(Série Flavia de Luce, 2011, A Red Herring Without Mustard traduit de l'anglais Canada par Hélène Hiessler, 10/18, 2014)
« Flavia » a toujours des réflexions profondes.
« J’avais appris depuis longtemps que lorsqu’un mot ou une formule m’échappait, la meilleure solution était de penser à autre chose : des tigres, par exemple, ou bien le porridge. Puis, quand le mot fugitif s’y attendait le moins, je braquais brusquement les projecteurs de mon attention sur lui, surprenant le coupable en flagrant délit de fuite sous le faisceau de ma torche mentale avant qu’il ne puisse se carapater à nouveau dans les ténèbres. »
Cela lui permet de comprendre avant l’inspecteur que le « disparu » cherche toujours la réponse. « Où est mon bébé ? »
« […] la pratique des baptêmes dans le Goulet remonte au XVIIe siècle […]. »
Fini le 27/12/2022
mercredi 28 décembre 2022
La mort dans une boule de cristal de Alan Bradley
L'énigme du persan gris de Stuart Palmer
(1935, The Puzzle of the Silver Persian traduit de l'américain par Marc Voline, revu par Éric Moreau, 10/18, 2004)
Les personnages sont sans intérêt, tellement mal composés, que ce soit le couple et son garçonnet vulgaire, la suicidée et son amie dont on peine à comprendre les motivations, et notamment « l’institutrice » le “détective amateur”.
« Je me trompais de bout en bout. Je croyais pouvoir être à la fois juge et jury.
« […] Je savais que [le coupable] avait tué […] deux personnages dont le monde pouvait aisément se passer. »
« Dans mon esprit, les lettres de menaces n’avaient pour but que d’effrayer ceux dont la moquerie avait conduit Rosemary Fraser au suicide. »
C’est censé être « ironique » selon la description de Wikipedia.
Quant au « persan » du titre, ce chat ne joue un rôle qu’en tout dernier chapitre en attaquant le « rouge-gorge ».
Fini le 25/12/2022
Croix de bois, croix de fer, si tu mens… de Jean-Luc Loiret
(Geste éditions, Le geste noir, 2012)
Le titre désigne les croix trouvées d'abord près du « suicidé », puis de la victime d’un véhicule, du « vieux » agressé et la croix de fer planté près de son « cadavre ».
« — Mais c’est une croix de fer ! — Si tu mens, tu vas en enfer… »
C’est bien montée, le personnage du vieux « muet » est crédible. L’auteur met en scène un peu de guerre de policiers en opposant « Poitevins » et « Tourangeaux ».
Il nous donne aussi ses points de vue par le truchement de son « commandant Venturini », grand lecteur de Comte-Sponville dont les citations émaillent le texte.
« Il avait hâte d’entamer le copieux ouvrage de Michel Onfray dénonçant l’affabulation freudienne. Lui-même s’était toujours tenu à distance respectable des disciples du maître viennois qui sous couvert de science servaient trop souvent une soupe indigeste où les termes quasi ésotériques cachaient un vide parfois insondable. »
Fini le 23/12/2022
Pas l'ombre d'un doute de Georgette Heyer
(Inspecteur Hemingway, 1939, No Wind of Blame traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 2000)
La traduction essaie de rendre la façon de parler des différents personnages.
La fille fanfaronne jouant la comédie :
« Enfer et damnation, c’est effroyablement désintégrant, dit Vicky en clignant de l’œil pour faire tomber une larme qui perlait soudain à l’extrémité recourbée de ses cils. »
Sa mère et épouse de la victime :
« Je vous défend de me parler, dit Ermyntrude. Vous avez essayé de jeter ma Vicky en pâture aux loups. »
L’inspecteur :
« Oui, je pensais bien que je n’allais pas tarder à être distribué aussi dans ce psychodrame, marmonna tout bas l’inspecteur plutôt sombre. »
Au final, l’auteur nous livre une façon tellement alambiquée d’utiliser un fusil qu’on peut se demander comment il a visé juste.
Fini le 21/12/2022
mardi 20 décembre 2022
Le vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci
(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2009)
Dans ce livre, l'auteur nous raconte les croyances des anciens Grecs, notamment le culte de « Cybèle » avec visite de caves, de souterrains, de statues et d’autels.
« Je suis certain qu’il pensait depuis le début à ce rapport entre le culte antique et les pratiques du guérisseur. D’abord, il y a ces mutilations chez un cinglé qui prétend guérir les autres et même les ressusciter en utilisant son propre sang […]. »
« Ici, nous sommes dans le domaine de la folie pure, de la folie meurtrière, qui ne s’embarrasse pas de logique ou de scrupules. » et crier « je ressusciterai ! ».
« Il aurait fallu avoir l’esprit tordu de l’empirique pour deviner ce qui avait bien pu se passer cette nuit-là dans le bordel de la rue des Pistoles. »
Fini le 19/12/2022
Miss Seeton joue et gagne de Heron Carvic
(Série Miss Seeton, 1975, Odds on Miss Seeton traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 1998)
Tout commence dans un casino quand « Miss Esse », déguisée et bijoutée, mise sur les bons numéros pendant son observation des présents.
« […] Thatcher se figurait que la police se servait de la malheureuse comme d’un furet qu’on lâche dans les terriers de lapin pour qu’il débusque sa proie. […] Il prit conscience qu’il était sans doute déjà trop tard pour l’empêcher de faire son portrait […]. »
Miss se sort très bien, même sans son « pébroc », de toutes les tentatives pour la mettre hors course.
« […] il était maintenant essentiel d’éliminer Miss Seeton dont l’immortalité confirmée menaçait de faire de lui [Thatcher] l’objet de la risée générale. »
Mais elle ne voudra pas accepter son cadeau…
Fini le 16/12/2022
L'inconnue du Musée de l'Homme de Jacques Milliez
(Le Masque, 2008)
L'auteur, gynécologue-obstétricien, nous livre une leçon sur le clonage humain, à travers une enquête sur les mensonges d'un scientifique coréen.
C'est assez peu compréhensible, mais entretient une intrigue et une sorte de suspense, même si le lecteur devine tout de suite que la grossesse de la victime est bêtement naturelle.
Fini le 14/12/2022
Le visage de Maât de Lauren Haney
(Lieutenant Bak, 1999, A Face Turned Backward traduit de l'américain par Corine Derblum, 10/18, 2002)
Maât est la « déesse de l’ordre, de la justice et de la vérité, symbolisée par une plume. »
« Laisser des contrebandiers se livrer à leur fraude constitue une offense contre Maât et contre notre reine Maakarê Hatchepsout. »
Le sous-titre de cette histoire aurait pu être “à la recherche de l'ivoire perdue”, puisque le lieutenant continue son enquête même après avoir trouvé « l’homme sans tête », sans voir l’évidence qui encombre son bureau.
Fini le 13/12/2022
dimanche 11 décembre 2022
Jenny et les dingues de Nancy Pickard
(Enquêtes de Jenny Cain, 1988, Dead Crazy traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, 1999)
« […] embrasser la cause caritative, l’une des soupapes de sécurité du monde capitaliste, une façon inoffensive de redistribuer les ressources. Du moins, sans obliger les riches à ouvrir leur porte-monnaie sous la menace d’un fusil. »
D’où l’idée d’ouvrir un « centre d’accueil » pour les « fous », mais « quel genre de sentiments allait désormais m’inspirer cet endroit où un meurtre avait été commis. »
La maison retrouvera son calme après le départ du propriétaire.
Fini le 10/12/2022
Le diable sur les épaules de Christian Carayon
(Pocket, 2013)
Le début du livre présente le passé des personnages, “l'enquêteur” Martial, Camille et son père.
Quand arrive le premier crime, il est aisé de deviner le coupable, mais il faudra encore environ 400 pages pour que la lumière se fasse. L'intrigue est bien montée, les personnages intéressants et la lecture reste agréable, jusqu'à ce que Martial comprenne enfin tous les indices.
« […] sous le regard médusé de tous les autres qui voyaient passer le diable mais ne semblaient pas le reconnaître. »
« Je n’ai tenu bon que parce que je savais qu’ils allaient tous y passer, que j’allais les avoir jusqu’au denier. »
Fini le 9/12/2022
Le bureau du mariage idéal de Allison Montclair
(Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2019, The Right Sort of Man traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, 2020)
Petit à petit dans la lecture nous découvrons la vie de ces deux associées, « Miss Iris et Mrs Gwendolyn ».
Pour innocenter un des clients de leur agence matrimoniale, elles vont découvrir le dessous des trafics que provoquent le rationnement à la fin de la Seconde Guerre.
« Fabriquer des cartes de rationnement, ce n’est pas vraiment de l’art [dit le faussaire expert], pourtant j’apprécie l’ampleur de l’entreprise. »
Avec comme seules armes, leur capacité à inventer des histoires, un canif et surtout un sifflet indispensable après le thé.
Fini le 5/12/2022
Par action et par omission de P. D. James
(Cycle Adam Dalgliesh, 1989, Devices and desires traduit de l'anglais par Denise Meunier, Le Livre de Poche, 1992)
Pour chaque personnage, l'auteur nous décrit minutieusement sa vie, son passé, ses peurs, surtout dans le voisinage d’un tueur en série surnommé « le Siffleur ». La lecteur est pesante, semblant interminable, la victime étant toute désignée dès le début par la description de cette directrice « particulièrement impopulaire », mais qui ne doute pas de se marier bientôt.
Le « complot » contre la « centrale nucléaire » est présenté de façon trop stupide pour être réellement intéressant et la noyade des jeunes femmes arrive comme un truc pour boucher un trou dans le récit.
Fini le 3/12/2022
samedi 3 décembre 2022
La mauvaise part de Hélène de Monaghan
(Le Masque, 1975)
L’auteur met une liste de proverbes « à jeter aux orties » dans les pensées de son policier « qui se plaisait à redresser toutes ces contre-vérités codifiées par des générations d’imbéciles. »
Et il « constatait une fois de plus : qui diffère s’assemble » en voyant l’associé et l’épouse du dentiste. Ce ne sont pas les seuls susceptibles de s’être « débarrassés du mari pour pouvoir vivre en paix avec son argent ».
Mais on peut également attirer les victimes avec des bonbons…
Fini le 1/12/2022
C'est bien vrai !
Effectivement, ils « N’ont cure des jolies photos du paquet. », ils « fument ».
Grille 7* finie le 30/11/2022
Le guet-apens de Piscatoris de Jean Contrucci
(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2008)
Une histoire de haine familiale bien sombre.
« Les sentiments, […] ne sait pas ce que c’est. C’est garder intacte la terre de ses ancêtres qui l’intéresse. Il la défendra jusqu’à la dernière motte. Pas question de part d’héritage et de démembrement. »
Les jeunes, et leurs mères, vont agir…
Fini le 29/11/2022
Un jour, le rabbin s'en ira de Harry Kemelman
(Série Le Rabbin Small, 1985, Someday the Rabbi Will Leave traduit de l'anglais par Lazare Rabineau, 10/18, 1990)
Le rabbin « bien qu’il soit un pisse-froid et qu’il agisse parfois comme s’il était Dieu le père en personne », sait bien raisonner.
« La police a commencé son enquête à partir de l’accident… ». « Mais l’accident constituait la fin, l’aboutissement. Moi, je me suis d’abord intéressé à ce que la victime […] pouvait faire en cet endroit. »
« La fin justifie peut-être les moyens en amour et à la guerre, mais non en politique […]. J’avais le sentiment que, si je perdais cette élection, je n’avais aucune chance de la garder. »
Ce livre nous apprend ce qui unit les juifs entre eux.
Fini le 26/11/2022
Alice change d'adresse de Michel Moatti
(HC éditions, 2016)
Il est évident dès le début du livre que cette femme nous raconte ses rêves, ses hallucinations.
« On voit des choses qui ne sont pas là. On entend des voix. On invente des histoires. On fait parfois parler des gens qui n’existent pas. »
La lecture aurait pu être intéressante sans toute cette dilution, ces apartés extraits de livre, les “pensées” de « Franck », les divagations dans l’Yonne, les rabâchages des « faits »… qui la rende lourde et interminable.
Feuilleté et fini le 26/11/2022