(2007, The Yiddish Policemen's Union traduit de l'anglais États-Unis par Isabelle D. Philippe, Robert Laffont, Pavillons, 2008)
Le personnage du policier soulaud, indiscipliné, soupirant après son ex-femme, etc. est parfaitement banal, presque éculé.
« Il s’est déjà excusé plusieurs fois auprès d’elle […], de son comportement erratique, de ses crises de mélancolie et de ses cuites, du cercle de ses années d’exaltation et de désespoir. Il s’est excusé de l’avoir quittée, et de l’avoir suppliée de le reprendre […]. »
Mais le contexte de cette histoire dans une enclave de l'Alaska peuplée de réfugiés russes juifs est vraiment intéressant. La traduction respecte autant que possible le langage de ses habitants, que ce soit les natifs, « Tlingits », les juifs parlant yiddish (avec un glossaire), ou ceux utilisant « l’anglo-américain ».
L’enquête sur le “complot” pour faire sauter le temple de Jérusalem a peu d’importance, mais permet de présenter l’attachement des juifs à la croyance dans la venue du « Messie ».
« Il m’a raconté [au vieux joueur d’échec] son histoire. Comment Litvak le poussait à jouer de nouveau au tsaddik* pour embringuer les chapeaux noirs. Comment il s’était caché de Litvak, mais il était fatigué de se cacher, toute sa vie il s’était caché. […] Il ne savait pas quoi faire. Il ne voulait pas continuer à se camer, il ne voulait pas arrêter. Il ne voulait pas être ce qu’il était, il ne savait pas comment être ce qu’il était. »
Fini le 2/03/2024
* Tsaddik Ha-Dor : « Le Juste de sa génération », un messie potentiel.
mardi 5 mars 2024
Le Club des policiers yiddish de Michael Chabon
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