vendredi 22 mars 2024

Balagan de Alexandra Schwartzbrod

(Stock, 2003)

« Balagan ? C’est le mot le plus utilisé dans ce pays [Israël]. Il signifie “bordel”, et il englobe tout, de l’embouteillage à l’Intifada… Dans le langage des jeunes Israéliens, et même des Palestiniens, il revient quasiment à chaque phrase… » notamment au moment des explosions dans les « pissotières ».

« Notre force ne vient pas des chars ni des F-16, elle vient de notre foi ! Nous avons porté la branche d’olivier de la paix pendant dix ans entre nos lèvres, mais cela n’a servi à rien. Dans la tête des Israéliens, la paix passe par le massacre des Palestiniens. »

Le policier, exclu par son commissaire, est un de ces « Arabes israéliens ».
« […] je veux la paix. Elle arrivera le jour où les Israéliens seront capables de se poser les bonnes questions : “D’où venons-nous ?” “Où allons-nous ?” et “Pour faire quoi ?” Et non : “Combien de mètres carrés allons-nous pouvoir gratter cette année encore en Cisjordanie et à Gaza ?” »

Les habitants de Jérusalem sont silencieux : « Les Juifs, comme les Arabes, étaient d’autant plus pétrifiés qu’ils étaient dans l’impossibilité de passer leur colère sur quiconque. […] ils ne pouvaient même pas se défouler en traitant de “sale Juif” ou de ”sale Arabe” celui qui avait perpétré ces attentats. D’un coup, le monde n’était plus binaire […]. »

Au bouclage de l’enquête, après sa réintégration, le policier est nommé commissaire.
« […] il aimait passionnément son boulot de flic et désespérément Jérusalem. Il se souvenait de ses premières semaines dans la police israélienne […]. […] ils s’étaient retrouvé tous — Juifs et Arabes, laïcs et religieux, colons et kibboutzniks — […]. Il avait découvert là […] que le fossé était peut-être aussi grand entre les Juifs eux-mêmes […]. Les colons haïssaient les kibboutzniks, les ashkénazes méprisaient les sépharades, les religieux se méfiaient des Russes… […] L’ennemi, ce n’était pas seulement lui, c’était tout le monde. »

Et maintenant… 20 ans après…

Fini le 21/03/2024

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