lundi 29 janvier 2018

La méthode du crocodile de Maurizio De Giovanni

(traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Fleuve Noir, 2013)

« Il réfléchissait à la simplicité de cette pulsion, à la pureté extrême du sentiment le plus humain qui fût : la soif de vengeance. »

Une construction si précise qu’il faut un peu de temps pour repérer les chapitres de l’histoire passée qui a déclenché cette vengeance du père. Le coupable s’en explique dans ses « élucubrations d’une âme dévoyée par la souffrance ».

Fini le 29/01/2018

Lignes de fuite de Val McDermid

(2012, traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot, éditions J’ai lu, 2016)

« Quand les hommes invoquaient l’instinct, on les prenait au sérieux, les femmes, elles, étaient condamnées à “l’intuition féminine”, comme s’il s’agissait de quelque chose d’inférieur. »

De beaux portraits de femmes, des personnages bien construits, vivants, même coupables de meurtres bien dissimulés.

« On ne peut pas tuer quelqu’un qui est déjà mort. »

Fini le 28/01/2018

Déjà lu & rendu :
Quatre garçons dans la nuit, Noirs Tatouages, Comme son ombre

Le châtiment de l'au-delà de Peter Tremayne

(Série Sœur Fidelma, 2002, traduit de l’anglais par Hélène Prouteau, 10/18, 2008)

Les louanges des lois de l’Irlande de l’époque sont fondées dans la bouche de la sœur mais pénible pour le moine saxon (et pour le lecteur), même si elle déjoue cette fois encore les conflits provoqués par un faux frère déguisé en apothicaire et les apparitions de la fille déguisée en gauloise.

Fini le 26/01/2018

Phénomène connu

La définition « Le bruit du silence » représente bien la sensation de ceux qui en ont au pluriel : « Acouphène ».

Grille 5/6* finie le 25/01/2018

Le voyeur du Yorkshire de Peter Robinson

(Une enquête de l'inspecteur Banks, 1987, traduit de l’anglais par Jean Esch, Le Livre de poche, 2007)

Une mutation pour l’inspecteur dans une petite ville plus agitée que prévu : un voyeur bon photographe, un ado cambrioleur avec un père trop protecteur et des réflexions sur les relations humaines.

« Vous nous habillez telles que vous voulez nous voir, vous créez l’image de nous que vous désirez et ensuite vous avez le culot de nous accuser de provocation ! »

« […] il ne pourrait jamais pénétrer le lien qui les unissait, Jenny et elle, et qui l’excluait, simplement parce qu’il était un homme. Elles avaient toutes les deux été victimes, et lui appartenait au sexe qui avait le pouvoir de les humilier. »

Fini le 25/01/2018

Double piège de Harlan Coben

(traduit de l’anglais États-Unis par Roxane Azimi, Belfond, 2016)

Par le maître du suspense-qui-s’avale-sans-respirer, l’histoire de ce militaire coupable de bien des morts et qui finit de même pour éclairer les actes d’un assassin.

Fini le 24/01/2018

Déjà lu & rendu :
Ne le dis à personne

mardi 23 janvier 2018

Subtile définition

La définition « Il en sort des gens mécontents. » est bien imaginée-imagée pour « Gonds ».

Grille 6* finie le 23/01/2018

L' étrange affaire du cadavre souriant de Miguel Miranda

(1998, traduit du portugais par Vincent Gorse, Éditions de l’Aube, 2014)

Ce personnage de détective, accro à ses souvenirs de révolutionnaire, présente peu d’intérêt, sa suffisance exaspère assez vite.

« Un autre de mes dons est de ne pas avoir besoin d’employer la force. Une espèce de démangeaison me parcourt les phalanges, qui doit transmettre la promesse d’une terrible menace […]. »

« Moi, le grand Mario França, un des meilleurs détectives du monde, prêt à dévoiler les moindres détails […]. »

« Et moi, le grand Mario França, je me suis éloigné à petits pas, fatigué par mon épuisante prestation […]. »

Et sa capitulation devant l’inévitable “belle rousse” : « Une promesse à laquelle je m’efforçais de croire, pour être en paix avec conscience. »

Le manque d’intérêt pour la lecture de ce livre est aggravé par trop d’erreurs de texte.

Fini le 23/01/2018

Justice soit-elle de Marie Vindy

(Sang neuf, 2017)

Déborah, avocat, et Laurine, enfant de 11 ans, bousculent les faits et obligent la justice à voir la vérité dans l’assassinat de ces femmes.

Fini le 21/01/2018

Déjà lu & rendu :
Cavales, Une femme seule

Le nénuphar hybride de Anthony Eglin

(2007, traduit de l’anglais par Marie-Josée Lacube, Éditions de Fallois, 2007)

Le professeur risque sa vie pour retrouver son ami, potentiel inventeur d’un système de désalinisation de l’eau de mer, et tous deux échappent heureusement à la mafia russe.

Fini le 20/01/2018

vendredi 19 janvier 2018

J'irai cracher dans vos soupes de Danielle Thiéry

(Éditions Jacob-Duvernet, 2010)

Une ironique et amusante histoire où un criminel adepte du parfait grimage ridiculise des chefs “étoilés”, au nom à peine déguisé, devant un parterre de personnalités politiques ; et réussit à s’en sortir indemne.

« Quand vous arrivez tout en haut, là où en principe vous devriez avoir le vertige et envie de redescendre sur terre, c’est le contraire qui se produit. […] Le pouvoir vous rend serviles quand vous pensez être dominateurs. Vous en perdez le sens des valeurs et, surtout, le sens des autres. […] Et soudain, vous trouvez normal que les autres acquiescent à ce qu’en d’autres temps et pour d’autres que vous, ils condamneraient. »

Fini le 19/01/2018

Black-out de John Lawton

(1995, traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière, 10-18, 2015)

La lecture de ce livre est sans intérêt  : absence d’intrigue, personnages pas assez construits… le comportement du lieutenant ne suit que la logique de ses faiblesses féminines avec enfilage de clichés sur ces personnages de femmes. La fin est évidemment celle attendue, coupable enfin arrêté et femme retrouvée.

Fini le 13/01/2018

Noces de glace de Mikaël Ollivier

(Albin Michel, 2006)

« […] cet homme dont il s’était fait si facilement un ami, ce lieutenant qu’il avait trahi et dont, aujourd’hui, il envie l’optimisme, la simplicité et la place légitime dans le monde. »

Une histoire sans suspense, des personnages pas assez fouillés, la fin du coupable maréchal des logis se devine trop vite. Tout ça est trop sirupeux.

Fini le 11/01/2018

Un chien dans la soupe de Stephen Dobyns

(1985, traduit de l’anglais par Philippe Rouard, Gallimard Folio policier, 1993)

« Il devait trouver le lieu qui convenait à Jasper, le foyer qu’il méritait. Où l’avait-il emmené jusqu’ici ? Chez les chercheurs, les arpenteurs de la psyché, et ils n’avaient pas voulu de lui. Chez les fourreurs […] les cuisiniers […] les ambiances du corps […]. Il l’avait même enterré […] c’était la terre qui l’avait recraché. »

« Il pouvait accepter sa culpabilité, l’ingérer, la digérer. Et ce n’était que par cet espoir et ce désir d’autonomie qu’il pourrait se libérer de Jasper. »

Parcouru et fini le 11/01/2018

mercredi 10 janvier 2018

La voix secrète de Michaël Mention

(10-18, 2017)

« Je n’ai mené qu’un combat, celui de me préserver de votre morale, de votre roi et de votre dieu. »

Les derniers jours du mythique criminel, Pierre-François Lacenaire, au milieu des remous des attentats contre le roi Louis-Philippe.

Fini le 9/01/2018

Nuit sans lune au Waziristan de Saqib Mausoof

(2016, traduit de l’anglais Pakistan par Benoîte Dauvergne, Éditions de l’Aube, 2017)

« J’avais passé vingt ans de ma vie à reconstituer les circonstances de sinistres qui avaient détruit des usines ou des entrepôts, et voilà que je me trouvais sur les lieux d’un bombardement au moment où il se produisait. À la différence que […] les gens ne déposeraient pas plainte contre Dieu ni le gouvernement. » « Il est inutile de se croire moralement supérieur en enfer. »

L’odyssée de cet enquêteur en assurance nous fait visiter l’état des guerres dans ce pays ravagé.

Fini le 9/01/2018

Mort postiche de Mehmet Murat Somer

(2004, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, Éditions du Masque, 2012)

Au milieu de tous ces travestissements, une femme décide de tuer ceux dont elle en suspecte.

La traduction des jeux de mots turcs rend parfaitement en français.

Fini le 8/01/2018

Une heure de ténèbres de Michéle Rowe

(une enquête de Persy Jonas, 2015, traduit de l’anglais Afrique du Sud par Esther Ménévis, Albin Michel, 2017)

« Persy réfléchit à tout ce qui avait mal tourné parce que, à cause de la campagne “Une heure pour la planète”, Axe et Mandisa s’étaient trompés de maison. »

Dans cette histoire de cambriolage non prévu qui tourne mal et de disparue qui réapparaît, le bébé hippopotame égaré joue finalement son rôle.

Fini le 6/01/2018

jeudi 4 janvier 2018

Small world de Martin Suter

(traduit de l'allemand par Henri-Alexis Baatsch, Christian Bourgois éditeur, 1998)

Les égarements dans ses souvenirs d’un vieil homme atteint de la maladie d’Alzheimer permettent de découvrir un meurtre passé et de dénouer un imbroglio d’enfants.

Fini le 4/01/2018

Comme de longs échos de Elena Piacentini

(Fleuve éditions, 2017)

L’ancienne enquête sans conclusion permet d’élucider l’actuelle : mère tuée, bébé enlevé, pour une folle mythologie de renaissance façon Osiris.

Ce livre est du même style, typologie des personnages, écriture, que ceux d’Élisa Vix.

Fini le 3/01/2018

Le trésor d'Istanbul de Jason Goodwin

(traduit de l’anglais par Fortunato Israël, Plon, 2008)

Tous ces morts pour des reliques restées dans la légende de la Conquête, mais la vengeance d’une femme déçue a le dernier mot.

« [Elle] pensait que le mythe était vrai […]. Jusqu’au moment où elle a découvert que la réalité était un mythe. »

Une construction toujours aussi embrouillée que la lourdeur de la traduction amplifie.

Fini le 2/01/2018

>>> Malgré le désagrément du style, je poursuis cette série car ces histoires ottomanes sont intéressantes.

lundi 1 janvier 2018

Trois souris aveugles de Mikaël Ollivier

(Albin Michel, 2002)

Un informaticien à l’esprit juvénile est entrainé dans une poursuite sur des webcams par une policière schizophrène ; beaucoup trop de morts absurdes, mais l’intrigue est bien montée et l’écriture est agréablement légère.

« Depuis trois jours, sa vie était au-dessus de ses forces. »

Fini le 31/12/2017

Clandestines de Zoë Ferraris

(traduit de l’anglais États-Unis par Françoise Rose, Belfond, 2014)

Cette histoire nous en montre plus sur la justice saoudienne, la main tranchée au voleur le pousse à devenir un tueur en série à mise en scène religieuse.

L’auteur émaille son texte de prières nous plongeant encore plus que dans ses précédents livres dans la pensée islamique.

« Ô Allah, je m’en remets à Toi, je me tourne vers Toi, je Te confie toutes mes affaires, afin que Tu me gardes en sécurité par le pouvoir de la foi, que Tu étendes Ta protection devant moi et derrière moi, sur ma droite et sur ma gauche, au-dessus de moi et au-dessous de moi, et que Tu éloignes le mal de moi par Ta force et Ta puissance, car en vérité, il n’y a pas d’autre force et d’autre puissance que Toi… »

Fini le 30/12/2017

Meurtres en réserve de Eugenio Fuentes

(1999, traduit de l’espagnol par Anne-Marie Meunier, Gallimard La Noire, 2003)

Le(s) coupable(s) sont évidents dès le début, mais l’histoire présente les personnages de façon intéressante.

« On a tous plus de mémoire pour les offenses qu’on nous fait que pour les faveurs qu’on reçoit […]. »

Beaucoup d’erreurs d’édition choquent la lecture : mauvais nom du protagoniste, mots manquants ou inversés dans la phrase, mots mal écrits…

Fini le 29/12/2017

Tu ne perds rien pour attendre de Janis Otsiemi

(Éditions Plon, 2017)

La simple histoire d’un policier acharné de justice qui réussit à mobiliser même les gendarmes pour arrêter le coupable trafiquant de cocaïne.

Un livret écrit dans un rafraichissant style francophone. Quelques exemples savoureux :

« Il démarra, s’arrêta quelques mètres plus loin pour faire le plein dans une essencerie. Il courba à gauche pour prendre la direction […]. »
« Il s’embouchait des portions de riz […]. »
« Il déménagea fissa de la voiture. »
« Ils ascensionnèrent les marches de l’escalier qui menait au premier étage […]. »
« […] posa le cigare dans un cendrier bourré des mégots de sa sucette à cancer. »
« […] Quand les mouches te suivent, c’est que tu as pataugé dans la merde. »
« — D’accord, je t’appelle dès que j’ai quelque chose. — Merci encore, Paulin. — De rien. On ne se perd pas d’oreilles. »

Fini le 27/12/2017