(2016, Blaue Nacht traduit de l'allemand par Claudine Layre, l'Atalante, Fusion, 2021)
« Blaue Nacht » est le nom du bar de Klatsche avec lequel Chastity Riley est « en couple ». Toute l’histoire, que raconte Riley, tourne autour d’un baron de la drogue à Hambourg surnommé « l’Albanais ».
« Cela fait des années, on dirait même des décennies, que je m’y casse les dents, que nous nous y cassons tous les dents. Faller [un policier à la retraite] ne réussira pas à mettre l’Albanais au trou juste à se mettre dans la merde. Il y a quelques années, Gjergi lui a fait parvenir un cinglant avertissement. Faller en a souffert des années entières. »
Après une ancienne affaire, Riley est maintenant chargée de « la protection des victimes ». Elle va ainsi retrouver à l’hôpital celui qui se fait appeler Joe couvert d’attelles après s’être fait tabassé. Avec ses collègues de la police et ceux des Stups de Hambourg et de Leipzig, elle piste le trajet du « crystal meth » et d’une nouvelle drogue mortelle « la kroko ».
« Les drogues de synthèse permettent de gagner tellement plus d’argent que toutes les autres merdes. », résume Hannes Wieczorkowski, de la brigade des Stups de Saxe occidentale.
Enfin, tout le monde se rassemble au stade pour un match du FC Sankt Pauli.
Fini le 30/09/2024
lundi 30 septembre 2024
Nuit bleue de Simone Buchholz
dimanche 29 septembre 2024
L'œil était dans la tombe de Christian De Metter
(Casterman, 2008)
« Je crois que j’ai eu le dernier mot. » « Ne me regarde pas !!! »
« On n’a pas de lien entre les victimes. Le vieux Robert Boulet, vivait en ermite, pas de famille […]. » « Le black, […] c’était un mec sans histoire. »
« Un type qui a un problème avec le regard des autres. »
Au cimetière : « Ne chiale pas, Patrick. » « T’es qu’une merde. »
Une histoire parfaitement bien montée, des dessins toujours aussi expressifs.
Fini le 29/09/2024
Le diable s’habille en Voltaire de Frédéric Lenormand
(Voltaire mène l'enquête, JC Lattès, 2013)
Tout est bien emmêlé. Pour le vicaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, trouver qui a tué le professeur, et pour Voltaire, mettre en scène sa nouvelle pièce de théâtre Adélaïde du Guesclin, cela en tenant compte de la censure, qui a admis sa pièce, et du lieutenant de police qui le rêve au « Châtelet » pour impiété. Cette histoire donne une vision de Voltaire assez particulière.
À la Comédie-Française, pour monter sa « grande tragédie médiévale », « l’auteur s’occupa de la leur [aux acteurs] faire entrer dans la cervelle par force. Il prenait à tout moment leur place pour leur montrer comment jouer du Voltaire. Il grimpait sur le plateau, en redescendait, courait de l’un à l’autre, indiquait un jeu de scène à celui-ci, une intonation à celle-là, intarissable, étourdissant, épuisant, fulgurant. »
Pour trouver le meurtrier, il « fait les foires », cherche sous les « jupons », persuadé que « le diable » n’est qu’un déguisement, malgré les croyances de « l’exorciste germanique ». « Lorsque l’agresseur émergea de l’étoffe, on vit que c’était le diable. Sa face était rouge et grimaçante, une paire de pieds fourchus dépassait de sous sa cape. »
Pour le poursuivre, avec « son » Linant et « son » Emilie, Voltaire arpente beaucoup les souterrains parisiens.
Fini le 28/09/2024
samedi 28 septembre 2024
L’attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
(Série Sam Wyndham 1, 2017, A Rising Man traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Batlle, Liana Levi, 2019)
Le capitaine est sorti sauf de la guerre au milieu des morts et, en 1919, il accepte le poste que lui propose le chef de la police de Calcutta, lord Taggart, pour son expérience à Scotland Yard qui lui garantit sa intégrité.
Sam a du mal à supporter le climat bengali.
« L’humidité est suffocante. […] Je me retourne en essayant de trouver un peu de confort sur le matelas humide, mais la bataille est déjà perdue. […] Le besoin d’une visite à mes nouveaux amis de Tiretta Bazaar grandit et la séduction de l’oubli est difficile à ignorer. Mais l’opium est à mon service, ce n’est pas mon maître […]. »
Pour son enquête sur le meurtre de MacAuley, un inspecteur des finances, puis sur l’attaque du train, il est aidé par le sergent Sat Banerjee et Digby, un policier qui s’attendait à être promu à sa place [peut-être celui désigné par le titre en anglais “Un homme qui s'élève”]. Le capitaine devra négocier avec les services de l’armée, « la Section H », dirigé par le colonel Dawson qui veut son coupable « terroriste », et tenir compte de l’avis du vice-gouverneur « incarnation du pouvoir britannique au Bengale ».
« Une menace à son encontre en est une pour tout le Raj [l’Empire des Indes, le régime colonial britannique]. »
Et il y a Buchan, le riche qui veut tout et surtout des « femmes » pour ses soirées.
« Ce brave vieux MacAuley sur qui on pouvait toujours compter. Sauf que finalement ce n’était plus vrai. »
L’auteur situe la fin de son histoire au moment des émeutes provoquées à la suite du « massacre » de « centaines sinon des milliers d’Indiens sans armes — hommes, femmes et enfants — » inspirés par Gandhi.
Fini le 27/09/2024
mercredi 25 septembre 2024
Paysages trompeurs de Marc Dugain
(Gallimard, espionnage, 2022)
Ce livre est un salmigondis d'histoires de complots sans aucun intérêt, truffées d'affirmations de Lévia, un agent du Mossad, avec ses longs apartés “pseudo-psycho” et ses vues géopolitiques.
« Qui dit surmoi structuré dit latitude limitée, aptitude à la vie sociale conditionnée au fait que l’autorité soit légitime comme son propre père peut l’être. »
Le « petit homme » des « services » français a averti le narrateur sur dans quoi il se lance : « Vous allez trahir un idéal journalistique pour contribuer à un autre idéal qui est celui de la place de notre pays, de notre civilisation, dans le monde. […] ce n’est pas déshonorant. »
Sur l’Iran : « On a un pays accusé de financer le terrorisme et de préparer des missiles nucléaires au prétexte de développer le nucléaire civil. […] plusieurs hauts gradés sont autorisés et encouragés à faire des affaires […]. Mais aucune enquête officielle n’est venue éclaircir les relations de ses entreprises [du « bouffon de la Maison-Blanche »] avec des Ouzbeks largement financés par les mollahs. »
Ces avis résument parfaitement le tout : « Dans Paysage trompeurs, tout est trompeur. » « Vous enfoncez les portes ouvertes et enfilez les clichés comme les bigotes les perles de leur chapelet. »
Fini le 24/09/2024
lundi 23 septembre 2024
Les Ombres de Montelupo de Valerio Varesi
(Série commissaire Soneri, 2005, Le ombre di Montelupo traduit de l'italien par Sarah Amrani, Agullo noir, 2018)
Le commissaire Soneri, pour ses vacances en automne, choisit d'aller cueillir des champignons dans le village de son enfance au pied de la montagne de Montelupo. Les villageois sont amers entre les coups de fusils, les jeunes qui fuient, les anciens désabusés…
Palmiro Rodolfi a permis l’enrichissement du village, et le sien, en agrandissant son usine de charcuterie. Santé, l’aubergiste, le résume ainsi.
« […] Palmiro était l’un d’entre nous, on se parlait en dialecte. Il savait faire des affaires, faire mûrir les jambons et soigner les cochons. […] Mais avec Paride [le fils], il n’y avait plus cette familiarité. Il était diplômé, il avait étudié, il gardait ses distances. Il a commencé à rendre service aux hommes politiques, et eux à lui. L’argent, à un moment donné, a pris un chemin que personne ne parvenait à suivre. Notre argent… »
Et puis Palmiro se suicide et le cadavre de son fils est retrouvé dans la boue. Les carabiniers s’acharnent sur le « Maquisard ». Le commissaire conclut : « […] c’est le passé qui anéantit le présent. »
Fini le 22/09/2024
samedi 21 septembre 2024
Je voyage seule de Samuel Bjørk
(Holger Munch et Mia Kruger tome 1, 2013, Det henger en engel alene i skogen traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, JC Lattès, 2015)
Un livre nul. Tout y est tellement convenu, le comportement des personnages, l'intrigue du « tueur en série », les malheureuses « petites filles » (le titre original “Un ange pend seul dans la forêt” rend bien le ton mielleux). Les deux policiers, Holger et Mia, sont évidemment visés suite à une de leur précédente enquête. Il est évident pour le lecteur que Marion, la petite-fille « adorée » de Holger, sera une des victimes… etc.
En l’absence absolue de suspense, cette lecture est un lourd pensum aggravé par une traduction poussive.
Ah, et bien sûr, il y a aussi un « Pasteur Simon » et son assistant “schizophrène” Lukas, dirigeant une « secte » lucrative, en attirant les « mamies » de la maison de retraite, sans doute là pour brouiller les pistes puisque sa « ferme » sert à « éduquer » « les petites filles de Dieu ».
« Margrete va très bien […]. Elle va à l’école dans le Ciel, elle a quatre camarades de classe, elle en aura bientôt une cinquième et l’institutrice pour tout leur apprendre. […] Elles vont bientôt entrer à la grande école. »
Fini le 20/09/2024
mercredi 18 septembre 2024
07.07.07 de Antonio Manzini
(Une enquête de Rocco Schiavone, 2016, 07.07.2007 traduit de l'italien par Samuel Sfez, Denoël Sueurs froide, 2020)
À l'été 2013, Rocco est interrogé par ses supérieurs, le préfet Costa et le juge Baldi, sur une enquête qu'il a mené en 2007 à Rome. Tout a commencé par la découverte dans une marbrerie d'un « gamin assassiné […], passé à tabac puis poignardé à la nuque, le cadavre jeté à trente mètres. […] un gosse […] qui a l’air d’un garçon bien. » Le père de Giovanni Ferri, un journaliste spécialisé dans les « affaires criminelles », est tellement dévasté qu’il est hospitalisé sous sédation. Puis son ami Matteo Livolsi, qui fréquenté le même lycée, est lui aussi assassiné.
Rocco va « examiner les notes du journaliste » et découvrir la piste à suivre pour trouver les coupables. Il est aidé par ses « amis » d’enfance, Sebastiano, Furio et Brizio qui connaissent bien les coulisses des trafics.
Et tout au long des chapitres, Rocco se désole du départ de sa femme Marina qu’il ne sait pas comment amadouer pour qu’elle revienne. Jusqu’à ce que l’histoire ramène le récit en 2013 à Aoste où le sous-préfet Schiavone a été muté.
Fini le 17/09/2024
lundi 16 septembre 2024
La maison de vos rêves de Martti Linna
(2010, Kuolleita unelmia traduit du finnois par Paula et Christian Nabais, Gaïa polar, 2016)
Les personnages importants de l’entreprise de construction de maisons en rondins, Haliwood (en référence au terme « Hali » utilisé en finnois pour « câlin ») sont : Mauri Vuoliainen (le fils initié par son père câlineur d’arbre), Timo (son frère ingénieur féru de process, de normalisation, de certification…), Aila Ahtiainen (directrice du marketing et amante des deux frères) et Jukka Lindfors (technicien de construction). À côté d’eux, se font remarquer Rauni Vuoliainen, l’épouse de Timo, et Virpi, celle de Jukka.
Le capitaine Reijo Sudenmaa doit comprendre qui en veut à la vie de Mauri pour avoir failli l’étouffer dans le sauna, brûler dans sa voiture, etc. Le commissaire de la police judiciaire Matti Roponen vient lui prêter main forte.
La lecture est bien imagée par les réflexions ironisantes du capitaine, par exemple en essayant de trouver le salarié qui a « attribué une note très basse à une question clé » dans l’enquête interne de satisfaction, il interroge Jukka, qui fait aussi « ingénieur conseil en informatique », pour avoir l’identité de cette personne. Il obtient en réponse :
« — Le logiciel utilisé pour cette enquête ne nous appartient pas en propre. Nous faisons appel à une société de services. […] Nous ne recevons que le récapitulatif de l’enquête.
— Sous quelle forme ?
— Sous forme de tableaux et de camemberts […]. »
Réflexion de Sudenmaa : « […] ces individus cliquaient […] sur leur écran […]. Toutes les réponses étaient ensuite enfermées dans une espèce de pis de vache étanche que l’on trayait pour produire des camemberts. »
Ou pour qualifier les relations de Aila avec les deux frères : « Autrefois, les femmes du genre Aila Ahtiainen étaient appelées des biens communs. Peut-être que cela avait changé avec la standardisation des activités humaines. Peut-être que les femmes coincées comme elle entre deux hommes étaient aujourd’hui appelées des ressources partagées. »
Au fil de l’enquête, on découvre que Mauri a été gros buveur, souvent soûl et qu’il s’est brusquement assagi. Le personnage de Virpi joue son rôle de femme enceinte.
Fini le 15/09/2024
> Hélas ! dernier livre de cet auteur édité en français.
samedi 14 septembre 2024
Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry
(Édition Le Masque, 2012, Prix du roman d'aventures)
De jeunes enfants sont retrouvés dans des cimetières parisiens étendus sur des fleurs blanches. Clara Saint-James, qui vient d'hériter de son « protecteur », le comte Hugues de La Paillerie, fait la connaissance du docteur Victor Dupuy en lui remettant sa part d’héritage.
Leur enquête va consister à comprendre pourquoi ce sont ces enfants qui ont été choisis pour utiliser leur sang. Le professeur Chevaignac cherche à comprendre « l’appariement » pour les transfusions et Bussy, l’ami de Victor, essaie de leur résumer le problème à l’aide d’un schéma.
« […] la maladie royale n’affecte jamais les femmes. C’est comme si elle était muette chez elles. Les femmes ne saignent pas. En revanche, une femme “muette” transmet le désordre à son fils. Aujourd’hui encore [en 1885], la science ne peut expliquer pourquoi. Pourtant, un homme affecté, le tenant donc de sa mère, ne donnera jamais la maladie à son propre fils. Il ne peut que transmettre la tare muette à sa fille. »
Cela donne un méli-mélo bien mélangé dans cette histoire où des enfants sont utilisés pour : les expériences du professeur, rapporter de l’argent à un organisateur d’orgies, remonter un René (Léon) saignant trop facilement mais féru de duel, et finir dans un cimetière, le tout car ils viennent d’une « colonie pénitentiaire agricole » créée par le grand-père de Victor, qui a connu le « général Dumas » pendant les guerres du Consulat de Bonaparte (qui, devenu Napoléon, a alors exclu de l’armée ceux qui venait « des Amériques »).
Ce récit est à la hauteur de ceux des écrivains feuilletonistes de cette fin de siècle. Les unes parues dans « Le journal de France » commencent certains chapitres avec des faits divers de Solveg et des épisodes du feuilleton La Ligue des notaires.
Fini le 13/09/2024
mercredi 11 septembre 2024
Je suis l'abysse de Donato Carrisi
(2020, Io sono l'abisso traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, Calmann-Lévy, noir, 2021)
Les personnages principaux sont désignés par leur surnom : « la chasseuse de mouches », l’assistante sociale qui aide les femmes victimes de violences conjugales ; « la jeune fille à la mèche violette » sauvée de la noyade ; « l’homme qui nettoie », employé au ramassage des poubelles meurtrier sous le nom de « Micky ». Les autres intervenants sont des parents anonymes, la seule portant son nom est Pamela, la « policière ».
Tout est caricatural dans cette histoire : les tortures infligées à l’enfant par sa mère, Vera (elle a droit à son nom elle !) ; la soumission de l’adolescente aux viols organisés par le « beau gosse » Raffaele (elle se soûle pour tenter son suicide raté ! mais le coupable est nommé…) ; les préjugés envers l’assistante suite à la condamnation pour meurtre de son fils, Diego (lui aussi a son nom !).
Ce n’est pas désagréable à lire, la traduction est à la hauteur, mais il y a trop de répétitions lassantes dans le déroulement de l’action, empêchant une lecture attrayante.
« L’homme qui nettoyait avait cherché sa propre valeur pendant des années. Finalement, il l’avait trouvé là où personne n’avait le courage de regarder. Au fond de l’abysse, il avait découvert que même quelqu’un comme lui pouvait avoir une utilité. […] Sans mort, il ne peut y avoir de vie. Et il n’était pas inutile, parce que Micky lui avait fourni un but. »
Fini le 10/09/2024
lundi 9 septembre 2024
Passage des ombres de Arnaldur Indridason
(Trilogie des ombres, 2013, Skuggasund traduit de l'islandais par Éric Boury, Métailié, 2018)
L'enquête sur le meurtre de la jeune femme dont le corps a été retrouvé « passage des Ombres » se déroule en 1944 pendant l’occupation et, de nos jours, Konrad, un policier retraité, la reprend.
En 1944 :
« Flovent ne savait pas quoi penser. Deux jeunes filles vivant dans deux régions éloignées racontaient la même histoire, l’une d’elles avait été retrouvé derrière le théâtre, l’autre avait peut-être mis fin à ses jours. Toutes deux parlaient d’elfes, chacune à sa manière. […] Personne à part lui, Thorson et l’amie de Rosamunda n’était au courant du récit que cette dernière avait confié sur l’homme qui l’avait agressée et lui avait conseillé de mettre ça sur le dos des elfes. »
De nos jours :
« Deux fois en un court laps de temps, de parfaits inconnus étaient venus chez Petra pour l’interroger sur sa mère, la couturière qui avait employé Rosamunda pendant la guerre. […] Ni l’un ni l’autre n’en avaient cru leurs oreilles quand elle leur avait raconté que Rosamunda avait eu des problèmes lors d’une livraison et que, par la suite, la jeune fille avait refusé de retourner chez ces gens. »
« Le grand-père, son fils et son petit-fils. » « C’était une autre époque. Les hommes se permettaient bien des choses. »
Fini le 7/09/2024
dimanche 8 septembre 2024
Le secret de Van Gogh de Éric Mercier
(La Martinière, Noir, 2024)
Une histoire racontée à deux voix : à la première personne par le commandant Frédéric Vicaux, de la « Brigade criminelle de Paris » et le récit d’Anne, sa compagne, spécialiste de la recherche des œuvres d’art. Ils vont chacun dans son domaine enquêter sur le meurtre de Maxime Courtois, retrouvé chez lui avec une oreille coupée, et potentiel propriétaire d’un tableau attribué à Van Gogh et Gauguin.
La victime est « un chef d’entreprise rugueux mais efficace », « un pervers », « un investisseur avisé » et aussi un assassin, donc ainsi que le résume le commandant : « Avec un type unanimement exécré, y compris par sa propre famille, on n’est pas au bout de nos peines. Sa fille le haïssait. Son fils avait d’excellentes raisons de lui en vouloir. Quant à son frère, difficile de cerner clairement leurs relations. Et il y a ce tableau… »
Anne s’en occupe. « Lorsqu’elle se pique de mettre son grain de sel quelque part — une enquête de Frédéric, la recherche d’un chef-d’œuvre spolié ou un simple fait divers qui l’interpelle —, ça devient compulsif. Une curiosité maladive […]. […] elle gratte et remue ciel et terre. » Elle trouvera ses réponses à Nancy auprès d’un « vieil homme » pour remonter au premier propriétaire du tableau.
« Ce qui n’était qu’une croûte passa de main en main, jusqu’à celles d’un voleur et d’un assassin sans scrupule […]. »
L’auteur, docteur en histoire de l’art, nous donne une bonne présentation de la vie de Van Gogh et de ses relations avec Gauguin.
Fini le 5/09/2024
samedi 7 septembre 2024
jeudi 5 septembre 2024
L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson
(2013, Analfabeten som kunde räkna traduit du suédois par Carine Bruy, Presses de la Cité, 2013)
L'histoire commence dans les latrines de Soweto que la toute jeune Nombeko Mayeki, « l’analphabète », travaille à vider. Puis un accident de voiture provoqué par un « ingénieur » ivre la fait vivre derrière des barbelés, dans la base de construction de bombes atomiques. C’est l’époque de l’apartheid.
« Avec la nouvelle législation, le gouvernement pouvait qualifier de terroriste n’importe qui, puis emprisonner l’intéressé pour n’importe quelle durée et au motif de son choix. Voire sans motif. Une autre réussite était la création de zones, une par ethnie, sauf pour les Xhosa, à qui on en attribua deux, vu leur nombre. Il avait suffi de rassembler chaque sorte de bamboulas, de les parquer dans le secteur prévu à cet effet, de leur retirer la citoyenneté sud-africaine et de leur donner celle de leur nouveau territoire à la place. »
« Le premier livre de Moïse mentionnait déjà la tour de Babel […]. Dieu avait jugé que c’était de l’impudence, s’était mis en rage […]. Des peuples différents, des langues différentes. La volonté de Dieu était de maintenir les peuples séparés. »
Pendant ce temps en Suède, Ingmar et Henrietta donnent naissance à des jumeaux « Holger et Holger » en 1961. « […] Ingmar passait la majeure partie de son temps à chanter les louanges de la république devant ses fils. »
Et puis les « dix kilos de viande d’antilope » n’arrivent pas en Suède…
Finalement, le président chinois Hu Jintao, « monsieur le Chinois », vient en Suède et doit « participer à un dîner de gala au château, en compagnie, entre autres, du roi et du Premier ministre. »
Alors, le « camion de pommes de terre poursuivit sa route » avec « au volant » celui qui « s’était mis en tête que la Suède devait devenir une république » et « à sa droite » « sa petite amie colérique et un peu dérangée ». « Le roi, de son côté, espérait qu’on leur servirait un repas. Pendant ce temps, le Premier ministre cherchait à ouvrir la porte de la remorque. »
Fini le 3/09/2024
lundi 2 septembre 2024
Alex Cross seul contre tous de James Patterson
(n°25, 2017, The People vs. Alex Cross traduit de l'anglais États-Unis par Béatrice Roudet-Marçu, JC Lattès, 2022)
Ce livre contient tous les poncifs d'un thriller us, avec le héros attaqué par la « foule » pour avoir tué des « tueurs » et par le « procureur » qui veut le faire condamner pour meurtre.
« Considérant ces interpellations partout dans le pays au cours desquelles des policiers blancs ont tué de jeunes Noirs, n’est-il pas ironique que le gouvernement n’ait pas vraiment pris de mesures jusqu’à ce que le ministère de la Justice intente un procès à un policier noir ? »
Alex Cross est soutenu par sa famille. Son père, Peter Drummond, vient lui « apporter un peu de soutien moral ».
« La soixantaine finissante, robuste, la peau très foncée, il avait un visage presque dénué d’expression à cause de nerfs faciaux endommagés […]. »
Et pendant ce temps, avec son compère John Sampson, il enquête sur les disparitions des « blondes » en étudiant, avec l’aide du « prestataire de service » du FBI, Keith Karl Rawlins expert en « domaine technologique », le réseau de vidéos du « dark web », pour localiser le coupable.
Alex se met évidemment en danger au moment de l’assaut « entraîné par le désir irrésistible de mettre un terme à toute cette violence. »
À la fin, son benjamin Ali décide de se mettre aux « fléchettes ».
Fini le 31/08/2024