samedi 15 mars 2025

Dieu pardonne, moi pas de Claude-Michel Rome

(Albin Michel, 2020)

La présentation en couverture résume parfaitement l'histoire.
« À la veille d'un procès contre une dictature pétrolière d'Afrique de l'Ouest, le cadavre du grand avocat parisien Pascal Metzger est retrouvé en mer. Bien qu'ébranlés par son décès, ses trois jeunes associés décident de poursuivre le procès. Or, les preuves amassées par Me Metzger ont disparu. En reprenant le dossier, Carla, Malik et Pierre-Emmanuel pénètrent peu à peu une affaire aux ramifications aussi gigantesques qu'insoupçonnées : armes, pétrole, alliances des mafias et des cartels, corruption, évasion fiscale… De la “France-à-fric” en passant par la Suisse, Monaco et la banque du Vatican, c'est le sommet des États et le cœur même de l'économie planétaire qui sont en cause. […] Sur fond de Panama papers et de “bien mal acquis” en Afrique […]. »

Ce qui fait le charme de ce livre, c’est le style de l’auteur. Des phrases bien illustrées, très saccadées pour décrire les bagarres, des personnages crédibles, pas stéréotypés (pourtant, ceux venant de cités à Sevran ou Sarcelles ou un fils de potentat africain…).
Un exemple :
« Face aux baies de son bureau, Paris se débattait dans une brume glauque. On pouvait — au choix, selon l’humeur — y voir les prémices de l’automne ou la preuve d’un bouleversement climatique sévère. »

Le trio est lié à d’autres.
Carla connaît bien Patrick Malone, maintenant prêtre, et missionné par le cardinal Di Greggorio pour nettoyer la banque du Vatican.
Malik a épousé Marie-Alice, la fille de Jean-Claude Lambert, « numéro deux de la Ring’s bank ».
Pierre-Emmanuel est le fils de Alain Darcilly, « P-DG de PéGaz-Golfe » donc lié à l’exploitation du pétrole en Afrique et concerné par le procès prévu contre Omar Francisco Obamayane, fils du président de Guinée.

Et celui qui dirige en coulisse, Naouri, « Djamel à la naissance, Charles pour l’état civil — par admiration pour Charlemagne, empereur d’Occident de la Baltique à Barcelone, jusqu’à Byzance », qui pilote un ancien flic, Franck Colonna. « Le seul exemple connu d’inversion des pouvoirs, où l’ancien maître était devenu vassal. »

Pascal précise : « Le pardon ? […] il faut être un saint pour pardonner à quiconque massacre les siens. […] Je ne suis pas un saint […]. Et encore moins Dieu. Dieu pardonne, moi pas. »

Fini le 14/03/2025

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