(2017, Crvena voda traduit du croate par Olivier Lannuzel, Agullo noir, 2021)
Cet éditeur nous présente encore un roman rare faisant découvrir la vie des Croates, leur différence avec les Dalmates, l'effondrement de la Yougoslavie et la guerre, l'ouverture progressive du pays à l'Europe (et à l'euro…).
Chaque titre de chapitre indique le narrateur et l'année. L'histoire commence en 1989 par la « disparition » de Silva Vela et le désespoir de ses parents et surtout de son frère jumeau Mate. Avec affichettes, puis site internet, Mate va continuer à chercher sa sœur persuadé qu’il va la trouver puisque « quelqu’un » l’a vue au guichet de la gare routière. Brane, le « petit ami », est désespéré. Lors de leur rencontre, Jakov, le père de Silva, lui confirme : « — On va la chercher. […] Partout. En Italie, en Allemagne, en Bosnie. […] On la cherchera le temps qu’il faudra. » « Brane sanglote […] en silence […] tout son visage est tordu de douleur. »
Et puis les années passent, la guerre avec ses victimes, le mariage de Mate, la séparation de ses parents, son divorce, ses voyages jusqu’en Suède pour chercher encore et encore. En 2012, il pense : « […] ce n’est plus Silva, c’est un fantôme sans contour ni caractère, un fantôme qu’il trimballe avec lui depuis maintenant vingt ans, et il a oublié entre-temps pourquoi. »
Le policier Gorki Šain, chargé de l’enquête à l’époque, travaille maintenant pour une société de tourisme, et doit revenir, en 2016, sur les lieux pour négocier des terrains constructibles en bord de mer.
Même la fin est bien présentée. Une lecture vraiment agréable.
Fini le 14/02/2025
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