samedi 4 avril 2026

Promenade du crime de Peter Guttridge

(La trilogie de Brighton 1, 2010, City of Dreadful Night traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, Rouergue noir, 2012)

Une lecture soporifique. L'histoire est confuse entre enquête sur « le meurtre à la malle » et tuerie dans la maison prise d’assaut par les policiers.

Robert Watts, le chef de la police, est poussé à la démission, dans le texte il raconte en « je ».
L’inspectrice Sarah Gilchrist réussit à rester et va continuer discrètement à chercher le mobile et les coupables de ce carnage [et bien sûr ils couchent ensemble…].
De son côté, Kate Simpson, journaliste, veut comprendre qui a tué cette femme, l’a démembré et mis son torse dans une malle à la consigne de la gare de Brighton, en 1934.
D’autres personnages interviennent : James Tingley, « ex-SAS et conseiller en sécurité » va aider Bob ; Reg Williamson, un inspecteur, s’associe à Sarah ; William Simpson, « médiateur secret du gouvernement » et père de Kate, refuse de dire quoi que soit ; etc.

L’intrigue n’a aucune logique, pas le moindre schéma du pourquoi et comment, sans doute pour justifier la publication de la suite. L’épilogue laisse deviner le coupable du meurtre à la malle, mais le brouillard reste sur le chaos dans la maison.

Fini le 3/04/2026

> Une promenade désagréable, aucune envie de continuer cette « trilogie ».

Le secret de Móen de Peter Tremayne

(Série Sœur Fidelma, 1997, The Spider's Web traduit de l'anglais par Hélène Prouteau, 10/18, 2005)

Eber, le chef du comté d'Araglin, est retrouvé poignardé. Fidelma et Eadulf viennent enquêter pour trouver le coupable. Mais dès leur arrivée, Dubán, le commandant de la garde, accuse Móen qui a été retrouvé près du lit avec le couteau dans la main.

Fidelma est vite convaincue que cet infirme, sourd, muet, aveugle, est innocent. Elle exige qu'il soit désentravé, lavé, soigné. Teafa, la sœur d'Eber, qui l'a élevé, a aussi été tuée. Elle était la seule à le comprendre. En visitant sa maison, Fidelma y trouve des « bâtons de poète », qui sont des « très vieux livres » avec des « encoches qui correspondent aux lettres de l’ogam, l’ancien alphabet ». Elle va trouver Gadra, un ermite, qui connaît bien la façon de l’utiliser.

Fidelma précise : « Pour compenser ses déficiences, Móen a développé un odorat particulièrement sensible et il a une très bonne mémoire des odeurs qu’il respire. »

Fini le 1/04/2026

mercredi 1 avril 2026

Nuit d’orage à Copacabana de Luiz Alfredo Garcia-Roza

(Commissaire Espinosa, 2006, Espinosa sem saída traduit du portugais Brésil par Sébastien Roy, Actes noirs, 2015)

Un SDF est retrouvé mort d'une « balle dans la poitrine » sur une place en « cul-de-sac » d’Ipanema.
« Le mendiant n’avait pas d’existence civile, son nom n’était qu’un surnom [le Maigre], il n’avait ni papier, ni résidence, ni famille, ni amis, ni connaissances […]. Il était sans-logis, sans-identité, sans-famille… Ses manques étaient tels que le seul trait distinctif qu’il possédait était négatif : une jambe en moins. »

Sur les indications de commissaire, l’inspecteur Ramiro et le détective Welber enquêtent notamment sur les invités d’une soirée dans le voisinage et qui ont dû récupérer leur voiture près de l’endroit où est retrouvé le SDF. La plus proche était celle d’Aldo Bruno, un architecte d’intérieur, qui a couru la chercher sous un violent orage. Puis Camilla, la femme d’Aldo, est retrouvé décédée sur le divan de son cabinet de psychanalyse…

Ramiro et Welber, qui se sont organisés pour suivre tous les protagonistes, commentent l’arrivée de Mercedes :
« — Elle est venue en force, dit Ramiro.
— La robe qui tue, dit Welber. Pardon, c’était juste une façon de parler. »

Les réflexions d’Aldo sur son passé, ses trous de mémoire, sa brutale panique sous l’orage, sa passivité avec sa maitresse… sont bien menées et décrites.

Fini le 30/03/2026

lundi 30 mars 2026

Île noire de Piergiorgio Di Cara

(2002, Isola nera traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, polar, 2003)

Rescapé d’une tuerie, l’inspecteur Salvatore Riccobono, en convalescence, accompagne son ami Mario, médecin, dans l’île Lipanusa où il doit s’occuper du dispensaire.

Le brigadier considère la mort de Toni comme un accident. Salvo le décrit ainsi : « Toni était vraiment un sale con. Vulgaire, autoritaire, grossier, impudent… un bourreau, tu parles d’une victime ! Mauro, il l’a mis dans la merde, Iasmina, il lui a bousillé la vie, à Cuba il allait avec des petites filles… […] il s’en vantait en plus. »

Pendant qu'il enquête, Salvo raconte sa vie de policier, décrit la nature de l'île, ses tempêtes, ses mugissements…

En préface, le traducteur explique comment il peut rendre l'italien de l'écrivain.
« […] ma première préoccupation a été de faire sentir à quel niveau de langue se trouvait chaque partie du texte. J’ai adopté […] des solutions […] : recours à des termes du sud de la France pour rendre l’italo-sicilien, respect de l’inversion verbe-complément […], traduction littérale du passé simple, si fréquemment utilisé dans cette langue à la fois verte et emphatique qu’est le sicilien. Afin de rendre la saveur des passages purement dialectaux, j’ai aussi opté pour la reproduction pure et simple du dialecte, immédiatement suivi de sa traduction. »
Ce qui peut donner des dialogues ainsi entre le vieil épicier et Salvo :
« — […] Écoutez-moi, à moi, que je suis un vieux et peut-être demain un cadavre !
— Ouuuh ! Vosseignerie, comme l’acier vous êtes, ça se voit.
— Mon fils, ici, sur l’île du vent, la mer, même l’acier, elle se le mâche ! Mais quand même ! Allez-y ! La Forest vous me la paierez après !
— Merci, maître, je vous salue… si vous permettez.
— Serviteur ! »

Le vieux « s’appuie sur un bâton. » « — U’ nome ci li misi ju… son nom, c’est moi qui lui ai donné. […] come li ciura aduruse e santi, comme les fleurs odorantes et saintes. »

Fini le 29/03/2026

samedi 28 mars 2026

Un outrage mortel de Louise Penny

(Une enquête de l'inspecteur-chef Armand Gamache, 2016, A Great Reckoning traduit de l'anglais Canada par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Actes noirs, 2021

Le titre en anglais “un grand règlement de comptes” correspond bien à l’histoire. Armand Gamache prend la direction de « l’école de la Sureté » pour mettre de l’ordre. Il limoge des professeurs, en embauche d’autres, notamment Michel Brébeuf, un tacticien, précédemment relégué pour malversations et corruption. Et il garde le professeur Serge Leduc — « le Duc » — dont les méthodes répréhensibles créent des agents trop brutaux et sans vergogne. Quand il est assassiné, l’inspectrice Lacoste et Jean-Guy Beauvoir le rejoignent pour enquêter. Gamache fait aussi venir le commissaire adjoint Paul Gélinas, un officier de la Gendarmerie royale du Canada, comme « observateur ».

Pour les isoler de l’enquête, Armand envoie les quatre étudiants préférés du Duc — Jacques, Huigen, Amelia et Nathaniel — à Three Pines avec mission d’étudier une vieille carte retrouvée dans un mur. L’intrigue entremêle la recherche de l’assassin et l’élucidation des représentations du vitrail et des dessins.

Évidemment, Gélinas accuse Gamache d’être le meurtrier, puisqu’il détestait Leduc, et les autres cogitent sur ces soupçons… ça entretient le suspense (!), mais donne surtout de la bonne lecture, les traducteurs ayant gardé un petit style français québécois.

Fini le 27/03/2026

mercredi 25 mars 2026

Jaune soufre de Jacques Bablon

(Jigal polar, 2018)

Caroline, 16 ans, accouche de Rafa.
« Donner vie à un enfant et tuer un mec dans la même journée était humainement inconcevable. »
Rafa grandit. « Caro, maman aigle, pas mère poule. »
Il devient ingénieur mais ne trouve que des petits boulots, tel que pompiste.

Puis la vie de Warren Grondin après l’annonce de la mort de son père.
« Écrasé par un camion ? Tombé d’une falaise ? Il est mort de quoi, son père ? Mère malade, disparue quand il était encore tout petit. Père, mère, il a toujours été le mec qui se démerdait sans, pleurait pas, faisant semblant de ne pas être en carence. »

Il va chercher à retrouver sa sœur Marisa. Elle est serveuse dans un bar.
« Le regard de Warren monte le long de la robe noire, escalade les reliefs. Elle a une tête spéciale. Ses cheveux. Tout jaune. »
Rafa va aussi la croiser pendant sa mascarade de faux médecin.
« Et la fille qui se fait mettre la main au cul par ce gros con juste au bon moment ! L’outragée héroïque, sa sauveteuse aux cheveux jaunes. Un jaune spécial. Comme du soufre. »

À la fin, Franck « n’arrête pas de beugler : “c’était comme mon frère ! C’était comme mon frère !” »

Fini le 25/03/2026

mardi 24 mars 2026

Les petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure de Minna Lindgren

(2015, Ehtoolehdon tuho traduit du finnois par Martin Carayol, Calmann-Lévy, 2016)

Irma et Siiri, nos nonagénaires, doivent vivre dans un nouvel établissement. Le Bois du couchant est entièrement « monitorisé », avec des « murs intelligents », des robots, un « Mangeomatique », des badges pour tout ouvrir, payer, etc. Le « Réveil de la foi », un société de prédicateurs, surveille le tout, faisant débiter continuellement des paroles de la bible à toutes ces machines et des appels à dons.

Enfin, Anna-Liisa exprime sa peur.
« Il faut mettre fin à toute cette saleté de technologie des soins à la personne. Combien faut-il encore de cadavre, avant que vous ne vous rendiez compte que les robots nettoyeurs et le distributeur de plats ne peuvent pas s’occuper de petits vieux ? La coupure de courant a joué le rôle de révélateur dans cette maison de fous. Elle a prouvé que l’idée de remplacer l’homme par la machine est mort-née. Mais personne ne fait rien. »

Après son décès, Irma et Siiri se décident… avec l’aide du rat.
« […] il nous reste à vivre la chose la plus passionnante du monde ! […] Döden, döden, döden ! »

Fini le 24/03/2026

lundi 23 mars 2026

Mortels poireaux de Thierry Payan

(les 2 encres, sang d'encre, 2007)

Dans la commune d'Entreval, une succession de disparitions de commerçants pose des problèmes à la gendarmerie et la SRPJ envoie du renfort notamment l'inspecteur Duplan et… le soi-disant « écrivain »Eugène Trouvère.

Il va désigner l’un après l’autre plusieurs coupables : Ernest Croquemillet, employé de banque, de la mort de Samuel, agresseur de sa Marjorie ; Lucien Benvenutti, le laitier, de la disparition de Romain Muller, démarcheur d’une grosse firme de yaourts ; Jacques Lamblin, le boucher, du meurtre de sa femme Jacqueline… et cherche encore le responsable des cadavres retrouvés dans les « collines rouges ». Tout en enquêtant, il promène son chien, Mister. L’épicier, Emile Bartoli, lui propose des pâtées qui font « l’unanimité au sein de la gent canine ».

Une intrigue très bien montée, un style d’écriture plein d’ironie, des personnages bien vivants, font une lecture agréable.
« L’astre diurne étincelle du haut de son perchoir céleste. Cette fois, le printemps a enfin décidé de déposer ses valises. Il en a sorti tout un assortiment de couleurs et libère une première salve de senteurs portée par un léger mouvement d’air. En réponse aux doux rayons de chaleur, des milliers de bourgeons ont éclaté en autant de taches multicolores qui parsèment la campagne et les bois. »

Fini le 22/03/2026

vendredi 20 mars 2026

Sidney Chambers et les périls de la nuit de James Runcie

(2013, Sidney Chambers and the perils of the night traduit de l'anglais par Patrice Repusseau, Actes noirs, 2017)

Les mystères de Grantchester 2

Les périls de la nuit
Sidney résume : « Qu’il s’agisse ou non d’un accident, il est assurément singulier que trois hommes grimpent ensemble sur un toit, que l’un d’entre eux meure et que l’autre disparaisse de la circulation. »

Amour et incendie
Canicule et explosion.

Semaine impie
Rénovation électrique et jeux de mots sur les notes « do (C), la (A), ré (D), mi (E) correspondent au nom de la victime ».

Le coup du chapeau
Cricket, limonade, thé.

Le principe d'incertitude
Amener une présence évidente au mariage.

Rendez-vous à Berlin
Avec Hildegard, franchir le Mur avant sa construction.

Conclusion
L'inspecteur résume : « C’est l’ABC de l’investigation criminelle, Sidney. A : ne rien affirmer. B : ne croire personne. C : tout vérifier. Sans oublier D : le fric. »

Fini le 19/03/2026

mardi 17 mars 2026

Le revenant d'Albanie de Jean-Christophe Rufin

(Les énigmes d'Aurel le Consul, Calmann-Lévy noir, 2025)

En cherchant le coupable du meurtre de « Marc Lumière » en Suisse, à Tirana Aurel et Amélie, l’ambassadrice, apprennent les principes du « Kanun ».
« Nul homme ne peut échapper à ces vengeances mais les femmes et les prêtres en sont exclus. »
« Le Kanun prescrivait que la victime connaisse son agresseur. […] il devait se montrer à visage découvert […]. Et il devait lancer distinctement une phrase de revendication […]. »

Alma, sa fille restée au pays, a essayé de trouver une solution.
« […] s’il était la source du problème, s’il justifiait ces vengeances atroces, il devait nécessairement contenir aussi la solution. »
« Les articles 134 à 138 du Kanun prévoient la pacification par le sang. […] J’ai décidé de me présenter devant ma famille […]. Je demanderais le rachat du sang. »
« Mon oncle m’a annoncé qu’ils refusaient le rachat du sang. […] j’ai su que l’opposition catégorique était venue de mon grand-père. »

Tout ça à cause d’une « pyramide de Ponzi » trop bien montée.

Fini le 16/03/2026

lundi 16 mars 2026

Dernier gueuleton avant la fin du monde de Jonas Jonasson

(2022, Profeten och idioten traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2023)

Johan, — « le Nigaud », « Masterchef et génie » — pourvu d’un camping-car par son frère détestable, rencontre Petra la « prophétesse » de la fin du monde. Johan s’essaie à la conduite en emmenant Petra, et son maniement aléatoire les fait arriver chez Agnes, une « influenceuse » de 75 ans.

L’intrigue repose sur la poursuite de la revanche contre celle ou celui qui a nuit : d’abord pour Petra son ancien amoureux, pour le livreur de fumier celui qui a pris sa femme, etc. Il reste Johan qui doit retrouver son frère Fredrick, devenu secrétaire d’ambassade à Rome. C’est parti pour le grand n’importe-quoi, notamment bavardage avec Obama et Ban Ki-moon, puis départ pour les Condors…

Leur arrivée chez le président « Aleko » déclenche un tas de péripéties — paternité, discours à la conférence UA, escroquerie en ligne, mafieux russes, etc. — dont le seul suspense réside dans la façon dont l’auteur va s’en sortir.

Johan : « J’adore le västerbottensost, avec ou sans tréma sur le a. » et il en met sur presque tous ses plats.

Fini le 15/03/2026

samedi 14 mars 2026

Le secret des Andrônes de Pierre Magnan

(Commissaire Laviolette, 1979, Folio policier, 2000)

Un mystérieux meurtrier jette les aides-soignantes de Rogeraine Gobert « la belle infirme », d’abord Jeanne, sa nièce désargentée, pendant le spectacle à la Citadelle de Sisteron, puis ses remplaçantes. Sa cousine Évangéline essaie d’aider malgré son travail et son goût à fendre des bûches.

L’intrigue laisse bien dans l’ombre la personnalité et les raisons du coupable d’afficher le nom de « Gilberte Valaury », se centrant sur les obsessions de Rogeraine et son passé pendant la guerre.
« Mais, quand même… vingt-quatre ans ! se disait Laviolette. Aurais-tu été capable d’aimer une morte pendant vingt-quatre ans au point de haïr encore ? »

Le « secret », dévoilé sur son lit de mort par le Cadet Lombard, est bien gardé par les présents qui se contentent de l’évoquer devant Rogeraine, entretenant le suspense sur sa relation avec les meurtres… ou non.

Fini le 13/03/2026

jeudi 12 mars 2026

Sur le toit de l'enfer de Ilaria Tuti

(Commissaire Teresa Battaglia, 2018, Fiori sopra l'inferno traduit de l'italien par Johan-Frédérik Hel Guedj, Robert Laffont, La bête noire, 2018)

L'intrigue basée sur l'expérience de la privation affective des nouveau-nés devient lassante avec les ruminations de Teresa sur sa vie, sa vieillesse — elle a la soixantaine —, ses remémorations freudiennes, ses réflexions agressives à son nouvel inspecteur, etc. Le sort des victimes en est si dilué qu'on ne sait plus qui a survécu.

Le personnage de « l’enfant Omega », survivant de l’institut de « dépersonnalisation », aurait mérité une meilleure présentation que ses quelques chapitres, et celle faite par le commissaire aux policiers.
« — Il n’entre dans aucune statistique, parce que, psychologiquement, il n’est jamais né, conclut-elle. Voilà pourquoi on ne peut enquêter sur lui avec les instruments normaux de la psychologie d’investigation. »
« — L’invasion territoriale a rompu son équilibre, comprit-elle. Elle l’a poussée vers la vallée, comme les chevreuils effarouchés […]. »

Les raisons de ses attaques contre ceux qui menacent les collégiens amis semblent fondées, mais celles de ses “prélèvements” (yeux, peau…) très floues.

La qualité de la traduction tempère la lourdeur de la lecture.

Fini le 11/03/2026

mercredi 11 mars 2026

Meurtre à la sauce cajun de Robert Crais

(Une enquête d'Elvis Cole et Joe Pike, 1995, Voodoo River traduit de l'américain par Robert Pépin, Belfond noir, 2013)

Quand elle vient avec son agent pour embaucher Elvis Cole, il l’observe : « Jodi Taylor […] paraissait lasse, son regard assombri par quelque chose qui lui était venu à l’esprit. […]
— De quoi avez-vous peur, mademoiselle Taylor ? lui demandai-je. »

Au fil de l’histoire, il va découvrir à Baton Rouge (capitale de la Louisiane) les parents naturels de Jodi et que ce qu’il s’est passé lors de l’abandon du bébé pourrit encore les relations plus de trente ans après, notamment, le travail de Joel Boudreaux, le shérif.
« — C’est la vedette de la télé, Joel, reprit Edith. La petite fille que j’ai abandonnée. »

Le bayou facilitant l’entrée discrète d’immigrés, certains s’y enrichissent.
« Ces gens viennent de régions en guerre où la vie n’a pas de valeur. Ils ont exécuté des centaines, peut-être même des milliers de gens. Ce type, Frank Escobar, il a assassiné beaucoup et il continue d’assassiner tous les jours. Prima est lui-même de ce genre. »
« Il y a tellement d’assassinats dans l’air que c’est ce qu’on respire. Prendre la vie des autres a perdu tout signification. »

Fini le 9/03/2026

dimanche 8 mars 2026

Chine, retiens ton souffle de Qiu Xiaolong

(Série Chen Cao, 2018, Hold Your Breath China traduit de l'anglais États-Unis par Adélaïde Pralon, Liana Levi, 2018)

« — Qu’espérez-vous apprendre exactement, camarade secrétaire Zhao ?
— Quelles sont précisément les intentions de ce groupe. Qui est impliqué, contacté, affilié. Quels sont leurs soutiens financiers, de quels moyens ils disposent. Quels sont exactement leurs projets et leurs avancées. »

Laissant l’inspecteur Yu s’occuper de l’enquête sur les personnes mortellement assommées, Chen va donc chercher à entrer en contact avec ces écologistes qui dénoncent les méfaits de la pollution de l’air, notamment à Shanghai. La réalisatrice du documentaire est une ancienne amie de Chen qui avait à l’époque composé un poème pour elle.

Les masques portés pour supporter la pollution jouent un grand rôle dans l’intrigue, surtout leurs couleurs, le jaune ayant une origine bien particulière. La première victime travaillait à l’hôpital.

Fini le 7/03/2026

vendredi 6 mars 2026

Bleu sur la peau de Del Pappas

(Série Constantin le Grec, Jigal, Polar, 2001)

Constantin raconte sa vie. Une de ses réflexions permet de dater l’histoire : « Je lis un poème du terrible Primo Levi qui vient de se suicider. » soit « le 11 avril 1987 » d’après Wikipedia.

Pour aider son ami le policier Philippe Mateis, il fouille ses cartons du temps où il était photographe, et retrouve celles d'Alix, avec laquelle il avait fait une tournée bien abreuvée pour leur anniversaire de la même date. L'explosion de la voiture et les menaces vont trouver leur cause dans le passé d'un « collaborateur ». Car Philippe a compris : « Ce que je sais, c’est que les mecs qui voulaient te tuer, étaient persuadés que tu étais un maître chanteur. »

Donc c’est encore : exactions des Allemands, avec soutien des gendarmes, arrestation des juifs, déportation, etc.

Fini le 5/03/2026

mercredi 4 mars 2026

L'enfant qui sema la mort de Auguste Corteau

(2021, Μισό παιδί traduit du grec par Clara Villain, Belfond noir, 2024)

L'histoire commence par la tuerie à l'école de Chryssodéndri. Puis Fíllipos Séxtos vient au village pour écrire les témoignages sur le coupable, le jeune Antónis qui s'est immolé par le feu. Le récit découvre petit à petit la vie de cet enfant et de sa mère Máro.

Une histoire très dure, pleine de violences.
« […] quand on voit à quoi il en est arrivé pour cacher sa nature […]. Je vous semble peut-être dure, mais aussi absurde que cela puisse paraître, Antónis m’a volé mon fils. »

Fini le 3/03/2026

Mater Dolorosa de Jurica Pavičić

(2022, Mater Dolorosa traduit du croate par Olivier Lannuzel, Agullo Noir, 2024)

À Split, les policiers, Tomas l'ancien et Zvone le jeune, doivent trouver le coupable du viol et du meurtre de Viktorija. Au fil de l'intrigue, Ines raconte les bouleversements dans sa famille. Sa mère Katja essaie de trouver du réconfort à l'église, allant prier auprès de l'autel consacré à Notre-Dame des Sept Douleurs.
« Un relief de la Vierge trône au milieu de l’autel, elle est vêtue d’une tunique et a l’air émue. De sa poitrine déborde un cœur jaune chromé d’où partent radialement sept couteaux. Deux mots sont écrits sous le relief, des mots en latin, mais que tout le monde comprend : Mater Dolorosa. […] une mère qui souffre comme chacune des femmes ici, comme moi, pense souvent Katja. »
« Tout serait aller différemment si papa n’était pas mort, se dit Ines. […] Ils ne se tortureraient pas pour joindre les deux bouts. »

Le suspense est bien entretenu par des découvertes de Zvone et d’Ines : le modèle de la voiture, les restes trouvés sur le site, ceux cachés à la maison…

« […] la Vierge regarde dans la direction du ciel, les yeux vitreux, au bord des larmes. […] Elle a vu quand il a expiré, elle l’a descendu de la croix […]. Elle l’a suivi dans tout, elle a tout traversé à ses côtés […]. Car c’est ce que font les mères. Les fils sont toujours un supplice pour les mères. »

« Il a reculé parce qu’il n’a pas ça en lui. Parce Zvone, c’est de la gélatine. De l’eau tiède. Le bon gars. C’est pour cela qu’il a retiré ses mains. »

Fini le 2/03/2026

dimanche 1 mars 2026

À la verticale des enfers de Fabio M. Mitchelli

(Éditions Ex Æquo, 2011)

Ce livre est un ramassis de fadaises, tout y est amphigourique. 
Les personnages : un « médium » qui voit l’action future et en prévient le policier ; un mort qui raconte sa vie… ; « Sohan Ordell », un flic décervelé suivant son médium ; et évidemment des corrompus…
L’intrigue : ce n’est pas une enquête sur des cadavres dépecés, c’est du verbiage dénué de sens commun.
L’écriture est au niveau de cette ineptie, par exemple la découverte d’un des meurtres :
« Tout autour, une étendue interminable de poudre blanche, immaculée, vierge de toute trace, semblait se trouver là depuis des siècles, posée comme un voile diaphane qui se soulevait à chaque rafale de vent. La mélodie paraissait ondoyer tout autour de la vieille cabane, nimber le lieu et l’instant d’une féérique atmosphère, dulcifier le mal, atténuer l’horreur. » Certains encensent ce style…

Enfin, le coupable : « Je manipulerais le diable s’il le fallait. Je n’ai peur de personne, ni d’un flic dans ton genre […]. j’aime le sang, la violence, la brutalité des images qui me renvoient l’éclat d’un corps ouvert et dispersé, j’aime ce choc qui me rappelle combien nous sommes infiniment délicat et fragiles… d’ailleurs les femmes sont beaucoup plus tendres […]. »
Son trafic lui permet de répandre des milliards pour être tranquille.

Parcouru et fini le 1/03/2026

samedi 28 février 2026

Meurtre à St James Palace de Deryn Lake

(Série John Rawlings, 2002, Death at St. James's Palace traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, éditions du Masque, Labyrinthes, 2005)

John Rawlings accompagne au Palais Mr Fielding, — le « Blind Beak » ou « le Magistrat » — pour la cérémonie de son investiture au rang de « Sir ». Un autre récipiendaire, George Goward, en sortant de la salle trouve la mort en dégringolant un escalier. Le greffier et le Magistrat se concerte.
« — […] Sir [demande Joe Jago] Qu’est-ce qui vous fait penser que la chute de Sir George ne fut pas accidentelle ?
— J’ai entendu quelque chose, répondit le Magistrat d’un ton paisible qui pourtant fit frissonner l’Apothicaire. […] J’ai entendu juste à côté de moi quelqu’un chuchoter […]. Des paroles sans signification. “Quelle importance les honneurs à présent ?” Ensuite il y a eu un déplacement d’air comme à la suite d’un effort puis la clameur de George et son plongeon dans l’escalier. »

En écoutant ceux qui le connaissait, l’Apothicaire découvre la haine que cet homme a provoquée.
« Elisabeth Chudleigh se disait qu’il pourrait la faire chanter parce qu’on la dit mariée alors qu’elle déclare vivre seule ; Julius et Christabel Witherspoon le haïssent parce qu’il a engrossé leur sœur et l’a ensuite abandonnée ; Aminta Wilson se sent trahie parce qu’étant son père il ne s’est jamais donné la peine d’aller la voir ; Jack Morocco qui aime cette dernière autant qu’il est capable d’amour le déteste pour la même raison ; Digby Turnbull aimait la mère d’Aminta et pourrait fort bien chercher à la venger. »
Et il y a aussi les « petits pages » du roi, un Comte, un Duc… et un treizième…

Lady Mary Goward, « une femme grasse et futile avec une voix haut perchée de petite fille, engoncée dans un corset trop serré », a éparpillé quelques enfants, dont Frederik.

Fini le 27/02/2026

jeudi 26 février 2026

Le sang d'un autre de Amanda Coetzee

(Bad blood traduit de l'anglais Afrique du Sud par Laurent Bury, Toucan noir, 2012)

L'histoire se passe dans le comté de Cumbria au nord-ouest de l'Angleterre, en 2001. Tout commence en 1985 quand cette maman confie son fils au gitan responsable d'un manège pour l'éloigner de la violence de son mari. L'intrigue repose sur la façon dont les policiers vont trouver le mari qui tue des petits garçons à chaque date anniversaire de son fils disparu. Le dernier enlevé est Mickey, un « enfant du voyage ».

L’inspecteur Harry O’Connor est envoyé par Scotland Yard pour seconder les enquêteurs.
« — Et c’est comme ça que je me retrouve dans une voiture empruntée, avec rien d’autre que les vêtements que j’ai sur le dos. […] Flic depuis douze ans, je redeviens un gitan en deux secondes. »

Tout le suspense réside dans la façon dont il va découvrir la vérité sur son enfance. Il est aidé par Sheldon et Khan, qui fouillent les archives, et Emily Meadows, une assistante sociale chargée des liens avec les « Gens du Voyage ».

Fini le 25/02/2026

mercredi 25 février 2026

De sucre et de sang de Pascal Grand

(Pavillon noir, 2017)

En 1785, à Orléans, la raffinerie est célèbre pour la qualité de son sucre. Quand le propriétaire décéde plusieurs se sont proposés pour la racheter, mais madame veuve Marotte a tout refusé et depuis elle en assure la direction avec son assistant Jacques Bidault.

Antoine Léonard Toussaint, chirurgien juré qui a examiné les victimes, des jeunes femmes à la gorge tranchée, va aider le commissaire Cerisier à enquêter. Le lieutenant général de police Miron de Pont le Roy les soutienne. L'inspecteur des Turcies et Levées Nicolas Grostête et un « Gris-Meunier » trouvent des informations notamment auprès des transporteurs navigant sur la Loire. La description de leur travail est bien documentée avec un glossaire listant les termes utilisés dans ce milieu, les dénominations des différents bateaux, des ustensiles, des méthodes de propulsion…

S'imbriquent dans l'enquête, des querelles entre francs-maçons.

Toussaint s'éprend de Hortense Marotte, la fille, séduit par sa ténacité, son intelligence, et, pour la protéger, finit par s'installer chez elles pour contrer les « émeutiers ». Le commissaire explique :
« […] un attroupement s’est formé il y a une demi-heure à peine place du Martroi, un individu racontait que la police avait arrêté l’égorgeur… mais voulait le protéger de la population en le maintenant ici, eu égard à sa fonction et son rang… »

Fini le 24/02/2026

dimanche 22 février 2026

J'irai mourir sur vos terres de Lori Roy

(2015, Let me die in his footsteps traduit de l'anglais États-Unis par Valérie Bourgeois, Éditions du Masque, 2017)

Annie en 1952 et Sarah en 1936 racontent les événements qui surviennent dans leur famille vivant dans le Kentucky. À l'époque d'Annie, son “père” John Holleran, qui a épousé Sarah, cultive des champs de lavandes. Petit à petit, elle va découvrir que sa véritable mère est Juna, la sœur de Sarah.

L'intrigue est bien montée, faisant découvrir pas à pas les liens entre ces deux époques, avec une question récurrente qui est le véritable père d'Annie et qui a tué Dale, le petit frère de Sarah et Juna. Il y a plein de références à du “mauvais œil”, à des dons de prémonition, et des cérémonies pour des demi-anniversaires avec vision dans un puits… Les haines entretenues avec la famille voisine, les Baine, entrainent la pendaison de Joseph Carl, et d'autres morts violentes…

« Leur tante était cette femme habitée par un esprit mauvais. Celle qui changeait les champs en poussière. Celle que tous les habitants du comté de Hayden craignaient. Elle avait aimé sa famille […]. Elle ne souhaitais pas partir, mais elle l’avait fait, elle avait bouclé ses valises et quitté la région afin que le calme revienne. […] Elle était un peu spéciale, c’est tout. »

Fini le 22/02/2026

vendredi 20 février 2026

Le dernier pape de Luís Miguel Rocha

(Complots au Vatican, 2006, O Último Papa traduit du portugais par Vincent Gorse, L'aube noire, 2015)

Toute l'intrigue repose sur une théorie attribuant la mort d’Albino Luciani, le pape Jean-Paul Ier, à un assassinat par les corrompus du Vatican. Le principal concerné est le surnommé JC, ancien de la loge maçonnique italienne Propaganda Due, abrégée P2. Il va pister Sarah et Rafael pour retrouver des documents dits secrets, car écrits par le pape avant sa mort et qui contrarient les puissants monseigneurs, enrichis par leurs malversations.
« De fait, cette histoire n’a rien avoir avec la religion […]. […] tout n’est qu’affaire d’ambition, de pouvoir, d’argent, de corruption, de politique. » même si certains personnages s’en remettent régulièrement « à la grâce de Dieu ».

JC explique pourquoi avec la CIA, il use d'autant de violences pour ces quelques documents.
« […] s’ils avaient été retrouvés entre les mains du mort, mis à part la liste et le secret [de Fatima], bien entendu, rien de dramatique ne se serait produit. Les simples dernières volontés d’un défunt, en quelque sorte. Mais leur réapparition aujourd’hui, presque trente ans plus tard, serait perçue différemment. Cela serait la preuve que quelqu’un les a fait disparaître à l’époque ; Villot [le secrétaire d’État] serait aisément pointé du doigt, la thèse du complot ressortirait au grand jour et l’Église pourrait ne jamais s’en remettre. »

L’histoire reprend le récit des turpitudes des banques vaticanes déjà trop bien connues, en fiction et en réalité. La lecture devient vite lassante avec tout le ramassis de trucages censés éviter la rencontre des tueurs qui évidemment sont toujours là — mention spéciale pour le saut en parachute sans raison confirmée ! — noyant tout suspense.

Le cliffhanger en dernier page — JC envoie un écouteur à Sarah — ne donne pas envie de lire le tome suivant, qui risque d’être encore plus lourdaud en tirant sur davantage de pages.

Fini le 20/02/2026

jeudi 19 février 2026

Mais c'est bien sûr

« Avec samedi avant vendredi. », « Ordre alphabétique. »

Fléchés 6/7 grille finie le 19/02/2026

La bonne devise

« Ni dieu, ni maître. » car « Autrement dit, se soumettre est odieux. »

Grille 7* finie le 19/02/2026

mercredi 18 février 2026

La veuve de Fiona Barton

(2016, The Widow traduit de l'anglais Grande-Bretagne par Séverine Quelet, Fleuve noir, 2017)

L'intrigue avance chapitre par chapitre avec les dates maintenant et avant, donnant le témoignage de « la veuve », « l’inspecteur », « la mère », « la journaliste »… sur la disparition de Bella et sa recherche. Le coupable visé est Glen Taylor, le mari de Jane « la veuve ». 

Le suspense est vraiment bien entretenu. Le harcèlement des journalistes, notamment le comportement de Kate du Daily Post, paraît parfaitement crédible, ne reculant devant rien pour entretenir leurs succès.
Il est question de « chat rooms », de forum, d’un club porno, de pédophilie… Janie nomme ces habitudes de son mari, « ses bêtises ».

« Je pouvais être sa maman pour l’éternité. »

Fini le 17/02/2026

lundi 16 février 2026

Un morceau de toi de Christophe Guillaumot

(Le Bureau des affaires non résolues, Rageot, 2022)

Classé en “univers jeunesse”, ce roman est bien agréable à lire. L'histoire met en scène la vie d’un adolescent en difficulté avec sa famille. Gaspard, dont la mère, alcoolique depuis la disparition de son mari, lui donne peu d'argent, vole pour s'équiper. Pris en flagrant délit, la commissaire Berthelot lui propose « un programme de réinsertion » qui l'oblige à étudier des dossiers d'affaires non élucidées, pour échapper à la prison. Il y retrouve le capitaine Ruben Arcega, un policier rétrogradé. Leur antagonisme de départ va se muer en solidarité.

La description de leur relation est bien menée du mépris de Ruben, qui surnomme Gaspard « crevette », à leur pugnacité pour résoudre ces mutilations de chevaux. Les relations entre les amis — son voisin Jean dit Mickey, les jumeaux Lucie et Baptiste, Anthéa — et celles de Gaspard avec Jade, sont vraies, sans pathos. La façon dont ils organisent leur expédition « d’urbex » est crédible.

Le coupable des mutilations s’attaque maintenant aux femmes… avec toujours le même produit vétérinaire. Ruben constate : « […] c’est quasiment le laps de temps entre la fin des mutilations des chevaux et la première attaque sur la joggeuse. »

« À suivre… »

Fini le 15/02/2026

dimanche 15 février 2026

Treize jours de Arni Thorarinsson

(Les enquêtes d'Einar le journaliste, 2016, 13 dagar traduit de l'islandais par Éric Boury, Éditions Métailié, 2018)

L'intrigue est brouillée par des histoires mal venues. Par exemple : Pourquoi Margrét, visiblement une ancienne amie d'Einar, lui donne un délai de treize jours pour la rejoindre ? Que viennent faire les chapitres d'un entretien entre Gunnsa, la fille d'Einar, et Jonas le policier ? Et les radotages sur qui va prendre le poste de la direction éditoriale du journal où travaille Einar ?

Tout cela noie l’enquête sur le meurtre de Klara Osk. Sa vie d’adolescente et celle de ceux qui la pousse à la drogue et à la prostitution demande un peu plus d’explication, même si l’attitude de sa famille — le père « poivrot », la mère « pasteur » — la laisse à l’abandon. Les inévitables manifestants contre « l’envahissement des étrangers » sont décrit de façon trop artificielle.

Gunnsa trouve plus de réponses que la police ou son père. Son âge lui permet d’aborder facilement les amis de Klara Osk, et de rencontrer les vendeurs de drogue et proxénètes. Elle demande des explications à Pavel.
« — […] Tu m’as dit que tu réclamais justice pour Kara Osk […]. Tu devras tout raconter tôt ou tard […]. Tu étais avec elle, ces gars l’ont forcée à se prostituer et ont abusé d’elle dans tous les sens du terme. Comment est-ce que tu peux rester les bras croisés, assis sur ce lit ?
— Tu veux qu’ils me tuent, moi aussi ? […] Ils savent que je suis fou de rage […]. Batman et moi ne sommes que des esclaves. Ils nous donnent notre dose. On dépend d’eux, ils peuvent nous forcer à faire n’importe quoi. »

Une lecture au goût d’inachevé. 

Fini le 14/02/2026

vendredi 13 février 2026

Les Disparues du marais de Elly Griffiths

(2009, The Crossing Places traduit de l'anglais par Hélène Colombeau, Presses de la Cité, Sang d'encre, 2015)

Ruth Galloway, archéologue médico-légale, et Harry Nelson, inspecteur en chef détective près de Norfolk, se rencontrent pour élucider les os trouvés dans le marais. Les premiers sont très anciens. Nelson cherche ce qu'est devenue Lucy, disparue depuis dix ans, puis Scarlet maintenant.
« — C’était une intuition, [dit Ruth]. Je regardais la carte, et j’ai vu une ligne reliant le squelette de Spenwell, le corps de l’âge de fer et le henge [monument mégalithique]. […] Et j’ai compris subitement que cette chaussée était un cursus [parcours]. »

L'intrigue serait intéressante à suivre, mais Ruth fait trop n'importe quoi en se mettant en danger rendant la lecture lassante, puisqu'il est évident que le personnage principal de cette série de romans va s'en sortir.

Les “illuminés” — Erik le Norvégien et Cathbad (Michael Malone) — ne sont pas très crédibles dans leur fronde contre Nelson, en l’accusant, ainsi que le résume Shona, l’amie de Ruth :
« — Nelson est aussi un meurtrier, rétorque Shona. James Agar est mort en prison un an après avoir été arrêté. Il s’est suicidé. […] »
Le tribunal l’avait jugé responsable de la mort d’un policier lors d’une manifestation.

Les lieux de passage [titre en anglais] sont mortels pour ceux qui courent après Ruth.

Fini  le 12/02/2026

mercredi 11 février 2026

Une fenêtre à Copacabana de Luiz Alfredo Garcia-Roza

(Commissaire Espinosa, 2004, Uma janela em Copacabana traduit du portugais Brésil par Vitalie Lemerre et Eliana Machado Meugé, Actes noirs, 2008)

Espinosa ne supporte plus la « non-coopération » de ses hommes pour trouver le motif du meurtre des trois policiers et de leurs amies, ainsi qu'il leur explique.
« […] l’enquête se heurte au réseau de distribution des pots-de-vin dans les commissariats. Je veux vous faire remarquer que, indépendamment de son origine et de sa finalité, il n’y a pas de bon pot-de-vin. Un pot-de-vin n’est pas un complément de salaire. Un pot-de-vin est une subornation. Celui qui accepte un pot-de-vin, tout comme celui qui le donne, est quelqu’un de corrompu. »

Reste à trouver le coupable et sa motivation. Tuer par balle « est un moyen propre de tuer. » Pour la mort de Rosita, l’amie de Céleste, jetée par la fenêtre : « Nous pensions que le tueur avait commis une erreur sur la personne. » Mais il suffisait de jeter « d’abord son sac ».

Un récit factuel sans rumination de sentiments permet de suivre tranquillement le déroulement de l’intrigue.

Fini le 10/02/2026

lundi 9 février 2026

Le Prince de Magdalena Parys

(2020, Książę traduit par Caroline Raszka-Dewez, Agullo noir, 2023)

Les mêmes personnages que dans le roman précédent vont essayer de trouver celui qui fomente des troubles. L'intrigue est ici aussi assez opaque, mais la lecture reste agréable.

« […] Max [le Prince] n’éprouvait pas de satisfaction. C’était toujours trop peu, trop peu et trop lent. Il s’impatientait. Les médias ne comprenaient pas ses messages. Personne en Allemagne ne s’était ému de l’attentat à l’aéroport, de l’accident du ministre, du kidnapping de l’épouse du politicien, des prêtes crucifiés, personne n’avait peur, personne ne savait que derrière tout ça se tenait un seul homme, une seule organisation. Quelqu’un étouffait l’information dans l’œuf, et menaçait sérieusement ses desseins. »

La vie de Gabriele D’Annunzio est présente dans l’histoire.

Fini le 9/02/2026

Le Partage des mondes de Olivier Grenson

(Scénario, dessin et couleurs, Le Lombard, 2024)

240 pages d'émotion.
Pendant le « Blitz londonien », le vieil Isaac rencontre « Mary » une petite fille perdue avec Willie, son nounours, qui vient retrouver sa maman. Tous les deux vont aller de refuge en refuge sous les bombardements. Pour aider à passer le temps, Isaac invente l’histoire de « L’arbre aux mille couleurs ».

Ce livre est éblouissant, le dessin alternant la grisaille de Londres et les couleurs du conte, les personnages authentiques, sincères, expressifs, s’enlaçant pour se soutenir dans cette période horrible, la maman enfin retrouvée comprenant et soutenant l’attachement de « Lila » à Isaac.

Une merveille de lecture.

Fini le 8/02/2026

vendredi 6 février 2026

Bleu comme la peur de Ann Cleeves

(Série Shetland Island, 2010, Blue Lightning traduit de l'anglais par Claire Breton, Belfond noir, 2012)

L'inspecteur Jimmy Perez est venue avec Fran pour fêter leurs fiançailles avec sa famille qui vit sur Fair Isle. Après le meurtre d'Angela, la conservatrice du centre d'ornithologie, puis celui de Jane, il fait venir les techniciens et son brigadier Sandy. Celui-ci interroge Hugh, un des visiteurs du centre :
« — Ce que je ne comprends pas […] vraiment pas, c’est pourquoi tu ne nous as pas raconté tout ça plus tôt. Deux assassinats et tu connaissais quelqu’un qui avait un mobile. On aurait pu résoudre l’affaire il y a des jours. Il n’aurait jamais dû y avoir de troisième victime.
— Je n’étais pas sûr. […] — En plus, j’avais fait chanter Angela. Je ne voulais pas l’avouer. »

L’histoire présente bien le côté sombre des fanatiques des oiseaux prêts à tout pour être le premier découvreur d’un « coche ». Dougie Barr en est l’exemple.
« Les ornithos déjà parvenus à Mainland et qui n’attendaient qu’une embellie pour se précipiter jusqu’ici […]. Le jeune homme regrettait presque de ne pouvoir être avec eux […], évoquant d’autres traques folles, coches de dernière minute et découvertes fortuites. Sauf qu’alors il n’aurait pas débusqué le cygne trompette. »

C’était des plumes de « courlis ».

Fini le 5/02/2026

mardi 3 février 2026

La Stratégie du lézard de Valerio Varesi

(Série commissaire Soneri, 2014, Il commissario Soneri e la strategia della lucertola traduit de l'italien par Florence Rigollet, Agullo noir, 2024)

Nanetti : « Je n’arrive pas à recouper toutes les affaires qui nous sont tombées dessus : la mort de Romagnoli, la drogue dans le bide des chiens, la disparition de Corbellini [le maire de Parme], les infiltrations mafieuses, les pots-de-vin aux adjoints… »

« […] Soneri repensa à la stratégie du lézard : une tactique utilisée par les mafieux et les politiciens afin de protéger la face cachée de leur activité. Ainsi, Petrillo, Laudadio et Bonaldi, d’un côté, le maire et ses adjoints, de l’autre, formaient le morceau de la queue qu’on lui avait abandonné. Bergossi […] avait comparé la tactique avec celle des organisations clandestines où chacun de ses membres n’en connaît pas plus de trois autres. »

Toute l’intrigue repose sur le « contexte » : « […] Parme est comme une jolie femme qui se laisserait tenter par de grosses sommes d’argent : difficile de ne pas succomber. »

Fini le 2/02/26

samedi 31 janvier 2026

Le sang des Atrides de Pierre Magnan

(Commissaire Laviolette, 1977, Fayard, Prix du Quai des Orfèvres 1978)

La présentation en couverture résume bien l'histoire, en listant les indices qui vont permettre à Laviolette de comprendre qui est le coupable des trois meurtres.
« Faiblement, l’empreinte d’une semelle de petite taille sur la neige fraîche… Furtivement, une silhouette vêtue d’une cape et d’un béret, peut-être armée d’une fronde… Sûrement, trois cyclistes, victimes inexpliquées… Est-ce alors bien prudent pour le juge de prendre à son tour son vélo ? »

La famille est venue s’installer à Digne.
« […] une fronde qui avait appartenu à grand-père et qu’on avait transportée, par mégarde, lors du déménagement. Il l’avait trouvée, un jour de pluie, au grenier, parmi les drapeaux bretons de mon grand-père. C’était son jouet préféré. »

Le suspense est bien monté, entretenu par les régulières mises à l’écart du commissaire, mais qui continue à cogiter dans son coin et revient avec des réponses.

Fini le 30/01/2026

vendredi 30 janvier 2026

Séparation de corps de Lisa Scottoline

(2012, Come Home traduit de l'anglais États-Unis par Johan-Fréderik Hel-Guedj, Toucan noir, 2013)

Un livre décevant. L'intrigue est diluée par le comportement de Jill, obsédée par son travail de pédiatre et par son « amour » pour ses ex-belles-filles. Elle cherche à comprendre si la mort de son ex-mari, William, ne serait pas un meurtre et découvre qu’il avait une deuxième « identité ». Évidemment, elle se met en danger, bien sûr, persuadée d’être poursuivie par un tueur, noyée dans ses « amours » pour son nouveau fiancé Sam, sa fille Megan… et le bébé malade. Faut tirer à la page pour faire thriller ! Le suspense s’y noie.

C’est une histoire très us, donc le FBI n’est pas loin, et donne des explications à Victoria et Abby.
« Votre père voulait croître. Il savait que Pharmcen ne procédait qu’à un nombre limité de retraits de médicaments, et il a signalait à Brian qu’il souhaitait trouver d’autres fonds spéculatifs auxquels il serait en position de vendre des informations internes au sujet d’autres labos pharmaceutiques. »

Fini le 28/01/2026

Déjà lu&rendu :
Une affaire de succession

mercredi 28 janvier 2026

Un démon sous mes yeux de Ruth Rendell

(1976, A Demon in My View nouvelle traduction intégrale par Bérénice Vivien, Éditions du Masque, Masque poche, 2013)

Dans ce petit immeuble londonien, deux Johnson vont cohabiter : Arthur, le plus ancien, dans l'appartement 2 et Anthony, le nouvel arrivant, dans la chambre 2.
Arthur raconte son enfance avec Tante Gracie, qui l'a racheté encore bébé à sa sœur, et ses visites à sa « dame blanche ». Anthony endure son éloignement de Helen — son amoureuse toujours liée à son mari — en travaillant sa thèse sur les « psychopathes ».

Le suspense tient à savoir comment Anthony découvrira la vraie nature d’Arthur. Des missives s’emmêlent…
« — Bon sang, un vieux ! J’arrive pas à la croire. »

Fini le 26/01/2026

dimanche 25 janvier 2026

Le noyé dans la glace de Kjell Ola Dahl

(Série Gunnarstranda et Frank Frölich, 2012, Isbaderen traduit du norvégien par Hélène Hervieu, Gallimard, Série noire, 2014)

L'inspecteur de police Lena Stigersand a un comportement tellement insensé que l'intrigue devient chaotique et la lecture lassante. Le fonctionnement de la gestion du fonds pétrolier norvégien est intéressant. Sveinung Adeler, le noyé, était chargé de mission au secrétariat du Conseil d'éthique, ministère des Finances.
«  Sveinung Adeler, qui avait enquêté à la demande du Conseil d’éthique sur une compagnie ayant des activités dans le Sahara occidental occupé, avait été convié par Aud Helen Vestgård à rencontrer une nouvelle fois le Polisario […]. […] Ce qui aurait pu faire partie intégrante des recherches de la part d’un chargé de mission pouvait, dans de telles circonstances, être interprété comme jeu d’influences et pression politique. »

Le journaliste, Steffen Gjerstad, suit de près Lena qui se laisse bêtement séduire. Heureusement, Gunnarstranda est là pour mettre de l’ordre et trouver une façon d’attirer le coupable dans son piège. Et Soheyla Moestue, du secrétariat du Conseil d'éthique, envoie à Lena le « rapport […] terminé, mais [qui] n’a pas été envoyé par [son] service. »

Fini le 24/01/2026

jeudi 22 janvier 2026

Comme des chiens de Patrick Delperdange

(ONLIT éditions, 2015)

« Après des années d'errance, Carlo Salinas revient dans sa ville natale. Devenu détective privé, il est engagé par l'épouse d'un écrivain qui n'a plus donné signe de vie après s'être frotté à un cercle de notables dépravés. Carlo Salinas se sent lui-même suivi et épié. Est-ce parce qu'il a couché avec Malisha, une jeune et séduisante Albanaise ? Pour le découvrir, il faudra que Salinas mette sa propre vie en danger. »

Cette présentation en couverture résume toute l’intrigue. Le reste de l’histoire n’est qu’une mise en scène des brutalités. Salinas fait exactement tout pour ce qu’il peut pour être tabassé : par le frère et l’oncle de Malisha, par les notables qu’il dérange dans leurs partouses. Il ne mène aucune enquête, ne se pose aucune question sur les raisons qui ont pu éloigner le mari. Par exemple, cet oubli :
« Sans doute l’estafilade qui marquait sa joue, et que j’avais remarquée lors de notre première rencontre, était-elle le résultat d’une agression récente de la part de sa femme, agression à laquelle il avait échappé. »

Quant à ses démêlés avec les Albanais, jamais il ne cherche à comprendre leur comportement. Pourtant, Fatos lui explique :
« — Le Kanun, il te donne des règles pour tous tes gestes. […] Marre du Kanun, moi, reprit Fatos. […] Moi, j’aurais balancé ce foutu machin quelque part et qu’on n’en parle plus.
— Tu y crois encore assez pour m’avoir brisé le poignet et crevé mes pneus.
— Sans le Kanun, les Albanais n’existent plus, dit Malischa. Ils deviennent comme tout le monde.
— Mais je veux devenir comme tout le monde, moi ! répliqua Fatos […] »

Fini le 22/01/2026

mercredi 21 janvier 2026

Le septième sacrement de James Bradberry

(1994, The Seventh Sacrament traduit de l'anglais par Pascale Faux, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Le riche Renzo Piruzzi convoque six architectes, « deux Américains, un Britannique, un Français, un Italien et un Japonais », dans sa somptueuse villa en Italie pour qu'ils participent au concours de la plus belle proposition pour sa chapelle mortuaire. Le professeur Jamie Ramsgill en supervisera l'avancée. C’est lui qui relate l’histoire.
« La récompense se montait à une valeur phénoménale, et j’éprouvais un sentiment d’euphorie, comme si ces six grands architectes allaient être mes élèves, un week-end durant. Mon exaltation n’allait pas tarder à retomber. »
En effet, il va devoir chercher le coupable des meurtres successifs… avec l’aide de Franco et Elena. Pour remporter le concours ? pour le manuscrit ? pour mettre en scène les fresques ?

Fini le 20/01/2026

mardi 20 janvier 2026

Les cicatrices de la nuit de Alexandre Galien

(Fayard, 2019, Prix du Quai des Orfèvres)

Une écriture bien agréable à lire. L'histoire a peu d'intérêt, mais l'intrigue est bien montée. Le cadavre d’une jeune femme est découvert. L’enquête est confiée au groupe du commandant Philippe Valmy, au Bastion.
« Lorsqu’une vie est brutalement volée, une armée de femmes et d’hommes se met en mouvement, dans une chorégraphie parfaitement rodée. Chacun travaille maintenant pour la mémoire de Cynthia. Qu’elle soit escort-girl, ministre ou agent d’entretien, la victime devient l’unique centre d’intérêt des enquêteurs. »

Pendant les recherches des policiers, le coupable raconte sa vie et ses motivations. Et Valmy rumine ses problèmes relationnels avec sa femme. Au fil des chapitres, l’histoire devient un peu incohérente : pourquoi le meurtrier hait Philippe à ce point ?
« — Mais je veux bien t’avouer un truc : j’ai pris un pied formidable à te faire sortir du cocon dans lequel tu devais être précieusement conservé par Louis et les autres flics jusqu’ici. Je crèverai avec mes secrets, Valmy. »

Fini le 18/01/2026

dimanche 18 janvier 2026

Les Mystères d'East Lynne de Mrs Henry Wood

(pseudonyme de Ellen Price, 1861, East Lynne traduction de l'anglais par G. de La Ruwière revue et corrigée, Éditions Le Masque, Labyrinthes, 2004)

Ce feuilleton s'écoule sur plusieurs années. L'histoire raconte la vie des familles Carlyle et Hare. Archibald Carlyle et sa femme lady Isabel vivent à East Lynne, avec miss Corny, la sœur célibataire et acrimonieuse. Justice Hare et son épouse habite à West Lynne avec leur fille Barbara.

Le secret qui les réunit est la fuite de Richard Hare, condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Au fil du récit, les personnages sont chacun campés dans leurs attributs : Archibald homme bon, loyal ; Isabel confite de jalousie ; Barbara amoureuse transie et soutien de son frère ; Richard peureux ; Justice maudissant son fils et jurant de le condamner ; et tout leur entourage…

Enfin, l'organisation d'élection amène du monde dans la ville, des réunions sont organisées, les candidats, Archibald Carlyle et sir Francis Levison, tiennent tribune. Et on reconnaît la description que Richard a maintes fois répétée.
« Sa main repousse ses cheveux en arrière » « il porte » des « bagues » et « un diamant » sur ses « mains blanches ».

Fini le 17/01/2026

mercredi 14 janvier 2026

Le professeur est dans la lune de Philippe Verteuil

(Le Masque, 1969)

Jérôme Limbourg, « professeur agrégé de philosophie », est « grand, brun, avec de beaux yeux gris souvent ouverts sur de rêveuses pensées, bon de nature, calme de tempérament, paradoxalement naïf et facile à gruger malgré son intelligence brillante. »

Aussi quand il est accusé du crime et emprisonné, les policiers s’activent pour élucider ce meurtre dont tout l’accuse. Sonia, sa fiancée, cherche aussi de son côté en interrogeant les enfants.
« — J’ai dit la vérité, monsieur le juge ! énonça Limbourg avec force. […]
— Nous mettrons tout en œuvre pour l’établir. »

Le commissaire Sicard motive ses policiers.
« […] tout ce que je vous demande, messieurs, c’est d’œuvrer pour la recherche de la vérité […]. L’imagination n’exclut pas l’objectivité. Veillez à ne pas prendre parti, malgré vous, pour ou contre Jérôme Limbourg. […] cet homme ne doit être à nos yeux qu’un suspect. Ne l’oubliez jamais, sous peine d’avoir peut-être un jour à supporter les reproches brûlants de votre conscience. »

Une simple vengeance…

Fini le 13/01/2026

mardi 13 janvier 2026

C'est un peu vrai !

Le « rap » c’est « peu de notes mais beaucoup de mots ».

Grille 7* finie le 12/01/2026

La reine des pommes de Chester Himes

(Série Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, 1957, The Five Cornered Square traduit de l'américain par Minnie Danzas, Gallimard, Série noire, 1958)

John Lawrence, « le jeune district attorney », procède à des interrogatoires pour essayer de comprendre cette histoire.
« — Seigneur, murmura-t-il, quel massacre! Des coups de couteau… des coups de feu… On nage dans le sang ici… […]. »

Quand c’est son tour de répondre aux questions de Lawrence, Imabelle s’explique.
« — Pourquoi n’avez-vous pas alerté la police?
— […] j’étais sûre d’y passer […]. Et pour son frère à Jackson, j’étais pas au courant, non plus. Je savais seulement que Jackson c’était la reine des pommes et qu’il fallait pas que je compte sur lui pour me dépanner. »

La traduction rend bien le style qu'utilise l’auteur pour décrire ses personnages. Par exemple :
« Jackson était un petit personnage gros et noir, aux gencives violettes et aux dents d’un blanc nacré, faites pour le rire. »
« Imabelle était la femme de Jackson. Une poulette aux lèvres en bourrelet, au corps ardent, à la peau couleur de banane, à l’œil enjoleur [enjôleur] d’un brun moucheté, et dont la hanche généreuse montée sur roulement à bille révélait le tempérament incandescent. »

Fini le 12/01/2026

lundi 12 janvier 2026

Et si Notre-Dame la nuit… de Catherine Bessonart

(Série Chrétien Bompard, L'Aube noire, 2014)

L'histoire est un peu confuse. Pourquoi de voir aux jumelles la décapitation des statues de Notre-Dame, pousse le meurtrier à effectuer sa vengeance maintenant ?  puisque son affliction date de son enfance ? La relation par Bompard des souvenirs de son enfance n'explique pas grand chose…

« Quelque chose s’était ouvert dans sa tête et dans son cœur et malgré l’immense richesse du phénomène, il voyait là, présentement, son principal ennemi. La nostalgie menaçait, il devait s’en méfier. Toute émotion jusqu’alors inconnue devenait un risque, voire un piège. Elle pouvait le faire chuter. »

Ce texte est un exemple de l’écriture pleine de sous-entendus qui rend l’intrigue obscure. Et aussi, le commissaire lit le titre des livres sur la “tranche” !

Fini le 10/01/2026

vendredi 9 janvier 2026

À fleur de peau de Joseph Hansen

(Série Dave Brandstetter, 1979, Skinflick traduit de l'anglais États-Unis par Pascal Loubet, Rivages/Noir, 2007)

Dave se présente au nom de l'assureur de la victime Gerald Dawson et fait un peu n'importe quoi pour trouver le meurtrier. Notamment, il cherche Charleen, la maitresse de Gerald, mais qui a séduit aussi plusieurs de ses suspects.
« — Blonde, petite, mince, dit Dave. Probablement 16 ans, mais en paraissant 12. »
Ainsi la décrit-il à Spence Odum dans le studio où il tourne un film. Randy explique ensuite à Dave le simulacre de porno.
« — Harold et elle se roulent à poil sur le grand lit en haletant et en s’embrassant, mais ça s’arrête là. Les ploucs réactionnaires auraient une attaque s’ils le faisaient pour de vrai. C’est ça des skinflicks : ce que tu vois, c’est pas ce que tu crois, mais ça te le fait croire. »

Ensuite, Dave explique au shérif que c’est sûrement l’épouse et le fils qui ont tué.
« […] en ramenant de là-bas le corps et la voiture, ce qu’ils essayaient de faire, ce n’était pas seulement échapper à une accusation d’homicide volontaire. Ils voulaient donner l’impression que Gerald R. Dawson n’était jamais aller là-bas et n’avait jamais touché cette fille. […] Gerald R. Dawson était un saint. »

Pour finir, il va évidemment se mettre en danger.
« — Deux hommes ont déjà été tués parce qu’un hôpital militaire a laissé sortir un soldat de sa cellule capitonnée avant qu’il soit remis. Ce soir, il a essayé de me tuer. »

Fini le 8/01/2026

jeudi 8 janvier 2026

Les vacances de Marcus Aper de Anne de Leseleuc

(Série policière Marcus Aper, 10/18, 1992)

C’est « la sixième année du principat de Vespasien », soit en « 74 après J.-C. », que commence l’histoire. Marcus, né Arverne à Gergovie (Clermont-Ferrand), maintenant illustre avocat à Rome, décide de partir voir un ancien ami à Augustodunum (Autun), capitale gallo-romaine des Éduens. Le livre nous fait découvrir la situation à cette époque.
« La Gaule romaine vivait en paix. Tous les hommes libres du pays éduen avaient été promus citoyens romains par un décret de l’empereur Claude. L’armée romaine n’occupait pas la Gaule, les trois légats de Rome séjournaient à Trèves, Lyon et Bordeaux, les capitales de Belgique, de Lyonnaise et d’Aquitaine. Bien sûr, il fallait payer des impôts à Rome, mais […] il aurait fallu de toute façon payer des impôts ! […] Ils avaient su conserver leurs coutumes gauloises et assimiler la culture latine. »

Marcus se transforme en enquêteur pour trouver le coupable des meurtres qui se succèdent, dont celui de Regina, l’épouse de son ami Quintus Solem. Celui-ci très ambitieux, veut se faire élire « flamine » [grand prêtre des sanctuaires d’Auguste et de Rome], a évidemment une maitresse, Memna, et son poste de duovir [un des deux premiers magistrats de la cité] lui permet d’orienter les décisions de « l’édile » [responsable de la police municipale]. Il organise des « jeux » dans lesquels s’illustre particulièrement le gladiateur Xantos, avide d’or.

Au procès, Marcus affirme :
« […] l’assassin de Regina a commis d’autres meurtres à Augustodunum ! »

Une lecture vraiment intéressante sur cette période rarement décrite.

Fini le 5/01/2026

dimanche 4 janvier 2026

La Cage de Lilja Sigurðardóttir

(Trilogie Reykjavik noir, 2017, Búrið traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün, Métailié noir, 2019)

Une intrigue toujours aussi inepte. Cette fois, c'est Agla, qui après sa tentative de suicide en prison, va finir par s'éprendre d'Elisa, une droguée évaporée, et l'aider lors de leur semi-liberté. Parallèlement, elle lance María sur la piste de trafiquants d'aluminium. Quant à Sonja, elle continue à essayer d'éviter vainement ses comparses dealers.

Le fils d'Ingimar, Anton, avec son ami Gunnar, prépare une « bombe ». La façon dont il présente ça comme un « cadeau d’anniversaire » pour Julia est particulièrement absurde, le lecteur devinant dès le début ce qu’il prévoit de faire sauter et l’horreur que ce sera pour elle.

L’histoire permet de connaître les conditions de vie dans les prisons islandaises et de savoir comment faire sauter de la dynamite…

Fini le 2/01/2026

vendredi 2 janvier 2026

BD 2025

✓ La Terre promise, Les Aventures de Lucky Luke d'après Morris n°7 / scénario Jul, dessin Achdé, Lucky Comics, 2016 / fini le 29/12/2025

✓ Deux filles nues / Luz, Albin Michel département bande dessinée, 2024 / fini le 19/12/2025 (montage et dessin très originaux pour l'histoire éculée de l'art vilipendé par les Naz* mais exposé, avec des personnages réels)

✓ Le mystère Henri Pick / scénario Pascal Bresson, dessin Ilaria Tebaldini d'après le roman de David Foenkinos, La Boîte à Bulles, 2024 / fini le 14/12/2025 (histoire avec suspense et découverte, mais dessins fades, personnages sans expressions)

✓ Les Piliers de la Terre, 1. Le Rêveur de cathédrales / adaptation et scénario Alcante, d'après l'œuvre de Ken Follett traduction de Jean Rosenthal, dessin Steven Dupré,  Glénat, 2023 / survolé et fini le 7/12/2025 (verbeux et trop poussif)

✓ Magasin général, 9. Notre-Dame des Lacs / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2014 / fini le 17/11/2025 (pousse… accouchement, bateau en feu)

✓ Magasin général, 8. Les femmes / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2012 / fini le 14/11/2025 (femmes, Serge, curé barbu… dans la neige)

✓ Magasin général, 7. Charleston / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2011 / fini le 10/11/2025 (adaptation des dialogues en québécois par Jimmy Beaulieu)

✓ Certifié humain : dessiner à l'ère de l'IA / Dora Formica, éditions Helvetiq, 2025 / fini le 5/11/2025 (« IA ou pas IA, nous continuerons à dessiner. »)

✓ Magasin général, 6. Ernest Latulippe / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2010 / fini le 2/11/2025 (Marie revient, Ernest sauve son frère)

Magasin général, 5. Montréal / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2009 / fini le 31/10/2025 (Marie s'en va avec Jacinthe)

✓ L'Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea / écrit par Zidrou et Falzar d'après le roman éponyme de Romain Puértolas, dessiné par Kyung Eun Park, éditions Jungle, 2017 / fini le 29/10/2025 (Aja ressent sept électrochocs)

✓ Magasin général, 4. Confessions / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2008 / fini le 24/10/2025 (avec le beau poème du savetier pour Joseph, le maire décédé et père de Gaëtan)

✓ Magasin général, 3. Les hommes / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2007 / fini le 22/10/2025 (Serge part, revient… Marie pleure)

✓ Magasin général, 1. Marie, 2. Serge / scénario et dessin Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman, 2006 / fini le 16/10/2025 (avec tout plein de québécoiseries)

✓ Astérix le Gaulois / scénario René Goscinny, dessin Albert Uderzo, Hachette, 1999 / fini le 6/10/2025

✓ Le Petit Théâtre des opérations : Anthologie 39-45 / Julien Hervieux et monsieur le chien, Audie-Fluide Glacial, 2025 / fini le 23/09/2025 (aucunes nouveautés)

✓ Le Vent dans les saules, tome 1 : Le bois sauvage / Michel Plessix adaptation du roman Le Vent dans les saules de 1908 de Kenneth Grahame, Delcourt / fini le 6/08/2025 (la composition inhabituelle des perspectives est désagréable à lire)

✓ Astérix Le Menhir d'or / réédition en 2020 en format album illustré d'un livre-disque datant de 1967, scénario René Goscinny, dessin Albert Uderzo / fini le 31/07/2025 (ça manque de dessin, des dialogues sans bulle.)

✓ Astérix et la Transitalique / scénario Jean-Yves Ferri, dessin Didier Conrad, Les Éditions Albert René, 2017 / fini le 28/07/2025 (Dans les bulles chaque langue est bien caractérisée. Pour les Cimbres, originaires du Danemark, en capitulant « ØN NE FUIT PAS ! C’EST UNE CØURSE ! » ; les Sarmates, venant du bord de la mer Noire, à l’auberge « ƎT MOİ, JƎ DIS » ; les Koushites, de Nubie, avec des dessins, par exemple l’une disant son engouement « [dessin Idéfix] = 🩷 »… [voir liste des peuples dans l’article de l’album sur wikipedia])

✓ Astérix, Le Papyrus de César / scénario Jean-Yves Ferri, dessin Didier Conrad, Les Éditions Albert René, 2015 / fini le 12/06/2025

✓ L'Alchimiste, tome 1 et 2 / scénario Nicolas Beuglet, dessin Alessandro Barbucci, éditions Jungle, 2022-23 / fini le 7/06/2025 (histoire de recherche de la pierre philosophale dessinée dans un style très manga, donc très bien classée en Jeunesse) 

✓ Silas Corey, Le testament Zarkoff 2 / scénario Fabien Nury, dessin Pierre Alary, Glénat, 2015 / fini le 26/05/2025 (« Heil und Sieg » « signé avant d’hériter », l’épouse est là)

✓ Silas Corey, Le testament Zarkoff 1 / scénario Fabien Nury, dessin Pierre Alary, Glénat, 2015 / fini le 18/05/2025 (tout brule)

✓ Silas Corey, Le réseau Aquila 2 / scénario Fabien Nury, dessin Pierre Alary, Glénat, 2013 / fini le 3/05/2025 (timbre lu)

✓ Silas Corey, Le réseau Aquila 1 / scénario Fabien Nury, dessin Pierre Alary, Glénat, 2013 / fini le 25/04/2025 (il travaille pour Clemenceau du journal L'homme enchainé, le colonel Ledoux du 2e bureau, mme Zarkoff, à trouver l'espion Aquila pendant la guerre en 1917)

✓ Je suis leur silence : un polar à Barcelone / scénario et dessin Jordi Lafebre, traduit de l'espagnol, Dargaud Benelux, 2023 / fini le 19/04/2025 (Eva, psy, raconte les morts de la famille Monturós au Dr Llull, psy)

✓ Gone with the wind 1 / Pierre Alary, d'après le roman de Margaret Mitchell, Rue de Sèvres, 2023 / survolé et fini le 10/04/2025 (scénario égal au film, personnages bien semblables)

✓ Bella Ciao, Tre / Baru, Futuropolis, 2022 / fini le 29/03/2025 (épilogue)

✓ La Route / Manu Larcenet, adaptation du roman de Cormac McCarthy, Dargaud, 2024 / fini le 17/03/2025 (dystopique)

✓ Bella Ciao, Due / Baru, Futuropolis, 2020 / fini le 8/03/2025 (un « tiramisu », à suivre)

✓ Bella Ciao, Uno / Baru, Futuropolis, 2020 / fini le 3/03/2025 (à suivre)

✓ Journal inquiet d'Istanbul, volume 2 : 2007-2017 / Ersin Karabulut, éditions Dargaud, 2025 / fini le 24/02/2025 (« un sentiment extrêmement puissant […] l’espoir. », à suivre, encore)

✓ Journal inquiet d'Istanbul, volume 1 / Ersin Karabulut, éditions Dargaud, 2022 / fini le 13/02/2025 (comment Ersin est devenu dessinateur, à suivre)

✓ Un putain de salopard, 4. Le rituel / scénario Régis Loisel, dessin Olivier Pont, édition Rue de Sèvres, 2024 / fini le 9/02/2025 (fin)

✓ Un putain de salopard, 3. Guajeraï / scénario Régis Loisel, dessin Olivier Pont, édition Rue de Sèvres, 2022 / fini le 2/02/2025 (à suivre)

✓ Un putain de salopard, 2. O Maneta / scénario Régis Loisel, dessin Olivier Pont, édition Rue de Sèvres, novembre, 2020 / fini le 20/01/2025 (« Le Manchot » « ça sonne mieux en portugais », à suivre)

✓ Le Petit Théâtre des opérations, Les guerres napoléoniennes / scénario Julien Hervieux, dessin & couleurs Prieur & Malgras, Fluide Glacial, 2024 / fini le 13/01/2025

✓ Un putain de salopard, 1. Isabel / scénario Régis Loisel, dessin Olivier Pont, édition Rue de Sèvres, 2019 / fini le 11/01/2025 (à suivre)

C'était tout à fait ça !

« Ancien élevage de jeunes loups. » pour l’« ENA ».

Fléchés 5/6 grille MV finie le 2/01/2026

Peur sur le volcan de John-Erich Nielsen

(Les enquêtes de l'inspecteur Sweeney, éditions Head over Hills, 2005)

L’inspecteur résume ainsi l’impression que lui a fait la montée sur le volcan.
« […] le silence continuait de peser sur notre groupe. Malgré les tentatives de Frank [le guide] pour réchauffer l’ambiance, […] impossible de susciter la moindre étincelle de bonne humeur parmi nous. Pris dans ce climat délétère, j’ai moi-même passé mon temps à ressasser des pensées négatives, à regretter les mauvaises conditions météo, à maudire cette caillasse volcanique qui glissait sans cesse sous mes pieds, alors que par nature, j’ai plutôt tendance à ignorer ces petits tracas. […] À ce moment-là, je ne me rendais pas compte que j’étais déjà pris au piège : j’étais conditionné, condamné au rôle de spectateur ! »

Frank conclura : « — J’ai enfin compris. […] — Votre histoire de crèche, l’âne et le bœuf… »

Fini le 1/01/2026