cette nouvelle a été écrite par Stefan Zweig durant les derniers mois de sa vie au Brésil, de novembre 1941 à février 1942, avant qu'il se suicide. Elle met en scène un exilé autrichien que les méthodes d'enfermement et d'interrogatoire pratiquées par les nazis avaient poussé au bord de la folie.

La mise en scène est remarquable et l'auteur a réussi à illustrer ses personnages de façon très reconnaissable. Les scènes d'entrainement aux échecs dans la cellule sont particulièrement impressionnantes avec le sol en damier et le joueur en noir et en blanc.

Un livre éblouissant !

Fini le 7/10/2024

L'Assassin qui rêvait d'une place au paradis de Jonas Jonasson

(2015, Mördar-Anders och hans vänner (samt en och annan ovän) traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2016)

« Le réceptionniste », Per Persson, — « (Non qu’il soit défendu de s’appeler Per Persson, ou Jonas Jonasson d’ailleurs, même si c’est un peu redondant.) » — se morfond dans son hôtel jusqu’à sa rencontre avec Johan Andersson — « Mais appelle-moi Dédé le Meurtrier. Comme tout le monde. » —, puis celle du « pasteur », Johanna Kjellander.

À eux trois, ils vont monter une entreprise lucrative avec les compétences de Dédé, mais celui-ci « commençait à montrer des signes de contrition envers sa conduite » et « à partir de maintenant, je mets ma vie entre les mains du Christ. »

« Le comte et la comtesse » n’apprécient pas du tout ce revirement… et va s’ensuivre un tas de désordres, notamment avec un « sacristain », obligeant les amis à trouver autre chose à faire.

Un récit toujours aussi enjoué, bien cadré, dans la logique de ces personnages si particuliers, une lecture amusante.

Fini le 6/10/2024

samedi 5 octobre 2024

Face à elle de Maud Brunaud

(Marivole, Les polars du terroir, 2016)

L'histoire de cette journaliste parisienne [dont le nom n’est jamais cité] fascinée par sa voisine d'immeuble est intéressante, mais le style d'écriture est trop fade, ce qui empêche de s'intéresser aux personnages, notamment les états d'âme de la narratrice et sa perception de son entourage. Il n'y a aucun ressort dans l'intrigue à la suite du meurtre de Chloé. Le départ précipité de la journaliste vers sa terre natale de la Brenne est juste prévisible.

Même les descriptions de ce pays du Berry, si particulier avec ses étangs, sont mièvres.
« À perte de vue, la terre, les étangs, la lande, la forêt et le ciel. »
Et inévitablement, des citations de George Sand sont collées là…  bien sûr.

Elle renoue avec sa famille, retrouve une ancienne amie, ce qui donne encore au lecteur l’occasion de soupirer d’ennui.
« L’amitié a toujours énormément compté dans ma vie. C’est un sentiment noble, généreux, désintéressé, bien plus que ne l’est l’amour. »

Le dernier chapitre est une longue lettre à la police qui raconte tout ce que le livre a occulté, dans un style bien insipide, semblable à une rédaction de collégien.

Fini le 4/10/2024

vendredi 4 octobre 2024

Je ne porte pas mon nom de Anna Grue

(2007, Dybt at falde traduit du danois par Catherine Lise Dubost, Gaïa Polar, 2009)

Le meurtre de Lilliana est commis dans l'entreprise « Kurt & Co. » où elle faisait le ménage avec Benjamin. L'ami du commissaire Flemming Torp, Dan Sommerdahl, que le journal va surnommer « le détective chauve », en est le directeur artistique mais éloigné pour soigner sa « dépression ».

Tout est agréable dans ce livre : les personnages bien campés, l’action bien montée, le sujet bien présenté quoique pénible. En effet, il s’agit de la violence contre les femmes, que ce soit des souteneurs de bordels, ou d’un mari psychopathe.

Dan a un peu de difficultés à comprendre qui fait partie du réseau de soutien, nommé « ChickSupportGlobal », mais surtout qui y fait quoi, de l’aide ou de l’exploitation. Ainsi que le résume le commissaire :
« Tu veux vraiment me faire croire que la moitié de Christianssund est membre d’un réseau occulte ? Et tu sais maintenant si ces gens cherchent à offrir une aide concrète à des filles en détresse, ou s’ils exploitent ces femmes à des fins personnelles ? »

Auparavant Marianne, l’épouse de Dan, a reçu les confidences d’une patiente, Alice, et de son fils Benjamin dont la terreur l’incite à les héberger. Ils portent des identités d’emprunt pour échapper à la brutalité du mari, ancien policier déjà incarcéré plusieurs fois pour l’avoir grièvement blessée. Benjamin est terrifié lorsqu’il le reconnaît… Le suspense est particulièrement bien monté pour savoir qui va échapper aux menaces.

« Kurt devait venir avant le retour de Kurt ? » Dan se souvient de « Fiona se moquant de noms de famille qui étaient en réalité des prénoms […]. »

Fini le 3/10/2024

lundi 30 septembre 2024

Nuit bleue de Simone Buchholz

(2016, Blaue Nacht traduit de l'allemand par Claudine Layre, l'Atalante, Fusion, 2021)

« Blaue Nacht » est le nom du bar de Klatsche avec lequel Chastity Riley est « en couple ». Toute l’histoire, que raconte Riley, tourne autour d’un baron de la drogue à Hambourg surnommé « l’Albanais ».

« Cela fait des années, on dirait même des décennies, que je m’y casse les dents, que nous nous y cassons tous les dents. Faller [un policier à la retraite] ne réussira pas à mettre l’Albanais au trou juste à se mettre dans la merde. Il y a quelques années, Gjergi lui a fait parvenir un cinglant avertissement. Faller en a souffert des années entières. »

Après une ancienne affaire, Riley est maintenant chargée de « la protection des victimes ». Elle va ainsi retrouver à l’hôpital celui qui se fait appeler Joe couvert d’attelles après s’être fait tabassé. Avec ses collègues de la police et ceux des Stups de Hambourg et de Leipzig, elle piste le trajet du « crystal meth » et d’une nouvelle drogue mortelle « la kroko ».
« Les drogues de synthèse permettent de gagner tellement plus d’argent que toutes les autres merdes. », résume Hannes Wieczorkowski, de la brigade des Stups de Saxe occidentale.

Enfin, tout le monde se rassemble au stade pour un match du FC Sankt Pauli.

Fini le 30/09/2024

dimanche 29 septembre 2024

L'œil était dans la tombe de Christian De Metter

(Casterman, 2008)

« Je crois que j’ai eu le dernier mot. » « Ne me regarde pas !!! »
« On n’a pas de lien entre les victimes. Le vieux Robert Boulet, vivait en ermite, pas de famille […]. » « Le black, […] c’était un mec sans histoire. »
« Un type qui a un problème avec le regard des autres. »
Au cimetière : « Ne chiale pas, Patrick. » « T’es qu’une merde. »

Une histoire parfaitement bien montée, des dessins toujours aussi expressifs.

Fini le 29/09/2024

Le diable s’habille en Voltaire de Frédéric Lenormand

(Voltaire mène l'enquête, JC Lattès, 2013)

Tout est bien emmêlé. Pour le vicaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, trouver qui a tué le professeur, et pour Voltaire, mettre en scène sa nouvelle pièce de théâtre Adélaïde du Guesclin, cela en tenant compte de la censure, qui a admis sa pièce, et du lieutenant de police qui le rêve au « Châtelet » pour impiété. Cette histoire donne une vision de Voltaire assez particulière.

À la Comédie-Française, pour monter sa « grande tragédie médiévale », « l’auteur s’occupa de la leur [aux acteurs] faire entrer dans la cervelle par force. Il prenait à tout moment leur place pour leur montrer comment jouer du Voltaire. Il grimpait sur le plateau, en redescendait, courait de l’un à l’autre, indiquait un jeu de scène à celui-ci, une intonation à celle-là, intarissable, étourdissant, épuisant, fulgurant. »

Pour trouver le meurtrier, il « fait les foires », cherche sous les « jupons », persuadé que « le diable » n’est qu’un déguisement, malgré les croyances de « l’exorciste germanique ». « Lorsque l’agresseur émergea de l’étoffe, on vit que c’était le diable. Sa face était rouge et grimaçante, une paire de pieds fourchus dépassait de sous sa cape. »

Pour le poursuivre, avec « son » Linant et « son » Emilie, Voltaire arpente beaucoup les souterrains parisiens.

Fini le 28/09/2024

samedi 28 septembre 2024

L’attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee

(Série Sam Wyndham 1, 2017, A Rising Man traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Batlle, Liana Levi, 2019)

Le capitaine est sorti sauf de la guerre au milieu des morts et, en 1919, il accepte le poste que lui propose le chef de la police de Calcutta, lord Taggart, pour son expérience à Scotland Yard qui lui garantit sa intégrité.

Sam a du mal à supporter le climat bengali.
« L’humidité est suffocante. […] Je me retourne en essayant de trouver un peu de confort sur le matelas humide, mais la bataille est déjà perdue. […] Le besoin d’une visite à mes nouveaux amis de Tiretta Bazaar grandit et la séduction de l’oubli est difficile à ignorer. Mais l’opium est à mon service, ce n’est pas mon maître […]. »

Pour son enquête sur le meurtre de MacAuley, un inspecteur des finances, puis sur l’attaque du train, il est aidé par le sergent Sat Banerjee et Digby, un policier qui s’attendait à être promu à sa place [peut-être celui désigné par le titre en anglais “Un homme qui s'élève”]. Le capitaine devra négocier avec les services de l’armée, « la Section H », dirigé par le colonel Dawson qui veut son coupable « terroriste », et tenir compte de l’avis du vice-gouverneur « incarnation du pouvoir britannique au Bengale ».
« Une menace à son encontre en est une pour tout le Raj [l’Empire des Indes, le régime colonial britannique]. »

Et il y a Buchan, le riche qui veut tout et surtout des « femmes » pour ses soirées.
« Ce brave vieux MacAuley sur qui on pouvait toujours compter. Sauf que finalement ce n’était plus vrai. »

L’auteur situe la fin de son histoire au moment des émeutes provoquées à la suite du « massacre » de « centaines sinon des milliers d’Indiens sans armes — hommes, femmes et enfants — » inspirés par Gandhi.

Fini le 27/09/2024

mercredi 25 septembre 2024

Paysages trompeurs de Marc Dugain

(Gallimard, espionnage, 2022)

Ce livre est un salmigondis d'histoires de complots sans aucun intérêt, truffées d'affirmations de Lévia, un agent du Mossad, avec ses longs apartés “pseudo-psycho” et ses vues géopolitiques.

« Qui dit surmoi structuré dit latitude limitée, aptitude à la vie sociale conditionnée au fait que l’autorité soit légitime comme son propre père peut l’être. »

Le « petit homme » des « services » français a averti le narrateur sur dans quoi il se lance : « Vous allez trahir un idéal journalistique pour contribuer à un autre idéal qui est celui de la place de notre pays, de notre civilisation, dans le monde. […] ce n’est pas déshonorant. »

Sur l’Iran : « On a un pays accusé de financer le terrorisme et de préparer des missiles nucléaires au prétexte de développer le nucléaire civil. […] plusieurs hauts gradés sont autorisés et encouragés à faire des affaires […]. Mais aucune enquête officielle n’est venue éclaircir les relations de ses entreprises [du « bouffon de la Maison-Blanche »] avec des Ouzbeks largement financés par les mollahs. »

Ces avis résument parfaitement le tout : « Dans Paysage trompeurs, tout est trompeur. » « Vous enfoncez les portes ouvertes et enfilez les clichés comme les bigotes les perles de leur chapelet. »

Fini le 24/09/2024

lundi 23 septembre 2024

Les Ombres de Montelupo de Valerio Varesi

(Série commissaire Soneri, 2005, Le ombre di Montelupo traduit de l'italien par Sarah Amrani, Agullo noir, 2018)

Le commissaire Soneri, pour ses vacances en automne, choisit d'aller cueillir des champignons dans le village de son enfance au pied de la montagne de Montelupo. Les villageois sont amers entre les coups de fusils, les jeunes qui fuient, les anciens désabusés…

Palmiro Rodolfi a permis l’enrichissement du village, et le sien, en agrandissant son usine de charcuterie. Santé, l’aubergiste, le résume ainsi.
« […] Palmiro était l’un d’entre nous, on se parlait en dialecte. Il savait faire des affaires, faire mûrir les jambons et soigner les cochons. […] Mais avec Paride [le fils], il n’y avait plus cette familiarité. Il était diplômé, il avait étudié, il gardait ses distances. Il a commencé à rendre service aux hommes politiques, et eux à lui. L’argent, à un moment donné, a pris un chemin que personne ne parvenait à suivre. Notre argent… »

Et puis Palmiro se suicide et le cadavre de son fils est retrouvé dans la boue. Les carabiniers s’acharnent sur le « Maquisard ». Le commissaire conclut : « […] c’est le passé qui anéantit le présent. »

Fini le 22/09/2024

samedi 21 septembre 2024

Je voyage seule de Samuel Bjørk

(Holger Munch et Mia Kruger tome 1, 2013, Det henger en engel alene i skogen traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, JC Lattès, 2015)

Un livre nul. Tout y est tellement convenu, le comportement des personnages, l'intrigue du « tueur en série », les malheureuses « petites filles » (le titre original “Un ange pend seul dans la forêt” rend bien le ton mielleux). Les deux policiers, Holger et Mia, sont évidemment visés suite à une de leur précédente enquête. Il est évident pour le lecteur que Marion, la petite-fille « adorée » de Holger, sera une des victimes… etc.

En l’absence absolue de suspense, cette lecture est un lourd pensum aggravé par une traduction poussive.

Ah, et bien sûr, il y a aussi un « Pasteur Simon » et son assistant “schizophrène” Lukas, dirigeant une « secte » lucrative, en attirant les « mamies » de la maison de retraite, sans doute là pour brouiller les pistes puisque sa « ferme » sert à « éduquer » « les petites filles de Dieu ».

« Margrete va très bien […]. Elle va à l’école dans le Ciel, elle a quatre camarades de classe, elle en aura bientôt une cinquième et l’institutrice pour tout leur apprendre. […] Elles vont bientôt entrer à la grande école. »

Fini le 20/09/2024

mercredi 18 septembre 2024

07.07.07 de Antonio Manzini

(Une enquête de Rocco Schiavone, 2016, 07.07.2007 traduit de l'italien par Samuel Sfez, Denoël Sueurs froide, 2020)

À l'été 2013, Rocco est interrogé par ses supérieurs, le préfet Costa et le juge Baldi, sur une enquête qu'il a mené en 2007 à Rome. Tout a commencé par la découverte dans une marbrerie d'un « gamin assassiné […], passé à tabac puis poignardé à la nuque, le cadavre jeté à trente mètres. […] un gosse […] qui a l’air d’un garçon bien. » Le père de Giovanni Ferri, un journaliste spécialisé dans les « affaires criminelles », est tellement dévasté qu’il est hospitalisé sous sédation. Puis son ami Matteo Livolsi, qui fréquenté le même lycée, est lui aussi assassiné.

Rocco va « examiner les notes du journaliste » et découvrir la piste à suivre pour trouver les coupables. Il est aidé par ses « amis » d’enfance, Sebastiano, Furio et Brizio qui connaissent bien les coulisses des trafics.

Et tout au long des chapitres, Rocco se désole du départ de sa femme Marina qu’il ne sait pas comment amadouer pour qu’elle revienne. Jusqu’à ce que l’histoire ramène le récit en 2013 à Aoste où le sous-préfet Schiavone a été muté.

Fini le 17/09/2024

lundi 16 septembre 2024

La maison de vos rêves de Martti Linna

(2010, Kuolleita unelmia traduit du finnois par Paula et Christian Nabais, Gaïa polar, 2016)

Les personnages importants de l’entreprise de construction de maisons en rondins, Haliwood (en référence au terme « Hali » utilisé en finnois pour « câlin ») sont : Mauri Vuoliainen (le fils initié par son père câlineur d’arbre), Timo (son frère ingénieur féru de process, de normalisation, de certification…), Aila Ahtiainen (directrice du marketing et amante des deux frères) et Jukka Lindfors (technicien de construction). À côté d’eux, se font remarquer Rauni Vuoliainen, l’épouse de Timo, et Virpi, celle de Jukka.

Le capitaine Reijo Sudenmaa doit comprendre qui en veut à la vie de Mauri pour avoir failli l’étouffer dans le sauna, brûler dans sa voiture, etc. Le commissaire de la police judiciaire Matti Roponen vient lui prêter main forte.

La lecture est bien imagée par les réflexions ironisantes du capitaine, par exemple en essayant de trouver le salarié qui a « attribué une note très basse à une question clé » dans l’enquête interne de satisfaction, il interroge Jukka, qui fait aussi « ingénieur conseil en informatique », pour avoir l’identité de cette personne. Il obtient en réponse :
« — Le logiciel utilisé pour cette enquête ne nous appartient pas en propre. Nous faisons appel à une société de services. […] Nous ne recevons que le récapitulatif de l’enquête.
— Sous quelle forme ?
— Sous forme de tableaux et de camemberts […]. »
Réflexion de Sudenmaa : « […] ces individus cliquaient […] sur leur écran […]. Toutes les réponses étaient ensuite enfermées dans une espèce de pis de vache étanche que l’on trayait pour produire des camemberts. »

Ou pour qualifier les relations de Aila avec les deux frères : « Autrefois, les femmes du genre Aila Ahtiainen étaient appelées des biens communs. Peut-être que cela avait changé avec la standardisation des activités humaines. Peut-être que les femmes coincées comme elle entre deux hommes étaient aujourd’hui appelées des ressources partagées. »

Au fil de l’enquête, on découvre que Mauri a été gros buveur, souvent soûl et qu’il s’est brusquement assagi. Le personnage de Virpi joue son rôle de femme enceinte.

Fini le 15/09/2024

> Hélas ! dernier livre de cet auteur édité en français.

samedi 14 septembre 2024

Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry

(Édition Le Masque, 2012, Prix du roman d'aventures)

De jeunes enfants sont retrouvés dans des cimetières parisiens étendus sur des fleurs blanches. Clara Saint-James, qui vient d'hériter de son « protecteur », le comte Hugues de La Paillerie, fait la connaissance du docteur Victor Dupuy en lui remettant sa part d’héritage.

Leur enquête va consister à comprendre pourquoi ce sont ces enfants qui ont été choisis pour utiliser leur sang. Le professeur Chevaignac cherche à comprendre « l’appariement » pour les transfusions et Bussy, l’ami de Victor, essaie de leur résumer le problème à l’aide d’un schéma.
« […] la maladie royale n’affecte jamais les femmes. C’est comme si elle était muette chez elles. Les femmes ne saignent pas. En revanche, une femme “muette” transmet le désordre à son fils. Aujourd’hui encore [en 1885], la science ne peut expliquer pourquoi. Pourtant, un homme affecté, le tenant donc de sa mère, ne donnera jamais la maladie à son propre fils. Il ne peut que transmettre la tare muette à sa fille. »

Cela donne un méli-mélo bien mélangé dans cette histoire où des enfants sont utilisés pour : les expériences du professeur, rapporter de l’argent à un organisateur d’orgies, remonter un René (Léon) saignant trop facilement mais féru de duel, et finir dans un cimetière, le tout car ils viennent d’une « colonie pénitentiaire agricole » créée par le grand-père de Victor, qui a connu le « général Dumas » pendant les guerres du Consulat de Bonaparte (qui, devenu Napoléon, a alors exclu de l’armée ceux qui venait « des Amériques »).

Ce récit est à la hauteur de ceux des écrivains feuilletonistes de cette fin de siècle. Les unes parues dans « Le journal de France » commencent certains chapitres avec des faits divers de Solveg et des épisodes du feuilleton La Ligue des notaires.

Fini le 13/09/2024

mercredi 11 septembre 2024

Je suis l'abysse de Donato Carrisi

(2020, Io sono l'abisso traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, Calmann-Lévy, noir, 2021)

Les personnages principaux sont désignés par leur surnom : « la chasseuse de mouches », l’assistante sociale qui aide les femmes victimes de violences conjugales ; « la jeune fille à la mèche violette » sauvée de la noyade ; « l’homme qui nettoie », employé au ramassage des poubelles meurtrier sous le nom de « Micky ». Les autres intervenants sont des parents anonymes, la seule portant son nom est Pamela, la « policière ».

Tout est caricatural dans cette histoire : les tortures infligées à l’enfant par sa mère, Vera (elle a droit à son nom elle !) ; la soumission de l’adolescente aux viols organisés par le « beau gosse » Raffaele (elle se soûle pour tenter son suicide raté ! mais le coupable est nommé…) ; les préjugés envers l’assistante suite à la condamnation pour meurtre de son fils, Diego (lui aussi a son nom !).

Ce n’est pas désagréable à lire, la traduction est à la hauteur, mais il y a trop de répétitions lassantes dans le déroulement de l’action, empêchant une lecture attrayante.

« L’homme qui nettoyait avait cherché sa propre valeur pendant des années. Finalement, il l’avait trouvé là où personne n’avait le courage de regarder. Au fond de l’abysse, il avait découvert que même quelqu’un comme lui pouvait avoir une utilité. […] Sans mort, il ne peut y avoir de vie. Et il n’était pas inutile, parce que Micky lui avait fourni un but. »

Fini le 10/09/2024

lundi 9 septembre 2024

Passage des ombres de Arnaldur Indridason

(Trilogie des ombres, 2013, Skuggasund traduit de l'islandais par Éric Boury, Métailié, 2018)

L'enquête sur le meurtre de la jeune femme dont le corps a été retrouvé « passage des Ombres » se déroule en 1944 pendant l’occupation et, de nos jours, Konrad, un policier retraité, la reprend.

En 1944 :
« Flovent ne savait pas quoi penser. Deux jeunes filles vivant dans deux régions éloignées racontaient la même histoire, l’une d’elles avait été retrouvé derrière le théâtre, l’autre avait peut-être mis fin à ses jours. Toutes deux parlaient d’elfes, chacune à sa manière. […] Personne à part lui, Thorson et l’amie de Rosamunda n’était au courant du récit que cette dernière avait confié sur l’homme qui l’avait agressée et lui avait conseillé de mettre ça sur le dos des elfes. »

De nos jours :
« Deux fois en un court laps de temps, de parfaits inconnus étaient venus chez Petra pour l’interroger sur sa mère, la couturière qui avait employé Rosamunda pendant la guerre. […] Ni l’un ni l’autre n’en avaient cru leurs oreilles quand elle leur avait raconté que Rosamunda avait eu des problèmes lors d’une livraison et que, par la suite, la jeune fille avait refusé de retourner chez ces gens. »

« Le grand-père, son fils et son petit-fils. » « C’était une autre époque. Les hommes se permettaient bien des choses. »

Fini le 7/09/2024

dimanche 8 septembre 2024

Le secret de Van Gogh de Éric Mercier

(La Martinière, Noir, 2024)

Une histoire racontée à deux voix : à la première personne par le commandant Frédéric Vicaux, de la « Brigade criminelle de Paris » et le récit d’Anne, sa compagne, spécialiste de la recherche des œuvres d’art. Ils vont chacun dans son domaine enquêter sur le meurtre de Maxime Courtois, retrouvé chez lui avec une oreille coupée, et potentiel propriétaire d’un tableau attribué à Van Gogh et Gauguin.

La victime est « un chef d’entreprise rugueux mais efficace », « un pervers », « un investisseur avisé » et aussi un assassin, donc ainsi que le résume le commandant : « Avec un type unanimement exécré, y compris par sa propre famille, on n’est pas au bout de nos peines. Sa fille le haïssait. Son fils avait d’excellentes raisons de lui en vouloir. Quant à son frère, difficile de cerner clairement leurs relations. Et il y a ce tableau… »

Anne s’en occupe. « Lorsqu’elle se pique de mettre son grain de sel quelque part — une enquête de Frédéric, la recherche d’un chef-d’œuvre spolié ou un simple fait divers qui l’interpelle —, ça devient compulsif. Une curiosité maladive […]. […] elle gratte et remue ciel et terre. » Elle trouvera ses réponses à Nancy auprès d’un « vieil homme » pour remonter au premier propriétaire du tableau.
« Ce qui n’était qu’une croûte passa de main en main, jusqu’à celles d’un voleur et d’un assassin sans scrupule […]. »

L’auteur, docteur en histoire de l’art, nous donne une bonne présentation de la vie de Van Gogh et de ses relations avec Gauguin.

Fini le 5/09/2024

samedi 7 septembre 2024

Une définition cryptée

« Comme ceci : --> » pour trouver « sagittale ».

Grille 7* finie le 6/09/2024

jeudi 5 septembre 2024

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

(2013, Analfabeten som kunde räkna traduit du suédois par Carine Bruy, Presses de la Cité, 2013)

L'histoire commence dans les latrines de Soweto que la toute jeune Nombeko Mayeki, « l’analphabète », travaille à vider. Puis un accident de voiture provoqué par un « ingénieur » ivre la fait vivre derrière des barbelés, dans la base de construction de bombes atomiques. C’est l’époque de l’apartheid.
« Avec la nouvelle législation, le gouvernement pouvait qualifier de terroriste n’importe qui, puis emprisonner l’intéressé pour n’importe quelle durée et au motif de son choix. Voire sans motif. Une autre réussite était la création de zones, une par ethnie, sauf pour les Xhosa, à qui on en attribua deux, vu leur nombre. Il avait suffi de rassembler chaque sorte de bamboulas, de les parquer dans le secteur prévu à cet effet, de leur retirer la citoyenneté sud-africaine et de leur donner celle de leur nouveau territoire à la place. »
« Le premier livre de Moïse mentionnait déjà la tour de Babel […]. Dieu avait jugé que c’était de l’impudence, s’était mis en rage […]. Des peuples différents, des langues différentes. La volonté de Dieu était de maintenir les peuples séparés. »

Pendant ce temps en Suède, Ingmar et Henrietta donnent naissance à des jumeaux « Holger et Holger » en 1961. « […] Ingmar passait la majeure partie de son temps à chanter les louanges de la république devant ses fils. »

Et puis les « dix kilos de viande d’antilope » n’arrivent pas en Suède…

Finalement, le président chinois Hu Jintao, « monsieur le Chinois », vient en Suède et doit « participer à un dîner de gala au château, en compagnie, entre autres, du roi et du Premier ministre. »

Alors, le « camion de pommes de terre poursuivit sa route » avec « au volant » celui qui « s’était mis en tête que la Suède devait devenir une république » et « à sa droite » « sa petite amie colérique et un peu dérangée ». « Le roi, de son côté, espérait qu’on leur servirait un repas. Pendant ce temps, le Premier ministre cherchait à ouvrir la porte de la remorque. »

Fini le 3/09/2024

lundi 2 septembre 2024

Alex Cross seul contre tous de James Patterson

(n°25, 2017, The People vs. Alex Cross traduit de l'anglais États-Unis par Béatrice Roudet-Marçu, JC Lattès, 2022)

Ce livre contient tous les poncifs d'un thriller us, avec le héros attaqué par la « foule » pour avoir tué des « tueurs » et par le « procureur » qui veut le faire condamner pour meurtre.
« Considérant ces interpellations partout dans le pays au cours desquelles des policiers blancs ont tué de jeunes Noirs, n’est-il pas ironique que le gouvernement n’ait pas vraiment pris de mesures jusqu’à ce que le ministère de la Justice intente un procès à un policier noir ? »

Alex Cross est soutenu par sa famille. Son père, Peter Drummond, vient lui « apporter un peu de soutien moral ».
« La soixantaine finissante, robuste, la peau très foncée, il avait un visage presque dénué d’expression à cause de nerfs faciaux endommagés […]. »

Et pendant ce temps, avec son compère John Sampson, il enquête sur les disparitions des « blondes » en étudiant, avec l’aide du « prestataire de service » du FBI, Keith Karl Rawlins expert en « domaine technologique », le réseau de vidéos du « dark web », pour localiser le coupable.

Alex se met évidemment en danger au moment de l’assaut « entraîné par le désir irrésistible de mettre un terme à toute cette violence. »

À la fin, son benjamin Ali décide de se mettre aux « fléchettes ».

Fini le 31/08/2024

samedi 31 août 2024

La Femme de l'ombre de Arnaldur Indridason

(Trilogie des ombres, 2016, Petsamo traduit de l'islandais par Éric Boury, Métailié, 2017)

Alors que la guerre s'étend à toute l'Europe, les Islandais du Danemark, Norvège, Suède, notamment, rentrent à Reykjavik en paquebot spécialement affrété, mais Osvaldur ne se présente pas au départ et Mandred est du voyage.

Le récit tout en allusions (relation, tromperie…), sous-entendus, non-dits, sans citer de noms, avec un décalage temporel dans les témoignages, entretient bien le suspense pendant l'enquête de Flovent sur le « noyé » et Thorson sur le jeune tailladé à mort dans le parc du « Piccadilly » et tous les deux sur la « disparition » de jeunes femmes fréquentant les soldats d’occupation.

« C’était une affaire sensible qui posait le problème des relations entre l’armée et la population locale. Les militaires avaient tout fait pour l’étouffer, mais cette histoire semait le trouble dans les esprits. Les autorités islandaises prenaient l’affaire très au sérieux et exigeaient que les coupables répondent de leurs actes. »

Chaque personnage est bien dans son rôle, l’épouse, la fiancée esseulée, l’ami terrifié, le « lieutenant » cruel, etc.

« Voyez-vous, il faut que vous le sachiez… Osvaldur était en réalité le seul amour de ma vie… ».

Fini le 30/08/2024

vendredi 30 août 2024

Ce que le jour doit à la nuit d'après le roman de Yasmina Khadra

(scénario de Stella Lory, dessin et couleurs de Marion Duclos, Philéas, 2023)

La mise en image est particulièrement désagréable : le héros Younès (Jonas) présenté avec « ses beaux yeux clairs et son physique avantageux » est dessiné franchement laid quel que soit son âge (d’ailleurs on ne voit pas vraiment d’évolution… à part sa taille par rapport aux autres…), les personnages ne sont pas identifiables, toutes les femmes se ressemblent, difficile de reconnaître « Émilie » dans ce tas.

Mettre les actions de l’insurrection en bleuté est une bonne idée, mais le texte ne correspondant pas à l’image (le héros s’en fout ?), c’est sans intérêt.

Une grosse déception.

Fini le 30/08/2024

mercredi 28 août 2024

Livide de Patricia Cornwell

(2022, Livid traduit de l'anglais États-Unis par Dominique Defert, JC Lattès, 2023)

Cette histoire présente uniquement la procédure (attention à ne rien contaminer !) et les résultats de l'examen des cadavres, morts par flux de « micro-ondes », qui a également touché toutes les plantations sur son trajet : l’une, Rachael, ayant arraché ses bijoux par panique avant de s’effondrer ; l’autre, Wally, ayant succombé à une crise cardiaque avant d’être momifié avec de l’adhésif plein de traces du coupable.

« Une fréquence à 2,305 GHz. Et personne n’a rien vu. Sauf deux jeunes femmes qui passaient à bicyclette avec des analyseurs de spectre dans leur sac à dos. Elles étaient les seules à se trouver entre le Président et les terroristes quand le piège a été tendu. […] Et Dieu merci, elles y ont prêté attention. » mais le meurtrier frustré d'avoir raté le Président ira plus loin.

« […] vigile à l’IML de Norfolk à l’automne 2019 [il en a profité pour détruire le légiste…]. À l’époque, il était déjà en lien avec le groupe terroriste naissant qui allait s’appeler La République […]. »

Le lecteur a droit à l’inévitable conflit entre les différents organismes états-uniens : le « Secret service » de la CIA, le FBI, les policiers locaux… le « commissaire de la Santé » et la « gouverneure »…

Fini le 28/08/2024

lundi 26 août 2024

Petit Pays de Sylvain Savoia et Marzena Sowa

(adaptation du livre de Gaël Faye, Dupuis, Aire libre, 2024)

En dernière de couverture, l'éditeur présente ainsi ce livre : « […] avec la complicité de l’écrivain-rappeur franco-rwandais, Marzena Sowa, au scénario, et Sylvain Savoia, à la mise en image, revisitent en bande dessinée ce grand roman d’apprentissage […]. »

« Gaby » est né au Burundi d’une mère rwandaise, de l’ethnie tutsi, et d'un père français, expert en crocodiles. En 1993-94 se déclenche le génocide des Tutsis au Rwanda et démarre la guerre civile au Burundi.

« — Alors la guerre entre les tutsi et les hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ? — Non, ce n’est pas ça, ils ont le même pays. — Alors… ils n’ont pas la même langue ? — Si, ils parlent la même langue… — Alors, ils n’ont pas le même Dieu ! — Si, ils ont le même Dieu… — Mais alors… pourquoi se font-ils la guerre ? — Parce qu’ils n’ont pas le même nez. »

« J’avais pitié pour elles, pour moi, pour la pureté gâchée par la peur dévorante qui transforme tout en méchanceté, en haine, en mort, en lave… »

Fini le 26/08/2024

Dans l'ombre de Arnaldur Indridason

(Trilogie des ombres, 2015, Þýska húsið traduit de l'islandais par Éric Boury, Métailié, 2017)

En 1941, les « Américains » viennent remplacer les « Britanniques » en Islande pour contrer les Allemands. Ceux qui y vivaient ont été exilés, sauf Rudolf Luden, un ancien médecin « cloué sur un fauteuil roulant », et son fils Felix.

Pour son enquête sur le meurtre d’Eyvindur, retrouvé abattu avec un « Colt américain » dans l’appartement de Felix avec sa valise de représentant de commerce, Flovent, le seul policier de la police criminelle d’Islande, reçoit l’appui de Thorson, un « Islandais de l’Ouest » c’est-à-dire dont la famille a émigré au Canada, qui appartient à la police militaire.

C’est très intéressant de lire l’histoire de la « Situation » des Islandais sous cette occupation, notamment des femmes, avec l’exemple de Vera qui « fréquentait des soldats » et dite « plongée jusqu’au cou dans la situation ».

Dans cette période, les témoins, ceux qui étaient à l’école avec Felix, ont vite fait de le qualifier « d’espion ». « Il nous avait espionnés pendant notre enfance et, maintenant il espionnait pour les nazis. »

Le personnage de Brynhildur, la “compagne” de Rudolf est particulièrement bien construit et présenté avec sa sincérité, ses hésitations à dévoiler des secrets passés, voulant quand même aider Felix, sans le condamner…
Flovent le résume ainsi : « C’est un amateur. Il ne sait même pas ce qu’il fait, il ne sait pas dans quoi il s’est fourré et ne connaît pas les dangers qui le guettent. »

Ceux de « l’ancienne léproserie » veulent reprendre l’enquête, mais il y a encore la « capsule de cyanure » et « c’est la guerre ».

Fini le 25/08/2024

vendredi 23 août 2024

Le Grand Test de Jacques Expert

(Calmann-Lévy noir, 2023)

Tout dans ce livre est fade. Le style d'écriture genre limace baveuse, l'inconsistance des personnages, l'absurdité des décisions du gendarme, etc.

Donc, un ponte de ce petit village du Cher est retrouvé mort assommé dans sa grange en feu (on ne saura pas pourquoi il était tellement haï…), Anatole, considéré comme coupable (mais sans vraies explications…), est incarcéré puis libéré lorsque le capitaine Duquennes décide de prendre toutes les empreintes des habitants du village (le fameux « grand test » mais pourquoi… puisqu’on a compris qu'il n'en a pas trouvées car tout a brulé…).

Et puis le « trio » d’amis… la présentation de leur complicité (supposée) est tellement artificielle (ce n’est pas comme ça qu’on s'exprime entre potes), sans doute pour expliquer leur peur du gendarme, puisque l’évidence du texte les donne coupables du meurtre (et le Maxence qui tout d’un coup « tombe amoureux » de Virginia, sa copine depuis l’enfance, il ne l’avait pas regardée avant ?) (et leur comique serment de se soutenir !).

Quant à Alexandre, le soi-disant sage du trio, son personnage est tout simplement ridicule. Son comportement avec Anatole, avec ses amis, les habitants est trop bidon pour être intéressant, ses entretiens avec le capitaine et son adjudante sont parfaitement invraisemblables. Ainsi pense le capitaine : « […] il a beau s’appliquer, en appeler à sa formation pointue de comportementaliste, Langlade lui échappe. Il est insaisissable. […] Il se sent piégé, ce qui ne lui est jamais arrivé et lui laisse un sale goût. »

Le juge met fin au tournoi pour cause de suicide.

Fini le 22/08/2024

mercredi 21 août 2024

Où es-tu maintenant ? de Mary Higgins Clark

(2008, Where are you now ? traduit de l'anglais par Anne Damour, Albin Michel, Spécial suspense, 2008)

Comme souvent dans les romans états-uniens de cet auteur, les personnages sont des riches avec beaux appartements, belles voitures, belles situations professionnelles, enrichis par leur talent pour faire du fric. Ici, l'histoire nous promène dans les quartiers huppés new-yorkais, de duplex en loft ou dans de cossues maisons de la campagne voisine.

Dix ans après sa disparition, Carolyn veut absolument retrouver son frère, Mack, en entendant son traditionnel appel le jour de « la fête des Mères ». Sa mère n’est pas d’accord et se réfugie dans le giron d’un vieil ami, Elliot, le gérant de leur fortune.

Le suspense est bien monté, construit surtout par la conviction des policiers que Mack est le coupable de l’enlèvement des jeunes femmes disparues, dont la dernière Leesey a été vue pour la dernière fois montant dans une voiture devant une boite de nuit.

« Elliott, si Mack devait un jour être traduit devant la cour, accusé d’être un tueur en série, vous imaginez bien que le tapage sera énorme. Certains de vos clients n’apprécieront peut-être pas que leur conseil financier se retrouve tous les jours cité dans les journaux à scandale. » « […] crois-moi, je préférerais envoyer balader tous mes distingués clients plutôt que de ne pas être un seul jour auprès de [ta mère]. »

Un autre oncle a enfin vendu l’immeuble croulant un très bon prix.

Fini le 21/08/2024

Une expression bien vieillotte

Dire « Manger la grenouille » date du 19e siècle pour signifier « dérober ».

Grille 7* finie le 21/08/2024

lundi 19 août 2024

Au soleil redouté de Michel Bussi

(Presses de la Cité, 2020)

L'action se passe dans l'île principale des Marquises, Hiva Oa, où un célèbre écrivain, Pierre-Yves François, surnommé « PYF », a rassemblé ses « cinq lauréates » pour un « atelier d’écriture ». Parmi plusieurs jeux, il propose en premier exercice de tout noter dans un roman baptisé  « Ma bouteille à l’océan » et un « testament » « Avant de mourir je voudrais ».

Les principaux personnages sont Yann, un gendarme, époux de Farèyne, commissaire de police, auteur d’un manuscrit racontant sa poursuite d’un meurtrier qu’elle n’a pas réussi à faire condamner il y a vingt ans ; Maïma, la fille de Marie-Ambre celle-ci s’apparentant à celles qui se rêvent “écrivaine talentueuse”, Martine, Clem, Eloïse ; et Tanaé, la tenancière de la pension « Au soleil redouté ».

L’histoire inclue une présentation des différents rites, notamment les sculptures « tikis » représentant les cinq apprenties. En quelques jours, les morts s’accumulent, au fil des chapitres intitulés « Ma bouteille… », du journal de Maïma, et les atermoiements de Yann.

Le suspense est bien soutenu jusqu’au bout. Les éclaircissements à la fin du livre donnent envie de tout relire pour vérifier si l'auteur n'a vraiment pas laissé échapper des indices dans tout cet embrouillamini.

Fini le 19/08/2024

dimanche 18 août 2024

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

(2009, Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann traduit du suédois par Caroline Berg, Pocket, 2012)

Le titre suédois résume mieux le livre : “le centenaire qui est sorti par la fenêtre et a disparu”. Toute l'intrigue tourne autour de la recherche de Allan Karlsson ; les chapitres intermédiaires relatent son passé mouvementé, de « 1905 » à « 1982 », ses aventures « en Espagne, en Amérique, en Chine, dans l’Himalaya et en Iran », etc. avec ses rencontres d’un peu tous les dirigeants de ces époques, de Truman à Staline en passant par « Mao Tsé-toung ».

Dans sa fuite en « 2005 », il trouve ceux qui deviennent ses amis : « l’ex-célèbre gangster désormais blanchi Julius Jonsson », « l’éternel étudiant Benny Ljungberg », « la belle Gunilla Björklund » dite « Mabelle » et ses deux animaux familiers « l’éléphant Sonja et le berger allemand Buster », le frère de Benny « Bosse, grossiste en denrées alimentaires et néoreligieux », le « jadis très solitaire inspecteur de police Aronsson », « l’ancien chef de gang Per-Gunnar Gerdin ».

Pendant ce temps, le procureur Conny Ranelid, avide de médiatisation, se débrouille pour expliquer aux journalistes qui sont les coupables des morts.

C’est vraiment amusant à lire. L’humour de l’auteur permet de passer sur sa drôle de vision de la politique.

Fini le 17/08/2024

jeudi 15 août 2024

Promesse de Jussi Adler-Olsen

(Les Enquêtes du département V, vol. 6, 2014, Den graenseløse traduit du danois par Caroline Berg, Albin Michel, 2016)

La lecture est agréable malgré toutes les absurdités du récit dans les actions et le comportement des personnages.

Pour enquêter sur un crime daté de vingt ans, les policiers — Carl, le chef, Assad et Rose, ses adjoints, et Gordon — ne voyant rien dans les indices pour retrouver celui qu’il croit le coupable, déménagent les montagnes de dossiers empilés par leur collègue suicidé, et, pour retrouver « Frank », visitent les « guérisseurs » qui se souviennent de lui.
« C’était comme s’il essayait de réunir toutes les connaissances, toutes les techniques alternatives, pour leur trouver un dénominateur commun. »
Lors de la visite chez un « hypnotiseur », ils doivent d’abord se soumettre — et les payer — à des séances, ensuite seulement il accepte de répondre aux questions de Carl. Les suites de ces expériences sont évoquées avec des effets délétères.

Dans les chapitres intermédiaires, la meurtrière, obsédée par sa jalousie possessive, raconte ses raisonnements pour se garantir la fidélité de son “gourou” incapable de rien voir, trop fiérot de lui-même.
« Ils pensaient qu’elle était folle ? Évidemment, ils ne pouvaient pas savoir ce qui était en jeu. La planète entière attendait que la bonne parole soit répandue depuis ce centre, pour qu’enfin toutes les religions s’unissent en une seule et que le monde vive en paix. »

« L’Académie de naturabsorption », « un endroit absolument idyllique qui respirait l’ordre et l’argent », est alimenté grâce à l’énergie photovoltaïque.

Tout ça pour finalement devoir revenir sur l’île !

Fini le 14/08/2024

Pour rire en fin !

La définition « Digne de Baudelaire (1 mot) mais Edgar Allan fait la grimace (2 mots). » donne « Poétique ».

Grille 7* finie le 13/08/2024

lundi 12 août 2024

Les hommes ont peur de la lumière de Douglas Kennedy

(2021, Afraid of the Light traduit de l'anglais États-Unis par Chloé Royer, Belfond, 2022)

Brendan, à Los Angeles, est devenu « chauffeur Uber » après son licenciement économique (l’auteur nous donne une bonne description du système infernal auquel sont soumis les chauffeurs). Il rencontre Elise quand il la conduit à un centre d’IVG où elle assiste les femmes.
« J’essaie juste de protéger des femmes et de les accompagner pendant un moment difficile de leur vie […]. Pourquoi faire de ce choix personnel une prise position, une frontière pour nous diviser encore davantage ? »

Agnieska, l’épouse de Brendan, a « rejoint la version chrétienne des talibans » et son entourage ne va pas tolérer qu’il serve de conducteur à une « tueuse d’enfant ». Klara, leur fille, s’est orienté vers le sauvetage des femmes battues.

Elise explique à Brendan pourquoi les paroles lénifiantes de Todor, le religieux, sont néfastes.
« Tous les hommes cherchent la lumière, n’est-ce pas ? a soupiré Elise. Comme si, une fois qu’ils l’auront trouvée, toutes les réponses allaient leur apparaître. — Je ne sais pas grand-chose. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il n’y a pas de vraies réponses. — Pas pour vous, ni pour moi. Mais pour ceux qui pensent avoir trouvé la lumière, il y a une certaine aura de certitude. […] Si l’histoire nous a appris une chose, c’est que ceux qui croient détenir la lumière condamnent souvent les autres à l’obscurité. »

Finalement, Klara conclut : « recevoir un énorme pot-de-vin pour classer l’affaire aussi vite que possible sans inquiéter personne. » « Bienvenue dans l’Amérique moderne. Le sale type gagne toujours. »

Fini le 11/08/2024

Tant que dure ta colère de Åsa Larsson

(2008, Till dess din vrede upphör traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, 2016)

Une bonne traduction change la perception d'un auteur. La façon dont l'auteur fait raconter l'histoire par Wilma, la noyée, donne un point de vue intéressant sur se(s) meurtrier(s) et les autres personnages.

Nous sommes dans la région de Kiruna, une ville en Laponie suédoise, dans le comté de Norrbotten. L’enquête tombe sur les épaules de la policière Anna-Maria, présentée comme assez écervelée. Mais avec Rebecka, la procureur, elle va faire parler les anciens qui ont vécu la présence allemande.

« Je lui ai parlé d’un avion qui a disparu en 43. Il s’est écrasé quelque part. […] J’ai dit à Wilma que je pensais qu’il avait coulé dans le [lac] Vittangijärvi, […]. Les Allemands utilisaient le port de Luleå. […] Et après il fallait bien convoyer tout ça vers les troupes. […] Isak Krekula était donc chauffeur routier. » « Personne ne veut se souvenir. […] Les filles qui allaient […] saluer les soldats allemands […], tout ceux qui faisaient la cour aux Allemands stationnés dans le Norrbotten […]. Le roi lui-même était sympathisant. »

Dans la bible, Rebecka lit : « Job […] “Oh ! si tu m’abritais dans le séjour des morts, si tu m’y cachais, tant que dure ta colère…” » « Hjalmar hoche ta tête comme un laestadien* sur un banc d’église. »

Fini le 9/08/2024

* Parce qu'un laestadien prend très au sérieux le fait que la grâce n'existe que pour celui dont les péchés ont été expressément pardonnés, il n'y a guère d'autres rites dans ce mouvement qui rivalise avec l'importance de la déclaration du pardon. (Wikipedia consulté le 10/08/2024)