dimanche 26 juin 2022

Trois morts pour Jenny de Nancy Pickard

(Enquêtes de Jenny Cain, 1984, Generous Death traduit de l'américain par Isabelle Maillet, J'ai lu, Policier, 1998)

Jenny est la directrice d’une Fondation dans le Massachusetts.

« — Ça ne vous a pas plu que j’entre dans votre jeu […]. — Pourquoi vous n’avez pas laissé tomber ? […] Ma présence ne comptait pas […]. C’était un règlement de comptes entre meurtriers. »

« […] votre père a filé comme un malpropre avec l’argent. L’argent de la caisse de retraite. […] papa a perdu son travail, ses droits à la retraite et il nous a quittés. Alors ils ont séparé ses enfants, et il a fallu que je commence à mendier […]. Merci, s’il vous plaît, excusez-moi, merci, s’il vous plaît, excusez-moi… »

Fini le 25/06/2022

L'Énigme de la Blancarde de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, Le Livre de Poche, 2005)

Cet auteur peut être un digne héritier de Gaston Leroux, façon marseillaise.

Son histoire est bien emmêlée avec condamné pas coupable, témoin hystérique se contredisant, vrai coupable en cavale, etc. et bien sûr une jolie histoire d'amour entre le journaliste, notre héros, et une jolie jeune femme, fille de « bourgeois ».

Une lecture bien rafraichissante, loin des thrillers us.

« Sur le cliché de la noce on voit la mariée ravissante au bras de son époux tout neuf, mais ce dernier, au lieu d’arborer cet air béat ou attendrissant que l’on trouve sur ce genre de photographies, a les yeux écarquillés et la bouche ouverte de celui qui vient d’apprendre une nouvelle qui lui en bouche un coin. Près de son oreille gauche, on distingue la moustache noire d’un homme corpulent penché vers lui et qui lui parle. »

Fini le 23/06/2022

La Nuit des autres de Yvonne Besson

(Pocket, Policier, 2008)

Le titre de ce livre est le même que celui de l'écrivain célèbre de cette ville nommé Marville dont la lecture aidera le capitaine à résoudre l'énigme du premier mort, en y découvrant le portrait d'un dénonciateur pendant la guerre.

Et le livre de Thomas Mann, La Mort à Venise, lui permettra de comprendre le comportement du deuxième mort, se prétendant écrivain.
« Fatuité et boursouflure ! Il se prenait à la fois pour Socrate et pour Gide. […] “L’amour de ta beauté ne m’entraîne pas à ma perte. Elle me donne au contraire la vie immortelle.” »

L’auteur nous peint ses personnages bien vivants, même assassinés, ce qui rend la lecture particulièrement attachante.

Fini le 21/06/2022

Le Chant de l'assassin de Roger Jon Ellory

(2015, Mockingbird Songs traduit de l'anglais par Claude et Jean Demanuelli, Sonatine Éditions, 2019)

Pour tenir la promesse faite à son co-détenu, ce jeune homme, meurtrier par accident, part en ballade au Texas. Il va devoir faire parler les vieux avec l'aide d'une jeune femme du village à côté.

Qui résument leur passé ainsi :
« […] le moment est venu de montrer qu’on est des hommes, d’affronter les conséquences de nos actes. »
« Je me suis fait beaucoup d’argent à un moment avec nos petits trafics, mais depuis tu règnes sur la ville comme un tyran, tu nous imposes à tous tes volontés. Eh bien, tout ça, aujourd’hui, c’est fini… »

Et le lecteur apprend que les puissants qui protègent le shérif ont seulement voulu éviter que leurs enfants partent à la guerre… et que son frère a « engrossé » son épouse…

Cette vendetta à la texane va provoquer assez de morts.

Fini le 21/06/2022

Nul ne saura de Mary Jane Clark

(2002, Nobody Knows traduit de l'anglais États-Unis par Jean-Paul Mourlon, Le Livre de Poche, 2006)

Le titre du livre fait référence à celui d’un groupe de musique dont l’auteur est contesté, ce qui en fait le premier suspect du meurtre de l’actrice dont le garçonnet a retrouvé la main.

L’intrigue est bien menée et embrouillée par l’arrivée de l’ouragan, qui fait courir partout les journalistes.

« Il avait toujours voulu être aimé. Mais ce n’est pas dans la maison où il avait grandi que cela aurait pu lui arriver. On n’y touchait jamais. Pas de caresses, pas de baisers. Ni même de gifles : les coups étaient portés avec une ceinture, une règle ou la brosse à cheveux de sa mère. »

Fini le 19/06/2022

Les Intouchables de Didier Sénécal

(Série Commissaire Lediacre, Pocket, 2006)

Un très bon livre !

L'intrigue est astucieuse, racontant les coulisses d'un grand coup contre le trafic de cocaïne.
Les personnages sont intéressants, le commissaire “mis de côté” par sa hiérarchie, le capitaine qui va devoir apprendre à le connaître et confirmer qu’elle apporte de « l’intelligence »… et « madame le juge » qui approche « de l’âge de la retraite ».

Les RG, le colonel de gendarmerie, les « Stups » vont s’organiser pour attraper du “beau monde” du « show-business » et au passage mettre hors service l’avocat qui permet à ces « intouchables » d’échapper à la justice.

Fini le 16/06/2022

vendredi 17 juin 2022

Tout ce qui est à toi de Sandra Scoppettone

(Série Lauren Laurano, 1991, Everything You Have Is Mine traduit de l'américain par Christophe Claro, Fleuve noir, 1995)

L’enquête de la détective devra surtout éclaircir le lien entre tous les personnages de cette histoire : qui est la « mère », qui est la sœur de qui, qui sont les maris, les pères, etc. pour comprendre qui a violé qui, qui a tabassé qui, qui a tué qui.

« Je me rallonge sur le lit, dépassée par l’horreur de cette affaire. C’est comme une pieuvre malade. […] Cette maladie est présente partout : dans la façon cavalière dont les hommes giflent les femmes dans les films, dans la façon qu’ils ont de parler d’elles dans les téléfilms, dans la représentation stéréotypée de la violence entre hommes et femmes que proposent les romans. Notre conscience a été réveillé par la médiatisation de certains abus, mais qu’est-ce que ça a changé ? »

« Tout ce qu’il veut lui appartient tôt ou tard. »

Fini le 15/06/2022

Meurtre à l'anglaise de Cyril Hare

(1951, An English Murder ou The Christmas Murder traduit de l'anglais par Mathilde Martin, Rivages/Noir, 2004)

Le « professeur », en train de travailler avec les archives de ce manoir, se retrouve confronter à des meurtres.

En cette période de Noël, la neige bloque toutes communications avec l’extérieur.
« Dans ces circonstances, les suspects sont en nombre restreint. […] Il doit choisir entre un ministre du gouvernement, une jeune demoiselle appartenant à l’aristocratie, la femme d’un politicien en pleine ascension, un fidèle majordome et un érudit étranger aux origines diverses et à la nationalité incertaine. »

« Alors, pourquoi dis-je qu’il s’agit d’un meurtre anglais ? […] Parce que le mobile était anglais. Parce que c’est un facteur politique propre à l’Angleterre qui a permis qu’un tel assassinat soit commis. […] ce crime, donc, n’aurait pu se produire si l’Angleterre, seule parmi tous les pays civilisés, ne prévoyait dans sa Constitution une assemblée législative héréditaire. »
« […] le Premier ministre a le droit de siéger à la Chambre des lords. Le chancelier de l’Échiquier, en revanche, n’y est pas autorisé. »

Fini le 13/06/2022

L'Inconnu de la forêt de Harlan Coben

(2020, The Boy from the Woods traduit de l'anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2020)

Menacer un enfant pour faire agir ses parents est une arme très souvent utilisée. Dans cette histoire, il s'agit de dénoncer les méfaits d'un personnage politique.

L'auteur a mis cette vieille intrigue au goût du jour en montrant les techniques contemporaines : réseaux sociaux (pour leur faire dire n'importe quoi), traceurs GPS (pour retrouver les coupables), etc. C'est très bien utilisé par « Wilde » le “sauvageon” retrouvé un jour dans la forêt.

La description du “noyautage” des racontars est très réaliste.
« […] faire dire aux bots de droite quelque chose comme […]. Et les bots de gauche […] répondront […]. On va aussi créer un groupe de faux profils pour faire le coup du macho. […] utilisons les groupes de fake news pour proclamer que la vidéo a été truquée. » Le tout sur plusieurs pages, un vrai tuto !

Fini le 12/06/2022

Du bruit sous le silence de Pascal Dessaint

(Rivages/Noir, 1999)

L'auteur nous livre une leçon sur le rugby toulousain pour dérouler les états d'âme d'un ancien joueur plusieurs fois blessé et devenu policier. Ses motivations ne sont pas très claires, entre vengeance et protection du meurtrier.

C'est une lecture un peu lourde à digérer avec pléthore de commentaires méprisants émis par les personnages sur les quelques femmes de l'histoire.

Fini le 11/06/2022

L'Absolue perfection du crime de Tanguy Viel

(Les Éditions de Minuit, 2001)

L'histoire du « braquage » d’un casino est racontée par un des participants, très réticent à l’idée de cette action qualifiée de « absolue perfection du crime ».

« Et j’imaginais la mer énervée dans la rade, l’embarcation insupportablement frêle qu’il faudrait piloter, la coque qui subirait les contre-coups des creux, se jetterait à vide dans l’air à chaque sommet de vague. »

Il y aura les perdants et les riches gagnants.

Fini le 10/06/2022

jeudi 9 juin 2022

Le Manoir de la mort de John Dickson Carr

(1971, Deadly Hall traduit de l'américain par Dominique Monrocq, Le Masque, 1991)

Chaque personnage garde pour lui ses secrets, et d’abord la raison de sa présence sur le vapeur, et crée le suspense pour trouver « le trésor », pour expliquer la vente du manoir « Delys Hall » et pourquoi on le surnomme « Deadly », etc.

« Outre son inquiétude légitime en tant qu’avoué de la famille […] notre ami a des soucis personnels en tête. […] Mais qu’il décide de m’en parler, ça c’est une autre affaire… »

Tout s’éclaircira quand le procureur se souviendra que, lorsqu’il a fait transplanter la « bâtisse », le grand-père a judicieusement prévu « des vides d’air » « entre le mur extérieur et la cloison de la pièce adjacente ».

Fini le 8/06/2022

Pélicans-les-Bains de Roland Sadaune

(Ravet-Anceau, Polars en Nord, 2009)

Une histoire un peu trop fouillis pour être intéressante.
L'auteur veut nous livrer un complot expliquant l'augmentation des suicides de policiers, mais il fait noyer son personnage “enquêteur” dans ses propres problèmes personnels (policier radié, tabassé, etc.) et il est difficile de comprendre comment il peut trouver une solution.

« Depuis sa création, le groupe s’est montré très actif. Les Pélicans ont refusé le ronron syndical, ils se sont réveillés. Ronger le système en place, le bouffer de l’intérieur, tout en imposant avec méthode les théories de Streim [le gourou du truc] qui ont alimenté notre doctrine, lentement mais avec efficacité. Ne jamais céder au laxisme, à la complaisance. […] Capital, le moral des troupes […]. »

« Quand certains membres du groupe ont eu la tentation de parler [on ne saura pas de quoi !], j’ai [la « gendarmette »] décidé l’éradication. »

Fini le 5/06/2022

Nid de guêpes de Rachel Abbott

(2019, The shape of lies traduit de l'anglais par Véronique Roland, Belfond noir, 2020)

Les auteurs qui tirent au nombre de pages permettent de facilement sauter des chapitres puisqu'ils font rejouer plusieurs fois l'histoire à leurs personnages, mais madame Abbott a carrément répété exactement la même scène page 312 puis page 316 (interrogatoire dans la chambre de l'épouse…).

Ce livre est foncièrement sans intérêt. Il est évident que le mari de cette femme finira par connaître son passé et la réaction du mari est bien sûr parfaitement contraire au caractère que lui prête sa femme (comment une épouse câlinant son époux pourrait faire illusion sur sa vie nocturne et ignorer son potentiel de violence !). Tout ça est psychologiquement invraisemblable…

Les ajouts larmoyants sur la vie de famille du policier sont tellement du remplissage qu'ils en sont cocasses (les bouderies de l'adolescente, le cancer de l'ex-épouse !).

Un bon résumé en fin : « Je suis une directrice d’école, équilibrée et intelligente, qui, parfois, devient celle qui cherche le frisson à une table de poker. […] Et puis, il y a en moi une femme qui compte encore plus : la mère. » Ce personnage était prometteur, dommage que l’auteur ait saboté son histoire avec son baratin.

Fini le 3/06/2022

Il manquait une preuve de Nicholas Blake

(Série Nigel Strangeways, 1935, A Question of Proof traduit de l'anglais par S. Lechevrel, Le Masque, 1997)

« Il se mettait dans l’ambiance sans rien abdiquer de sa personnalité, sans effort, simplement par l’intérêt qu’il portait à ses interlocuteurs. » et les réponses qu’il en attend et lui font accepter de passer les épreuves pour adhérer à « la Tache Noire ».

« Évidemment, il n’a eu qu’à rester debout derrière le siège de Mr Vale en attendant l’instant décisif de la partie […]. » et l’auteur en profite pour nous livrer les règles d’un match de cricket.

« Que fait une personne tenue à l’écart de ses semblables, repliée sur soi-même, sans confident ? Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, elle écrit ses mémoires. »

Fini le 2/06/2022

Le Canari boiteux de Erle Stanley Gardner

(Série Perry Mason, 1937, The Case of the Lame Canari traduit de l'américain par G.-M. Dumoulin, J'ai lu. Policier, 1984)

Sur une de ses pattes, les ongles de cet oiseau ont été coupés trop courts… un indice pour l'avocat avide de mystère.

« […] il y a là un facteur de l’affaire que je n’ai pas encore considéré et parce que la solution d’un mystère qui ne tiendrait pas compte de tous les facteurs de ce mystère ne serait pas une solution. […] je ne me suis pas assez occupé de la victime. »

Fini le 2/06/2022

Si près de vous de Mary Jane Clark

(2001, Close To You traduit de l'américain par Rachel Bernard, Le Livre de Poche, 2005)

Les coulisses de la célébrité attirent de dangereux fidèles, celui qui condamne la débauche vestimentaire, celui qui veut se faire aimer…

« Dire que derrière n’importe quel type avenant et raffiné pouvait se cacher le pire des psychopathes […]. »

Sans oublier le garagiste avide.

Fini le 1/06/2022