dimanche 26 décembre 2021

En eaux dangereuses de Donna Leon

(Les Enquêtes du Commissaire Brunetti, 2020, Trace Elements traduit de l'anglais États-Unis par Gabriella Zimmermann, Calmann Levy, 2021)

Le titre en français désigne le résultat du titre en anglais.

Cet auteur nous donne encore un livre plein d'humanité, par les réflexions du commissaire et de sa collègue, désolés d’avoir assisté à la mort de cette jeune veuve en soins palliatifs.

« Brunetti connaissait mal cette organisation dédiée notamment à la protection de l’environnement, mais le fait qu’un si grand nombre de personnes qu’il n’appréciait guère au plan politique la dénigraient l’avait toujours bien disposé en sa faveur. »

Fini le 26/12/2021

La Fille du bootlegger de Margaret Maron

(Une enquête de Deborah Knott, 1992, Bootlegger's daughter traduit de l'américain par Evelyne Châtelain, J'ai Lu. Policier, 1998)

Ce livre présente la vie de l'héroïne dont le père a fait de la prison à l'époque de la prohibition. Cela donne une bonne description de la vie dans l'État de Caroline du Nord à la fin du 20e siècle, notamment de l'élection des juges à laquelle se présente Deborah.

Mais le récit “polar” est assez mal monté, il est facile de comprendre dès le début qui sera le coupable, prédestiné par sa vie “hors norme” et ses conséquences pour sa famille.

« — Janie est morte parce qu’il refusait de s’accepter tel qu’il était, non ? […] Ce n’était pas lui qui est allé la chercher !
— Il s’est montré tel qu’il était pour s’infliger un châtiment ? »

Fini le 24/12/2021

La légèreté de Catherine Meurisse

(Dargaud, 2016)

Après les attentats à Charlie Hebdo…

« Une fois le chaos éloigné, la raison se ranime et l’équilibre avec la perception est retrouvé. On voit moins intensément, mais on se souvient d’avoir vu. »

« Je compte bien rester éveillée, attentive au moindre signe de beauté. Cette beauté qui me sauve, en me rendant la légèreté. »

Fini le 23/12/2021

L'homme semence de Laetitia Rouxel & Mandragore

(adapté du récit de Violette Ailhaud, co-éditions Parole & L'Œuf, 2017)

Une « bande dessinée à deux faces » : « Laetitia interprète le récit de Violette Ailhaud alors que, sur l’autre face, Mandragore raconte l’environnement historique depuis le soulèvement républicain contre le coup d’État de Napoléon III le 2 décembre 1851 jusqu’à l’émotion que suscite L’homme semence aujourd’hui. »

L’histoire de ce “manque” d’hommes est passionnante et les deux dessinateurs la mettent bien en scène.

Fini le 22/12/2021

Le Crime de Paragon Walk de Anne Perry

(Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt, 1981, Paragon Walk traduit de l'anglais par Roxane Azimi, 10/18, 1997)

« A vous entendre, les femmes aiment se faire violer, Mr. […]. C’est monstrueusement arrogant, une illusion pour nourrir votre vanité et excuser votre conduite, et c’est entièrement faux. Un violeur n’a rien de magnifique. C’est un être pathétique, réduit à prendre par la force ce que d’autres obtiennent spontanément. […] c’est une forme d’impuissance ! »

Et pour cacher cela l’épouse usera d’une lame tranchante.

Fini le 21/12/2021

Le Secret de la femme en bleu de Marc Paillet

(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1999)

Ce livre est la suite du précédent (Le Spectre de la nouvelle lune) et nomme donc les coupables qui sévissaient en Brenne. Le lecteur les retrouve dans ce récit complotant toujours pour les Aquitains.

La lecture perd de son intérêt sans le soutien d'éléments historiques nouveaux. L'auteur nous raconte seulement le début des futurs conflits entre les descendants de Charlemagne, qui à l'époque de cette histoire décide du découpage de son empire.

Fini le 19/12/2021

Le Fer et le feu de Bruce Alexander

(Série Sir John Fielding, 1995, Murder in Grub Street traduit de l'anglais par Jean-Noël Chatain, 10/18, 1999)

Le titre en français désigne les menaces des « Frères spirituels » venus de la « colonie » d’Amérique. « […] si la bonne parole ne les gagnait pas à votre cause, alors le fer et le feu pourraient y parvenir ? »

Et ceux qui freinent la parution de leurs “élucubrations” se font massacrer.

La traduction est un délice. Cet auteur a réussi à rendre l’argot londonien lisible en français.

Fini le 18/12/2021

jeudi 16 décembre 2021

Crimes et faux-semblants de Colette Lovinger-Richard

(Compiègne sous le règne du Bien-Aimé, J'ai lu, 2002)

Ce livre est d'abord une leçon d'histoire sur la ville que Louis XV préfère pour chasser. Il s'y rend avec toute sa cour et surtout sa favorite du moment. L'auteur reprend en citation les moqueries sur cette “Mme du Barry” ce qui donne à la lecture un bon goût du 18e.

« J’ai passé mon après-midi au milieu des caquets du clan Choiseul et ma tête demande grâce. Quelle méchanceté, quelle haine envers cette pauvre du Barry ! »

Les personnages sont un peu convenus mais bien sympathiques.

Fini le 15/12/2021

Des cercueils trop fleuris de Misa Yamamura

(1975, 花の棺 traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Picquier poche, 1998)

« […] ses crimes sont une immense métaphore de l’ikebana […] »

Ce livre nous présente les enjeux très importants pour les écoles d’ikebana qui se battent pour la suprématie en voulant attirer la fille du vice-président des États-Unis.

Ce récit très intéressant et bien monté est très minutieux et révèle le “truc” du « pavillon clos » typiquement japonais qui ouvre la série de crimes qui vont s’échelonner le long de l’avenue.
« Des trois victimes, […] le plus important, on l’a retrouvé sur la septième avenue. […] “Sept-cinq-trois” : l’échelle des valeurs des trois éléments de base d’un bouquet d’ikebana est respectée. »

Fini le 14/12/2021

La Mauvaise Élève de Alessia Gazzola

(Série Alice Allevi, 2011, L'allieva traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, Le Livre de Poche, 2013)

L'auteur nous présente son personnage comme une jeune femme stupide, essayant maladroitement d'attirer l'attention de ses supérieurs, mais qui confond Haïti et Tahiti (!). Cela ne donne pas envie de lire la suite de la série.

L'histoire est sans intérêt entre paragraphes donnant un cours de médecine légale et récits des mamours de l'héroïne.

Et la fin, avec l'envol du coupable, laisse augurer une suite de la même veine.

Fini le 11/12/2021

Sur la corde raide de Erle Stanley Gardner

(Série Perry Mason, 1933, The Case of the Velvet Claws traduit de l'américain par Monique Guilbot, J'ai lu Policier, 1983)

Un livre très daté, mais l'auteur a créé un personnage d'avocat us pas trop rebattu et la traduction semble fidèle.

« […] les clients ont passé les premiers, toujours. Vous ne choisissez ni les affaires ni les clients. […] Pendant tout le temps que vous les représentiez, jamais vous ne les avez laissé tomber. »

Mais pour sauver cette jeune femme peu amène, il va devoir la remettre à la police.

Fini le 10/12/2021

Comptine en plomb de Philippe Bouin

(2009, Archipoche, Prix polar Cognac 2008)

Un livre délicieusement écrit, l'auteur réussit à nous rendre l'accent du nord parfaitement lisible.
La vengeance d'un enfant est une histoire très convenue, mais parfaitement mise en scène. Les personnages sont crédibles, mêmes ceux qui se font désignés coupables.

Le « Nord » : « avec sa mer cendrée, son climat de pingouin, son soleil capricieux, sa bouffe sans épices et, par-dessus tout, ses autochtones — des attardés mentaux qui riaient pour un rien, grassement, lourdement, et se soûlaient la gueule à grand renfort de bière. » « Gallois était pied-noir. »

Nous sommes en 1965 :
« Pour lui, le parlementarisme était le bâillon du peuple, l’Assemblée nationale une tribune de bourgeois, leurs lois des privilèges votés pour les nantis, la démocratie un moyen de contrôler les ouvriers, et, nouvel avatar, l’élection du président une misérable échelle pour accéder au trône. »

« Découdre la vérité, la recoudre à l’endroit… À si peu de la retraite, le vieux renard ne vit pas l’utilité de provoquer des remous […] il était temps qu’il pense à lui. »

Fini le 8/12/2021

Barthélemy et sa colère de Exbrayat

(Le Masque, 1964)

« Si c’était que pour Marie, non, t’aurais pas le droit, mais on se bat pour quelque chose de bien plus important, Méni, pour la Justice. »

Le suspense est de savoir comment ces coupables vont disparaître.

Fini le 6/12/2021

Grand calme de Giles Blunt

(2012, Until the Night traduit de l'anglais Canada par Charles Bonnot, Sonatine, 2021)

Tout dans ce livre est si convenu qu'il n'y a aucun suspense. La lecture en est lassante, aggravée par une traduction approximative et beaucoup de fautes typographiques.

Les personnages sont parfaitement conventionnels, par exemple, la femme, inspecteur, qui fait sa propre enquête dans son coin en se mettant en arrêt maladie (et qui donne à l'auteur l'occasion de présenter des séances d'un club échangiste), etc. L'histoire est un ramassis de poncifs sur les “valeureux chercheurs” sur leur îlot arctique, les ”génies de la robotique” qui se moquent du reste du monde, etc.

« Les îles de glace craquent et se fissurent toutes les heures. Et les affres du froid et de l’isolement tourmentent tous ceux dont la psyché n’est pas assez robuste. Mais leurs chances de cooccurrence son infinitésimales et le fait qu’elles se soient produites ensemble est une injure au sens commun et à la moindre notion de justice. » Quant à la justice canadienne, mettre en prison le seul rescapé !

Fini le 5/12/2021

Bienvenue à Dunkerque de Maxime Gillio

(réédition enrichie du Blues du Corsaire), Ravet-Anceau, 2007)

Ce livre est une présentation des inspecteurs Dacié et Marquet, personnages récurrents de la série.

Dans cette histoire, Dacié fait montre de sa culture d'ancien professeur à Marquet, Niçois nouvellement muté dans ce Nord, en lui donnant le Décalogue à analyser. Mais un meurtrier en fin de vie est difficile à retrouver vivant.

Fini le 3/12/2021

Les Audiences de Sir John de Bruce Alexander

(Série Sir John Fielding, 1994, Blind Justice traduit de l'anglais par Jean-Noël Chatain, 10/18, 1998)

Le titre anglais “justice aveugle” décrit ce juge ayant réellement vécu à la fin du 18e siècle, qui, en dépit de son infirmité, est nommé magistrat à « Bow Street ». Dans ce livre, le narrateur, Jérémy Proctor, est sauvé de la prison par la compréhension du juge qui le prend comme « assistant ».

« J’ai comparu en son tribunal, faussement accusé de vol. Mais il a compris que mes accusateurs se parjuraient et les a chassés en les mettant en garde. — Alors, c’est véritablement un brave homme. — Sage et juste. »

Jérémy, ayant remarqué les mains propres du « suicidé », est requis pour aider à démêler ce qui est un meurtre. La grande réunion finale révèlera pourquoi l’assassin a eu besoin d’utiliser un bon coup de révolver.

Fini le 2/12/2021