(Éditions de l'Aube, l'aube noire, 2022)
Une écriture toujours aussi agréable pour une histoire d'extrémisme au fin fond du Morvan. Tout tourne autour « d'un centre de déradicalisation » ouvert par « l’État » ce qui justifie l’appel à l’inspecteur Lotfi Benattar pour enquêter sur la disparition de trois des jeunes hébergés.
« L’idée de créer ce type de centre était bonne, mais c’était sans précédent en France. Il aurait fallu davantage de moyens probablement pour un meilleur suivi et une implication entière de la part d’instances religieuses musulmanes qui auraient eu plus de légitimité aux yeux des radicalisés. Elle [la directrice du centre] a toujours soutenu qu’elles seraient les seules capables de comprendre le phénomène d’embrigadement et de le neutraliser en utilisant le même langage que les prédicateurs de haine sans le potentiel toxique. Une sorte de vaccin contenant le virus désarmé pour monter une barrière immunitaire. Mais aucune représentation officielle de l’islam de France n’a accepté de travailler avec l’État, probablement par crainte d’être ostracisée par ses coreligionnaires et mise au ban de la communauté. »
Les gendarmes s’occupent de la mort des deux cousins mêlés à des querelles entre leurs pères.
« Lotfi déteste ce genre d’affaires où les haines recuites pendent comme des crocs de boucher en attendant l’heure où ils serviront à suspendre la bidoche de la vengeance. »
L’inspecteur rencontre la journaliste « Marie-Aliénor Castel de Fontaube » envoyée par sa chaîne d’informations télévisées. Elle lui permet d’appréhender les jeunes gendarmes sous une autre vision.
« Le gars paraît subjugué par mon nom de famille télescopique […]. Je devenais dans son imaginaire une sorte d’Aliénor d’Aquitaine, seule reine connue pour avoir porté la double casquette de monarque de France et d’Angleterre et surtout fervente pourchasseuse de Sarrasins […]. »
Et découvre :
« […] que des Français — Françaouis comme ils les appellent là-bas — se menaient une guerre civile à cinq mille kilomètres de distance de leur pays. » C’est plus discret dans le Parc naturel régional du Morvan…
Fini le 5/06/2024
jeudi 6 juin 2024
Entendez-vous dans les campagnes de Ahmed Tiab
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