mercredi 28 juin 2023

Au nom du Roy de Patrick Caujolle

(Éditions La Bouinotte, 2019)

Ce livre est sous-titré « roman historique », mais l’auteur ne fait que ressasser les massacres, tueries, violences, saccages dans l’affrontement entre Républicains et Royalistes, sans rien apporter de plus à cette période de 1793, à part se complaire dans la description des amourettes du « jeune chirurgien ». C’est lassant à lire.

Dommage, l’écriture est toujours aussi recherchée.
« […] cette révolution qui faute d’Être suprême n’avait engendré que des êtres infimes, que des gnomes déliquescents de bestialité et de déchéance. »
« Parfois, le mot “inhumain” lui venait à l’esprit. Un mot qu’il n’aimait pas, qui selon lui ne voulait rien dire. Comment qualifier d’inhumain ce qui précisément était fait par l’homme, se disait-il, comment associer à l’évolution d’une espèce une minutie d’horreur que le plus terrifiant des prédateurs n’aurait pu imaginer ? »
« Jamais je n’ai eu confiance en ces intrigants de salons, en ces soldats qui préfèrent mettre la poudre au-dessus de leurs cheveux plutôt qu’au bout de leurs canons. […] Nous sommes dans une guerre de racines, de principes et d’instinct quand ils se complaisent dans des luttes de politiques et d’ambition. »

Fini le 27/06/2023

Haut les mains, Miss Seeton ! de Hamilton Crane

(pseudonyme de Sarah J. Mason, 1992, Hands Up, Miss Seeton traduit de l'anglais par Katia Holmes, 10/18, 2000)

Une histoire aussi embrouillée que la façon de parler de Miss S.

« […] cependant il ne m’a pas frappée comme étant le genre de personne à tirer sur le chat du voisin, comme quelqu’un l’a fait ce matin […]. D’après ce que m’a raconté Mr. Potter ce matin. […] Il m’a raconté une histoire très amusante […] à propos d’un automobiliste avec un pigeon voyageur qui s’était trouvé à court d’huile, je crois, sur une autoroute… la voiture de l’homme, bien sûr, pas le pigeon, quoique Mrs. Ongar m’ait appris que, par temps froid, on peut donner une goutte d’huile aux oiseaux, ou de la graisse pour la chaleur. »

Fini le 26/06/2023

Carole, je vais te tuer ! de Franck Linol

(Geste éditions, Le geste noir, 2012)

Ce livre est un parfait exemple de roman nul. Les personnages, « Alex » et « sa » « Carole » sont dessinés à traits tellement grossiers qu’ils en perdent leur humanité, mais permet à l’auteur de bâtir un semblant d’intrigue.

« Carole ne l’aimait plus. C’était le cœur de la centrale qui était touché. Des dégâts irréversibles. Sa seule présence la faisait vaciller, lui tordait les tripes, lui comprimait la poitrine, lui asséchait la bouche. Peut-être lui faisait-il horreur et l’exécrait-elle… Pour Carole, il était devenu un être effrayant, abject, détestable, repoussant. Un monstre qu’il fallait bannir de cette campagne perdue dans la brume. » Toute cette emphase pour la simple séparation d’un couple… après vingts ans de vie commune. La lassitude ça finit par arriver, mais cette grandiloquence permet à l’auteur de justifier la mise en scène du meurtre.

Fini le 24/06/2023

Henry Dunbar de Mary Elizabeth Braddon

(Histoire d'un réprouvé, 1864, Henry Dunbar, The Story of an Outcast traduit de l'anglais par Charles Bernard Derosne avec l'autorisation de l'auteur, édition revue et corrigée, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 2003)

Cet auteur, digne des meilleurs feuilletonistes de son siècle, développe ces histoires de vengeance, de haine, d'amour… avec le style de l’époque.

« Si Dunbar avait été un être mourant de faim, qui eût levé son bras décharné pour frapper son frère opulent pour un morceau de pain tous les agents de police eussent été comme des chiens à la piste de ses pas furtifs. Mais l’homme soupçonné avait toutes les vertus suprêmes comprises dans des millions, la justice revêtait son plus épais bandeau, et les agents, si habiles pour traîner un malheureux de basse extraction au gibet, se tenaient à distance et disaient avec respect : “Mr Dunbar est un homme trop haut placé pour s’être rendu coupable d’un crime diabolique.” »

L’attachement filial viendra à bout de la supercherie.

Fini le 23/06/2023

Le Sceau de Vladimir de Elena Arseneva

(Les enquêtes du boyard Artem, 10/18, 1997)

La postface est la seule lecture intéressante de ce livre, présentant un résumé de la naissance de la « Rusʹ de Kiev » et sa situation au XIe siècle.

Par contre, l’histoire est trop mal montée pour retenir l’attention, les personnages — le « boyard » et ses « Varlets » — n’ont aucune consistance, quant à la « sorcière » elle ne sert que de support aux croyances sur ce « lieu maudit » abritant un « trésor ».

L’écriture donne l’impression d’être un peu bâclée, par exemple, lors d’un repas : « Il y avait là aussi un chaudron rempli de pommes de terre cuites à la vapeur […]. » … des « pommes de terre » au XIe siècle en Europe…

Fini le 20/06/2023

Descente fatale de Ngaio Marsh

(Série Roderick Alleyn, 1941, Surfeit of Lampreys traduit de l'anglais par Sophie Dalle, 10/18, 1997)

Au fil des interrogatoires, les mouvements de « l’ascenseur » prennent de l’importance « par rapport aux cris ».

Les « Lamprey » (père, mère, fils ainé, fille ainée, jumeaux et cadets), dont les « excès » donnent le titre original de ce livre, vivent et racontent à leur manière, entre véracité et invention, la mort de « l’oncle ». L’attachement de Roberta, « coloniale » débarquant de sa Nouvelle-Zélande natale, lui donne des idées pour les protéger.

Fini le 19/06/2023

dimanche 18 juin 2023

Les Dessous de l’affaire de Julian Symons

(1978, The Blackheath Poisonings traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, J’ai lu, Policier, 1983)

« Durant la dernière décennie du XIXe siècle », le puritanisme victorien provoque la mort par empoisonnement ou condamnation au gibet.

« Si jamais femme mérita la prison […] c’est bien celle-là. Mais aussi répugnante qu’elle me paraisse, je suis prêt à jurer qu’elle n’a pas commis le crime dont elle est accusée. »

Mais la mort de son mari va lui permettre de sortir de prison.

Fini le 16/06/2023

Un bon petit gars de Olivier Mau

(Fleuve Noir, 1998)

L'histoire de « Hippolyte », jeune “bourgeois parisien” mal éduqué qui se comporte en « voyou », aurait été intéressante, mais l’écriture de ce livre n’est qu’un indigeste salmigondis.

Au début le narrateur est ce jeune, puis l’auteur passe à la forme impersonnelle entrecoupée de « je ». Les policiers sont tellement caricaturés et caricaturaux que leurs interventions brutales et infondées sont à vomir.
« Homosexuels endurcis, les deux hommes vivaient ensemble depuis leur première rencontre. Dans le pavillon de Bartok, qui menait la danse. Ils faisaient tout l’un comme l’autre. » etc.

Ce qui aggrave le dégoût à la lecture de ce livre, ce sont les erreurs d’édition, par exemple à l’arrivée au restaurant de luxe : « Les portes ont fini par s’ouvrir et, accueillis par un maître d’hôtel en livrée, nous parvînmes le seuil d’un nouveau vestibule. »

Enfin fini le 14/06/2023 direction le Passe-livres

Une sacrée sarbacane de A.A. Fair (Erle Stanley Gardner)

(Série Cool-Lam, 1958, The Count of Nine traduit de l'américain par Jacqueline Sourré, Le Masque, 1993)

Un détective de bon conseils :
« Avez-vous pris une fléchette et tenté de l’envoyer grâce à la sarbacane jusque dans l’étagère, pour voir de combien elle s’enfoncerait ? »
« Sous prétexte que vous avez vu une sarbacane et des fléchettes, vous avez immédiatement conclu que la première avait servi à tirer les secondes. »

L’intrigue est moins bien construite et les personnages moins intéressants que dans la « série Perry Mason ».

Fini le 13/06/2023

L'amour du mal de Dick Francis

(1995, Come to Grief traduit de l'anglais par Évelyne Châtelain, 10/18, 1998)

L'histoire est parfaitement bien montée pour ménager un suspense intéressant. Le livre commence par le procès du coupable des mutilations des chevaux, puis le narrateur raconte comment il l'a découvert.

Il y a beaucoup de scènes de violence notamment envers l’enquêteur (main artificielle abimée, bras cassé, poitrine trouée, etc.).
« Mieux que personne, Ellis comprenait ce que la perte d’une main avait signifié pour moi et il avait essayé de m’infliger la punition la plus sévère qu’il pût imaginer car j’avais osé le dépouiller de son bien le plus précieux : sa gloire universelle. »

« Ellis a des défauts, mais ce n’est pas un meurtrier. […] Ce besoin de faire du mal… »

Fini le 12/06/2023

La Sonate interdite de Taiping Shangdi

(pseudonyme de Olivier Seigneur, Série Sourcil de Paon, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

« […] les eunuques [avaient] décidé d’y ranger les objets et les livres qui témoignaient de l’ancien intérêt des souverains pour les sciences, les techniques, les arts et les savoirs des pays lointains, dont les prêtres n’étaient plus, depuis longtemps, accueillis à la cour. […] jusqu’à ce que Sourcil de paon se prît à suivre une colonne de fourmis […]. »

L’auteur nous relate les peurs de la « dame de cour » en nous décrivant tous les rituels de la vie dans la « Cité interdite » à la « fin du XIXe siècle ».

Fini le 10/06/2023

vendredi 9 juin 2023

L'Incendie de San Francisco de Dianne Day

(Série Fremont Jones, 1997, Fire and Fog traduit de l'anglais par Florence Vuarnesson, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1998)

Dans cette histoire, « Fremont Jones » montre sa capacité de résistance aux aléas de la vie, tremblement de terre, incendie, hébergements précaires, menaces, etc. et à des nouveaux moyens de se déplacer, voiture « Max », nage…

« Il y avait une sorte de dureté, d’inflexibilité chez moi qui n’existaient pas avant. Comme si les incendies de San Francisco avaient brûlé en moi les endroits mous et m’avaient trempée comme de l’acier. »

De retour, Meiling lui raconte : « J’ai une nouvelle vie maintenant, qui n’aurait pas été possible sans ton aide ; j’ai donc une dette envers toi, dont je dois m’acquitter au nom de l’honneur. »

Fini le 8/06/2023

Un verbicruciste confiant…

… dans les capacités du cruciverbiste.
La réponse à « Pour vous qui trouvez tout, ce sera facile. » ne peut être que « Geo ».

Grille 7* finie le 7/06/2023

La Mort de Clara de Thierry Bourcy

(éditions du Masque, 2015)

Un livre décevant. Le narrateur est un personnage tellement caricaturé en idiot peureux que l’histoire perd tout son intérêt. Il oublie régulièrement ses clés en sortant de chez lui, tait sa trouvaille d’une « clé USB » à la police, se laisse enjôler par n’importe quelle « jolie fille », etc.
« […] je jouais le rôle misérable de la victime promise à la fin la plus atroce. »

Poursuivi par le criminel, il est incapable de réfléchir à sa sauvegarde et préfère se réfugier dans les “jupons” de « l’inspecteur ».
« […] ce type n’était pas répertorié dans les fichiers de la police, il travaillait donc pour quelqu’un d’important qui ne voulait laisser aucune piste derrière lui. »

Évidemment il croira et suivra celle qui « m’attira vers elle, mit sa main sur ma nuque et appliqua mes lèvres sur les siennes. »
« C’était la première fois que je me faisais draguer aussi effrontément par une jeune femme. »

Heureusement pour lui, les policiers sont plus intelligents !

Fini le 7/06/2023

Les Grands détectives n'ont pas froid aux yeux de Kyotaro Nishimura

(1977, 名探偵なんか恐くない traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, Clancier-Guénaud,1988)

L'auteur met en scène les détectives les plus connus de la littérature, « Maigret, Ellery Queen, Hercule Poirot » et « Gogoro Akechi » le « héros » de l’écrivain Edogawa Ranpo.

Évidemment, ils trouveront le coupable et donneront leurs explications en fin de livre, chacun à sa manière.

Fini le 6/06/2023

La Ritournelle du démon de Seishi Yokomizo

(1957, 悪魔の手毬唄, Akuma no Temari Uta, traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Picquier poche, 1995)

La « ritournelle » inspire la mise en scène des meurtres. Par exemple, pour le premier meurtre :
« Comme dans la ritournelle, il avait fait boire à la fille du boisselier l’eau de la cascade à l’aide d’un entonnoir après l’avoir mesurée, mais en réalité, la jeune fille avait d’abord été étranglée. »

Mais le « célèbre détective » trouvera le coupable en décryptant l’ancien crime de « 1932 » et ses conséquences sur la vie des enfants du village en « 1955 ».

Une agréable lecture mais qui demande de bien mémoriser les noms et comprendre les coutumes du Japon.

Fini le 5/06/2023

Déjà lu&rendu :
La hache, le koto et le chrysanthème

Un auteur égrillard…

… qui a trouvé une amusante définition pour un mot cru.
« Ce que les hommes ont de “popaulaire” ? » c’est « quéquette ».

Grille 7* finie le 6/06/2023

samedi 3 juin 2023

L'affaire Creutzwald de Thierry Berlanda

(De Borée, Marge Noire, 2018)

Ce texte aurait dû subir une bonne correction pour compenser les à-peu-près de l'auteur, notamment les incohérences dans l'action. Un exemple :
« Elle [Aurélie] sort du Kangoo. », paragraphe suivant « Aurélie garde les mains crispées sur son volant. », puis l’amie arrive « Elle ouvre la portière d’Aurélie d’un geste vif […]. » etc.

Cela rend la lecture de ce livre particulièrement pénible, bien que l’intrigue bâtie sur des mystères aurait été intéressante à découvrir.
« […] une affaire avec au moins un mort sans cadavre, une ambulance conduite par un fantôme qui s’évapore en route, et des éclairs que tout le monde voit et dont personne ne cherche la cause. »

Fini le 3/06/2023

Un doigt de porto de Tony Aspler

(Death of the Douro traduit de l'anglais par Dominique Dupont-Viau, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Cette histoire aurait pu être intéressante avec les réflexions de l'œnologue, mais c'est mal monté, avec une écriture plate, morne, alors que le traducteur a fait ses preuves avec la série Miss S.

Il est donc difficile d'entrer dans l'intrigue de cette concurrence entre les deux producteurs se disputant une parcelle de vignoble, pour cause de grotte.

Fini le 31/05/2023

En dernière analyse de Amanda Cross

(pseudonyme de Carolyn Heilbrun, Série Kate Fansler, 1964, In The Last Analysis traduit de l'anglais par Frank Reichert, Rivages/Mystère, 1997)

Cet auteur utilise un style d'écriture alambiqué qui rend humoristique cette histoire de meurtre sur le « divan d’un psychanalyse ».

« — Janet lègue son argent à Messenger, Messenger a connu Michael Barrister autrefois, et Michael Barrister a installé son cabinet en face de celui d’Emanuel. C’est sublime, Reed ! »
« — Je sais que c’est sublime. L’espace, du moins, d’une brève, fulgurante, éblouissante seconde. Mais, une fois que tes oreilles ont cessé de bourdonner, et que tu commences à réfléchir un tant soit peu, ça reste certes toujours aussi sublime, mais ça ne signifie strictement rien. »

Fini le 30/05/2023

La Prudente pin-up de Erle Stanley Gardner

(Série Perry Mason, 1949, The Case of the Cautious Coquette traduit de l'américain par M.-B. Endrèbe, J'ai lu, Policier, 1987)

La « coquette » va compliquer le sort de l’avocat en refusant de lui répondre et de lui faire confiance.
« Vous êtes une drôle de petite rouée […]. Je ne sais pas quel piège vous êtes en train de me tendre, mais je ne m’y laisserai pas prendre. »

Mais il se ravisera en la représentant devant le juge pour éclaircir tous ces mensonges, sur les « accidents » automobiles et leurs chauffards (chauffeurs) qui n’en sont pas forcément. Évidemment pour une question de gros sous pétroliers…

Fini le 28/05/2023

La Nuit des blouses grises de Jean Contrucci

(Les nouveaux mystères de Marseille, JC Lattès, 2018)

Les « blouses grises » sont la tenue des « conducteurs de bestiaux ».
« […] une ample blouse grise en toile épaisse descendant jusqu’à leurs godillots ferrés et un passe-montagne en laine marron avec visière ne laissant apercevoir de leurs visages que leurs yeux. »
Pendant l’attaque du train, cette tenue servira à dissimuler les voleurs. Mais le “chef” finira par se faire remarquer en faisant assassiner ceux qui l’ont aidé.

Tout se terminera avec la famille réunit au « cabanon ».

Fini le 27/05/2023

Les Étranges Dossiers de Fremont Jones de Dianne Day

(Série Fremont Jones, 1996, The Strange Files of Fremont Jones traduit de l'anglais par Jean-Pierre Massias, Librairie des Champs-Élysées, Labyrinthes, 1997)

Un personnage bien campé qui promet une lecture intéressante de cette série.
« Je taperai avec plaisir pour un Chinois, de la même façon que je le ferais pour un Italien, un Suédois, un Allemand ou n’importe quel Américain fût-il Nègre ou Indien. »
« J’avais peut-être été injuste avec Justin Cameron […]. Mais personne ne réussirait à me faire changer d’avis, par rapport à mes clients, et à mon travail. […] j’aurais toujours le sentiment que si je me taisais comme il sied à une dame (combien je haïssais ce terme, à fausse consonance aristocratique !) de mon milieu, je devenais une hypocrite. »

Les descriptions de la ville de San Francisco, « an de grâce 1905 », sont à voir.
« Les immenses maisons prétentieuses des chevaliers d’industrie, et des hommes d’affaires respectables, s’alignaient côte à côte. […] C’étaient de véritables salmigondis, sur fond d’exubérances victoriennes. »

Fini le 24/05/2023