samedi 29 mai 2021

L'Affaire du canari de S.S. Van Dine

(Série Philo Vance, 1927, The Canary Murder Case traduit de l'américain par R. Duchateau, traduction revue et complétée par L. Castille, 10/18, 1987)

Ce célèbre amateur d'énigme élucide un meurtre en “chambre close”, en montrant la ficelle qui verrouille la porte. Mais la partie de poker sera décisive pour comprendre lequel du trio est le bon meurtrier.

« Personne, pour autant que nous sachions, n’a effectivement vu la dame vivante après [son] départ. », les témoins ont uniquement entendu ses paroles à travers la porte, transmises par une belle découverte technique pour les années 1920.

Fini le 27/05/2021

Le mystère de la maison Aranda de Jerónimo Tristante

(El misterio de la Casa Aranda traduit de l'espagnol par Elena Zayas, 10-18, 2010)

La majeure partie de ce livre, premier de la série, raconte l'enfance du héros, Victor Ros, et son évolution de petit délinquant à policier.

Sa mémoire des archives lui permet d’élucider le mystère qui donnent le titre à cette histoire.
« Respirez lentement, l’air est pur et vos membres se font plus légers… votre tête n’est plus aussi lourde, votre corps ne pèse plus autant. L’air frais arrive à vos poumons et de là circule dans votre organisme… […] Vous revenez à la réalité, doucement… »

Son attachement à ceux qui l'aident le fera se fourvoyer dans son enquête sur le meurtrier des prostituées.
« Le brave sergent me prenait pour un noble excentrique, mais bien intentionné, qui prenait plaisir à chasser les criminels plutôt que les faisans. Il parlait de toi comme d’un fils. »

Fini le 25/05/2021

Un si paisible village de Martha Grimes

(Série Richard Jury, 1981, The Man With a Load of Mischief traduit de l'anglais par Marie-Josée Lacube, Le Masque, 1982, paru également sous le titre Le Mauvais Sujet, une traduction Didier Sénécal, Pocket, 2003)

Dans ce premier titre de la série, les enseignes d'auberges jouent un grand rôle, mais leur traduction en français est un peu subtile.
« C’était la coutume de faire une entaille dans le bec des oiseaux royaux. […] le nom de cette auberge aurait dû être The Swan with two nicks [entailles] et non The Swan with two necks [cous]. »

Une bonne façon pour le meurtrier de leurrer l’enquêteur, mais son sens du théâtre sera bien sûr découvert.

Fini le 22/05/2021

Le Guérisseur et la Mort de Caroline Roe

(Chroniques d'Isaac de Gérone, 2003, A Poultice for a Healer traduit de l’anglais par Jacques Guiod, 10/18, 2005)

Les trois personnages s'emmêlent : le vrai neveu, l'herboriste, l'assassin, tous jeunes hommes présentant bien.

Maître Isaac cherche à prouver que le « guérisseur » ne peut pas être le responsable de la mort de ces légataires.

« On ne peut mentir quand on ignore la vérité. C’était si clair, si évident. Sans la vérité pour vous guider, on ne peut que plonger dans la confusion. »

Fini le 20/05/2021

mercredi 19 mai 2021

La Vieille Dame sans merci de Maurice-Bernard Endrèbe

(1952, Club des Masques, 1983)

La « vieille dame sans merci » après avoir reçu les aveux de divers coupables comprend enfin que le meurtrier a préféré se débarrasser de celles qui ont vu le manuscrit pour que son pseudonyme utilisé pour publier ce “roman de gare” ne soit pas révélé.

C’est amusant à lire.

Fini le 19/05/2021

Le Crime du prince de Galles de Jacques Neirynck

(Enquêtes du capitaine Raoul Thibaut de Mézières, 10-18, 2007)

Ce livre nous présente l’assistant de Raoul et « son goût invétéré du contrepet » : « Son métier avoué consistait à couvrir les fautes de la République et son passe-temps secret à la ridiculiser. »

« Marguerite Steinheil » est connue comme la “bonne amie” du président Félix Faure, présente lors de sa mort dans des circonstances passées à la postérité.

Dans ce récit, elle devient une affabulatrice, inventant maintes histoires pour dissimuler le nom du meurtrier de son mari, et « pour Raoul, cela demeurait l’énigme centrale de l’affaire ».

La mise en scène de certains événements historiques de cette “Belle époque” est bien montée par cet auteur, mais je ne vais pas continuer la série.

Fini le 16/05/2021

Studer et le Caporal extralucide de Friedrich Glauser

(1938, Die Fieberkurve, Wachtmeister Studers neuer Fall traduit de l'allemand par Philippe Giraudon, 10/18, 1999)

Le titre original désigne le document qui doit permettre de retrouver le “trésor” et le titre en français le personnage qui l'a inventé.

Un récit plein de descriptions très justes,
« L’homme portait un froc de moine d’un blanc immaculé, et en guise de couvre-chef un bonnet qui ressemblait à un gigantesque pot de fleurs rouge [un fez] […]. Le père Matthias ressemblait trait pour trait au Petit Tailleur du conte, qui en avait tué ‘sept d’un coup’. »
« […] on ne saurait téléphoner dignement sans avoir à portée de la main de quoi griffonner… »

et de notes pleines de poésie.
« Dans le ciel, une lune d’une blancheur irréelle tentait en vain d’écarter de son museau plat les nuages qui ne cessaient de l’importuner. »

« Nous allons l’accompagner là-bas […]. Jusqu’au pied du chêne-liège. Après tout, ce n’est pas pour lui-même qu’il voulait cet argent. »

Fini le 15/05/2021

Les Yeux de diamant de Carol Higgins Clark

(Série Regan Reilley, 2001, Fleeced traduit de l’anglais États-Unis par Michel Ganstel, Le Livre de poche, 2004)

Le lecteur sait dès le début où sont les diamants, le suspense vient de l'ignorance de ceux qui les cherchent.

Les petites piques d'humour de l'auteur fait passer l'attente plus vite.
« Jack fit une fervente prière pour que l'avion accélère. En vain. Le pouvoir divin était inopérant sur les engins mécaniques. »
« […] ces pauvres serviettes sont fichues. On ne pourra jamais les rattraper et il manque au moins trois moutons. Elles ne ressemblent plus à rien sans les moutons ! »
« J’ai deux importantes personnalités à escorter. Veuillez envoyer sans délai une de vos limousines. Le modèle extra-long […]. »

Fini le 13/05/2021

Le vent de la trahison de Roberta Gellis

(2002, Bone of contention traduit de l'américain par Bernard Cucchi, 10/18, 2006)

Une enquête sur des meurtres pendant une période de tensions politiques entre le roi et son évêque est particulièrement difficile à suivre. Mais l'auteur nous donne toujours un très bon aperçu de la vie à l'époque et la façon dont son héroïne partage son lit.

« Le mal ne résidait pas dans le fait de le tuer, du moment que le combat était loyal. Mais se glisser derrière un homme pour le poignarder en traître… non. L’individu capable d’agir ainsi risquait de recommencer et, peut-être, aux dépens de quelqu’un qui le méritait moins. »

« Il désire vous présenter au roi, et offrir les documents qui établissent votre innocence, à la fin du repas, avant qu'un désastre politique ne survienne, qui réduirait à rien l'impression favorable produit par votre disculpation. »

Il suffit de provoquer des hommes d’armes de l’autre clan pour que leur mêlée cache la tentative de meurtre du coupable.

Fini le 12/02/2021

dimanche 9 mai 2021

Un linceul de brocart de James Melville

(Série Tetsuo Otani, 1992, The Body Wore Brocade traduit de l’anglais par Gilles Berton, 10/18, 2000)

Les titres anglais et français décrivent le vêtement que porte le mort, le titre en japonais, L'Amateur de nô, renseigne sur la provenance de ce costume.

« Vivant, Hideki Sumnoe m’était apparu comme un homme pompeux, agité et imbu de sa personne. Dans la mort, en grand costume de scène, la tête recouverte du masque en bois peint représentant le personnage classique du Vieillard dans les pièces de nô, il n’inspirait plus que le respect. »

Ce que n’a pas ressenti le meurtrier avide d’héritage.

Fini le 9/05/2021

Le retour du capitaine Emmett de Elizabeth Speller

(2010, The Return of Captain John Emmett traduit de l'anglais par Bella Norac, 10/18, 2013)

L’enquête va faire émerger toutes les atrocités de la Grande guerre, notamment celles du peloton d’exécution qu’a dirigé le capitaine.

« Comment supporter l’idée que son fils n’a pas été tué par un Allemand, mais de sang-froid par son propre camp ? »

Celui qui élimine ceux qui y ont participé est présenté « comme un combattant ».
« Soudain tout ce chaos de meurtres, d’adultère, de suicide et d’illégitimité se réduisit à ce petit moment de gêne entre eux. »
« Je ne me suis jamais inquiété pour moi, mais simplement qu’on m’empêche d’achever ma tâche. »

Fini le 7/05/2021

C’est bien vrai !

Effectivement, les « ismes » répondent à la définition « Menacent par leurs dérives. ».

Grille 7* finie le 6/05/2021

Il n'y a pas de passé simple de François-Henri Soulié

(Les aventures de Skander Corsaro, éditions du Masque, 2016)

Des réminiscences des exactions commises par la Milice.

L’auteur utilise un français contemporain très pimpant pour faire vivre ses personnages.

Le héros : « Nos pires défauts sont sans doute les qualités qui nous aident le mieux à résister aux intempéries… »
La mère de celui qui fricote avec l’extrême-droite politique : « Je suis née dans le judaïsme, mais je me suis assez vite convertie au je-m’en-foutisme. »
Le bouquiniste : « Tout de suite l’endroit m’a paru fraternel, fait à mon image : hors du temps, démodé, farci de mes vieux amis les livres. Mes chers livres inutiles. […] S’ils avaient eu la moindre efficacité, croyez-vous que le monde serait aujourd’hui plongé comme il l’est dans l’amertume la plus absolue ? […] Le plus beau texte du monde est aussi inutile qu’une aurore boréale. »

Et les fautes d’orthographe permettront de trouver la cachette du trésor.

Fini le 5/05/2021

mardi 4 mai 2021

Le diable à demeure de Roberta Gellis

(2001, A personal devil traduit de l'américain par Bernard Cucchi, 10/18, 2006)

L’auteur nous offre des personnages féminins vraiment délicieux, chacune bien dans ses particularités (la muette, l’aveugle…), mais pas du tout caricaturales. C’est un plaisir de les voir vivre. L’organisation du prieuré est si bien décrite qu’on dirait du vécu.
« Je n’avais qu’une crainte, quand j’ai commencé à travailler à l’Old Priory Guesthouse, remarqua Diot de sa voix tranquille, c’était de m’ennuyer. Je suppose que cette crainte aussi, je peux l’abandonner. »

Dans ce livre, ce sont les querelles entre artisans commerçants qui dégénèrent, suite au chantage perpétré par le « diable », l’acariâtre épouse du sellier. Son meurtrier avait plus de méfaits à cacher que les autres.

À l’attention des futurs lecteurs : des éléments du précédent livre (Magdalaine, la bâtarde) sont donnés dans celui-ci, notamment le nom du coupable.

Fini le 2/05/2021

Un cadavre sous la cendre de Denis Lacombe

(Le Masque, 1969)

« Rien ne tenait, rien n’aboutissait. Chaque fois qu’il tentait d’orienter ses recherches, tout s’effondrait, tout s’enlisait. […] Il y avait des cadavres et du sang partout et personne ne s’en inquiétait. […] Une foule de gens en cherchaient une foule d’autres et nul ne savait pourquoi. »
Ceci est un bon résumé de ce livre.

Les “méchants” espagnols s’entretuent pour le fric, cela peut se comprendre, mais pourquoi torturent-ils les policiers français ? L’accrochage sur les norias est un modèle de violence inepte.

Au final, comme résumé en 4e de couverture : « […] le héros [le banderillero] à la fois traqué par la police et entièrement manipulé de l’extérieur, ne comprendra rien de ce qui lui arrive. »

Fini le 3/05/2021

Le Gué du diable de Marc Paillet

(Série Erwin le Saxon, 10/18, 1996)

« […] un ou plusieurs de leurs ennemis voulaient les perdre de réputation, les avilir, les ruiner, les anéantir, en leur faisant endosser la responsabilité de crimes abominables, commis à cet effet. […] les meurtres avaient été accomplis de manière à les rendre spectaculairement odieux et […] pour ainsi dire sous notre regard. »
Le meurtrier sera jugé à la Cour de l’empereur.

Ces histoires nous présentent bien la société à l’époque de Charlemagne, c’est intéressant de lire les conditions de vie des “hommes libres”, des “colons”, des “esclaves” et comment les notables se comportent entre eux, et pour avoir plus de domaines.

Fini le 29/04/2021

Le Squelette dans l'horloge de John Dickson Carr

(Sir Henry Merrivale, 1948, The Skeleton in the Clock traduit de l’anglais par M.-B. Endrèbe, Le Masque, 1992)

« […] nous avons eu affaire avec l’enfant meurtrier devenu un adulte assassin, parce que sa mère n’a cessé de le protéger et de le couver. Nous l’avons vu, convaincu que personne ne soupçonnait son crime, continuer de vivre et de sourire jusqu’à ce qu’il ait prononcé son dernier mensonge. »
Mensonge qui lui a permis de soulager sa haine.

Mais le squelette conservait la trace de son premier meurtre.

Fini le 28/04/2021