(1997, A Wasterland of Strangers traduit de l'américain par Aline Azoulay, Folio, Policier, 2002)
Lorsqu'un inconnu arrive dans cette petite ville californienne, il est pisté par tous les habitants. Le physique de John Faith amplifie la méfiance, ainsi que le décrit la jeune Trisha à sa première rencontre.
« [… un] type immense […]. Je veux dire : vraiment immense. Plutôt vieux, la quarantaine, avec des marques de variole, une cicatrice sur le menton, et un visage sculpté dans du roc. »
Chaque chapitre est le témoignage d’un personnage : le policier, le journaliste, la « langue de vipère », « Storm », « l’indienne », etc. décrivant leurs comportements et réactions en face de cet inconnu. Ainsi Richard Novak, le policier :
« […] les habitants des petites villes ont tendance à se montrer méfiants envers les étrangers […]. » et lorsque survient un crime, il fait un parfait “bouc émissaire” sur qui tirer.
Cet auteur a une façon originale de monter l'intrigue, l’exposition des pensées de chacun donnant une impression de sincérité, et au final même le coupable ne se ment pas.
Fini le 31/03/2024
dimanche 31 mars 2024
Le crime de John Faith de Bill Pronzini
vendredi 29 mars 2024
La vie infernale de Émile Gaboriau
(1870, Éditions Pascal Galodé, 2010)
Cette édition est une “merde” absolue avec presque une erreur par paragraphe (une « revue et corrigée » est sortie en 2014 [il y a fallu du temps !]).
Cela gâche un peu la lecture de ce texte digne de la littérature du dix-neuvième siècle finissant, avec des dialogues plein d’expressions d’époque et une intrigue expliquant la vie de deux enfants « illégitimes » : Marguerite, fille abandonnée par « l’amante » du comte, l’épouse adultère du « baron », et Wilkie, fils de la sœur du comte, déshonorée par son mauvais mariage. Et leur entourage va comploter pour récupérer le maximum des millions à héritage, d’abord par l’élimination de l’amoureux qui gêne le mariage forcé, en l’accusant de tricheur, puis en subornant la domesticité. Le « vicomte » et le « marquis » savent y faire…
L’auteur fait utiliser à ses personnages qui se défendent des procédés de copie déjà disponibles à l’époque : « photographie » d’une lettre et « reproduction » d’un reçu par « presse » chez un « papetier ».
Jusqu’au triomphe final : « […] elle dit quelle lutte elle avait accepté [sic] et soutenue, seule contre tous, forte de sa foi en Pascal et de son amour. » et en faisant grande confiance au « juge de paix ».
Fini le 28/03/2024
dimanche 24 mars 2024
La Clinique du docteur H. de Mary Higgins Clark
(1980, The Cradle Will Fall traduit de l'anglais États-Unis par Anne Damour, Le Livre de poche, 1982)
Le lecteur fait rapidement la connaissance du « docteur H. », spécialiste de la « fertilité » et adepte de “l’avortement”.
« Les femmes étaient prêtes à payer n’importe quoi pour être enceintes. »
Tout le suspense repose sur l’enquête policière et notamment les recherches du légiste, intrigué par le fœtus de type « asiatique », et amoureux de Katie, « procureur-adjoint », victime d’un accident de la route dès le début du livre. Son sort renforce le suspense, car l’« action de l’anticoagulant était rapide ».
Fini le 24/03/2024
vendredi 22 mars 2024
Balagan de Alexandra Schwartzbrod
(Stock, 2003)
« Balagan ? C’est le mot le plus utilisé dans ce pays [Israël]. Il signifie “bordel”, et il englobe tout, de l’embouteillage à l’Intifada… Dans le langage des jeunes Israéliens, et même des Palestiniens, il revient quasiment à chaque phrase… » notamment au moment des explosions dans les « pissotières ».
« Notre force ne vient pas des chars ni des F-16, elle vient de notre foi ! Nous avons porté la branche d’olivier de la paix pendant dix ans entre nos lèvres, mais cela n’a servi à rien. Dans la tête des Israéliens, la paix passe par le massacre des Palestiniens. »
Le policier, exclu par son commissaire, est un de ces « Arabes israéliens ».
« […] je veux la paix. Elle arrivera le jour où les Israéliens seront capables de se poser les bonnes questions : “D’où venons-nous ?” “Où allons-nous ?” et “Pour faire quoi ?” Et non : “Combien de mètres carrés allons-nous pouvoir gratter cette année encore en Cisjordanie et à Gaza ?” »
Les habitants de Jérusalem sont silencieux : « Les Juifs, comme les Arabes, étaient d’autant plus pétrifiés qu’ils étaient dans l’impossibilité de passer leur colère sur quiconque. […] ils ne pouvaient même pas se défouler en traitant de “sale Juif” ou de ”sale Arabe” celui qui avait perpétré ces attentats. D’un coup, le monde n’était plus binaire […]. »
Au bouclage de l’enquête, après sa réintégration, le policier est nommé commissaire.
« […] il aimait passionnément son boulot de flic et désespérément Jérusalem. Il se souvenait de ses premières semaines dans la police israélienne […]. […] ils s’étaient retrouvé tous — Juifs et Arabes, laïcs et religieux, colons et kibboutzniks — […]. Il avait découvert là […] que le fossé était peut-être aussi grand entre les Juifs eux-mêmes […]. Les colons haïssaient les kibboutzniks, les ashkénazes méprisaient les sépharades, les religieux se méfiaient des Russes… […] L’ennemi, ce n’était pas seulement lui, c’était tout le monde. »
Et maintenant… 20 ans après…
Fini le 21/03/2024
C'est exactement ça !
Les « économies » ne sont que du « Liquide congelé », comme l'indique cette définition.
Grille 7* finie le 22/03/2024
Gasa-Gasa Girl de Naomi Hirahara
(2005, Gasa-Gasa Girl traduit de l'anglais États-Unis par Benoîte Dauvergne, L'Aube noire, 2016)
L'intrigue a peu d'importance. L'intérêt de ce livre est de nous faire découvrir la vie des Japonais aux États-Unis. Plusieurs mots sont utilisés pour désigner leur appartenance :
« Issei » désigne les Japonais nés au Japon mais ayant émigré à l'étranger.
« Nisei » désigne les enfants des premiers émigrants nés à l'étranger.
« Nikkei » sont les Américains (États-uniens) d’origine japonaise.
Le terme « hakujin » (lit. “homme blanc”), utilisé par les Japonais, désigne spécifiquement les personnes de type europoïde (caucasien).
Les « Kibei » sont des enfants de Japonais nés aux États-Unis et retournés au Japon avant la Deuxième Guerre mondiale afin de parfaire leur culture ancestrale. Lors de l'entrée en guerre, ces enfants et adolescents furent coincés au Japon. « Mas Arai », le « jardinier » personnage principal du roman, a été l'un d'eux. Il se trouvait même à Hiroshima le jour de l'explosion de la bombe atomique.
Le meurtre de « Kazzy », celui qui voulait faire revivre le « jardin japonais », est-il le fait d’un opposant au projet, notamment son fils soucieux de l’argent dépensé, ou est-ce une conséquence d’une vieille querelle familiale ? Mas Arai sera le seul à pouvoir déchiffrer le « journal intime » écrit en « kanjis ».
Fini le 20/03/2024
lundi 18 mars 2024
Nuit blanche à Madras de Sarah Dars
(Les enquêtes du brahmane Doc, Picquier poche, 2000)
Les jumelles, à la demande de leur mère mourante, ont été prénommées « Fille du soleil », « Suryâ » et « Fille de la lune », « Chandrâ ».
Doc va mener l’enquête sur la disparition de Suryâ à « proximité du musée et du centre commercial » et dans « l’obscurité totale occasionnée en plein jour par l’éclipse ».
Dans ce livre, l’auteur nous présente les relations entre les diverses « castes » et leurs différences.
Notamment, les « convictions religieuses » d’une « secte shâkta ». « Il s’agissait de pénétrer les arcanes du Kulachûdâmani Tantra, texte sanskrit sur le rituel de l’adoration de la déesse [Kâlî]. »
Doc soupçonne un riche marchand, amateur de jolies filles, dont le père a des appuis politiques et auquel le commissaire ne veut donc pas toucher. Ce qui permet à l’auteur de faire un amusant parallèle entre les différentes significations en Inde du mot « intouchable ».
Fini le 18/03/2024
Dernière demeure de Patricia Wentworth
(Miss Silver, 1946, Pilgrim's Rest traduit de l'anglais par Bernard Cucchi, Le Grand Livre du Mois, 2004)
Les survivants de cette famille vivent tous dans la même vieille maison, avec des aides, majordome, femme de ménage, et une infirmière s'occupant notamment d'un rescapé de la guerre.
« Deux personnes sont décédées de mort violente, trois peut-être. Qui sera la prochaine ? Si pour vous la mort de votre frère était accidentelle, pensez-vous aussi que votre neveu aurait été, trois fois de suite, victime d’un accident ? […] Le troisième lui a été fatal. Si, dans tous ces malheureux événements, vous voyez la main du hasard, comment accepter le fait que, chaque fois, ils se produisent juste à temps pour empêcher la vente de la propriété ? »
Pendant que le commissaire et l’inspecteur de Scotland Yard enquête, Miss tricote… mais évidemment elle a déjà tout compris, sans vrais arguments pour les convaincre du coupable. Jusqu’à une visite surprise…
« Dès lors, tout avait volé en éclats. Ce n’est pas tous les jours que vous accueillez une personne décédée depuis trois ans. »
Fini le 17/03/2024
Les Feux du Talion de Andrès Serrano
(Nouveau monde éditions, 2023)
La lecture commence bien avec un style d'écriture agréable et puis tout se délite, l'histoire se noie dans ses aller-retours entre les chapitres du tueur et l'enquête de l'inspecteur, les fautes d'éditions s'accumulent (par exemple il manque des prépositions dans certaines phrases…).
Le personnage du « vengeur » est trop artificiel pour être intéressant. Il se choisit un nouveau nom « Haye Nekamah » dont le fils de l’inspecteur, « khâgneux », expliquera que c’est de l’hébreu.
« […] c’est un homme solitaire […]. c’est soit une vengeance diaboliquement élaborée, soit un sacrifice propitiatoire destiné à effacer une faute. […] La mort rachète le crime, selon la vieille tradition judaïque. »
Sa véritable identité est facile à deviner dès le début pour le lecteur, mais il faudra plusieurs vérifications de rapports d’autopsie pour découvrir que « le cadavre » à l’origine « faisait entre un mètre soixante-dix et un mètre soixante-douze avant de mourir et de finir carbonisé dans l’incendie. »
Et bien sûr, c’est une femme qui brûlera en dernier…
Fini le 14/03/2024
mardi 12 mars 2024
Intrigue au Kodokan de Charles Haquet
(Éditions du Masque, 2020)
Le « Kodokan » est le dojo créé par l’initiateur du « judo ». L’auteur tisse autour un complot au milieu de l’ère Meiji (hiver 1888) entre les « nationalistes » et des jeunes fervents de Bakounine.
Goro Miura : « Nationaliste jusqu’au bout des ongles, il rêvait d’un Japon glorieux, qui, à force de conquêtes, gagnerait l’admiration des étrangers, et notamment des Prussiens, dont il admirait la science militaire. » Personnage réel, cet ancien général fera parti de la société secrète, « l’Océan noir », et « jouera un rôle de premier plan dans la stratégie expansionniste du Japon ».
Jigoro Kano : « […] il se dévouera à l’éducation de la jeunesse. » « L’inventeur du judo » sera « le premier Asiatique à siéger au Comité international olympique. »
Quant au samurai, pour lui, « il était temps de quitter cette ville ».
Fini le 12/03/2024
lundi 11 mars 2024
Nous ne négligerons aucune piste de Lucien Nouis
(Une enquête du commissaire Bordarier, Éditions du Masque, 2020)
Ce premier livre nous présente des policiers un peu hors de l'ordinaire : « Le commissaire Émile Bordarier », soucieux pour sa fille, « Chögyam Namgyel, moine bouddhiste reconverti dans la PJ » et « la mystérieuse Vera Cordelle, nouvelle venue » dans l’équipe.
Tout commence par la découverte du « cadavre à demi carbonisé d’une jeune femme » et le commissaire va arpenter ce village nîmois pour essayer de comprendre les conflits entre le maire et les « yourteurs » et où sont passées une puis deux jeunes femmes disparues.
« […] il n’était décidément pas impossible que le maire ait cherché à offrir de l’argent aux yourteurs pour les faire dégager du terrain destiné au zoo. »
Et quel est l’intérêt du directeur de la « clinique » à soutenir ce projet ?
Le commissaire envisage toutes les possibilités, faisant même le déplacement en Italie et en Bretagne.
« […] il y a le cercle tautologique, la projection de soi sur les données de l’enquête. C’est le danger. Mais l’autre danger, c’est qu’on ne sait jamais quand on projette. Le pire, ce serait de se dire qu’on projette et de ne pas poursuivre. […] Nous-ne-né-gli-ge-rons-au-cu-ne-pi-ste. »
L’écoute des téléphones révèlera l’importance du fleurisseur…
Fini le 10/03/2024
La prière de l'assassin de Ariana Franklin
(pseudonyme de Diana Norman, 2010, The Assassin's Prayer traduit de l'anglais par Jean-François Merle, 10/18, 2018)
Mansur veut faire comprendre à Adelia que c’est elle qui est visée.
« — […] Un cheval ingère du poison, un javelot fauche un chevalier pendant une partie de chasse, une femme se noie. — Personne ne pourra croire que je les ai tués. Chaque fois j’étais ailleurs. — Inutile que tu aies été sur place. Tu as manigancé les coups. […] on va jaser, parler de sorts. […] Sorcellerie. » « Toujours, toujours depuis qu’elle avait quitté Salerne […] la superstition collait à ses trousses, la contraignant, pour exercer ses talents au profit d’autrui, à se dissimuler derrière des stratagèmes usants qui l’écœuraient. »
Toute l’intrigue et le suspense reposent sur les apartés du meurtrier (sa “prière” de le venger à son amour tué), ses raisons, ses combines et sous quelle identité il se cache dans la suite de la princesse Jeanne devant rejoindre son futur mari à Palerme.
Pendant ce périple, l’auteur nous régale avec ses descriptions de personnages particuliers, des conflits entre « hommes d’église », entre « médecins », etc. bien aidée par la délicieuse traduction. Quelques exemples.
« […] l’abomination cathare cessera-t-elle un jour ? Que deviendrions-nous, malheureux prêtres apostoliques que nous sommes, si le bas peuple se mettait à écouter la Sainte Parole dans son propre langage ? »
« Si elle en réchappe [la princesse opérée de l’appendicite], elle sera imparfaite, vous voyez ? Marquée dans sa chair par une intervention non consacrée. Une marchandise endommagée, si vous préférez. Le prince Guillaume pourrait la répudier […]. »
« L’évêque de Saint-Albans, coincé comme une branche de céleri entre les deux citrouilles qu’étaient l’évêque de Winchester et le légat du pape, parcourait du regard l’assemblée de la nef dans l’espoir de repérer sa femme. Ou tout au moins la créature qui en voulait à la vie d’Adelia. »
Fini le 7/03/2024
mardi 5 mars 2024
L'Étrangleur d'Édimbourg de Ian Rankin
(Série Inspecteur John Rebus, 1987, Knots and Crosses traduit de l'anglais Écosse par Frédéric Grellier, Le Livre de poche, 2004)
La traduction bancale ne permet pas de vraiment apprécier cette histoire des débuts de l'inspecteur.
Alors « inspecteur-adjoint », il doit participer à l’enquête sur les meurtres de « gamines ». Il reçoit des lettres anonymes à son nom avec des « indices » (nommés par le titre en anglais “nœuds et croix”) pour l’aider à comprendre que c’est lui qui est visé, ce qu’il ignore jusqu’à l’appel téléphonique d’un professeur fervent des mots expliquant : « En acrostiche […] ces noms en forment un autre […]. »
Son frère, Michael, ayant appris de leur père « l’hypnose », va l’aider à retrouver son passé dans l’armée.
Fini le 4/03/2024
Le Club des policiers yiddish de Michael Chabon
(2007, The Yiddish Policemen's Union traduit de l'anglais États-Unis par Isabelle D. Philippe, Robert Laffont, Pavillons, 2008)
Le personnage du policier soulaud, indiscipliné, soupirant après son ex-femme, etc. est parfaitement banal, presque éculé.
« Il s’est déjà excusé plusieurs fois auprès d’elle […], de son comportement erratique, de ses crises de mélancolie et de ses cuites, du cercle de ses années d’exaltation et de désespoir. Il s’est excusé de l’avoir quittée, et de l’avoir suppliée de le reprendre […]. »
Mais le contexte de cette histoire dans une enclave de l'Alaska peuplée de réfugiés russes juifs est vraiment intéressant. La traduction respecte autant que possible le langage de ses habitants, que ce soit les natifs, « Tlingits », les juifs parlant yiddish (avec un glossaire), ou ceux utilisant « l’anglo-américain ».
L’enquête sur le “complot” pour faire sauter le temple de Jérusalem a peu d’importance, mais permet de présenter l’attachement des juifs à la croyance dans la venue du « Messie ».
« Il m’a raconté [au vieux joueur d’échec] son histoire. Comment Litvak le poussait à jouer de nouveau au tsaddik* pour embringuer les chapeaux noirs. Comment il s’était caché de Litvak, mais il était fatigué de se cacher, toute sa vie il s’était caché. […] Il ne savait pas quoi faire. Il ne voulait pas continuer à se camer, il ne voulait pas arrêter. Il ne voulait pas être ce qu’il était, il ne savait pas comment être ce qu’il était. »
Fini le 2/03/2024
* Tsaddik Ha-Dor : « Le Juste de sa génération », un messie potentiel.
L'Apothicaire et la Taverne du diable de Deryn Lake
(Série John Rawlings, 1996, Death at the Devil's Tavern traduit de l'anglais par Jacqueline Lenclud, Éditions du Masque, Labyrinthes, 1998)
« […] ce fut par un pur hasard que [John] qui séjournait à l’auberge ce soir-là, découvrit le corps ; en l’examinant, il constata sur le crâne la marque d’une tête de renard. Sans cette trace, le meurtre de votre père, employeur, beau-frère, serait passé inaperçu. » résume Mr Fielding.
« […] dès qu’il commença son enquête, il se heurta à un embrouillamini inextricable de mensonges, fourberies, demi-vérités. Chacun, semblait-il, avait quelque chose à cacher. »
« Il était patent […] que sir William avait été assassiné le soir qui précédait le mariage projeté […]. » Car il prévoyait de modifier son testament, bien sûr.
Fini le 28/02/2024